Voici le premier chapitre de "Un nouveau passé" en espérant qu'il soit à la hauteur de vos attentes ! Je vais essayer de tenir un rythme de 1 post par semaine ! (de préférence le Vendredi ou Samedi ^^).

Pansy Parkinson : merci pour être ma première fan :p en espérant ne pas te décevoir par la suite !

Hortensea : C'est vrai que ce n'est pas inédit mais j'ai une idée très précise de ce que je souhaite pour la suite de la fiction ! Merci beaucoup pour le compliment :)

L.I.E : Mon but n'est pas du tout de faire de Pansy un personnage nunuche au contraire ! Elle va avoir une vraie personnalité exploitée, et une vraie place dans cette histoire ! Tu m'en diras des nouvelles !


CHAPITRE I : La légende du diadème de Serdaigle

Assise sur le lit de l'Infirmerie, Hermione était épuisée. Les dernières heures passées ne lui avaient pas accordé le repos qu'elle espérait tant. À la place, elles lui avaient livré une migraine insupportable et des questions sans réponses.

Lily Evans.

La mère de Harry.

Hermione avait commencé par ne pas croire en ce que la fille avait dit, mais elle devait se rendre à l'évidence. Le sort de Pansy avait altéré le Retourneur de Temps, et celui-ci l'avait transporté bien plus loin dans le passé qu'elle ne l'avait espéré. Elle prit sa tête entre ses mains. Tout était bien plus grave que ce qu'elle aurait pu imaginer.

Miss Granger ?

Le cœur de la jeune fille bondit au son de cette voix. Une voix qu'elle pensait ne plus entendre lorsque son propriétaire fut assassiné par Rogue, lors de sa sixième année.

Dumbledore.

Grand et mince, ses éternels cheveux argentés étaient encore parsemés de gris, comme si la vieillesse n'avait pas achevé son œuvre sur lui. Il était bien plus jeune que la dernière fois qu'elle l'avait vu. Et en bien meilleure santé. Ses yeux pétillants étaient braqués sur la jeune fille. Mais cette fois-ci, ils semblaient méfiants et interrogatifs. Il n'avait aucune confiance en elle. Elle devrait trouver un moyen pour qu'il la croit et l'aide à trouver un moyen de rentrer chez elle. Ou plutôt...Dans son époque.

Le mage s'approcha d'elle à pas lents, puis posa sur la jeune fille un regard inquisiteur.

Il m'a été rapporté, débuta-t-il, qu'un groupe d'élèves vous a trouvé évanouie devant l'entrée de la tour des Gryffondors.

– C'est exact, Monsieur.

– Et bien, cela me paraît plutôt surprenant étant donné que vous n'appartenez même pas à cette école.

Le souffle d'Hermione se coupa. Elle s'y attendait, mais entendre Dumbledore lui parler comme à une étrangère, et comme une ennemie, lui faisait froid dans le dos.

Je m'attend donc à ce que vous me donniez une explication valable sur le pourquoi et le comment vous vous êtes retrouvée ici, Miss Granger.

C'était le moment. Il fallait qu'elle avoue toute la vérité, quitte à passer pour une folle. Elle devait tenter le tout pour le tout et convaincre le professeur qu'il devait l'aider.

Professeur Dumbledore, débuta-t-elle après un instant de silence. Ce que je vais vous raconter va vous paraître...insensé, et sûrement impossible à croire. Mais je vous prie d'écouter jusqu'au bout.

Le sorcier ne répondit rien, mais l'encouragea à débuter son histoire. Alors Hermione se lança.

Sans même réfléchir, elle raconta tout depuis le début. Comment le Retourneur de Temps, frappé par un sortilège, l'avait emmené dans cette époque, quelle était la cause de ce combat. Elle lui conta comment Lord Voldemort avait retrouvé ses pouvoirs, et dû aussi expliquer comment il les avait perdu, dix-sept ans auparavant. Elle dut lui apprendre qui était Harry Potter et, ce qui fut sans doute le plus difficile pour elle, quels furent leurs liens. Harry n'avait rien omis de leur dire lorsque Dumbledore l'invitait dans son bureau et pourtant Hermione se sentit comme une étrangère lorsqu'elle dû lui raconter.

Elle n'émit cependant aucuns détails et ne se préoccupa pas de si l'actuel Dumbledore allait la croire ou non. Elle devait simplement raconter son histoire. Dire la vérité.

Poudlard est tombé ce soir-là, poursuivit-elle. Voldemort a tué Harry. Nous n'avions plus d'espoir alors...Alors j'ai pensé au Retourneur de Temps que le professeur McGonagall m'a permis de garder. Si je revenais quelques heures en arrière, je pourrais le sauver...

Dumbledore ne disait pas un mot. Il se contentait de regarder Hermione par-dessus ses lunettes en demi-lune. Elle n'arrivait pas à savoir s'il croyait un mot de ce qu'elle racontait. Mais elle n'avait pas le choix. Il fallait continuer.

C'est là que je me suis battue avec une fille de Serpentard, une mangemort. Elle m'a jeté un sort au moment où j'attrapais le Retourneur de Temps et je me suis retrouvée ici. J'ignore pourquoi il m'a envoyé là mais...Mais j'y suis. Et je dois rentrer. Je dois absolument sauver Harry, il n'y a que lui qui sera capable de vaincre Voldemort.

Elle se tut. Qu'aurait-elle pu dire d'autre ? La vérité était enfin dévoilée, il n'y avait plus rien à ajouter. Seulement attendre que le verdict tombe. Allait-il la croire ou l'envoyer à St Mangouste sur le champs ?

Après une éternité de silence, le sorcier eut un sourire.

Et bien, Miss Granger, je dois dire que vous m'avez offert là un superbe récit.

– Professeur...

Je surveille Tom Jedusor depuis quelques temps, poursuivit-il. Son déclin est assuré. Son attirance pour la magie noire ne fait aucun doute. J'ai tenté de prévenir le Ministère de la Magie mais cela ne fait aucune différence. Mais ce que vous me dites-là, Miss Granger, est quelque chose assez difficile à croire malgré tout.

– Je vous dis la vérité Monsieur ! Je n'ai rien inventé !

– Allons, allons. Ai-je dis que vous mentiez ?

Dumbledore passa une main sur sa barbe. Derrière son air amusé, il semblait en pleine réflexion. Finalement, après quelques minutes, il reprit la parole.

Miss Granger, vous m'avez l'air d'une personne honnête. Et j'ai tendance à me flatter pour mon excellent discernement, surtout en ce qui concerne les gens. C'est pourquoi, je pense que vous me dites la vérité.

Hermione eut un soupir de soulagement.

J'irais voir personnellement le professeur McGonagall pour lui demander de me confier un Retourneur de Temps, et nous verrons ce que nous pouvons faire pour vous renvoyer là d'où vous venez.

– Merci beaucoup Professeur.

– Cependant ! la coupa-t-il. Vous comprendrez que je ne peux vous laisser errer dans les couloirs de cette école, ni même dans cette époque. Vous risqueriez de changer le futur de manière irréversible. Je vous suggère donc d'essayer de vous intégrer, en attendant que l'on trouve un moyen.

Il fit mine de réfléchir quelques instants.

Je suppose que je peux vous faire passer pour une élève d'une autre école qui étudierait chez nous pendant un moment. Au moins le temps que nous trouvions une solution à votre problème. Puis-je vous demander à quelle maison vous appartenez ?

Sans qu'elle ne sache pourquoi, Hermione sentit qu'elle ne devait pas aller chez les Gryffondors. Quitte à être là, il fallait qu'elle mette tout en œuvre pour changer les choses. Si Voldemort n'était pas encore devenu le puissant mage noir, alors il n'avait pas encore créer les horcruxes. Ce qui voulait dire que le diadème de Rowena Serdaigle était toujours caché dans le château.

Serdaigle, répondit-elle à Dumbledore. Je suis à Serdaigle.

– Serdaigle...Vraiment ?

Vu sa façon de la regarder, Hermione comprit qu'il ne la croyait pas. Mais il lui accorda tout de même de faire désormais partie de la maison Serdaigle.

Étant donné que je suppose que vous n'avez aucunes des fournitures requises pour cette année, et que vous êtes arrivée un jour de rentrée, je vais faire en sorte que vous puissiez passer une journée sur le Chemin de Traverse et vous équipez convenablement.

La jeune fille hocha la tête.

Malgré son air détendu, elle ne parvenait toujours pas à croire en ce qui était en train d'arriver. Harry n'existait pas. Ron n'existait pas. Et, plus que tout, Voldemort n'existait pas.

Encore.

Elle se sentait déboussolée, perdue. Elle aurait volontiers laissé la panique la submerger mais elle se devait d'être forte pour tout ce en quoi elle croyait. On comptait sur elle à présent et Hermione était consciente que cette chance était unique. Elle ne devait pas la gâcher. Tout ce qu'elle avait à faire était de se fondre dans la masse, de ne pas se faire remarquer. Si on la laissait tranquille, elle pourrait changer beaucoup de choses.

Hermione eut un tressaillement de peur, frisson qui remonta le long de sa nuque.

Et si elle changeait trop d'événements ? Que son présent ne soit plus ce qu'elle avait connu ? Et si sa volonté de trouver les horcruxes bouleversait tout le futur ?

Dumbledore toussota légèrement, comme pour la tirer hors de ses pensées.

Vu le récent traumatisme que vous venez de subir, ainsi que les événements qui y ont contribué, je vous suggère de rester au repos encore quelques heures, lui conseilla-t-il.

Sur ces paroles, le vieux sorcier se releva et lui accorda un regard bienveillant avant de s'éloigner, laissant Hermione plongée dans ses réflexions.

Les remèdes de Madame Pomfresh lui avaient fait beaucoup de biens et elle sentait ses forces revenir. Sa blessure à la jambe n'était plus qu'un mauvais souvenirs. Voldemort n'était pas encore devenue le terrible Mage Noir, et les parents de Harry n'étaient pas encore morts, tout comme ceux de Neville qui n'avaient pas encore subi le sortilège Doloris.

Et pourtant, Hermione ne parvenait pas à faire taire cette petite voix au fond d'elle qui la mettait en garde. Des choses sombres se préparaient, bien plus sombre que ce qu'elle avait eu à affronter. Voldemort n'allait pas tarder à devenir ce puissant sorcier à qui rien ne faisait obstacle. Et toute seule, comment pourrait-elle avoir la moindre chance de l'arrêter dans son ascension ?

Hermione soupira.

Je te hais, Pansy Parkinson, grogna-t-elle à voix basse.

Tout était de sa faute. Et à cet instant, la sorcière l'aurait volontiers étriper de ses propres mains.

À bout de nerfs, elle laissa furieusement retomber sa tête sur l'oreiller.

Assise sur une marche des escaliers, Pandora McBlod lisait tranquillement la Gazette du Sorcier sans que rien ne vienne la distraire. Ni Joncheruines, ni Nargoles, ni d'autres élèves qui viendraient se moquer d'elle. Il venait encore d'y avoir une disparition inquiétante chez les Sorciers, et personne pour résoudre ce mystère. La jeune fille était heureuse d'être à Poudlard. Au moins dans l'école, rien ne paraissait étrange. Elle s'y sentait bien, et elle devait avouer qu'elle appréhendait un peu l'année prochaine, lorsqu'elle passerait ses examens et devrait partir.

Miss McBlod ?

Pandora releva la tête et adressa un sourire radieux au Professeur Dumbledore.

Bonjour Professeur. Merveilleuse journée, n'est-ce pas ?

– Oui c'est plutôt une bonne journée. J'ai toutefois un service à vous demander, donna le directeur en guise de réponse. I l'Infirmerie une jeune demoiselle.

– Celle qui a essayé de pénétrer dans la tour des Gryffondors ? J'en ai entendu parler, expliqua-t-elle d'une voix légère. Les tableaux sont affreusement bavards.

– Oh j'en conviens tout à fait, Miss McBlod. J'ai essayé de les faire taire une fois ou deux mais, ça n'a pas véritablement marché.

Ils rirent quelques secondes, puis Pandora rejeta ses cheveux blond pâles derrière sa nuque avant de refermer son journal. Malgré son intérêt pour les disparitions de sorciers et de moldus, elle se demandait ce que le Professeur attendait d'elle. Ce qu'il ne tarda pas plus longtemps à lui révéler.

Je vous confie la garde de Miss Granger. Faites-lui faire le tour du château si elle le souhaite, intégrer-là comme il se doit à la Maison Serdaigle. Je veillerais également à ce que le Professeur Flitwick vous autorise à passer une journée sur le Chemin-de-Traverse afin que vous l'aidiez à se munir des fournitures nécessaires.

– Bien, Professeur.

La jeune Serdaigle passa son sac autour de son épaule et plia son journal, prête à partir pour l'Infirmerie. Elle était flattée que Dumbledore ait pensé à elle pour une mission comme celle-ci. Et elle avait hâte de rencontrer la nouvelle élève.

Miss McBlod ? la rappela le directeur. Le Professeur Brûlopot m'a confié que vous aviez obtenu d'excellents résultats à vos BUSE en soins aux créatures magiques. Il m'a donc chaleureusement conseillé de mettre votre nom de côté pour le cas où il choisirait de prendre sa retraite.

– Merci Monsieur, répondit Pandora en rougissant.

Sans rien ajouter de plus, Dumbledore s'éloigna de la jeune fille, la laissant prendre tranquillement la direction de l'Infirmerie. La salle rayonnait dans la lumière du soleil et seul l'un des lits était occupé. Les autres attendaient patiemment qu'un élève mal en point vienne y prendre place. Dans le fond, Madame Pomfresh rangeait consciencieusement flacons et herbes médicinales dans un placard mural.

Allongée, la tête dans les mains, la nouvelle ne semblait pas avoir perçue la présence de Pandora car elle ne cessait de marmonner et de répéter ce qui semblait être des menaces de mort.

Qui est cette Pansy Parkinson ? demanda-t-elle, amusée.

La fille fit un bond au son de sa voix et posa une main sur son cœur, les yeux écarquillés.

Par Merlin ! jura-t-elle.

Elle avait d'épais cheveux bruns et son visage était tuméfié par endroit, comme si elle s'était battue avant d'arriver ici. Elle mit quelques secondes à calmer les battements de son cœur avant de porter son attention sur Pandora, dont le sourire n'avait pas disparu.

Ses yeux, déjà écarquillés par la surprise, s'ouvrirent encore plus. Sans même s'en cacher, elle détailla la Serdaigle des pieds à la tête. Est-ce qu'elle avait des Joncheruines qui lui sortaient des oreilles ?

Inquiète par cette idée, Pandora les frotta aussi discrètement que possible jusqu'à ce qu'elles se mettent à chauffer.

Désolée, se reprit la fille en secouant la tête. Tu me rappelles une amie à moi.

– Elle est où, ton amie ?

Elle ne répondit rien.

Ce n'est pas grave, reprit Pandora en s'asseyant au bord du lit. Je vois dans tes yeux que tu n'as aucune envie de m'en parler alors discutons d'autres chose. Je m'appelle Pendora McBlod, sixième année à Serdaigle.

Elle tendit une main que l'inconnue s'empressa de serrer.

Hermione Granger.

– Le Professeur Dumbledore m'a demandé de te prendre sous mon aile pour te faire visiter le château. C'est également moi qui t'accompagnerait sur le Chemin-de-Traverse. Tu verras c'est fantastique.

Je connais déjà, coupa brutalement Hermione, avant de se mordre la lèvre. Je veux dire...j'en ai entendu parler. Naturellement.

Mal à l'aise, elle détourna le regard. Pandora haussa les épaules. Cette fille était bizarre, mais elle n'avait pas l'air méchante.

Alors, tu te sens assez bien pour m'accompagner dans la salle commune des Serdaigles ? demanda la jeune fille avec un grand sourire.

Elle devait avouer que c'était assez excitant d'emmener une personne extérieure à Poudlard dans l'une des pièces les mieux gardées du château. Et elle avait hâte de lui faire rencontrer la Dame Grise.

Je suis prête, répondit Hermione pour le plus grand bonheur de Pandora. Allons-y.

Ensemble, elles prirent le chemin de la Tour Ouest de Poudlard, qui abritait la salle commune de Serdaigle. Mais la sorcière voulait en savoir plus sur sa nouvelle amie.

Hermione sembla mal à l'aise, une fois de plus.

Alors dis-moi, d'où te viennent ces bleus sur ton visage ?

C'est compliqué.

– Et pourquoi venir à Poudlard à partir de la sixième année ? C'est plutôt inhabituel non ?

– Je viens de le dire, c'est compliqué !

Le ton froid de la fille rabroua quelques peu Pandora, qui se décida à ne plus poser de questions pour le moment. Son instinct lui soufflait que tout était étrange, mais ce n'était pas à elle de découvrir ce qu'il en était vraiment. Sans reprendre la parole, elles montèrent les escaliers.

Pourtant, plusieurs minutes plus tard, Hermione présenta ses excuses.

Je suis un peu à cran, en ce moment, se justifia-t-elle, gênée. Je n'aurais pas dû m'emporter.

– Ce n'est rien, je t'assure. Tu me raconteras ton histoire quand tu te sentiras prête.

Hermione lui sourit, sûrement pour la remercier.

Je viens d'une autre école, expliqua-t-elle. Le professeur Dumbledore a accordé que je vienne passer quelques temps à Poudlard.

– Comme une correspondante étrangère ?

Voilà, c'est ça.

Elles mirent plus de temps que prévu à rejoindre la salle commune à cause des escaliers qui trouvèrent sûrement drôle de les empêcher de rejoindre la Tour Ouest. Mais Pandora les excusa. Cela ne devait pas être facile de n'avoir rien de mieux à faire qu'être piétinés par des centaines de pieds toute la journée. Autant qu'ils s'amusent un peu.

La salle commune est au bout du couloir.

Les filles le traversèrent et Pandora répondit à chacun des tableaux qui la salua sur son passage. Bien que très bavards, ils étaient extrêmement gentil et elle ne comprenait pas pourquoi ils étaient autant ignorés par la plupart des élèves.

Après avoir grimpé une volée de marches, elles se présentèrent enfin devant une grande porte en bronze avec pour toute décoration un heurtoir en forme de tête d'aigle. Fière et joyeuse, Pandora se plaça devant la porte et le cogna une fois seulement.

L'aigle sembla prendre vie, mais la porte ne s'ouvrit pas. Une voix douce et mélodieuse sortit du heurtoir.

La porte ne s'ouvre pas ? demanda timidement Hermione.

Non. À Serdaigle, il ne suffit pas d'avoir le mot de passe pour entrer. Nous sommes soumis à une énigme et si nous trouvons la réponse, la porte s'ouvre. C'est une protection je crois. Les autres maisons ont toutes une entrée dissimulée, mais pas la notre. Et cela fait mille ans qu'aucun étranger n'est parvenu à entrer dans notre salle commune.

– Et si on ne trouve pas la réponse ?

Alors dans ce cas, on doit attendre que quelqu'un d'autre réponde à la question, ria Pandora. Mais cela arrive rarement. Nous sommes à Serdaigle.

L'aigle continua de chanter quelques secondes, puis le silence se fit.

J'étais demain, débuta le heurtoir, et je serais hier. À toi, élève de Serdaigle, dis-moi qui je suis.

Pandora réfléchit. Tout était une question de logique et de bon sens.

Aujourd'hui, finit-elle par répondre avec un sourire. Aujourd'hui est le demain de hier. Et comme on sera bientôt demain, aujourd'hui deviendra hier.

– Bien résonné, répondit le heurtoir.

L'aigle s'inclina devant la sorcière et la porte s'ouvrit lentement pour laisser entrer les jeunes filles.

Bienvenue dans la salle commune de Serdaigle !

Pandora constata avec joie la mine ébahie de Hermione. Et elle la comprenait. À chaque fois qu'elle passait la porte, elle éprouvait la même fierté. Fort de leur emblème, l'aigle, la salle commune se situait au sommet de la tour Serdaigle. Cette vaste pièce circulaire possédait d'élégantes et hautes fenêtres en arcades qui permettaient, si on s'en rapprochait, de voir les montagnes environnantes. On pouvait aussi apercevoir le grand parc de Poudlard et le gigantesque lac. La forêt interdite était aussi visible, tout comme le terrain de Quidditch dont les hauts gradins semblaient flotter dans l'air, et le jardin botanique. Aucune autre maison de Poudlard ne disposait d'une vue aussi prodigieuse, et Pandora passait beaucoup de temps à lire près de ses fenêtres.

Les murs étaient tapissés de soie bleu et bronze et le plafond en forme de dôme parsemé d'étoiles peintes se reflétait sur la moquette bleu-nuit de la salle. Au centre, les tables et les fauteuils confortables n'attendaient que des élèves avides de savoir, tout comme la bibliothèque. Mais ce dont Pandora était fière, c'était de la statue de marbre blanc représentant Rowena Serdaigle, l'une des fondatrices de Poudlard. Elle se nichait face à la porte, à l'abri dans une alcôve, et était la première chose que l'on voyait lorsqu'on pénétrait dans la salle commune. C'était, même en statue, une femme d'une grande beauté, au sourire énigmatique et à l'allure intimidante.

C'est...commença Hermione. C'est incroyable.

La sorcière n'arrivait pas à détacher son regard de la statue, comme Pandora l'avait fait lors de sa première année, lorsque la porte s'était ouverte.

Est-ce que c'est... ?

– Oui, approuva la Serdaigle. Il s'agit de Rowena Serdaigle.

Impressionnée, Hermione s'approcha pour mieux l'observer.

– « Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit », lut-elle à voix haute.

C'était sa devise. Elle devait être d'une telle sagesse. Tu vois le diadème qu'elle porte ? Il est perdu depuis des siècles, mais la légende raconte qu'il est capable d'augmenter la sagesse de celui qui le porte.

– Le diadème de Rowena Serdaigle ? répéta brusquement Hermione d'une voix aiguë.

La sorcière avait soudainement blêmie. Pourquoi le diadème l'a mettait dans un tel état ? Personne ne l'avait vu depuis la mort de Rowena.

Tout va bien ? demanda-t-elle, inquiète par son comportement.

Oui je...balbutia Hermione. Oui. Ça va. On n'a aucune idée de l'endroit où il pourrait être ? La Dame Grise l'ignore ?

– Je ne te conseille pas de lui demander. Elle est extrêmement timide. Et elle n'aime pas vraiment qu'on la questionne à ce sujet, ce qui est plutôt normale quand on connaît son histoire.

Un élève arborant le badge Préfet-en-Chef traversa la salle commune en saluant Pandora, puis passa la porte de bronze. D'un geste, la sorcière invita Hermione à prendre place dans l'un des fauteuils.

Quelle histoire ? interrogea aussitôt la jeune fille, manifestement intéressée. Est-ce qu'elle a un rapport avec le diadème ?

– Évidemment ! C'est à cause de lui qu'elle est morte. Enfin, en partie.

Devant l'air interrogatif d'Hermione, Pandora s'enfonça un peu plus dans le fauteuil et laissa son regard caresser les montagnes voilées à travers les fenêtres.

Il y a très longtemps, conta la jeune fille, Rowena Serdaigle était une sorcière originaire des montagnes et connue pour être la plus brillante mage de son époque. Elle possédait une grande intelligence, ainsi que beaucoup de créativité. Elle créa Poudlard avec les trois autres fondateurs.

– Godric Gryffondor, Salazar Serpentard et Helga Poufsouffle.

– Exact. La légende raconte qu'elle resta jusqu'à la fin une amie très proche d'Helga Poufsouffle, ce qui a souligné celle, brisée, de Gryffondor et Serpentard. Parmi l'une des choses qui la caractérisaient, il y avait le diadème. Il était dans sa famille depuis des générations et bien qu'elle ne sache pas comment il l'était parvenu, sa beauté fit qu'elle décida de ne pas en apprendre plus.

– Mais, quel rapport avec la Dame Grise et sa mort ?

– J'y arrive, répondit Pandora en levant les mains pour la tranquilliser.

Elle ignorait pourquoi ce diadème était aussi important à Hermione, mais elle sentait au fond d'elle qu'elle devait lui raconter l'histoire.

En ce temps-là, Helena, la fille de Rowena, vivait constamment dans l'ombre de sa mère. Pas assez brillante, ni assez intelligente. Elle était jalouse de la célébrité de sa mère et cette jalousie lui rongeait peu à peu le cœur.

Hermione se redressa dans son siège, buvant chaque paroles de Pandora.

Écoutant les légendes et croyant que le diadème apportait réellement une infini sagesse à son porteur, Helena le vola à sa mère, dans l'espoir de devenir bien plus importante qu'elle. Elle s'enfuit vers l'Europe de l'Est, laissant Rowena refuser d'admettre l'acte de sa fille et le cacher aux autres fondateurs. Mais, quelques mois plus tard, Serdaigle tomba gravement malade. Sa dernière volonté fut de revoir sa fille unique, une dernière fois, avant de mourir. Elle demanda alors à un homme, éperdument amoureux d'Helena, de partir à sa recherche et de la ramener à elle.

Un homme ? s'étonna Hermione. Qui ça ?

Pandora eut un petit rire, puis salua d'un signe de la main une autre élève qui venait d'arriver.

Tu connais le fantôme des Serpentards ?

Hermione se figea, bouche bée.

Le Baron Sanglant ?

– Lui-même, approuva la sorcière. Ce n'est pas pour rien qu'il refuse de répondre lorsqu'on lui demande pourquoi il est recouvert de sang.

– Tu veux dire que le Baron... ?

Après des mois de recherches, reprit Pandora, il a finit par retrouver la trace d'Helena dans une forêt albanaise. À cette époque, elle n'avait pas remarqué que l'homme qu'elle avait maintes fois repoussé était à sa poursuite et c'est sans doute à cause de ça qu'elle se fit capturer. Mais avant cela, elle avait eu le temps de cacher le diadème dans un tronc d'arbre, là où le Baron ne pourrait pas le trouver. Il a essayé de la faire revenir, pour respecter la dernière volonté de Rowena, mais Helena refusa catégoriquement de le suivre. Et le Baron n'était pas homme à qui on dit non...

– Qu'est-ce qu'il s'est passé après cela ?

Pandora soupira.

Cette partie de l'histoire était celle qu'elle préférait le moins. Ce n'était que tristesse et regret, et cela lui serrait le cœur de devoir le raconter.

Le Baron, furieux, s'emporta contre Helena et la poignarda en pleine poitrine.

Hermione étouffa une exclamation, les yeux écarquillés.

Regrettant aussitôt son geste et fou de douleur à l'idée d'avoir assassiné son unique amour, le Baron retourna son arme contre lui et se suicida. Rowena mourut sans plus jamais revoir sa fille, ignorant tout de son sort et de celui de son meurtrier. Et le diadème fut perdu.

– C'est horrible, souffla la sorcière.

Après ça, Helena retourna à Poudlard sous les traits d'un fantôme et le Baron également. Pendant près de dix siècles, les élèves tentèrent de découvrir où la Dame Grise avait caché ce diadème, pour pouvoir se l'approprier, mais ce secret demeura, et demeure encore aujourd'hui, caché dans l'un des troncs d'arbres d'une forêt d'Albanie.