Chapitre 27
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De la fin des fiançailles
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Harry put retourner au manoir dès le lendemain, dans l'après-midi. Comme l'avaient prédit Lucius et Severus, il resta faible pendant encore deux jours et ne quitta guère son lit ou l'un des canapés des salons.
Draco fut particulièrement gentil et affectueux avec lui, restant le plus souvent à ses côtés. Harry comprit que non seulement le petit garçon s'inquiétait de sa santé mais aussi qu'il avait eu très peur de la visite de sa mère et de sa fuite improvisée.
Ils en discutèrent tous les deux, un soir, en attendant que Lucius ne vienne pour le dîner. Draco lui raconta les quelques souvenirs qu'il avait de Narcissa et comme Harry s'y attendait, ils n'étaient ni gais, ni réjouissants. L'enfant avait peur de la femme et n'avait qu'une crainte : qu'elle le reprenne. Elle avait été véritablement maltraitante durant les trois mois où elle s'était occupée de Draco. Pas par des coups, mais de façon bien plus insidieuse et aussi bien psychologiquement que physiquement, notamment en ne s'occupant pas de lui. Elle lui avait aussi fait croire que c'était Lucius lui-même qui l'avait abandonné.
Ce fut en parlant avec l'enfant que Harry comprit bien des choses, comme par exemple la raison du fameux rituel du soir et sa peur de l'abandon. Plus encore qu'uniquement sur Draco et sa relation avec son père, il comprit aussi certaines choses sur lui-même et les réactions de son entourage quand il évoquait les Dursley.
Comme il s'y attendait, Lucius ne passa de nouveau plus la nuit avec lui. Il venait lui rendre une dernière visite, avant d'aller se coucher, et repartait après avoir passé quelques minutes à le bécoter.
Harry en était en partie frustré. En partie uniquement car il était fatigué et n'avait pas particulièrement la tête à la bagatelle.
Enfin, à l'aube du quatrième jour après sa désastreuse rébellion contre la magie des fiançailles, Harry se sentit bien. Mieux encore, sa propre magie lui était revenue.
Il choisit de passer sa journée à s'occuper exclusivement de Draco, se baignant avec lui dans la piscine et jouant ensuite à tout ce que l'enfant souhaitait. Il le coucha le soir, lui raconta pas moins de trois histoires et passa de longues minutes à le cajoler.
Quand il laissa la place à Lucius, il lui adressa un petit sourire et se retint avec peine de l'embrasser. Cela lui avait paru si naturel, si logique quand ils s'étaient croisés à l'encadrement de la porte ! Il s'était arrêté à temps, se contentant de poser sa main sur l'avant-bras de l'autre homme avant de sortir de la pièce.
Merlin, que c'était frustrant !
Harry réalisa, alors qu'il se mettait au lit, que ce n'était plus de la simple frustration sexuelle, c'était bien plus. Il en avait assez de ces fiançailles qui n'en finissaient plus. Il avait envie de dire à tout le monde, à visage découvert, qu'il était en couple avec Lucius. Il avait envie de pouvoir se déplacer comme il le souhaitait sans chaperon, il voulait prendre Draco dans ses bras et lui dire qu'il serait bientôt son beau-père et aussi... il envie une furieuse envie d'aller régler quelques comptes avec une blondasse.
Le jeune sorcier posa ses lunettes et ferma les yeux. Finalement, il n'avait plus le courage de lire ce soir. Il tamisa la lumière de la pièce d'un geste de baguette et remonta les draps sur lui en soupirant.
Lucius lui manquait particulièrement. Sans doute parce que cela faisait longtemps que son fiancé n'était pas venu dans son lit. En toute honnêteté, c'était bien sa présence qui manquait à Harry, pas le fait de prendre du plaisir dans ses bras ou d'en donner.
Comme par un heureux hasard, la porte de sa chambre s'ouvrit moins de deux minutes plus tard, laissant apparaître Lucius. Harry sourit tout en ouvrant ses draps.
« Tu me fais une proposition ? » demanda Lucius d'un ton moqueur.
« Il faut croire, mais en tout bien tout honneur, bien évidemment. »
« Bien évidemment. Je ne voyais pas les choses autrement. »
Lucius ôta prestement sa robe et se glissa dans le lit, venant se coller contre Harry qui, à sa surprise, râla.
« Bon sang, mais enlève donc ce stupide pantalon ! »
« En tout bien tout honneur, tu es sûr ? » se gaussa Lucius.
« C'est pas ça, c'est juste que c'est pas agréable de sentir ce pantalon contre ma peau. Mets-toi en caleçon ! »
« Non, je n'aime pas ça. »
Lucius ne rajouta rien de plus mais Harry comprit, à la façon dont il s'agitait à ses côtés, qu'il enlevait le vêtement en toile. Et comme de bien entendu, il était nu en-dessous. L'homme se plaqua de nouveau contre son promis, ses mains partant aussitôt sous le tee-shirt de ce dernier.
« Pourquoi ai-je la terrible sensation que tu ne veux pas que dormir, ce soir ? » fit Harry doucement en caressant pour sa part les cheveux blonds.
« Parce que tu me connais bien ? » proposa Lucius.
Harry partit dans un petit rire alors que Lucius grimpait sur lui, tout sourire, et s'empressait de commencer à lui embrasser le cou.
« Tu m'as manqué. Tu étais fatigué jusqu'à présent, mais ce soir, ça va mieux, non ? »
« Toujours un peu fatigué, mais mieux, c'est exact. Toi aussi tu m'as manqué. Et pas sexuellement, j'entends. »
Lucius arrêta aussitôt ses baisers et le regarda étrangement.
« Tu penses que c'est simplement ton corps qui m'a manqué ? »
Harry haussa les épaules, ne sachant pas trop quoi répondre. Il ne voulait pas vexer Lucius, même si l'idée l'avait effectivement effleuré. Pas juste son corps, non, mais en grande partie. Lucius ne dit plus rien, préférant se rallonger sur le matelas aux côtés du jeune homme. Il lui caressa un instant le bras avant de lui déposer un simple baiser sur les lèvres et d'éteindre totalement la lumière dans la pièce.
« Je n'en veux pas qu'à ton corps, si tu en doutais encore. Bonne nuit, Harry. »
Harry déglutit, mal à l'aise. Il leva sa main afin de passer ses doigts dans les cheveux longs.
« Lucius, » chuchota-t-il. « Tu m'en veux ? »
Il sentit aussitôt un bras se glisser sous lui pour le ramener contre le torse de son fiancé. Harry cala sa tête sur la clavicule, sans lâcher la mèche de cheveux qu'il tenait entre ses doigts.
« Non, je ne t'en veux pas du tout. » Lucius accentua sa déclaration d'un petit bisou sur le front de son fiancé. « Si tu n'as pas envie, ce n'est absolument pas grave. Je vais rester un peu avec toi, le temps que tu t'endormes. »
Harry se pelotonna plus encore en poussant une léger soupir de contentement. Il caressait l'épaule, le bras et le torse de Lucius qui, de son côté, lui rendait l'attouchement de la même façon.
L'ancien Gryffondor pensait sincèrement s'endormir. Néanmoins, les caresses ne lui suffisant plus, il déposa un, puis deux, puis plusieurs petits baisers sur la peau chaude devant lui. Dans le même temps, la main de Lucius glissait dans son dos, lui créant des frissons. Il fallait croire qu'il aimait beaucoup qu'on lui touche le dos !
À tâtons, Harry demanda silencieusement à Lucius de tourner son visage vers lui, pour l'embrasser. De fil en aiguille, les deux hommes se retrouvèrent à se peloter franchement et à s'embrasser goulûment.
« Je croyais que tu voulais simplement dormir, » marmonna Lucius, dans le cou de Harry, sa main découvrant l'érection naissante du jeune homme.
« Je le croyais aussi, » souffla-t-il.
Peu de temps après, Harry se retrouvait totalement nu et haletant, Lucius lui offrant une de ses admirables fellations dont il avait le secret. Il entendit vaguement Lucius prendre sa baguette et leur jeter un sort, qu'il ne comprit pas vraiment. Par contre, il se douta que cela devait être un sort de lubrification quand son intimité se retrouva humide. La pulpe d'un doigt de Lucius, également recouvert de liquide, se présenta à son entrée et s'enfonça délicatement, faisant se cambrer le plus jeune sorcier.
« Oh... Oh, oui... » gémit-il, sa respiration se faisant erratique.
« Tu aimes, mon cœur ? »
« Humm... humm... » répondit Harry, les dents mordillant ses lèvres.
Lucius sourit contre le ventre tendre qui se tendait par intermittence, au rythme de ses doigts qui bougeaient à l'intérieur. Il l'embrassa sur le nombril avant de retourner s'occuper de la hampe érigée. Le lord était lui aussi perdu dans le plaisir, bien plus que ce qu'imaginait Harry. Il bougeait ses doigts et caressait les parois soyeuses, leur faisant faire par moment des va-et-vient qui le plongeaient dans la délectation.
Lucius accéléra brusquement ses mouvements, tant de sa bouche que de ses doigts qui maltraitaient de façon délicieuse le fameux point du plaisir de Harry, et il ne fallut pas longtemps à celui-ci pour jouir dans un petit cri rauque.
Alors qu'il reprenait péniblement conscience, sa première pensée fut pour son presque amant. Il voulait absolument que Lucius connaisse la jouissance, lui aussi. Il tira donc avec prudence sur les longueurs blondes, cherchant à faire revenir Lucius vers lui. L'homme obéit, revenant se nicher dans son cou. Harry réalisa alors que deux de ses doigts étaient encore au plus profond de lui, bien qu'immobiles. À peine eut-il fait cette constatation que ces derniers se remirent en mouvements dans ses entrailles brûlantes en faisant de longs va-et-vient. Harry se cambra, se tordit. Il gémit, haleta, avant que les bruits qu'il faisait soient recouverts par ceux de Lucius qui se frottait contre sa cuisse.
« Harry... Oh, Harry... » râla dans un borborygme Lucius.
Il embrassa l'épaule dénudée, planta ses dents et aspira la chair avant de se relâcher dans un long gémissement grave.
Harry sentit aussitôt sa hanche et son flanc se faire recouvrir par de longs jets chauds dont il comprit immédiatement la provenance.
Lucius se reprit au bout d'un instant puis retira ses doigts de l'antre doux. Les deux hommes se dévorèrent une nouvelle fois la bouche, heureux de leur orgasme et de celui qu'ils avaient accordé à l'autre.
« Je ne t'ai pas fait mal ? »
« Mal ? Non, du tout. J'ai été surpris que tu sois encore en moi, c'est tout... Tu as réussi à jouir uniquement grâce à ça ? »
« Pas uniquement, » rit doucement Lucius en lui déposant une multitude de baisers sur l'épaule, apaisant le suçon qu'il y avait déposé.
« C'est à dire ? »
« J'ai jeté un sort de sensations réciproques, entre mes doigts et mon pénis... » susurra Lucius en lui embrassant cette fois le cou.
Harry frémit, tant en raison des baisers que de la voix chaude de son fiancé lorsqu'il avait prononcé ce dernier mot, si emprunt à la fois de sensualité et de gêne dans l'esprit du jeune sorcier.
« Et... ? »
« Tu ne connais pas ce sort ? » s'étonna Lucius avant de poursuivre d'un ton langoureux. « Et alors, ce que je faisais avec mes doigts, je le ressentais aussi à ce niveau-là... Un peu comme si j'étais à l'intérieur de toi. »
Harry se sentit devenir écarlate. Il se maudit intérieurement. Merlin, il pensait en avoir fini avec ses détestables rougissements et voilà qu'ils recommençaient ! Comme de bien entendu, Lucius se mit à ricaner, sentant pour sa part la chaleur émaner des joues de son promis.
« Si tu savais comme j'ai hâte, mon aimé. Je me languis de découvrir pour de bon ta chaleur, ta douceur, l'étroitesse de tes chairs autour de mon sexe... » continua-t-il de la même voix basse.
« Lucius ! » protesta faiblement Harry.
« Oui ? »
« Arrête, bon sang ! »
« Pourquoi donc ? J'aime l'idée que bientôt nous serons unis, Harry. Il n'y a pas de mal à cela. »
« Non, je sais bien, mais c'est encore gênant, » bougonna Harry.
« Gênant ? Après tout ce que nous avons fait, non, ce n'est pas gênant, » contra le lord.
Harry se lova contre lui, cachant son nez dans le cou de l'autre, ses cheveux longs formant comme une barrière blonde autour de lui. Il ne distinguait bien entendu pas leur couleur mais aimait la sensation de ces mèches autour de son visage.
Lucius passa une main dans ses cheveux, puis, de sa baguette, lança un rapide sort de nettoyage sur leur corps.
« Lucius ! » s'exclama aussitôt Harry. « Ne pars pas ! Reste avec moi cette nuit, toute la nuit ! »
« Harry, je ne peux pas, tu le sais bien... »
« S'il te plaît ! »
« Je resterai jusqu'à ce que tu t'endormes, promis, » fit le blond en bâillant à s'en décrocher la mâchoire.
Harry sourit. Il se pelotonna plus encore et, béat, s'endormit.
... ... ...
Harry soupira, sentant sur sa nuque le soleil qui perçait à travers ses rideaux, le réchauffant délicieusement. Il papillonna des yeux, découvrant avec ravissement les deux têtes blondes qui reposaient à ses côtés.
Bâillant et s'étirant, il se tourna vers la fenêtre, histoire de prendre un peu de chaleur sur le nez. Harry se sentait pleinement satisfait. Il sourit, heureux et...
Ses yeux s'écarquillèrent de stupeur.
Attendez, attendez, comment cela deux têtes blondes ?
S'étranglant à moitié, il se retourna précipitamment.
Oh, Merlin !
Pour un peu, Harry en aurait couiné de désespoir.
Entre lui et un Lucius endormit qu'il voyait de profil, se tenait la petite tête blonde reconnaissable entre toute de Draco. L'enfant lui tournait le dos et avait passé un bras sur le torse de son père.
« Merde, merde, merde, » gémit Harry.
Sa détresse grimpa d'un cran quand il réalisa qu'il était nu et que, à n'en pas douter, cela devait également être le cas de Lucius. Harry regarda rapidement autour de lui, soupirant intérieurement de soulagement quand il réalisa que son bas de pyjama était juste là, à porté de main, à peine caché par l'oreiller. Il l'attrapa en silence et s'appliqua à se contorsionner sans bruit et le plus discrètement possible pour l'enfiler.
Une fois fait, il décida que le plus sage serait de réveiller Lucius mais sans réveiller Draco. Mission délicate s'il en était. Doucement, il avança son bras, par dessus la tête de l'enfant, afin de toucher le crâne de son fiancé. Il caressa le front, les cheveux, voulant que Lucius se réveille en douceur.
Manque de chance, ce dernier bougea fortement, se tournant dans un sens et dans l'autre, tout en grognant. Harry jura intérieurement, releva sa main en attendant que Lucius cesse de remuer. Celui-ci s'arrêta, le visage tourné désormais vers lui. Harry recommença donc à le toucher, espérant que cette fois-ci, l'homme se réveillerait en silence !
Alors qu'il caressait le front lisse et pâle, Harry sentit Draco bouger lui aussi. Il eut à peine le temps de réaliser ce qu'il lui arrivait que le jeune démon lui sautait dessus.
« Harry ! Super, t'es réveillé ! » cria l'enfant.
Harry suspendit donc son geste, rendu inutile. Les yeux exorbités, il vit les perles grises de Lucius s'ouvrirent, un instant surprises puis rapidement furibondes.
« Papa ! Toi aussi t'es réveillé, c'est trop génial ! »
« Bonjour, Draco, » bafouilla Harry qui n'osait plus regarder son fiancé.
« Oui, bonjour ! Il va faire beau aujourd'hui ? On pourra aller se promener cet après-midi ? J'ai envie d'aller voir Blaise aussi ! Il va être trop content quand je lui dirai qu'on avait raison. »
« Draco, » commença Harry qui s'interrompit brusquement.
Il avait envie de demander à l'enfant pourquoi, au nom de Merlin en string, il était dans son lit au lieu et place du sien, mais avait peur, connaissant le rejeton, que ce dernier lui demande aussitôt pourquoi son père, était également dans ce lit.
« Oui ? » demanda Draco.
« Euh... Tu as bien dormi ? » demanda platement Harry, voyant du coin de l'œil Lucius gigoter et se contorsionner sous les draps tout en lui jetant un regard furieux.
« Oui et non, j'ai fait un cauchemar, alors j'ai voulu aller voir papa mais il était pas dans son lit, alors je suis venu vous rejoindre ici, » déclara avec naturel le garçon.
Il s'arrêta soudain, un doigt dans la bouche. Après une demi-seconde de réflexion, il tira sur les draps et se jeta sur le ventre nu de Harry, l'oreille collé à son nombril. Harry, surpris, poussa un petit cri aigu qu'il jugea fort ridicule, puis protesta une fois remis de ses émotions... tout en se bénissant intérieurement d'avoir remis son caleçon de nuit.
« Draco ! Mais qu'est ce que tu fais, bon sang ! Arrête, tu me chatouilles avec tes cheveux ! »
« Tais-toi, j'entends rien ! » ordonna le petit.
« Mais entendre quoi, par Merlin ! » s'énerva Harry.
« Le bébé bien sûr ! » déclara Draco en se redressant. Il planta ses iris clairs dans ceux de son père. « Papa, il va naître quand mon petit frère ? »
Harry émit un couinement étranglé. Il était tellement estomaqué qu'il ne regarda tout d'abord pas Lucius, crispé à côté de lui. Il l'aurait fait, il aurait eu une vision aussi rare qu'étrange : Lucius Malfoy tétanisé de stupeur, les yeux écarquillés et la bouche ouverte. Heureusement, Lucius étant Lucius, il se reprit immédiatement et répliqua :
« Draco, il n'y a pas de bébé dans le ventre de Harry ! »
« Ben pourquoi ? » fit l'enfant d'une voix boudeuse.
« Draco, tu ne sais donc pas ce qu'il faut pour faire un bébé ? » continua Lucius, de plus en plus agacé.
« Ben si, il faut faire l'amour et pour les garçons, une potion spéciale bébé... Oh, j'ai compris ! » s'écria l'enfant qui se retourna vers Harry, le regard sévère. « Harry, je peux savoir pourquoi tu n'as pas pensé à prendre la potion ? Il faut vite demander à parrain de t'en faire une, comme ça, j'aurai bientôt mon petit frère ! »
« Mais... Mais ? » balbutia le brun qui pensait avoir atterrit dans une dimension parallèle.
« Draco ! Il n'est pas question que Harry et moi nous ayons un bébé ! » s'écria Lucius.
« Pourquoi ? Tu penses que c'est trop tôt ? » demanda Draco.
« Mais non, là n'est pas la question ! C'est juste... Rah, bon sang ! » s'énerva Lucius, en s'asseyant sur le lit.
Draco, quant à lui toujours confortablement installé à califourchon sur le ventre de son précepteur, croisa les bras, maussade.
« Je vois... si tu penses que tu vas pouvoir me faire avaler que tu as fait un cauchemar toi aussi cette nuit et que tu es venu à cause de ça dans le lit de Harry, c'est même pas la peine ! »
« Non, » fit enfin Harry, désespérant trouver une solution. « C'est juste... euh... j'étais encore malade, alors... euh... j'ai demandé à Lucius s'il pouvait rester avec moi, tu comprends ? »
Draco ricana avec mépris.
« Mais oui, bien sûr, et papa est venu en courant pour que tu te sentes mieux. En plus, vous étiez tout nus quand je suis venu ! Pourquoi vous voulez pas simplement me dire que vous êtes amoureux et que vous avez fait l'amour ? Je le sais bien, va ! »
« Mais non ! » s'exclama Harry alors que Lucius, dépité, se passait une main sur le visage. « On n'a même pas encore fait l'amour ! »
Harry s'interrompit, rouge écarlate, réalisant ce qu'il venait de dire tandis que Draco, vainqueur par K.O. le regardait avec hauteur.
« Magnifique, Harry, vraiment, » soupira Lucius.
« Oh, allez papa, je le sais bien que vous êtes fiancés ! »
Lucius soupira de nouveau et, s'avouant également vaincu, récupéra l'enfant qui écrasait toujours Harry pour l'installer entre eux deux. Harry se redressa et s'assit lui aussi en prenant appui contre la tête de lit.
« Bon. Et comment sais-tu tout cela ? » demanda Lucius à son fils.
« Papa, » soupira Draco en secouant la tête. « Tu pensais vraiment que je ne voyais pas comment vous vous regardez, tous les deux ? Et puis, on en a discuté avec Blaise, surtout qu'il avait entendu sa mère parler de vos fiançailles. Et enfin, il y a une fois, quand j'ai dormi chez Sirius, je l'ai entendu qui parlait avec parrain et Remus. Il a dit que vous alliez vous marier et que vous étiez amoureux. Par contre, il a dit un mot que j'ai pas compris, il a dit que si t'étais pas correct avec Harry il t'éma... t'éscma... t'escamulerais ? Ça veut dire quoi ? »
Lucius fronça les sourcils alors que Harry se retenait avec difficulté d'éclater de rire.
« Hum, eh bien écoute, tu n'auras qu'à demander à Sirius de te l'expliquer la prochaine fois que tu le vois... Après que moi, je lui aurai expliqué ma façon de penser sur le fait de laisser un enfant vagabonder en pleine nuit et parler sans aucune discrétion de choses sensées rester secrètes ! »
Draco se mit à rire avant de se tourner vers Harry.
« Harry, tu savais que Siri' il avait un Hippogriffe dans son grenier ? »
« Quelle façon élégante de dire que ce crétin à une araignée au plafond, » bougonna Lucius.
Draco rit un peu plus avant de se jeter dans les bras de Harry.
« Alors c'est vrai, tu vas devenir comme mon deuxième papa ? »
Harry sourit largement, son cœur se gonflant de joie.
« En quelque sorte, oui, » dit-il en serrant le petit contre lui.
Il regarda Lucius dont les yeux s'étaient enfin faits plus tendres.
« Je suis trop content, » chuchota Draco dans ses bras.
Il joua un instant avec le collier et la bague que Harry portait sur sa peau nue. Il avisa rapidement le bijou jumeau qui reposait sur le torse de son père avant de poser la question qui le taraudait.
« Et sinon, pour mon petit frère, vous allez le faire quand ? »
... ... ...
Harry dévisageait avec une certaine bienveillance Severus et Sirius, collés l'un à l'autre sur le canapé.
Le beau temps du matin n'avait pas duré et c'était maintenant une pluie drue qui s'abattait sur Londres. Les gouttes d'eau tombaient avec force et dans un bruit d'enfer sur les fenêtres du 12, square Grimmaurd.
Harry avait demandé à voir en urgence son chaperon, qui profitait d'un jour de congé tranquillement chez lui en compagnie de son amant et accessoirement, père de son filleul. Harry ne se lasserait sans doute jamais de les voir ainsi, échanger des regards doux ou des petits baisers quand ils pensaient qu'il ne les regardait pas. C'était pourtant tellement plus agréable qu'à l'époque où ils ne pouvaient pas être dans la même pièce sans chercher à s'étriper.
Le feu ronflait doucement dans la cheminée, réchauffant tous les occupants du salon de l'ancestrale demeure Black.
« Bien, » fit enfin Sirius en posant sa tasse de thé. « Ce n'est pas que je n'aime pas te voir, mon grand, mais ta demande avait l'air urgente. Or là, ça fait plus d'une heure que tu es arrivé et nous n'avons échangé rien d'autres que des banalités. Qu'est-ce que tu avais de si important à me dire ? Je suppose, si cela concerne tes fiançailles, que tu n'es pas gêné par la présence de ton père ? »
« Non, non, au contraire, » confirma Harry en rougissant.
Les deux autres hommes le regardèrent, se retenant de se moquer de ses joues à la rougeur traîtresse.
« Et donc ? » demanda Severus.
« Ben voilà, » commença Harry en se triturant les mains. « Je voulais savoir... en fait, pour tout vous dire, Draco a découvert la vérité, pour Lucius et moi. Je savais que Lucius ne le voulait pas, pas tant que je ne m'étais pas décidé au sujet d'un potentiel mariage. Et en fait, ce matin, j'ai vraiment réalisé que... » Harry prit une grande inspiration avant de se lancer, les yeux dans ceux des ses parents. « Comment fait-on pour accepter les fiançailles ? »
Severus sourit, visiblement heureux. Il se redressa rapidement et força son pupille à faire de même pour le prendre dans ses bras.
« Félicitations, Harry. Je suis si heureux pour vous deux ! »
« Merci, » fit Harry tout aussi souriant.
« Mouais, félicitations, » ronchonna Sirius, toujours assis sur le canapé.
« Sirius, un peu plus d'enthousiasme, je te prie, » lança vertement le maître des Potions.
L'animagus se contenta de grommeler dans sa barbe naissante, sans rien dire de plus. Severus revint s'asseoir à côtés de lui et en profita pour lui donner une légère taloche sur le dessus du crâne.
« Bien, pour répondre à ta question, il y plusieurs façons d'accepter les fiançailles, une fois le troisième mois entamé, » commença Severus, faisant fi des protestations de Sirius. « Tout d'abord, tu peux attendre la fin des trois mois, mais devant ta mine déconfite, je suppose que cela ne te convient pas plus que cela, je me trompe ? »
« Ben, euh, en fait, je voudrais que cela aille plus vite, en effet. »
« Et on peut savoir pourquoi ? » interrogea Sirius, un peu sèchement.
« Sirius ! » tonna Severus.
« Quoi ? Je ne fais que m'intéresser à la vie de mon filleul, c'est mon rôle ! » riposta aussi sec l'Auror.
Devant le silence de mort qui s'installait entre les deux, Harry tenta de s'expliquer.
« Eh bien, plusieurs choses me motivent. Tout d'abord, c'est vrai, tu avais raison, Sirius. J'admets aujourd'hui que je suis vraiment et sincèrement amoureux de Lucius. Étant donné qu'avec ce collier qu'il m'a passé autour du cou, je ne peux pas faire bien autrement que, soit rompre avec lui, soit accepter sa demande en mariage, je l'accepte. »
« Tu peux aussi rompre. »
« Sirius... »
« Je n'ai pas envie de rompre, Siri' ! »
« Et alors ? Rien ne t'empêche de refuser les fiançailles à la fin des trois mois et ensuite de continuer de fréquenter Lucius, si tu y tiens tant que ça. Sans t'embarquer de suite dans un mariage, » expliqua Sirius en bougonnant et avec un grand geste de la main.
« Black, rassure-moi, c'était aussi le genre de conseil que tu avais donné à James quand il avait offert ces fiançailles à Lily ou tu ne le réserves qu'à Harry ? » demanda Severus, sarcastique.
Le fait que Severus parle du père biologique de Harry causa un instant de surprise. Puis l'Auror lui jeta un regard noir.
« Non, mais c'était James, c'était complètement différent, » marmonna-t-il comme si chaque mot lui coûtait.
Harry soupira en levant les yeux aux ciel.
« Écoute, je ne sais pas si je me serais lancé aussi vite si Lucius ne m'avait pas entraîné dans l'Amoris Promissio, mais tant pis. J'ai envie d'accepter. Je l'aime et je veux être son mari. Je n'ai aucune envie d'attendre encore plus. »
« Et bien sûr, je suppose que le fait que Lucius et toi deviez jouer à touche-pipi sans pouvoir faire grand-chose de plus ne joue pas du tout dans ta décision ? Car j'ose espérer que vous n'avez pas franchi la dernière limite ? » gronda Sirius.
« Sirius ! » s'écria Harry, gêné au possible.
« Sirius, on se passera de ce genre de commentaires, » dit Severus. « Donc, je reprends. La deuxième solution pour accepter rejoint un peu ce que vient de déclarer, avec toute la classe qui le caractérise, ce qui me sert de petit-ami. Tu peux accepter en ayant une relation sexuelle avec Lucius. »
« Non mais ça va pas, non ?! » cria Sirius en se redressant. « Harry, c'est hors de question ! »
« Black, nom d'un sale cabot que tu es, arrête de sur-réagir ! »
« Je ne sur-réagis pas ! C'est... Inconvenant ce que tu viens de dire ! »
« Inconvenant, rien que cela ! »
« Évidemment ! Harry n'écoute pas cet imbécile qui veut absolument te jeter dans le lit de Blondie, tout nu et les fesses en avant de préférence ! »
« Sirius ! » s'exclama Harry, cette fois grenat.
« Quoi ? C'est la vérité et c'est ce qui va se passer, tu en as bien conscience, non ? »
« Oh mais c'est pas vrai, » gémit Harry en se prenant le visage dans ses mains.
« Et donc, je dis non ! Je pose mon droit de veto ! »
« Tu n'as pas de droit de veto ! Par contre, une visite chez le véto serait peut-être nécessaire ! »
« La ferme, Snape ! Harry est vierge ! » continua Sirius, faisant de nouveau gémir Harry. « S'il perd sa virginité pendant les fiançailles, tout le monde le saura ! C'est... C'est inconvenant, point, surtout chez les sang-pur et la noblesse ! JE REFUSE QUE HARRY AGISSE DE CETTE FAÇON ! » hurla Sirius, dans une colère noire.
Harry redressa le nez, comprenant soudain, ainsi que Severus, la raison de la colère de l'homme.
« Si tu acceptes les fiançailles ou quand celles-ci se terminent, un sorcier de cérémonie doit toujours venir, sur invitation des chaperons, pour discuter entre autre de la cérémonie de mariage si le promis l'accepte. Lors de cette visite, il vérifiera ton statut, entend par là ta virginité, et vous lancera aussi des sorts médicaux. Bref, toujours est-il que l'annonce de la fin de vos fiançailles sera rendue publique. » Sirius se rembrunit plus encore. « Il n'est pas très bien vu dans la haute société sorcière que celui qui était vierge au départ ne le soit plus. C'est même honteux dans certaines familles. Sans compter que si tu couches maintenant avec Malfoy, tu as neuf risques sur dix de tomber enceint. »
Harry hocha la tête avant de demander, presque avec timidité.
« Je comprends. C'est ce que tu me disais, la dernière fois, au sujet du fait qu'autrefois si les promis tombaient enceints, n'avaient plus vraiment le choix... Comme Marius... »
« Oui, exactement, » fit lugubrement Sirius. « Je refuse que toi, le dernier descendant Potter et mon filleul, tu fasses cela ! »
« Rassure-toi, je n'en avais pas l'intention. »
« Je suis d'accord. Il est vrai que cette ''solution'' n'est pas la plus élégante, » surenchérit Severus tout en posant sa main sur le bras de Sirius en un geste d'apaisement. « Il reste donc la dernière. Si tu es sincère dans ton projet avec Lucius, tu auras alors la possibilité de décrocher ton collier et de passer l'alliance qui s'y trouve au doigt de ton courtisan. Lui pourra alors faire de même. Pour ce faire, tu dois être seul avec lui, bien entendu. À partir de ce moment, les fiançailles magiques cessent et vous disposez d'un an pour vous marier. »
Harry porta la main à son cou, cherchant la chaîne et la bague qui s'y trouvait. Il posa l'anneau dans sa paume pour l'admirer. Il était beau, lourd et étrangement chaud. Mais surtout, Harry le trouvait réconfortant.
« Je veux me marier avec Lucius, » déclara-t-il.
« Tu ne veux vraiment pas attendre la fin des trois mois, si je comprends bien ? » demanda Severus.
« Non, je ne veux plus attendre. Je suis sûr de moi et de mes sentiments. Et puis, c'est... enfin voilà, quoi... »
« Notre cher Sirius aurait-il raison ? Tu en as assez de jouer à touche-pipi ? » le taquina Severus.
« Ah non, tu ne vas t'y mettre toi aussi ! » protesta Harry.
Pourtant, ce fut lui qui remit presque aussitôt le sujet sur le tapis.
« Cependant, j'ai quand même une question. C'est vrai que Lucius et moi... disons que... enfin bref, parfois il vient dans ma chambre, le soir et... »
« Respire, Harry, tu peux dire le mot ''sexe'' tu sais, » ricana Sirius.
« Et bien justement, en parlant de ça, » dit Harry, d'un joli rouge. « Pourquoi est-ce que Lucius ne veut pas se mettre nu devant moi, en pleine lumière ? »
Sirius et Severus se regardèrent, d'un air un peu trop goguenard selon Harry.
« Aucune idée, » déclara simplement Severus.
« Si, je sais, » fit Sirius, un large sourire moqueur sur le visage. « C'est parce qu'il en a une toute petite et couverte de boutons ! Il ne veut pas te la montrer de peur que tu partes en courant ! C'est la preuve qu'il ne faut pas accepter, Harry ! »
« N'importe quoi ! Je l'ai peut-être jamais vu mais je l'ai déjà touchée et sentie ! Je peux t'affirmer qu'elle est loin d'être petite et qu'elle n'a absolument aucun bouton ou quoi se soit ! Elle est parfaite ! » s'écria étourdiment Harry avant de s'arrêter brutalement et de rougir une nouvelle fois devant les visages stupéfaits des deux autre sorciers.
« Je crois que j'ai reçu beaucoup trop d'informations, tout à coup, » grogna Severus dans une grimace.
« Moi aussi, » fit Sirius en faisant mine de vomir sur le parquet.
« Oh c'est bon, vous deux ! » se défendit Harry, très mal à l'aise. « Comme ça, Siri', tu comprends un peu plus quand je te dis que je ne veux rien savoir de tes galipettes avec Sev' ! »
« Comment cela ? » s'écria Severus avec indignation tout en se tournant vers un Sirius qui lui adressa un petit sourire qu'il voulait enjôleur. « Non mais ça ne va pas mieux, toi ! Je t'interdis de raconter notre vie intime à qui que ce soit et encore moins à mon propre fils, chien dégénéré ! »
Harry regarda les deux autres sorciers qui commençaient à s'insulter copieusement, dépité.
« Eh bien, il faut croire que les choses ne changent pas tant que cela finalement, » soupira-t-il avec lassitude.
... ... ...
Harry attendait avec nervosité l'arrivée de Lucius dans le salon Saphir.
En rentrant au manoir après son après-midi en compagnie de son parrain et Severus, Harry était parti aux cuisines afin de parler à Hyde et Jekyll. Il avait demandé aux elfes de l'aider à préparer sa soirée avec son futur mari.
Les deux elfes avaient glapi de joie quand Harry leur avait expliqué ses intentions. Jekyll avait même essuyé quelques larmes. Quant à Hyde, Harry s'était rapidement rendu compte que depuis sa mésaventure avec Narcissa, ce dernier était aux petits soins pour lui.
Harry s'était assis sur un tabouret et avait discuté avec les elfes tout en grignotant une carotte crue. Il avait été un peu étonné de constater que les deux créatures étaient effectivement très attachés à leur maître et allaient une nouvelle fois se mettre en quatre pour que la soirée souhaitée par Harry soit une réussite.
Tout en papotant, Harry avait découvert un nouvel élément du passé de Lucius. Hyde lui avait raconté, d'une voix chevrotante et grinçante, qu'au printemps dernier, leur Maître avait rompu avec son dernier amant en date. Celle-ci s'était très mal passée. L'homme avait mal réagi à la décision de Lucius. Malheureusement, son amant avait été violent quand l'aristocrate avait tenu sur ses positions. Même si Lucius s'était défendu, les mots lancés avaient fait bien plus de dégâts au final que les poings.
Suite à cela, Lucius avait confié Draco à Argiope puis avait vidé tout l'alcool possible et inimaginable présent au manoir. Harry ne sut pas exactement ce qu'il avait pu faire d'autre, Hyde s'étant brusquement interrompu dans ses explications. Jekyll avait continué, plus lentement, en précisant simplement que leur maître avait beaucoup pleuré. Sur son passé, son présent solitaire et sur sa vie future qui s'annonçait tout aussi esseulée et vide.
Jekyll s'était mouchée peu élégamment dans un morceau de tissu au souvenir, avant de raconter à Harry qu'en désespoir de cause, Hyde était parti chercher Severus à la rescousse. Ce dernier avait veillé sur le blond toute la nuit, avait demandé aux elfes de ne pas le quitter et était ensuite revenu dès que son emploi du temps le lui permettait, s'assurant de la ''guérison'' de son ami.
Si au début Harry avait eu une violente décharge de jalousie à la mention d'un autre amant, il avait ensuite été plus attentif aux paroles des elfes. La réaction de Lucius était une preuve, une de plus, que l'homme n'était pas aussi insensible et froid que le monde sorcier se l'imaginait. Quant au fait que Severus l'ait véritablement mis entre les pattes de Lucius quelque temps plus tard, ma foi, il en prenait son parti d'autant plus facilement que le résultat final était bénéfique.
Le voyant la mine sombre, Hyde et surtout Jekyll l'avaient rassuré sur les sentiments que lui portait Lucius. Jamais ils n'avaient vu leur maître aussi heureux, ni amoureux.
« Il ne supporterait pas de vous perdre, jeune maître, » avait couiné Jekyll en lui tendant une généreuse part de tarte aux framboises. « Vous êtes ce qui est arrivé de mieux à nos maîtres. Nous sommes si heureux pour vous. Votre mariage sera une belle réussite, cela est certain. »
Harry avait souri de toutes ses dents, avant de les planter dans la pâtisserie.
Après cela, Harry était monté dans sa chambre. Il s'était préparé, avait tenu compagnie à Draco le temps de son repas et s'était éclipsé dès que Jekyll était venu le prévenir que Lucius était rentré.
Depuis, il attendait dans le salon bleu. Il faisait confiance aux elfes. Ceux-ci avaient sans le moindre doute averti Lucius que son fiancé voulait passer la soirée en sa seule compagnie et qu'il l'attendait dans le salon Saphir afin de dîner avec lui, une fois Draco couché.
Levant les yeux tout autour de lui, Harry poussa un bref soupir, non pas mélancolique mais satisfait. Il était sûr de sa décision, comblé de la prendre. Il n'avait pas vraiment de doute sur le fait que Lucius en serait heureux, lui aussi.
La petite table basse était prête, les différents petits plats salés ou sucrés mitonnés par Jekyll convenablement disposés dessus. Le champagne était au frais, attendant sagement d'être débouché.
Enfin, un petit cliquetis sourd lui apprit que Lucius – cela ne pouvait être que lui – venait de rentrer dans la pièce.
Harry se leva, tout sourire. Lucius se dirigea vers lui, ses cheveux blonds retombant lâchement sur ses épaules. Sans un mot, il posa ses mains sur la chemise de Harry, au niveau de ses hanches. Les yeux gris glissèrent sur le corps offert devant lui, s'arrêtant quelques secondes au niveau du thorax, au dessus du sternum du jeune sorcier. Harry vit avec plaisir la lueur radieuse qui les traversa brièvement quand il découvrit que Harry avait passé son collier par dessus sa chemise et que l'anneau reposait, bien en évidence, sur sa poitrine.
Le lord releva les yeux, les iris tendant sur l'argent mâtiné d'or en raison des flammes dans la cheminée, se plantant avec détermination dans les verts. Sans cesser de sourire, Harry avança la tête, se redressa sur ses pieds afin de déposer un baiser sur les douces lèvres roses.
« Bonsoir, mon amour, » chuchota-t-il.
« Bonsoir, mon aimé. Que me vaut une si délicieuse soirée ? »
« Une envie et une décision, tout à la fois, » déclara le sorcier aux cheveux noirs. « Tu nous sers le champagne ? »
« Avec joie, » fit l'homme blond en débouchant la bouteille d'un coup de baguette.
Les fiancés s'assirent côte à côte, et tout en discutant, burent leur coupe et partagèrent les différents mets qu'ils piochaient dans les assiettes devant eux.
Assez rapidement, Lucius prit l'initiative de faire goûter à Harry ce que lui même mangeait. Il prit un plaisir évident à nourrir son promis de ses doigts, prenant un plat, un toast, une mini-tartelette qu'il présentait devant les lèvres purpurines qui s'ouvraient devant eux. Rapidement, la chose prit un aspect des plus érotiques, Harry se délectant de sucer les doigts de son fiancé ou de les retenir entre ses dents afin de faire courir sa langue sur eux.
Après deux coupes de champagne, Harry s'installa sur les genoux de Lucius, la tête dans un plaisant coton. Il passa ses bras autour du cou pâle puis entreprit d'embrasser son fiancé avec sensualité. Celui-ci plaça ses mains sur les hanches du plus jeune, le maintenant et le flattant tout à la fois. Puis l'une d'entre-elles se faufila sous le tissu de la chemise pour caresser la peau nue du dos. Instinctivement, Harry commença à onduler du bassin, ses mains fourrageant plus fermement les cheveux blonds.
« Harry... On monte dans ta chambre ? » haleta Lucius.
« Non, pas encore, » répondit le jeune homme en se détachant en peu et en passant sa langue sur ses lèvres.
Le lord souleva un sourcil interrogatif, déclenchant un petit rire de la part de Harry.
« Tu as déjà trop bu ? » sourit Lucius.
« Oui, un peu, mais ce n'est pas important. J'avais prévu quelque chose, pour maintenant. »
« Quoi donc ? » demanda Lucius, curieux.
Harry l'embrassa de nouveau, légèrement, puis s'installa plus confortablement sur les cuisses de Lucius, ses propres genoux de part et d'autres du bassin de son fiancé.
Sans le quitter des yeux, Harry se saisit de sa chaîne. Il chercha en tâtonnant le fermoir et, une fois fait, entreprit de l'ouvrir. Il voulait se marier avec Lucius ne cessait-il de se répéter en boucle, il l'aimait, le désirait et voulait passer le reste de sa vie avec lui.
Le fermoir s'ouvrit sans un bruit, permettant au garçon, radieux, d'enlever la chaîne qu'il présenta à Lucius qui déglutit.
Les yeux gris ne quittaient pas les mains à la peau hâlée, passant d'elles aux yeux verts resplendissants.
Harry fit glisser l'anneau qui tomba mollement dans sa paume. Il en apprécia une nouvelle fois le poids, la brillance, la douce chaleur qui en émanait. Ce bijou avait été le sien pendant plus de deux mois, ne le quittant jamais, symbole presque vivant de ces fiançailles magiques. Cet anneau serait désormais celui de Lucius. Il en fut étrangement fier.
Ému, il le prit et se saisit de la main gauche de Lucius qui écarta ses doigts. Si Harry avait eu un doute pendant quelques secondes sur le fait que la bague serait à la bonne taille, il s'évanouit rapidement. L'entrelacement d'or bougea, s'adaptant sans difficulté à l'annulaire de Lucius.
Ce dernier avait les yeux brillants. Il fixa Harry, alors qu'il enlevait lui aussi sa chaîne.
Harry se sentit fébrile. L'anneau de Lucius allait devenir sien, de la même façon que cet homme serait sien. Lucius s'empara de sa main gauche, embrassa tendrement la paume et enfin, fit lui aussi glisser le bijou d'or.
Harry porta aussitôt sa main devant ses yeux, ne pouvait se détacher de la vision de la bague autour de son doigt. Les fils d'or se mirent à briller, à chauffer délicatement. Lucius leva sa main, lui aussi, et la referma sur celle de Harry.
« Lucius, » demanda Harry d'une voix étranglée par l'émotion. « Veux-tu devenir mon époux ? »
« Oui. Et toi, Harry, veux-tu devenir le mien ? »
« Oui. »
Sans cesser de se regarder, les deux hommes s'avancèrent l'un vers l'autre et s'embrassèrent avec volupté.
Des étincelles de couleur s'échappèrent de leurs bagues puis s'étirèrent, véritables filaments magiques qui les entourèrent d'or, d'argent et de pourpre.
Enfin, tout disparut et les futurs époux détachèrent leurs lèvres.
« C'était normal, ces fils magiques ? » demanda Harry. « Ni Severus ni Sirius ne m'en avaient parlé. »
« Cela arrive parfois, au moment de l'acceptation. Quand les sentiments des deux promis sont particulièrement puissants et sincères, » expliqua Lucius toujours très ému.
Harry sourit, satisfait. Il porta de nouveau ses yeux sur sa bague et poussa un petit cri étouffé.
« Ma bague ! Elle a changé ! »
En effet, l'anneau fait autrefois de fils d'or blanc et jaune était désormais plein, chaque filament se retrouvant soudé à ses voisins. Seul trois petits trous alignés persistaient au centre de la nouvelle alliance.
« Oui, c'est la preuve de l'acceptation de nos fiançailles. Les espaces que tu vois seront comblés au moment de notre mariage, par une pierre. D'ailleurs, mon alliance n'en porte qu'un pas trois, mais il est plus gros, » constata-t-il en regardant sa bague.
« C'est normal ? » s'inquiéta aussitôt Harry.
« Oui, très souvent il y a une petite différence entre les anneaux des époux. Quand le courtisan les choisit, on ne sait jamais véritablement à l'avance quelle sera leur forme. On choisit le ou les métaux, l'épaisseur et les carats ainsi que la pierre de l'ornement final. »
Lucius sourit tout en passant ses bras autour de la taille fine du jeune homme, le rapprochant sensiblement de lui. Ils se dévisagèrent, leur cœur remplis d'amour, de douceur et de désir.
« Mon futur époux serait-il d'accord pour que nous finissions cette soirée de manière plus confortable ? » proposa Lucius d'une voix grave.
« Oh oui, avec beaucoup de bonheur, » souffla Harry en s'agrippant à la nuque blonde et en s'avançant pour embrasser les lèvres tendres.
… … …
À suivre
… … …
