Voici enfin le chapitre 22 de Sang et d'Ame. La conclusion approche à grands pas, d'ici un à deux chapitres normalement. Bonne lecture à tous ! N'hésitez pas à laisser une review.

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Chapitre 22 : Fights in the desert

Après un long moment à assimiler les horreurs qu'il avait commis durant sa précédente vie, Gin se reprit. Ressasser le passé était inutile alors qu'il pouvait essayer de changer le présent.

« Très bien, réfléchit-il à haute voix. On doit bien pouvoir trouver un moyen de vaincre Aizen.

Hirako émit un reniflement ironique parfaitement audible. Gin se tourna vers lui avec un grand sourire, les yeux mi-clos.

-Je hais Aizen autant que vous tous. Il détient mon corps et ma sœur est probablement coincée, désincarnée quelque par entre les deux. Donc, au cas où vous vous le demanderiez, oui, je veux le voir à terre. De préférence en gardant mon corps en vie, merci. Alors si ce n'est pas pour émettre une suggestion, je serais très satisfait de te voir fermer ta grande gueule Hirako. Des idées ?

-La méthode Kurosaki est curieusement efficace, déclare Starrk d'une voix endormie avant de sourire. Foncer en croisant les doigts pour que ça marche.

-Sans Inoue la probabilité de finir avec des membres arrachés est bien trop élevée à mon goût, répond Hisagi en grimaçant. Mais je crains que nous n'ayons pas mieux. Et nous avons peut être un avantage pour le moment.

-Lequel ?

-Aizen doit être dans le même état que Gin : perdu dans un corps nouveau. Et le Hogyoku doit lui aussi s'adapter à ce corps. C'est une faiblesse à exploiter.

L'idée méritait réflexion. Cependant, une autre venait à l'esprit de Gin.

-Que se passerait-il si on tuait le corps véritable d'Aizen ? À quel point son âme et son corps spirituel sont-ils encore liés ?

-Nous n'avons pas le temps d'y réfléchir, trancha Hirako. Ichimaru tu viens avec moi pour chercher Aizen. Hisagi et Starrk, occupez-vous de trouver et d'achever son corps.

-Non.

La voix de Gin trancha de manière définitive. Hirako le regarda comme s'il n'était pas décidé s'il devait se retenir de l'étrangler sur le champ.

-Je ne cherche pas à faire mon malin Shinji, expliqua Gin rapidement. Je pense juste qu'Hisagi est plus apte à aider Mitsuki à se battre pour réintégrer son corps que toi.

-Pourquoi ?

Gin se pinca les lèvres. Il n'y avait pas de bonne façon d'annoncer une telle nouvelle et Mitsuki allait lui arracher les yeux pour l'avoir fait à sa place.

-Mitsuki est amoureuse d'Hisagi. J'espère qu'entendre sa voix pourra l'aider si elle est coincée entre nos deux corps. Je crois pas que ta présence l'aide Shinji : elle te déteste. »

Il n'y avait pas grand chose à répliquer à cela et Hirako du se plier à la décision des trois autres. Le capitaine et l'ancien espada disparurent par un couloir adjacent, se dirigeant vers la salle du trône d'Aizen, là où le déferlement d'énergie consécutif au changement de corps d'Aizen s'était produit. L'évènement avait laissé une trace dans le reiatsu ambiant du Hueco Mundo suffisamment nette pour qu'ils puissent rejoindre l'endroit sans peine. Il ne restait plus qu'à espérer que le corps d'Aizen s'y trouvait.

Hisagi et Gin se retrouvèrent seuls à nouveau. Ils auraient dû se précipiter également vers Aizen. Son reiatsu, surpuissant, était parfaitement repérable quelques étages plus loin et plus bas. Mais ils n'arrivaient pas à détacher leurs regards l'un de l'autre.

Gin fut le premier à réussir à regarder ailleurs. Il grimaça.

« C'est la chose la plus bizarre qui me soit arrivée. Et j'ai servi Aizen pendant des années, j'en ai vu des choses étranges.

-Ce que tu as dit...

-C'est vrai. Désolé de l'avoir annoncé comme ça. Mais c'est vrai. Toi et Izuru vous avez toujours été terriblement gentils avec nous. Vous avez été quasiment les seuls à nous traiter comme deux enfants, pas comme des réincarnations dangereuses.

-Je ne pouvais pas vous rendre coupable des crimes commis par le passé, dans une autre vie et dont vous n'aviez pas souvenir. Maintenant tu te souviens de ta vie en tant qu'Ichimaru. Les choses sont différentes.

-Et je vais payer mes crimes en me rachetant, promis Gin, avant de ricaner. C'est tout Mitsuki ça, tomber amoureuse d'un homme gentil et attentionné. Moi, il fallait que je m'enamourache de Shinji... Il faut toujours que j'obtienne ce qui me résiste.

Hisagi ne répondit rien, le regardant avec pitié. Gin aurait voulu lui arracher ce regard. Il ne voulait de la pitié de personne. À vrai dire, il ne demandait pas d'amour ou d'amitié non plus. Il se contentait de ce qu'il avait : sa sœur, et bientôt il espérait sa vengeance sur Aizen. Il attendait de pouvoir tuer celui-ci depuis plus de cent ans désormais. Pour tout ce que cet homme avait fait à Izuru, Rangiku et Mitsuki il mourrait. Il fallait un monstre pour en détruire un autre, et Gin était celui-là. »

Les deux shinigami se jaugèrent du regard, pesant la résolution dans les yeux de l'autre. Satisfaits de ce qu'ils virent, ils prirent leur élan et, de pas de shunpo en pas de shunpo, se rapprochèrent d'Aizen. Toute leur attention était fixée sur le combat à venir et ils s'interdisaient toute émotion qui se mettrait en travers de leur route. Ce jour, ils le savaient, était celui de la défaite ou de la victoire définitive d'Aizen.

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A la surface, inconscients des combats qui allaient se jouer dans la Fortaleza, les shinigami et les arrancars avaient commencé à se battre. L'intrusion de Sasakibe dans la tente d'Ukitake avait été pour les habitants du Hueco Mundo le signal de déclanchement d'un assaut qui se voulait fatal. Contrairement aux shinigamis, ils étaient prêt à ce combat de longue date, leurs plans étaient dressés et prêts à être exécutés. Deux espadas s'immiscèrent entre la tente de commandement et les capitaines, empêchant ceux-ci de porter secours à leur chef.

Dans la tente, son zanpakûto croisé avec celui de Sasakibe, Ukitake entendit les hurlements de rage et les gémissements d'agonie résonnant dans les deux camps. Sa place était parmi les combattants, mais il lui fallait pour cela passer Sasakibe. Malgré tout son talent et son expérience, il doutait d'en être capable dans son état. Par ailleurs, il savait que le vice-capitaine de la première division était bien plus dangereux que son apparence le laissait croire.

« J'imagine que vous avez vous même tué les capitaines Kuchiki et Abarai, demanda-t-il d'un ton anodin pour gagner du temps.

-Je les ai laissés agonisants. Ils ne pouvaient pas revenir avec toutes les informations glanées dans la Fortaleza bien sûr.

-Bien sûr, répéta Ukitake d'un air absent. J'avoue être impressionné. Vous avez réussi à cacher votre traîtrise aussi bien que Tozen. Par curiosité, cela fait combien de temps que vous nous avez trahi ? J'ai du mal à faire coexister cette nouvelle image de vous avec celle du vice-capitaine fidèle de Yamamoto.

-Lui avait droit à ma fidélité et ma dévotion ? Mais vous ? Abarai, Kyôraku ou Zaraki, aucun de vous n'a la grandeur et la sagacité du capitaine Yamamoto. Vous n'êtes que des gamins incapables de prendre les décisions qu'il faut. Je lui ai dit pendant des années qu'aucun de vous n'était capable de prendre sa relève. Et qui choisissent-ils pour le remplacer ? Un malade et un faible !

-L'ambition donc, murmura Ukitake d'une voix où pointait la déception.

-De l'ambition ? Moi j'appelle ça du dévouement. Moi seul pouvait finir l'œuvre du capitaine. En vingt ans vous n'avez pas été capable de vaincre Aizen et vous me faites la leçon ?

-C'est donc pour cela que vous avez trahi.

-Je préfère voir l'œuvre du capitaine-commandant anéantie plutôt que de la voir affaiblie et déformée sous vos mains incompétentes, cracha Sasakibe. Vous ne pouvez plus m'arrêter. Les plans d'Aizen sont trop parfaits. »

Ukitake allait poursuivre ses questions, profitant du besoin de s'épancher du traître. Vraiment, songea-t-il pourquoi ressentaient-ils tous le besoin de parler au moment de trahir, quand avouer son ressentiment aurait permit de régler bien des problèmes ? Cependant, au moment d'ouvrir la bouche, il eut l'impression de sentir un sabre s'enfoncer dans son crâne, anéantissant toute pensée cohérente. Il crut entendre une voix aiguë, celle de Mitsuki lui semblait-il, hurler avec terreur avant de pousser un gémissement angoissé.

''Oh pitié, faites que quelqu'un m'entende...''

Il baissa sa garde une seconde, juste assez pour que Sasakibe s'y immisce. Il riposte à temps et le coup ne fit que lui transpercer le bras. Le capitaine para et repoussa la lame, avant de se remettre en position de défense. Lui et son ennemi s'étudièrent un long moment en silence, calculant leurs chances et le meilleur moyen de tirer profit de leurs armes pour asséner un coup fatal.

« Je regrette que vous voyez les choses ainsi, finit par dire Ukitake. J'aimerais pouvoir vous convaincre de votre erreur.

-Je ne fais pas erreur, rétorqua Sasakibe, ses lèvres se pinçant en une grimace désaprobatrice. En deux mille ans, j'ai eu le temps de voir l'étendue des faiblesses des shinigami qui sont venus après nous.

-A moi de vous convaincre que vous avez tort ! »

Et Ukitake passa à l'attaque, dévoilant son shikai et renvoyant à son attaquant chaque coup porté. La voix de Mitsuki se faisait plus forte, sa peur débordant dans sa voix. Il ne comprenait pas d'où venait cette illusion auditive.

''Gin ! Que quelqu'un aide Gin ! Oh Shûhei... Aidez moi ! Je ne sais pas où je suis !''

Ukitake se força à ignorer cet appel à l'aide. Il ne pouvait rien pour elle, où qu'elle soit. Il ne pouvait qu'essayer de lutter pour survivre. Un éclair jaillit, issu du zanpakuto de Sasakibe. Malgré toute la rapidité de Sogyo no Kotowari, le capitaine-commandant ne put empêcher l'éclair de transpercer sa peau aussi facilement que l'aurait fait une lame d'acier. Son bras droit fut traversé par une douleur fulgurante. L'électrocution était douloureuse, et Sasakibe savait l'utiliser à merveille pour anéantir ses ennemis par une douleur qui s'étendait au corps tout entier.

Submergé par cette douleur, Ukitake laissa tomber le sabre qu'il tenait de sa main droite. Son bras tout entier tremblait sous la brûlure de la foudre. Pour empirer sa situation précaire, il sentait une nouvelle quinte de toux se frayer un chemin dans sa gorge. Il se précipita au sol pour rattraper son arme, priant pour avoir le temps de déchaîner son bankai avant que sa maladie ne l'handicape davantage.

Son pied glissa sur du sang, le sien ou celui de son adversaire, il n'en savait rien. Il fit de son mieux pour se rattraper, mais son bras blessé plia sous son poids et Sasakibe profita de l'énorme ouverture qu'il lui présentait. En quelques secondes, Ukitake se retrouva cloué au sol par l'épaule, le sabre de Sasakibe envoyant dans sa nouvelle blessure décharge d'éclairs sur décharge d'éclairs.

De son bras libre, Ukitake chercha vainement à atteindre son sabre, tout en essayant de réussir à se souvenir des paroles exactes d'une incantation de kido puissante. Penser devenait difficile sous ces vagues de douleur.

« Voilà bien qui prouve que j'ai raison de vous traiter de faibles, déclara joyeusement Sasakibe avec un sourire tordu. Vous voilà à terre, vous, le soi-disant shinigami capable de remplacer le capitaine-commandant à la tête de nos troupes. Si vous êtes aussi faible Ukitake, qui donc pourrait l'égaler ?

-Moi au moins vous ne me traiterez pas de faible, déclara une voix féminine empreinte d'une douceur infinie derrière Sasakibe.

Ukitake redressa la tête et Sasakibe écarquilla les yeux de surprise. Derrière eux se tenait Unohana qui soutenait un Byakuya Kuchiki sanguinolent, mais encore conscient. À leurs côtés, appuyé contre l'un des montants de la tente, un arrancar aux cheveux d'un bleu sombre, le chiffre 2 tatoué sur son poumon dénudé, regardait la scène sans intervenir. Il portait sur ses épaules la forme inanimée d'une arrancar au crâne à moitié rasé et aux cheveux rouges. Le chiffre 9 était tatoué sur son front. Ni l'un ni l'autre ne semblaient blessés. Une petite arrancar aux cheveux châtains, sans chiffre visible, les accompagnait, serrant une compresse sur son ventre pour empêcher du sang qui coulait d'une blessure de se répandre.

-Traître !, hurla Sasakibe en ôtant son sabre de l'épaule d'Ukitake pour la diriger vers l'arrancar.

-Je ne crois pas avoir été le premier à trahir ici, lui rétorqua celui-ci.

Sasakibe envoya une décharge d'éclairs vers lui, mais elle fut interceptée par Unohana. Toujours souriante, mais d'un sourire sinistre promettant des souffrances infinies, la capitaine de la quatrième division dégaina son sabre tout en laissant Kuchiki glisser à terre.

-Je fus la première élève de Yamamoto et non vous. Je fus la première à envisager une division médicale et à en prendre la direction. Mais faible ? Je ne l'ai jamais été. Je ne souhaite simplement pas avoir le pouvoir d'un capitaine-commandant. Je laisse ce poste à ceux qui comme Ukitake sont aptes à diriger. Cette place n'est pas dû au plus fort ou au plus intelligent mais au plus compétent. Vous n'êtes pas plus un dirigeant que moi Sasakibe.

-Oh si. Car moi je préserverait l'œuvre du capitaine-commandant.

-Son œuvre ? Celle d'un vieillard qui n'a pas vu la menace que représentait Aizen ? D'un homme qui était incapable de clémence ?

-La clémence est ce qui vous a tous rendu faibles.

À ces mots, le reiatsu d'Unohana se fit plus pesant et menaçant. Son visage était plus terrifiant que Ukitake ne l'avait jamais vu, rempli de joie à l'idée du combat et d'une mort à venir.

-Le désir de paix est ce qui rend les gens forts imbécile. Je n'ai jamais été plus puissante que le jour où j'ai abandonné les champs de bataille et le titre de Kenpachi pour étudier le corps humain. Mais je n'en ai pas perdu mon désir de tuer ou mon habileté au combat et je vais vous prouver que nous sommes dignes de poursuivre son œuvre. »

Sasakibe n'eut pas le temps de répliquer qu'Unohana s'était glissée dans son dos et qu'elle lui transperçait la gorge de son propre zanpakuto. Des éclairs s'échappèrent de la plaie et s'éparpillèrent dans la pièce tandis que le traître s'effondrait en arrière en émettant un horrible gargouillis.

Les regards des trois hommes présents se fixa avec effroi et admiration sur Unohana. Le visage, le vêtement et les cheveux de celle-ci étaient constellés du sang de Sasakibe. En quelques secondes, son expression meurtrière fut remplacé par le doux masque qu'elle arborait habituellement. D'un geste machinal elle essuya ses mains sur son haori avant de se pencher sur Ukitake.

« Vous êtes toujours aussi impressionnante de précision madame, souffla-t-il tandis qu'elle examinait ses blessures.

-Nous n'avions pas le temps de nous perdre en vaines paroles. Du moins, pas plus qu'il n'en fallait pour le déconcentrer.

-Effrayante, murmura l'arrancar aux cheveux bleus en souriant largement. Tout à fait mon genre de femme.

-Qui sont ces gens ?, demanda Ukitake tout en tentant de rester conscient. J'ai l'impression d'avoir raté beaucoup de choses en quelques minutes. »

Unohana entrepris de résumer la situation tout en soignant ses blessures, épaulée par Byakuya. Celui-ci avait été secourru par l'arrancar, Freizich alors qu'il agonisait auprès du cadavre de Renji. La fraccion de celui-ci, Axel, avait pu stabiliser l'état du capitaine pour le transporter. Avec l'aide d'Unohana, qui les avait rejoints lorsqu'elle avait senti le reiatu de Byakuya, ils avaient à eux quatre réussi à franchir les arrancars qui avaient investi le camp.

« Et vous êtes arrivés à temps, reconnu Ukitake en se redressant avec difficulté. Je vous en remercie tous. Même si j'avoue m'étonner de voir un arrancar faire défection. Vous n'avez jamais été très nombreux à quitter Aizen.

-En effet, reconnut Freizich en souriant à pleines dents. Et j'aurais pu rester à son service jusqu'à la fin. Peut m'importe qui me donne des ordres tant que je peux me battre, Aizen est un maître aussi valable qu'un autre.

Il déposa d'un geste presque doux l'espada inconsciente sur le sol.

-Le précédent secundo se nommait Javez Gallia. C'était mon ami et il m'a fait promettre en mourant de prendre soin de sa sœur. J'ai juré que nul ne lui ferait du mal et elle est plus en danger auprès d'Aizen qu'auprès de vous. Sa foi en Aizen est sa plus grande ennemie.

-Contre votre aide, vous pouvez être sûr que nous ferrons tout ce que nous pouvons pour assurer sa sécurité, promit Ukitake. Même si ce doit être contre son gré.

-Vous avez ma parole alors, et celle de ma fraccion. Nous vous obéirons.

-Alors allez prêter main forte à nos troupes. Nous vous rejoindrons dès que nous serons soignés.

L'espada s'inclina et sortit de son fourreau un long sabre tandis que sa fraccion dégrafait de son dos deux énormes éventails blancs. Sans ajouter un mot de plus ils se précipitèrent dans la bataille qui faisait rage autour de la tente. Dehors, les cris redoublèrent quand le secunda espada commença à décimer les rangs de ses anciens alliés.

À l'intérieur, Unohana continuait de travailler sur les blessures d'Ukitake. Celui-ci tourna son regard vers elle.

-Soyez sincère Unohana. Il y-a-t-il la moindre chance que Byakuya ou moi puissions rejoindre le champ de bataille ?

-Non, reconnut brutalement la médecin. Kuchiki a perdu trop de sang même si ses blessures ne sont pas mortelles. Libérer son sabre lui serait impossible.

-Alors contentez-vous de bander mes blessures, déclara Byakuya d'une voix faible mais décidée. Ne perdez pas de temps sur moi quand vous pourriez changer le cours de la bataille avec vos soins.

-Ne perdez même pas de temps à nous soignez, trancha Ukitake. Je sais que Yamamoto trouvait cela trop dangereux, mais joignez-vous à la bataille en tant que combattante.

-Je risque d'être incapable de me retenir, répondit Unohana en frissonnant tout autant d'inquiétude que d'excitation. Les pertes que je causerais dans nos rangs peuvent nous coûter la victoire.

-J'en prends le risque. La situation est trop grave. Allez-y et...

Un nouvel hurlement dans sa tête interrompit Ukitake. Il lui semblait que chaque nerf de son corps était en feu. Il sentit se corps se tordre sous la douleur sous les mains d'Unohana.

Dès qu'il sentit la douleur refluer, il desserra ses dents et souffla son ultime ordre.

-Partez Retsu. C'est un ordre.

-Je vous envoie Isane, déclara la médecin d'une voix inflexible.

-Si vous pensez le devoir, mais partez. »

Les mains d'Unohana lâchèrent son corps et Ukitake s'effondra sur le sol. Il entendit vaguement le déplacement rapide de sa vieille amie tandis qu'elle employait le shunpo et la voix de Byakuya le priant de rester conscient. Il lui était toutefois incapable de se concentrer sur ses paroles tant la douleur était forte. Avec elle, la voix de Mitsuki revient à la charge.

Père ! Oh père ! Aidez-moi !

Je suis-là, s'efforça de dire Ukitake. Je suis là.

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Le monde était noir autour de Mitsuki. Elle ignorait où elle était et depuis combien de temps elle était là. Au moins, se dit-elle en une vaine tentative de positiver, elle se souvenait de comment elle y était arrivée. Elle se souvenait d'Aizen et des hurlements de Gin qu'elle avait entendu alors même qu'il était à une distance telle qu'elle n'aurait pas du entendre. Elle se souvenait d'une autre vie, passée elle aussi dans l'obscurité la plus complète.

Mitsuki avait senti son âme quitter son corps et elle restait là, à flotter dans l'obscurité en se demandant si c'était cela, la mort.

Par moment, la jeune fille croyait entendre des voix. Celle de Gin surtout et celle de Shûhei. Des murmures qui la rassuraient.

« Accroche-toi Mi-chan, chuchota Gin d'une voix qui semblait prête à se rompre.

-Tiens bon Mitsuki. Nous allons trouver un moyen de t'aider. »

À deux ou trois reprises, ce furent les voix d'Aizen et d'Ukitake qu'elle entendit. Entre ces rares instants où elle se demandait si elle entendait bel et bien ces voix, ou si c'était une illusion dans le silence terrible de cet endroit, elle hurlait au secours. Cependant, dans cet endroit, elle n'était même pas capable d'entendre sa propre voix même en criant jusqu'à s'en déchirer la gorge. Peu à peu, Mitsuki céda à la panique.

L'endroit lui paraissait de plus en plus sombre et silencieux. Il lui semblait mourir un peu plus à chaque instant qui s'écoulait. Elle appela Gin et Shûhei chaque fois qu'elle crut entendre leur voix. Elle suppliait, tempêtait, rien n'y faisait. Personne ne lui répondit.

« Gin, je t'en prie, supplia-t-elle une fois de plus. Entends moi. Shûhei, capitaine Ukitake, Kira, Renji, capitaine Kuchiki, quelqu'un... »

Seul le silence lui répondit.

Elle avait depuis longtemps abandonné, se contentant de pleurer doucement dans l'obscurité. Le temps passait sans rien apporter de nouveau dans cette espèce de prison obscure. Elle ne savait pas si quelques secondes s'était écoulées, ou quelques siècles.

Puis, elle entendit le rire d'Aizen et quelqu'un hurler. Gin. Des grognements de douleur, Shûhei. Mitsuki hurla à nouveau, de terreur et d'angoisse. Ils avaient besoin d'aide, mais qui pouvait les aider ? Elle était impuissante.

« Gin !, hurla-t-elle. Que quelqu'un aide Gin ! Oh Shûhei... Aidez moi ! Je ne sais pas où je suis ! ».

En vain.

Mitsuki sentit le froid de l'acier lui transpercer l'épaule et une douleur lancinante s'emparer de tout son corps. Submergée par la douleur, elle crut entendre une nouvelle voix.

« Si vous êtes aussi faible Ukitake, qui donc pourrait l'égaler ? »

Il y avait quelqu'un d'autre qui souffrait sans qu'elle puisse l'aider, réalisa-t-elle. Le capitaine-commandant. Son père. Mentalement, elle essaya de repousser les murs de sa prison, de l'atteindre, d'une manière ou d'une autre.

Elle perdait à nouveau tout espoir quand elle entendit sa voix.

Je suis là. Je suis là.

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J'espère que ce chapitre vous aura plus. N'hésitez pas à laisser un message pour me faire connaître votre opinion !