Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie.

Par ailleurs, je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Et voici le chapitre 18 de De sang et d'âme. Désolée pour l'attente, et bonne lecture !

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Chapitre 18 : Hard choices

Hisagi continuait à fixer son ami Renji qui sombrait peu à peu dans l'inconscience malgré les soins que Kuchiki et lui lui portaient. Il avait perdu trop de sang par ses multiples blessures. Même si Hisagi avait déchiré son haori pour en faire des bandages, il avait avant tout besoin des soins d'un membre de la quatrième division. Même ainsi, Hisagi n'aurait pas parié sur sa survie.

Mais la donne avait changé quelques minutes plus tôt.

Il fallait que Renji survive, à tout prix.

Parce qu'avant de s'évanouir, il avait réussi à balbutier qu'il connaissait le nom du traître que les capitaines soupçonnaient de se cacher à la Soul Society depuis la disparition d'Hinamori et le meurtre de ses geôliers. Connaître son identité pouvait se révéler primordial pour obtenir la victoire. Mais Renji était blessé, mourant peut être, alors qu'ils étaient derrière les lignes ennemies. Il allait falloir choisir ce qui était le plus important, trouver les jumeaux ou tenter sauver Renji en le sortant de la Fortaleza. Et avec le départ de Hirako et Starrk quelques minutes plus tôt, cette issue était de plus en plus incertaine. À deux, chargés d'un homme inconscient, réussiraient-ils à franchir les lignes ennemies ? Pouvaient-ils laisser Hirako et Starrk seuls dans cet endroit dans l'ignorance qu'ils ne recevraient plus d'aide ? Au risque de condamner deux enfants, dont l'un au moins innocent de tout crime.

Shûhei aurait aimé que la décision soit plus facile à prendre. Il aurait également souhaité que ce soit à lui qu'il revienne de décider. Mais non, le chef de l'expédition était Kuchiki, et Shûhei savait très bien que l'homme déciderait de faire ce qu'il fallait pour la Soul Society sans se soucier du coût humain. Il l'admirait pour être capable de cela même si cela l'horrifiait en même temps.

Le coupant dans ses pensées, le capitaine Kuchiki prit la parole.

-Je vais conduire Abaraï hors d'ici.

Shûhei le regarda quelques secondes, incrédule.

-Seul ?, demanda-t-il en confirmation.

-Seul. Je suis bien plus rapide en shunpo que vous. Vous me retarderiez Hisagi, ce qui compromettrait nos chances de réussites.

C'était dur à entendre, mais en grande partie vrai. Aussi Hisagi acquiesça-t-il sans protester.

-Je vais tenter de rattraper nos compagnons, annonça-t-il en se redressant.

-Laissez-les.

-Je ne vous suis plus je le crains Kuchiki-san.

-Ils sont partis à la poursuite du garçon. Mais trouver sa sœur est tout aussi primordial. Si Ichimaru refait surface, nous aurons besoin d'elle. Vous êtes plus discret qu'Hirako ou Starrk. Trouvez-la et sortez de là, tous les deux.

Il y avait comme de la souffrance dans la voix du plus impassible des capitaines de la Soul Society et Shûhei choisit de ne pas chercher à comprendre. Aux dires de ceux qui le connaissaient, c'était un homme qui avait beaucoup souffert et il ne souhaitait pas réveiller ces blessures et le faire souffrir davantage.

-A vos ordres, se contenta-t-il de déclarer.

Kuchiki fit quelques pas et ramassa l'objet que Shûhei avait projeté vers Kazeshini au cours de la bataille et le tendit à son camarade.

-Rendez-lui son sabre si vous en avez l'occasion, déclara-t-il avec la même tension dans sa voix.

Shûhei accepta silencieusement. Il regarda le capitaine poser le corps exsangue de Renji sur son dos et se préparer à partir.

Juste avant de disparaître, Kuchiki laissa échapper un fugace « bonne chance » presque inaudible.

Shûhei resta une longue minute à regarder l'énorme trace de sang qu'avait laissé Renji sur le sol. Puis, il concentra son attention vers le reiatsu de ses compagnons. Kuchiki n'avait encore aucun problème. Starrk et Hisagi s'étaient battu, il sentait leur énergie vaciller. Mais ils allaient bien. Par contre, il ne sentait ni l'un ni l'autre des jumeaux.

Il contempla le petit keikan dans sa main avant de le ranger soigneusement dans sa manche. Puis, il saisit Kazeshini.

-Nous allons les entraîner un moment derrière nous lui annonça-t-il. Il faut mettre toutes les chances du côté du capitaine Kuchiki et d'Abaraï.

-Entendu, répondit l'arme. Un maximum de destruction je suppose ? Voilà qui va me faire du bien !

-Je ne m'en serais pas douté une seule seconde, soupira le jeune capitaine, déçu comme toujours de l'impétuosité et de la violence du zanpakuto. Mais il était fier de lui en même temps, et il le laissa se déchaîner un moment autour d'eux pour camoufler les traces de sang que Kuchiki et Renji avaient laissé derrière eux. Puis, il rengaina son arme et partit dans une autre direction.

-Je ne sens pas le reiatsu d'Inari, déclara-t-il à Kazeshini. Peut-tu interroger son zanpakuto ?

-Je le peux, répondit l'arme. Mais je ne sais pas si il voudra me répondre.

-Essaie s'il te plait. C'est notre meilleur moyen de la trouver, et peut-être le seul. Demande-lui aussi si il sait où est Gin. Après tout, ils sont jumeaux, peut-être y-a-t-il aussi une résonance entre leurs zanpakuto réciproques.

Kazeshini ne répondit pas. L'arme commençait déjà à tenter de communiquer avec l'arme de Mitsuki.

Shûhei ne perdit pas de temps à attendre une hypothétique réponse. Rengainant son sabre, il lança quelques sorts de kido autour de lui, faisant exploser les murs et les plafonds, avant de continuer à courir dans la direction opposée à celle qu'avait pris Kuchiki. De temps en temps, il déchainait à nouveau quelques sorts explosifs. Il rencontra également quelques arrancars de bas niveaux qu'il surpassait largement grâce au kido sans même recourir à Kazeshini.

Après être certain d'être à bonne distance du lieu du combat contre l'espada, il stoppa et fis demi-tour, avant de s'engouffrer silencieusement dans un couloir perpendiculaire, puis d'un autre. S'il avait avancé bruyamment jusque là, il n'en était plus rien. Il se faufilait en évitant le moindre bruit, stoppant son avancée dès qu'il entendait un bruis de pas, se camouflant derrière une colonne ou grimpant dans les poutres et les tuyaux qui surplombaient les couloirs blancs de la Fortaleza.

Au bout d'un moment, il s'arrêta sur un de ces tuyaux et sortit de sa ceinture une flasque d'eau et quelques gâteaux secs. Il refit le bandage autour d'une blessure au bras qu'il avait reçu un peu plus tôt et qui se rouvrait régulièrement et s'apprêtait à repartir quand Kazeshini s'adressa à lui dans un chuchotement presque inaudible.

-Je lui ai parlé.

-Au zanpakuto ? Qu'a-t-il dit ?

-Uminari n'est pas bavarde, ricana le sabre. Et elle a un sacré caractère ! Elle a commencé par m'insulter.

-Bien sûr, tu n'a pas réussi à faire autre chose qu'à la braquer contre toi, maugréa Shûhei, à peine surpris.

-J'ai pas dit ça. On s'est engueulé, mais elle a accepté de me répondre. On a fait un marché.

-Un marché ?, s'inquiéta le capitaine.

-Oui. Elle est très protectrice, elle voulait être sûre que tu ne voulais pas de mal à sa maîtresse, ni moi d'ailleurs. Au final, j'ai dû lui faire quelques promesses et elle m'a répondu.

-Quelles promesses ?

-J'ai dû aussi promettre le silence.

Shûhei sentait l'amusement irradier de son arme, et il leva les yeux au ciel. Les zanpakutos pouvaient parfois se montrer dotés d'un curieux sens de l'humour. Il préférait ne pas savoir ce qui avait été décidé entre les deux armes, mais il était sûr qu'il en ferait les frais.

-Que t'a t-elle dit alors ?

-Inari va bien. Elle ne la sens pas blessée, juste inquiète. Elle ne bouge pas, donc elle doit être enfermée. Uminari n'arrive pas à communiquer avec elle, elle est trop loin pour ça. Mais elle peut nous guider grosso-modo dans la bonne direction. Elle sera plus précise au fur et à mesure qu'on avancera.

-Bien. Remercie-là de ma part et allons-y.

-Encore une chose. Elle sent quelque chose de bizarre dans le reiatsu de la gamine. Qui se dissipe, quoi que ce soit. Ça pourrait être important, mais elle n'a aucune idée de ce que ça peut être. Et elle ne sait pas où est l'autre gosse.

-Qu'elle nous tienne au courant alors. C'est dans quelle direction ?

-Sur ta gauche. Et il va falloir remonter d'un étage ou deux.

Shûhei pris bonne note de la remarque, et tourna dans un couloir sur sa gauche à l'embranchement suivant, tout en cherchant un escalier.

-Ah, j'allais oublier, déclara soudain Kazeshini. Uminari a dit une dernière chose.

-Quoi ?

-Qu'elle t'aime bien, répondit le sabre de la voix de quelqu'un qui s'amusait comme un petit fou.

Shûhei dédaigna répondre, et poursuivi silencieusement sa route.

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Gin poussa un gémissement tandis qu'il se redressait brutalement. La tête lui tournait, et il avait l'impression d'avoir prit une cuite monumentale. Il lui fallut quelques secondes pour se remémorer ce qui c'était passé.

Tout était noir autour de lui, et il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait.

-Où suis-je ?, demanda-t-il, sans grand espoir d'obtenir une réponse.

-Dans une geôle au fin fond de la Fortaleza à priori, répondit la voix de Kira à quelques pas de lui. Ne vous redressez pas trop vite, l'effet de la drogue qu'on nous a administré est long à se dissiper.

-J'ai remarqué, fit Gin en s'appuyant contre un mur pour se redresser. Et Abaraï ? Il dort encore ?

-Il n'est pas là, répondit Kira après un long moment de silence.

Gin resta un moment silencieux, incrédule. Il essaya de chercher son reiatsu, mais cela lui donnait un terrible mal de tête. Une conséquence de la drogue, supposa-t-il.

-Oh, finit-il par murmurer. Je suppose qu'ils l'ont tué alors.

-C'est plus que probable.

Gin finit de se redresser et parcourut les quelques mètres carrés de leur cellule, cherchant une porte, un mécanisme quelconque. Mais il n'y avait rien. Ils étaient entourés de quatre murs sans la moindre ouverture, la moindre rainure indiquant une porte secrète. L'espace était minuscule, et il se sentait à la limite de la claustrophobie.

Il finit par s'affaler sur le sol non loin de Kira. Celui-ci n'avait pas ouvert la bouche pendant toute l'exploration de Gin, et continuait de se taire.

-Je l'aimais bien tu sais, finit par dire Gin pour rompre le silence. Renji. Il était marrant, et toujours sympathique avec Mi-chan et moi. Bien sûr, c'était en grande partie parce qu'il était amoureux d'elle, et ça agaçait ma sœur. Mais ce n'était pas que ça. C'était quelqu'un de sincère, tout le temps, dans le moindre de ses actes. Moi, je suis incapable d'une telle honnêteté. C'est pour ça que je l'aimais bien, et que je l'admirais. C'est pour ça que je lui ai jamais dit pour Mi-chan. Tu comprends ?

-Je comprend, répondit Kira. Mais ne parlez pas de lui au passé.

-Pardon.

-Tant que l'on a pas vu son corps, je refuse de le considérer comme mort. C'est mon ami.

-Ils l'ont tué. Ils n'ont pas besoin de lui. Je comprend même pas pourquoi ils ne t'ont pas tué toi. C'est moi que Sosuke veut, depuis le début.

Gin sentit Kira sursauter à côté de lui et se crisper.

-Sosuke ?, demanda-t-il d'une voix très douce, mais dans laquelle une immense tension se sentait.

Gin sentit son sang se glacer à son tour.

-Je sais pas quoi faire Isuzu, murmura-t-il. Il y a des moments... J'ai l'impression de sentir Ichimaru au fond de moi, qu'il pourrait se réveiller. Et je ne sais pas ce qu'il pense, ce qu'il veut, ou les raisons de ses actes. J'ai peur qu'il se réveille un jour, et je ne sais pas ce qu'il pourrait faire alors. Et ici, si près de... lui, c'est pire. Dix fois pire.

La main de Kira se posa sur son épaule.

-J'admirais Ichimaru. Et j'en avais mortellement peur. C'est toujours vrai aujourd'hui. Rien que de penser à lui me glace l'âme. Mais vous n'êtes pas lui.

Gin entendit les mots non prononcés. « Du moins, je veux le croire », avait pensé Kira sans le dire.

Il allait lui poser une question quand Kira lui mit la main sur la bouche et chuchota à son oreille.

-Je sais pourquoi je suis encore en vie. Ils testent vos réactions. Ils veulent voir s'il y a encore un peu d'Ichimaru en vous. Et...

C'est à ce moment là qu'un bruit se fit entendre au dessus de leurs têtes, et Kira s'éloigna sans finir sa phrase. Il avait agis juste à temps visiblement, puisque une trappe s'ouvrit loin au dessus de leurs têtes et qu'une corde en descendit à toute vitesse.

-Montez, ordonna une voix d'homme. Vous d'abord, messire Ichimaru.

Le jeune homme tourna la tête vers Kira, qui lui fit signe de la tête d'obéir. Ce n'était d'ailleurs pas comme s'ils avaient le choix, se dit-il en saisissant la corde et en entamant une lente ascension. La seule alternative était de rester indéfiniment dans leur cellule, voire d'être exécutés immédiatement. Et puis, il devait se l'avouer, Gin était curieux. Allait-il rencontrer Aizen, savoir enfin qui il était ? À ce moment là, ses pensées étaient très loin de se centrer sur la santé de Kira, de Mitsuki, ou sur quoi que ce soit d'autre qu'à Aizen et qu'à Ichimaru.

Kira s'empressa de monter juste derrière lui, et ils furent réceptionnés à l'arrivée par une dizaine d'arrancars armés et prêts à leur planter leur arme dans la gorge au moindre signe suspect. À eux deux, ils auraient peut-être pu les battre, s'ils n'avaient été épuisés par la drogue. Mais il y avait aussi un homme avec le chiffre 3 tatoué sur la joue, et qui les regardait avec amusement et condescendance. Un espada. Kira et Gin comprirent alors qu'ils n'avaient aucune chance de s'évader. Les épaules de Kira s'affaissèrent légèrement, et l'arrancar ricana.

Ils marchèrent longtemps, dans des couloirs blancs et vides. Gin trouvait étrange le fait de ne croiser aucun arrancar dans ces couloirs. Il aurait pensé que les espadas se seraient délectés de montrer leurs ennemis défaits à tous les habitants de la Fortaleza. Il se tourna légèrement pour voir si Kira avait remarqué lui aussi l'étrangeté de cette situation. Il nota aussitôt la ride d'inquiétude au front du vice-capitaine, et son regard allant de toute vitesse d'un couloir à un autre. Ou bien il cherchait un moyen de fuir, ou bien lui aussi avait remarqué quelque chose.

Gin décida de se tenir aux aguets, et recommença à fixer le sol devant lui, espérant que son coup d'œil furtif à Kira soit passé inaperçu.

Une chose était désormais sûre en tout cas. Renji était mort, sinon, il serait avec eux en ce moment. Ils n'avaient donc plus aucun espoir de s'évader. À moins d'un miracle, mais ceux-ci se faisaient rares ces temps-ci pour la Soul Society.

Ils finirent par arriver devant une immense porte d'un blanc d'ivoire rehaussé d'arabesques d'or. Gin se fit la réflexion que cela correspondait parfaitement aux goûts d'Aizen. Une réflexion incongrue et qui lui prouvait que les souvenirs d'Ichimaru s'imposaient peu à peu. Il se mit alors à sourire, de ce sourire de renard qui leur était propre à lui et à Mitsuki. Même s'il n'y avait plus d'espoir quelconque, songeait-il, la suite promettait d'être passionnante, voire même amusante. Lui qui aimait le danger et l'inattendu, il allait être comblé. Il avait envie de rire.

La porte s'ouvrit, et il observa la salle d'un œil scrutateur, observant le moindre détail qui pouvait lui être utile de remarquer.

L'allée centrale de la pièce, bordée de colonnes de marbres, était vide. Mais le reste de la pièce était empli d'arrancars qui les contemplaient avec un sourire ironique. Au bout de la pièce se dressait le trône de marbre d'Aizen, vide. Gin s'étonna. Il aurait cru que l'ancien shinigami aurait été là pour assister à son triomphe. Mais leur escorte n'attendit pas qu'il se montre. Ils firent monter Gin et Kira sur l'estrade, et une porte s'ouvrit derrière le trône.

Alors qu'ils hésitaient tous deux à en passer le pas, l'un des arrancars les poussa violemment de son arme qui ressemblait à une longue hallebarde, et ils furent forcés d'avancer.

La pièce où ils pénétrèrent était surchargée de dorures le long des murs, des colonnes et des plafonds, et chaque centimètre carré de sol était recouvert de tapis aux motifs compliqués et rehaussés de fil doré. Sur des commodes de bois précieux reposaient des œuvres d'art, sans aucun doute volées, toutes plus belles les unes que les autres. Mais l'ensemble était alourdi par cette profusion. Gin n'avait que peu de sens esthétique, mais son œil était choqué par cet affichage inutile de luxe et de dorures.

Au centre de la pièce, il y avait une nouvelle estrade sur laquelle on fit monter les deux prisonniers. Ils passèrent pour cela devant plusieurs arrancars, dont la plupart affichaient avec orgueil le numéro qui indiquait leur rang dans l'espada. Les autres étaient de toute évidence leurs fracciones. Gin n'aimait pas leur air condescendant envers lui, et répondit par le sourire moqueur le plus dédaigneux qu'il pouvait leur offrir. Il s'étonnait de ne pas avoir peur d'eux. Sans doute que la certitude d'un destin funeste à brève échéance influait sur lui et anhilait sa peur. Pourquoi craindre d'être blessé quand on sait que l'on va mourir ? C'était les réflexions que se faisait le jeune homme.

Mais arrivé au sommet de l'estrade, il fut figé par le reiatsu qui provenait d'un immense lit recouvert de luxueuses étoffes.

Curieux, il s'approcha, tout en ressentant le désir de fuir à toute jambe. Aucun arrancar ne tenta de l'arrêter, et il parvint bientôt au pied du lit.

Il plongea alors son regard dans les yeux de Sosuke Aizen.

L'homme allongé, les traits émaciés, la peau presque translucide, avait l'air mourant. Mais ses yeux pétillaient d'humour, de gentillesse et d'une sorte de violence fauve. Si le corps se mourrait, l'esprit était là, intact. Et Gin se sentit pris dans les griffes d'un prédateur.

Il voulait reculer, mais en était incapable. N'en avait pas envie, d'une certaine manière.

-Tiens, tiens, dit Aizen d'une voix faible et chevrotante. Si ce n'est pas l'enfant prodige qui revient... Bonjour Gin. Comment-va tu ?

-Bien, répondit le jeune shinigami d'une voix nouée.

-Tu ne peux pas savoir comme cela me fait plaisir de te voir nous rendre visite. Quinze ans sans te voir, c'est long, très long. Et tu est venu avec des... « amis ». C'est un plaisir de te revoir Kira.

-Où est ma sœur ?

Aizen fit un geste vague de sa main.

-Quelque part dans la Fortaleza. Cela t'importe peu, crois-moi. N'est-tu pas plus intéresse de savoir pourquoi tu est là ?

-Non, répondit Gin.

Intérieurement, il dut s'avouer que c'était un mensonge. Même s'il voulait retrouver Mitsuki, obtenir enfin les réponses à ses questions lui paraissait autrement plus important pour le moment.

Aizen ne fut pas dupe, et lui sourit en réponse, avant de se mettre à tousser brutalement. Aussitôt, une petite silhouette se précipita à côté de lui et lui tendit un mouchoir et un verre d'eau. Gin reconnut Hinamori Momo, la lieutenante folle qui avait tenté de l'assassiner, et qui était amoureuse d'Aizen. Elle le fixait avec un regard meurtrier, comme s'il était coupable de la mauvaise santé d'Aizen.

Pour l'énerver, et essayer d'obtenir des réponses, Gin reprit la parole en souriant, plus sûr de lui. Frapper là où cela fait mal, c'était après tout sa spécialité

-La Soul Society serait très amusée de ce spectacle. Il est beau le conquérant du Hueco Mundo, allongé mourant. Heureusement que le petit caniche reste là pour lui lécher la main.

Hinamori se redressa en saisissant son zanpakuto, mais Aizen la calma d'une simple pression de la main.

-Je te connais Gin. Tu veux savoir pourquoi tu est là plus qu'autre chose. Ta pitoyable sœur, Kira, Abarai, les shinigamis, tous ne sont que des jouets pour toi, à manipuler à ta guise.

Gin voulut répondre, mais il en fut incapable. Aizen disait vrai. Il manipulait sa sœur, jouant sur ses sentiments pour lui afin qu'elle le soutienne quelles que soient les circonstances, manipulait Shinji en jouant sur son ressentiment. Il avait manipulé Kira et Abarai pour qu'ils l'accompagnent, condamnant le second à mort. Il manipulait les gens sans même y penser, pour s'amuser ou par caprice, même ceux qu'il aimait.

-Il n'y a que moi que tu n'a jamais réussi à manipuler, poursuivi Aizen. Depuis le début, c'est moi ton maître. Et te voilà revenu vers moi. Agenouille-toi donc devant ton seigneur, et tu sera à nouveau mon superviseur, aux côtés de Rose.

Aizen désigna un homme à la longue chevelure blonde et au regard méprisant sur sa droite. Gin reconnut l'un des vizard sois-disant décédé. Il note le fait dans un coin de sa tête, pour plus tard.

Pour le moment, il n'avait pas vraiment le choix. Il décida donc de s'incliner, s'efforçant de ne prêter aucune attention au hoquetement de stupéfaction de Kira derrière lui. Il préférait ne pas imaginer son regard dégouté. Sans cesser de sourire, il continua de fixer Aizen, se promettant de le manipuler, à son heure.

-Bien, poursuivit le souverain du Hueco Mundo. Maintenant, jure-moi fidélité devant tous mes espadas.

Gin jeta un coup d'œil rapide aux arrancars, repérant les chiffres.

-Ah, mais il en manque non ? Ils ne sont pas dix là, à peine sept.

Un nuage voila le front d'Aizen.

-Certains sont... retenus ailleurs. Même si je m'attendait à voir Freizich ici.

-Cet homme ne vous obéit jamais, déclara une jeune femme aux cheveux d'un rouge sombre et au chiffre neuf tatoué sur un côté du crâne. Donnez-moi un ordre, et je vais vous l'amener.

-Non, merci Jua, nous nous passerons de lui. Je ne doute pas qu'il soit bien occupé en ce moment. Laissons-le s'amuser. Peut importe. Jure, Gin.

-Je jure de vous obéir, mon seigneur et maître Aizen, ici et partout où vous m'enverrez, pour toute éternité.

-Bien, sourit Aizen. Très bien. Un serment parfait, où tu ne te laisse aucune échappatoire. Je te reconnais bien là.

Gin ne put s'empêcher de frisonner légèrement. S'il avait fait un serment aussi précis, c'est que peu lui importait de le violer. Aizen le savait-il ?

Il n'eut pas le temps de s'interroger plus longtemps. Aizen se redressa sur sa couche, au prit d'un effort visiblement immense. Son sourire amical était maintenant un rictus meurtrier.

-Maintenant, prouve-moi ta fidélité. Tue Kira.

Le sang de Gin se figea dans ses veines, et il se retourna lentement vers le jeune homme blond. Celui-ci n'avait pas l'air surpris par cet ordre, et il se tenait droit et fier, mais Gin vit une étincelle de terreur s'agrandir dans son regard tandis qu'il le fixait. Il sentit qu'on lui mettait un sabre dans la main, mais il n'arrivait pas à le soulever tant son bras était lourd.

-M'as tu entendu Gin ? Tue-le.

Gin s'avança machinalement vers Kira, sans savoir que faire. Il entendit finalement derrière lui un soupir d'agacement.

-Allez-y, ordonna Aizen.

Aussitôt, six espadas dégainèrent leurs sabres et les plantèrent dans la chair de Kira, avant de les retirer dans un long chuintement. Kira resta debout un court instant, un regard incrédule fixé sur Gin, puis s'écroula silencieusement sur le tapis. Une large tache de sang s'élargissait autour de lui. Gin avait l'impression de ne plus rien entendre que les tentatives désespérées de Kira pour avaler une gorgée d'air sans souffrir.

Il se précipita à côté de lui, s'agenouillant dans le sang, bredouillant son nom et des excuses incohérentes.

-Ne vous inquiétez pas pour moi, réussit à murmurer le blessé au prix d'un effort phénoménal.

-Kira...

-Capitaine, balbutia encore le mourant. Je vous ai...

Il n'eut pas la force de continuer. Ses yeux se voilèrent, et sa tête retomba en arrière. Gin recueilli son dernier souffle dans un sanglot.

-Pardon Isuzu, réussit-il à murmurer avant de clore les yeux de celui qui fut son ami.

-Et bien, nous voilà fixés, déclara Aizen d'une voix égale derrière lui.

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J'espère que ce chapitre vous aura plus !

Il n'aura pas été facile à écrire pour moi, surtout la seconde partie. Cela fait presque un an que je sais que nous allions en arriver là, et ça a été beaucoup plus difficile que prévu de le mettre à l'écrit. Et plus j'avançais, plus la mort de Kira m'apparaissait inévitable -alors que j'adore ce personnage-. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop pour sa mort, une étape hélas nécessaire. Au prochain chapitre, les plans d'Aizen nous serons enfin révélés dans toute leur ampleur.

D'ici là, si vous avez des critiques, des remarques ou des suggestions, n'hésitez pas à m'en faire part !