Bonjour à tous. Voici enfin ce chapitre 23 après un an d'attente, dont je m'excuse, j'étais occupée à réviser pour mes concours puis il a fallu que l'inspiration revienne. La bonne nouvelle, c'est que cette fois je vais pouvoir mener cette fic à son terme ! Ce chapitre compris, il ne reste plus que trois chapitres et les dernières pages sont en cours de rédaction.

J'ai tenté d'inclure dans ce chapitre autant de rappels que possible des derniers événements mais n'hésitez pas à revenir en arrière de quelques chapitres pour bien suivre.

Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser une review !

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Chapitre 23 : Face to face

Hirako et Starrk pénétrèrent avec précaution dans le sanctuaire d'Aizen au sein de la Fortaleza sans rencontrer une forte résistance. Ils s'y attendaient. Celui-ci étant probablement en route pour rejoindre le front, ses séides n'avaient aucune raison de s'attarder dans ces pièces.

Tout y était grandiloquant. Des marbres blancs se mêlaient à des sculptures en or massif et des colonnes de marbres verts, rose et rouge. Les tentures qui agrémentaient le froid des murs étaient choisies visiblement pour leur richesse et non pas pour leurs qualités esthétiques. L'ensemble était du plus mauvais goût.

En temps normal, un tel lieu aurait offert à Hirako nombre de remarques désobligeantes et bruyantes à l'encontre d'Aizen. S'ils gagnaient cette guerre, il reviendrait peut être même le photographier pour l'exhiber comme exemple de la mégalomanie de son ancien lieutenant. Cependant, si le lieu était approprié à la moquerie, Hirako n'avait pas le temps, ni l'esprit à s'y adonner. La situation était bien trop dramatique. Tout en vérifiant l'absence d'ennemis dans ce qui semblait être l'antichambre d'Aizen, Hirako récapitulait mentalement la situation.

Aizen était dans le corps d'Ichimaru. Ichimaru dans celui de Mitsuki, sa sœur jumelle. Quand à cette dernière, éjectée de son corps par Ichimaru, son sort était plus qu'incertain. Kira et Abaraï étaient probablement morts. Kuchiki s'était échappé pour prévenir la Soul Society de la menace qui pesait sur elle. Ne restaient donc dans la Fortaleza que Starrk, Hisagi et lui-même pour servir les intérêts de la Soul Society. En face se dressait une armée d'hollow, la moitié au moins de l'Espada, Aizen et deux autres traîtres, Momo Hinamori, aveuglée par son amour insensé et Rose. Hirako aurait refusé de croire Ichimaru s'il n'avait pas senti lui-même le reiatsu de son ancien camarade dans la Fortaleza peu après que le gosse l'ai dénoncé. Quand à Ichimaru, Hirako n'était pas capable de déterminer le camp dans lequel il se rangeait pour le moment. Le leur, sans doute, jusqu'à ce qu'il récupère son propre corps. Il était peu probable qu'il ait été un complice d'Aizen dans le vol de son propre corps. Au-delà, Hirako n'était sûr de rien. Après tout, quelques arrancars se battaient de leur côté et un vizard avait rejoint Aizen.

Starrk et lui pénétrèrent dans la salle suivante, une salle de réception au trône couvert de coussins luxueux. L'odeur de sang les agressa immédiatement. Les yeux grand ouverts figés dans une expression de surprise et de souffrance, Kira était allongé dans son propre sang. Hirako s'approcha pour examiner ses plaies. La mort était récente, une heure à peine. Le shinigami avait été transpercé de part en part par une dizaine de lames. Chaque coup avait évité les organes vitaux, indiquant que ses assassins avaient délibérément choisi de le laisser mourir étouffé par son propre sang. Aucune blessure ne ressemblait à ce que pouvait infliger l'arme d'Ichimaru.

Hirako ferma les yeux de Kira, en sachant qu'il ne serait pas la dernière victime de cette bataille. Tout ce qu'ils pouvaient espérer, c'est que les pertes ne soient pas trop nombreuses et que le corps de chaque shinigami tombé puisse être ramassé et ramené auprès des siens. Le capitaine finit par se redresser, laissant derrière lui le corps du jeune vice-capitaine.

Starrk s'était éclipsé dans la salle suivante pendant qu'Hirako rendait à Kira le seul hommage que le jeune homme recevrait peut-être. Hirako savait que ce n'était pas du mépris de sa part. L'ancien espada savait que la plupart des shinigami le pensaient incapable de véritables émotions. S'éclipser était devenu sa manière de montrer son respect tant pour les soldats tombés que pour ceux qui leur survivaient.

Hirako le rejoignit d'un pas rapide. Ils ne devaient pas s'attarder plus que nécessaire, même en camouflant leur reiatsu. Il examina rapidement leur environnement et su que c'était la pièce qu'ils recherchaient.

Celle-ci était loin d'être aussi luxueuse que les précédentes. C'était une infirmerie ou un laboratoire, peut-être un mélange des deux. On y trouvait un large lit monté sur une estrade, proche d'une table couverte de potions et d'aiguilles. Plusieurs perches munies de pochettes à perfusion environnaient la couche. Cependant, le plus intéressant dans la pièce étaient les deux colonnes de verre remplies d'un liquide bleu verdâtre qui occupaient le centre de la pièce. L'un d'eux avait été ouvert et le liquide s'était écoulé tout autour. Le second était occupé.

Les deux hommes observèrent quelques longues secondes le corps d'Aizen qui flottait à l'intérieur. Il était bien différent du chef arrogant qu'ils avaient vu pour la dernière fois quinze ans plus tôt, lors de la bataille d'hiver. Son corps était d'une maigreur presque cadavérique. Sa poitrine, là où il avait incrusté le Hogyoku, était presque nécrosée. Quand à son visage, il était émacié et trahissait une immense fatigue. C'était le visage d'un mourant.

« Je regrette un peu de ne pas avoir emmené une fraîche recrue n'ayant jamais rencontré ce salopard. Nous serions certain que c'est bien lui, murmura Hirako.

-Je préférerai aussi. Nous ne pouvons qu'espérer.

Hirako dégaina son sabre pour toute réponse et perfora la colonne de verre. Celle-ci explosa presque sous l'impact et le corps d'Aizen glissa à terre. Starrk se pencha pour en tâter le pouls.

-Il est vivant, déclara-t-il en se redressant, mais à peine.

-Alors achevons-le.

Le capitaine leva son sabre pour asséner le coup de grâce mais Starrk l'arrêta d'une main ferme.

-Est-ce la meilleure chose à faire ? Pour ce que nous en savons en détruisant son corps nous aidons Aizen à s'installer définitive dans le corps d'Ichimaru. Nous condamnons peut-être les jumeaux à mort.

Pendant une demi-seconde, Hirako hésita. Il n'avait d'amitié pour aucun d'eux. Mais avait-il le droit de dénier une possibilité de rédemption au traître quand l'un des vizard semblait s'être retourné contre les siens ? Ce moment d'incertitude fut vite balayée par la haine qu'il ressentait depuis trop longtemps.

-Pour anéantir Aizen, je prend le risque.

Avec ces mots, il transperça de son sabre le cœur d'Aizen. Aussitôt, une tâche de sang apparut sur les vêtements immaculés du maître du Hueco Mundo. Hirako ne parvenait pourtant pas à éprouver la moindre joie en voyant son ennemi à terre. Il savait trop bien que ce n'était que le corps qu'ils avaient achevé, tandis que son âme continuait à formenter ses plans. Il se tourna vers Starrk.

-Je ne suis pas prêt à prendre le risque que quelqu'un arrive à ramener de la vie dans ce corps. Anéantit-le et partons. »

Starrk hocha la tête et prépara un cero. Une lumière bleue aveuglante envahie la pièce, forçant Hirako à fermer les yeux. Quand il les rouvrit, seule la poussière et les fragments de tissu qui voletaient dans la pièce prouvaient que le corps d'Aizen avait bel et bien été détruit.

Sans un regard en arrière, les deux alliés quittèrent la pièce, bien décidés à rejoindre le combat principal à temps. Ils avaient soif de sang, et la destruction d'un corps inerte n'avait pu la combler. Ayant atteint leur objectif principal, la discrétion n'était plus leur préoccupation principale. Starrk détruisait les plafonds à coup de cero et, à grande vitesse, ils remontèrent dans les étages de la Fortaleza désertifiée. À la surface, la bataille avait débuté et le reiatsu d'Aizen se dirigeait droit vers elle. Les deux hommes désespéraient de le rejoindre à temps, quand soudain, ils sentirent Aizen s'arrêter, à plusieurs dizaines de mètres au dessus d'eux. Le reiatsu d'Ichimaru était tout près de lui.

Ils accélérèrent encore. Starrk détruisit un nouveau plafond, et évitant les débris s'abattant sur eux, ils pénétrèrent dans une vaste pièce blanche, vide de tout meuble.

L'endroit n'était cependant pas inoccupé et deux combats s'y déroulaient en même temps.

Au centre de la pièce, le capitaine Hisagi, couvert de sang, tenait avec peine à distance deux arrancars qui ne portaient pas l'ombre d'une égratignure. Quand au second combat, il aurait surpris un shinigami dépourvu des connaissances accumulées par Hirako au cours des heures passées au sein de la Fortaleza. Mitsuki, vêtue d'un simple vêtement blanc tâché de sang, se dressait face à son jumeau, habillé quand à lui d'un de ces luxueux kimono blancs qu'Aizen affectionnait, et une lueur noire brillait sur sa poitrine. Cependant, une dizaine de détails trahissaient le fait que les apparences n'étaient pas ce qu'elles semblaient être. L'air implacable figé sur le visage de Mitsuki traînait d'habitude sur le visage de Gin. Quand à celui-ci, il arborait le sourire moqueur et méprisant d'Aizen. Par ailleurs, on n'aurait jamais vu Hinamori se tenir volontairement auprès d'Ichimaru, ni afficher un air aussi possessif.

En voyant ce tableau, Hirako compris donc immédiatement que rien n'avait changé. Aizen possédait toujours le corps d'Ichimaru et le Hogyoku. Quand à Ichimaru, coincé dans le corps de sa jumelle, il semblait bien décidé à affronter son ancien maître. Hirako n'était cependant pas prêt à lui faire confiance et se précipita pour rejoindre le combat.

Rose, qu'il n'avait pas vu jusque là, l'intercepta en croisant le fer avec lui.

« Rose sale traître, lâcha Hirako d'une voix glaciale. Fais-moi la grâce de te laisser tuer rapidement que je nous venge tous en tuant Aizen.

-Je crains de ne pas pouvoir, ni vouloir te laisser passer, répondit Rose de sa voix douce en renforçant son emprise sur son zanpakuto. J'ai mes ordres, comme tu prend les tiens de la Soul Society qui nous as trahi. »

D'un pas de shunpo, ils s'écartèrent l'un de l'autre, se préparant à lancer leur première attaque. Starrk traversa immédiatement la zone qu'ils avaient libéré pour rejoindre son capitaine. Celui-ci était en mauvaise posture, acculé contre le mur par ses adversaires. Le premier garda toute son attention concentrée vers Hisagi. Starrk pouvait distinguer le chiffre trois tatoué sur sa joue. L'autre se tourna pour faire face à l'ancien espada et le salua d'un air mauvais. C'était un homme de taille moyenne, à la peau brune, aux cheveux nattés et arborant un 1 monumental sur sa poitrine.

« Si ce n'est pas mon prédécesseur que voilà... Je me présente, Calderos de Labarca. Tu es venu te confronter à un véritable espada digne du titre de primera ?

Starrk jaugea rapidement la puissance de Calderos. Elle était légèrement inférieure à la sienne, mais le nouveau primera, lui, disposait de son arme. Sans Lilinette, Starrk lui ne pouvait espérer passer en libéracion. L'issue d'un duel était plus qu'incertaine. Il aurait aimé refusé le combat, et l'aurait fait aux temps où il travaillait pour Aizen. Mais auprès des shinigami, l'arrancar avait appris l'honneur, la justice et le fait de protéger ses frères d'armes en leur servant de bouclier. Lui et Hisagi échangèrent un regard rapide, un salut respectueux et Starrk tourna à nouveau toute son attention vers le primera.

-Si c'est ce que tu veux, je te combattrais. Mais si tu veux prouver ta supériorité face à moi, battons nous ailleurs. Ici, je ne peux employer toutes mes capacités.

L'espada éclata de rire.

-Pourquoi ferai-je cela ? Je puis aussi bien t'abattre sur place.

-Certes. Mais si tu ne me bas pas à la régulière, toute l'espada dira que tu pensais ne pas mériter ton titre, que tu avais peur. À chaque heure du jour et de la nuit, ils seront là à t'observer, à apprendre tes faiblesses. Et tôt ou tard tu baisseras ta garde et l'un d'eux te dévorera pour prendre ta place. Tiens tu à celle-ci ?

Au fur et à mesure du discours de Starrk, le sourire de Calderos se figea. Starrk sut alors qu'il avait frappé au bon endroit. Comme à son époque, l'espada était un panier de crabes prêt à s'entretuer pour obtenir le privilège futile d'un tatouage. En quelques sonidos, Starrk s'éloigna du lieu du combat d'Hisagi, d'Hirako et d'Ichimaru. Quand il fut parvenu à distance suffisante, il s'arrêta, juste à temps pour intercepter un cero lancé dans son dos. Comme il s'y attendait, Calderos avait bondit à sa suite.

Malgré sa fatigue à l'idée du combat qui l'attendait, Starrk sentit un léger sourire flotter sur ses lèvres. Il avait réussi à éloigner un de leurs adversaires. La suite était entre les mains des deux capitaines et des jumeaux. Il espérait juste que la minuscule confiance qu'ils avait accordée à Ichimaru était bien placée.

Il n'osait pas se demander jusqu'à quel point il en doutait.

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Du coin de l'oeil, Gin observa Shinji, Starrk et Hisagi se répartir leurs adversaires. Cependant, l'essentiel de sa concentration se dirigeait vers Aizen et Hinamori. C'était étrange d'observer son corps de l'extérieur. Il lui paraissait étrangement plus grand. Par ailleurs, il semblait à Gin qu'Aizen était tout aussi mal à l'aise que lui dans son nouveau corps. Si Gin devait s'habituer à un corps féminin doté d'un équilibre légèrement différent, mais de taille et de poids assez similaire, Aizen, lui, devait apprendre à bouger dans un corps plus petit d'une dizaine de centimètres et également plus léger. Leurs premières passes d'armes s'en étaient ressenti. Tous deux butaient en utilisant le shunpo et avaient du mal à jauger la puissance et la portée de leurs coups. Le premier qui arriverait à s'habituer à ce nouveau corps disposerait d'un avantage certain.

Gin fit un pas de côté pour s'éloigner un peu d'Aizen et préparer sa prochaine attaque. Il tentait de planifier une offensive, mais n'était pas certain de pouvoir la mener à bien. Il disposait pour toute arme du keikan de Mitsuki alors qu'Aizen avait son propre zanpakuto. Shinso n'était nulle part en vue. Son ancien chef avait dû s'en débarrasser afin d'être certain de conserver l'avantage. Tout ce que Gin espérait, c'était que Shinso avait simplement été mise de côté et non pas détruite. Sa vengeance en ce cas là serait incomparable.

La vengeance.

Depuis cent ans, Gin Ichimaru ne vivait plus que pour ça, même s'il l'avait un temps oublié. Pendant des décennies, il s'était endormi en imaginant transpercer Aizen de son sabre pour venger Rangiku. Maintenant, aux sévices perpétrés sur Rangiku, il avait d'autres crimes à ajouter sur l'ardoise d'Aizen. La mort de Kira. La souffrance de Mitsuki, dont il entendait les murmures de terreur dans sa tête. Toute la haine que Gin accumulait depuis si longtemps ressortait. Elle transperçait dans son reiatsu menaçant, dans son regard glacial, dans son emprise assurée sur le keikan qu'il tenait.

Aizen, lui, était l'image même du calme et de la pondération. Le corps qu'il occupait décerna à Gin un sourire froid, ni amusé, ni moqueur, simplement dépourvu de la moindre émotion. Il esquissa une attaque, mais manqua de s'emmêler les pieds et recula. Gin choisit de conserver une stance défensive plutôt que d'attaquer en vain.

« Quel regard mon cher Gin, finit par déclarer son adversaire. N'est-ce pas moi qui devrait faire l'offensé pour ta trahison ?

-Un traître n'a pas à s'offenser quand on le trahit, répondit Gin en souriant. S'il est incapable de loyauté, comment pourrait-il l'exiger de ses hommes ? Pouviez-vous demander de moi de la loyauté quand vous comptiez me tuer pour prendre mon corps et continuer votre course au pouvoir ?

-Tu n'as aucune loyauté Gin.

-Si.

Pour la première fois de sa vie, Gin réalisa que c'était vrai.

-Je suis loyal. Pas à des concepts comme la Soul Society ou l'honneur, mais à des personnes. Attaquez-les et je vous traquerais jusqu'à vous avoir abattu comme un chien enragé.

-Dis-le si ça te chante. Mais toi et moi savons qu'en vérité tu ne te préoccupe que de toi même. »

Un sourire sincère naquit sur les lèvres de Gin pour la première fois depuis la disparition de Mitsuki. Une épiphanie le frappa. Aizen avait raison. Ichimaru Gin ne se préoccupais que de lui-même, certes, mais cette affirmation était à conjuguer au passé. Le Gin d'aujourd'hui – Inari ou Ichimaru, qu'importe le nom qu'on lui donnait – était différent. Il avait des amis, Isuzu, Rangiku, Renji, Hisagi, des gens qu'il respectait vraiment, comme Ukitake, des personnes qu'il aimait...

Mitsuki.

Shinji.

Il les aimait. Cette révélation lui enflamma la poitrine. Sa façon d'aimer n'était pas toujours la bonne, il faisait des erreurs, mais son amour était sincère et faisait de lui quelqu'un de meilleur. Il n'était pas comme Aizen, un homme uniquement préoccupé de vengeance ou de soif de pouvoir au point d'ignorer tout ce qui n'était pas lui même. Il n'était plus Ichimaru le traître, il était Gin. Il était un shinigami. Il était un homme, plus un enfant. Et comme un homme, il se battait pour protéger ce qui comptait le plus à ses yeux.

Sa famille.

Il attaqua. D'un glissement de shunpo, il se faufila derrière Aizen et saisit au collet Hinamori avant de la coller contre le mur. L'ancien capitaine de la cinquième division n'eut pas le temps de réagir.

« Tu as tenté de me tuer, lui asséna-t-il en plaquant son keikan sur sa gorge. Tu as failli tuer ma sœur parce qu'elle se trouvait sur ton chemin. Tu as regardé l'espada assassiner Kira, ton meilleur ami qui était amoureux de toi pendant des années juste pour m'atteindre. Tu es... tu est pire que je l'ai jamais été. Je n'aurais jamais fait du mal à Rangiku, même si elle s'était tenue entre moi et Aizen. Tu me dégoutte. »

Hinamori lui cracha au visage pour seule réponse. Ses yeux brillaient de haine. Elle se débattait pour sortir son zanpakuto de son fourreau, mais Gin fut plus rapide. Il l'égorgea d'un geste prompt et dégaina son arme. Muni de deux sabres qui ne lui appartenaient pas, il se sentait en meilleure posture pour affronter Aizen.

Il se retourna vers ce dernier, enfin prêt à attaquer.

Il réalisa alors qu'Aizen n'avait pas échoué à l'empêcher d'atteindre Hinamori. Il avait sacrifié sa complice pour prendre le temps d'apprendre à manœuvrer son nouveau corps et de synchroniser davantage son âme, son corps et le Hogyoku. Aizen sourit et dressa son zanpakuto vers Gin.

Celui-ci réalisa immédiatement ce qu'Aizen s'apprêtait à faire. Dans cette vie, ni Gin ni Mitsuki n'avaient jamais vu le shikai libéré d'Aizen. Celui-ci n'avait jusqu'ici pas utilisé la propriété de son zanpakuto à cause de sa faiblesse. Maintenant qu'il se remettait peu à peu, il disposait à nouveau de cet avantage sur ses ennemis.

Gin réagit de la seule façon possible. Il ferma les yeux.

« Crois-tu que tes paupières sont une barrière suffisante pour me retenir Gin ?

-Si ce n'était pas le cas, vous auriez libéré votre shikai.

-Ou bien c'est déjà fait mais mon illusion t'as empêché de l'entendre.

-Je ne prendrais pas le risque d'ouvrir les yeux pour vérifier, si vous me le permettez.

-Alors voyons comment tu te débrouilles dans cet état. »

Les yeux toujours fermés, Gin se concentra sur chaque bruit. Derrière lui, il entendait haleter Shinji et son adversaire. Ces deux-là avaient cessé d'échanger des insultes depuis plusieurs minutes et s'étaient engagés dans une danse mortelle. Gin pouvait entendre l'acier de leurs sabres se heurter régulièrement. Il n'en était pas certain, mais il pensait que les deux vizards se battaient sans utiliser leur shikai. Ils devaient trop connaître leurs capacités respectives pour pouvoir les utiliser avantageusement.

Un peu plus loin, Gin reconnaissait le bruit caractéristique de Kazeshini lancée à toute vitesse. Un léger souffle de vent l'atteignit quand Hisagi la lança vers son adversaire. Plus loin encore, Gin sentait Starrk, vivant et combattant encore.

Un bruit léger le ramena vers le combat qu'il menait lui-même. C'était le bruit d'une sandale sur le sol, signe qu'Aizen allait bouger. D'instinct, il se retourna et para juste à temps avec le sabre d'Hinamori. De l'autre main, il réussi à érafler la peau d'Aizen avec Uminari.

Il entendit Aizen jurer et pivoter pour lancer une autre attaque. Il sentit une ouverture et s'apprêta à la pénétrer.

« Recule ! »

La voix de Mitsuki retentit dans la tête. Il réagit instinctivement et sauta en arrière, assez rapidement pour éviter le coup de travers qui aurait pu lui ouvrir le ventre jusqu'aux entrailles. Un bruit de tissu déchiré lui fit réaliser que le coup n'était pas passé loin. Il entendit Hisagi jurer.

« Mitsuki ?

Gin lança cette question dans le vent, espérant sans y croire qu'elle lui répondrait.

-Elle n'est plus là, répondit Aizen. Tu l'as tuée en prenant sa place. Il ne me reste plus qu'à vous détruire son corps et toi. Ensuite ce sera le tour d'Ukitake, ce faible capitaine-commandant. Dès que vos trois âmes liées seront effacées, je dominerais pleinement ce corps et le Hogyoku. Je libérerai mon bankai et cette fois tous mes plans se réaliseront !

-Votre mégalomanie ne s'est pas calmée à ce que je vois, commenta Gin en épongeant la sueur qui perlait à son front. Je suis sûr qu'Uruhara ou Shinji pourraient vous recommencer de très bon psychologues sur Terre parce qu'il vous faut consulter mon vieux !

-L'humour ne te mènera pas plus loin que tes manigances et tes mensonges passés.

-Peut être. Peut être aussi m'ont-ils menés plus loin que vous le pensez. Faites-moi taire si je vous ennui. »

Le jeune homme passa à l'offensive, surprenant Aizen. Il sentait que sa chance de victoire consistait à surprendre Aizen. Il ne devait pas se battre comme Ichimaru, ni comme Mitsuki le faisait avec son keikan. Il devait utiliser un mélange de leur façon de combattre, mais surtout comme aucun d'eux ne le faisait d'habitude. Aizen le voyait comme l'Ichimaru de jadis. Il devait le renforcer dans cette certitude.

« Attends ! »

C'était une certitude désormais. Il entendait Mitsuki. Tout en gardant Aizen à distance, il se concentra sur sa voix.

« N'écoute pas les bruits du combat. Cherche le battement de cœur, la respiration. »

Sage conseil réalisa Gin en fuyant une fois de plus le sabre de son adversaire. Aizen se servait d'illusions même sans libérer son zanpakuto. Il tapait trop fort du pied pour lui faire croire qu'il était plus près qu'il ne l'était réellement. Il utilisais l'écho de la salle pour le déconcentrer. Des artifices utiles, mais Aizen ne savait pas que Gin possédait une partie des souvenirs de Mitsuki qui avait été aveugle toute une vie. Il pouvait utiliser ces connaissances pour appuyer son instinct et parer Aizen.

Intérieurement, Gin jubilait. Aizen ne savait pas que Mitsuki n'était pas morte. C'était sa voix qu'il avait entendu. Il en aurait juré. Cela signifiait qu'elle était toujours là, quelque part. La prise du jeune homme sur ses armes se renforça. Il se battait pour elle. Pour qu'elle puisse vivre. Et même si Aizen pensait que les liens de sang ou d'amitié étaient une faiblesse, Gin savait qu'ils étaient une force.

Cependant, malgré toutes ses précautions, toute sa rage de gagner, Gin ne se voilait pas la face. Il était en train de perdre. Même s'il avait évité les coups les plus dangereux d'Aizen, il arborait désormais de multiples blessures qui l'handicapaient dans son combat et sa cécité forcée n'arrangeait rien. Il entendit le frôlement d''un zanpakuto dans l'air, trop près. Gin était acculé contre un mur et ne pouvait plus reculer C'était la fin. Il espérait simplement que l'un de ses sabres lui permettrait d'emmener Aizen dans sa tombe.

Le zanpakuto s'arrêta à quelques millimètres de sa poitrine.

« Qu'est-ce que ? »

Gin prit le risque d'ouvrir les yeux une seconde pour comprendre ce qui se passait. À la périphérie de sa vision il put voir Hisagi libérer son sabre planté dans le pied du tercera espada qu'il affrontait, trop absorbé dans son combat pour pouvoir aider Gin. Shinji et Rose étaient effondrés sur le sol, couverts de sang, immobiles. Leurs reiatsu étaient toujours présents, mais faible. Gin n'était pas certain qu'un seul des deux vizards s'en sorte vivant. Mais le plus intéressant c'était de voir Aizen, figé dans son attaque et incapable de bouger, même si son bras tremblait dans une vaine tentative de finir son geste. Il paraissait tout aussi surpris que Gin.

Celui-ci crut entendre un éclat de rire.

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