Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie.

Par ailleurs, je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Et voici le treizième chapitre de De sang et d'Âme. Bonne lecture !

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-

Chapitre 13 : The end of hope

Les couloirs vides de la troisième division résonnaient du bruit des pas de Gin tandis qu'il rejoignaient sa chambre de vice-capitaine après avoir quitté le bureau d'Hirako.

A cette heure-ci, tous les shinigamis étaient à l'entraînement, ou en train d'effectuer d'ennuyeuses taches administratives. Logiquement, il aurait même du être lui-même en train de corriger un infect rapport sur le budget de la division. Ce connard d'Hirako ne le laissait jamais faire autre chose. Jamais il ne pouvait superviser -ou même participer- à un entrainement collectif, il n'avait pas le droit de manger avec les autres sièges, mais uniquement avec Hirako dans son bureau.

Le capitaine le séparait complètement des hommes de la division, et l'excluait de ses droits et devoirs de vice-capitaine. Et par ailleurs, les shinigami de la division l'excluaient de la même manière. La plupart d'entre eux avaient du être les subordonnés d'Ichimaru, et de ce qu'on racontait de cet homme, il comprenait un peu leur comportement. Il était peut être un garnement et un mauvais plaisantin mais Ichimaru, lui, avait l'air d'un fou meurtrier quand on lui en parlait. Il n'y avait qu'à voir comment Kira frissonnait dès qu'on prononçait son nom !

Mais de la part des plus récentes recrues, il avait espéré qu'ils se montreraient un peu plus amical envers lui. Mais non. Eux aussi se comportaient comme s'il allait dégainer Shinzô et se baigner dans leur sang. Et personne ne le traîtait comme un vice-capitaine. Pas le moindre respect, mais ça il s'en foutait puisqu'il ne respectait pas davantage le moindre gradé du seireitei. Mais on ne lui demandait jamais un avis, un conseil ou de l'aide. Jamais on ne l'informait des problèmes de la division. C'était bien simple, s'il disparaissait du jour au lendemain, il n'y aurait pas un seul changement dans la division ! Sauf peut-être qu'il y aurait la fête pendant une semaine.

Il était persuadé que si Hirako ne le traitait pas en prisonnier de guerre en en psychopathe meurtrier, cela ne se passerait pas ainsi.

Mais tout ça, il pouvait l'accepter. Et il se faisait un honneur de se trimballer partout avec son meilleur sourire de renard à la Inari. Hors de question de l'appeler « sourire à la Ichimaru », même si les photos lui disaient qu'ils avaient exactement le même.

Mais s'il avait quitté le bureau en rage, même s'il savait qu'Hirako allait encore l'utiliser comme argument pour justifier de sa mauvaise volonté, voire de son désir de trahison, c'était qu'il était allé beaucoup plus loin cette fois.

Tout ce qui le concernait, il le gérait, l'acceptait et s'en jouait. Mais il n'en était plus de même lorsqu'il s'agissait de Mitsuki.

Un peu plus tôt, lorsqu'il avait demandé pour la énième fois à Hirako quand le Seireitei allait se décider à envoyer des hommes libérer sa sœur, celui-ci avait levé les yeux au ciel.

-Ta sœur n'est pas notre priorité Ichimaru, avait-il dit. Cesse donc d'agir comme si vous étiez les deux personnages les plus importants du Seireitei. Tss. Alors qu'on ne sait même pas de quel côté vous êtes vraiment tous les deux.

-Vous nous surveillez depuis cinq ans !, avait crié Gin. Vous ne vous êtes toujours pas fait une opinion ?

-A ton propos si. Mais pas pour elle. Et nous ne prendrons pas le risque de foncer dans un piège d'Aizen.

-Croyez-ce que vous voulez sur moi, « capitaine », avait répondu Gin du ton le plus persifleur et méprisant qu'il put trouver, mais vous savez que Mitsuki serait incapable de trahir qui que ce soit. De nous deux c'est elle la « gentille » !

-Aizen se faisait passer pour un gentil. Tu m'excusera de ne pas me fier au joli sourire d'une gamine avec ton visage. Par ailleurs, je me passe bien volontiers de ses remarques et de ses « blagues » à mon égard. Bon sang, cette fille était une véritable plaie !

Plus que les insultes et le mépris, ce fut l'emploi du passé qui avait touché Gin au cœur. Pour Hirako, Mitsuki avait trahi, ou était déjà morte. Mais elle faisait déjà partie du passé.

Gin s'était sentit pris d'envies de meurtre. Il s'était retenu de dégainer Shinsô, mais il avait malgré tout pété les plombs. Il avait propulsé son bureau à l'autre bout de la pièce et commencé à invectiver Hirako tout en donnant des coups de pieds dans les dossiers renversés par l'impact de son bureau dans le mur en face.

Quand il s'était trouvé à cours d'insultes, il était sortit en claquant la porte, ne reprenant ses esprits qu'à mi-chemin de sa chambre.

Il ralentit nettement le pas. Il était toujours en colère, mais ce n'était plus la rage sauvage qui l'avait envahie un peu plus tôt. Il n'arrivait pas à croire qu'Hirako avait ainsi réussi à le faire sortir de ses gongs. Il avait pourtant l'habitude de son mépris, pour ne pas dire de sa haine à son égard. C'était à se demander pourquoi...

Gin chassa ces pensées de sa tête. Il n'avait pas de temps à perdre avec Hirako. Pas maintenant.

Il entra dans sa chambre et s'écroula sur le futon, ses yeux grands ouverts fixant le plafond de bois. Mais il n'était pas à l'aise dans cette pièce. Son regard revint par la millième fois depuis une semaine vers le centre de la pièce, là où s'était tenue Mitsuki avant de disparaître.

-Pardon Mi-chan, murmura-t-il. Mais qu'est ce que je peux faire ? Shinzô, qu'est ce que je peux faire ?

Mais son sabre resta muet. Shinzô n'était pas bavarde. Elle avait dû lui dire à peine une dizaine de phrases depuis qu'il avait entendu son nom. Et la plupart du temps, c'était des ordres. « Fait ça. » « Arrête » « Attaque ». Mitsuki disait que son Uminari lui donnait des conseils, la poussait à se dépasser, et elle l'adorait, même si l'arme était très exigeante envers elle. Ce n'était pas le genre de Shinzô. La plupart du temps, Gin avait envie de secouer son sabre comme un prunier pour qu'elle percute certaines choses. Un peu comme avec Hirako.

Gin se releva brusquement et se dirigea vers la minuscule salle d'eaux attenante à sa chambre. Il humecta son visage pour tenter de se calmer, et se redressant, fixa son visage dans le miroir.

Un instant, il cru voir celui de sa sœur.

Avant qu'il n'ait prit conscience de son geste, son poing droit filait à toute vitesse et le reflet explosa en mille morceaux.

Ramassant son arme, il quitta la pièce sans prendre conscience du sang qui ruisselait de son poing couvert de morceaux de verres.

Il ouvrit sa fenêtre et quitta la division et l'enceinte du Seireitei en quelques coups de shunpo. Il atterrit dans la forêt au nord de celle-ci et resta de longues minutes à regarder dans le vague, les bras ballants.

Puis, un hurlement de rage s'échappa de ses lèvres. Il dégaina Shinzô d'un geste brusque et jeta le fourreau de celle-ci le plus loin qu'il put. Puis, il libéra son shikai.

La lame de celle-ci étendue au maximum il commença à attaquer les arbres autour de lui, sans se soucier des branches qui tombaient, lui occasionnant des égratignures plus ou moins profondes. Tourbillonnant à toute vitesse autour de lui-même, il déchiqueta méthodiquement chaque pouce de la forêt qui l'entourait dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres autour de lui. Ses gestes étaient précis, mais hachés, dictés par la colère. Ou bout d'une heure ou plus, en nage et en sang, il s'effondra sur le sol, son long hurlement transformé en un râle presque inaudible.

-Ça y est ? Tu t'est bien défoulé ?, fit une voix presque amusée derrière lui, et Gin se retourna en gémissant.

Shihoin Yoruichi le surplombait de toute sa taille.

-Tss, émit-elle en hochant la tête d'un air désolé. Pourquoi les hommes réagissent-ils toujours de façon disproportionnée ? Est-ce que vous cessez jamais d'être des gamins ?

Gin se contenta de la regarder d'un air fermé et agacé.

-Eh bien ! On dirait que tu est finalement capable de prendre une autre tête que celle de renard que tu affiche habituellement. C'est bien ça, très bien !

-Cassez-vous, finit par dire Gin.

A son grand déplaisir, la capitaine préféra s'assoir à côté de lui.

-C'était indispensable tout ça ?, demanda-t-elle en désignant du doigt les dégâts qu'il avait infligé à la forêt.

-Valais mieux que ce soit les arbres que la tronche de cake d'Hirako, grommela le jeune homme.

-Eh ça va, je ne te fais aucun reproche, je constate juste !

Après un instant de silence qui se prolongeait, la capitaine reprit.

-Je crois que tu viens de dépasser le record précédemment établi par Ichigo en réaction disproportionnée à la disparition d'une personne chère. Je n'aurait pas cru ça possible.

-C'est bon, vous pouvez arrêter ?, cria soudain Gin. Vous pouvez vous barrer maintenant ? Le gosse a envie de continuer à tout casser je crois, alors si vous voulez, je vous réduit en miettes comme cette forêt, mais vous allez fermer votre grande gueule, compris !

Yoruichi le regarda fixement, une lueur bizarre dans ses yeux soudain très froids.

-Tu n'est pas encore calmé, conclut-elle.

Gin s'apprêtait à se relever et à empoigner à nouveau son arme lorsque d'un pas de shunpo, Yoruichi se retrouva juste derrière lui. Avant qu'il n'ait pu se retourner vers elle, il sentit ses doigts appuyer sur ses tempes, et il sombra dans l'inconscience.

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-

A son réveil, il découvrit la capitaine Unohana qui finissait de lui faire un bandage sur sa main déchiquetée par le verre. Maintenant qu'il était calmé, celle-ci lui faisait atrocement mal.

Le voyant réveillé, Unohana se redressa légèrement pour le regarder et fronça les sourcils. Gin baissa rapidement les yeux sous son regard glacial. Unohana était une des rares personnes à se montrer toujours juste envers lui et Mitsuki, elle les avait soigné chaque fois qu'ils avaient dû se battre. Elle avait été bienveillante, gentille, et aujourd'hui, il avait l'impression de la décevoir. Il avait honte de lui-même, un sentiment qu'Ichimaru n'avait jamais dû sentir.

Au bout d'un long moment à le fixer d'un air désapprobateur, Unohana reporta son attention sur son bandage, toujours sans dire un mot. Elle finit par se lever silencieusement et ramassa ses bandages et compresses. Au moment de passer la porte, elle parla enfin.

-C'était puéril vice-capitaine Inari, déclara-t-elle toujours glaciale. Soyez certain que le capitaine-commandant entendra parler de votre comportement.

Gin baissa les yeux tandis que la porte se refermait. Oui, maintenant qu'il était plus calme, il avait un peu honte de lui-même. Mais plus encore, sa colère contre les shinigami se reportait désormais sur sa propre personne.

Il n'aurait jamais dû ainsi s'énerver contre Hirako. Il n'aurait jamais dû céder à ce coup de sang. Jamais il n'agissait ainsi normalement ! Il réfléchissait avant d'agir, analysait les conséquences, et parfois décidait de passer outre, mais jamais il ne se laissait ainsi submerger par ses sentiments ! C'était plutôt la façon de faire de Mitsuki.

Mitsuki... Il ne lui restait plus qu'à espérer que ses actes de la journée n'aient pas définitivement convaincu les capitaines et la chambre des 46 de sa malignité et de sa volonté de trahison.

Pour sa sœur, il savait ce qu'il devait faire. Dès qu'Unohana le laisserait sortir, il irait s'excuser auprès d'Hirako. Il réparerait ses dégâts, s'aplatirait devant tout le monde. Et il convaincrait les capitaines et vice-capitaines de la nécessité de la libérer. Il irait parler à chacun d'eux s'il le fallait, et ferait appel à leur morale, leur sens de la justice, leurs émotions, leur curiosité, leur envie de bataille ou de vengeance, à tous les leviers possibles pour qu'ils daignent enfin s'occuper de Mitsuki.

C'est en dressant une liste mentale de tous les gradés qu'il pouvait convaincre que Gin s'endormit.

Il fut réveillé aux aurores par un toquement répété sur la vitre de sa chambre. Se redressant, il distingua quelqu'un de l'antre côté de celle-ci, et il se leva pour aller voir. La lumière n'était pas encore très forte, mais il reconnut Kira à ses cheveux blonds et à sa mèche tombante. Étonné, car le vice-capitaine blond ne lui parlait pas souvent, même s'il s'entendait très bien avec Mitsuki, Gin ouvrit d'un cran la fenêtre.

-Bonjour, salua le nouveau venu. Je peux entrer ?

De plus en plus étonné, Gin acquiessa et ouvrit grand la fenêtre. Se haussant sur ses bras, Kira pénétra dans la pièce et referma soigneusement les vitres.

-Désolé de cette entrée cavalière, s'excusa-t-il en s'inclinant à moitié. Mais Unohana-san a été très claire : pas de visites pour vous.

-Et vous êtes passé outre Kira-san ?, demanda Gin en ouvrant des yeux immenses.

-Ca ne me ressemble pas, c'est ça ?

Gin acquiesça du visage. Kira était quelqu'un a qui on ne pouvait pas attribuer un autre qualificatif que « gentil ». Il était obéissant, amical, mais la plupart du temps, craintif comme un lapin. Surtout face à lui.

Kira s'assit face au lit et lui adressa un sourire timide.

-Rallongez-vous I... Inari-san. Je ne veux pas que vos blessures se rouvrent. Si on me découvre ici, Unohana-san sera déjà suffisamment en rogne comme ça.

Sans le quitter des yeux, Gin se rassit sur son lit. Il se posait de nombreuses questions. Et la moindre n'était pas celle-ci. Il y avait-il un deuxième traître au Seireitei ? Iemura était-il vraiment seul ? Après tout, on ne pouvait même pas jurer que la tentative de meurtre qu'avait commis cette folle d'Hinamori cinq ans plus tôt était un acte isolé. Kira, vice-capitaine d'Ichimaru pouvait très bien être un traitre depuis plus de quinze ans, depuis avant même la bataille d'hiver. C'est donc particulièrement attentif aux faits et gestes de Kira que Gin l'invita à expliquer sa présence.

-Il y a interdiction de vous en parler, balbutia Kira d'un air gêné. C'est pour ça qu'Unohana-san tient à vous garder ici. Mais Rangiku pense que vous devez savoir. Et... moi aussi. Parce que nous savons que, Ichimaru ou Inari, vous prenez soin de ce qui vous sont cher.

Voyant que la tête d'Ichimaru oscillait entre l'énervement et l'inquiétude, Kira abréga.

-Nous avons des nouvelles du Hueco Mundo. Aizen propose de vous échanger contre Mitsuki-chan.

Un sourire de joie manqua s'afficher sur le visage de Gin avant de s'interrompre aussi soudainement.

-Si je n'ai pas le droit de le savoir, je suppose que c'est parce que la chambre des 46 a refusé l'échange ?

-Ukitake retarde au maximum le moment de le leur annoncer, et réclame une preuve que votre sœur est vivante. Mais il ne pourra pas cacher éternellement cette proposition à la chambre.

-Et dès qu'elle l'apprendra, Mitsuki-chan sera condamnée... parce qu'ils n'accepterons jamais l'échange. Ils ont trop peur de moi.

-Voilà. Vous savez tout désormais.

-Mais je ne comprend pas Kira-san. Pourquoi me dire tout ça ? Pour ce que vous en savez, je suis peut être Ichimaru !

Kira le regarda pour la première fois depuis leur première rencontre droit dans les yeux.

-Peut-être. Ça n'a aucune importance. On n'avait pas le droit de vous cacher ce qui plane sur les épaules de Mitsuki.

-Même si je décidais de me livrer à Aizen ?

Kira hésita.

-Oui... même. Vous saviez que Rangiku déteste Mitsuki-chan?, reprit-il soudainement.

-Quoi ?, s'étonna Gin. Je croyais qu'elle l'aimait bien !

-C'est vrai... Mais elle la déteste également. Parce que Mitsuki-chan a réussi là où Rangiku a échoué : elle a su vous donner des limites. J'ai pu vous observer à mon aise pendant ces cinq années où j'étais encore à la troisième division. De ce que je sais de la femme qu'elle était autrefois, c'était une jeune femme digne et triste, très réfléchie. Vous avez déteint l'un sur l'autre Gin. Vous en avez fait une jeune fille extravertie et sûre d'elle, même si toujours pondérée. Et elle vous a donné le sens du devoir qui vous manquait capitaine. J'en suis heureux. Alors qu'elle que soit votre décision... je sais qu'elle sera dictée par l'amour et l'honneur, non pas par l'ennui ou l'ambition.

Gin s'enfonça dans un silence rêveur. Quand il releva enfin la tête, Kira avait disparu et la fenêtre était entrouverte.

Il continua à fixer la fenêtre d'un air pensif, puis eut un immense sourire jusqu'aux oreilles.

-Capitaine, hein ? Je sais pas pourquoi, ça sonne plutôt pas mal, « capitaine Inari ».

Puis, il se rallongea et se rendormit, plus serein qu'il ne l'avait été depuis quatre jours que Mitsuki avait disparu.

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-

Au bout de deux jours d'enfermement dans sa chambre d'hopital, Unohana accepta de laisser sortir Gin. Son regard sévère affichait que s'il tenait qu'à elle, il serait resté là à continuer son introspection et à l'abri de la tentation d'une folie quelconque, mais il s'échinait tellement à rendre fou le personnel de l'hopital qu'elle avait fini par céder.

Gin sortit donc, ravi, mais incertain de la suite des évènements. Devait-il aller s'excuser auprès d'Hirako comme il s'était ordonné de le faire ? Ou valait-il mieux aller voir Kira et tenter d'avoir d'autres nouvelles ? Ou tenter d'aller convaincre quelques gradés d'organiser une expédition pour libérer sa sœur ?

En fait, pour la première fois depuis leur mort à lui et à sa sœur, il avait envie d'aller sur Terre. Il voulait voir sa mère, lui demander pardon pour tout ce qu'il avait jamais pu faire comme bêtises, la serrer dans ses bras et lui demander de l'aider. Peut importait que son corps ait grandi trop vite, il restait toujours un enfant, merde ! Comment pouvait-il savoir ce qui valait le mieux pour sauver sa soeur ? Comment pouvait-on lui en vouloir de craquer ? Il shoota dans un caillou pour libérer sa rage.

Finalement, ayant pris sa décision à grand peine, il avança d'un pas hésitant vers la troisième division.

A mi-chemin de celle-ci, il croisa Hirako, Yadomaru, et cette peste de Saguraki. Tous trois discutaient à voie basse, tout en se dirigeant d'un pas vif vers la première division. Ils passèrent devant Gin sans noter sa présence. Celui-ci hésita une seconde, puis se mit dans leur sillage.

-Capitaine ?, demanda-t-il, un sourire moqueur affiché sur son visage.

-Ichimaru ?, s'étonna Hirako. Qu'est ce que tu fiche ici ?

-Inari. Je viens me mettre à vos ordres, capitaine, répondit Gin avec une assurance factice. Vous vous rendez à une réunion ? Il y a du nouveau ?

-Retourne à la division Ichimaru. Tu n'est pas convié.

-Inari, rétorqua Gin tandis que les trois vizards s'éloignaient à nouveau.

Il cracha sur le sol après leur départ.

-Qu'est-ce que vous complotez tous les trois ?, murmura-t-il pour lui-même.

Puis, il reprit sa route, non plus vers la division, mais en suivant à distance les vizards. Il les vit pénétrer dans la première division, suivi peu après de Kuchiki.

Il resta à la porte, tout en s'amusant à projeter des petits cailloux ronds le plus prêt possible de la magistrale porte de la division.

Au bout de deux longues heures, Kira et Hisagi furent les premiers à sortir. Ils furent aussi les premiers à glisser sur les cailloux et à faire une glissade mémorable sur les fesses. Gin s'approcha en souriant largement.

-Désolé, fit-il en se retenant de rire tout en aidant Kira à se redresser. J'espérais qu'Hirako serait le premier à sortir. Alors ? Qu'est-ce qu'ils ont dit ?

Les têtes des deux hommes le renseignèrent rapidement.

-Ils ont refusé l'échange ?

-Pire, répondit Hisagi en posant une main sur son épaule dans un geste se voulant réconfortant. Aizen vient d'envoyer un nouveau message.

-Quoi ? Qu'est ce qu'il veut en plus ?

-Rien... Son message disait ceci. « J'exige le retour de Gin d'ici moins de quarante huit heures. Toute proposition d'échange est désormais interrompue. Il est désormais hors de question de vous renvoyer la jeune Mitsuki, par sa propre faute. Si vous continuer d'exiger des preuves qu'elle est vivante, nous pourrions envisagez de vous expédier quelques uns de ses doigts, ou l'une de ses oreilles. A vous de voir si vous voulez continuer d'afficher des exigences qui n'ont pas lieu d'être. Si vous tardez de plus d'une heure à me restituer Ichimaru Gin vivant et en bonne santé, plusieurs milliers d'arrancars déferleront sur le Rukongai. Vous pourriez même me convaincre de venir moi-même rendre visite au Seireitei. Choisissez bien, et vite. »

Gin ne dit rien. Il se contenta de fixer chaque capitaine et vice-capitaine qui sortait de la division d'un sourire froid et d'un regard accusateur.

Ukitake, qui sortait à son tour de la division, le regarda d'un air désolé. Gin ne savait pas ce qui le retenait de lui cracher au visage en l'appelant assassin. Kyourakû détourna le regard, Kurosaki baissait la tête.

Ils avaient tué sa sœur, chacun d'eux. Par leur manque de réactivité, par leur indolence face à la menace d'Aizen.

Il les haïssait de toute son âme.

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-

Je suis très contente de cette fin de chapitre, et de tout le chapitre de manière plus générale.

Gin y est complètement OOC par rapport au manga, mais c'est justifié par l'influence de l'âme de Mitsuki sur la sienne, et de sa jeunesse. Je le trouve malgré tout très réussi ici. Et vous ?

Que c'est-il passé pendant cette semaine au Hueco Mundo ? Pourquoi l'échange n'est plus possible ? Que va décider la Soul Society ? Que va faire Gin ? Je sais, vous vous posez toutes ces questions et vous me haïssez, mais la suite attendra quinze jours, puisque la semaine prochaine verra la parution d'un chapitre de Proies.

Si vous avez des critiques, des remarques, ou des hypothèses, n'hésitez pas à me laisser une review ! C'est le seul moyen pour un auteur de savoir si sa fic est apprécié, et pour les autres lecteurs potentiels, c'est un indice qu'elle est appréciable. Deux ou trois minutes pour partager votre plaisir avec l'auteur et inciter d'autres gens à lire une fic qui vous plait, c'est peu, non ?