NDA : Allez, pour vous démontrer que je ne suis pas une totale psychopathe comme le prétend la rumeur (sociopathe, bon sang, sociopathe !) voici un chapitre tout doux, tout sucre, tout miel, du moins autant que peuvent l'être Lucius et Harry :) Chapitre d'ailleurs dédicacé à Redkunst (à vos souhaits ^^) que j'ai, une fois encore, traumatisée... Bonne dégustation.


Chapitre 22

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Des avantages du deuxième mois

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Harry atterrit devant le portail en fer du Manoir. Il n'attendit pas plus et, comme il en avait désormais l'habitude, le traversa sans peine. De la buée s'échappait de sa bouche et de son nez à chaque fois qu'il expirait, laissant une longue volute blanche. Ses pieds crissaient sur le gravier gelé tandis qu'ils laissaient de temps à autres quelques traces dans les résidus de neige.

Le jeune homme réfléchissait encore tout en s'avançant vers la grande demeure, sombre dans la nuit. Il n'avait pas voulu prendre la cheminée pour cette raison. L'air plus que frais de cette nuit de février lui faisait du bien. Il en avait rudement besoin après la soirée qu'il venait de passer !

Sirius et Severus avaient été très présents pour lui, alors qu'il était ressorti plus que choqué de la pensine.

Une fois le dégoût et la colère un peu passés, il s'était étonné du fait que Sirius semblait parfaitement au courant des souvenirs qui se trouvaient dans la pierre creusée. Ce dernier lui avait avoué, non pas qu'il avait regardé lui aussi les souvenirs, mais qu'ils avaient eu récemment plus d'une discussion au sujet du passé de Lucius, Severus et lui.

Ils avaient donc longuement parlé, tous les trois, puis Harry avait absolument voulu retourner au manoir afin de voir Lucius.

Severus lui avait fermement conseillé de ne pas foncer tête baissée, pour une fois, et de surtout bien réfléchir à ce qu'il allait dire à l'aristocrate. Lucius ne supporterait jamais que son promis semble éprouver de la pitié envers lui. Rien que de la compassion serait difficile. Harry avait donc écouté religieusement tous les conseils de son père. Après tout, il connaissait parfaitement son fiancé et en plus, ils étaient tous deux des Serpentard de premier ordre.

Quand Harry était sortit de la maison, se retrouvant sur le palier de l'ancestrale demeure des Black, il s'était rendu compte que Severus ne faisait pas du tout mine de partir de chez son parrain. Il avait froncé les sourcils, une question au bord des lèvres, et s'était retourné pour la leur poser mais Sirius l'avait devancé en lui offrant une réponse. Il s'était placé derrière le maître des Potions pour lui encercler la taille de ses bras. Puis, devant les yeux ébahis de leur fils et filleul, l'Auror avait tendrement embrassé le cou de l'autre homme.

Harry avait souri, heureux pour eux et aussi, très égoïstement, pour lui. Il n'avait rien dit, n'étant pas sûr que son père et son parrain s'étaient rendus compte qu'il avait surpris ce geste intime entre eux puisqu'il se trouvait dans l'ombre.

Le jeune homme souffla dans ses mains, glacées, tandis qu'il se rapprochait du seuil du manoir. Il s'arrêta, réalisant tout comme de nombreux jours auparavant, que ce manoir serait, s'il le voulait, bientôt le sien. Son cœur rata un battement alors que la porte s'ouvrait sans qu'il n'ait posé la main dessus.

Pourtant, il n'y avait personne derrière elle. Harry entra donc dans le hall, se délesta de son manteau et décida de se rendre en direction du salon bleu. Il ne savait pas du tout si Lucius l'attendait, malgré ce que lui avait affirmé Severus. Après tout, il était déjà plus de minuit, il aurait été logique que le maître des lieux se soit couché.

« Le maître vous attend, jeune Potter, » fit alors une voix éraillée à ses côtés, faisant pousser un cri de surprise à l'ancien Gryffondor.

« Hyde ! Mais tu cherches à me faire avoir une crise cardiaque ou quoi ? » s'écria Harry.

L'elfe se contenta de lui jeter un regard torve, sans rien rajouter de plus. L'homme et l'elfe se dévisagèrent pendant une demi-minute, dans un silence lourd. Harry ne comprenait décidément pas du tout pourquoi Hyde semblait lui en vouloir à ce point. Pourtant, il était persuadé qu'en cet instant, s'il l'avait pu, ce petit être diabolique n'aurait pas hésité à l'enfermer à double tour dans un cachot.

« Le maître vous attend, » répéta-t-il, sans baisser les yeux.

« Oui, merci, j'avais compris. Je me rendais justement au salon Saphir, je suppose qu'il est là-bas ? »

« Oui. Hyde sera juste à côté, jeune Potter, Hyde veillera sur son maître, » grinça l'affreuse créature.

Sur ces paroles, il disparut dans un crac sinistre.

Harry regarda un instant l'endroit où il s'était tenu avant de lever les yeux aux ciel.

« Complètement barré cet elfe... » bougonna-t-il tout en reprenant sa marche.

Une fois devant la porte du salon, il se demanda s'il devait frapper ou bien entrer directement. Il n'hésita pas longtemps, décidant qu'après tout, en tant que promis et puisque selon l'horrible bestiole à grandes oreilles, Lucius l'attendait, il pouvait très bien faire l'impasse sur le fait de toquer à la porte.

Il entra donc dans l'ambiance feutrée habituelle de la pièce. Il vit de suite Lucius, installé dans son fauteuil non pas dans le canapé. Ce dernier tourna son visage éclairé par la cheminé vers son promis, sans sourire ni prononcer un mot.

« Bonsoir, » lança Harry d'une voix douce.

Lucius se leva du fauteuil alors que le jeune homme fermait la porte. Ils s'avancèrent l'un vers l'autre, se jaugeant du regard, peu certains tous les deux des réactions de son vis à vis.

« Alors, » se décida finalement Lucius, tendu. « As-tu vu Sirius et Severus ? »

« Oui. J'ai vu aussi... les souvenirs de mon père, à ton sujet. »

« Ah. Bien. »

Harry nota sans difficulté le ton lointain et froid de son fiancé. De même que son maintien raide alors qu'il se redressait un peu plus. Cela perturba un instant le garçon avant qu'il ne se rappelle les conseils de son père.

Tant pis pour sa nature Gryffondoresque, il allait devoir mettre un mouchoir par-dessus afin de rassurer Lucius sans que celui-ci ne le prenne mal.

« J'ai été vraiment choqué par tout ce que j'ai vu. Par tout ce que tu as vécu. »

Il fit encore deux pas en avant, posa une main sur le torse de son fiancé tout en levant les yeux vers lui. Il se retint de battre des cils, estimant que cela serait un peu abusé, pour ne pas dire ridicule.

« Lucius, j'admire la volonté, la force de caractère dont tu as fait preuve à cet époque et maintenant. Je suis vraiment, vraiment, désolé de tout ce que j'ai pu dire au sujet de ton passé potentiel de Mangemort ou sur le fait que tu ressemblais à ton père. Je sais aujourd'hui que je me suis lourdement trompé. Tu n'as jamais été un Mangemort et tu n'es certainement pas comme ton père. Tu es un Malfoy, tu es un lord respecté et puissant. Tu es, si tu le souhaites encore, mon courtisan car je désire plus que jamais être ton promis. »

Le regard clair de l'homme se baissa vers lui. Un fin sourire apparut sur ses lèvres puis, avant que Harry ne puisse comprendre ce qui lui arrivait, il se retrouva plaqué contre son torse par une main ferme posée très bas sur ses reins. Un bras l'entoura avec force alors que la main restée libre s'agrippait à sa nuque, l'obligeant à relever plus encore son visage vers celui de Lucius.

Harry ne pensa même pas une seule seconde à protester bien qu'il n'ait pas du tout la maîtrise de cette étreinte. De la même façon qu'il ne dit rien quand les lèvres douces de son fiancé écrasèrent les siennes.

Il se laissa totalement fondre dans les bras de Lucius, lui laissant toute la direction de la manœuvre qu'il leur imposait avec une tendre violence. Grâce à Severus, il savait qu'il fallait qu'il laisse Lucius prendre complètement le contrôle de la situation, qu'il prenne l'ascendant sur lui ce soir. C'était sa façon à lui de se rassurer, de soulager la tension, pour ne pas dire la peur qui l'habitait depuis leur séparation. Les tremblements presque imperceptibles qui le parcouraient étaient une preuve physique de ce que Lucius avait du enduré ces dernières heures. De toute façon, ce baiser, Harry en avait rêvé depuis un mois ! Plus encore, il en avait lui aussi besoin, en raison de tout ce qu'il avait vu dans la pensine. Lui qui avait tant voulu prendre Lucius dans ses bras durant ces heures atroces le pouvait désormais, lui démontrant de cette façon, et ce autant que par des paroles, son amour et son soutien.

Alors qu'il commençait à gémir, les yeux clos, les mains de l'homme blond explorant son corps de ses fesses à ses cheveux, Harry réalisa à quel point il avait envie de Lucius et aussi à quel point il avait envie qu'il le domine de la sorte.

Après tout, lui-même avait toujours dû se battre, être fort. Dans les bras de son futur amant, Harry choisit de se laisser vivre, porté par les flots que Lucius avait décidé de prendre.

Il passa lui-aussi ses bras autour du cou de son fiancé, rendant le baiser avec ardeur. Lucius avait besoin de dominer ? Soit, il allait lui laisser les rênes... Du moins, pour l'instant.

Harry sentit que Lucius se reculait, l'entraînant avec lui. Il se laissa encore une fois faire, n'émettant aucune protestation d'aucune sorte alors que l'aristocrate le faisait tomber sur le canapé. Aussitôt, il s'allongea sur lui, le couvrant de caresses et de baisers.

La chaleur augmenta sensiblement dans la pièce. Harry ne se retint plus, haletant tandis que Lucius défaisait les boutons de sa chemise. Il était habillé de façon moldue ce soir et bientôt, tous les boutons qu'il avait sur lui avaient été ouverts, y compris celui de son pantalon.

Harry ne savait pas du tout où tout cela allait l'emmener, jusqu'à quel point les choses pouvaient évoluer entre eux maintenant que le premier mois était écoulé. Pouvaient-ils faire l'amour ? Il en doutait et craignait toujours profondément de faire cet acte. De plus, au risque de passer encore pour un enquiquineur ou un empêcheur de papouiller en rond, il aurait largement préféré que ce genre d'activité se passe dans un bon lit confortable.

Avec un soupir, Lucius se redressa lentement, leur laissant les lèvres rouges. Il caressa la joue de Harry, la sentant un peu râpeuse sous ses doigts.

« Est-ce vraiment important pour toi, cette stupide soirée ? »

Harry eut un moment d'hésitation, ne comprenant tout d'abord pas de quoi Lucius parlait.

« Celle du 14 février ? »

« Oui. »

Harry se redressa également et prit la main du Lord. En cet instant il le savait, s'il disait ''oui'' alors ils iraient. Il sourit.

« Franchement, non, plus maintenant. »

« Pourquoi ? »

« Parce que, tout bien réfléchi, ce sera notre première Saint Valentin. Alors même si je ne suis pas fan de cette fête que je trouve commerciale au possible, je me dis que je préfère encore la passer juste avec toi. Pas entouré de personnes dont, tu avais raison, à part quelques-uns je n'ai que faire. »

Lucius eut un petit sourire narquois et suffisant.

« C'était bien la peine de nous faire ta crise ce matin, alors. »

Harry se renfrogna, il allait rétorquer vertement quand la voix de Severus résonna dans sa tête, lui intimant l'ordre de se taire. Rongeant son frein, il se mordit la lèvre, histoire d'empêcher toutes fuites verbales non appropriées.

« Tu es si mignon quand tu boudes, » se gaussa Lucius, sans pitié.

« Pourquoi tu as arrêté de m'embrasser ? » demanda Harry, un peu brusquement, histoire de changer de sujet.

Lucius écarquilla légèrement ses yeux sous la surprise avant de reprendre un air que Harry jugea pour le moins prétentieux.

« Tu es déjà en manque de mes baisers et de mes caresses ? »

« C'est surtout que je ne vois pas l'intérêt d'avoir arrêté un moment agréable pour parler d'une soirée stupide, pour reprendre tes termes. »

« Disons que c'est parce que j'ai senti que tu ne voulais pas aller plus loin, » répondit Lucius avec franchise.

« Pardon ? »

« Oui, la magie m'a fait comprendre que mon promis se posait beaucoup trop de questions et avait la crainte que je ne brûle certaines étapes. Je te rassure donc : tout comme nous ne pouvions pas nous embrasser pendant le premier mois, je ne peux absolument pas te déflorer durant le deuxième. Il te faudra attendre encore un peu, » rétorqua Lucius avec un clin d'œil moqueur.

Harry réfléchit un instant aux propos de l'homme. Ainsi, la magie de leurs fiançailles pouvait lui faire ressentir ce genre de choses ? C'était étonnant car de son côté, il n'avait jamais rien ressenti de tel.

Le jeune homme poussa un bref soupir alors qu'il se collait de nouveau contre Lucius. Il ferma les yeux, sa tête contre l'épaule de son fiancé, tout en passant son bras sur son ventre.

« Je pensais juste que ce serait mieux dans un lit. Que je ne me sentais pas prêt à aller plus loin et qu'un lit serait plus confortable. »

Il sentit les doigts frais de Lucius parcourir son bras. Sa chemise était toujours ouverte, ainsi que sa braguette, lui faisant réaliser qu'il devait avoir l'air totalement débauché.

« Tu m'as attendu toute la soirée ? »

« Oui, depuis l'instant où Severus m'a quitté, je suis là, à t'attendre. »

« Hyde me l'a dit quand je suis arrivé. Bien que j'allais quand même venir dans le salon puisque Severus m'avait informé aussi que tu devais m'attendre. D'ailleurs, je peux savoir pourquoi ce diable d'elfe me déteste à ce point ? »

« Il ne te déteste pas, comme je te l'ai déjà dit, il ne fait que protéger son maître. »

« Protéger ? Comme si tu n'étais pas capable de te protéger tout seul ou comme si j'allais te poignarder entre deux baisers ! »

« C'est dans sa nature. Hyde ne sera soulagé que le jour où on sera marié, je le crains. » Lucius resta un instant silencieux avant de reprendre. « Il a toujours été là pour moi. C'était l'elfe de mon père et de mon grand-père. Il est né au manoir. Il m'a fait naître. Il m'a vu dans des moments difficiles, il m'a consolé, apaisé tant de fois... disons qu'il est très protecteur avec moi. »

Harry redressa le nez, tombant sur le profil de Lucius dont le regard était perdu dans les flammes.

« Je me rends compte que malgré ton rang, ton sang et ton éducation, tu as vécu une enfance pire que la mienne, » chuchota-t-il. « J'ai été malmené, affamé, rabaissé. Oncle Vernon m'a donné plus d'une fois une paire de claques ou un coup de ceinture. Mais jamais lui et tante Pétunia n'ont voulu me marier de force ou... enfin, tu vois ce que je veux dire. Certains souvenirs m'ont vraiment choqué, tu sais. J'ai vu ce qu'on t'a fait et je vois ce que tu es devenu aujourd'hui. Je suis fier d'être ton promis, Lucius. Hyde peut ranger ses couteaux, je ne te blesserai pas. Je ne sais pas ce que nous réserve le futur, je ne sais pas encore, malgré toute l'affection que je te porte et le désir que j'ai pour toi, si j'accepterais de me marier avec toi à la fin de nos trois mois de fiançailles, ni comment se déroulera notre mariage si cela doit se faire, mais sois sûr d'une chose : je ne te ferai plus jamais aucun reproche ou réflexion sur ton passé, par rapport à ton père ou en tant que soi-disant Mangemort. Je t'en fais la promesse... Et je défendrai ton honneur, si quiconque te manque de respect à ce sujet. »

Harry dévisagea avec attention le visage de Lucius. S'agissant de sa volonté à le défendre, Severus lui avait fortement déconseillé de tenir de tels propos au lord, mettant en avant que Lucius, dont la fierté était grande, ne supporterait sans doute pas d'être relégué dans le rôle de celui dont l'honneur doit être défendu, surtout ce soir alors qu'il venait de se dévoiler. Aussi, Harry s'empressa-t-il d'ajouter devant le peu de réaction de son courtisan :

« Si tu me le permets, bien entendu. »

Lucius émit un petit rire sincère tandis que ses perles grises, douces, aimantes, se baissaient vers lui.

« Pourquoi est-ce que cette dernière phrase a comme un léger parfum paternel ? Severus craint-il à ce point ma susceptibilité ? Je te remercie de ta sollicitude, cher promis, ainsi que de ta volonté toute chevaleresque et si typique d'un ancien Rouge et Or à vouloir défendre ma réputation. J'en suis touché. Certes, je préférerais que tu me laisses le soin de résoudre mes potentiels différents par moi-même et selon ma propre méthode, mais j'ai d'un coup comme le brutal sentiment que le jour où cela se produira, tu te passeras volontiers de mon autorisation. »

Harry baissa le nez sans pouvoir retenir le petit sourire qu'il avait lui-aussi sur les lèvres. Lucius ne se trompait pas : quand bien même il aurait droit à une scène après, si qui que ce soit se permettait de traiter Lucius de Mangemort, il aura affaire à un Lion en colère.

Lucius passa son bras autour de la taille de Harry, lui permettant de se serrer davantage contre lui. Le jeune sorcier aux cheveux noirs ferma une nouvelle fois les yeux, satisfait de constater que Lucius ne s'était pas vexé, loin de là, à en juger par les caresses qu'il ne cessait de lui prodiguer.

Comme pour confirmer sa dernière pensée, la voix de Lucius résonna lentement dans la pièce.

« Merci, Harry. Pour tout. »

Peu de mots mais pour tant d'émotion dans la voix de l'homme.

Puis ce fut ses lèvres qui se posèrent sur les siennes, pour un baiser léger. Harry étreignit l'aristocrate contre lui, avec force, ayant besoin de lui démontrer une nouvelle fois son amour par ce geste.

« Si Hyde et Severus ne t'avaient rien dit, au sujet du fait que je t'attendais dans le salon, tu ne serais pas venu ? » fit Lucius après un moment de silence contemplatif devant la cheminée.

« Me connaissant, si, sans l'ombre d'un doute. Je pense même que j'aurai toqué à la porte de ta chambre si je ne t'avais pas trouvé ici. »

« Impossible. »

« Pourquoi donc ? Tu ne m'en penses pas capable ? »

« Doucement, petit chat, ne sors donc pas les griffes. Bien sûr que je sais que tu aurais voulu le faire, je dis juste que tu n'aurais pas pu. »

Devant l'air dubitatif de Harry, il poursuivit.

« La magie de nos fiançailles ne te l'aurait pas permis. Tu ne peux pénétrer le pas de ma chambre, ni même t'en approcher suffisamment pour en toucher la porte. »

« Mais... Toi, tu peux bien le faire avec la mienne ! »

« Oui, évidemment. »

« Comment cela ''évidemment'' ? Bon sang, je crois que je ne comprendrai jamais les subtilités de ces fiançailles ! » ronchonna Harry.

« C'est parce que ma chambre est la chambre nuptiale, celle réservée pour la nuit de Noces. Contrairement à la tienne. »

Harry soupira de nouveau, décidant d'abandonner les décisions tortueuses de l'Amoris Promissio. De toute façon, il était bien trop tard pour réfléchir. Lucius reprit son visage entre ses mains et Harry oublia définitivement de quoi ils discutaient quelques instants auparavant. Plus rien d'autre ne comptait que la langue fougueuse de Lucius dans sa bouche.

... ... ...

Harry ne se réveilla que le lendemain après que midi eut sonné. Lucius et lui avaient passé de longues heures à se câliner et s'embrasser après son retour au manoir avant que l'un comme l'autre ne décident finalement à aller se coucher.

Harry ne se précipita cependant pas. Son fiancé l'avait informé qu'il irait chez les Zabini-Crabbe dès le début d'après-midi, afin de passer un peu de temps avec Argiope. Celle-ci s'était beaucoup occupée de Draco dernièrement. D'ailleurs, alors que Harry se douchait, il trouva cela pour le moins surprenant. Argiope n'était pas spécialement connue pour être des plus maternelles et maintenant que Lucius était fiancé, il ne comprenait pas pourquoi elle prenait aussi souvent Draco chez elle.

Le jeune homme enfila une longue robe sorcière bleue marine, chaude et confortable, avant de se décider à grignoter quelques sandwiches tout en lisant un livre dans le salon principal du manoir. Que ce salon soit celui qui comprenait la cheminée d'où sortirait Lucius, accompagné de Draco, n'était bien sûr que le pur produit du hasard.

Jekyll servit Harry également en thé et jus de fruits divers toute la journée, s'inquiétant régulièrement de la santé et du bien-être de son jeune maître.

Harry s'étonna une nouvelle fois de la différence entre elle et Hyde. N'y tenant plus, il finit par lui poser les questions qui lui brûlaient langue, d'autant que Lucius et lui n'avaient fait qu'aborder le sujet de Hyde la veille.

« Jekyll, Lucius m'a dit hier soir que Hyde était l'elfe de maison de son père, qu'il était né au manoir. Qu'en est-il de toi ? Tu es née ici aussi ? »

« Moi ? Oh non, jeune maître. Je suis née dans la famille de ma maîtresse. Elle m'a emmenée avec elle quand elle s'est mariée au maître Abraxas. Mais elle ne voulait pas que le maître ait ma charge. À son décès, je suis restée attachée à la famille Malfoy. Par chance, le maître ne s'intéressait pas aux elfes et Hyde faisait toujours en sorte que je ne me montre pas. »

« Pourquoi ? » demanda Harry bien qu'il se douta de la réponse.

« Maître Abraxas était très violent, » couina la petite elfe, terrorisée de sa propre audace. « Hyde et moi faisions ce que nous pouvions pour protéger le petit maître Lucius, qui n'était qu'un enfant à la mort de sa maman. Malheureusement, j'étais moi-même intouchable pendant de longues périodes, alors Hyde était très souvent seul, » souffla-t-elle avec tristesse.

« Intouchable ? »

« Oui. Si ma maîtresse m'a choisie, moi, pour venir avec elle, c'était parce que j'étais une femelle fertile et que la famille Malfoy avait un mâle. Nous devions nous unir et donner une progéniture. »

« Quoi ? » s'exclama Harry. « Tu veux dire que toi et Hyde vous... vous... ils vous obligeaient à... »

« À nous accoupler, oui, » s'étonna l'elfe. « Maître, nous ne sommes pas éternels, notre race doit se perpétuer, donc, nous nous accouplons, comme tout le monde. »

« Mais ! Vous ne vous êtes pas choisis ! »

Cette fois, Jekyll le regarda comme s'il était devenu fou.

« Choisir ? Les elfes de maison ne choisissent pas avec qui ils s'accouplent ! Hyde et moi avons déjà la chance d'être dans la même famille et nos enfants sont donc encore avec nous deux. Ils ne partiront que si maître Draco veut faire cadeau de l'un d'eux à la famille de sa compagne ou de son compagnon. De même pour vos enfants, maître, si maître Lucius et vous en avez dans le futur, ce que je souhaite de tout cœur. »

Harry resta estomaqué par la nouvelle, avant de se reprendre.

« C'est pour cela que tu étais intouchable ? C'est quand tu étais enceinte ? »

« Oui, c'est cela. Quand nous sommes pleines et ensuite, tout le temps de l'allaitement et du sevrage de nos petits, nous sommes intouchables. »

« Combien as-tu d'enfants ? »

« Nous avons deux petits, un mâle et une femelle. »

« Mais... où sont-ils. Pourquoi on ne les voit jamais ? »

« Ils sont encore trop jeunes, maître, c'est interdit. Ils ne seront présentés et asservis définitivement que le jour où ils seront adultes. Ne vous fiez pas à vos âges d'humain, nous sommes des elfes, notre vie est bien plus longue. De ce fait, notre enfance aussi. »

« Quel âge ont-ils ? »

« Le mâle a vingt-huit ans et la femelle vingt. Ils seront adultes à trente ans. »

Harry allait ouvrir la bouche pour poser de nouvelles questions quand la cheminé s'illumina. Dans les secondes suivantes, Lucius, suivi de Draco, sortirent de l'âtre.

Aussitôt, le petit garçon sauta dans ses bras en criant. Harry lui embrassa ses deux joues, tout en le laissant raconter le formidable week-end qu'il avait passé en compagnie de Blaise. Le flot de paroles de l'enfant ne semblait pas connaître de fin.

« Draco, cesse de nous assommer et va donc te préparer. Il est tard, je souhaite que tu ailles dîner, que tu prennes ton bain et que tu ailles au lit de bonne heure. Demain, tu recommences tes leçon avec Harry. »

« Pff, rabat-joie... » bougonna le petit garçon.

« Plaît-il, fils ? »

« Rien, père, » maugréa Draco, de mauvaise humeur.

Harry releva le nez. Il constata que Lucius avait bien l'air aussi froid et lointain que sa voix le lui laissaient suggérer. Le lord ne lui accorda qu'un bref regard, avant de prendre son fils par la main.

« Draco, Harry est en congé le dimanche, alors laisse-le tranquille. Nous montons dans ta salle de bains, Hyde doit t'y attendre. Désolé, Harry. Nous te laissons à ta lecture. On se retrouvera au dîner. »

Sans plus de cérémonies, Lucius entraîna un Draco boudeur hors du salon. Harry les regarda sortir de la pièce, un vide au creux de l'estomac.

Lucius et lui avait passé une soirée, enfin, plus exactement plusieurs heures dans la nuit, à se câliner et s'embrasser. Et là, il faisait comme si de rien n'était ? C'était incompréhensible. Certes, le jeune sorcier savait que Lucius souhaitait être discret devant Draco, mais quand même ! Il aurait pu lui demander comment il allait, lui faire une bise sur la joue ou avoir un petit geste tendre envers lui.

Harry soupira tout en s'effondrant dans son fauteuil. Décidément, il ne comprendrait jamais Lucius qui s'amusait depuis le début à souffler le chaud et le froid sur leur relation. Il décida finalement de quitter lui aussi le salon afin de rejoindre sa propre chambre en attendant le dîner.

À l'heure dite, il rejoignit les deux Malfoy qui l'attendaient. Là encore, Lucius le regarda à peine et lui adressa encore moins la parole, à part pour quelques banalités. Draco monopolisa donc tout le temps du repas, discutant avec un Harry de plus en plus morose.

Le sorcier aux cheveux noirs décida d'aller coucher lui-même Draco, pour la plus grande joie de celui-ci. Le coucher se passa sans anicroche tant l'enfant était content que son tonton Ry' le mette au lit, chose qu'il n'avait pas fait depuis plus d'une semaine.

Ce fut toutefois un Harry le cœur un peu tristounet qui laissa sa place auprès de l'enfant blond à son père, venu lui aussi lui dire bonne nuit. Il sortit de la chambre de Draco sans que son fiancé ne se retourne vers lui ou ne lui dise quoi que ce soit.

Harry s'enferma donc dans sa chambre, sans avoir pu parler avec son fiancé, ni échanger un seul baiser. Il s'affala sur son fauteuil tout en lisant la lettre que son chaperon lui avait adressée dans l'après midi. Sirius l'informait qu'il ne pourrait pas venir le voir aujourd'hui, de même que Severus. Harry ne s'en étonna pas plus que cela. Les chaperons devaient venir voir les fiancés, c'était vrai. Mais passé le premier mois, la visite journalière n'était plus obligatoire. Elle ne pouvait se faire que tous les deux ou trois jours, ce qui devait certainement être un soulagement pour les deux principaux concernés. Avec leur métier respectif, cela n'avait en effet pas été toujours évident pour eux de se déplacer au manoir.

Et puis, le jeune homme ne se berçait pas d'illusion : Sirius et Severus avaient sans doute découvert d'autres activités bien plus agréables à faire ensemble que de venir les voir.

Harry se releva pour pouvoir aller dans sa chambre et enlever sa robe quand on frappa à sa porte. Se doutant de qui il pouvait bien s'agir, il s'avança, le cœur battant un peu trop vite et des reproches pleins la tête. Il voulait bien que Lucius ait un caractère particulier ou qu'il soit susceptible, mais lui aussi avait sa susceptibilité, nom d'un Touffu !

Il ouvrit la porte et la bouche, mais eut tout juste le temps de pousser un petit cri étouffé de surprise en raison des lèvres de Lucius qui plongèrent sur les siennes.

Se maudissant intérieurement, il répondit au baiser, laissant ses récriminations s'envoler. Il entendit la porte se refermer alors que la langue diabolique faisait des ravages contre la sienne.

«Harry, » souffla le grand blond en se détachant un peu de sa victime qu'il avait plaquée contre lui. « Je sais, tu m'en veux, je me suis comporté comme un goujat mais avant de m'inonder de reproches, laisse-moi m'expliquer. »

« Grmld, » grommela Harry, un peu étourdi. « Comment veux-tu que je te fasse le moindre reproche pour le moment, tu viens à peine de manquer me faire suffoquer avec ton vil baiser ! Par contre, tes explications ont intérêt à s'approcher de la perfection, tu es prévenu. »

Lucius lui offrit un sourire enjôleur avant de l'entraîner à sa suite, lui faisant traverser son petit salon en un temps record pour atteindre la chambre. Harry cligna des yeux alors que Lucius s'asseyait purement et simplement sur son lit, toujours en lui tenant la main.

Le garçon sentit ses joues s'empourprer, à sa grande honte. Et allez, encore une fois il allait flirter non pas avec son fiancé – quoique – mais avec le ridicule.

« Viens, tendre promis, je ne veux rien faire d'autre que discuter, » fit Lucius d'une voix de miel.

« Pourquoi on ne va pas dans mon anti-chambre ? Il y a des fauteuils, on serait mieux, non ? »

« Non, je ne crois pas. Allez, viens, » insista Lucius en tapotant le dessus de lit de sa main libre, sans cesser de regarder le jeune brun.

Bon, s'il ne voulait pas être encore plus ridicule qu'il ne l'était déjà, il allait bien falloir qu'il se décide à bouger son postérieur. Harry s'assit donc avec précaution à côté de son fiancé qui le fixait avec un air pour le moins goguenard.

« Eh bien tu vois, ce n'était pas si difficile ! »

« Moque-toi encore une fois et je te fais ravaler ton sourire ! »

« Vraiment ? Je serais curieux de voir cela. Ne sais-tu pas que le promis ne peut punir le courtisan, contrairement à ce que lui peut faire ? »

« Quoi ? Sirius ne m'a rien dit au sujet de punition ! Je croyais que le promis était protégé ! » s'offusqua immédiatement l'ancien Gryffondor.

« Eh voilà comment faire partir la calèche plus vite que les Sombrals, » se moqua Lucius alors que Harry se renfrognait. « Le promis n'a pas besoin de ''punir'' puisque le courtisan ne peut rien faire sans son consentement. La seule exception est si le le promis enfreint les règles magiques. Mais bon, il n'y a aucune raison pour que cela arrive et de toute façon, ce n'est pas du tout le sujet de notre conversation de ce soir. Harry, je me rends bien compte que je t'ai froissé, tout à l'heure, » reprit Lucius, très sérieux.

« Oui, c'est vrai, » admit l'intéressé.

« J'en suis navré. Draco commence à se poser des questions d'après Argiope, je ne voulais pas qu'il s'imagine des choses. »

« Lucius, je sais que tu veux que l'on soit discret, pourtant j'avoue que je ne te comprends pas totalement. Pourquoi ne veux-tu pas dire à Draco que l'on est fiancés ? Je ne te parle pas de s'embrasser devant lui, mais il a le droit de savoir que son père veut se remarier, non ? »

« Se marier tout court, » coupa Lucius froidement. « Narcissa n'a légalement jamais existé pour moi. »

Harry refréna son envie de rétorquer qu'elle avait toutefois suffisamment exister pour mettre au monde Draco. Maintenant qu'il connaissait les conditions de leur union, il ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie.

« Oui, c'est vrai, » se contenta-t-il donc de répondre. « Et pour Draco ? »

Le regard glacial de Lucius lui fit de suite reprendre ses explications.

« Je veux dire, pour le fait que Draco soit au courant au sujet de nos fiançailles. »

Le regard gris s'adoucit aussitôt.

« Tant que tu n'es pas un peu plus sûr de toi, je ne préfère pas mêler Draco à tout ça. Je sais que tu aimes beaucoup mon fils, qui te le rend bien. Mais ta décision finale ne devra concerner que moi. Pas Draco. Si on lui dit et que tu décides de rompre, il sera très, très malheureux. Il risquerait de nous en vouloir ou de tout faire pour que tu changes d'avis. Or, comme je te l'ai dit, je te veux entièrement, Harry, pas parce que tu ne veux pas faire souffrir un enfant innocent. »

Harry le dévisagea, sans trop savoir quoi répondre. Bien sûr qu'il avait pensé à tout ça, enfin, jusqu'à un certain point. Toutefois, il n'avais pas envisagé le fait que Draco en souffrirait de la façon dont l'imaginait Lucius. De même qu'il n'avait jamais pensé qu'il dirait « oui » au père pour faire plaisir au fils.

« Possessif, mon cher courtisan, » dit-il dans l'espoir d'alléger un peu les dernières paroles de l'homme. « Encore une fois, tu souhaites que mon monde ne tourne qu'autour de ta seule personne ? »

« Il ne peut en être autrement, » murmura Lucius tout en dégageant une longue mèche de cheveux noirs du front de son promis.

Ce dernier sourit, un peu timide.

« Je ne veux aucune interférence, d'aucune sorte, dans ta décision. Je suis le centre de ton monde, pendant ces trois mois et plus encore si tu m'acceptes en tant qu'époux. Si tu dois me dire oui, Harry, je souhaite que ce ne soit que pour moi. Pas pour d'autres raisons ou pour d'autres personnes. »

Il se pencha vers Harry dont les lèvres s'entrouvrirent par anticipation. Le baiser fut fougueux et dominateur. Lucius cherchait visiblement à imposer sa présence tant dans ses mots que dans ses actes. Il fut également tendre et surtout empli d'un respect certain envers le plus jeune sorcier malgré son impétuosité.

Le jeune homme sentit bientôt les mains de l'aristocrate sur son corps, le parcourant. Ne voulant pas être en reste, il porta ses propres mains sur la nuque de son fiancé mais celui-ci stoppa le baiser et se redressa.

« Tu t'en vas ? » demanda Harry, déçu au possible.

« Non. Mais nous ne sommes pas assez confortablement installés. C'est bien toi qui disais hier qu'un bon lit était préférable, or, il s'avère que, par le plus grand des hasards, nous en avons justement un à disposition. »

« Par hasard ? » rigola Harry.

Il allait ouvrir la bouche pour poursuivre sa phrase quand cette dernière mourut dans sa gorge. En effet, Lucius d'un geste élégant de baguette venait purement et simplement de faire tomber sa robe à ses pieds. Harry eut le souffle coupé, alors que le torse nu de l'homme apparaissait devant lui. Heureusement, contrairement à lui, Lucius ne portait pas qu'un seul sous-vêtement sous sa tenue sorcière mais un pantalon souple et fin, de couleur crème, retenu par une cordelette.

Harry balbutia des propos inintelligibles tandis que Lucius faisait un pas vers lui afin de l'inciter de sa main à s'allonger sur le lit.

« Pardon, mon cher promis ? » murmura le grand homme blond qui se positionna de part et d'autre des genoux du garçon, collant son corps au sien pour l'obliger à s'étendre sur le matelas.

« Je... Lucius... »

« Chut, » fit-il la bouche près de l'oreille de Harry. « Ne t'inquiète pas, je te promets de ne rien faire que tu ne veux pas. Je ne peux, de toute façon, pas aller au delà de ce que tu crains. Je veux juste que l'on continue de faire chacun la connaissance de l'autre. »

Il embrassa la tempe aux cheveux noirs tandis que Harry se laissait aller sur le lit. Lucius sourit d'une façon qui fit frémir le jeune homme, à la fois de désir et de crainte. L'ancien Serpentard lui enleva ses chaussures et ses chaussettes, puis lui indiqua d'un signe de tête l'oreiller. Harry obéit à l'ordre silencieux en s'allongeant convenablement.

Aussitôt, déjà pieds nus, Lucius vint s'allonger à ses côtés et commença à lui caresser le visage.

« Tu sais, » bafouilla Harry. « Quand je disais qu'on serait mieux dans un lit, je pensais pas vraiment à... »

« Harry, calme-toi, tu transpires l'angoisse. »

« Non ! C'est faux ! » protesta Harry, vexé comme un pou.

Lucius le regarda en haussant un sourcil, plus que dubitatif.

« Mais bien sûr. Tu oses à peine me regarder, tout ça parce que je ne porte plus de haut. »

« ... Non, c'est faux, » dit de nouveau le garçon qui cligna des yeux en les posant, enfin, dans ceux de Lucius.

Ce dernier ne dit rien, continuant simplement de sourire. Il prit la main de Harry et la posa sur son torse. Ce dernier sursauta légèrement alors que ses doigts et sa paume entraient en contact avec la peau chaude parsemée de discrets et fins poils blonds. Ses yeux descendirent plus bas, regardant sa main qui n'osait pas bouger et qui était toujours là où Lucius l'avait déposée.

« Ce n'est rien, Harry. Le deuxième mois a débuté, nous avons le droit de nous toucher, de nous embrasser, de la façon dont nous le désirons. Il aurait sans doute été préférable que Sirius vienne t'expliquer tout cela, mais j'ai cru comprendre que Severus et lui avaient d'autres activités prévues aujourd'hui, tous les deux. »

« Ils sont ensembles, » répondit Harry tandis que sa main se décidait enfin, encouragée sans doute par la voix ronronnante de Lucius, à parcourir le torse offert.

« Oui, je sais. Severus me l'a dit. »

« Vraiment ? Ils ne m'ont rien dit à moi. J'ai juste surpris un baiser, hier soir, » bougonna Harry.

Bien qu'il soit contrarié d'apprendre que Severus s'était confié à Lucius et ne lui avait rien dit à lui, il était subjugué par le toucher de sa main. La peau de Lucius était très douce, chaude. Il faisait courir ses doigts des épaules jusqu'au nombril, appréciant les légers tressaillements de Lucius quand il approchait de ce dernier. Comme il l'avait déjà vu à la piscine, Lucius n'était pas très pourvu de pilosité. Il n'en avait qu'un peu entre sa poitrine, le long du ventre et autour de son nombril, justement. C'était une fine ligne blonde translucide qui partait ensuite se cacher dans le pantalon en toile.

« Tu es son fils, je suppose qu'il veut attendre un peu, ou il suppose que tu t'en doutes. À moins qu'ils ne veuillent pas te perturber, que sais-je. Ils te le diront bientôt, j'en suis sûr. »

« Tu sais comment ils se sont mis en couple ? » chuchota Harry sans cesser ses caresses.

Lucius et lui se faisaient face, chacun allongé sur un côté.

« Oui. En gros. Comme tout le monde l'avait prévu, ils ont été obligés de beaucoup se fréquenter, et toute la tension sexuelle latente entre eux a fini par prendre le dessus. De ce que m'a dit Severus, ils se sont disputés dans les cachots, un soir, après une visite au manoir. Severus était en train d'expliquer sa façon de penser à ton parrain quand ce dernier, à bout de nerfs, lui a sauté dessus pour le faire taire à l'aide de sa langue... sans qu'il ne dise une seule parole, si tu comprends ce que je veux dire. »

Harry rit doucement tout en s'extrayant de la contemplation du ventre de Lucius pour regarder ses perles grises. Elles étaient pleines d'un désir et d'une tendresse qui lui envoya des décharges électriques directement dans les reins et le cœur.

« Oui, très bien. Cela ne m'étonnes pas que ce soit Sirius qui ait fait le premier pas, tout à fait dans son caractère ! »

Ce fut au tour de Lucius de rire, bien que ce dernier soit franchement moqueur.

« Sirius ? Tu ne peux pas plus te tromper ! »

« Mais, tu viens de dire que c'est lui qui a embrassé Severus ! »

« Oui... Pour le faire taire... » expliqua patiemment Lucius, ses yeux brillants d'amusement. « D'après toi, pourquoi Severus n'arrêtait pas de le pousser à bout ? Dans les cachots... »

Harry écarquilla subitement des yeux.

« Eh oui, il avait décidé de le mettre dans son lit ce soir-là et il savait parfaitement qu'avec le caractère de Sirius, il fallait qu'il pense que cela venait de lui et que c'était lui qui avait fait, comme tu l'as dit, le premier pas. Les têtes brûlées dans le genre de Sirius sont tellement prévisibles, ils ne font pas le poids contre des Serpentard tels que nous. »

Harry le regarda éberlué. D'un coup, il fronça les sourcils.

« Dis-donc, toi ! Tu ne serais pas en train de faire la même chose avec moi ?! »

« Bien sûr que non, » chuchota Lucius en se penchant vers lui, un air faussement outré sur le visage.

Harry le regarda, retenant difficilement un sourire.

« Mais oui, bien sûr, prends moi pour un idiot. »

Lucius leva une main pour la poser sur son cœur, feignant une nouvelle fois l'innocence, puis les deux sorciers se mirent à rire de concert, doucement.

« Espèce de vil manipulateur, va, » fit Harry en caressant les mèches douces. « Tu es bien comme mon père. »

Lucius sourit de nouveau et haussa une épaule, sans démentir. Il se pencha un peu plus vers Harry et lui embrassa la commissure des lèvres tout en s'allongeant sur lui. La respiration de Harry se coupa alors que Lucius, d'un coup de hanches, s'installait à califourchon sur ses cuisses.

« Assez parlé de nos chaperons. Je veux que nous nous concentrions sur nous, juste nous. Touche-moi, Harry, touche mon corps. »

« Je... ne... Lucius, je suis pas sûr... »

« Harry, » soupira Lucius. « Nous ne faisons rien de mal ! »

Harry regarda le grand homme blond sur lui. Ça y était, une nouvelle fois il se sentait empoté et ridicule. Bon sang, tous les garçons ou presque de son âge étaient déjà passés à l'acte ! Et lui, il n'osait même pas toucher le torse dénudé de son propre fiancé ? Piètre Gryffondor ! Nullissime Survivant ! Pire que tout, Lucius semblait légèrement déçu par sa timidité. Il décida donc de se remuer et de faire ce dont il avait envie depuis un petit moment déjà.

Il avança ses deux mains vers Lucius, dont les bras étaient de part et d'autre de ses épaules. Il partit de nouveau à la découverte de son torse, s'attardant sur le nombril et les flancs, créant comme précédemment des frissons chez son futur amant. Car Harry, en cet instant, était persuadé que Lucius serait son amant. Son premier et sans doute définitif, amant.

Doucement, ses mains retournèrent vers l'endroit qu'il mourrait d'envie de toucher, se rapprochant du lieu convoité en effleurant la peau du bout des doigts. Enfin, l'un d'eux toucha, comme par accident, le téton rose au centre du mamelon pâle. Lucius réagit en expirant longuement, ses yeux se fermèrent. Enhardi, Harry recommença, encore, et encore, de plus en plus franchement. Ses doigts se refermèrent sur les boutons de chairs, faisant cette fois gémir Lucius. Il les lâcha, confus.

« Je t'ai fais mal ? Pardon, » balbutia-t-il.

« Mal ? » s'étonna Lucius en rouvrant ses yeux. « Non, oh que non. »

Il se baissa encore, remontant son corps le long de celui du brun sous lui. Harry sentit, alors que leurs bassins se frôlaient, qu'une barre dure avait pris possession du pantalon de son fiancé. Il rougit, comprenant sans peine de quoi il s'agissait. Son rougissement ne se calma pas alors que le torse de Lucius se trouvait désormais juste sous son nez, l'un des tétons érigés à quelques centimètres seulement de lui.

« Vas-y, Harry, fais ce que tu as envie... Vas-y, Harry... »

Comme hypnotisé, tant pas cette voix chaude, sensuelle, que par le bout de chair qui le narguait, Harry céda à ses pulsions. Il avança sa tête et le prit délicatement entre ses lèvres. Il entendit à peine le gémissement de Lucius, tant il était lui-même perdu dans les sensations de sa bouche.

L'attouchement buccal devint plus fort, plus possessif, le désir grimpa de plusieurs crans dans ses veines alors que son sang s'échauffait. Harry s'agrippa finalement au dos puissant qui le surplombait. Sa bouche dévora les deux mamelons, le cou, toute la peau qu'il pouvait trouver. Au bout de quelques instants, Lucius se baissa de nouveau, leurs corps cette fois parfaitement alignés l'un sur l'autre. Leur bouches se retrouvèrent, leurs langues s'emmêlèrent avec passion.

Harry parcourait de ses mains le dos nu de Lucius, caressait ses cheveux qui tombaient tout autour de son propre visage, véritable corolle d'or blanc. Il sentait parfaitement l'érection de l'homme contre lui, ainsi que la sienne qui commençait à naître dans son caleçon.

Lucius arrêta soudainement le baiser. Il attrapa sa baguette, posée négligemment sur le lit et d'un geste sûr, tamisa la lumière de la pièce.

« Maintenant, mon promis, c'est mon tour. Fais-moi confiance, Harry, s'il te plaît, laisse-moi faire... »

Harry acquiesça tandis que Lucius se redressait, le laissant étrangement vide sans son poids qui l'écrasait.

Lucius avait un fin sourire sur les lèvres. Il détaillait Harry, étendu sur le matelas, lui donnant l'impression d'être un énorme morceau de chocolat que le lord voudrait déguster.

Pourtant, l'homme ne fit rien pendant quelques secondes, se contentant de le toucher de son seul regard. Se décidant enfin, Lucius commença à lui caresser les doigts de sa main gauche, la paume, puis sa main effleura le poignet jusqu'à la lisière de la manche de sa robe. Il remonta ensuite sur le bras, caché par le tissu, couru le long du cou, au ras du vêtement, pour faire de même avec le bras droit. Une fois là, il fit le chemin inverse mais s'arrêta au bouton qui tenait la manche fermée sur la peau fine du poignet. Délicatement, grâce à ses seuls doigts de la main droite, il le défit, remonta le tissu le long du bras, aussi haut qu'il le pouvait, c'est à dire légèrement au dessus du coude. Une fois fait, il prit la main de Harry, la porta à ses lèvres et y déposa une multitude de baisers.

Sa bouche fit alors le même parcours que ses doigts auparavant, s'attardant à la pliure du coude, là ou la peau est fine et les veines apparentes, faisant pousser à Harry, au plus grand étonnement de celui-ci, un premier gémissement.

C'était la première fois qu'on l'embrassait à cet endroit particulier. Il s'étonna de le découvrir si sensible et excitant. Il n'eut pas l'occasion de s'appesantir sur le sujet que la bouche de Lucius se déposait dans son cou, le couvrant de fins bécots tendres. Pendant que sa bouche s'activait, ses doigts déboutonnèrent la seconde emmanchure du poignet, remontant la manche sur le bras gauche, comme le précédent. Une fois à découvert, Lucius s'empressa de dévorer le pli du coude mis à nu.

Harry se laissait totalement porter par les caresses et les bisous. Il soupira d'aise, appréciant chacune des attentions qui lui étaient destinées.

Lucius se redressa de nouveau, s'asseyant plus confortablement sur les cuisses de Harry. Ses deux mains caressèrent une dernière fois les bras, puis s'arrêtèrent sur le devant de la robe d'un bleu sombre.

Lentement, il commença à défaire les nombreux boutons qu'elle arborait, débutant par celui dans le col, pour descendre plus bas. Harry ne pouvait détacher ses yeux de son fiancé. Il déglutit alors que peu à peu, sa robe s'ouvrait, dévoilant insensiblement son corps. Quand les doigts agiles s'attaquèrent aux boutons vers son ventre, il frémit, les sentant toucher sa peau, son nombril.

Lucius se redressa, afin de continuer sa descente. Il frôla le caleçon du garçon tandis que les boutons de la robe situés à cette endroit s'ouvraient, eux aussi. Harry gémit, se mordant les lèvres. Lucius ne le touchait pas, pas vraiment, pourtant, cet effleurement sur son sous-vêtement lui avait envoyé des étincelles dans son membre qu'il sentit s'ériger totalement.

Enfin, Lucius déboutonna le dernier bouton, au niveau des chevilles. Harry se mordit plus fort les lèvres, son cœur tambourinant furieusement dans sa poitrine. Lucius était assis au pied du lit, il ne le regardait pas, ou du moins, semblait seulement admirer le bas de sa robe et ses pieds nus. Ses mains se posèrent d'ailleurs sur eux, le faisant sursauter. Il lui massa les chevilles, caressa le dos des pieds, taquina les orteils pour finalement revenir enserrer les chevilles du garçon.

Celui-ci remerciait le ciel que Lucius n'ait pas eu l'idée saugrenue de lui toucher la plante des pieds. Il était pour le moins chatouilleux et ne l'aurait sans doute pas supporter sans éclater de rire ou se tortiller sur le drap. Ce qui aurait été du plus mauvais effet au vu de l'ambiance du moment.

Sa respiration s'accéléra alors que les deux mains de Lucius remontaient lentement de ses chevilles vers ses mollets. Il leva les yeux vers le plafond, se retenant de protester. Il voulait ses caresses, aimait ses caresses. Pourtant, il se sentait comme lors de leur journée à la piscine, si peu désirable qu'il avait envie de dire à Lucius d'arrêter, ne voulant pas qu'il le voit aussi peu vêtu. Ce fut le souvenir de cette journée, combiné à la douceur des mains du lord sur lui qui le retint. Lucius l'avait déjà vu simplement vêtu d'un maillot de bain, après tout.

Toutefois, alors que les mains de l'aristocrate écartaient délicatement sa robe au niveau de son caleçon, Harry gémit, en voulant à la fois plus et moins. Lucius avait-il fait exprès de toucher son pénis dressé sous la barrière de tissu ? Certainement, et malgré l'excellence des sensations ressenties, Harry eut une bouffée de honte. C'était son caleçon, pas un maillot de bain, sa peau n'était pas protégée par l'eau mouvante. Il se sentait nu.

« Lucius... » geint-il, les yeux toujours fixés au plafond.

« Tu es beau, Harry, je t'assure. N'aie pas peur, ni de moi, ni de mon regard, » le rassura aussitôt l'homme, tombant une nouvelle fois pile sur les crainte de son promis.

Harry haleta, tandis que les mains de Lucius touchaient ses hanches, son ventre, frôlant à chaque passage son bas-ventre et de ce fait, le haut de son érection dont le désir mouillait le tissu de son caleçon. Il s'interrogea rapidement sur la faculté de Lucius à deviner ses sentiments. Était-ce par ce qu'il le connaissait parfaitement – déjà – ou parce que la magie de leurs fiançailles l'aidait en ce sens ?

Ses pensées dérivèrent, ne se préoccupant plus de cela alors que les mains de Lucius remontaient encore, longeant le sternum et dévoilant son torse. La robe s'ouvrit totalement, chaque pan retombant de pars et d'autre de lui. Lucius était toujours assis, à ses côtés, le couvant du regard et de ses mains.

Ces dernières couvrirent sa poitrine, chaque paume ayant en leur centre un mamelon et un téton d'un brun rosé. Harry gémit plus fort, ses dents plantées dans sa lèvre inférieure. Il ferma les yeux alors que sa tête roulait sur l'oreiller.

« Je vais te montrer, Harry, que contrairement à ce que tu m'as demandé tout à l'heure, ce n'est pas du tout, du tout, douloureux... »

Les paumes se levèrent mais furent immédiatement remplacées par les doigts agiles. Harry haleta, gémit et se tordit sur le lit alors que sans relâche, ils stimulaient cette partie encore intouchée de son corps.

Harry sentit que Lucius se rasseyait sur lui, puis son torse qui le couvrait de nouveau. Les yeux toujours clos, la sensations des lèvres de Lucius sur sa bouche avait un petit parfum d'interdit et d'excitation intense.

Bientôt, Harry ne sût plus où donner de la tête tant les mains et la bouche de Lucius semblaient être de partout sur son torse et son visage. Le grand homme blond se coucha ensuite juste à côté de lui, afin que rien ne puisse venir le gêner dans ses caresses, y compris son propre corps.

Les mains revinrent également sur le caleçon noir du garçon, touchant cette fois franchement son érection. Les hanches de Harry partirent d'elles-mêmes en avant, comme mues d'une vie propre, à la rencontre de ces doigts provocants.

Le jeune homme rouvrit ses yeux, tombant dans les prunelles dévorées de luxure de son fiancé. Les doigts de l'homme se faufilèrent sous l'élastique du caleçon, puis la main entière.

« Lusss... » pleurnicha Harry.

Mais l'homme ne répondit pas. D'un mouvement habile, il baissa le caleçon de Harry, dévoilant son sexe et son bas-ventre dans leur glorieuse nudité.

Harry cacha son visage dans le cou de son fiancé. Il détestait être aussi pudique mais n'arrivait pas à lutter plus qu'il ne le faisait déjà. Il était nu, entièrement nu, dans les bras de son fiancé. La peau de leur torse se plaquèrent l'une contre l'autre, leur déclenchant des frissons de plaisir que Harry ressentit malgré sa gêne.

« Ne te cache pas, mon promis. Ne te cache pas de moi, » murmura la voix grave de Lucius contre son oreille.

« Je ne peux... » souffla en réponse le garçon.

Lucius le prit par les épaules, l'obligeant à se rallonger convenablement, le dos bien collé sur le matelas. Instinctivement, Harry porta son bras sur son visage, ses yeux, faisant émettre un petit rire de gorge à son fiancé.

« Comme il te plaira, puisque moi, je te vois... »

Comme pour prouver ses dire, la bouche de Lucius remplaça sur le torse du jeune homme les doigts qui l'avaient stimulé.

Harry glapit, son corps s'arqua. La langue de Lucius était ensorceleuse sur lui, électrisant ses nerfs, émoustillant les parties les plus sensibles de son torse. Ses tétons se retrouvèrent bientôt emprisonnés par une bouche avide et des dents taquines, le laissant pantelant.

Enfin, Lucius descendit plus bas, mouillant sa peau, ses poils sombres alors qu'il enflammait son nombril. Pourtant, alors que sa bouche se dirigeait encore plus bas, Harry posa ses mains sur la tête de Lucius, enfouissant violemment ses doigts dans la chevelure longue et soyeuse.

« Non ! S'il te plaît non, pas ça ! »

Lucius releva sa tête, étonné.

« Tu ne veux pas que je t'embrasse ? »

« Pas là, s'il te plaît... » supplia Harry.

« Tous les hommes aiment ce genre de baiser. »

« Je sais... mais... pas tout de suite... je... »

Harry bafouillait, un peu affolé. Lucius retourna donc vers lui, visage contre visage.

« Tu es si étonnant, mon petit cœur... Si fragile, si timide... si prude... »

« Je suis désolé... » fit Harry en collant de nouveau son visage contre le cou de son fiancé, les cheveux blonds recouvrant ses joues.

Il se sentait si stupide, par Merlin !

« Non, ne le sois pas. Tu es... adorable, mon promis. Tu es une telle découverte pour moi, farouche, inquiet... Mais si excitant, si désirable. Tu échauffes mes sens, me retournes l'esprit, tu m'attires, m'attises. Je te veux Harry, dans toute ton entièreté, dans toute ta pudeur et ton désir. Tu es... Je t'aime, Harry... »

Le garçon redressa son visage, surpris bien qu'enchanté de la déclaration. Il sourit béatement, oubliant sa nudité et sa timidité. Son visage se rapprocha de celui de Lucius, ses lèvres se posèrent sur les siennes.

Le baiser qu'ils échangèrent fut emprunt d'une telle douceur, d'un tel amour, que le garçon se laissa complètement aller. Il se contenta de gémir quand la main de Lucius se referma avec tendresse sur son sexe.

Les gémissements devinrent plaintes, halètements de plus en plus bruyants tandis que la main faisait des va-et-vient de plus en plus rapides et puissants. Harry se cramponna de toutes ses forces à Lucius, planta ses doigts dans sa peau, mordit son cou et enfin, il explosa en un orgasme qui lui fit pousser de petits cris alors que son monde devenait blanc et sourd.

Harry avait l'impression d'avoir eu plusieurs minutes d'absence. Quand son esprit se décida enfin à revenir un peu à lui, son corps était recouvert d'une fine pellicule de sueur. Il reposait, haletant sur son oreiller et des spasmes le prenaient encore.

« Était-ce bon, mon amour ? » murmura Lucius à son oreille.

Harry gémit tout en hochant la tête. Bon ? Cela avait été bien plus que cela ! La preuve, il ne pouvait même plus parler !

L'homme l'embrassa de nouveau, délicatement. Il prit ensuite sa baguette, nettoya le ventre souillé de sperme et posa sur Harry un drap ainsi qu'une couverture.

« Alors dors, maintenant, repose-toi... »

« Lucius ! » protesta le jeune homme, son cerveau sortant un peu des nimbes du plaisir qui le possédait encore et repoussant les endorphines qui l'incitaient à obéir à l'ordre et à s'endormir. « Reste avec moi... Et toi ? Tu n'as pas... »

« C'est sans importance. Je suis le courtisan, mon rôle est de te plaire, de te séduire. D'abord avec ma personnalité, mon esprit. Ensuite avec tout ce que la nature m'a donné, y compris mon corps. Je suis heureux d'avoir pu te combler, cela me suffit. Dors, Harry, je ne peux rester, je ne veux prendre le risque que Draco nous découvre ainsi cette nuit s'il se réveille. »

Harry relâcha les épaules du Lord qu'il avait retenues. Il se laissa border dans le lit, comprenant la décision de Lucius bien que déçu qu'il ne reste pas.

Quand la porte de ses quartiers se referma, Harry réfléchit. Fallait-il qu'il assure à Lucius qu'ils allaient se marier pour qu'il accepte de passer la nuit avec lui ? Fallait-il cette certitude là au lord pour qu'il accepte d'en parler à son fils ?

Harry savait que s'ils l'annonçaient à Draco, il n'y aurait plus de marche en arrière possible. Lucius ne le lui pardonnerait jamais un tel affront devant son fils.

Alors que le sommeil l'engloutissait, Harry se demanda si le jeu n'en valait toutefois pas la chandelle. Et puis, tout bien considéré, leurs fiançailles étant déjà rendues publiques et une semaine ne se passait jamais sans qu'un article sur eux ne paraissent à ce sujet dans un journal quelconque. Lucius lui pardonnerait-il de toute façon un affront public s'il rejetait finalement sa proposition de mariage ? Harry en doutait... et sincèrement, désormais, il doutait aussi fortement pouvoir rejeter l'offre que lui avait faite Lucius.

… … …

À suivre

… … …


NDA : ça vous a plu ? Vous n'êtes pas noyés dans le sucre ou la luxure ? J'espère, car le prochain chapitre sera de la même veine, voire même un peu plus érotique. Profitez-en tant que ça dure ;)