Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie.

Par ailleurs, je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Et voici le quatorzième chapitre de De sang et d'âme. Bonne lecture !

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-

Chapitre 14 : The price of the absolute power

Mitsuki fut projetée dans la cellule par deux arrancars brutaux qui refermèrent la porte derrière elle.

-Et bonjour à vous, connards, murmura-t-elle à la porte close.

Puis, elle s'effondra en sanglots.

Cela faisait cinq jours que, tous les matins, des arrancars venaient la chercher dans le puits qui lui servait de geôle. Ils la trainaient alors auprès d'un de leurs supérieurs, le plus souvent l'un des espadas, et durant toute la matinée, elle était interrogée durant des heures par l'un ou l'autre des espadas.

Certains étaient faussement amical, d'autres franchement cruels. Seule la « protection » qu'Aizen avait mise sur sa tête avait empêché jusqu'ici ces gens de la torturer pour le seul plaisir. La seule idée de tomber dans les griffes de Freizich, Raphaen ou Pesteza lui donnait envie de vomir.

Jua au moins, si elle donnait l'impression de la haïr, se contenterait de la tuer d'un coup de sabre dans le cœur.

Aujourd'hui, cela s'était passée différemment. C'était le superviseur d'Aizen qui l'avait interrogée, cet homme qu'elle avait l'impression d'avoir déjà vu lors de leur rencontre. Et pour cause, c'était Rose, l'un des vizards. Il était censé être mort à la bataille d'Hiver. Trahissait-il déjà la Soul Society à cette époque ? Elle l'ignorait.

Mais si lui était un traître, rien n'interdisait de penser que d'autres vizards trahissaient aussi. Yadomaru peut être ? Ou Saguraki, cette petite peste ? Par contre, elle n'arrivait pas à imaginer Hirako comme traître. Elle le détestait, mais cela ne l'empêchait pas de se rendre parfaitement compte que s'il était le traitre, cela ferait longtemps que Gin serait ici à la merci d'Aizen. Mais elle pouvait avoir raté quelque chose. Un indice. Et Gin serait à la merci de ce connard arrogant.

Rose avait été très poli avec elle, et gentil. Il lui avait offert un vrai déjeuner et lui avait laissé l'accès à sa salle de bain -la première fois qu'elle avait pu se laver en cinq jours, un pur bonheur !-. C'était pour cela qu'il avait été bien plus difficile de ne pas répondre à ses questions. Il avait l'air de juste vouloir prendre des nouvelles des gens qu'il appréciait. Pas facile de se souvenir qu'il cherchait à glaner des renseignements ! Elle avait réussit à ne répondre que par des borborygmes, et il avait fini par la renvoyer dans sa cellule, l'air agacé. Mais en susurrant à son oreille, alors qu'elle allait passer la porte encadrée par ses gardiens, il lui avait appris que le lendemain, ce serait Hinamori qui l'interrogerait.

Et Mitsuki avait très bien compris que nul plus qu'elle ne désirait sa mort en ces lieux. La moindre parole de travers, et elle le payerait très cher. Aizen avait interdit qu'on lui fasse du mal. Mais il ne punirait certainement pas trop sévèrement ceux qui outrepasseraient ses ordres. Tant qu'elle était vivante, elle pouvait servir. Mais un bras ou une jambe en moins, voilà qui ne prêterait sans doute pas à conséquence aux yeux de ces fous furieux.

Elle recommença à sangloter désespérément, en repensant aux insultes, aux regards méprisants, aux yeux salaces, aux mains baladeuses, aux menaces qui étaient son quotidien depuis six jours. Toutes les avanies qu'elle et Gin avaient subies à l'académie n'étaient rien à côté de ça. Au moins, ils étaient ensemble à l'époque. Et il y avait Renji, Kira et Hisagi qui les soutenaient en leur donnant des conseils ou de la nourriture supplémentaire chaque fois qu'ils le pouvaient. Et Matsumoto, et les gars de la onzième division, et même Starrk qui s'étaient aussi montrés gentils.

Tentant de reprendre le dessus sur elle-même, elle tendit la main vers le maigre repas qui l'attendait. La vue de celui-ci lui soulevait presque le cœur. Mais elle n'aurait rien d'autre avant le soir, voire le lendemain matin si ses geôliers oubliaient de la nourrir. Et Mitsuki avait appris qu'il valait mieux pour elle avoir mangé avant que l'enfer de l'après-midi commence. Une fois, elle n'était rentrée dans sa cellule qu'au bout de neuf heures de calvaire.

Car l'après-midi, on la conduisait dans les quartiers de Szavana Apgran.

Au début, elle avait cru que c'était simplement une enfant. Jamais elle n'avait cru qu'une enfant pouvait contenir un tel abîme de perversité. Ichimaru avait-il été ainsi ?

Mais Szavana n'avait de l'enfant que l'apparence, comme le capitaine Hitsugaya qui, même s'il grandissait plus lentement que Gin et Mitsuki, était déjà un adulte responsable dans sa tête. Elle était très loin de Yachiru.

Szavana était un monstre, qui tuait les arrancars sous ses ordres pour le plaisir de les regarder mourir. Elle se ventait d'être inventive en matière de meurtre, et que jamais deux arranncars n'étaient morts de la même façon sous sa main. Quand on la fréquentait plus de dix minutes, on devenait persuadé de la véracité de ces propos.

Ses quartiers étaient pleins d'objets de torture, et il y avait des trainées de sang sur le sol.

L'arrancar avait forcée Mitsuki a participer à des tests. Elle avait détesté les heures passées à courir ou a respirer doucement sous la surveillance d'Unohana, mais là, c'était pire.

Szavana voulait que Mitsuki courre sur des tapis pour voir sa résistance physique. Visiblement, elle avait appris que « l'autre » Mitsuki, celle dont elle avait perdu les souvenirs et dont elle ne savait rien, avait des problèmes de santé. Elle vérifiait donc s'ils persistaient dans son nouveau corps spirituel. Ça, Mitsuki le comprenait. Mais Szavana poussait la cruauté à la faire courir après lui avoir fait des prises de sang, ou alors qu'elle était à jeun.

Elle l'avait bourrée de drogues pour voir l'effet sur son organisme.

Elle l'avait affamée, l'avais fait se tenir debout dans une piscine d'eau glacée pendant des heures.

Elle l'avait privée de sommeil pendant deux jours, l'obligeant à se tenir debout pendant 48 heures.

Qu'allait-elle subir aujourd'hui ?

Ses gardiens rouvrirent la porte, et la trainèrent silencieusement jusqu'au lieu de son calvaire. Ils la jetèrent sur le sol et repartirent. Relevant les yeux, Mitsuki vit Szavana qui la regardait de haut avec un sourire cruel. Toujours vêtue comme une petite poupée de cire, sa robe blanche était toutefois déjà tâchée de sang.

-Bonjour Mitsuki-chan, l'acceuilla-t-elle avec un sourire et en l'embrassant sur les deux joues. Tu va voir, on va bien s'amuser aujourd'hui.

Mitsuki en doutait. Mais elle préféra ne rien dire. La moindre remarque pouvait tout à coup transporter Szavana dans une rage folle et meurtrière, et Mitsuki préférait ne pas revivre un épisode tel que celui-là.

Szavana la fit rentrer dans une petite pièce sans aucune ouverture, ou Mitsuki pouvait à peine se tenir debout. La porte se referma immédiatement. Bien sûr, constata la jeune fille, il n'y avait aucun moyen d'en sortir de l'extérieur.

-Et qu'est ce que c'est les tests d'aujourd'hui ?, demanda-t-elle à voix haute.

-On va tester ta résistance à la chaleur ma chérie, répondit la voix de Szavana dans un micro au plafond.

La température commença à s'élever. Au bout de dix minutes, la pièce était une étuve, et la jeune fille suait désespérément.

Mitsuki recommença à sangloter.

Elle ne voyait pas de sortie à ce tunnel d'horreur dans laquelle elle était plongée. Elle se raccrocha à la pensée que Gin, et tous les gens qu'elle appréciait, étaient en sécurité, eux. Elle priait pour qu'ils restent à la Soul Society, et ne cherchent pas à la libérer.

Mais dans le même temps, elle s'entendait supplier qu'on vienne la chercher.

« Gin, viens m'aider », fut sa dernière pensée consciente avant qu'elle ne s'évanouisse.

Quand elle se réveilla sur une chaise du laboratoire, au moment où Szavana finissait de prélever de son reaitsu, elle ne savait plus si elle voulait qu'il l'ait entendu ou pas.

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-

Le lendemain matin, elle était tellement exténuée qu'elle doutait de réussir à bouger un muscle. On l'avait trainée jusqu'à sa cellule la veille en fin d'après midi, et elle avait dormi d'une traite. A côté d'elle, on avait déposé son dîner, et elle se força à picorer dans l'assiette. Elle savait qu'elle avait besoin de force, mais n'arrivait pas à se forcer à avaler.

S'adossant au mur, elle commença à réfléchir.

Elle le sentait, la réponse aux questions que se posaient la Soul Society depuis la bataille d'hiver, quinze ans auparavant, se trouvait là, a sa portée. Elle avait toutes les clés. Il lui suffisait de réfléchir rationnellement, et tout lui apparaîtrait clairement.

Mitsuki s'étonna soudain d'être aussi calme. Mis à part quelques crises de larmes, elle réagissait de manière anormale pour elle à l'enfermement. Elle aurait dû être en train de hurler, de crier, de frapper les murs pour trouver une sortie. C'était elle qui paniquait dans ce genre de cas, au contraire de Gin ! Là, elle réagissait comme son jumeau le ferait en pareil cas.

Mais elle se força à penser à ce problème autrement plus important qu'était la compréhension des plans d'Aizen.

Que voulait-il à Gin ? Non... que voulait-il depuis le début ?

De ce qu'elle savait, lorsqu'il avait trahi, il avait dit vouloir détrôner le roi des cieux. Etais-ce à prendre au sens premier ou au sens métaphorique ?

Lorsqu'elle avait dit que Gin ne se souvenait pas de son passé, Aizen avait eu l'air satisfait. Cela au moins, c'était clair. Il avait besoin de Gin. Et pour cela, il préférait que Gin ne se souvienne pas des derniers mois de sa vie précédente. En se suicidant, Ichimaru avait-il tenté de fuir ce que lui préparait Aizen ?

Plus elle y songeait, plus elle pensait que la était la clé de l'énigme de la mort d'Ichimaru. Mais les plans d'Aizen lui restaient incompréhensibles.

Elle réfléchit toute la matinée, sans trouver d'explication.

Finalement, la jeune fille commença à s'étonner, puis à s'inquiéter de ne voir personne venir la chercher. Bientôt, malgré elle, elle commença a espérer que les shinigamis soient venus la sauver. Se battait-on dans la Fortaleza ?

Elle tendit l'oreille, mais rien n'indiquait que quoi que ce soit d'anormal se passait près de sa cellule. A nouveau, elle perdit espoir.

Enfin, un bruit de clé dans la serrure annonça la venue de quelqu'un. Mitsuki se releva et se prépara à se défendre. Elle n'avait pas d'arme, mais elle était prête à défendre chèrement sa peau s'il le fallait.

Au Hueco Mundo, il fallait tout le temps y être prêt.

Mitsuki fut presque soulagée lors que les deux arrancars qui l'escortait habituellement apparurent à la porte. Elle avait eu peur que ce ne soit le secundo ou le tercero. Les promesses qu'ils lui avaient fait durant leurs interrogatoires lui faisaient faire des cauchemars.

Comme d'habitude, ses deux gardiens lui attachèrent silencieusement les mains avec de lourdes chaines, puis la trainèrent dans des couloirs blancs interminables. Ils allaient si vite que Mitsuki était obligée de courir après eux.

Ils finirent par la précipiter une fois de plus dans les quartiers de Szavana.

L'enfant aux cheveux roses et à la robe blanche à dentelle la saisit par le bras avec une poigne inattendue chez une gamine de son âge.

-Maintenant, à nous deux, ma chérie, déclara-t-elle. Assied-toi là, veux-tu.

Sans protester, Mitsuki obéit. Elle s'assit sur une chaise à haut dossier disposée au centre de la pièce. Elle nota les menottes disposées sur le dossier et les pieds de la chaise.

Szavana lui tendit immédiatement un verre contenant une boisson brunâtre à la forte odeur de camphre et lui intima de la boire. Encore une fois, Mitsuki préféra obéir sur le champ plutôt que de tenter de refuser. Szavana était plus forte qu'elle, et une de ses potions privait Mitsuki de l'essentiel de son reiatsu depuis son arrivée à la Fortaleza. Elle n'avait aucune chance. La potion avait un goût horrible, mais Mitsuki la but jusqu'à la lie.

Très inquiète, elle regarda Szavana manipuler des fioles au contenu étrange, et mélanger certaines d'entre elles. Elle finit par puiser le résultat de ses expériences avec une seringue et déposa celle-ci sur un plateau à ses côtés.

-Bien, nous allons pouvoir commencer, annonça l'espada d'une voix particulièrement excitée. Je me demande comment tu va réagir à ce produit.

Mitsuki répondit à Szavana par un sourire comme savait en faire Gin. Cette vision déstabilisa l'espada un instant. Puis, sans hésiter, elle enfonça l'aiguille dans le bras de la jeune fille.

-Tu rira moins quand le produit aura commencé à agir, déclara-t-elle en un rictus.

C'est alors qu'elle réalisa que Mitsuki n'était pas encore enchaînée à la chaise.

-Tss, souffla-t-elle. Tu est tellement docile et pitoyable que j'en oublie de t'attacher. Ça fait quoi d'être une loque comme toi ?

Mitsuki continua à se taire. Elle avait déjà suffisamment du mal à se retenir de gémir de douleur. Elle sentait le produit se diffuser dans ses veines et la brûler. Elle avait l'impression qu'un corps étranger s'infiltrait sous sa peau.

Un reiatsu ?

La douleur l'interrompit dans son questionnement.

Elle entendait Szavana babiller à son côté, mais était incapable de comprendre ce qu'elle disait. Dans un brouillard de couleurs et de sons indistincts, elle vit un arrancar se précipiter dans la pièce et dire deux mots à l'espada. Celle-ci disparu à sa suite en courant.

Mitsuki reprit conscience au bout de longues minutes. Elle sentait toujours le produit dans ses veines, mais ses pensées étaient plus claires. Elle réalisa immédiatement que Szavana n'était pas encore revenue, et se demanda ce qui s'était passée.

Elle d'aperçu alors que, pour la première fois depuis sa capture, le destin était de son côté. L'arrancar était arrivé alors que Szavana n'avait pas fini de l'attacher. Une de ses mains était encore libre.

La jeune fille tenta aussitôt de libérer son autre main. Mais elle se rendit compte que ses essais étaient vains. Seul le reiatsu de Szavana devait pouvoir ouvrir la serrure.

Mais Mitsuki n'abandonnait pas tout espoir. Elle sentait le reiatsu étranger couler dans ses veines. Serait-ce suffisant pour un sort de kido ?

Pointant son doigt vers la serrure, elle murmura une formule.

-Quatrième voix de la destruction, éclair blanc.

Le sort qu'elle avait lancé était faible, particulièrement cette fois-ci. Mais il suffit à briser la chaine. Elle répéta le sort deux fois pour libérer ses jambes, et se précipita à la porte laissée entrouverte par le départ de Szavana et de l'autre arrancar, saisissant au passage un scalpel pour se défendre au cas où.

Elle allait passer la porte quand elle se ravisa. Elle ne connaissait que les couloirs qui menaient à sa cellule, et si elle s'aventurait ailleurs... Le risque de se perdre était grand, et plus grand encore était celui de se faire attraper et tuer par un arrancar peu enclin à obéir aux ordres d'Aizen. Et elle avait entendu parler des couloirs sous vidéo surveillance et modulables à distance de Las Noches. Non, ce n'était pas une bonne solution.

Par contre, les plafonds de la Fortaleza offraient peut être une autre voie pour s'échapper. Utilisant le peu de reiatsu qu'elle réussissait à mobiliser, elle grimpa le long de l'une des immenses colonnes de verres où Szavana manipulait ses produits les plus dangereux. L'une d'elle était suffisamment haute pour qu'elle puisse toucher le plafond. A son grand soulagement, celui-ci était constitué de plaques amovibles et dévoila un conduit étroit, bas de plafond et rempli de fils. C'était par là qu'arrivait l'énergie qu'utilisaient les arrancars pour la Fortaleza. Elle s'y faufila, referma la trappe, et s'éloigna le plus vite possible, priant pour que celui-ci se prolonge suffisamment loin des appartements de Szavana. Elle sentait toujours le reiatsu étranger dans ses veines la brûler, et elle s'efforça de l'éteindre pour que nul ne repère sa présence.

Aussitôt qu'elle pensa s'être suffisamment éloignée, elle s'arrêta pour faire le point.

Elle était en fuite, n'avait aucune idée de sa position exacte, aucune idée d'où était la sortie de la Fortaleza, on lui avait injecté du reiatsu dans le sang et fait boire une potion inconnue, elle avait un scalpel comme unique arme, n'était pas sûre de pouvoir utiliser le kido, n'avait rien à manger ni a boire.

Elle avait du mal à voir le moindre point positif à sa situation.

La jeune femme finit par décider de voir si l'un des multiples conduits qui se croisaient dans les plafonds de la Fortaleza débouchait sur une cuisine ou à l'extérieur. Elle rampa silencieusement dans les conduits étroites, se figeant au moindre bruit qu'elle faisait et écoutant attentivement. Si elle pouvait surprendre par hasard des indications sur le chemin ou les plans de son adversaire, ce serait un avantage pour elle et la Soul Society.

Elle reprit sa route. Pouvoir enfin agir, même un peu, la faisait se sentir mieux. Elle n'était plus au bord de la crise de nerfs comme la veille. Maintenant, elle arrivait à réfléchir, et calculait ses chances de s'en sortir, comme l'aurait fait Gin à sa place.

Alors qu'elle avançait depuis un bon moment, elle entendis un bruit de voix étouffée en dessous d'elle. Elle se figea instantanément.

-Qu'a tu as dire pour ta défense Szavana ?, demandait la voix glaciale d'Aizen.

Mitsuki retint un hoquet de stupéfaction. Sans s'en rendre compte, elle était devait être arrivée au dessus de la salle de réunion d'Aizen. L'occasion était trop belle, même si très risquée, d'entendre ses plans. Mais ni elle, ni Gin n'hésitait devant le danger. Après tout, quand on a renversé accidentellement le grand capitaine Kuchiki dans un bassin d'eau croupie et survécu, on n'a plus peur de rien disait toujours son jumeau. Et voir Kurostuchi vous observer avec un sourire sadique et impatient rendait aussi imperméable à la peur.

Lentement, elle baissa son déjà faible reiatsu. Mais elle n'arrivait à éteindre celui qui coulait dans ses veines en la brûlant, et elle se contenta d'espérer que les autres en bas ne le sentent pas. Puis, le plus silencieusement qu'elle put, elle s'allongea et rampa vers le son des voix, cherchant de ses doigts une trappe comme celle qu'elle avait utilisée pour monter dans le réseau de tunnels qui courraient dans les plafonds. Elle finit par en trouver une, et la souleva délicatement pour l'entrouvrir.

En-dessous d'elle, ce n'était pas la salle du trône. C'était une chambre meublée dans un style très différent du reste de La Fortaleza. Ici, il y avait une profusion de dorures et de draperies de soie et de velours. On se serait plus cru dans un palais des Mille et Une Nuit comme ils étaient dessinés dans ses livres d'enfants que dans l'antre des arrancars.

Aizen était encore plus mégalomane qu'elle l'avait imaginé.

Le maître du Hueco Mundo n'était pas dans son angle de vue, mais en bougeant légèrement, elle finit par le distinguer, allongé dans son lit.

Une perfusion courrait de son bras à une poche rempli d'un liquide argenté, et il semblait souffrant. Mitsuki lui avait déjà trouvé un teint bilieux lors de leur rencontre, mais il avait désormais un teint maladif, et ses traits étaient amaigris. Sur sa poitrine à découvert, Mitsuki voyait le Hogyoku battre en même temps que son cœur, et et briller d'une lumière noire.

-Je serais curieux de voir comment vous arriverez à justifier votre incompétence Szavana, déclarait Aizen d'une voix glaciale, mais faible.

-Comprenez-moi seigneur, gémit Szavana.

L'arrancar était agenouillée devant le lit, tremblante et échevelée.

-Quand on est venu m'annoncer votre malaise... je n'ai écouté que mon devoir. Je me suis précipitée à votre secours. N'étais-ce pas l'essentiel ?

-Si. C'était ton devoir, et je t'aurai tué si tu ne l'avais pas fait. Mais laisser à la prisonnière une possibilité de s'évader... Tu va me faire regretter de t'avoir ramené à la vie après ton échec contre Kurotsuchi.

Szavana balbutia de vagues mots d'excuses. Au-dessus d'elle, Mitsuki fronçait les sourcils. Elle ne comprenait pas. Elle n'avait jamais entendu parler de Szavana Apgran avant sa capture. Puis elle fit le lien avec Szayel Apporo Granz, le scientifique aux cheveux roses qu'avait tué Kurotsuchi quinze ans plus tôt. Etait-ce le Hogyokou qui avait permit à Aizen de rappeler l'âme de Szayel dans un nouveau corps ?

Un nouvel arrivant dans la pièce l'arrêta dans ses réflexions. C'était un homme aux longs cheveux blonds qui tombaient dans son dos en une longue couette, et dont un morceau de masque partait de son nez et remontait jusqu'à sa nuque. Il était accompagné du secundo, Freizich.

-Aizen-sama, dit le premier en s'inclinant.

-Parle, répondit impatiemment son maître.

-Mes fracciones et moi avons observé attentivement les vidéos d'enregistrement. Elle n'est pas sortie du laboratoire par la porte, mais par le plafond.

-Les câbles, murmura Szavana.

-J'avais compris, la coupa Aizen. Bien... Il va être aisé de retrouver cette petite fugitive à son reiatsu.

A ses côtés, Szavana se trémoussa d'un air gêné.

-Quoi encore ?

-Aizen-sama... L'expérience... Vous m'aviez donné le feu vert ! Je lui ai injecté de votre reiatsu pour voir la réaction de son organisme et...

-Vous ne sentirez pas son énergie sous la puissance du mien c'est cela ?

Szavana hocha la tête pour confirmer la déduction d'Aizen.

-C'est quoi cette histoire ? Demanda Freizich d'un air étonné, comme en écho aux questions que se posaient Mitsuki au-dessus d'eux.

-La Soul Society va refuser de me céder Gin. Cette petite sotte ne les intéresse pas. Il va falloir leur adresser des messages plus durs la prochaine fois. Une attaque de Karakura et de certains quartiers du Rukongai devrait les convaincre, ou laisser le temps à notre autre espion de voler un échantillon du reiatsu de Gin. Mais cela va prendre du temps, et mon corps est presque à bout de force. Inari Mitsuki a un corps solide, et son reaitsu est très proche de celui de Gin. Suffisamment normalement, mais je veux être certain qu'il n'y a plus de traces de celui d'Ukitake en elle. Szavana était censée commencer à supprimer ce reiatsu aujourd'hui et voir si elle supportait le mien dans ses veines. Le corps de Gin est le seul qui réussira à intégrer le Hogyokou sans effets secondaires, mais celui de sa sœur devrait suffire un temps pour héberger mon âme et le Hogyokou avant que je ne mette la main sur Gin.

Mitsuki ne put retenir un cri d'effroi. Les têtes des trois arrancars et d'Aizen se tournèrent vers le plafond.

-Elle est ici ! Capturez-là, mais je la veux vivante, et intacte !, cria Aizen avant de s'écrouler sur son lit, exténué.

Voyant les deux arrancars tirer leur épée et se préparer à se précipiter vers le plafond avec leur sonido, Mitsuki commença à reculer en prononçant à toute vitesse une incantation en réquisitionnant le reiatsu d'Aizen qui coulait dans ses veines. Le sien n'était pas encore assez reconstitué pour ce qu'elle voulait faire.

-Ô souverains… Ô masques de chairs et de sang… Ô univers entier… Ô battement d'ailes… Ô celui qui porte le nom d'humain ! Vérité et tempérance… À partir des murs construits de rêve purs et sans péchés, n'élevez point vos griffes davantage que le strict nécessaire! Trente troisième voie de destruction, Sokatsui !

Freizich venait de rentrer à mi-corps dans l'étroit tunnel en souriant comme un tigre devant sa proie. Mitsuki remercia mentalement Kira et Shûhei pour l'avoir aidé à maîtriser cette incantation lorsque le trait de lumière bleu percuta Freizich.

Elle continuait à reculer, et sentit un trou là où elle posait désormais ses pieds. C'était ce qu'elle cherchait.

Sans hésiter, elle plongea les pieds devant dans une sorte de cheminée remplie de conduits qui disparaissait vers les étages inférieurs.

Elle réussit à s'accrocher à un tuyau, et, gémissant de la douleur qu'elle ressentait du contrecoup du choc, elle grimpa sur celui-ci et s'éloigna dans le couloir transversal qu'il empruntait, avant de s'effondrer, épuisée.

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-

Et voici donc ce qui est arrivé à Mitsuki durant sa semaine d'emprisonnement.

La curiosité est définitivement un vilain défaut...

Ce chapitre vous a-t-il plu ? Déplu ? Que pensez-vous des plans (enfin) en partie dévoilés d'Aizen ? Vous y attendiez-vous ? J'aimerai beaucoup le savoir et avoir vos commentaires, vos critiques, vos théories sur la suite, alors n'hésitez pas et laissez une review, ça me fera très plaisir !