Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie. Le personnage de Mitsuki, et les arrancars qui ne sont jamais apparu dans le manga sont par contre à moi.

Par ailleurs, je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Et voici le quinzième chapitre de De sang et d'âme. Désolée pour l'attente, et bonne lecture !

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Chapitre 15 : The impatience of the youth

Depuis l'arrivée du second message d'Aizen, l'ambiance était électrique au Seireitei. Les rumeurs les plus folles circulaient au sein des divisions, et la plupart étaient bien proches de la vérité. En se rendant au siège de sa division, Kira entendait des groupes de soldats murmurer et propager à toute allure des histoires d'invasion hollow imminente. Et c'était hélas ce qui allait se produire. La chambre des 46 avait réitéré son refus de donner Ichimaru à Aizen. Ils avaient quarante huit heures pour se préparer à une invasion massive. Car nul n'imaginait qu'Aizen avait lancé là des paroles en l'air.

Le visage de Kira s'assombrit tandis qu'il pensait aux futurs évènements.

Le Rukongai serait dévasté. Les shinigami se concentreraient sur la protection du Seireitei, et tous les habitants de l'extérieur allaient être laissés sans défense face à des hordes de hollows. Et les choses seraient pires encore si Aizen avait réussi à recréer une espada.

Et si les hollows en venaient à assiéger le Seireitei... Combien de temps tiendraient-ils ?

Kira reconnaissait sans peine qu'il était un pessimiste de la pire espèce. Mais personne ne pouvait voir le moindre point positif dans leur situation actuelle.

Il se demandait ce que la chambre et le capitaine-commandant allaient prendre comme décisions pour protéger le Seireitei. Pour le moment, les officiers supérieurs étaient tous dans l'ignorance la plus complète.

Il arriva au bureau de la division. À tous les coups, Renji ne serait pas encore là. Il avait très mal pris la nouvelle de l'abandon de Mitsuki à son sort, et bu une partie de la nuit. Kira n'avait même pas eu le cœur de le suivre. Il était tout simplement trop écœuré.

Ecoeuré par l'ambition d'Aizen, par les conséquences des actes d'Ichimaru et les siens propres lors de l'affaire de l'exécution de Kuchiki Rukia, par le manque de réaction d'Ukitake, par les froides décisions de la Chambre...

A son grand étonnement, Renji était là, penché sur des documents avec le jeune Gin. Quand il ouvrit la porte, ils levèrent les yeux et affichèrent un air coupable pour Renji et un immense sourire chez Gin. Un sourire bien trop proche du rictus vicieux d'Ichimaru pour la santé mentale de Kira.

Renji commença à replier le document qu'ils consultaient d'un air le plus innocent possible, et Kira commença à développer d'énormes soupçons sur ce qui se déroulait devant lui.

-Qu'est ce que vous complotez encore capitaine ?, gémit-il sans trop savoir auquel des deux il s'adressait.

Le sourire de Gin s'élargit encore. Kira soupira d'un air las. Il avait été durant quatorze ans le vice-capitaine d'Ichimaru. Il savait que ce sourire voulait dire que le jeune homme allait faire volontairement une énorme bourde, qu'il le savait et s'en délectait d'avance.

-Très bien, soupira-t-il une seconde fois en haussant les épaules d'un air désabusé. Je viens avec vous.

Renji se mit à sourire d'un air satisfait et rassuré à la fois tandis que Gin écarquillait les yeux d'étonnement -un spectacle rare-.

-Comment avez-vous deviné ?, demanda-t-il.

-Ne me prenez pas pour un idiot. Vous projetez de vous rendre au Hueco Mundo, de découvrir par hasard la nouvelle forteresse d'Aizen, d'y pénétrer, de sauver Mituki-chan, et de rentrer les mains dans les poches à temps pour participer à l'assaut des forces d'Aizen sur la Soul Society.

-En quelque sorte, reconnu Gin. À un détail près. Nous savons où est le nouveau repère d'Aizen.

-Comment ?, demanda Kira en fronçant les sourcils, imaginant déjà une nouvelle trahison d'Ichimaru.

-Les vizards ont été chargés d'une mission de repérage hier, avant qu'on apprenne l'ultimatum d'Aizen. Hirako avait laissé un double de leurs notes dans son bureau. Je les ai volées.

Et il osait prétendre qu'il n'était pas Ichimaru ! C'était là tout à fait son comportement. Suffisait-il que sa sœur disparaisse cinq minutes pour qu'il perde toute sa morale ?

Non, Kira était injuste. Ce n'était pas sa sœur à lui qui avait une menace de mort planant sur sa tête.

-Le Seireitei ne veut peut-être pas entendre raison, mais il faut libérer Mitsuki, déclara soudain Renji en se levant brusquement. Et je ne dit pas ça que parce que... Non. Aizen refuse de la libérer pour une raison précise. Il faut qu'on sache laquelle.

-Ca pourrait tout changer en effet, réfléchit Kira à voix haute. Elle a sans doute découvert quelque chose d'essentiel.

-Auquel cas elle en en grand danger, poursuivit Renji. Il faut qu'on la sauve.

-Elle est peut être déjà morte, rappela Kira avec regret.

-Dans ce cas on la vengera, s'exclama Gin avec une lueur meurtrière dans les yeux. Et si vous n'êtes pas d'accord...

Renji et Kira étaient prêts à tout, avait déjà compris Kira. Ils lui passeraient sur le corps plutôt que de renoncer. Ils ne lui laissaient pas le choix.

-Je viens avec vous, je vous l'ai dit, répéta-t-il.

-Merci Kira. Tu est un frère.

Renji vient le serrer dans ses bras. Ses mains tremblaient légèrement. Kira eut pitié pour lui. Renji était amoureux de Mitsuki depuis quinze ans. La savoir entre les pattes d'Aizen devait être horrible. Starrk leur avait parlé de ce que subissaient les prisonniers à Las Noches. Il ne pouvait qu'imaginer la douleur que ressentait son ami. Mais il l'imaginait très bien.

-Je ne demande qu'une chose, réussit-il à prononcer d'une voix rauque. Hinamori...

-C'est toi qui décide de son sort, répondit Renji sans une once d'hésitation dans sa voix. Si tu veux l'épargner, nous respecterons ton choix. N'est ce pas Gin ?

-C'est d'accord, gromella Gin après un instant de silence. Mais si elle s'attaque à ma sœur, je réponds de rien.

C'était plus que ce que n'en demandait Kira. Il eut un faible sourire. Renji le libéra après une dernière tape amicale dans le dos.

-On part dans deux heures, en utilisant le garganga de la douzième division. Je sais comment l'approcher sans se faire remarquer. On devrait débarquer pas trop loin de la Fortaleza d'Aizen, si on règle suffisamment bien les coordonnées.

-Très bien. Je vais préparer ce dont on a besoin, décida Kira.

-Quand à toi Gin...

-Je rentre à ma division, je dois chercher mon sabre. Je vous rejoint près de la douzième tout à l'heure. Vous inquiétez pas, j'ai une excuse pour m'échapper, et on ne me cherchera pas avant deux ou trois heures.

-Je vous raccompagne à la sortie, déclara alors Kira.

Il avait encore quelques mots à dire à Gin en privé. Celui-ci acquiesça, et ils se dirigèrent silencieusement vers les portes principales de la division.

-Vous me vouliez quoi au juste vice-capitaine Kira ?, demanda Gin avec un sourire insolent lorsqu'ils eurent atteint les portes.

-Vous êtes cruel avec Renji. Vous savez parfaitement que Mitsuki en aime un autre.

-Oui, reconnu Gin sans perdre son sourire.

-Vous le manipulez pour qu'il vous accompagne au Hueco Mundo.

-Oui, encore.

-Alors dites-moi ce qui vous distingue d'Ichimaru ?

Cette fois, le sourire insolent se figea.

-Moi je fais ça pour ma sœur. Et je n'y peux rien si elle l'aime pas. Et puis, qui sait, elle sera peut être séduite par son sauveur ? Après tout, celui qu'elle aime n'a l'air de rien réaliser, alors elle finira peut-être par donner sa chance à Renji, même s'il est un peu balourd.

-Ce n'est pas un jeu !, protesta Kira. Cessez de réagir comme un enfant !

-Mais je suis un gosse, murmura Gin en le regardant droit dans les yeux, une lueur à la foi triste et glaciale dans le regard. Maintenant, si vous m'excusez, je dois aller me préparer.

Kira le regarda s'éloigner en ayant l'impression d'avoir raté quelque chose d'essentiel dans cette conversation.

-Attendez !, demanda-t-il à Gin. Une dernière chose. Je vous fait confiance. Je veux dire, je suis certain que Mitsuki est tout ce qui compte à vos yeux dans cette aventure. Mais si vous faites mine de vous tourner vers Aizen, ou que nous sommes en passe de nous faire capturer, je vous tue sans hésitation ni remord. Vous ne tomberez pas vivant entre ses mains.

Il se mentait à lui-même. Il aurait des remords toute sa vie. Mais il le ferait.

La main de Gin lui tapota le bras en un geste familier.

-J'y compte bien Izuru-kun, murmura-t-il d'une voix chantonnante avant de disparaître dans un coup de shunpo.

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Il atterrit quelques minutes plus tard sur les toits de la troisième division. En dessous de lui, une cinquantaine d'hommes s'entrainaient sous la supervision des troisièmes et quatrièmes sièges. Une charge confiée au vice-capitaine normalement, quand on ne l'accusait pas d'être un traître.

Ça le vexait horriblement d'habitude, ce manque de confiance, et surtout la surveillance excessive qui l'accompagnait. Mais aujourd'hui, ça lui laissait les mains libres.

Se faufilant le plus silencieusement possible par une fenêtre ouverte, il pénétra dans sa chambre. Shinsô était là, posée près de son lit, son fourreau reposant à quelques pas d'elle.

-Bonjour ma belle, murmura-t-il en fouillant dans son armoire pour trouver son nécessaire de premiers secours.

Le zanpakuto ne répondit pas. Elle ne répondait presque jamais en fait. C'était la lame d'Ichimaru, pas la sienne. Du moins, c'était ainsi que le concevait le wazikashi. Il fallait qu'il force Shinsô chaque fois qu'il voulait utiliser son shikai. Et elle n'avait jamais voulu lui révéler quel était son bankai. Elle ne savait que lui donner des ordres.

-Pas causante hein ?, fit-il en attachant le nécessaire dans la doublure de sa veste. Je m'en fout, tant que tu fais ce que je te dis.

« Tu va le rejoindre ? », demanda soudain Shinsô de sa voix sifflante.

-C'est ce que tu veux ?

La lame refusa de répondre, comme à son habitude. Une intense frustration saisit Gin. Le zanpakuto savait, il en était certain, toute la vérité concernant Ichimaru. Mais elle refusait de dire quoi que ce soit. Par mépris pour le gamin qu'il était devenu sans doute.

-Peut importe au fond ce que tu veux, grommela-t-il en la ramassant et l'attachant à son côté. Tu va faire ce que je te dis un point c'est tout. Reste à quitter cet endroit sans...

-Que je le remarque, sans doute ?, demanda une voix ironique.

Hirako était entré dans la chambre sans que Gin ne le remarque et lui bloquait la porte, le sabre nu à la main.

-Vous n'êtes pas si bête que ça finalement quand vous voulez, se moqua Gin avec un immense sourire. Mi-chan soupçonnait que vous ayez des petits poids dans la cervelle, mais on dirait qu'il y a un minimum de matière grise.

-Nous ne te laisserons pas rejoindre Aizen, Ichimaru.

Gin leva les yeux au ciel.

-En fait, c'est ma sœur que je vais rejoindre. C'est pas tout à fait pareil vous savez. Une question d'hormones notamment.

-Tu l'utilise comme prétexte.

-Oui. J'utilise l'enlèvement de ma sœur comme prétexte pour aller la sauver. J'avoue.

-Cesse de mentir.

-D'accord, si vous arrêtez de me demander de mentir.

-Ichimaru !

-Hirako ?

À chaque réplique, Gin se rapprochait de la fenêtre, tandis qu'Hirako tentait d'aller lui en barrer le passage. Ils avaient tous les deux dégainés à présent, et attendaient de voir qui porterait le premier coup.

Soudain, Gin baissa son sabre.

-C'est ridicule, commença-t-il. Ça va durer encore longtemps ? Vous m'appelez Ichimaru, je nie, vous continuez... C'est lassant capitaine. Vous ne pouvez pas simplement accepter que je ne suis pas cet homme et me laisser passer ?

-Je ne te fais pas confiance.

-Je jure solennellement que je n'ai aucun des souvenirs d'Ichimaru. Vous voulez que je jure sur quoi ? La tête de Mitsuki ? Celle d'Aizen ? La vôtre ?

Hirako se fendit et Gin s'écarta d'un bond. La lame ne l'avait qu'effleurée. Il riposta et les deux sabres s'entrechoquèrent bruyamment.

Gin se pinça les lèvres avec appréhension. Il devait cesser le combat le plus vite possible. Mais il doutait que Shinzô veuille bien le laisser utiliser toutes ses capacités, et sans son shikai, il lui serait très difficile de vaincre Hirako. Le capitaine avait une expérience et une force physique qu'il était loin de posséder.

En quelques mouvements, Hirako le força à se réfugier dans un coin de la chambre. Il était coincé. Gin ouvrit la bouche pour reconnaître sa défaite quand Hirako prit la parole.

-Ichimaru ou Inari, c'est la même chose. Tu est indigne de confiance.

-Et j'entends ça dans la bouche d'un vizard !

Le visage d'Hirako se figea et il balança son poing vers le visage de Gin. La joue de celui-ci se mit à gonfler tandis qu'il sentait le sang s'écouler dans sa bouche.

-La soul society nous a trahit il y a cent ans. Nous, jamais nous n'avons trahi qui que ce fut. Ne l'oublie plus jamais.

-C'est noté.

-Regarde-toi Ichimaru. Tu est prêt à trahir le Seireitei et à tomber droit dans le piège d'Aizen. Si on nous avait écouté, rien ne se serait pas ainsi.

-Ah ? Et c'était quoi votre solution ? Nous tuer ?

-Oui, au départ. Mais ne me prend pas pour Aizen, répondit Hirako avec un regard glacial. Je sais que vous étiez des enfants, et qu'on pouvait vous amener à servir correctement la Soul Society. Je respecte la présomption d'innocence. Mais on aurait du vous séparer ta sœur et toi afin que vous n'ayez plus d'attachement l'un envers l'autre et qu'elle ne puisse servir d'otage contre toi. Et tu n'aurais jamais dû être autorisé à devenir officier. Pas tant que ta fidélité ne sera pas certaine.

-Je serais plus fidèle à la Soul Society si on ne m'y traitait pas comme un chien, cracha Gin. Et si je ne lui suis pas fidèle du tout, c'est à cause de vous seul Hirako Shinji.

-A cause de moi ?

-Quand vous avez commencé à vous occuper de nous, nous avons cru que c'était par pitié, et parce que vous pensiez que Mi-chan et moi pourrions être de bons shinigamis. Mais vous m'avez traité comme une merde, et Mi-chan comme une pestiférée, elle qui n'est coupable que d'être ma sœur. Alors vous savez quoi ? Ma fidélité, elle ne va plus qu'à ma sœur désormais ! Si elle vous sert, moi aussi, mais si elle décide que vous n'en valez pas la peine, il n'y en a pas un parmi vous pour qui je lèverai le petit doigt !

-Comment ose-tu petit bâtard ! C'est ça ta reconnaissance envers ceux qui t'ont recueilli et sauvé ?

-Oui, envers ceux qui crachent sur mon dos et regrettent qu'on ne m'ait pas exécuté il y a cinq ans ! Vous, cette peste de Saguraki, Soi Fon... Je crèverai que vous vous en foutriez royalement. Il n'y en a que trois ici pour qui je serai prêt à risquer ma vie : Kira et Matsumoto pour m'avoir donné une seconde chance, et Hisagi, qui n'a pas hésité à aider deux enfants du Rukongai qui ressemblaient à Ichimaru et... Mais pour vous ? Je bougerai pas le petit doigt ! De la reconnaissance envers vous j'étais prêt à en montrer, de la fidélité j'en aurai eu à en revendre ! Si une fois, rien qu'une fois vous m'aviez félicité sincèrement, si vous vous étiez soucié de moi... Mais rien. Alors, allez vous faire foutre, j'en ai fini avec vous.

Gin tenta d'échapper à la poigne d'Hirako, mais celui-ci le tenait trop fermement.

-Cessez de réagir comme un enfant Ichimaru. Vous avez le droit de vous souciez de votre sœur, mais pas de...

-Un enfant ?, mais j'en suis un de gosse !, s'exclama Gin en regardant Hirako droit dans les yeux. J'ai quinze ans ! Je sais que j'ai l'air plus vieux même qu'Hitsugaya, que j'ai grandit hyper vite, mais rappelez vous que j'ai que quinze ans bordel ! J'ai pas des réactions puériles, je suis un adolescent. Un gamin ! Alors si je réagis comme un gamin, vous irez pas vous plaindre !

Et sans laisser à Hirako le temps de répliquer, il avança la tête vers lui et l'embrassa. Hirako le lâcha, choqué, et le repoussa contre le mur. Il fit un pas en arrière, et trébucha, avant de s'écrouler en arrière.

-Que ? Qu'à tu... ?, réussit-il à demander d'une voix pâteuse.

Gin s'accroupit près de lui, en lui montrant une minuscule aiguille qu'il tenait dans sa main.

-J'ai piqué ça à la quatrième division hier. C'est un calmant très puissant. Vous devriez être paralysé un couple d'heures. Le baiser était une excellente diversion vous trouvez pas capitaine ?

Hirako, allongé au sol, ne réussit qu'à produire un borborygme incompréhensible. Gin lui sourit ironiquement.

-Désolé de vous laisser là en plan capitaine. Je suis sûr qu'on avait encore des tas de choses à se dire. Des insultes à s'envoyer, tout ça... Mais ce sera pour une autre fois. J'ai un rendez-vous, et je ne peux pas expliquer mon retard en disant que je bécotait mon capitaine dans ma chambre. Ça ferait désordre sur votre dossier !

Sans plus s'occuper d'Hirako, Gin escalada à nouveau le mur du bâtiment et se rétablit sur le toit. Il affichait un sourire ravi, et contempla quelques instants les toits des divisions autour de lui.

-Dommage que je n'ai pas le temps d'aller expliquer le sens de la vie et quelques autres petits détails à l'autre aveugle de service, murmura-t-il. Enfin, on ne peut pas tout avoir... Et Mitsuki serait capable de m'en vouloir à mort. J'ai tout réglé de mon côté, ça devra me suffire.

Il tourna son regard dans l'autre direction, vers la douzième division.

-J'en ai fini avec vous, shinigamis, murmura-t-il d'une voix sinistre dans le vent. Il est temps d'aller régler d'autres dettes maintenant. Au Hueco Mundo !

Et d'un coup de shunpo, il disparu.

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La faim réveilla Mitsuki. Elle n'avait pas mangé depuis des heures. Elle ignorait combien de temps s'était écoulé depuis qu'elle avait réussi à s'enfuir de chez Szavana. Peut être une journée entière, peut être trois heures. Mais le produit qu'elle lui avait injecté contenant du reiatsu d'Aizen l'avait épuisé. Il ne l'avait pas tué, mais il coulait toujours dans ses veines, drainant son énergie vitale. Son propre reiatsu s'épuisait à lutter contre ce corps étranger.

Elle se redressa en gémissant. Son corps tout entier la faisait souffrir après la chute qu'elle avait fait dans les tuyauteries de la Fortaleza.

-Positive Mitsuki, grogna-t-elle en s'éloignant en rampant de la cheminée verticale de laquelle elle venait. Si tu est encore en vie, c'est qu'ils ne t'ont pas encore retrouvée, et qu'ils n'ont pas envoyé quelqu'un pour examiner chaque tunnel. T'a encore une occasion de t'échapper.

S'efforçant de reprendre espoir, elle continua sa lente avancée dans les étroits couloirs encombrés de câbles. Il y avait quelque chose qui circulait dans certains, elle les sentait tressaillir sous ses doigts. C'était peut être de l'air qui circulait, pour alimenter les étages les plus profondément enfouis de la Fortaleza, ou bien un liquide quelconque. Elle faisait en tout cas attention à n'en percer aucun. Cela risquerait de renseigner les arrancars sur sa position. Après ce qui lui sembla une heure à avancer en rampant dans le noir, elle sentit le vide sous sa main. Elle tâtonna quelques instants pour trouver une échelle de barreaux de fer qui remontait vers la surface. C'est avec un soupir de soulagement qu'elle entama une lente ascension, interrompue par des haltes fréquentes dues à la fatigue. Certains barreaux étaient vermoulus, et elle devait alors effectuer de véritables manœuvres d'alpinistes en s'accrochant aux câbles qui l'environnaient.

Mais plus que la fatigue, c'était la faim qui commençait à poser problème à Mitsuki. À deux reprises, elle failli lâcher l'échelle à cause d'un vertige. Elle mourrait de faim, comme ça ne lui était pas arrivé depuis ses années passées au Rukongai.

Pour éviter que sa piste soit suivie trop facilement, elle quitta la cheminée qu'elle empruntait à trois reprises pour prendre un couloir transversal et retrouver une cheminée plus loin, et s'éloigner ainsi davantage de la chambre d'Aizen.

Elle devait sortir de là, au plus vite. Elle devait prévenir le Seireitei de l'attaque qui se préparait contre eux, et empêcher Aizen de tuer Gin. Elle frémissait en pensant au sort qui attendait tous ceux qu'elle aimait, le doux Kira, l'exubérante Matsumoto, le capitaine Kuchiki, si glacial, mais toujours attentionné, la petite Yachiru, Abarai, gentil mais si étouffant, la gentille capitaine Unohana, l'énigmatique arrancar Starrk qui veillait sur elle et Gin de loin, le capitaine-commandant qui avait toujours un mot gentil, Hisagi... Pour eux tous, elle devait continuer.

Elle repensa soudain à cette discussion qu'elle avait surprise jadis, entre les capitaines Unohana, Kurosaki, Ukitake et Kyorakû. Unohana avait dit qu'elle possédait un fragment de l'âme de l'un deux. Jamais elle n'avait osé demandé à l'un des quatre ce qu'elle avait voulu dire. Ce qu'elle savait, c'est que cela devait daté d'avant la mort d'Aoba Mitsuki, quinze ans plus tôt. Aoba, une femme dont elle ignorait presque tout. Elle était aveugle lui avait dit Kira. Douce et gentille ajoutait Abarai. Triste, disait Isane. Tout ce qu'elle savait d'autre, c'est que Kurotsuchi aurait bien voulu mener des expériences sur elle, et que Abarai et elle étaient amoureux. Cette histoire d'âme... Cela voulait-il dire qu'Aoba était la fille de l'un de ces hommes, probablement illégitime ? Elle aurait aimé que ce soit le capitaine-commandant. Ukitake était un homme attentionné, et elle aurait aimé l'avoir comme père.

Cette pensée la rendait un peu honteuse, car elle l'amenait à penser à ses parents véritables, ceux du monde des vivants. Était-ce grave si presque sept ans après elle avait presque oublié leurs visages ? Désormais, c'était ceux d'Ukitake et d'Unohana qui lui apparaissaient quand elle pensait à son père et à sa mère. Et elle aurait voulu le leur dire.

Mitsuki venait d'emprunter une nouvelle fois une galerie horizontale lorsqu'elle sentit une odeur alléchante. On avait fait rôtir de la viande non loin.

Ce n'était pas prudent, elle le savait, mais elle avait trop faim. Il fallait qu'elle mange. Tournant dans une galerie transversale, elle se rapprocha de l'odeur. Au dessous d'elle, tout était silencieux. Ce n'était donc pas une cuisine, mais des appartements privés. Sans doute ceux d'un espada. Inquiète, sentant qu'elle fonçait droit dans un piège, Mitsuki commença à reculer le plus silencieusement possible.

-Tu comprend vite, gamine, fit la voix grave mais amusée de Freizich dans son dos. Mais tu aurai dû deviner que je ferai en sorte de te couper tout espoir de retraite.

La jeune fille sursauta et voulu se retourner pour se défendre. Mais avant qu'elle ait eu le temps de faire le moindre geste, l'espada l'avait saisi par la taille et attiré vers lui, l'empêchant de crier en plaçant sa main devant sa bouche.

-Inutile de te débattre petite. Tu ferai mieux d'accepter le fait que tu sois ma prisonnière, et que nous allons passer beaucoup, beaucoup de temps ensemble.

Il éclata de rire, et Mitsuki frissonna, terrifiée.

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Le chapitre aura été long à venir, mais hélas, des contraintes personnelles m'empêchent d'écrire aussi fréquemment que je le voudrai.

J'espère que le chapitre vous aura plu. Il apporte en tout cas une réponse à une question déjà ancienne : de qui Gin est-il amoureux ? Je félicite les deux lectrices qui avaient trouvé ! Bravo Axel et Jyuune ! Espérons maintenant que ce pauvre Hirako survive au choc...

Par contre le second traître et l'identité de celui dont Mitsuki est amoureuse restent à découvrir. Des idées ?

J'attend en tout cas vos commentaires et vos critiques ! La review est la seule récompense d'un auteur de fic, souvenez-vous en, et elle fait toujours plaisir !