NDA : Désolée chosese petit retard de publication mais comme vous l'avezsans doute remarqué, c'est Pâques ! Note importante : Bien, avant de me lancer tomates et insultes, je tiens à préciser que tout ce qui va suivre dans ce chapitre n'est absolument pas de ma responsabilité ! Non, du tout ! Souvenez-vous la note du premier chapitre, c'est Nanola qui voulait une certaine chose qui va donc se produire ici. De ce fait, toute réclamation, plainte, récrimination, cactus ou autre, devront être adressés à Dame Bichette. C'est elle la sadique, ami(e)s lecteurs, elle ! Je suis innocente, je vous jure ! Je voulais pas, elle m'a forcée ! Bichette, ceci dit, je t'aime :)


Chapitre 24

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On ne plaisante pas avec la magie

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Harry finissait tout juste son petit-déjeuner en compagnie de Draco quand Lucius apparut dans la pièce vêtu de son manteau, sa canne avec le pommeau en forme de tête de serpent à la main, signes qu'il s'apprêtait à partir.

« Papa ! Tu t'en vas ? »

« Oui, fils. Des affaires de la plus haute importance. Je ne sais pas quand je reviendrai, sans doute pas avant ce soir. »

« Oh, » fit le petit garçon, déçu. « Je te vois pas beaucoup en ce moment. Souvent l'après-midi je suis chez Blaise, parfois je dors chez parrain et son chéri et le matin, j'ai mes leçons. »

« Je pensais que tu étais content de voir plus souvent Blaise ou Severus. »

« Oui, mais c'est juste que toi, je te vois moins, » constata une nouvelle fois le petit.

Lucius se pencha pour embrasser l'enfant. Il le serra dans ses bras avec force.

« Je sais, Draco, mais c'est très important. Harry reste avec toi, de toute façon. Je te promets de venir te faire un bisou quand je rentre, même si tu dors. D'accord ? »

« D'accord, » soupira Draco.

Harry se leva de table, hésitant. Il n'avait pas envie du tout que Lucius s'en aille, lui non plus. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais depuis deux jours, il lui répugnait particulièrement d'être éloigné de son fiancé. En fait, depuis le match de Quidditch, il n'avait plus aucune envie de sortir du manoir, ni que Lucius le quitte également. Même le fait d'imaginer Draco loin d'eux lui était pénible.

Dans son esprit, ils devenaient de plus en plus une famille. D'autre part, son attirance, pour ne pas dire son attachement ou son amour, pour l'aristocrate avait fait un bon en avant.

Le jeune homme resta sans bouger devant son fiancé et son fils, ne sachant pas s'il pouvait venir lui aussi quémander un baiser. Il savait Lucius toujours intraitable sur ce point mais il mourrait d'envie de le rejoindre.

Le lord sembla ressentir ses tourments car il redressa la tête pour le dévisager, interrogatif. Avisant les joues un peu rosées de son promis, les dents qui mordillaient avec nervosité sa lèvre inférieure, il se permit un fin sourire.

« Draco, puisque tu as fini, va donc attendre Harry dans ta salle de classe, j'ai quelques recommandations à lui faire avant de partir, il te rejoindra. »

Le jeune Malfoy s'en fut après un dernier au revoir, les laissant seuls.

« Harry, viens, » fit Lucius à mi-voix.

Il n'en fallut pas plus au sorcier brun pour se réfugier dans les bras tendus.

« Que se passe-t-il ? » demanda Lucius en lui caressant les cheveux.

« Je ne sais pas. Je n'ai pas envie que tu partes. »

« Je reviens ce soir, tu sais. »

« Oui, je sais. Mais il n'empêche. Je n'arrive pas à l'expliquer, j'ai le sentiment que tu ne dois pas partir. »

Lucius poussa un bref soupir réconfortant. Il frotta doucement le dos de Harry, lui embrassa le front, les lèvres avant de se détacher de lui avec précaution.

« Je reviens le plus vite possible. En m'attendant, reste tranquillement dans le manoir. Draco t'occupera l'esprit ce matin et cet après-midi, tu pourras écrire un peu. Je voudrais bien pouvoir lire la suite de ton roman. »

Les deux hommes se sourirent, complices. Harry n'avait pas pu résister à l'envie de faire lire à Lucius le début de son roman, inquiet de connaître son avis. Heureusement, son fiancé avait beaucoup aimé et lui réclamait la suite dès que le brun lui donnait les dernières lignes de parchemin qu'il avait rédigées.

La matinée s'écoula donc tranquillement, Harry se concentrant sur les leçons de son élève. Ils déjeunèrent ensuite tous les deux avant que Draco ne demande s'il pouvait venir jouer à côté de Harry, dans le salon de ce dernier.

Ils étaient donc là, Harry à tenter d'écrire, Draco installé dans un fauteuil à lire un livre.

Soudain, Hyde et Jekyll apparurent devant eux dans un pop, visiblement affolés.

« Vite, maître Draco, venez, vous devez vous cacher ! Maintenant ! Ou prendre la cheminée pour vous mettre en sécurité ! » cracha Hyde en se saisissant du bras de l'enfant qui devint blanc comme un linge.

« Hyde ! Je peux savoir ce qui se passe ? Lâche Draco de suite ! » s'offusqua Harry en se levant.

« Non, maître, nous devons protéger l'enfant, » lui expliqua Jekyll en s'approchant à son tour.

« Mais de quoi, par Merlin ?! Il n'y a aucun danger ! »

« La femme Black est au portail, » grinça alors rageusement Hyde. « Nul ne sait de quoi elle peut être capable. Son sang est présent ici même et son appel peut être un danger, pour nous tous. »

« Non ! » hurla alors Draco, qui de blanc devint verdâtre.

Il se jeta dans les bras de Harry, tremblant.

« Non, pas elle ! Harry, au secours ! »

« La femme Black... Narcissa ? Narcissa est au portail ? »

« Ne prononcez pas son nom, pauvre fou ! » cria Hyde. « Les Black sont des personnes à la magie sombre et sournoise ! Qui sait ce qu'elle pourrait faire ! »

« Maître Draco, vite, venez à la cheminée, je vous emmène chez la femme Zabini. »

« Non, » ordonna alors Harry.

Il se leva, enfila rapidement son manteau pourpre et se tourna vers les trois autres personnes dans sa chambre.

« Draco n'est que trop allé chez Argiope. Je ne sais pas pourquoi vous paniquez tous ainsi, ni quel est le danger que représente Narcissa à vos yeux, mais si vous craigniez qu'elle ne puisse passer le portail du manoir malgré ses protections, alors ne prenez pas la cheminée. Jekyll, transplanne et emmène Draco avec toi à Poudlard, il y sera en sécurité. Confie-le à mon père ou à Dumbledore. Hyde, reste ici pour surveiller nos arrières. Si tu le peux, préviens Lucius, et moi pendant ce temps, je vais parler à Narcissa pour la distraire. »

Sans attendre de réponse, il dévala les escaliers mais fut brutalement coupé dans sa course, arrivé dans le hall d'entrée, par l'elfe grincheux qui tenta de lui barrer la route, les bras écartés.

« Non, ne sortez pas, maître ! C'est trop dangereux ! Vous ne devez pas sortir ! »

« Bon sang, Hyde, écarte-toi de mon chemin ! » s'écria Harry.

« Non, maître, vous ne devez pas sortir ! » répéta la petite créature, ses yeux lançant des éclairs.

« Et moi je te dis de me laisser passer ! Va donc t'occuper de Draco, moi je m'occupe de Narcissa, je n'ai pas besoin de t'avoir dans mes pattes ! »

Harry ne nota même pas que l'elfe l'appelait maître pour la première fois. Il le contourna, continua d'avancer et ouvrit la porte d'entrée en grand, malgré les appels de l'elfe qui courrait à sa suite. Alors qu'il marchait résolument sur les graviers blancs, il sentit comme une attraction au creux de son ventre, qui le retenait en arrière. Étonné, il refusa d'en tenir compte et persévéra sa course sur le chemin, en direction du portail.

Pourtant, plus il marchait, plus ses pas devenait lourds, douloureux. Tout son être lui hurlait de faire demi-tour, qu'il ne devait pas continuer. Agacé par cet état de fait, le garçon s'entêta, quand bien même le collier autour de son cou sembla soudain peser plusieurs kilos. Il arriva devant le portail où se tenait derrière une grande femme blonde, vêtue d'un somptueux manteau de plumes blanches.

« Que voulez-vous ? » haleta Harry, épuisé.

Il ne comprenait absolument pas ce qui se passait, dans son corps et sa tête. Certes, il avait pris conscience que la magie de ses fiançailles le poussait à repartir, à ne surtout pas entrer en contact avec cette femme, mais il était bien déterminé à ne pas en tenir compte.

Malgré son obstination, il se sentait de plus en plus faible, comme si son sang quittait son corps.

« Je veux ce qui m'appartient, usurpateur, » fit la femme d'une voix glaciale.

« Rien... rien ne vous appartient plus, ici, » souffla Harry.

Narcissa ricana en se rapprochant du portail, à quelques mètres seulement du jeune homme.

« Regarde-toi, pauvre promis. Tu défies la magie, tu défies les ordres qui t'ont été donnés et tu vas en payer le prix ! Rends-moi mon fils ! »

« Non, vous n'avez plus aucun droit sur Draco. De toute façon, votre fils n'est pas ici, »

« Menteur ! Je le sens ! Il est là, je peux sentir son sang, mon sang ! Je sais que mon fils... » elle s'arrêta brusquement et ses yeux devinrent meurtriers et fous.

« Comment ?! Comment oses-tu ?! Où as-tu envoyé mon enfant ? »

« En... en sécurité... » réussit à articuler Harry alors qu'il tombait un genou à terre.

Narcissa hurla. Elle tendit ses mains devant elle, créant un souffle qui souleva le gravier et les quelques feuilles mortes qui n'avaient pas pourries durant l'hiver. Harry se protégea le visage, mais, épuisé, ne put lutter plus. Il sentit sa capuche s'arracher, le dévoilant aux yeux de la femme.

Il se cacha comme il put, ne voulant pas qu'elle le voit ! C'était tabou, c'était un affront, il ne pouvait le concevoir ni le tolérer.

Il entendit vaguement Hyde, à ses côtés, pousser un rugissement incompréhensible pour une si frêle créature avant que son corps tout entier ne se mette à le brûler atrocement. Tombant sur le sol, roulé en boule, Harry se mit à hurler sa souffrance. Puis il sombra dans l'inconscience.

... ... ...

Lorsque Harry se réveilla, il sut qu'il était allongé dans un lit. Sans doute le sien, mais il arrivait à peine à ouvrir les yeux. Tout son corps était lourd, épuisé, sans plus de vie. Autour de son cou, un souvenir de brûlure se rappela à lui. Il gémit, ne comprenant tout d'abord pas pourquoi il était aussi faible.

Il réussit à ouvrir les yeux, découvrant qu'il était effectivement dans sa chambre bien que cette dernière soit plongée dans la pénombre.

« Tu te réveilles enfin, » constata une voix sans chaleur.

Harry tourna la tête avec difficulté, réalisant qu'il n'avait pas rêvé et qu'il s'agissait bien de Sirius.

« Siri'... » commença-t-il péniblement.

« Silence ! » le coupa aigrement Sirius, créant la stupéfaction chez le garçon.

Jamais encore Sirius ne lui avait parlé ainsi.

« Oh oui, tais-toi, cela est préférable. Parce que tout ce qui sortira de ta bouche ne pourra que me mettre dans une colère encore plus profonde que celle qui me dévore déjà. Réalises-tu dans quel danger tu t'es lancé ? Non, bien sûr, parce que monsieur n'a rien écouté de ce que son chaperon lui avait dit ! Parce qu'il a préféré foncer, tête baissée, sans prendre la mesure de ses gestes ! »

Sirius s'avança vers lui, le regard dévoré par la colère et l'inquiétude.

« Tu aurais pu mourir, sombre crétin, si Hyde ne t'avait pas protégé tout à l'heure et si Lucius, Severus et moi n'étions pas intervenu. »

« Co... »

« Je t'ai dit de te taire ! Tu n'es pas en état de parler de toute façon, tout ce que tu arriveras à faire, c'est t'épuiser encore plus ! Je ne peux rester très longtemps, seule la présence de ton courtisan pourra t'apporter ce dont tu as besoin. Mais avant cela, prépare-toi à payer durement pour tes fautes. »

Devant le regard surpris et inquiet de son filleul, Sirius prit une inspiration avant de tenter de lui expliquer du mieux qu'il pouvait.

« Je te l'avais dit, Harry. Le troisième mois est empli de danger pour les promis. Lucius t'avait ordonné de ne plus sortir, de ne voir personne, encore moins cette folle de Narcissa. Tu sais que tu n'as pas le droit de parler, à quiconque n'a pas eu notre agrément et sans la présence d'un chaperon à tes côtés ! Mais toi, tu as transgressé toutes ces règles, tous ces interdis ! Que croyais-tu ?! Tu n'as pas encore compris, malgré ce qu'a été ta vie ? On ne plaisante pas avec la magie, Harry ! Encore moins quand elle est aussi ancienne et puissante que celle-ci ! »

Sirius fit quelques pas avant de s'affaler au pied du lit du garçon.

« Je ne peux plus rien pour toi. Tu as désobéi et tu dois être puni. La magie réclame son dû, que seul le courtisan peut lui offrir. Il décidera ensuite quelle punition il te donnera, en son nom. Sache déjà que tu es privé de magie pendant un laps de temps indéterminé. Nul ne sait quand elle te reviendra. Cela dépend de bien trop de choses que nous ne maîtrisons pas, personne. Elle te reviendra obligatoirement au plus tard à la fin des fiançailles, sans doute avant puisque c'est ta première transgression mais nous ne pouvons te l'affirmer. »

Devant les yeux horrifiés de Harry, Sirius eut un rire sans joie, désabusé.

« Que croyais-tu ? Que parce que Lucius, tout comme ton père, a été souple, peu exigeant, permissif, tu pouvais faire ce que tu voulais ? Le jour où tu as eu ce collier autour de ton cou, tu as été enchaîné ! Enchaîné à la magie qui l'habite et on ne peut tromper cette magie, on ne joue pas avec elle au risque de se brûler les doigts ! »

« Siri'... » répéta Harry avec angoisse.

Que l'animagus soit à la fois en colère contre lui et inquiet l'angoissait au possible.

« Je ne peux plus rien, » réaffirma à son tour Sirius. « La punition magique passe par le châtiment corporel, sache-le. Lucius n'ayant jamais été violent, je ne pense pas que cela sera trop éprouvant, mais je ne peux pas te le promettre. Il est véritablement furieux de ta désobéissance. Severus aussi. Nous le sommes tous les trois ! »

Sirius frappa son poing contre sa paume ouverte, faisant évacuer un peu de tension par ce geste.

« Tu aurais pu nous blesser, tous les trois ! Nous avons ressenti ta souffrance, évidemment ! Nous sommes tes chaperons, bon sang ! Tu étais en danger, la magie nous a alerté, tu ne pouvais pas y réfléchir un peu ? Heureusement que je n'étais pas en intervention, la douleur de l'alerte magique aurait pu me coûter la vie si j'étais en train de me battre ! Mais bien sûr ça, ça te passe au dessus de la tête ! Tout ce qui comptait, c'était d'aller droit dans le mur ! Et Severus ? Il était en plein cours ! Il est tombé au sol, devant ses deuxième année ! Si cela avait été lors de l'élaboration compliquée d'une potion de septième ? Il aurait pu être blessé ou pire, lui aussi !Tu y as pensé ? Non, bien sûr que non ! Toute l'école ne parle que de ça, Severus est ivre de rage et moi... Moi je suis furieux ! » éructa Sirius.

Il prit une inspiration avant de reprendre un peu plus calmement.

« Sans compter la déception. Comment as-tu pu être aussi inconscient ? N'as-tu donc rien appris des leçons que la vie t'a apportées, ou de celles que Severus s'est donné tant de mal à te prodiguer ? Imagines-tu un instant ce qu'il a pu ressentir en voyant ce qui s'était passé ? En te voyant, inconscient, sur le sol ? »

Harry déglutit péniblement, le cœur en miettes.

« Lucius devra donc te punir physiquement, afin de combler la magie qui te dévore en ce moment. Ensuite, il avisera ce qu'il compte faire de toi, en punition personnelle. Il doit le faire, il n'a pas non plus le choix. Tu n'es plus protégé, Harry, le réalises-tu ? »

« Mais... Severus a dit... »

« Je sais ce que Severus a dit ! » cria Sirius en se redressant avec violence. « Mais il ne sait pas tout, malgré le piédestal sur lequel tu l'as posé ! Pendant le troisième mois, tout est permis, Harry ! Alors non, je te rassure, du moins si je le peux, Lucius ne peut pas te forcer, t'obliger à accepter certaine choses, la magie de l'Amoris Promissio te protégera encore. Mais il y a d'autres moyens de faire céder, de faire plier ! Alors oui, comme l'avaient dit Severus et Remus, il faut que le courtisan soit sincère... sincère dans son désir de vouloir se marier avec son promis ! Sincère dans son désir de fonder une famille ! Sincère dans sa volonté d'aimer ou du moins d'apprendre à aimer sa ou son fiancé ! Mais c'est tout. Comprends-tu la nuance, Harry ? Autrefois, dans beaucoup de famille, notamment de la vieille noblesse sang-pur, les fiancés se connaissaient à peine, d'où le premier mois qui est consacré à la découverte spirituelle de l'autre. Mais si le courtisan trouvait la promise à son goût, la désirait assez, et souhaitait un mariage, cela était suffisant pour lui mettre le collier autour de cou ! Si la famille estimait que ce mariage serait une bonne chose entre les jeunes gens et que le courtisan partageait cette opinion, cela aussi était suffisant ! »

Sirius passa une main nerveuse dans ses cheveux. Avisant le visage défait de Harry, il continua, ne sachant s'il devait tenter de le réconforter ou l'enfoncer.

« Je ne dis pas que c'est le cas de Lucius, loin de là. Malgré tout, Severus et Remus ont raison. La plus grosse majorité des Amoris Promissio sont des belles fiançailles, les plus belles que puissent rêver des sorcières ou des sorciers en âge de se fréquenter. Elles leur offrent trois mois d'intimité et de découverte, loin du regard et parfois du jugement des autres, comme s'ils étaient seuls au monde. Mais moi... Ma famille... Tu sais, ce qu'est ma famille, Harry. Ma grand-mère a été enfermée dans une tour, soumises à des règles strictes. Son futur mari la manipulait autant qu'il le souhaitait. Savais-tu que les femmes n'ont pas leurs petits problèmes mensuels pendant ces trois mois ? Non, bien sûr, alors laisse-moi éclairer ta lanterne. Pendant les fiançailles, le ou la promise reste fécond. Si la semence du courtisan vint à pénétrer son corps, il y a de grosse chance de grossesse. Cela ne nécessite pas forcément une pénétration sexuelle, Harry... »

Le garçon écarquilla des yeux exorbités face à cette déclaration.

« Oui... Ma grand-mère s'est retrouvée enceinte, aux termes des trois mois, bien que toujours vierge. Elle a accepté le mariage sans doute pour éviter la honte à sa famille et aussi parce que le temps passé à ne voir que mon grand-père lui avait fait développer des sentiments à son égard. Pas du grand amour, non, mais elle en était heureuse. Elle était heureuse de ses fiançailles, y compris d'avoir été recluse dans cette tour, d'être tombée enceinte. Je n'ai jamais compris. Je ne suis pas comme ça. »

Sirius eut un sourire sans joie.

« Cela n'a pas été le cas d'un de mes ancêtres, Marius. La version officielle de son exclusion familiale était qu'il était cracmol. Il n'en était rien. Il a été promis, à dix-sept ans et un jour, à un autre homme, plus âgé, qui avait des vues sur lui depuis sa puberté. Lui aussi a été séquestré dans une tour. Mais à la différence de Meliana, ma grand-mère, il n'a eu de cesse de se révolter. Il a manqué en mourir. Quand la fin des trois mois a été atteint, il pensait pouvoir regagner sa liberté. Il ignorait, bien sûr, que la fin des fiançailles n'est jamais à un terme exact. Il y a toujours un battement de quelques heures. Les chaperons n'ont pas la connaissance précise de ce moment, à la différence, évidemment, du courtisan qui perd à la seconde même la capacité de détecter les sentiments de son promis. Le courtisan de Marius savait que ce dernier n'accepterait pas le mariage et il était aux aguets de cette perte. En ultime recours et pensant que l'affront obligerait sa famille à lui accorder quand même leur fils, il lui a fait perdre sa virginité. Sans aucune pitié. Marius ne pouvait pas se défendre, il n'avait plus de baguette. Les chaperons sont arrivés trop tard, ils n'ont pas pu le sauver de la perversité de son courtisan. Malgré cela, le plan de ce sinistre individu a échoué car Marius a continué à refuser le mariage. Les Black l'ont menacé de tout, en raison du déshonneur qu'il faisait courir, selon eux, à leur nom. D'autant qu'il s'est avéré par la suite qu'il était enceint et qu'il a refusé d'avorter. Il a réussi à s'enfuir, grâce à l'aide de son ancien chaperon. Il a quitté l'Angleterre. De mes différentes recherches, j'ai appris qu'il avait eu une petite fille. Je ne sais rien d'autre sur lui. »

Sirius soupira, les yeux perdus vers la fenêtre.

« Ma vision de l'Amoris est bien différente de celle des autres sorciers, je le sais. Mais je suis un Black, je sais ce dont la magie est capable et comment nous pouvons l'utiliser, pas toujours à des fins respectables. C'est cela que j'aurai dû te dire, dès le début. Mais je savais que tu ne m'aurais pas écouté, comme tu as refusé de le faire la dernière fois. Tu aimes tant Lucius, Harry. Si toi tu refuses encore de l'admettre, c'est tellement évident pour nous tous. Tu n'aurais jamais accepté ce que je te dis car tu l'aurais compris comme une agression envers l'homme qui fait battre ton cœur. »

Sirius se redressa et jeta un dernier regard vers le garçon larmoyant.

« Je continue à penser que Lucius vaut mieux que beaucoup de sa famille, mais jamais, jamais, je n'aurais voulu de ces fiançailles pour toi, contrairement à Sev' ou Remus. Je te l'ai dit, je suis l'un des rares sorciers à ne pas avoir leur vision romantique de l'Amoris Promissio. Aujourd'hui, tu vas devoir répondre de ta folie, de ton insoumission. Ton destin est entre les mains de ton fiancé. Je suis... inquiet, oui, et aussi très déçu. Je dois retourner auprès de Severus. J'espère qu'il aura réussi à calmer un peu Lucius, mais j'en doute. Tu... tu as fait beaucoup de mal à ton père, de par ton inconscience. »

L'Auror soupira de nouveau.

« C'est de ma faute. J'ai été un mauvais chaperon. J'aurais dû insister, malgré tout. Je me suis laissé moi aussi entraîner dans le sentimentalisme, dans la confiance. Lucius était doux avec toi, tu semblais heureux. Je me suis laissé accrocher au côté bénéfique, idéaliste, de l'Amoris. Je me souvenais de James et Lily, ils semblaient eux aussi si heureux pendant leurs fiançailles... Ta mère avait choisi McGonagall comme chaperon. C'était logique, elle était née-moldue et Minerva était déjà notre directrice à Gryffondor, elle la connaissait bien. Et puis ta mère était particulièrement douée en métamorphose. Minerva l'a bien conseillée, là où j'ai échoué. Jamais Lily n'a été punie, elle. Rares, aujourd'hui, sont ceux qui le sont. Mais toi, bien sûr, il faut toujours que tu fasses les choses autrement. »

Harry eut un misérable reniflement face à ces propos. Sirius se rapprocha de lui, se pencha et lui embrassa le front, mettant un peu de baume au cœur du jeune homme qui retenait difficilement ses larmes.

« Cette magie est ancienne. C'est pour cette raison que la punition se doit d'être corporelle. Je suppose qu'à l'époque, c'était normal... Elle ne permettra pas que tu sois véritablement battu, mais tu dois être châtié physiquement, malgré tout. Ne lutte pas, Harry. Sous aucun prétexte. Ne proteste pas. Accepte. La magie te le ferait payer au centuple autrement. »

« Lucius ne me fera jamais de mal... » souffla Harry, exténué.

Sirius sourit tristement. Il sentait bien la question dans l'affirmation.

« Non, il ne te blessera pas. »

Alors que Harry allait ouvrir de nouveau la bouche, Sirius lui intima de se taire en posant un doigt sur ses lèvres.

« Non, Harry, ne dis plus rien, cela t'épuise. Or, tu as besoin de tes forces. Repose-toi encore, tant que tu le peux. »

Sirius se redressa et sortit de la chambre, laissant son filleul seul et atrocement désemparé.

Le jeune homme ne savait plus quoi penser. Il savait bien qu'il commettait une erreur en se rendant au portail mais il n'avait certainement pas imaginé se trouver dans cette situation actuelle ! Son cœur lui faisait mal. Jamais Sirius ne lui avait parlé aussi durement, jamais. Sans compter qu'il avait blessé trois des personnes qui comptaient le plus au monde pour lui : son père, son parrain, son fiancé. Il les avait trahis, leur avait fait de la peine, les avait inquiétés et, pour reprendre l'expression de Sirius, il les avait déçus.

La douleur dans sa poitrine enfla sourdement.

Quand bien même il avait passé les six dernières années auprès de Severus ou Sirius, il ne pouvait effacer les treize autres, encore bien fraîches dans son esprit, auprès de sa ''famille'' moldue. Les affres de ces premières années, à l'âge tendre, l'avaient profondément affecté. La peur de l'abandon, du rejet, le marquait encore. Sans oublier les insultes, le rabaissement constant.

Alors que la porte de sa chambre s'ouvrait, il se retint de pleurer.

Cependant, ce n'était pas Lucius, mais Hyde qui entra dans la pièce.

« Le maître veut que vous preniez un bain. Mais d'abord, vous devez manger un peu de bouillon, jeune maître. »

Harry laissa l'elfe l'aider à se mettre en position assise afin qu'il puisse manger quelques cuillères de bouillon de poule bien chaud. Il renifla, se moucha peu élégamment mais tint bon.

Ce fut quand Hyde l'aida à se mettre debout et le traîna dans son bain mousseux que Harry craqua pour la première fois. Des larmes glissèrent traîtreusement sur ses joues tandis que l'elfe lui frottait doucement les cheveux avec du shampoing.

« Ne pleurez pas, jeune maître. Hyde et Jekyll vous soutiennent. Le maître est en colère, mais plus contre lui-même et la folle Black que contre vous. Il se calmera, » le rassura de sa voix de crécelle la petite créature.

Le jeune homme réalisa à ce moment-là que Hyde était bien plus gentil et agréable avec lui qu'il ne l'avait jamais été.

« Merci, Hyde, » balbutia Harry, fatigué au possible.

Il savait désormais que cet épuisement était le fait de la magie, qu'elle agissait ainsi à la fois pour le punir, à la fois pour l'empêcher de recommencer à tenter de s'échapper, ayant manifestement pris sa volonté à s'approcher du portail et à parler à une inconnue pour une tentative d'évasion.

Cependant, ce n'était pas cela qui éprouvait le plus le sorcier, mais bien les paroles de son parrain. Celles-ci ne cessaient de tourner et retourner dans sa tête, le meurtrissant profondément à chaque fois. Il avait blessé les personnes qu'il aimait, les avait déçues. Sirius culpabilisait, par sa seule faute. Il n'osait pas imaginer la future réaction de Severus, ne voulait pas que les yeux sombres s'abaissent sur lui, furieux et désappointés, comme si souvent ils l'avaient fait pendant sa sixième année.

Le fait que Sirius lui parle aussi durement était une grande première dont il se serait bien passé. Quant à ses propos au sujet de ses parents, ils l'avaient plus que démoli.

Ajouté à cela sa crainte des punitions corporelles pour apaiser la magie, et autres selon le bon vouloir de Lucius, le jeune homme était perdu. Totalement désemparé et malheureux.

Il s'essuya néanmoins les larmes qui coulaient, alors que Hyde lui rinçait avec application sa tignasse sombre. Tout à ses tourments intérieurs, Harry eut à peine honte que l'elfe le lave ensuite dans les moindres recoins. Pourtant, cette dernière revint en force lorsque l'elfe, d'un mouvement de main, le rendit glabre au niveau de son entre-jambe.

« Quoi ? Mais ! Non ! Hyde, qu'as-tu fait ?! » s'offusqua Harry en mettant ses mains en coque devant son intimité, qu'il estimait atrocement à nue sans la protection de sa toison noire.

« Ordre du maître, » expliqua l'elfe.

Cette nouvelle le laissa sans voix... et inquiet. Pourquoi Lucius le désirait imberbe ? Propre et imberbe ? Cette question le tarauda, tandis que Hyde finissait de laver avec soin ses cuisses.

Hyde le sécha ensuite, puis le traîna de nouveau dans son lit, aussi nu que le jour de sa naissance. Harry, une fois allongé, chercha à protéger son corps avec un drap mais l'elfe le lui ôta aussitôt.

« Non, jeune maître. Restez ainsi. Je vais prévenir votre fiancé que vous êtes prêt. »

Harry acquiesça, ne pouvant faire plus. Hyde le dévisagea un instant avant de se rapprocher de lui et, à la surprise du garçon, lui chuchota doucement à l'oreille.

« Le chien Black a raison. Ne luttez pas, sous aucun prétexte. Mon maître saura prendre soin de vous, malgré tout. »

Puis il disparut avec bruit.

Harry s'obligea à garder les yeux grands ouverts et parfaitement secs. Il se concentra sur le plafond, essayant de refréner les battements de son cœur. Commença alors sa douloureuse attente.

... ... ...

Hyde apparut devant les trois sorciers, sombres, qui attendaient dans le salon. Lucius et Severus étaient chacun dans un fauteuil, Sirius, droit et raide, devant la cheminée allumée.

« Il est prêt et vous attend, maître. »

Lucius hocha la tête tout en se redressant de son fauteuil.

« Lucius, » fit Severus d'une voix sourde. « Punis-le, comme nous en avons parlé. Qu'il ne recommence plus. »

« Cela suffit, Severus. J'ai été assez dur avec lui. Il ne recommencera pas, » coupa Sirius, froidement.

« Je ferai ce qui doit être fait, » intervint à son tour le seul sorcier blond.

Sirius se tourna vers lui, le regard dur.

« Ne t'avise pas à le blesser plus que ce que j'ai déjà dû faire, Malfoy. »

Lucius eut un sourire désabusé avant de rétorquer :

« Quand donc me feras-tu confiance, Black ? »

« Il n'appartient qu'à toi de la gagner, aujourd'hui même, » rétorqua Sirius.

Lucius acquiesça une nouvelle fois. Il allait pour sortir de la pièce quand il se retourna vers les deux hommes qui venaient de s'enlacer.

« Je suppose que vous allez retourner à Poudlard ? »

« Oui. Draco dort dans la chambre de Harry. Poppy lui a donné une potion de sommeil sans rêve. Si tu as besoin, nous serons là-bas, » l'informa Severus.

Il planta ses onyx noires dans les yeux gris clairs du lord.

« Je m'occupe de ton fils, prends soin du mien. »

« Je ferai du mieux que je peux. »

Sur cette dernière parole, il laissa les deux amants et quitta l'immense salon.

Lucius, accompagné de Hyde, commença à gravir les marches de l'escalier en marbre qui le menaient vers les chambres.

« As-tu fait ce que je t'avais demandé ? »

« Oui, maître. Il est prêt selon vos souhaits. Et j'ai mis trois gouttes de la potion dans son bouillon. »

« Parfait. »

« Maître, » grinça l'elfe. « L'orphelin est si triste. »

« Je sais. »

... ... ...

Harry entendit la porte de ses quartiers s'ouvrir et se fermer, puis les pas d'un homme dans son anti-chambre. Enfin, son cœur s'accéléra quand la porte de la chambre s'ouvrit.

La pénombre de la pièce, faiblement éclairée par une bougie, lui permit toutefois d'affirmer que c'était bien Lucius qui venait de rentrer. Si ses yeux ne lui avaient pas donné l'information, son cœur et son âme s'en seraient chargés, sans hésitation.

Il sentit la colère de l'homme, sa déception. Son ventre se tordit d'une douleur sourde mêlée d'angoisse. Harry comprit alors qu'il ressentait, pour la première fois, les émotions de son fiancé grâce à la magie de l'Amoris. Ce n'était pas agréable. Du tout. Douloureux.

Il gémit, sans pouvoir sans empêcher. L'aura de Lucius l'écrasait, l'étouffait. Il sentait la magie, tout autour de lui, qui tourbillonnait, s'en donnant visiblement à cœur joie pour lui faire mal. C'était plus puissant qu'un sort cuisant mais heureusement moins qu'un Doloris.

« Tu as fauté, » fit la voix dénuée d'émotion de Lucius.

Harry se mordit les lèvres. La magie était si forte, broyante sur son corps.

« Oui... Pardon... »

Il ignorait comment, mais savait que c'était ce qu'il devait dire, sans l'ombre d'un doute.

« Tu mérites une punition. »

Harry hocha la tête en gémissant de nouveau. Il avait mal, si mal. La douleur remontait dans ses veines, parcourait ses bras, ses jambes, vrillaient ses tempes.

« Pardon... Pardon... S'il te plaît... Stop... » supplia-t-il.

« Je ne peux empêcher cette douleur, Harry. C'est le prix de ton insubordination. La magie ne te laissera en paix que quand je lui aurai donné ce qu'elle veut. »

Harry se roula en boule sur le lit, plein de souffrances. Lucius, quant à lui, ôta sa robe, restant uniquement vêtu d'un pantalon fin qui tombait sur ses hanches.

« J'ai discuté avec ton père. Nous avons convenu de ce qui était le mieux, comme châtiment. J'aurais pu te donner de la badine, mais je pense qu'il est préférable d'utiliser un autre genre de punition. »

« Sev'... papa... » souffla Harry, donnant sans le vouloir un coup au cœur à Lucius à l'entente de ces mots, tant ceux-ci étaient empreints de désespoir. Comme un appel, une supplique.

Les yeux verts se levèrent vers Lucius. Harry se sentait si faible, si impuissant. Il était plus que nu, son intimité entièrement dévoilée devant l'homme. Lucius s'assit sur le lit et le jeune sorcier comprit ce qui l'attendait. Logique. Il battit des cils, repoussant sa honte d'être ainsi traité.

« Viens, Harry. En position. »

Harry rampa comme il put, s'allongeant sur les cuisses fermes de son fiancé, lui montrant obligatoirement sans pudeur son postérieur.

Lucius le saisit par les hanches afin de le placer correctement sur lui, les fesses sur le haut de ses cuisses, juste sous son nez. Il passa une main sur la peau qu'il savait douce, encore plus après ce bain et les soins apportés par Hyde.

Harry poussa un soupir de contentement. Le contact avec son fiancé était apaisant, faisait refluer la magie dévastatrice.

« Tu te sens mieux ? »

« Oui, » répondit Harry, d'une voix plus claire. « Ton contact... il m'apaise... me redonne de l'énergie... »

« C'est normal... Je suis celui qui peut t'aider. Le seul. Et le seul à devoir aussi te donner ta correction. Je ne peux m'y soustraire et toi non plus. Es-tu prêt ? »

« Oui... » souffla le jeune homme en fermant les yeux.

Il se crispa, sachant ce qui allait suivre.

Effectivement, dans un claquement sourd, la main du lord s'abattit durement sur ses collines de chairs tendres. Il sursauta sous le choc et le furieux picotement qui s'en suivit. Harry n'eut pas le temps de se plaindre que la main s'abaissa une deuxième fois, puis une troisième. À la cinquième, ses poings se fermèrent sur le drap, le malmenant tout comme l'étaient ses pauvres fesses qui le brûlaient.

Pourtant, il constata qu'au fur et à mesures de sa fessée, le reste de sa souffrance s'apaisait. La magie maléfique le quittait, le laissant moins épuisé, moins vide, sans douleur autre que celle que la main de son fiancé lui procurait.

Lorsque la main de Lucius claqua sur son arrière-train pour la huitième fois, il poussa un sourd gémissement. Lucius continua son châtiment, une neuvième fois et dixième fois. Puis il sentit que la punition magique était terminée.

Cette dernière fessée, plus forte que les autres, lui arracha un faible cri ainsi qu'une larme unique qui roula sur sa joue. L'autre main de Lucius, fraîche sur sa peau cuisante se posa aussitôt, en une douce caresse. Du bout des doigts ou de la paume, elle passait, repassait, calmant la douleur, apaisant la brûlure.

Harry soupira de nouveau d'aise.

« C'est fini ? » demanda-t-il, la tête sur le matelas et les fesses toujours surélevées sur les cuisses de Lucius.

« Non, pas vraiment. Ce que tu as fait était d'une incroyable stupidité. Et tu m'as désobéi. J'ai donné à la magie ce qu'elle voulait, mais je n'ai pas eu, moi, réparation à mon préjudice. »

Harry se tut, ne cherchant pas à protester ni à en savoir plus, les paroles sèches de Sirius, calmes de Hyde, bien ancrées dans son esprit.

Les deux mains de Lucius pétrissaient désormais son fessier, toujours très sensible. Harry cligna subitement des yeux, réalisant que les caresses commençaient à le faire réagir, plus au sud. Oh, Merlin.

Nul doute que Lucius, positionnés comme ils l'étaient, devait l'avoir senti, lui aussi. De fait, des doigts pincèrent la peau blanche, procurant à Harry une sensation entre douleur et plaisir. Sa tête, qu'il avait redressée, replongea contre le matelas, étouffant un gémissement.

Les doigts recommencèrent, plus ou moins fortement. Puis la main s'abattit de nouveau sur son derrière, moins puissamment que les premières fois. Harry se tordit, baignant entre deux eaux, deux courants bien différents : chaleur et fraîcheur, douleur et plaisir, gêne et luxure.

Son érection était désormais dure comme pierre et frottait contre les cuisses de Lucius. Harry se mordit rudement les lèvres, refrénant du mieux qu'il pouvait ses soupirs, geignements et petits cris.

Il avait donc véritablement un penchant vers le sadomasochiste ? Le jeune homme était encore plus perdu que précédemment, ne sachant plus ce qu'il voulait, ce qui allait se passer. Il était perdu dans le désir de l'homme, dans la convoitise. Des images de pure débauche éclataient dans sa tête, le laissant de plus en plus haletant. C'était incompréhensible qu'il soit aussi excité !

Soudainement, Lucius le retourna et le plaqua férocement contre le matelas. Il enleva son dernier vêtement, le laissant aussi nu que Harry. Le garçon, qui ne voyait pas grand chose sans ses lunettes et dans la quasi obscurité de la pièce écarquilla néanmoins les yeux en sentant le sexe dur de son fiancé contre son ventre. C'était la première fois que Lucius était totalement nu, lui aussi.

Quant à lui, n'ayant plus aucun poil sur son pubis et entre ses jambes, il avait l'impression de sentir encore plus la peau de l'autre homme, de le toucher de façon plus complète, plus absolu.

Lucius grogna et, sans ménagement, lui écarta largement les cuisses.

« À moi, maintenant. Tu es mien cette nuit, Harry. »

« Je... »

Harry allait protester quand la voix de Sirius tonna dans sa tête. Il ne dit rien, d'autant qu'un éclair de douleur le traversa fugacement, comme un avertissement.

« Oui, » concéda-t-il à la place.

Lucius se redressa, saisit sa baguette et l'agita sous le nez du garçon. Il n'eut pas le temps de réaliser ce qui se passait que des liens en soie s'enroulèrent autour de ses poignets, lui maintenant les deux bras attachés à la tête de lit. Il bougea la tête, surpris, mais avant même de pouvoir penser à plus, ses jambes se retrouvèrent soulevées, maintenues magiquement en arrière et grandes ouvertes. Un coussin fut glissé sous ses reins, redressant son postérieur.

Harry couina et déglutit difficilement.

Oh mon Dieu, pensait son esprit, affolé. Lucius assis entre ses jambes le dévorait du regard, sous la faible lumière de la bougie. Il sourit et Harry sentit qu'un tissu soyeux, de la soie également, s'enroulait sur ses yeux. Malgré le bandeau, il put apercevoir que la lumière dans sa chambre se faisait plus vive.

« Je te vois... » susurra Lucius.

Harry ne dit rien, sentant le regard de son fiancé sur son corps, de la même façon qu'il aurait sentit ses mains. D'ailleurs, celle-ci se mirent bientôt en action.

Le jeune sorcier était désormais noyé sous les sensations, plus délicieuses les unes que les autres. Au diable sa conscience, il devait admettre son fond de perversité. Il aimait être attaché ainsi, totalement sous le contrôle de Lucius. Ce dernier l'embrassait, le cajolait. Sa bouche engloutit prestement son érection, le faisant glapir.

C'était bon, si bon !

Puis le sorcier aux cheveux noirs sentit de l'humidité sur son intimité. Oh ! Il se crispa, éperdu, mais ne protesta pas. Son corps s'arqua alors qu'une intrusion se faisait sentir dans son corps. Un doigt, très certainement, était en train d'entrer en lui. Les paroles de Sirius tournaient dans sa tête. Il devait être puni mais d'un autre côté, la magie ne laisserait pas Lucius agir ainsi s'il ne le souhaitait pas au moins un peu, quand bien même il avait refusé de se l'avouer.

« Oh ! Ooooh ! » gémit-il en remuant la tête de gauche à droite.

« C'est bon ? » haleta Lucius, qui était remonté dans son cou.

« Je... je sais pas... » reconnut Harry.

Le doigt bougea en lui, roula, frotta, fit des va-et-vient. Ces derniers brûlaient légèrement, faisant pleurnicher Harry. Puis l'intrus se retira. Harry sentit une nouvelle humidité, plus abondante sur sa petite entrée échauffée. Il se mordit les lèvres, rejeta sa tête en arrière alors qu'une nouvelle intrusion avait lieu, bien plus imposante. Lucius grognait, se frottait à lui. Deux au moins de ses doigts étaient en lui, le stimulaient. Ils touchèrent d'un coup une boule de nerfs au fond de ses entrailles qui le fit crier.

« Et là, c'est bon ? »

« Je... Je crois... » geint Harry.

Il ne put rien ajouter de plus, les doigt en lui continuant leur inspection et leurs caresses si dérangeantes. Lucius haletait contre lui, semblant envahit par le plaisir.

Harry avait les yeux grands ouverts, bien qu'ils ne voient rien. Il montait dans la volupté malgré la sensation de brûlure et d'étirement. Les doigts de Lucius accélèrent leur rythme, le dévorant de l'intérieur.

Brusquement, Lucius se tendit sur lui, ses dents mordillèrent la peau fine de son cou et Harry sentit un liquide chaud, poisseux, recouvrir son ventre. Il eut un hoquet de déception et de frustration.

Il aurait voulu prendre l'homme dans ses bras, aurait voulu jouir, lui aussi, voir Lucius dans son orgasme et sa nudité.

Harry sentit ses jambes s'affaisser contre le matelas, le coussin lui être retiré et Lucius qui se couchait à ses côtés.

Le jeune homme chercha à bouger ses bras mais ces derniers étaient toujours fermement maintenus, de même que le bandeau sur ses yeux.

« Lucius... » se plaignit-il.

« Non, je n'en ai pas fini avec toi. »

Effectivement, Harry découvrit rapidement que Lucius n'en avait pas terminé avec sa petite personne qui se transforma bientôt en une masse frémissante de pure luxure. L'homme blond reprit ses caresses, ses attouchements sur tout son corps, y compris sur sa verge douloureusement tendue dans une délivrance qui ne vint jamais. Les doigts le pénétrèrent de nouveau, s'affairèrent, permettant apparemment à Lucius de jouir une nouvelle fois. Quant à Harry, il n'aurait jamais pu deviner que cet endroit particulier de son corps soit aussi érogène.

Mais lui n'atteignit jamais l'orgasme. Lucius jouait visiblement avec lui et Harry comprit que la punition du lord était bien particulière. Il le stimulait, l'emmenait au bord de la jouissance et cessait aussitôt tout attouchement dès qu'il sentait que Harry était au bord de l'explosion.

Après presque une heure de ces douces tortures, Harry, à la limite des sanglots, sentit que Lucius se redressait du matelas. Ses liens et son bandeau disparurent et ses yeux clignèrent dans l'obscurité de nouveau présente dans sa chambre.

« Lucius... Tu t'en vas ? » gémit-il.

Il était épuisé de sa séance punitive et lubrique, pourtant son désir était encore bien présent. Il voulait jouir lui aussi, tout son être réclamait la délivrance physique et l'absolution de ses fautes.

« Oui, » fit Lucius.

Sa voix redevenue glaciale et distante transperça le cœur du jeune sorcier.

L'homme finit de nouer le lien de son pantalon, sans jeter un seul regard à son promis, nu, dont le ventre était recouvert de sa semence. Il ne vit donc pas les lèvres de Harry trembler, ses yeux papillonner.

« Tu as interdiction de te soulager, de quelque façon que ce soit, » ordonna-t-il sèchement. « Je reviendrai te voir demain en fin de matinée, en compagnie de ton père. Veille à ce que tu sois présentable. »

Sans un mot, sans un regard, il sortit de la chambre qu'il referma derrière lui.

Harry s'assit sur son lit, totalement désemparé. Le désespoir s'abattit alors sur lui avec violence.

Les paroles de Sirius, sa frustration, les mauvais traitements de son enfance, tout se mélangea dans sa tête. Il mourrait d'envie de prendre son pénis entre ses mains ou de se frotter contre les draps afin d'au moins soulager cette tension-là mais n'osa le faire, avec raison. La punition magique qui suivrait une deuxième rébellion, aussi rapprochée de la première, serait terrible.

Lucius n'avait pas été trop dur avec lui, il le savait. Et puis, il méritait largement son sort. Après tout, combien de fois l'homme avait-il quitté cette même chambre sans avoir eu lui aussi l'occasion de jouir ?

Mais ce n'était pas l'absence d'orgasme qui lui faisait si mal, en cet instant, loin de là. C'était bien les méandres de son cœur. Le jeune homme avait le sentiment que celui-ci lui était arraché.

« Lucius... » hoqueta-t-il dans l'ombre. « Je te demande pardon... je t'aime... Papa, Sirius... me laissez pas... »

Sur ces paroles qu'il n'adressait qu'aux murs, Harry s'effondra contre son oreiller qu'il enserra compulsivement et fondit en larmes.

… … …

Cela faisait plus d'une heure que Lucius attendait, sans savoir quoi exactement, dans le petit salon Saphir. Les flammes dansaient devant lui, bien qu'il ne les voyait pas ou à peine.

Un crac brisa le silence de la pièce, suivit rapidement par la voix éraillée de Hyde.

« Vous n'êtes pas couché, maître ? »

« Non, comme tu peux le constater, » fit Lucius, sarcastique.

L'elfe ne répondit pas, il se contenta de se déplacer afin d'être dans le champ de vision de son maître.

« L'orphelin pleure encore. De façon moins désespérée que quand vous êtes parti, mais il souffre. Ne ressentez-vous pas sa douleur, maître ? »

« Si, » murmura Lucius en fermant les yeux. « Sa tristesse, sa douleur, sa peur d'être abandonné, de ne pas être aimé. Son chagrin de penser qu'il ne vaut pas grand chose, que tout est de sa faute et qu'il nous a tant déçus. »

« Rien d'autre, maître ? » questionna à voix basse l'elfe.

Lucius rouvrit ses yeux pénétrants, étudiant Hyde en face de lui.

« Tu le sais aussi bien que moi, Hyde. Je sens son amour pour moi. Et pour Draco. »

« Maître, » dit Hyde en posant une main frêle sur le bras de Lucius. « L'orphelin n'est pas coupable. Il s'est battu pour le petit maître Draco. Il a défié la magie pour lui. Pour laisser le temps à Jekyll de partir, sans que la folle Black ne le découvre. Maître... Hyde implore votre pardon pour l'orphelin... »

Lucius sourit légèrement.

« Et dire que Harry doutait de ton attachement envers lui... »

« Il vous rend heureux, il aime sincèrement le petit maître, il est doux avec Jekyll. Sa présence est bénéfique, » répondit Hyde en haussant une épaule. « Je me souviens... Vous étiez si malheureux, maître... Hyde et Jekyll ont eu si peur pour vous, l'année dernière, quand ils ont dû chercher le professeur Snape... C'est l'orphelin qui est malheureux à présent et vous seul pouvez l'aider. »

« Je sais... » soupira Lucius.

« Voulez-vous que je lui redonne un peu de potion calmante et désinhibitrice, maître ? »

« Non, Hyde, les trois gouttes de tout à l'heure étaient uniquement destinée à ce qu'il ne fasse pas n'importe quoi pendant le châtiment. Cela l'a sans doute incité à mieux écouter l'instinct que lui dictait la magie, et donc, l'a incité à la docilité... et aussi à moins refréner certaines de ses envies latentes, » sourit Lucius.

Son sourire se fana bien vite alors qu'il retournait à la contemplation des flammes.

« Que fait-il ? » marmonna-t-il.

Les yeux de Hyde se révulsèrent dans ses orbites, puis la voix de l'elfe, toujours aussi grinçante, s'éleva.

« Il est dans son lit, il serre encore son oreiller contre lui et renifle. Il s'est calmé, il ne fait presque plus de bruit. Il ne vous appelle plus, ni son père ou son parrain. Il n'implore plus votre pardon. Mais il pleure toujours un peu. L'orphelin est si triste, maître, si triste... »

Hyde se secoua et ses yeux se posèrent sur son maître. Ils se dévisagèrent sans échanger un seul mot. Puis, subitement, Lucius se redressa.

« Je ne supporte plus de rester là. »

... ... ...

À suivre

… … …


NDA : Bon, ben voilà, vraie fessée elle voulait, vraie fessée il y a eu. Je sais, je sais, j'aurais peut-être pu faire en sorte qu'elle n'arrive pas de cette façon, mais sincèrement, une vraie fessée ? Quand on fait une telle demande à une personne telle que moi, on sait à quoi il faut s'attendre, n'est-ce pas ;) PS : Nanola, je t'aime toujours néanmoins^^

Reprécisons bien les chose : "Alors non, je te rassure, du moins si je le peux, Lucius ne peut pas te forcer, t'obliger à accepter certaine choses, la magie de l'Amoris Promissio te protégera encore". Autrement dit en clair dans le texte si cela ne l'est pas assez pour certains : la magie ne permettrait pas que Lucius fasse quelque chose de sexuel que Harry ne désire pas.