Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie.

Par ailleurs, je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Et voici le dix-neuvième chapitre de De sang et d'âme. Bonne lecture !

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Chapitre 19 : When the battle seems lost

C'est avec un soulagement certain que le capitaine Byakuya Kuchiki mis le pied en dehors de la Fortaleza. L'étape la plus dure était passée. Il était cependant étonné du peu d'adversaires rencontrés durant cette fuite éperdue. À l'exception de quelques arrancars de bas niveau, qui semblaient plutôt surpris de le rencontrer d'ailleurs, il n'avait vu aucune opposition à sa sortie de la forteresse d'Aizen.

Cela devait signifier quelques autres. Si aucun espada ne s'était déplacé pour l'affronter, alors qu'ils avaient déjà abattus l'ocatava et la cinqua était un mauvais présage. L'Espada devait avoir été appelée ailleurs, mais où, et pourquoi ? Sans aucun doute, Aizen commençait à mettre ses plans inconnus en application. Le Seireitei devait être averti, et au plus vite.

Il devait donc rejoindre le portail qui reliait le Hueco Mundo et la Soul Society qui avait été créée pour leur infiltration. Mais celui-ci était à presque deux heures de l'entrée de la Fortaleza. Le Gotei 13 en avait décidé ainsi pour que le portail ne soit pas repéré. Une sage décision, à ce moment là.

Malheureusement, les combats répétés des dernières heures avaient intensément fatigué Byakuya. Il lui faudrait plus de deux heures pour l'atteindre, même en utilisant le shunpo. Et Renji ne durerait pas jusque là.

Dans son dos, il sentait son ancien vice-capitaine respirer de plus en plus faiblement. Byakuya doutait qu'il tienne suffisamment longtemps pour arriver en vie à la Soul Society, révéler le nom du traître et recevoir des soins. Il le craignait, avant la fin de l'heure, Abarai Renji pourrait être ajouté à la liste des décédés en mission. Certes, sa venue ici, avec Ichimaru et Kira était presque une désertion, mais par respect pour lui, le capitaine Kuchiki allait demander que ce soit effacé de son dossier. On ne condamne pas un homme à l'infamie quand il paye une faute de sa vie, songeait-il.

Il ne restait donc plus qu'à espérer que les shinigami restés dans la Fortaleza n'arrivent à ramener les jumeaux morts ou vifs, voire, mieux encore, à tuer Aizen et à découvrir ses plans. Byakuya ne voulait pas être défaitiste, mais la partie était bien mal engagée.

Heureusement, Hisagi, Hirako, Kira et Starrk étaient tous quatre des officiers capables. Peut-être réussiraient-ils à mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne commence en tuant Aizen. Quand à Ichimaru, il restait à espérer qu'il ne se range pas du côté d'Aizen. Et Mitsuki, Mitsuki qui portait en elle le souvenir d'une femme qu'il avait cru pouvoir aimer,... Il doutait qu'elle sorte vivante de la Fortaleza. Lui avait fait son deuil de la femme qu'elle avait été quinze ans auparavant, comme il avait fini par faire le deuil de sa chère épouse. Il espérait que Renji pourrait faire de même.

Près d'une heure s'écoula, et le capitaine était à peine au tiers du chemin vers le portail. Il était épuisé, et au bord d'abandonner. Ses propres blessures se rouvraient peu à peu, et il ne pouvait dépenser son reiatsu à les soigner. Il était plus important d'avancer.

C'est alors qu'il sentit des reiatsu à proximité. Il se prépara à se défendre, mais il remarqua, à sa grande surprise, que les reiatsu en question étaient ceux de shinigami. Bientôt, dix hommes arrivèrent près de lui. L'un d'eux était le vice-capitaine Sasakibe, accompagné du troisième siège de la quatrième division Yamada, et de shinigami sous ses ordres.

-Nous avons senti votre approche capitaine, déclara Yamada. Nous sommes venus à votre secours, tenez-bon.

-Que faites-vous là ?, demanda Byakuya, étonné de leur présence.

Après tout, il n'avait pas été prévu de leur envoyer des renforts.

-La dimension royale a donné l'ordre d'attaquer Aizen dans sa cachette. La moitié des forces du Seireitei sont ici, accompagnées de la division zéro. Notre campement n'est pas loin d'ici, on va vous y conduire.

-L'assaut va être lancé dans une heure, expliqua Sasakibe. Le capitaine-commandant Ukitake attend juste l'aval de la dimension royale. Quand nous avons senti votre présence à proximité, je me suis porté volontaire pour vous porter secours avec la quatrième division.

-C'est aimable à vous.

Byakuya aida Yamada à détacher Renji de son dos. Ils le déposèrent au sol et Yamada commença les soins, tandis qu'un autre homme entreprenait de soigner le bras de Byakuya.

-Il faut garder le capitaine Abaraï en vie à tout prix, expliqua le capitaine de la sixième division. Il a appris une information essentielle, le nom d'un traître au sein de la Soul Society. Il faut que ce traître nous dévoile tout ce qu'il sait avant l'attaque.

-Je vais faire mon possible, capitaine, répondit Yamada.

-Ceux qui sont encore dans la Fortaleza ne connaissent pas le nom du traître ?, demanda Sasakibe en regardant Renji d'un air inquiet.

-Non, Abaraï est le seul, malheureusement. Et il n'était pas en état de le répéter.

-Rassurez-vous capitaine, intervint Yamada, il reprend conscience.

Byakuya se pencha vers le blessé qui ouvrait les yeux. Son ancien vice-capitaine le saisit par la manche de son uniforme et ouvrit la bouche. Byakuya se pencha pour saisir ce que disait Renji.

-Attention...

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Après près d'une heure d'avancée lente à travers les étages, Hisagi se savait désormais très proche de Mitsuki. Kazeshini lui disait que son sabre, Uminari, était quasiment hystérique à l'idée d'être réuni à sa maîtresse. Il ne leur restait plus qu'à monter d'un étage et de parcourir quelques mètres et ils seraient avec elle. Du moins, si l'endroit où elle était gardée n'était pas surveillé par des arrancars ou des espadas et sa prison facile à ouvrir.

Il repensa soudain à Kurosaki et ses amis venant libérer Kuchiki à la Soul Society puis Inoue au Hueco Mundo. L'histoire se répétait au point que cela en devenait presque risible. Il espérait seulement que Renji verrait la fin de cette aventure-là. Il ne sentait plus son reiatsu, ni celui de Kuchiki. Ils devaient donc être sortis de la Fortaleza. Il ne restait plus qu'à espérer qu'ils parviennent à la Soul Society.

Arrivé en haut de l'escalier, Hisagi vérifia la présence d'ennemis en étendant sa perception de reiatsu, puis en jetant un coup d'œil. Il n'y avait personne. Il s'avança ensuite avec précaution dans le couloir. Il sentait enfin le reiatsu de Mitsuki juste à sa droite. Un mur les séparait, peut être une pièce ou deux. Il trouva alors une porte ouverte sur sa droite. En y rentrant, il découvrit la première pièce d'un appartement meublé de manière tellement riche qu'il semblait inenvisagable que quelqu'un d'autre qu'un ou qu'une espada y vive. À droite, il y avait une porte, et sur celle-ci, une clé. Hisagi pouvait sentir Mitsuki de l'autre côté. Elle était seule semblait-il.

C'était forcément un piège, songea-t-il. Mais en l'occurrence, il n'avait guère d'autre solution que de foncer en plein dedans. Il tourna doucement la clé dans la serrure et la porte s'ouvrit silencieusement. Il entra dans une chambre confortablement meublée, mais il n'y avait personne. En apparence.

Hisagi se retourna à tant pour désarmer Mitsuki avant qu'elle ne l'assomme avec un chandelier. Pendant quelques secondes, elle le regarda d'un air ahuri.

-Hisagi-san, murmura-t-elle, c'est vous ?

-Oui Inari-san. Nous sommes venus vous libérer.

-Nous ?, demanda-t-elle en se ressaisissant. Où sont les autres ?

-Nous avons été séparés. Il va falloir sortir d'ici, avant que ce piège ne se referme sur nous deux.

-Un piège ?

-Personne à proximité, la clé de cette pièce sur la porte... Faites le calcul. Quel espada habite ici ?

-Le secunda espada, Freizich Behrens. Il m'a capturé il y a deux jours, mais ne m'a pas livré à Aizen. Je ne sais pas à quel jeu il joue.

Hisagi n'était pas tant étonné de cette nouvelle qu'il aurait pu l'être. Il savait que les arrancars n'avaient pas forcément les même buts que leurs maîtres. Les espadas qui le servaient quinze ans auparavant, et les témoignages de Neliel et Starrk l'avaient bien prouvé.

-Nous verrons bien l'opposition qui nous attendra, déclara-t-il avec fatalisme. Venez Mitsuki.

-Et les autres ?, demanda-t-elle. Je sens Gin, Kira-san,...

-Ils vont s'en sortir. Il y a là un capitaine et deux vice-capitaines, et pas les plus manchots. Ait confiance. Nous verrons si nous pouvons les rejoindre, mais pour le moment, s'éloigner d'ici est le plus important.

-Je suis prête à me battre, déclara Mitsuki avec assurance.

Hisagi retint difficilement un sourire. Il revoyait la petite fille effrayée du Rukongai dans cette jeune femme, et il était fier d'elle. Il leva son sabre, et coupa le collier qu'elle portait et qui l'empêchait d'accéder à son reiatsu. La jeune fille était intelligente, et rendit aussitôt celui-ci le plus discret possible, à l'image de celui d'Hisagi lui-même.

Le capitaine de la neuvième division lui tendit son sabre. Avec un soulagement visible, la jeune femme le glissa dans la ceinture de son uniforme de shinigami.

-Allons-y Hisagi-san.

-Allons-y, déclara Hisagi en dégainant son sabre pour passer le premier.

Tout en vérifiant que le couloir était vide, il lui adressa à nouveau la parole.

-Tu sais Inari-san, je suis impressionné. Tu n'a pas perdu espoir et tu était prête à te défendre là dedans. D'autres auraient abandonné. Peu de shinigami auraient été capable de ça.

Quand il se retourna, il vit que Mitsuki était toute rouge sous le compliment et essayait de balbutier une réponse. Il se retint d'éclater de rire. Elle était délicieusement mignonne ainsi, la gamine trop vite poussée du Rukongai.

Ils se reprirent l'un et l'autre, et, à l'aide du shunpo, remontèrent de plusieurs étages dans les entrailles de la Fortaleza. Ils firent alors une pause. Mitsuki n'était pas mauvaise en shunpo, mais elle n'était pas capable de rivaliser avec un capitaine. Il la laissa reprendre son souffle, et ils s'apprêtaient à repartir quand le reiatsu de Kira disparu de leur champ de perception.

-Oh non, murmura Mitsuki l'air défait. Kira... Il est...

-Mort, confirma Hisagi.

Plus inquiétant, mais qu'il n'osait dire à voix haute, Gin et Aizen étaient auprès de lui. Malheureusement, il comprit, vu la tête de sa compagne, qu'elle l'avait remarqué aussi.

-Hisagi-san, supplia-t-elle en attrapant sa manche. Il faut aller l'aider. J'ai tout entendu hier. Aizen veut tuer Gin !

-Quoi ?

-Gin a une plus grande compatibilité qu'Aizen avec le Hogyoku. Aizen veut le forcer à le porter à sa place parce que lui même devient trop faible pour le faire.

Hisagi songea que plus probablement Aizen comptait que Gin -ou plutôt en l'occurrence Ichimaru- accepte la proposition et reprenne sa place près de son ancien capitaine. Mais comment être sûr qu'Ichimaru ne le trahirait pas une fois ce pouvoir énorme à sa disposition. Mitsuki avait raison. La situation devenait catastrophique. Ils ne pouvaient pas partir et laisser Starrk et Hirako tenter seuls de le sauver. Ils devaient y aller aussi. Ils tenaient l'occasion de mettre fin à la guerre.

Il se redressa.

-Il faut y aller. Prépare toi à combattre, mais reste toujours à côté de moi.

-A vos ordres capitaine, répondit Mitsuki d'une voix décidée.

Les yeux mi-clos, l'air implacable, elle ressemblait vraiment à Ichimaru à l'instant même. Hisagi réalisait qu'il ne savait même pas si elle avait atteint le shikai. Quelques mois après sa sortie de l'académie, c'était hautement improbable. Mais elle était puissante. Il ne restait qu'à espérer que cela suffirait. Il connaissait ses forces et ses faiblesses pour les avoir aidés à s'entraîner discrètement elle et son frère, avec l'aide de Kira et d'Abarai. Il pourrait donc la soutenir, pourvu qu'elle reste à ses côtés.

Et c'est alors qu'ils sentirent un espada s'approcher, accompagné de deux fraccions. Le nouveau venu était un homme de grande taille, maigre et élancé. Il n'était pas beau, défiguré par une cicatrise sur toute sa joue gauche et par une moue méprisante perpétuellement affichée sur son visage. Il se défit de sa veste, laissant ainsi apparaître le chiffre de son rang sur son épaule droite.

Je suis Andes Lodrea Caballen, le septima espada, déclara-t-il. Et je vais vous tuer.

Hisagi dégaina.

-Hisagi Shûhei, capitaine de la neuvième division, se présenta-t-il en retour. Et permettez-moi de vous contredire. C'est moi qui vais vous anéantir.

L'espada accentua sa grimace.

-J'en doute, répondit-il. Lavirotte, Fadieno, occupez-vous de la gamine.

Les deux fraccions dégainèrent à leur tour et se précipitèrent vers Mitsuki, passant juste à côté d'Hisagi. Celui-ci tenta de les intercepter, mais il ne réussit qu'à balafrer le visage de l'un des deux fraccions avant qu'Andes ne dégaine à son tour et n'intercepte son attaque suivante. Il fit un saut de côté. Il mettait ainsi Andes entre lui et le combat de Mitsuki. Mais ainsi, il empêchait l'espada de voir où en était l'autre combat tout en étant, lui, capable de voir si la jeune vice-capitaine était en difficultés, et de pouvoir l'aider si nécessaire. Le problème était que dans ce couloir étroit, il ne pouvait libérer Kazeshini sans risquer de la blesser, de se blesser lui même où de faire s'effondrer le plafond sur eux. Pour la même raison, il préférait ne pas passer en bankai tant qu'il ne saurait pas Mitsuki juste derrière lui, au seul endroit où il était sûr que ses attaques ne l'atteindraient pas. Dans ces conditions, le combat n'allait pas être facile.

D'autant plus que l'espada, lui, n'avait aucun scrupule.

-N'espère pas gagner ce combat shinigami, déclara l'espada tout en engageant le fer avec son adversaire. Les espadas d'aujourd'hui sont bien plus fort que ceux d'il y a quinze ans. Vous n'avez aucune chance toi et la femelle.

Hisagi se retint de lever les yeux au ciel. Les arrancars étaient toujours pourvu d'un égo aussi grand que Las Noches ou la Fortaleza. Ils semblaient oublier qu'Aizen avait volontairement donné à la première Espada l'impression qu'elle était toute puissante. Pourtant, au final, c'était l'expérience et la stratégie des shinigami qui avait remporté la victoire contre l'instinct et la force brute des hollows. Hisagi n'avait pas l'impression que ce septima espada soit plus puissant qu'une Hallibel ou qu'un Grimmjow. Ce n'était pas pour autant une raison de crier victoire trop tôt. L'espada pouvait garder quelques atouts dans sa manche.

Leur duel se résumait pour le moment à quelques passes d'armes. Chacun d'eux jaugeait la vitesse et l'habileté de son adversaire, en attendant de voir quels points faibles pouvaient être utilisés.

En même temps, Hisagi regardait Mitsuki combattre du coin de l'œil. Le combat n'était visiblement pas facile pour elle. Elle affrontait deux adversaires plutôt talentueux. Elle même était plutôt douée. Elle avait un bon instinct pour parer, c'était son attaque qui était souvent bancale. Et d'être armée d'un minuscule keikan ne lui facilitait pas la tâche. Elle paraît les assauts comme elle le pouvait, tout en s'infiltrant chaque fois qu'elle le pouvait sous la garde de ses adversaires pour tenter de leur planter son keikan dans le corps. Elle leur avait porté quelques coups, mais elle même était marqué d'estafilades assez profondes sur les bras et le ventre. Hisagi allait devoir abréger son combat s'il voulait pouvoir l'aider à temps.

-Mignonne la petite shinigami hein ?, l'apostropha l'espada. Elle a l'air d'être tout à fait ton genre en tout cas. Mais tu n'est pas concentré... J'aime qu'on me prenne au sérieux.

Le reiatsu du septima se concentra autour de son épée.

-Déchire, Vibora , prononça l'espada.

Hisagi fit un saut en arrière pour se préparer à l'assaut de l'espada en mode de libération. À première vue, l'espada n'avait subit aucune amélioration physique de taille, si ce n'est que l'une de ses mains était désormais dotée de griffes d'os, ressemblant davantage aux crocs d'un serpent, d'où suintaient quelques gouttes d'un liquide verdâtre. Hisagi devait désormais se battre contre un adversaire avec deux armes. Il évita un coup du katana. Mais ne put empêcher les griffes de lui laisser une quintuple estafilade sur la jambe. Puis, alors qu'il se dégageait après avoir presque embroché Kazeshini dans le bras droit de l'espada, les griffes l'éraflèrent à nouveau au bras. Il n'avait pas perdu beaucoup de sang, mais Hisagi trouvait qu'il s'affaiblissait vite, trop vite. Il n'arrivait plus à parer les attaques de son adversaire à temps.

Celui-ci éclata de rire.

-Et bien shinigami, tu trouve un peu lent non ? C'est ça ma libération, chacune de mes griffures ralentit la vitesse de réaction du membre touché. Où t'ai-je touché pour le moment ? La jambe gauche, le bras droit... Mais que se passerait-il si je te frappais aux autres membres.

Il joignit le geste à la parole. Hisagi tentait de parer, mais ses gestes étaient trop lents, et chaque blessure le ralentissait davantage. D'un sonido, le septima s'éloigna pour contempler son ouvrage. Il fit une petite grimace ironique.

-A cette vitesse tu mettra dix minutes ou plus à m'atteindre shinigami. Pourtant je ne suis qu'à dix mètres de toi.

Il soupira et se détourna d'Hisagi.

-Vraiment, ce combat est inintéressant, soupira-t-il. J'attendais mieux d'un capitaine. Mais je vais pouvoir m'occuper de la charmante petite shinigami.

Hisagi sentit des sueurs froides lui couler dans le dos à cette simple idée. Il tentait désespérément de bouger son corps qui refusait de répondre normalement, à l'exception de sa tête qui seule n'avait pas été touchée par les griffes de l'espada.

Il ne pouvait que regarder, impuissant, où en était Mitsuki de son combat.

La jeune fille était en mauvaise posture. Il pouvait voir une blessure saigner profondément à son côté gauche et une longue estafilade sur sa main l'empêchait de tenir convenablement son keikan. Elle fatiguait, et il était clair que le combat allait se terminer rapidement.

Pourtant, elle n'abandonnait pas, au contraire. Elle continuait à parer chaque attaque qu'elle arrivait à anticiper et elle arborait un air concentré sur son visage. Hisagi pouvait l'entendre murmurer ces deux mots, « pas encore », de manière répétée. Tout en se demandant si elle avait une stratégie, un plan commençait à germer dans la tête du capitaine.

Soudain, alors qu'elle ne faisait plus que reculer en parant de manière désordonnée, elle s'arrêta et se mis en position pour attaquer.

-Maintenant !, cria-t-elle, avant de prononcer la phrase de libération de son shikai. Renvoie, Uminara !

Le keikan devient soudain une naginata de près de deux mètres de long. Aussitôt, Mitsuki passa à l'attaque. Manœuvrant l'encombrante arme du bas vers le haut, elle réussit à intercepter l'attaque suivante des deux fraccions. L'impact fut brutal, et les deux adversaires de la jeune shinigami propulsés dans le mur derrière eux avec violence. L'espada se précipita alors vers elle à l'aide d'un sonido, mais elle réussit à parer d'extrême justesse, et l'espada fut à son tour propulsé en arrière.

Hisagi comprit qu'il n'aurait pas d'autres occasions.

-Mitsuki, derrière moi, lui intima-t-il.

Sans protester, la jeune fille le rejoignit en deux shunpos. Il l'entendait respirer à toute allure. Elle était à bout de force, prête à s'écrouler. L'espada se relevait, mais Hisagi ne lui donna pas le temps de réagir. Il déclencha son bankai.

Kazeshini changea dans sa main. Contrairement à son état lors du shikai, il n'y avait plus deux faux doubles, mais une seule, plus grande encore. Son envergure égalait presque celle du couloir. L'arme se terminait par une chaîne de métal, aussi longue que celle du shikai. Il n'aurait pas pu s'en servir si un allié s'était tenu près de ses trois cibles.

L'espada éclata de rire.

-C'est ça ton bankai shinigami ? N'espère pas me vaincre avec ça. Je suis un vasto lorde. Il faudra beaucoup plus que cette arme pour m'abattre. Et comment compte tu la manier si tu ne peux pas bouger ?

Le capitaine ne daigna pas lui répondre immédiatement. Il se tourna vers Mitsuki.

-Prend mon arme, et envoie là vers n'importe lequel de ces trois là, murmura-t-il. Vise bien, mais laisse la chaîne dans ma main.

À son grand regret, il ne pouvait pas bouger assez vite pour lancer Kazeshini avant que l'espada ne soit sur eux. Il s'attendait que le zanpakuto proteste à l'idée d'être manœuvré par un autre que lui, mais Kazeshini restait silencieux. Aucune réprobation n'émanait de lui, juste l'attente jouissive du combat et de la mise à mort qui le caractérisait.

Mitsuki saisit l'arme, et, maladroitement, la lança vers leurs adversaires. Sous sa forme de bankai, Kazeshini était lente et l'un des deux fraccions se précipita au devant de l'arme et eut tout le temps de la saisit à main nue avant qu'elle n'atteigne l'espada.

-C'est ça ton bankai shinigami ? Vraiment pas impressionnant !

-Le but de Kazeshini n'a jamais été d'être impressionnant, répondit Hisagi. C'est une arme meurtrière, qui vise une mort efficace plutôt que la beauté du geste comme d'autres zanpakutos. Elle ne vise pas non plus la rapidité ou la furtivité. C'est pourquoi il est facile de l'arrêter. Mais si j'insuffle mon reiatsu dans cette arme,...

Il joignit l'action à la parole, et un flot de reiatsu commença à parcourir la chaîne de Kazeshini. En quelques secondes, l'arme entière en était imprégnée. Le fraccion commença à la regarder avec suspicion.

-Si j'insuffle mon reiatsu dans cette arme, alors le bankai s'active véritablement. Vous êtes morts, tous les trois.

À ces mots, le reiatsu sembla s'échapper de la double faux. En fait, sur la lame double, de nouvelles excroissances naissaient, devenant à leur tour des lames acérées. C'était comme une forêt de lames qui naissait sur Kazeshini, chaque nouvelle lame en voyant pousser cinq ou six nouvelle sur elle. En une fraction de seconde, la première excroissance transperça la main du fraccion, l'empêchant de lâcher Kazeshini. Une seconde plus tard, l'arbre de lames acérées le transforma en pelotes d'épingles dans sa croissance. Puis, poussant dans tous les sens, elle transperça le second fraccion. L'espada effectua un sonido pour rejoindre Hisagi et l'attaquer, mais des lames poussèrent à leur tour sur la chaîne de Kazeshini. L'espada fut empalé en plein vol par dix lames en même temps.

Hisagi cessa alors d'insuffler son reiatsu dans le zanpakuto. La croissance de l'arme s'arrêta, alors que tout le couloir était envahi de lames acérées. Un instant plus tard, Kazeshini avait repris son aspect normal tandis que les corps des trois arrancars tombaient au sol, inertes.

Sans plus s'occuper d'eux, Hisagi se tourna vers Mitsuki. Visiblement, la mort de l'espada l'avait libéré de sa paralysie.

Mitsuki regardait Kazeshini d'un air ébahi.

-Alors c'est ça le bankai d'un capitaine ?, finit-elle par souffler. C'est... impressionnant.

-Kazeshini n'est pas une arme qui fait dans la dentelle, répondit Hisagi sur un ton d'excuse. Elle en est difficilement maîtrisable.

Mitsuki grimaça.

-J'ai encore du chemin à faire, hein ?

-Tu as fait de grands progrès, répondit Hisagi en reprenant sa marche. Viens, cherchons un endroit pour nous mettre en sécurité et soigner ces blessures.

Il entendait Mitsuki le suivre, tâchant de rendre ses pas aussi silencieux que les siens. Il poursuivit la discussion.

-Quand Abaraï, Kira et moi avons commencé à te donner des conseils, tu tenais à peine correctement ton épée. Maintenant, tu as découvert ton shikai. Que fait-il exactement d'ailleurs ?

-Je suis encore en train de le découvrir. Uminara... Elle n'est pas très bavarde, et elle veut que je progresse par moi même. D'après ce que j'ai compris, et qu'elle a bien voulu confirmer, quand elle passe en shikai, elle libère l'énergie emmagasinée par les coups qu'elle a reçu. C'est pour ça que j'ai attendu avant de la libérer. Ensuite, elle fait de même. Chaque coup reçut me permet de répliquer plus fort. Pratique quand on est pas douée avec les armes, comme moi.

-Un zanpakuto de protection en somme. Intéressant.

Hisagi était un peu surpris. Il se serait attendu à ce qu'elle ait un zanpakuto beaucoup plus proche de celui d'Ichimaru ou d'Ukitake, étant donné son histoire et son reiatsu particulier. Mitsuki le guida vers les plafonds des couloirs, et ils trouvèrent un tunnel suffisamment grand pour qu'ils s'y tiennent assis sans problème. Sortant des bandages, et y joignant l'aide du kido, Hisagi s'occupa des blessures de Mitsuki.

-J'aurais voulu un zanpakuto de soin, avoua la jeune fille. Je n'aime pas me battre, j'aurais voulu rejoindre la quatrième division. Mais on m'a donné le choix : rester à l'académie ou rejoindre la sixième. C'était pas vraiment un choix. Je n'avais aucun ami là-bas. Alors que je vous avais vous : Kira-san, Abarai-san... et vous Hisagi-san. Vous avez toujours été très gentil avec nous. Merci.

Hisagi était gêné par ces remerciements. Il ne lui semblait pas en avoir tant fait pour les deux gamins.

Il allait répondre lorsque Mitsuki s'écroula en laissant échapper un râle de douleur. Elle s'étreignait la poitrine et ouvrait la bouche comme si elle cherchait désespérément un souffle d'air.

-Mitsuki ? Que se passe-t-il ?, demanda Hisagi, transi d'effroi devant cet événement imprévu.

-Gin, murmura-t-elle avec peine. C'est Gin... Il... Shû...

Après ces quelques balbutiements, elle s'évanouit, parvenue à bout de ses forces. Hisagi chercha frénétiquement le reiatsu de Gin dans la Fortaleza. Mais s'il trouva ceux de Starrk et d'Hirako, vacillants mais bien présents, celui de Gin n'était présent nulle part.

Mitsuki poussa un grand cri avant de s'effondrer à nouveau. Puis, son reiatsu s'éteignit à son tour.

Hisagi resta de longues minutes à tenir son corps inerte dans ses bras, cherchant à comprendre ce qui c'était passé. Mais il n'arrivait plus à penser clairement, figé par l'effroi.

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J'espère que ce chapitre vous aura plu !

Je sais, je suis cruelle avec la fin abrupte de ces deux points de vue ! Mais je suis assez fière de ce chapitre. Après tout, on apprend enfin l'identité du second traître et les plans d'Aizen se mettent enfin en action...

Que c'est-il donc passé pour que Mitsuki réagisse ainsi ? Où en sont Starrk et Hirako ? Quels sont les plans d'Aizen ? Que va-t-il arriver à Byakuya et Renji ? Où en est Gin ? Voilà toutes les questions que vous devez vous poser maintenant.

En attendant, si vous avez des hypothèses à partager, des critiques, ou tout simplement l'envie de me laisser un petit mot, n'hésitez pas ! J'ai hâte de savoir l'impression que vous aura laissé ce chapitre longtemps attendu...