Chapitre XXXXVI

Pendant que Gabrielle remettait ce qui lui restait de ses vêtements, la guerrière regarda avec malice le sang tomber goutte à goutte de son chakram jusqu'au sol. Soudain, un bruit derrière elle attira son attention. L'homme qu'elle avait sonné était revenu à lui et était occupé à se lever difficilement. Bien. Elle pourrait le faire souffrir. Elle effectua un salto arrière pour arriver jusqu'à lui et appuya sur sa carotide avec ses doigts, ayant remis auparavant son chakram ensanglanté à sa ceinture.

Gabrielle avait avancé d'un pas, n'étant pas sûre de ce qu'elle voulait. La blonde n'était pas pour la mort d'êtres humains mais il l'avait presque violée. Tout se mélangeait dans sa tête. Elle n'arrivait même plus à poser le pour et le contre. Elle avait enfin fini par réussir à cacher sa poitrine par son haut qui était à moitié déchiré.

X : Je viens de couper l'arrivée du sang à ton cerveau. Tu seras mort dans 30 secondes.

Bandit : Que veux-tu ? dit-il en tombant à genoux devant elle.

Il commençait à devenir rouge, saignant du nez et essayant de ne pas céder à la panique.

X : Oh mais rien. lui sourit-elle machiavéliquement. Je veux juste que tu profites de tes dernières secondes de vie … Tu sais, on ne s'en prend pas à mes esclaves comme ça. Ils m'appartiennent.

Donc tout ceci était juste parce qu'elle lui appartenait ? Elle avait juste été sauvée par possession ? Une larme s'échoua dans les replis de sa peau lorsqu'elle réalisa qu'elle n'était rien d'autre qu'une esclave parmi tant d'autres pour l'Impératrice. Elle aurait dû s'échapper lorsqu'elle en avait eu l'occasion. Mais la Conquérante aurait très certainement fait souffrir sa famille et brûlé son village. Que pouvait-elle faire ?

G : Xena ! Stop !

Elle avait dit ces deux mots sur un ton autoritaire et fort. Elle s'était redressée, avait séché sa larme d'un revers de la main et tenait tête à la guerrière. Celle-ci ne détourna pas ses yeux de glace de sa victime.

X : Reste en dehors de ça Gabrielle.

G : Xena ! Regarde-moi. continua-t-elle en avançant encore d'un pas.

La guerrière leva les yeux au ciel mais obéit presque miraculeusement à l'ordre de son esclave.

X : J'ai dit reste en dehors de cela ! Ne remet pas en doute mon autorité.

G : Laisse-le vivre.

X : Mais il a failli te violer !

G : Justement. C'est à moi que revient la décision de sa vie. Tu as déjà tué l'autre.

Xena regarda l'homme dont la vie s'échappait de son être petit à petit. Il n'en avait plus pour bien longtemps. Gabrielle avait raison mais elle voulait tellement se venger. Mais comment Gabrielle la verrait si elle le tuait ? Depuis quand l'avis et le regard des autres est important ? Depuis quand celui de Gabrielle est important ? Depuis la fameuse soirée où son passé avait été révélé ? Depuis que l'aède lui a dit qu'elle pouvait changer ? Depuis le tout début ? Elle ne le savait pas.

Gabrielle la rejoint et posa sa main sur le bras de la guerrière, serrant son biceps entre ses doigts. Puis d'une voix douce et posée, elle s'adressa à Xena.

G : S'il te plait … Fais-le pour moi.

Gabrielle n'était pas sûre que sa phrase ait marché mais si, par bonheur, elle faisait de l'effet à la guerrière, cela voudrait dire que la barde n'est pas qu'une simple esclave à l'égard de la Conquérante des nations.

Tous les muscles de la guerrière se raidirent puis se détendirent rapidement. Gabrielle sentit le changement sous sa paume. Xena ferma les yeux puis les rouvrit, appréciant ce toucher délicat. Quelque chose venait de changer en elle. Elle respira par à-coups, la bouche légèrement ouverte et les pupilles dilatées. Tout à coup, ses bras bougèrent tout seuls et elle libéra l'homme de l'étau qu'elle avait placé autour de sa tête. Il s'effondra au sol, suffoquant mais bien vivant.

Xena se retourna vers Gabrielle, une larme perlant au coin de son œil. Elle déglutit difficilement, se perdant dans les émeraudes de Gabrielle qui étaient étincelantes de bonheur.

Gabrielle n'en croyait pas ses yeux. Elle avait réussi à éviter une mort aujourd'hui et à faire réagir la Princesse guerrière. Ce qu'elle voyait dans les yeux de Xena était magique. C'était un mélange de peur, de douleur, de soumission, de tendresse et de tristesse. La blonde voulut à tout prix sentir la guerrière contre elle. Celle-ci leva sa main et caressa doucement, presque avec peur, le bras de Gabrielle. Un frisson parcourut entièrement les deux corps. Gabrielle resserra sa prise sur le biceps de Xena qu'elle n'avait toujours pas lâché. Doucement, elle glissa un de ses bras sous ceux de la guerrière et lâcha son bras pour pouvoir rejoindre sa propre main derrière le dos de Xena. Celle-ci se gela sur place, ne sachant pas comment elle devait réagir.

La barde rapprocha son corps de celui de l'autre femme et posa sa tête sur la poitrine de Xena, tournant son visage sur le côté. Elle resserra ses bras autour des côtes de la guerrière et mit ses mains à plat dans son dos. Elle entendait le cœur de la brune battre à une vitesse effrénée dans sa poitrine. Elle aurait voulu être bercée par ce son toute sa vie si elle le pouvait. Gabrielle ne s'était jamais sentie plus en sécurité qu'en ce moment-ci. Elle laissa un sourire inonder son visage tout entier. La barde prit une grande inspiration, humant le parfum épicé de la guerrière.

Xena regarda la petite femme collée à elle et eut un élan de tendresse dont elle ne savait pas qu'elle était capable. Elle enroula ses bras musclés autour des épaules de la blonde et la serra contre elle, posant son menton sur le haut de la tête de Gabrielle, respirant ses cheveux. Ils avaient une odeur sucrée qu'elle aurait pu respirer toute sa vie. Elle était bien … Trop bien. Elle n'avait pas le droit de ressentir du bonheur. Elle était avant tout un soldat qui tuait pour son plaisir. Pourquoi avait-elle droit à ce que quelqu'un lui montre des signes d'affection ? Elle n'en avait pas. C'était un monstre sans pitié, entouré par la solitude. Gabrielle avait chamboulé tout son quotidien. Elle lui en voulait pour ça.

Xena repoussa doucement Gabrielle qui restait accrochée désespérément à elle comme à un rocher lors d'une tempête en mer et la regarda dans les yeux. Gabrielle se détacha à contrecœur de Xena, laissant ses mains sur ses avant-bras.

X : Attends ! Pourquoi ?


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