Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie.
Par ailleurs, je ne me fait aucun argent avec cette fic.
Et voici le douzième chapitre de De sang et d'âme. Bonne lecture !
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Chapitre 12 : Where are you, Mitsuki ?
-Qu'est ce que vous attendez ?, hurla la voix de Gin dans l'immense salle de réunion des officiers du Gotei 13 de la première division.
Seul le silence lui répondit.
Il parcourut la salle du regard. Certains le regardaient avec hostilité, d'autres avec du mépris. Il y avait de la méfiance dans certains yeux, mais pas un seul regard amical. Pas un ne baissa les yeux devant lui, ni ne lui fit un signe de sympathie. Il était seul. Seul contre tous, comme l'absence de Mitsuki a côté de lui et deux pas derrière son capitaine le démontrait clairement.
-Dites-le ! Dites-le que c'est ma faute si ma sœur a disparu ! Vous le pensez tous ! Niez-le !
Sa voix se noua et il ne finit sa phrase qu'en pensée en baissant la tête et en serrant les poings de toutes ses forces.
« Je sais bien que c'est vrai. »
-Ce n'est pas ce que nous disons Inari, corrigea le capitaine-commandant Ukitake d'une voix sévère. Il n'est pas question de traiter en coupable qui que ce soit, si ce n'est Iemura.
-Ouais, et il est mort. Alors vous êtes capable de jurer que v'zallez pas me prendre comme bouc émissaire ?, reprit le jeune homme avant sa voix la plus trainante possible
-Cessez immédiatement vice-capitaine Inari. Continuez, capitaine Unohana.
-Je disais donc que Iemura, apprenant que les deux échantillons de reiatsu que nous conservions était ceux de Mitsuki et non de son frère, a blêmit. L'étiquette sur le bocal est tombée sur le sol. Nous avons donc la certitude que ni lui, ni son maître ne visaient Mitsuki. Ont-ils découvert que le reiatsu n'est pas celui de Gin avant de réaliser leurs plans, rien ne le prouve par contre.
-S'ils ont fait voler cet échantillon, c'est qu'ils n'en avaient d'Ichimaru non ?, demanda Lisa Yadomaru.
-Pas forcément. Ils doivent être au courant que les âmes des jumeaux se sont mélées. Le reiatsu d'Inari Gin et celui d'Ichimaru sont trop différents désormais. Il leur en fallait du jeune Gin. Voilà pourquoi Aizen n'est pas passé à l'action plutôt. Il lui fallait attendre que Iemura ait une occasion de perpétrer son forfait. Et si Iemura ne s'était pas trahi, nous serions toujours en train de chercher à comprendre ce qui c'était passé. Il nous aurait fallu des semaines pour découvrir le pot aux roses.
-Ce qui pose une autre question, continua Kyûrakou. Comment Iemura a-t-il su où trouver cet échantillon ?
-Deux possibilités : la première, c'est qu'il m'ait suivi ou ait fouillé mes dossiers. Mais s'il l'a fait, c'est vraiment en toute discrétion. L'autre, c'est qu'un complice lui a dit quoi chercher et où.
-Qui d'autre que vous savait où se trouvaient ces échantillons ?, demanda Soi-Fon.
-Ma vice-capitaine. Le capitaine de la douzième également. Peut-être Nemu ?
-Non, intervint Kurotsuchi. Nemu l'ignorait.
-Il faut une clé précise pour y entrer. Elle a dû être volée puis remise à sa place. Impossible de savoir combien de temps s'est déroulé entre le vol et les évènements d'hier. Et Iemura n'est plus là pour répondre.
-Sait-on ce qui l'a tué ?, demanda Hirako d'un ton curieux.
-Un poison foudroyant. Il lui a été injecté pour qu'il ne parle pas. Inactive en temps normal, la substance devient mortelle en cas d'activation des zones du cerveau commandant la peur. Sa panique l'a tué.
-Un piège mortel en somme, réfléchit à voix haute Kuchiki. S'il se trahissait ou était dénoncé, il mourrait sans avoir pu nommer ses complices ou ses moyens de contacter Aizen. Par contre, si nous avions continué à ignorer la vérité, il pouvait vivre et continuer à transmettre des informations.
-Un poison merveilleux, soupira Kurotsuchi en souriant. Vous m'en donnerez des échantillons.
Avant qu'Unohana ait pu répondre, quelqu'un d'autre prit la parole.
-Szayel.
Tous se tournèrent vers Starrk, le vice-capitaine d'Hisagi, qui avaient les sourcils froncés. Il réfléchissait intensément.
-Je me rappelle d'une réunion à Las Noches. Szayel avait imaginé un poison de ce genre. Un qui tue dans certaines conditions seulement. Cette chose lui ressemble tout à fait. Mais il est mort.
-Vous avez récupéré ses données Kurotsuchi, demanda Ukitake. Vous vous souvenez de ça ?
-Non. Mais je n'ai pas fini de tout analyser. J'ai aussi des projets personnels sur le feu.
-Désormais, vous ne vous concentrerez plus que sur l'étude de ces données. Voyez toutes les armes bactériologiques que nous pourrions rencontrer dans les troupes d'Aizen, et si vous trouvez quelque chose qui ressemble au phénomène d'hier. Starrk, a qui Szayel aurait pu confier un double de ses travaux avant de mourir ?
-Je suppose qu'Aizen y avait accès à volonté. Peut être aussi les superviseurs Ichimaru et Tosen. Je l'ignore.
Gin eut l'impression que l'ancien Espada allait rajouter quelque chose. Puis il sembla se raviser.
-Et maintenant ?, demanda le jeune homme. Qu'est-ce qu'on fait ? On continue à se tourner les pouces ou on va sauver ma sœur ?
Une fois encore, nul n'osa le regarder en place. Le capitaine-commandant baissait les yeux tristement. Kuchiki lui lançait un regard scrutateur sans se tourner vers lui. La honte brillait dans les yeux de Kira.
Il pensait avoir des amis ici, même s'ils étaient peu nombreux. Kira était toujours gentil avec lui, de même qu'Abarai ou Hisagi. Et Matsumoto l'évitait, mais Kira disait que c'était parce qu'il lui rappelait trop Ichimaru dont elle était amoureuse, mais qu'en fait elle demandait souvent de ses nouvelles. Pour lui, ces quatre-là étaient des amis. Et plus encore, ils étaient des amis de Mitsuki. Lui agaçait tout le monde, mais elle, avec son gentil sourire, attirait tout le monde. Oh bien sûr, ils n'étaient pas frères et sœur pour rien. Elle s'y connaissait en blagues elle aussi. Mais de sa part, elles passaient mieux. Ce n'était que les blagues d'une enfant, pas celles du « traître ».
Alors pourquoi personne ne parlait en sa faveur ? Son capitaine se taisait obstinément, Abarai qui en était visiblement amoureux ne pipait pas mot, pas plus que Yachiru, Matsumoto ou la sœur Kuchiki.
Finalement, même Mitsuki subissait cet ostracisme. On n'allait pas la sauver, parce que c'était sa sœur.
Gin quitta la salle en crachant sur le sol.
-Reprenons, entendit-il reprendre le capitaine-commandant lorsqu'il fut sortit en claquant la porte derrière lui. Que pensez-vous que nous puissions déduire des prochains plans d'Aizen ?
Il donna un violent coup de pied dans la porte et s'éloigna en clopinant.
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Dans l'immense salle salle de marbre blanc qui constituait l'antichambre des appartements d'Aizen, un silence révérencieux régnait. Aizen se tenait sur son trône, un air ennuyé affiché sur son visage.
À son côté droit se tenait son second, vêtu de blanc comme tous les espadas. Il observait d'un air froid et sévère ce qui se passait en contrebas. A genoux à côté du trône, se tenait Hinamori, vêtue de blanc elle aussi. Elle regardait d'un air conquérant l'espada et les fracciones qui travaillaient autour de la colonne de verre fumé qui depuis dix ans était dressée au milieu de la pièce.
Autour de celle-ci, s'activaient une quinzaine de fraccionnes. D'âges et d'apparences diverses, mais tous vêtus d'une même tunique blanche sans manche et se divisant sur le devant en deux pans, ils branchaient et débranchaient des tuyaux de tailles disparates, vérifiaient des données inscrites sur un écran de contrôle au bas de la colonne. De temps en temps, l'un d'eux s'éloignait pour écouter les ordres d'une minuscule enfant aux cheveux roses et aux yeux bruns dorés. Vêtue d'une robe blanche à dentelle, assisse sur un fauteuil prévu pour un adulte, elle consultait des données et vérifiait le transvasement du contenu d'un bocal transparent vers la colonne par l'intermédiaire d'un fin tuyau.
-Prévenez le seigneur Aizen que je suis prête à commencer, ordonna l'enfant avec une petite moue adorable à l'un des fracciones.
En tremblant, celui-ci s'approcha de l'estrade où il transmit l'information au second du seigneur du Hueco Mundo. L'homme blond s'approcha du seigneur et lui murmura quelque chose à l'oreille. Aizen acquiesça de la tête.
Le plus vite qu'il put, le fraccion retourna auprès de l'espada.
-Vous avez l'autorisation de commencer, lui annonça-t-il.
Un instant plus tard, il était embroché par le bout pointu de l'ombrelle auparavant appuyée au fauteuil de l'enfant.
-Je suis capable de voir son approbation imbécile, grinça-t-elle en gardant le sourire. Tu aurais du retourner immédiatement à ta tâche.
Elle se tourna vers les fracciones qui la regardaient en expectative.
-Commencez, déclara-t-elle en souriant.
Le bocal fut ouvert, et lentement, son contenu transita à travers le tuyau vers l'immense colonne de verre. Des rubans de fumée de couleur argent et ocre commencèrent à s'élever et s'enrouler les uns autour des autres en un lent et voluptueux ballet. D'autres vannes furent ouvertes par les fracciones, et d'autres composants se rajoutèrent petit à petit.
Au bout de longues minutes, un minuscule point noir apparu au milieu de la colonne de verre. Il grandit lentement, tandis que la fumée ocre et argent envahissait la colonne. Bientôt, il fut impossible de voir ce qui se passait à l'intérieur.
-Ça va marcher, murmura l'espada en mâchonnant de manière compulsive ses ongles parfaits. Il faut que ça marche...
Une demi-heure plus tard, la brume ocre et argent commença à disparaître. Petit à petit, une forme humaine commença à apparaître à travers celle-ci. Impatient, le seigneur Aizen commença à s'approcher, suivi de son second et d'Hinamori.
-Vous voyez seigneur, cela a marché ! Comme je le pensait, il suffisait d'adapter la machine au nouveau reaitsu d'Ichimaru, et de faire quelques petits ajustement, et tout devient parfait.
-Attendons voir, se contenta de dire Aizen, les yeux fixés sur le corps qui commençait à se distinguer au milieu de la brume. Cela fait quinze ans que vous me promettez de ressusciter Ichimaru puis de le ramener ici. Soyez juste certaine Szavana, que ce se sera votre dernier échec.
Déglutissant avec difficulté, l'arrancar aux traits d'enfant afficha un sourire figé.
-Il n'y a pas de raison que cela échoue ! Maintenant que nous avons tous les paramètres...
-Qui nous ont été donnés par nos « amis » au Seireitei. Vous avez été incapable de découvrir de vous même qu'Ichimaru s'était réincarné, la coupa le second d'Aizen.
-C'est vrai. Mais nous réussissons grâce à mon génie.
Nul ne répondit à l'arrogante enfant. Seule Hinamori émit un ricanement dubitatif, avant de se retourner vers la colonne de verre. Szavana consulta son écran.
-C'est bon, déclara-t-elle. Le temps est écoulé. J'ouvre.
Les restes de fumées contenues dans la colonne envahirent la pièce lorsque l'énorme bloc de verre fut relevé. Pendant quelques secondes, il ne fut plus possible de voir à trois pas. Aizen s'avança, impatient vers la forme inanimée qu'on distinguait au sol et se pencha vers elle. Un sourire ravi s'étalait sur son visage.
-Bon retour parmi nous, Gin, murmura-t-il.
Puis il se releva furieusement et se tourna vers Szavana.
-Qu'est ce que cela veut dire ?, s'exclama-t-il. Une femme ?
Il tira par sa longue chevelure argentée une jeune femme inanimée en uniforme noir. Celle-ci geignit sans ouvrir les yeux.
-Qu'est ce que cela veut dire ?, répéta-t-il.
La jeune femme ouvrit les yeux et poussa un cri de terreur. Elle tenta de s'échapper et de saisir son sabre à sa ceinture, mais n'en eut pas le temps. Le reiatsu d'Aizen la figea au sol, suffocante. Le maître du Hueco Mundo la contempla longuement.
-Ce doit être la sœur de Gin dont nos espions nous ont parlé, spécula-t-il. Elle lui ressemble un peu.
-Sa sœur ?, s'exclama Szavana ? Oh, vous me laisserez l'étudier ? Je rêve de comprendre comment leurs âmes se sont mélangées ! Si ces imbéciles de la Soul Society ont raison bien sûr, ce qui serait assez incroyable.
-Nous verrons cela plus tard, décida Aizen après un instant de réflexion. Contente-toi de nous dire en quel état de santé elle nous arrive et de découvrir pourquoi ce n'est pas Gin qui se tient ici à sa place !
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En rouvrant les yeux, Mitsuki découvrit des murs d'un blanc immaculé. Elle était dans une pièce minuscule, où elle pouvait à peine étendre les jambes, et sans aucune porte. Par contre, le plafond semblait être à des kilomètres au dessus de sa tête. La lumière lui provenait de là haut. La lucarne devait aussi faire office de puits de passage. Une rapide inspection des murs ne lui révéla aucune rainure. Sans doute l'avait on fait descendre à l'aide d'une corde imagina-t-elle.
Mitsuki dut attendre des heures avant qu'on se vienne la voir. Cela lui laissa tout le temps de cogiter. Elle avait été happée par l'étrange fumée noire, elle s'en souvenait. Cela l'avait fait atrocement souffrir. Elle avait eu l'impression atroce d'être désarticulée et réduite en miettes. Puis, lorsqu'elle avait reprit conscience, elle avait vu Aizen. Elle en avait vu une photo une fois, mais ce n'était pas pour cela qu'elle l'avait reconnue. Elle abritait un fragment de l'âme de Gin, et les gens ne se rendaient pas compte de ce que cela voulait véritablement dire.
Elle n'avait pas ses souvenirs, à sa connaissance, mais elle avait parfois en tête des images et des émotions qui ne lui appartenaient pas. Elle ressentait toujours une bouffée d'affection quand elle voyait le vice-capitaine Matsumoto. Et elle savait ainsi que Gin l'avait aimé comme une sœur, mais pas plus, comme certaines personnes le prétendaient. Elle savait aussi que la grande femme rousse était la seule personne à la Soul Society pour laquelle Ichimaru ressentait quelque chose d'autre que du mépris ou de l'indifférence. Cela la faisait frémir. Parfois, elle se demandait si cet homme avait la moindre parcelle de bonté ou d'innocence dans son âme. Mais elle était certaine que jamais Gin n'écouterait cette partie là de son âme. Au pire, elle savait (espérait ?) que sa part d'âme à elle en lui l'en empêcherait.
Pourtant, cet Ichimaru lui avait sauvé la vie. Saurait-elle un jour pourquoi ?
Elle se força à penser à autre chose. C'était à l'heure actuelle une question bien vaine... Mieux valait réfléchir aux raisons de sa présence ici. Voulait-on d'elle comme otage ? Avait-on enlevé Gin aussi ? Elle craignait d'être un otage pour forcer Gin a faire quelque chose à la Soul Society. Et elle enrageait de ne pas savoir.
Elle vérifia l'absence de son sabre à sa taille et de son minuscule zanpakuto dans son étui à son bras. On lui avait ôté l'un et l'autre bien sûr. Elle se mit à jurer affreusement à la manière d'Abarai. Elle aurait dû s'y attendre, mais quand même. Elle trouvait ça... injuste. Une pensée ridicule.
Elle fut enfin interrompue dans ses pensées par un bruit au dessus de sa tête. Comme elle s'y attendait, une corde descendit vers elle. Elle dut s'attacher un long filin d'acier autour de la taille, et on lui permit de sortir de son étroite cellule.
Aussitôt, un arrancar qui ressemblait plus à une sorte de ragondin qu'à un homme avec ses formes difformes et son masque presque intact lui passa des menottes. Elle se sentit immédiatement privée de son reiatsu. Cela signifiait une chose, réalisa-t-elle avec un sourire. Même si elle n'avait pas son zanpakuto, elle pouvait utiliser le kido pour sortir de sa cellule ! Son sourire se figea toutefois lorsqu'elle vit que l'arrancar était accompagné d'une quinzaine d'autres, l'air tout aussi menaçants, et armés de sabres, de griffes, et de dents.
De toute façon, aurait-elle pu s'évader ? Elle était au Hueco Mundo ! Elle devait cesser de rêver. Elle était aux mains de ses geoliers et n'en sortirait pas. Tous ses espoirs s'effondrèrent en quelques secondes, et elle manqua fondre en larmes. Elle réalisait qu'elle allait probablement mourir, et qu'elle ne reverrait plus jamais Gin ou son capitaine, ou Yachiru ou quiconque d'autre. Même Abarai allait lui manquer.
Tandis qu'on la traînait dans des couloirs sans fin, elle se fit une liste de ce qui ne lui arriverait plus jamais. Jamais elle ne reverrait les gens qu'elle appréciait. Jamais plus elle ne ferait une blague à Gin. Elle ne pourrait jamais dire au capitaine-commandant qu'elle croyait se rappeler qui il était pour elle et l'embrasser pour le remercier de les avoir accepté, Gin et elle. Elle ne verrait jamais les cerisiers en fleurs de la sixième division dont lui avait parlé la gentille troisième siège de sa division. Elle ne montrerait jamais à Gin son shikai. Elle ne mangerait pas des dizaines de plats dont elle rêvait, ne pourrait jamais dire à ce connard d'Hirako ce qu'elle pensait de lui et de son comportement égoïste et méprisant.
Et puis elle avait prévu tant de choses... Depuis qu'elle était enfant elle avait tout prévu. Elle deviendrait vice-capitaine, puis capitaine. Elle et Gin tueraient Aizen ensemble, prouvant à tous que son frère était innocent. La Soul Society le reconnaitrait enfin et l'accepterait en ami. Elle cognerait sur la tête d'une certaine personne jusqu'à ce qu'il se rende compte des sentiments de Gin pour lui, et les forcerait à être heureux ensemble pour l'éternité, même si Gin ne croyait pas que ça arriverait jamais.
Et puis quand ce serait fait, elle se serait occupée de sa propre « proie » comme l'appelait Gin. Elle en était amoureuse depuis qu'elle l'avait vu pour la première fois, cinq ans plus tôt. Si seulement il se rendait compte qu'elle n'était plus une enfant qui avait besoin qu'on la protège et qu'on l'aide à grandir...
Ce rêve partait en fumée aujourd'hui, comme tous les autres.
Elle en était là de ses réflexions sinistres lorsqu'on l'amena devant Aizen et son espada. Autour d'une table oblongue, dix arrancars, hommes et femmes, l'observaient comme une proie. Mitsuki reconnut l'un d'eux, Yammi, à la description que lui en avait faite Renji. Aizen se tenait au bout de cette table, et la regardait avec le sourire d'un chat devant une souris acculée. A sa droite se tenait Hinamori, celle qui avait voulu tuer Gin. Celle-là aurait voulu la tuer d'un regard, c'était visible immédiatement. De l'autre côté se tenait un grand homme blond à la moue hautaine. Elle l'avait déjà vu. Où donc ? Sur une photo, chez le capitaine Irako à ce qui lui semblait. Qui était-ce donc ?
-Bienvenue, Inari Mitsuki, l'acceuilla Aizen en l'invitant à s'assoir au bout de la table face à lui. Elle le fit avec répugnance, mais n'osa refuser. C'est bien ton nom ?
-Oui, acquiesça-t-elle.
-La sœur d'Ichimaru ?, insista-t-il.
-Oui.
Aizen se tut et se remit à boire son thé. On en déposa une coupe devant Mitsuki qui, quoi qu'affamée et à moitié morte de soif, la laissa refroidir devant elle. Elle se méfiait de ce qu'on avait pu y mettre.
Elle profita de ce moment de silence pour examiner celui qui depuis presque vingt ans terrorisait la Soul Society. Son aura était proprement effrayante. Sur sa poitrine brillait un joyau de petite taille. Le hogyokou supputa-t-elle sans pouvoir retenir un frisson.
En l'observant plus attentivement, elle eut l'impression qu'il battait lentement, comme un cœur. La chose était vivante. Mitsuki s'efforça de regarder ailleurs.
-J'ai quelques questions à vous poser, reprit enfin Aizen. Répondez juste ou il pourra vous en coûter très cher. Tout d'abord, notre cher Gin se souvient-il de son passé ?
-Non, répondit Mitsuki.
Pouvait-elle faire autre chose que répondre ? Mais elle avait l'impression d'agir lâchement.
Aizen hocha la tête avec comme de la satisfaction.
-La Soul Society serait-elle prête à vous échanger contre Ichimaru ?, continua-t-il.
Les sentiments de Mitsuki oscillèrent entre le soulagement à l'idée qu'ils n'aient pas encore capturés son frère et qu'ils ne l'utilisent pas pour le faire chanter et le désespoir. Mais s'ils voulaient un échange... Elle savait qu'elle n'en sortirait pas vivante.
-Ils refuseront, murmura-t-elle. Ils auront trop peur de ce que vous pourriez faire de lui -ou avec lui-.
-Ah... J'aurais cru qu'ils seraient plutôt pressés de se débarrasser de lui.
-Pas au point de vous le livrer, cracha-t-elle.
-Nous verrons bien... sourit Aizen en se levant.
Mitsuki eut l'impression de le voir vaciller un instant et que tous les espadas se figèrent instantanément. Mais cette impression fugace se dissipa quand le chef du Hueco Mundo se tourna à nouveau vers elle en souriant. Mitsuki se dit que les quelques mots qu'elle avait prononcé avaient davantage appris à Aizen qu'elle n'aurait voulu.
-Nous verrons ce qu'il en est, déclara-t-il. En attendant, vous ne craignez rien. Vous pouvez donc manger et boire sans crainte. Buvez votre thé, il va être froi. Szavana ?
-Oui ?, demanda une enfant arrancar aux cheveux roses.
-Trouve lui de quoi manger. Ensuite, ausculte-là.
-A vos ordres, répondit l'enfant avec un regard avide.
-Fais à ta convenance, mais je veux qu'elle survive. Aucune conséquence physique ou psychologique sérieuse.
-Comme vous le désirez seigneur, répondit la gamine. On aurait dit qu'on lui refusait un bonbon.
Elle ouvrit la porte et sur un signe d'elle, trois arrancar aux uniformes identiques entrainèrent Mitsuki. Szavana les suivit en chantonnant.
Aizen se retourna vers ses espadas dès que la porte fut refermée. Il eut un immense sourire.
-Ce n'est qu'un léger contretemps. Bientôt, Ichimaru viendra à nous, de gré ou de force. Et alors, la guerre pourra commencer.
Un frisson d'excitation parcourut les espadas. Certains se mirent à sourire à pleine dents, heureux d'apprendre que la longue attente allait enfin prendre fin.
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Eh bien, le chapitre précédent a eut l'air de plaire ! J'en suis ravie. Et personne parmi vous n'avait trouvé l'identité du premier traitre... Ici, celle du superviseur d'Aizen devrait vous apparaître assez clairement. Au moins un vizard a donc survécu et trahi ses frères. Je félicite Axel Gabriel qui avait émit cette hypothèse depuis déjà plusieurs chapitres, sans avoir nommé Rose spécifiquement !
Reste donc à trouver le second traître, et les idylles de nos jeunes Gin et Mitsuki.
Quand aux plans d'Aizen... Bientôt ils apparaîtrons en pleine lumière !
Par contre, à mon grand regret, les prochains chapitres de cette fic et de Proies pourraient mettre plus de temps que prévu. J'ai des problèmes d'ordinateurs, qui, s'ils ne sont pas réglés dans les jours à venir, m'empêcheront de publier pendant peut être une semaine ou deux. Priez donc avec moi pour que le problème se résolve !
