NDA : Bon ben tout est dit dans le titre, non ? Bonne lecture.


Chapitre 23

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Du plaisir du sexe... ou presque

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Alors que le mois de février avançait, se rapprochant dangereusement de la date du 14, la vie de Harry semblait plus belle que jamais. Du moins selon le jeune homme et bien que belle ne soit sans doute pas le terme qu'il aurait employé. Non, lui aurait choisi sans hésiter parmi les termes :excitante, affolante ou encore indécente.

Bien qu'il continue d'exercer avec le plus grand sérieux la profession officielle de précepteur, tout du moins vis à vis de Draco, toutes ses pensées, toutes ses heures de libre n'étaient tournées que vers un seul et unique sujet : Lucius.

Celui-ci avait de quoi être fier – et il l'était sans le moindre doute – car il était bien devenu le centre du monde de Harry.

Après le câlin plus que poussé dont l'avait gratifié l'aristocrate, Harry attendait chaque soir avec une fébrilité qui lui était inconnue jusqu'à présent. Certes, déjà durant le premier mois, les soirées étaient très attendues par le jeune homme qui avait hâte de se retrouver en compagnie de son fiancé, confortablement installé devant le feu de la cheminée du salon Saphir.

Mais dorénavant, c'était bien différent. Comme le lui avait dit Lucius, chose qui avait ensuite était confirmée par son père et son chaperon de parrain, si le premier mois était normalement entièrement dévolu à la découverte intellectuelle entre fiancés, le deuxième mois laissait plus de marge de manœuvre aux concernés pour continuer à se connaître. La seule restriction consistait à la perte de la virginité de ceux ou celui qui étaient purs, c'est à dire le plus souvent du ou de la promis(e). Cette discussion avec Sirius avait particulièrement mis mal à l'aise Harry, d'autant que l'Auror, lui, ne l'était absolument pas et parlait librement des moindres détails de la « chose ». Quand il commença à aborder sa toute nouvelle relation avec le maître des Potions et nouvellement élu de son cœur, Harry hurla grâce, rappelant à l'homme que non seulement il était son parrain mais aussi que son petit-ami du moment s'avérait être son propre père !

Les soirées entre Harry et Lucius se passaient désormais en partie dans le salon, puis, quand les baisers et caresses se faisaient plus nombreux que les paroles, Lucius proposait aimablement à son promis d'aller dans un endroit plus approprié. Façon élégante de parler de la chambre ou plus exactement du lit de Harry, sur lequel ce dernier finissait le plus souvent nu et en sueur.

Bien entendu, ce n'était pas non plus tous les soirs ainsi. À sa propre stupéfaction, pourtant, Harry préférait largement les soirées qui se terminaient par un orgasme.

Le grand blond n'avait quant à lui jamais quitté son pantalon, ni pris de plaisir devant son promis. Au mieux, il était torse nu et Harry pouvait alors se délecter de toute la peau ainsi à disposition. Jamais plus. Harry avait bien sûr demandé pourquoi mais n'avait pas pu obtenir d'autre réponse que « c'est ainsi ».

Toutefois, alors que le jour de la Saint Valentin approchait à grands pas, Harry stressait. Il n'avait aucune idée de cadeau pour son fiancé. Il se demandait d'ailleurs ce que Lucius allait pouvoir lui offrir, étant donné que les petites attentions journalières qu'il avait eues pendant le premier mois perduraient encore.

« Je devrais aller au Chemin de Traverse, cela me donnerait sans doute des idées ! Les vitrines doivent être remplies de bonbons roses, de cœurs et d'autres choses tous aussi écœurantes, non ? » demanda le jeune sorcier à son père, venu lui rendre visite en cette fin de journée.

« Tu ne peux pas, je te le rappelle. »

« Comment ça ? J'ai bien le droit de sortir du manoir, quand même ! »

« Pas seul, pas si Lucius t'a interdit de sortir du manoir et pas sans être protégé. »

« Je ne pensais pas y aller seul, mais avec toi. Tu connais bien Lucius, tu devrais être à même de m'aider à lui choisir un cadeau, il me semble. En plus, Lucius ne m'a jamais interdit de sortir et ... Comment cela, protégé ? »

« Nul ne peut te parler ou te toucher sans notre accord, tu le sais. Afin d'éviter tout incident, les promis qui ont l'autorisation de se déplacer, ne peuvent le faire que la face cachée. En public, tu dois porter une sorte de voile. Un manteau qui te recouvre le corps et le visage. »

« Hein ? Mais j'ai jamais porté de voile quand je suis allé chez les Weasley ou... » Harry s'arrêta brusquement.

« Tiens donc, serais-tu frappé par un éclair de génie ? » se gaussa peu charitablement Severus.

« Sev' ! Je ne suis pas sorti d'ici depuis un mois et demi ! » s'écria Harry.

« Qu'est-ce que je disais, et la lumière fut... Merlin, j'ai l'impression d'être en train de parler avec Sirius... »

« Mais c'est pas possible ! Comment j'ai fait pour ne pas le réaliser avant ! C'est vrai que je vous ai vu, toi et Sirius. J'ai vu aussi Argiope. Et Ron et Hermione sont passés également. Je comprends pas... Je ne suis pas voilé devant eux ! Ni devant Remus ! »

« Évidemment, espèce de tête de bois ! Eux savent parfaitement que tu es fiancé, ils ne prendrons pas le risque de te toucher, bien qu'ils en aient le droit. Car tu oublies qu'à chaque fois, l'un de nous trois, Lucius, Sirius ou moi, étions également présents. »

« Mais si tu viens avec moi, où sera le problème ? »

« Le problème ? Harry, tu le fais exprès, rassure-moi ? »

Devant l'air gêné et confus du garçon, Severus soupira théâtralement.

« Mon Dieu, mais qu'ai-je fait pour mériter cela ? Entouré de Gryffondor à l'esprit aussi vif qu'un Troll des Cavernes. »

« Sev'... »

« À ton avis, triple pommes, que se passerait-il si tu sortais en pleine rue bondée, alors que de un : tu es le Survivant et qu'il y a toujours un imbécile qui te reconnaît et qui s'empresse de vouloir venir te parler, et de deux : tu es en plus de cela le fiancé de Lucius Malfoy ? Combien de temps tiendrais-tu sans qu'au moins cinq ou six personnes ne veuillent savoir ta version des faits, un autographe, t'inonder de conseils débiles ou d'autres choses tout aussi stupides et qui pas maladresse te toucheraient ? »

Harry fit la moue, dépité.

« Sans doute pas très longtemps, je l'admets... »

« Merci Merlin, nous avançons ! Or, je te rappelle que tout le temps de tes fiançailles, ce genre de contact t'est strictement interdit ! C'est pour cette raison que la plupart des promis restent cachés et que ceux qui peuvent sortir en public sont protégés par un voile spécifique, preuve de l'Amoris Promessio. Ce voile est comme une pancarte que tu brandirais et qui dirait : interdit ! Tout sorcier qui voit une personne couverte de ce voile doit s'en écarter. »

Harry réfléchit avant que de nouveau, il ouvre la bouche.

« Ce voile, ce ne serait pas par hasard comme une sorte de grande robe, qui prend aussi toute la tête, comme une capuche ? Dans un tissu très fin de couleur pourpre ? »

« Si. »

« J'en ai déjà vu alors ! » s'exclama-t-il. « Je m'en souviens, une ou deux fois, au Chemin de Traverse et une fois à l'Université. Ron m'avait dit que c'était des filles qui allaient se marier, j'ai cru que c'était une sorte de jeu, comme un enterrement de vie de jeune fille version sorcier. »

Snape le regarda en haussant un sourcil.

« Un enterrement de vie de jeune fille version sorcier ? Salazar, pourquoi, à chaque fois que je pense avoir touché le fond avec cet enfant, il me passe une pelle ? »

« Tu arrêtes un peu de te foutre de moi ? »

« Uniquement le jour où tu arrêteras de dire des énormités ! Tu es un sorcier, nom d'un Sirius, un sorcier ! Pense avec la magie ! Si ces jeunes filles ou jeunes hommes étaient ainsi vêtus c'était pour une bonne raison, pas simplement pour une histoire pocharde ! »

« Nom d'un Sirius ? » rigola Harry.

« Oui, il ne veut plus que je le l'appelle sale chien ou le cabot, alors il fallait bien que je trouve autre chose pour le faire râler. »

Harry continua de rire tout en secouant la tête.

« Vous êtes intenables, l'un comme l'autre. Bref, pour en revenir à la Saint Valentin, il me faut un cadeau pour Lucius ! En plus, maintenant que j'ai réalisé que je n'étais pas sorti d'ici depuis un mois et demi, j'étouffe ! Je veux aller au Chemin de Traverse, avec toi. »

« Je veux, je veux ! Qu'est-ce que c'est que cette façon de parler, jeune homme ? Tes fiançailles te seraient-elles montées à la tête ? Ce n'est pas parce que Lucius se plie à tes quatre volontés que c'est de même pour tout le monde ! Je travaille, je te rappelle. Et j'ai peut-être d'autres choses à faire que de te tenir la main pour choisir un cadeau à Lucius ! »

« Papa, s'il te plaît, » gémit Harry en se cramponnant à la robe noire de son père, les yeux suppliants. « Je ne peux compter que sur toi. Tu ne veux pas m'abandonner, pas maintenant ? J'ai besoin de toi... Papounet... »

« Mais c'est pas vrai ! Tu fréquentes beaucoup trop Draco pour le bien de ma santé mentale ! Tu n'as pas honte, non ? »

« Non, pas du tout. En plus, toi aussi tu vas devoir faire un cadeau, cette année. Tu ne voudrais pas que Sirius te fasse une scène ou te prive de certains câlinous uniquement parce que tu as oublié la Saint Valentin ? »

Harry fit sa plus jolie moue à un Severus atterré.

« Je suis maudit... »

... ... ...

Harry était tendu, plus qu'il ne devrait. Lucius était en train de tourner et retourner son cadeau en tous sens, comme pour chercher où il pourrait commencer à l'ouvrir.

C'était le soir de la Saint Valentin et Harry ne savait pas trop ce qu'il devait espérer de cette soirée.

Certes, elle avait parfaitement commencée puisque Lucius et lui étaient seuls, sans Draco.

Comme par un heureux, de nouveau, hasard, Lucius avait en effet annoncé à Draco qu'il était, encore, invité chez Blaise. Le gamin avait hurlé de joie, trop content de passer cette soirée si romantique avec son fiancé. Lucius avait froncé les sourcils face à cette déclaration bien trop enthousiaste à son goût. Il avait fait la remarque à Harry qu'il allait devoir en discuter avec Argiope, l'amourette entre les deux enfants devenant de plus en forte au fil du temps au lieu de s'étioler comme elle aurait logiquement dû faire.

De fait, Harry n'avait pas vu l'homme de la journée, partagé qu'il avait été entre ses différentes œuvres, fonctions occultes et la mère de Blaise.

Ce n'avait été que vers vingt heures que Hyde l'avait appelé pour le souper, son maître étant enfin de retour au manoir.

Le repas avait été excellent, le vin fin, la conversation de Lucius délicieuse. Au moment du dessert et avec la tête légèrement tournante en raison du champagne qu'il avait avalé, Harry avait découvert son cadeau, enchanté.

Lucius lui avait offert non seulement un nouveau balai, que Harry avait plus que hâte d'essayer, mais aussi des billets pour le premier match de la saison de Quidditch, en loge privée comme de bien entendu.

Harry de son côté avait tendu son paquet, nerveux.

Il avait eu cette idée après que son père lui ait donné son accord pour sortir. Severus lui avait assuré que cela plairait à son fiancé, mais il doutait encore. Ce dernier n'avait eu de cesse de le couvrir de cadeaux et de tendres attentions depuis un mois et demi, il ne voulait pas le décevoir alors que l'occasion lui était enfin offerte de pouvoir lui faire un présent à son tour.

Tout en se mordillant les lèvres, plus stressé que jamais, il regarda Lucius ouvrit son paquet avec délicatesse.

Les yeux gris, d'ordinaire froids, s'éclairèrent en voyant la petite toile de peinture.

« Tu t'es souvenu que j'aimais les Impressionnistes ? » fit-il, visiblement heureux.

« Oui... Et aussi que certains artistes, peintres ou écrivains moldus avaient des œuvres originales cachées dans le monde sorcier. Je sais bien que tu n'apprécies pas vraiment les Moldus, mais c'est un tableau d'un peintre très célèbre... »

« Monet, » le coupa Lucius, les yeux rivés sur l'œuvre, la voix basse mais enfiévrée. « Qui date de son deuxième voyage à Londres, juste avant sa période des Nymphéas. Harry... C'est magnifique. »

« Tu connais Monet ? »

« Évidemment ! Je t'avais parlé des Impressionnistes sorciers mais je connais aussi parfaitement les peintres moldus. J'adore Monet. Tu ne pouvais pas mieux tomber. Comment as-tu trouvé cette toile ? »

« Eh bien, » commença Harry, les joues un peu roses, heureux d'avoir si bien choisi son présent. « Je voulais vraiment t'offrir un tableau, de ce mouvement. Je ne maîtrise pas suffisamment les peintres sorciers et puis... voilà, j'avais envie que tu possèdes une œuvre plus originale. Severus connaît plusieurs vendeurs en tout genre. C'est nécessaire à cause des potions et... Bref, on est allé voir l'un de ses revendeurs, sur le Chemin de Traverse. Je lui ai expliqué ce que je voulais et deux jours après... En fait, j'avais vraiment peur de ne pas avoir ton cadeau à temps. »

C'était exact. Trouver une toile de maître était pour le moins ardu. Cependant, Severus connaissait les filières, toutes les filières, y compris celles un peu sombres. Une fois la ''commande'' passée, il avait fallu deux jours au revendeur pour fournir ce que Harry désirait. Deux jours et une somme astronomique de Gallions, mais ça, Harry s'en moquait. Lucius le méritait.

Lucius se détacha du tableau représentant un paysage Londonien, pour se retourner vers Harry, bien plus soucieux que précédemment.

« Comment cela ? Severus t'a emmené sur le Chemin de Traverse ? En public ? Comment as-tu pu parler à ce vendeur ? Je n'étais pas du tout au courant ! »

Harry comprit de suite que Lucius était contrarié. Très contrarié.

« Ne t'inquiète pas, j'avais le voile pourpre. Et je n'ai pas vraiment parlé au vendeur, je disais à Severus ce que je voulais et c'est lui qui discutait ensuite. Personne ne m'a reconnu ni ne m'a approché. »

Lucius resta sombre, un pli de mécontentement barrant son front.

« Lucius... Severus était d'accord, je n'ai pas enfreint de règles... Je voulais simplement te faire une surprise et... »

« Et ? »

« Et sortir un peu... » marmonna le jeune homme.

C'était vrai que cette sortie lui avait fait le plus grand bien. Quand il avait réalisé le temps qu'il avait passé enfermé au manoir, il n'avait plus eu que cette idée en tête : sortir !

Sous son manteau en tissu pourpre qui lui recouvrait la tête par une immense capuche recouverte d'un voile, le sorcier avait découvert qu'il pouvait tout voir, comme s'il ne portait rien.

Par contre, il avait senti, pour la première fois depuis qu'il était fiancé, les influx de la magie à travers son collier mais aussi dans son corps. Tout comme les passants en le voyant, il avait évité soigneusement lui aussi les individus inconnus dans la rue, que ce soit physiquement mais aussi par le regard. Il s'était senti mal quand l'un d'eux l'avait approché de trop près, sans le vouloir. Seul le contact de Severus lui était agréable.

De même, quand ils étaient rentrés dans la boutique.

Le sorcier avait d'abord été scandalisé quand Severus lui avait interdit de parler directement au vendeur. Mais une fois qu'il avait dû expliquer ce qu'il cherchait, il s'était tourné tout naturellement vers son père. Quelque chose lui avait fait clairement comprendre qu'il ne devait parler qu'à lui. Et l'idée même de ne pas le faire l'avait rebuté.

Nonobstant ces inconvénients, cette sortie en ville lui avait plu et il en avait malgré tout profité. Sur le chemin du retour, il avait demandé à Severus comment ce serait passée la fameuse soirée de la Saint Valentin au ministère si Lucius et lui avaient décidé de s'y rendre.

« Tu aurais été dans l'obligation de rester sous le voile et tu n'aurais pu parler qu'aux personnes autorisées par nous de le faire. »

« Eh bien, je suis encore plus heureux de ne pas y aller maintenant que je le sais ! » s'était-il exclamé.

Alors qu'il dévisageait, toujours un peu soucieux Lucius, Harry se demanda s'il devait avouer à son fiancé ou non qu'il aimerait sortir de nouveau. Bien lui en prit de ne pas le faire.

« Je ne souhaite pas que tu ressortes dorénavant, et encore moins avec un seul chaperon. Je dois être présent. »

Le ton était sans appel. Harry sentit comme un frisson le long de son dos, sans trop savoir à quoi il correspondait. Était-ce la magie de leurs fiançailles qui l'informait du caractère sans équivoque de l'ordre ? Était-ce la contrariété (il n'osait pas dire colère) de Lucius qu'il ressentait ? Ou, honte à lui, était-ce de l'excitation bassement sexuelle face à la dominance de son fiancé ?

Harry baissa la tête, perturbé au possible par cette dernière idée. Décidément, il n'aurait jamais cru qu'il pourrait être excité de la sorte ou qu'il aurait aimé qu'un homme le domine lorsqu'il serait question de sexe. Et il ne parlait pas simplement de la position, on était bien d'accord. Que Merlin lui vienne en aide, il n'aurait quand même pas des tendances sadomasochistes ? Pour un peu, il en aurait bien gémit d'embarras.

« Je te parais sans doute sévère, » continua Lucius, se méprenant sur le visage chiffonné de son promis. « Mais je t'assure que c'est le mieux. Je ne souhaite pas que tu sois à l'extérieur, surtout pas en ce moment. »

« Pourquoi en ce moment ? »

Lucius pinça ses lèvres avant de se reprendre.

« C'était une façon de parler. Pas tant que nous sommes sous le couvert de l'Amoris Promissio, si tu préfères. »

Le grand homme blond prit le plus petit, pas réellement convaincu de l'explication, dans ses bras afin de l'embrasser tendrement.

« Merci infiniment en tout cas. Ce cadeau est merveilleux, je ne pouvais rêver mieux. »

Harry sourit et leva la tête, quémandant un nouveau baiser qu'il obtint sans difficulté. Néanmoins, alors qu'il pensait que Lucius allait l'inviter à prendre un dernier thé dans le salon ou à se mettre plus à l'aise, ce dernier le surprit une nouvelle fois.

« Je suis vraiment fatigué ce soir Harry, je te souhaite donc une bonne nuit. On passera plus de temps ensemble demain soir, d'accord ? »

Le jeune homme acquiesça, déçu. Après un dernier léger baiser sur les lèvres boudeuses du Survivant, Lucius sortit de la pièce, le laissant seul.

« Bon, eh bien il ne me reste plus qu'à aller me coucher, » soupira le jeune sorcier.

Une fois dans sa chambre, Harry se déshabilla puis se glissa sous la douche, un peu dubitatif. Cette soirée de la Saint Valentin était, a priori, finie et elle ne s'était pas terminée de la façon dont il le pensait.

Il se savonna longuement, massa son cuir chevelu et enfin se rinça avec application. Il hésita un instant, se demandant si sa séance sous l'eau ne pourrait pas le combler un peu plus, mais, alors qu'il hésitait encore, l'eau chaude se coupa brutalement, le faisant pousser un petit cri de surprise. Stupide canalisation ! Ce n'était pas la première fois que le garçon aux cheveux noirs se faisait avoir. Parfois l'eau chaude se coupait, parfois au contraire, elle augmentait un peu, l'incitant insidieusement à prolonger sa douche de façon fort peu appropriée.

Pendant que l'ancien Gryffondor montait dans sa chambre afin de faire ses ablutions, le maître des lieux et Seigneur en son domaine attendait sagement dans ses quartiers. Lucius ôta sa robe, se passa avec rapidité un peu d'eau sur le visage et le torse, se parfuma de façon subtile et attendit, uniquement vêtu d'un de ses pantalons souples et légers, assis sur un fauteuil.

Au bout de quelques minutes, un petit crac se fit entendre et Hyde apparut à ses côtés.

« Alors ? »

« Il est en train de prendre sa douche, maître. »

« Parfait. Hyde, ce soir veille à ce que celle-ci ne s'éternise pas. Et donne-moi mon miroir à double sens avant d'y retourner. »

L'elfe claqua des doigts, faisant apparaître un large miroir dans ses mains. Celui-ci était d'argent pur, sans autre ornement que des fioritures et des dessins en forme de lierre faits dans le métal précieux.

Hyde disparut aussitôt après avoir donné son fameux miroir à son maître qui murmura à la surface polie.

« Montre-moi la salle de bains de Harry. »

Devant les yeux gris avides, le miroir, agissant comme un miroir sans tain, refléta ce que son immense congénère montrait dans la salle de bains du jeune homme. À savoir Harry lui-même en train de se savonner.

« Quel spectacle réjouissant, » continua de chuchoter Lucius. « Je crois que je ne m'en lasserai jamais. Pourtant ce soir, cher promis, j'ai d'autres projets pour toi qu'une simple partie de plaisir solitaire sous l'eau chaude. »

Le lord sourit, puis, avisant que Harry était désormais en train de rincer la mousse qui coulait sur son corps fin et musclé, il ferma le miroir et quitta sa chambre en direction de celle du précepteur de son fils.

... ... ...

Harry frotta la serviette avec énergie sur sa tignasse ébène, l'ébouriffant au possible. Les mèches noires avaient bien poussées mais elles restaient désordonnées. Tant qu'elles ne seraient pas au bas de son cou, pouvant être attachées en un petit catogan, Harry savait qu'elles resteraient indomptables.

Il soupira en pensant que même s'agissant de ses cheveux, Sirius et Severus n'arrivaient pas à se mettre d'accord. L'un les voulait longs comme les siens, ravi que son fils partage ce trait physique avec lui. L'autre les souhaitait courts, en bataille, comme l'étaient ceux de son meilleur ami et parent biologique du garçon.

Le sorcier passait donc d'une coupe à l'autre, histoire de contenter l'un comme l'autre des adultes. Personnellement, du moment que ses cheveux n'étaient pas au milieux de ses yeux, il s'en moquait. Tout du moins, jusqu'à présent. Étrangement, depuis qu'il avait le béguin pour un certain grand blond, il attachait beaucoup plus d'importance à son physique et son apparence.

Il fit une grimace au miroir, se détaillant une fois encore sans complaisance. Bon, il n'était plus malingre ni sous-alimenté depuis ses quatorze ans, merci papa. De plus, c'était vrai que le Quidditch et le sport qu'il pratiquait toujours, y compris depuis qu'il était au manoir, dont le footing, avaient eu des effets positifs.

Pourtant, il se trouvait nettement moins attirant que Lucius. Que ce dernier ne cesse de le complimenter ou même semblait le désirer à ce point l'étonnait toujours un peu.

Harry adressa un pâle sourire à son reflet avant de poser sa serviette humide sur le porte-serviette et sortir de la salle de bains, nu comme un ver. Il entra donc dans l'atmosphère tamisé de sa chambre, simplement éclairée par une lampe de chevet qui diffusait une douce lumière.

Mais dès qu'il leva les yeux sur son lit, Harry poussa un petit cri et positionna sa main en protection sur son bas-ventre, atrocement découvert. Lucius, négligemment allongé sur son lit, uniquement vêtu d'un pantalon fin, le détaillait avec une gourmandise non dissimulée. L'aristocrate avait le dos collé contre un oreiller, lui-même adossé au mur.

« Quel adorable spectacle. Pourquoi donc te cacher ? Je t'ai déjà vu dans le plus simple appareil, je te rappelle. »

Rougissant et bafouillant, Harry s'avança, bien décidé à prendre son caleçon de pyjama, qu'il ne trouva pas.

« C'est cela que tu cherches, peut-être ? » demanda Lucius, goguenard en brandissant le vêtement.

« Lucius ! Rends-moi ça ! »

« Certainement pas, non. Viens près de moi, amour... »

Toujours aussi mal à l'aise, le jeune homme s'assit à coté de son fiancé, les mains encore en coque sur son pénis. Il se tortilla, gêné, afin de libérer un morceau de drap pour s'en servir de cache-sexe. Peine perdue, Lucius, d'un geste de baguette, débarrassa d'un coup le lit du drap et de la couverture, le laissant aussi démuni que son occupant.

« Mais qu'est ce que tu fais ? » demanda Harry, toujours écrevisse.

Il chercha du regard ses lunettes, posées sur sa table de chevet. Il allait pour les prendre quand Lucius, plus rapide une nouvelle fois, bondit sur lui pour se saisir de sa main libre.

« Tu n'as pas besoin de tes lunettes. Et je suis là car la soirée n'est pas finie. »

« Tu m'as dit que tu étais fatigué. »

« Et tu m'as cru ? Vraiment, Harry... Comme si j'allais te laisser ainsi le soir de la Saint Valentin. Non, mon chéri, il me reste un cadeau à te faire. »

« Ah... » souffla Harry tandis que le visage du blond n'était qu'à quelques centimètres du sien, son torse nu plaqué contre son propre torse.

Lucius sourit d'un air carnassier qui en disait long sur le cadeau en question. Harry déglutit, sentant déjà une partie de son anatomie se réveiller sous ses doigts qui la cachaient.

Soudainement, Lucius se redressa, l'attrapa par les hanches et le coucha sur le matelas, étalé de tout son long. Sa main qui tentait encore de le couvrir fut capturée. Elle rejoignit prestement sa jumelle au-dessus de la tête brune.

« Tu es tout à moi, ce soir, » ronronna Lucius en commençant à lui dévorer le cou.

Harry gémit, se laissant totalement aller, ses poignets retenus par une main de fer. Il ne chercha pas à se défaire de la poigne, ne le désirait absolument pas. Une fois encore, il s'étonna d'aimer à ce point quand Lucius était dominateur.

« Écarte tes jambes, » exigea Lucius tout en se frayant un chemin entre elles.

Le jeune homme poussa une longue plainte en obéissant, sa désormais fière érection frottant contre le pantalon de son presque amant. Lucius s'installa, donnant en même temps des petits coups de bassin qui permirent à Harry de prendre conscience qu'il n'était pas le seul à être aussi délicieusement excité par la situation.

Harry ferma les yeux, appréciant pleinement les baisers et les caresses. Il savait que Lucius allait l'embrasser, encore et encore, le toucher de partout pour finir par le caresser amoureusement de façon intime. Il se détendit donc pleinement tandis que Lucius taquinait ses tétons avec sa langue, puis celle-ci descendit plus bas, afin de lécher son nombril. Il se laissa faire, permettant à l'homme un contrôle total, lui autorisant tout.

Cet état de plénitude et de permissivité fit sourire l'aristocrate contre la peau plus hâlée. C'était exactement ce qu'il voulait. La bride ainsi sur le cou, il posa rapidement ses mains sur les hanches du plus jeune, le maintenant et, encore plus rapidement, baissa la tête entre les cuisses ouvertes.

Avant que Harry ne puisse comprendre quoi que ce soit, sa verge tout entière était dans la bouche avide de Lucius qui le suçait avec ferveur. Il poussa un glapissement, ses mains vinrent sur les cheveux blonds tandis que son corps s'arquait comme il le pouvait, puisqu'il était retenu sur le matelas par un Lucius plus que conquérant.

Il n'avait pas voulu, à la base, que Lucius lui accorde une fellation, trouvant cela encore un peu trop intime et dérangeant. Néanmoins, maintenant que l'homme le tétait et lui caressait les bourses avec ferveur, son corps et une partie de son cerveau n'étaient plus du tout de cet avis.

« Oh Merlin, oh mon Dieu, » gémit le garçon, les mains toujours cramponnées aux cheveux et à la tête entre ses jambes.

Entre la découverte de ce plaisir inédit, son état avancé d'excitation et la dextérité de Lucius qui s'affairait avec une ferveur indéniable, il ne fallut pas plus de deux malheureuses minutes avant que Harry ne sente qu'il atteignait le point de non retour. Il se tordit sur le lit, tout du moins essaya, geint plus fort tout en demandant à Lucius de s'écarter d'une voix plaintive. L'homme ne l'écouta pas et Harry ne put se contrôler d'avantage. Il poussa un long cri rauque, s'arqua, ses doigts se crispèrent sur les cheveux blonds et il éjacula dans la bouche qui l'enserrait, se vidant totalement.

Il était épuisé, vanné, alangui sur le matelas, son corps moite collant au drap. Il sentit Lucius qui se lovait contre lui, son propre désir toujours bien présent dans son pantalon. Une fois encore, le blond n'avait pas joui, contrairement à lui.

Alors qu'il haletait pour reprendre sa respiration, les lèvres de Lucius se posèrent sur les siennes, entrouvertes. Le goût qu'elles déposèrent dans sa bouche lui fit brusquement ouvrir les yeux.

« C'est... euh... » balbutia-t-il.

« C'est ton essence, » répondit Lucius.

« Ça ne te dégoûte pas ? » chuchota Harry.

Lucius sourit tout en admirant les magnifiques perles vertes qui l'étudiaient, à la fois timides et curieuses, emplies d'une naïveté qui, comme à chaque fois, faisait fondre son soi-disant cœur de pierre.

« Non, absolument pas. »

« Moi, je crois que ça me dégoûterait, » poursuivit Harry sur le même ton, avant de rosir un peu, réalisant ce qu'il venait de dire.

Bien sûr, Lucius bondit sur l'occasion.

« Est-ce que cela signifie que tu envisagerais de me rendre la pareil ? »

Le garçon se blottit dans ses bras, nichant son visage dans son cou et ses cheveux.

« Pas tout de suite, il me faut un peu de temps. Mais tu avais raison, c'est très... agréable, » souffla-t-il. « Tu veux bien que je te touche, pour une fois ? Tu me donnes toujours du plaisir, et toi, tu n'en prends jamais. »

Tout en parlant, une main maladroite glissa sur le torse pâle, se frayant un petit chemin jusque sur la bosse qui déformait le pantalon de coton.

« Oh, Harry... » soupira Lucius.

Le jeune homme ferma ses yeux alors que sa main réussissait à franchir la barrière de tissu. Elle toucha tout d'abord un gland découvert et humide de désir, les faisant frémir tous les deux. Harry s'étonna de toucher un sexe qui n'était pas le sien, découvrant son incroyable douceur tout d'abord, puis se surprit à discerner sa grosseur. Le pénis érigée contre sa paume lui semblait bien imposant, lourd, épais, chaud et particulièrement agréable en main.

Il commença de doux va-et-vient, comme il le faisait pour lui-même quand il voulait se donner du plaisir. Lucius sembla apprécier car il se mit à anhéler bruyamment tout en plaquant le jeune homme le plus possible contre lui.

Encouragé, Harry continua ses mouvements, fermant un peu plus solidement sa main de temps en temps, avant de descendre plus bas parmi les boucles soyeuses, jusqu'à caresser les bourses pleines.

Il découvrait, essayait, tâtait, dans tous les sens du terme. Il se savait maladroit et sans doute pas très efficace mais mettait du cœur à l'ouvrage, à défaut d'habileté.

Lucius gémissait contre son oreille, puis il bougea un peu afin de pouvoir lui embrasser le visage. Bientôt ses hanches partirent à la rencontre de la main autour de sa verge. Sa propre main vint s'enrouler autour de celle, peu agile, de son fiancé, le guidant, lui demandant de ne pas le lâcher. Les gestes de Harry s'accompagnèrent donc des coups de reins de Lucius qui rapidement, souffla plus vite, plus fort, mordilla le lobe de l'oreille de Harry et enfin, explosa entre ses doigts.

Ils restèrent enlacés un instant, sans bouger, l'un reprenant son souffle, l'autre ses esprits, réalisant ce qu'ils venaient de faire.

« Merci, mon cœur, » murmura Lucius d'une voix fatiguée avant de l'embrasser furtivement.

Il allait se redresser quand Harry se raccrocha à lui.

« Non ! Ne pars pas. Draco n'est pas là cette nuit. Lucius, reste avec moi... » le ton était à la fois suppliant et déterminé, faisant sourire Lucius dans la pénombre de la pièce.

Après quelques secondes d'hésitation, il consentit à se rallonger contre son jeune promis, le reprit dans ses bras alors que ce dernier faisait de même. Enlacés l'un à l'autre, ils s'endormirent rapidement, le corps et l'esprit repus.

... ... ...

« Siri', pourquoi est-ce que Lucius peut ressentir mes émotions et moi non ? » demanda Harry à son parrain alors qu'ils marchaient tous deux dans le parc du manoir.

« Parce que tu es le promis et lui le courtisan, » expliqua Sirius, les yeux dans le vague, comme si cela pouvait tout expliquer.

« Oui, merci de l'information, mais pourquoi ? »

« C'est ainsi, il n'y a pas plus d'explications à donner. Dans l'idée, je suppose que c'est pour permettre au courtisan d'adapter sa cour selon les réactions du promis, histoire qu'il puisse se concentrer sur ce qui marche le mieux dans sa technique de séduction, » termina Sirius, amer.

Harry le regarda un instant puis décida d'arrêter sa marche, retenant l'homme par le bras.

« Bon, Sirius, qu'est ce qui se passe ? »

« Rien, » bougonna l'Auror.

« Arrête de me prendre pour un lapereau de six semaines, je vois bien que quelque chose te contrarie. C'est quoi ? C'est Severus ? »

Sirius se tourna vers son filleul, plantant ses yeux anthracite dans les verts.

« Non, tout se passe très bien entre Sev' et moi. Aussi étrange que cela puisse paraître, d'ailleurs. » Il s'arrêta, semblant réfléchir avant de continuer. « En fait... je me fais du souci pour toi. Remus et Sev' ne cessent de se foutre de moi à ce sujet mais... Mais ça me met en rage de penser que ce grand blond prétentieux soit celui qui te déflore ! »

Harry tiqua avant de piquer un fard.

« Je te comprends pas ! Tu n'arrêtais pas de te moquer de moi, de dire que c'était pas normal, étant un mec, que je sois encore vierge à vingt ans et là tu piques ta crise parce que je vais peut-être perdre ma virginité avec Lucius ? »

« Pas peut-être. Tu vas la perdre, Prongs. Et même si Lucius n'est pas aussi détestable que ce que je pensais, je n'ai pas encore vraiment confiance en lui. Les Malfoy ont toujours été des personnes de pouvoir, de manipulations et des fourbes. »

« Comment cela, je vais la perdre ? Comment tu peux affirmer cela ? » fit Harry, ne s'intéressant qu'à la première partie du discours de Sirius.

L'animagus se contenta de ricaner.

« Siri' ! »

« Pourquoi ? Parce que je n'ai jamais entendu dire une seule fois, Harry, pas une seule, qu'un promis avait réussi à échapper à son courtisan. Qu'il le veuille ou non. Tu ne feras pas exception. »

La voix aigre de Sirius finit de mettre mal à l'aise Harry, autant que par le contenu de ses propos.

« Qu'il le veuille ou non ? Mais, Sirius, c'est impossible. Le promis est protégé par la magie. C'est ce que Sev' et toi m'avez toujours dit ! Que ce genre de fiançailles était une promesse d'amour, que seuls ceux dont les intentions étaient pures pouvaient passer le collier autour du cou de ceux qu'ils avaient choisi ! La décision finale revient au promis, pas au courtisan. »

Harry montra son collier où pendait toujours la bague, comme pour affirmer ses dires. Sirius jeta un bref regard dessus, mais Harry pu lire de la colère dans les iris clairs.

« Non, Harry. C'est ce que t'ont dit Remus et Severus. Pas moi. Écoute, ce que je dis n'est pas péjoratif, mais malgré leur culture sorcière, Remus et Sev' sont des sang-mêlé. Je suis un sang-pur, fiston, dans une famille qui revendique la pureté du sang depuis des générations, comme les Malfoy le font. Je n'ai pas la même vision qu'eux de la magie liée à l'Amoris Promissio. Le premier mois, la ou le promis est très protégé, c'est vrai. Mais plus le temps passe, plus la donne change de camps. Le courtisan, comme tu l'as remarqué, est de plus en plus à mène d'interpréter, de ressentir les émotions du promis. Pour mieux le faire tomber dans ses filets, pour mieux le manipuler et contrecarrer de potentiels projets d'évasion. »

Harry tiqua une nouvelle fois à ses paroles, un vide se forma dans son ventre. Pourtant, Sirius continua, imperturbable.

« Le courtisan a donc toutes les cartes en main. La magie lui donne plus de marge de manœuvre, l'autorise à pouvoir toucher le promis. Il peut aussi le punir en cas de désobéissance, et crois-moi, beaucoup autrefois ne s'en privaient pas ! Les promis étaient le plus souvent enfermés dans des tours, Harry, d'après toi, pourquoi ? Plus le temps passe, plus la magie passera outre les désirs ou les craintes du promis, permettant ainsi au courtisan d'avoir... d'avoir des gestes inapproprié ! » explosa enfin Sirius.

Harry serra les poings. Bizarrement les propos de Sirius le blessait.

« Lucius ne me fera jamais de mal ! Et mon père avait offert ces fiançailles à ma mère ! Pourquoi tu me dis ça ? Tout le monde dit que ces fiançailles sont les plus romantiques qui soient ! Que la magie me protège, moi ! Lucius m'a même affirmé qu'il ne peut pas me déflorer, comme tu dis... »

« Pas avant le début du troisième mois, merci, je le sais, » le coupa brutalement l'Auror.

Il soupira, semblant enfin prendre conscience du malaise de Harry, de sa déception.

« Excuse-moi, Harry. Je suis juste... soucieux, d'accord ? Tu as raison, dans l'absolu, il ne peut rien t'arriver pendant le temps des fiançailles. Disons que j'ai une dent personnelle contre ces fiançailles, d'accord ? Et je te dois d'être honnête, je pense moi aussi que les intentions de Lucius sont plus qu'honorables. Quant au reste, c'est ta vie, tes envies. Je n'ai pas à m'en mêler. Si un jour tu as envie de franchir le pas avec Lucius et te marier avec lui, alors très bien. Fais juste... attention, tu veux bien ? Je te le redis parce que c'est mon rôle, en tant que parrain et en tant que chaperon : c'est la vérité, Prongs, plus la fin des fiançailles approche, plus le promis est vulnérable et le courtisan puissant. Ne contrarie pas la magie, Harry, respecte scrupuleusement ce que te dit Lucius car même si lui ne t'impose pas trop de contraintes, je le reconnais, la magie, elle, le fait. »

Harry sourit, respirant de nouveau plus librement.

« Ne t'inquiète pas, Sirius, tout va très bien, je t'assure. »

Sirius lui rendit son sourire, bien qu'un peu crispé.

« Tout va bien entre Lucius et toi alors, si je te suis bien ? »

« Oh oui, » répondit Harry, rougissant et se maudissant de le faire.

« Je vois, je vois, » le taquina aussitôt l'animagus. « Lucius te fait découvrir certains de ses talents, c'est cela ? »

« Siri' ! » s'écria Harry, gêné, tout en donnant une légère bourrade sur le bras de l'homme.

« Okay, okay, pas de questions trop intimes, j'ai compris, » rigola Sirius, se détendant de nouveau.

Harry et lui reprirent leur marche dans la fraîcheur de ce bel après-midi d'hiver.

« Lucius va t'emmener au premier match de la ligue, m'a dit Sev' ? »

« Oui, c'est dans trois jours, j'ai vraiment hâte. Draco ne sera pas là, il est encore chez les Zabini... Tu sais pourquoi il est aussi souvent chez Argiope ou avec Severus et toi ? »

Sirius haussa les épaules.

« Je suppose que c'est pour que vous ayez plus de temps à deux, Lucius et toi. Sev' n'a pas voulu m'en dire beaucoup plus, alors que du coup, c'est notre temps à nous deux qui s'étiole comme une peau de chagrin ! Bon, d'un autre côté, ça me fait plaisir de connaître un peu mon petit cousin. Rem' et Tonks aussi d'ailleurs, après tout, Dora est également sa cousine.

... ... ...

Caché sous son manteau et voile pourpre, Harry marchait aux côtés d'un Lucius impassible. Il avait été tellement heureux quand son fiancé lui avait offert les billets pour ce match ! Non seulement parce qu'il adorait le Quidditch, mais surtout parce que cela signifiait que Lucius allait céder à sa demande : sortir encore une fois du manoir.

Néanmoins, en cet instant, il le regrettait réellement. Il sentait sur lui le regard des autres spectateurs, bien que tous se tinssent à une distance respectable. Lucius avait lui aussi mis un manteau blanc et un voile de la même couleur sur lui. Ainsi, personne ne pouvait savoir avec certitude quel était ce couple en Amoris Promissio qui se rendait au match. Pourtant, Harry avait le sentiment que tous savaient pertinemment qui se cachait sous le tissu.

Et cela, il le détestait profondément.

S'ajoutait à cela le même sentiment de malaise que lorsqu'il avait été sur le Chemin de Traverse avec Severus, en pire. Largement pire. Il supportait à peine le fait que ces gens le regardent, ou du moins, regardent sa silhouette. Son collier, contre son cou, semblait peser plus lourd tandis que dans son ventre, son estomac se contractait. Tous ses sens lui hurlaient que ce n'était pas sa place, qu'il devait être au manoir, voire même dans sa chambre. Nulle part ailleurs.

Alors qu'il se tenait non loin des marches, son malaise devint presque panique. Comment allaient-ils faire pour grimper jusqu'aux loges privées ? Forcément, quelqu'un allait être près de lui, assez près même pour le toucher ! Quelle horreur ! Tout son être le refusait avec violence.

« Lucius, » dit-il d'une voix étranglée.

« Ne t'inquiète pas, on va venir nous chercher. » L'homme se tourna vers lui, le prit dans ses bras. « Calme-toi, mon promis, tu es pétri d'angoisse. »

« C'est tous ces gens... ils m'étouffent... pourquoi ? » gémit le garçon.

« La magie n'aime pas cette promiscuité et te le fait comprendre. C'est bientôt fini. »

À peine avait-il prononcé cette phrase qu'un elfe de maison apparut devant eux dans un pop sonore.

« Maîtres, donnez-moi vos mains, s'il vous plaît. »

Harry et Lucius tendirent chacun une main à la créature qui s'en saisit avant de les faire transplanner directement dans leur loge.

« Enfin ! » s'écria Harry en ôtant aussitôt son manteau. « Je n'en pouvais plus ! Au fait, pourquoi les elfes peuvent me toucher ? »

« Ils ne sont pas des sorciers et encore moins une quelconque menace pour notre couple, » répondit Lucius en enlevant également son manteau.

Bien vite, le match commença sous les yeux admiratifs de Harry, douillettement installé sur le canapé moelleux, la tête sur les genoux de Lucius. Il s'étonnait encore de la loge magique. Il voyait parfaitement les joueurs ou les autres spectateurs par les parois invisibles, que ce soit devant, sur les côtés ou au-dessus de lui. C'était comme être à l'air libre, bien qu'ils ne le soient pas. Il n'y avait qu'à juger, par exemple, de la façon dont les autres sorciers étaient chaudement emmitouflés, alors que Lucius et lui étaient uniquement en robes sorcières.

« C'est étrange, » chuchota-t-il. « Personne ne nous voit, alors que nous, nous voyons tout... »

« C'est vrai... Le match te plaît ? »

« Beaucoup, » sourit Harry. « Les Catapultes vont gagner, j'en suis sûr. »

« Je le pense aussi, les Frelons sont bien trop sur la défensive, » renchérit Lucius.

Peu à peu, la main de celui-ci quitta la masse épaisse de cheveux noirs pour passer sur les épaules, le flanc, le ventre du garçon, puis enfin sur sa partie intime.

« Lucius ! » s'exclama Harry en se redressant, bien qu'en souriant. « Enfin, c'est totalement inapproprié ! »

« Pourquoi donc ? » fit le grand blond en se renversant sur Harry, le planquant de tout son poids sur le canapé.

« Parce que... le match, les spectateurs... »

« Ne nous voient absolument pas, » le coupa Lucius qui commença à déboutonner la robe voisine tout en l'embrassant.

« Je... Oh, Merlin... » gémit Harry, les yeux grands ouverts sur les joueurs qui volaient un peu au dessus de lui tandis que la langue de Lucius lui taquinait les tétons. « C'est... c'est... »

« Si excitant... » susurra Lucius qui réussit à ouvrir la robe en grand et à se saisir du pénis du jeune homme.

« Oui... Oui ! » fit Harry, haletant.

Il écarta indécemment les jambes, permettant à Lucius de s'installer convenablement entre elles. La bouche gourmande avala rapidement la friandise qu'elle était partie chercher, faisant pousser un léger cri à Harry.

La langue, la bouche, les doigts de Lucius sur son sexe et ses bourses lui faisaient voir des étoiles. C'était si délicieusement interdit que d'être là, en train de recevoir une fabuleuse fellation au vu et au su de tout le monde, ou presque. Il regardait les spectateurs qui hurlaient pour encourager leur équipe, leurs yeux aveugles se posant parfois sur lui. Les joueurs étaient si proches de la loge. Il ne perdait pas une miette du match, de la tension qui parcouraient le stade tandis que les deux attrapeurs se battaient pour le vif voletant juste devant eux.

Ce combat aérien, les cris, la volupté qui le parcourait autour de son sexe, toute cette fébrilité ambiante fit que Harry monta bien haut dans la volupté. Il cria, sans aucune retenue, bougea des hanches, en voulant plus, tellement plus !

Enfin, au moment où l'attrapeur des Catapultes se saisissait du Vif d'or, déclenchant une clameur assourdissante dans le stade, son monde explosa alors qu'il se déversait dans la bouche chaude, humide et accueillante.

La fin de cette formidable journée annonça également la fin du deuxième mois de fiançailles, sans même que Harry ne l'aperçoive.

… … …

À suivre

… … …