Chapitre XXX

Cela faisait plusieurs jours maintenant qu'elle n'avait pas vu la conquérante. Elle n'était toujours pas morte mais ressentait quand même un grand vide dû à l'absence de l'impératrice.
L'armée de César était enfin arrivée. Elle ne savait pas vraiment pourquoi l'impératrice regroupait autant de forces armées. Elle n'en avait pas eu besoin d'autant pour conquérir ce qui était maintenant un vaste empire. C'est qu'elle prévoyait sûrement d'attaquer une grande ville …

La conquérante était occupée depuis peu à gérer tous les généraux et à élaborer les plans d'attaque. Ils attaqueraient dans une dizaine de jours. Elle pouvait être sure de gagner avec de telles forces armées. Elle avait rassemblé pas moins de 30 000 soldats. Les Spartiates seront dur à battre … Ils sont connus pour se battre jusqu'à la mort et ne meurent pas sans avoir emporté quelques-uns de leurs adversaires avec eux. Mais quant aux paysans à qui on venait à peine d'apprendre à tenir une épée en main, elle n'en ferait qu'une bouchée. Ses troupes se mettront en marche dans maximum une semaine.

Xena sortit de la salle où elle avait élaboré ses plans depuis plusieurs jours maintenant. Elle avait repoussé le plus loin possible la confrontation avec Gabrielle mais celle-ci semblait inévitable. Elle devrait tôt ou tard croiser son esclave dans les couloirs. Elle se décida alors à affronter sa peur et à parler avec Gabrielle. Depuis le soir où elle s'était enfuie, elle n'arrêtait pas de s'endormir avec le visage qu'avait Gabrielle lorsqu'elle racontait l'histoire. Gabrielle avait l'air tellement passionnée par ce qu'elle disait. Mais c'est surtout la fin de son histoire qui lui avait fait verser quelques larmes. C'est vrai, elle souffrait. Elle souffrait terriblement. Elle rejetait sa colère contre ses adversaires lors des combats mais cela ne lui suffisait pas. Elle avait besoin d'autre chose. Elle ne le savait pas encore mais elle sentait que ce quelque chose allait bientôt arriver. Peut-être qu'après la prise de Spartes, elle serait libérée. Mais tout ça n'était que supposition.

Après avoir mangé dans la bonne humeur avec Anastasia, Gabrielle se dirigea vers sa chambre avec la compagnie de son amie. Celle-ci ne voulait pas que Gabrielle se fasse à nouveau attaquer. La barde avait beau dire qu'elle avait tourné la page, Anastasia le voyait toujours, cette lueur éteinte dans ces yeux. Elle essayait de la faire rire tous les jours et y arrivait. Une grande complicité était née entre ces deux femmes.

Gabrielle fit une bise sur la joue d'Anastasia et rentra dans sa chambre. Elle alluma une bougie et sursauta quand elle vit la conquérante allongée sur son lit, les yeux baissés et tristes. Elle mit sa main droite sur son cœur et sentit celui-ci battre à tout rompre. Allait-elle mourir ? Mais surtout. Est-ce que l'impératrice la détestait pour avoir touché à une partie de sa vie privée ? Elle redoutait ce moment mais attendait de voir Xena depuis un petit bout de temps. Elle ne voulut pas se l'admettre mais elle lui avait manqué. Ses yeux bleus, ses cheveux noir corbeau, son teint hâlé, …

Elle n'avait pas remarqué que la conquérante la fixait maintenant intensément. C'est un raclement de gorge de celle-ci qui la fit sortir de ses pensées. Elle demeura immobile, ne sachant que faire.

Xena tapota les draps à côté d'elle pour inviter la barde à s'asseoir. Sa respiration était saccadée. Elle avait été traversée par une joie immense quand elle avait vu le visage de Gabrielle passer dans l'encadrement de la porte suivit rapidement de tout son corps. Elle avait tellement voulu la revoir. Mais maintenant, elle avait juste peur. Peur que Gabrielle ait peur d'elle, qu'elle ne se sente pas à l'aise avec elle. L'air de rien, elle tenait à sa barde. Oui. Sa barde. Elle pouvait le dire. Sa barde aux yeux verts et aux cheveux en cascade sur sa peau laiteuse. Bref. Elle s'égarait là. Elle était venue pour lui parler. Lui parler de sa prestation mais aussi essayer de nouer des liens avec elle. Vu son statut, elle aurait pu l'obliger à passer ses journées à son service, à ses côtés. Mais elle ne voulait pas l'obliger. Elle voulait que Gabrielle le fasse de son propre chef. Et pour ça, il ne fallait pas la brusquer.

X : Je crois que l'on doit parler. dit-elle en la regardant dans les yeux.

G : Oui. dit-elle simplement, crispée sur le rebord du lit mais en même temps subjuguée par les yeux de la conquérante.


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J'espère que ça vous a plu. Si vous avez des idées, des souhaits, j'essaierai de les mettre dans la suite :D (par MP ou Review)