Et voici, après une longue attente, l'avant dernier chapitre de cette fic ! La résolution est proche. Je vous souhaite une bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser une petite review !
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Chapitre 24 : Three souls in the storm
« Je suis là, avait résonné la voix d'Ukitake autour de Mitsuki. Je suis là.
Elle s'était immédiatement sentie rassurée entourée de cet amour paternel. Cependant, elle pouvait également sentir de la détresse émaner de la présence immatérielle et cela l'inquiétait. Etait-il blessé, mort ? Était-elle morte ?
-Je n'en sait rien, mais paniquer ne nous aidera pas. Je suis blessé sérieusement au moins. C'est aussi nouveau pour moi que pour toi Mitsuki. Je n'ai jamais entendu parler de pareille expérience. Nous devons nous en accommoder et utiliser notre... situation au mieux pour aider nos amis et alliés. »
Gin, Shûhei et les autres... Pour eux, Mitsuki était prête à tout. Elle focusa toute son attention sur Gin, dont elle sentait la présence lointaine. Elle se raccrocha à lui comme une ancre et se sentit peu à peu attirée à lui. Elle ne lutta pas. La présence de son frère la rassurait et peut-être pourrait-elle lui être utile ainsi.
Le monde autour d'elle était toujours aussi noir mais, maintenant qu'elle était à côté du corps physique de Gin qu'elle pouvait presque toucher, elle pouvait dorénavant entendre ce qui se passait autour d'elle dans le monde matériel.
Gin était avec Starrk, Shûhei et Hirako, autant dire en sécurité. Calmée par cette idée, Mitsuki écouta attentivement leurs conversations avec une incrédulité croissante. L'idée de Gin dans son corps et d'Aizen dans celui de son frère était déplaisante mais elle n'eut pas le temps de s'attarder dessus, ni sur la confession de son amour pour Shûhei que Gin fit à sa place.
Ils étaient en guerre, et le combat final approchait. Aizen allait payer pour la chose tordue qu'il avait fait de Gin, même si Mitsuki ne doutait pas que Gin était déjà légèrement tordu avant même d'avoir rencontré Aizen. Des souvenirs qui n'étaient pas les siens lui en disaient assez sur l'ignoble personne qu'avait été le capitaine de la troisième division. Elle se souvenait du discours qu'il lui avait tenu avant qu'ils ne meurent tous les deux. Cependant, ces souvenirs lui disaient aussi que Gin avait changé, qu'il changeait encore. Elle lui faisait confiance et ne le jugerait pas pour ses actes passés, seulement pour ce qu'il entreprendrait dans l'avenir. Pour cela, encore fallait-il qu'ils survivent au combat à venir. Seulement, Mitsuki doutait de pouvoir être d'une aide quelconque aux combattants. Elle haïssait sa faiblesse.
« Mon cœur et ma cécité il y a quinze ans et maintenant ceci... Pourrais-je jamais aider les miens ?, murmura-t-elle dans le vent.
-Il n'y a pas besoin de se tenir face à l'ennemi avec un sabre à la main pour aider, l'admonesta Ukitake. Tenir une arme ne fait pas de toi un shinigami. Tiens toi aux côtés de ceux à qui tu tiens, soutiens-les, aide-les à se relever quand ils tombent puis apprend-leur à ne pas trébucher. Défend les par tes mots d'abord, par ton sabre ensuite.
-Un shinigami n'est-il pas un soldat, une arme vivante ?
-Seulement si tu penses comme la seconde ou la onzième division. Ton esprit est ta première arme, garde-le affûté.
Mitsuki médita sur ces mots et une idée lui vint.
-Nous pouvons entendre ce qui se passe par notre lien avec Gin. Pouvons-nous lui parler ?
La jeune fille sentit le sourire d'Ukitake à défaut de le voir.
-Essaie. »
Pour l'instant, elle était aussi aveugle que Gin qui luttait les yeux fermés contre Aizen, mais elle avait plus de pratique que lui. Elle se concentra sur chaque bruit du combat, tentant de faire abstraction des autres duels qui se déroulaient dans la pièce. Bientôt, elle fut capable d'entendre le moindre frôlement du vêtement de Gin, le plus discret roulement de caillou sous le pied d'Aizen. Elle entendit venir une attaque avant son frère et hurla à Gin de reculer. À son étonnement et soulagement, il obéit, puis écouta ses conseils. Ukitake avait raison, elle pouvait se battre d'une certaine manière. Cette pensée la revigora un instant avant qu'elle sente, trop tard, un frôlement dans l'air, bien trop prêt de Gin. Ce coup allait le faucher à la poitrine, peut être le tuer.
Mentalement, elle plongea vers Aizen, vers le corps de Gin. L'instant suivant, elle possédait un corps, des muscles fatigués, des os brisés. D'un effort surhumain, elle interrompit l'élan du corps qui allait planter son arme dans la poitrine de Gin. Ses yeux plongèrent dans les yeux de Gin qui occupaient son propre corps – et comme c'était étrange de se voir ainsi, depuis l'extérieur – et put voir toute la fatigue et la détermination du jeune homme et ses yeux s'écarquillaient de stupéfaction. Elle entendit un éclat de rire stupéfait de la part d'Ukitake. Gin profita de cet instant de répit pour s'écarter vivement d'Aizen et fermer à nouveau les yeux. Il agit juste à temps car Aizen s'empressa de rejeter Mitsuki hors du corps où elle l'avait un instant supplanté.
« La jeunesse ne cessera de m'étonner, murmure Ukitake. Je n'aurais jamais songé à faire ça.
-Si Gin a pu prendre ma place dans mon corps, il n'y avait pas de raison que je ne puisse faire de même.
-Mais Aizen sait dorénavant que ton âme est encore là. Il ne se laissera plus surprendre. »
Mitsuki hocha mentalement la tête et reporta son attention sur les bruits du combat.
« Ainsi, fit Aizen en tournant lentement autour de son ancien subordonné, cette petite curieuse de Mitsuki est encore là. Crois-elle pouvoir t'aider ou veut-elle simplement récupérer le corps que tu lui as volé ? Peu importe, bientôt tu seras mort et elle n'aura aucun endroit où revenir.
Gin ne répondit pas à la provocation, se contentant de contrer l'attaque d'Aizen.
-Crois-tu qu'elle est ton espoir de rédemption ? Crois-tu qu'elle continuera à te soutenir quand elle verra que tu es incapable de protéger tes compagnons ?
Mitsuki entendit Aizen effectuer un pas de shunpo. Avant même d'entendre le bruit du zanpakuto tranchant la chair, elle sut ce qu'il s'apprêtait à faire. Elle tenta de l'en empêcher comme la fois précédente, mais Aizen rejeta sa présence comme si elle n'était qu'une mouche légèrement ennuyante et acheva son geste. Shûhei hurla de douleur, un cri inhumain qui semblait ne jamais s'arrêter. Un hurlement de peine et d'incrédulité lui fit écho. Mitsuki ne réalisa pas immédiatement que c'était le sien.
« Calme-toi, lui intima la chaude présence de Ukitake, oscillant entre compassion et reproche.
-Shûhei... Il...
-Il n'est pas encore mort. Il le sera si nous n'agissons pas. J'ai un plan.
Ces mots réussirent enfin à calmer Mitsuki. Si Ukitake disait qu'il y avait une chance, elle le croyait. Mais elle peinait à voir ce qu'ils pouvaient faire pour aider Gin.
« Nous sommes deux âmes désincarnées, Gin est blessé et ne se bat même pas avec son zanpakuto, rappela-t-elle avec un mordant plus proche du phrasé de Gin que d'habitude. Je vois difficilement ce que nous pouvons faire.
-Tu l'as dit, il se bat avec une arme qui n'est pas la sienne. Mais toi tu peux la manier et si tu parviens à pénétrer ton corps et te battre avec Gin...
-Mais même ainsi...Aizen est un capitaine chevronné et je n'ai qu'un shikai. En quoi cela pourrait-il aider Gin ?
-En rien... Sauf si tu atteint le bankai.
-C'est possible ça ?, intervint Gin, prouvant ainsi que leur lien à tout trois était assez fort pour qu'il entende parfaitement leur conversation désormais.
-Peut-être. Je sais que l'idée parait absurde ainsi énoncée. Personne n'a atteint le bankai en cinq minutes, pas même des génies comme Kurosaki ou Hitsugaya. Mais nos âmes sont étroitement mêlées et deux d'entre nous ont atteint le bankai. Si ton Uminari peut être convaincue de te laisser ta chance de la dompter, notre puissance pourra peut être faire la différence.
-Et qui dit que ce bankai sera utile face à Aizen ?, demanda Mitsuki qui ne demandait qu'à essayer cette idée démentielle.
-C'est dingue, murmura Gin. Mais ça peut marcher.
-De quoi parles-tu ?, demanda Aizen, intrigué.
-De ta fin prochaine. Maintenant ! »
Le jeune homme ouvrit son esprit et Mitsuki et Ukitake s'engouffrèrent dans la brèche qu'il avait ainsi ouvert. Ce corps était le sien, pourtant Mitsuki avait l'impression d'y être étrangère. Tout y était familier pourtant, mais elle avait changé, irrémédiablement. Une incitation muette venue de Gin lui rappela de se concentrer. Elle obéit et bientôt elle se mit à percevoir une odeur d'iode et un bruit de vague.
Elle ouvrit les yeux et elle se tenait sur un rocher nu encerclé par les eaux. Une pluie battante et un vent terrible réduisirent Mitsuki en une silhouette humide et tremblotante en quelques secondes. C'était la toute première fois qu'elle pénétrait dans le monde de son zanpakuto mais elle n'avait pas le temps d'observer celui-ci. Uminari se tenait sur un rocher semblable au sien, l'air sereine mais une moue de déplaisir affichée sur son beau visage. Ses bras croisés sur son kimono en lambeaux indiquaient sa contrariété.
« Non, déclara-t-elle tout de go.
-Réfléchissez Uminari. C'est une question de vie ou de mort pour Mitsuki, intervint Ukitake qui a réussi à la suivre dans ce monde, la main posée sur son épaule.
-Quelle différence cela fait-il ? Elle mourra tôt ou tard et je disparaîtrait avec elle. Elle ne me mérite pas encore et je ne laisserait pas une gamine nous ridiculiser en montrant son inaptitude à utiliser un bankai.
-Je peux y arriver, l'interrompit Mitsuki. Je peux y arriver et tu seras fière de nous.
Ukitake émit un petit claquement de langue. Mitsuki se tourna vers lui et le regarda dissimuler une étincelle satisfaite dans son regard.
-Tu n'es pas prête, répéta Uminari.
-À nous trois nous pouvons y arriver. Et n'aimeriez-vous pas qu'on se souvienne de vous deux comme cela ? On en parlera encore dans mille ans de la foi où un bankai fut maîtrisé en quelques minutes. Même avec de l'aide, c'est un sacré exploit !
Uminari foudroya du regard le capitaine qui ne s'en soucia pas.
-Ce n'est que pour unique fois, continua-t-il. Et puis, tous admirent un zanpakuto qui déroge à ses principes pour sauver son maître.
-Une seule fois pour nous sauver tous, renchérit Mitsuki qui voyait désormais comment Ukitake tentait de manipuler le zanpakuto. Ensuite je te jure que je m'entraînerait dur et que dans moins de six mois j'atteindrai par moi-même le niveau de maîtrise que tu attends de moi pour m'offrir le bankai.
Ukitake avait mit le doigt dans le mille : l'orgueil était le principal défaut d'Uminari. Elle ne résista pas à la tentation d'être le plus célèbre de tous les zanpakuto pour son abnégation, sa puissance et sa volonté. La pluie et le vent se calmèrent doucement.
-Très bien. Je vous laisse libre d'accéder à mon bankai. À vous de maîtriser sa puissance et son pouvoir car je ne vous aiderai pas davantage. Montre toi digne de ce don Mitsuki ou plus jamais je ne te laisserait utiliser ma force.
Mitsuki s'inclina humblement devant la grande femme aux cheveux d'un noir de jais.
-Je m'y efforcerai chaque jour de ma vie.
Uminari sourit et le monde redevint noir.
-Ensemble ?, demanda Mitsuki.
-Ensemble, répondirent Gin et Ukitake avant de hurler d'une même voix les mots qui pouvaient les sauver tous. Bankai ! »
Mitsuki sentit une vague d'énergie sortir de son arme, si puissante qu'elle n'aurait jamais été capable de la contenir et de diriger seule. À ses côtés, Gin et Ukitake luttaient pour y parvenir. C'était désormais Mitsuki qui contrôlait le corps qu'ils occupaient. Avec l'expérience acquise en se battant avec son minuscule keikan, Mitsuki utilisa le shunpo pour se propulser contre la poitrine d'Aizen. Elle n'avait pas le temps de réfléchir à comment le frapper pour épargner son corps et laisser à Gin une chance de retrouver son corps. Elle frappa de toute ses forces, les yeux toujours fermés, enfonçant l'arme jusqu'à la garde dans la poitrine du corps de Gin au moment même où le bankai se déclencha. Aizen hurla puis se tut. Au même moment, la jeune fille sentit Gin et Ukitake disparaître de sa conscience, la laissant seule dans son esprit pour la première fois depuis des heures. Sous le choc de cette double disparition, elle ne parvint pas à conserver le bankai actif plus longtemps. L'énergie disparut et la jeune femme s'effondra à terre.
Après quelques secondes passées à retrouver son souffle, elle se figea pour écouter ce qui se passait autour d'elle. Elle n'entendait rien que le souffle rauque de respirations. Aizen était peut être encore là, prêt à frapper, mais elle ne pouvait le savoir. Elle prit le risque de redresser la tête et d'ouvrir les yeux. Elle s'assura d'abord de son état de santé et constata avec soulagement qu'elle était bel et bien dans son corps. Celui-ci lui semblait subtilement différent. Chacun de ses muscles et de ses os la faisait atrocement souffrir mais elle ne voyait étrangement aucune blessure alors qu'elle était certaine de les avoir senti plus tôt.
Le lieu du combat était étrangement propre. Elle s'attendait à voir du sang, des murs à moitié détruits mais il n'en était rien, tout était immaculé. Shûhei était effondré à l'autre bout de la pièce sur le corps de son adversaire et Mitsuki sentit son cœur se contracter d'angoisse. Il n'y avait pas de sang, mais elle ne voyait pas sa poitrine se soulever. Elle entendit Hirako jurer doucement et se tourna vivement de l'autre côté. Le corps de Gin était allongé par terre et l'observait, les yeux mi-clos. Il ne fit aucun geste pour s'emparer de l'arme à ses côtés. Mitsuki resserra son emprise sur son propre zanpakuto et le braqua vers la gorge du jeune homme.
« Qui es-tu ?
-C'est moi Mi-chan, souffla Gin.
C'était lui, elle en était presque certaine. C'était ses yeux, sa posture. Aizen ne pouvait pas être aussi bon imitateur.
-Qu'est-ce qui me le prouve ?
-Ma bonne foi ?, demanda-t-il d'une voix faussement innocente et elle se jeta dans ses bras.
-J'ai eu si peur, lui chuchota-t-elle à l'oreille.
Les bras de Gin se refermèrent précautionneusement sur elle. Ils restèrent quelques précieuses secondes ainsi avant de s'écarter. Ils s'examinèrent du regard. Gin avait changé. Son visage avait perdu ses dernières rondeurs enfantines et il avait prit quelques centimètres. Mitsuki se demanda s'il en était de même pour elle.
-Et Aizen ?, finit-elle par demander.
-Parti. Je me suis retrouvé arraché de ton corps et propulsé dans le mien. J'ai senti Aizen en être expulsé au moment où j'y entrais. Je ne sais pas ce qui c'est passé. Et les blessures de nos deux corps ont disparu.
-Un zanpakuto aux pouvoirs temporels, murmura Hirako d'une voix où perçait une légère admiration. C'est un type très rare de zanpakuto à sortilège. L'un des sièges de la quatrième division en a un, un zanpakuto qui annule et emmagasine en lui l'énergie des blessures qu'il touche. Si je ne me trompe pas, ton bankai s'est chargé de tout réparer et remettre à sa place normale, des murs tombés lors du combat à nos blessures.
Mitsuki resta béate de stupéfaction devant le pouvoir qu'avait manifesté son arme. Gin siffla pour montrer son admiration.
-Avec un peu d'entraînement ça peut être très vicieux. Tu pourrais soigner tes blessures mais restaurer celles qu'à subi ton adversaire par le passé. Ou bien...
-On en parlera plus tard, l'interrompit la jeune femme. Et Aizen ? Ukitake ? Leurs âmes sont-elles retournées dans leurs corps ?
L'idée les tétanisa tous les trois. Cela voulait dire qu'Aizen était libre de revenir les affronter.
-Je pense que nous n'avons pas à nous inquiétez de cela, les rassura la voix lente et mesurée de Starrk.
Ils se retournèrent vers celui-ci. Starrk, couvert de sang, aidait Shûhei à se redresser. Au grand soulagement de Mitsuki, celui-ci était vivant. Elle réprima des larmes de soulagement. La main de Gin, rassurante, sur son épaule l'aida à ne pas céder au torrent de larmes hystériques qui menaçaient de la submerger depuis plusieurs minutes.
-Ton attaque m'a ramené des griffes de la mort Mitsuki, la remercia Shûhei d'une voix fatiguée. J'étais en train d'agoniser. Mon adversaire, lui, était déjà mort et l'est toujours. J'imagine que même ce pouvoir ne peut ressusciter les morts.
-Rose est mort aussi, déclara Hirako d'une voix pleine de colère à peine contenue envers son ancien camarade. Nous avons tué le corps d'Aizen, nous sommes tranquille.
Gin se releva en grimaçant de douleur et saisit le sabre d'Aizen à ses pieds.
-Je ne vais pas prendre le risque de voir Aizen se relever parce que nous étions trop fatigués pour aller vérifier, déclara-t-il d'un air impérieux. Qui vient vérifier avec moi ? »
Starrk et Hirako le suivirent, des éclairs dans les yeux. Ces deux-là voulaient encore goûter au sang de leurs adversaires. Peut-être était-ce la partie hollow en eux qui parlait, peut être juste leur nature profonde ou le résultat de ce qu'ils avaient subi à cause d'Aizen. Mitsuki l'ignorait, mais pour sa part, tout désir de bataille l'avait abandonné. Elle était lasse, elle voulait dormir et ne plus jamais sortir de son lit.
Shûhei se leva et vint s'asseoir à côté d'elle. Ils restèrent un long moment silencieux à s'examiner du regard, à chercher les séquelles du combat sur le corps et dans les yeux de l'autre. Finalement, Shûhei lui sourit doucement.
« Tu as été très brave Mitsuki, commença-t-il en lui parlant comme à une enfant fragile.
-Je n'en ai pas l'impression.
En cet instant, elle se sentait effectivement presque une enfant ayant besoin de réconfort. Mais elle réalisait qu'en retrouvant tous ses souvenirs et en ayant frôlé ceux de Gin, d'Ichimaru, elle avait définitivement quitté l'enfance pour l'âge adulte. Cela la rendait triste, et heureuse à la fois d'être enfin sur un pied d'égalité avec tous ces shinigami qui l'avait aidé à grandir. Maintenant, elle désirait être traitée comme telle, surtout par Shûhei à qui elle avait donné tout son cœur de gamine. Adulte, elle l'aimait toujours mais différemment et elle aspirait à ce que ses sentiments lui soient rendus.
-J'avais si peur que j'étais à peine capable de bouger, avoua-t-elle.
-Alors tu n'en as été que d'autant plus brave, déclara Shûhei avec sincérité. Pour être franc, je suis encore terrorisé durant la plupart de mes combats, surtout quand je dois utiliser Kazeshini. J'ai peur de perdre et de causer des pertes dans les rangs de mes hommes, peur de blesser ceux que je chercher à protéger... Il m'a fallu des années pour comprendre que ma peur me rendait fort parce qu'elle me permettait de ne pas oublier les enjeux d'un combat et qu'elle me forçait à me dépasser.
-Embrasser sa peur pour la vaincre...
-C'est cela, approuva Shûhei qui semblait surpris qu'elle comprenne aussi bien.
-N'est-ce pas plus facile à deux ?, demanda Mitsuki avec un petit sourire presque aguicheur.
-Peut-être, fit Shûhei après un moment d'hésitation. C'est quelque chose qu'on peut essayer. »
Ils se sourirent timidement et restèrent assis dans un silence confortable, à retrouver leur souffle. Soudain, une violente explosion en contrebas fit trembler tout le bâtiment et les deux shinigami se relevèrent, le corps entier en alerte. Surgissant du sol oblitéré par un cero, Gin, Hirako et Starrk surgirent. Mitsuki remarqua que son frère avait récupéré son zanpakuto qu'il portait à la ceinture à côté de celui d'Aizen.
« Tout va s'effondrer, hurla Gin, il faut se tirer d'ici ! »
Les deux shinigami n'avaient pas besoin de plus. Ils s'engouffrèrent à la suite des autres. Évitant les morceaux de plafonds qui tombaient sous les attaques de Starrk, tous finirent par atteindre la surface.
Ils s'effondrèrent sur le sable avec un soulagement qu'ils ne cherchaient même pas à dissimuler. À côté d'eux, le sable glissait pour engloutir la Fortaleza qui s'effondrait sur elle-même. À l'horizon, Mitsuki distinguait des flammes et des éclairs.
« L'autre champ de bataille, murmura-t-elle. Les combats durent toujours là-bas.
Elle s'efforça de ne pas penser au capitaine Ukitake. Avait-il été rejeté comme Aizen pour trouver un corps mort incapable de l'accueillir ? Elle craignait de jamais pouvoir remercier ce presque père pour toute l'aide et le réconfort qu'il lui avait offert.
-Il faut arrêter les combats au plus vite, asséna Shûhei. Je ne suis pas sûr que notre camp soit en train de gagner au vu des force que nous avons croisé dans la Fortaleza.
-Comment ?
-J'ai un plan, sourit Gin.
Mitsuki lui sourit en retour. Quoi que soit ce plan, vu son sourire, c'était tordu mais cela pouvait marcher.
-On t'écoute, décréta Hirako d'une voix dépourvue d'animosité envers lui pour la première fois depuis longtemps. »
Décidément, s'extasia la jeune fille, cette journée était pleine de surprise.
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Voilà donc pour cet avant dernier chapitre. N'hésitez pas à laisser une review !
