Bien qu'elle ne manquât pas de compagnie avec tous les garçons qui lui faisaient la cour, Léa se sentait parfois seule. Elle montait alors au sommet du mât du bateau. Son regard pouvait embrasser la mer à l'infini sans rien rencontrer d'autre que de l'eau. Devant ce spectacle, la fille aux cheveux bleus trouvait la sérénité. C'était étrange : quand le coucher de soleil incendiait d'un même feu ciel et mer, elle réussissait à ne penser à rien. Ce qui un jour fut un problème. En effet, après deux semaines de navigation, la surface de l'eau devint étrangement dense et la mer fut parcourue de veines violettes, d'abord évanescentes, puis de plus en plus nettes et épaisses. Les moteurs s'arrêtèrent. Sur le pont tout se figea. Les pirates, penchés dans le vide, fixaient sans un mot ce magma bleuâtre. D'un coup, le navire commença à bouger tout seul. Un murmure parcourut l'équipage. Une secousse à l'avant, puis une autre à l'arrière. La jeune femme tomba de son perchoir sur le bras, elle poussa un glapissement de douleur et se releva désorientée pour rejoindre les autres. La mer se transforma en une masse visqueuse et palpitante. Léa comprit soudain, un monstre marin. Il se manifesta dans toute son horreur. C'était une masse informe, grande comme quatre fois le navire : un immense cercle de chair violacée, au centre duquel s'ouvrait un gouffre noirâtre, une bouche énorme, hérissée de dents, d'où s'échappaient des odeurs terribles de putréfaction. A l'intérieur, on apercevait des poissons à moitié digérés, des troncs d'arbres, des restes d'embarcations ; et puis des cadavres et des crânes, humains ou non. Il n'y avait plus ni mers ni vagues. Pas de fuite possible. Ils étaient à la merci de l'immonde créature ; partout où ils tournaient les yeux, ils ne voyaient rien d'autre. Un cri sourd envahit l'air et de gigantesques tentacules couverts de ventouses s'élevèrent en se contorsionnant vers le ciel. Ils obscurcirent le ciel tandis que tout le monde cria de peur qu'ils leur tombent dessus, certains allèrent se cacher pendant que les plus courageux regardait le spectacle horrifiés. Law apparu à son tour toujours avec son calme légendaire. Ca plaisait bien à Léa, cette façon qu'il avait d'être toujours calme même si la situation était dramatique. Elle sourit en le voyant lui jeter un regard en coin pour voir si elle allait bien. Il forma un simple cercle avec sa main gauche.
« Room »
La bulle bleue s'élargit plus loin que la bestiole. Il sortit son Nodachi de son fourreau et fendit l'air avec. La fille aux cheveux bleus le regarda faire avec de gros yeux, elle ne connaissait pas trop bien les attaques de son capitaine et attendait la suite des évènements avec impatience. D'un seul coup, le monstre se découpa en plusieurs morceaux. Un liquide jaunâtre et nauséabond s'écoulait des plaies de la bête. Ses hurlements effroyables emplirent l'air matinal. Stupéfaite, Léa regardait la scène, comment avait-il fait ? C'était grâce à cette « Room ». Le liquide tomba sur les membres de l'équipage encore présent sur le pont, la jeune femme évita une grosse goutte avant de faire un signe aux pirates de nettoyer le tout. La bulle disparut, elle se retourna vers Trafalgar qui s'apprêtait déjà à repartir dans sa chambre.
« Whaouh ! »
Des étoiles plein les yeux, elle se jeta sur lui :
« C'est trop cool ! »
Il la repoussa et elle tomba au sol.
« Ne fais plus jamais ça ! »
Il se retourna et la dévisagea avec son air énervé. Elle baissa la tête exaspérée, ça ne le dérangeait pas lorsqu'ils étaient au lit qu'elle se jette sur lui ! Elle soupira et décida de lui faire la tête le reste de la journée.
Léa ne supportait plus la présence de son capitaine à cause de la manière dont il l'a traitait – comme un objet avec qui il couchait. Souvent lorsqu'ils voguaient sous l'eau, elle se réfugiait dans la salle de contrôle pour l'éviter. C'est ainsi que quelques jours après l'attaque du monstre marin, elle s'était cachée là-bas. Comme à son habitude, elle regardait le sonar, lorsque quelque chose apparut dessus. Qu'est-ce que s'était ? Un navire ennemi ? Une terre ? Encore un monstre ? Peut-être un des potes de celui qu'ils avaient tué ? Elle rigola en pensant à cette idée tandis qu'ils remontaient à la surface à toute allure et elle se précipita sur le pont quand ils furent hors de l'eau.
« Terre ! Terre ! »
Le cri déchira le silence de l'aube. Le vent avait recommencé à souffler et le bateau avançait rapidement. Elle monta dans son nid de pie et s'y allongea attendant le signal du débarquement. Ils mirent une heure pour atteindre l'île, elle sauta du haut de son perchoir pour toucher le sol terreux qui lui avait tant manqué. Elle s'assit dans l'herbe fraîche et pouffa, s'était une île forestière avec, en son centre, une petite ville marchande qui accueillait bien volontiers les pirates. La fille aux cheveux bleus entassa quelques affaires dans un sac et s'attela à la recherche de l'auberge du village. De larges sourires s'étendirent à son passage, des villageois disaient même :
« Quelle jolie demoiselle ! »
Elle ne se serait pas qualifiée de jolie demoiselle, plus de passable jeune fille mais elle aimait quand les gens lui disait ça, elle remontait dans sa propre estime. Elle rigola et s'approcha d'une grande bâtisse en briques rouges qui lui semblait être un hôtel –un minimum- confortable, elle y entra suivit du reste de l'équipage.
« Auriez-vous assez de place pour loger tout ce beau monde ? Ils peuvent s'entasser ! »
Elle sourit de toutes ses dents alors que l'homme acquiesçait. Elle s'approcha de son oreille :
« Par contre, le capitaine et moi aimerions une chambre isolée des autres si possible. »
Elle n'en revenait pas d'avoir été capable de dire cette phrase, passer ne serait-ce que quelques semaines avec les pirates Heart l'avait changé –elle aimait s'appelait la version 2.0- en mieux espérait-elle. Ce nouveau caractère avait l'air de beaucoup plaire à son capitaine. Elle se surprit à penser que faire la tête à Law était très « gamin » alors elle se dit que partager une chambre avec lui pourrait les faire se réconcilier. Léa rougit au fait qu'il n'allait pas faire que dormir et l'homme acquiesça à nouveau. Elle monta dans sa chambre et y passa le reste de la soirée jusqu'à ce qu'on vienne la chercher pour manger. Trafalgar ne s'occupait guère des bouderies de la jeune femme mais ce soir-là, il était venu la voir pour lui parler. Elle lui sourit.
« Apparemment, je partage ma chambre avec toi. Le réceptionniste m'a dit qu'une jolie fille aux cheveux bleus était venue le lui demander. »
Il sourit, elle se sentit nulle.
« J'espère que ça ne te dérange pas ? »
Il soupira et s'en alla sans lui répondre. Elle sortit se promener dans le noir pour se rafraîchir un peu, elle marcha tout droit, un nombre incalculable de minutes jusqu'à se retrouver près d'un gouffre sans fond et d'une vieille maison sûrement abandonnée, elle s'y aventura et visita les lieux. Elle était pratiquement vide sauf la pièce principale, allumée par un feu et meublée d'un siège trônant au milieu. La jeune femme s'apprêtait à partir lorsque quelque chose brilla derrière un rideau, elle alla voir et tomba nez à nez avec un arsenal d'armes très aiguisées. Elle les toucha du bout des doigts et attrapa un katana, le plus beau et aussi le plus lourd. Elle le mania avec difficulté au début mais s'y habitua rapidement. Un bruit survint derrière elle et elle resserra sa garde sur le manche.
« Je m'apprêtais à partir, je suis désolée de vous avoir dérangée ! »
Elle se dirigea vers la porte mais une chose bouchait le passage, une chose qui respirait. Elle recula et buta sur quelque chose d'autre. Elle cria, son fruit du démon n'était pas actif ici et la seule arme qu'elle avait était ce katana alors que les deux monstres étaient armés d'une hache et d'un fouet. Ils avancèrent en hurlant vers elle, la fille aux cheveux bleus fit un bond sur le côté et les évita de peu. Ils se cognèrent l'un contre l'autre. Elle tomba par terre et se releva doucement tandis que l'un des deux faisait claquer son fouet dans l'air avant de l'abattre sur elle. Une égratignure, c'est tout ce qu'elle eut. Elle courut vers lui, évita un deuxième coup de fouet en faisant un salto avant et frappa avec son coude gauche ses côtes puis partit dans la direction opposée, elle espérait que ça aurait suffi pour le vaincre mais ça ne lui avait presque rien fait. Elle soupira.
« T'es plutôt coriace ! »
Elle n'avait pas vu l'autre se jeter sur elle, elle s'accroupit de justesse évitant la hache de peu. Le premier revint à la charge avec une autre arme, un marteau. Elle tenta de l'éviter mais se prit un coup sur l'épaule, elle fit un bruit sourd, sûrement était-elle déboitée. Elle poussa un grognement de douleur. Elle devait à présent tenir son katana d'une main mais le marteau s'abattit sur cette main et elle le lâcha dans un cri de douleur. Léa s'approcha de celui au marteau monta sur ses épaules avec difficulté mais rapidement et tira la langue à l'autre qui l'attaqua avec sa hache. Du sang se mit à couler le long de ses jambes, heureusement ce n'était pas le sien. Le corps sans vie du monstre sur lequel elle était montée tomba au sol avec fracas et sans tête. Le survivant hurla :
« Tu as tué mon frère ! »
Elle lui sourit.
« Ce n'est pas moi qui lui ai coupé la tête ! »
Elle débloqua ses jambes coincées sous le lourd cadavre du monstre.
« Je vais te tuer pour cet affront femme ! »
Elle courut dans la pièce tout en faisant le compte de ses blessures : une épaule déboitée, une main brisée, une égratignure d'où s'échappait un mince filet de sang, tout ça lui faisait un mal de chien mais elle ne dit rien. Son ennemi lança sa hache sur Léa. La jeune femme sentit l'arme l'effleurer d'un souffle d'air. Il alla la récupérer pendant qu'elle bondissait sur le côté pour se mettre à l'abri derrière la chaise. Mais il avança vers elle en grondant et en faisant tournoyer son arme. Le fauteuil éclata en mille morceaux. A présent, le monstre était au-dessus d'elle. En un clin d'œil, la fille aux cheveux bleus saisit le marteau de celui qu'elle venait de tuer. Elle se baissa promptement et le lança sur ses genoux, qui se rompirent d'un coup. Alors seulement, elle le frappa avec violence à l'aide de son pied droit, il se tordit de douleur et l'acheva en le transperçant avec son katana retrouvé plus loin dans la pièce. La jeune femme ressentit un froid étrange au côté droit. Un froid métallique, et une chaleur humide descendre le long de sa cuisse. Elle regarda : elle avait une blessure profonde au flanc et perdait son sang. Elle avait mal, tellement mal ! Elle s'agenouilla et hurla avec les dernières forces qu'elle avait puis se laissa tomber. Le carrelage était froid. Elle se laissa aller dans le noir en pensant à Law, inquiet et cherchant par tous les moyens à la retrouver. Elle tenta de se relever non sans mal et hurla une fois appuyée sur sa jambe droite qui la faisait atrocement souffrir. La fille aux cheveux bleus la traîna avec douleur et sortit dans le froid de la nuit qui était tombée depuis longtemps. Elle voyait le village allumé de milles lumières au loin et se dirigea à travers la forêt vers lui. Elle s'appuyait sur le katana plein de sang qu'elle avait volé à ses ennemis. La douleur de sa blessure se fut lancinante, et son arme lui semblait peser des tonnes. Pas un chat n'était dehors et beaucoup de monde devait dormir, elle n'avait pas la force de crier. Pas très loin de l'auberge, elle s'agenouilla murmurant le nom de son capitaine dans un souffle presque inaudible. Des nuages se formèrent rapidement au-dessus d'elle et de la neige commença à tomber, l'air s'était refroidie sans qu'elle ne s'en rende compte. La douleur augmenta jusqu'à devenir insupportable, Léa se mit à pleurer ; ses larmes coulaient sans qu'elle parvienne à les arrêter. Elle se laissa tomber en arrière, et l'obscurité l'enveloppa.
Elle ouvrit les yeux ne sentant plus son corps, elle se rappela les évènements qu'elle venait de vivre et tenta de bouger ou même de parler.
« Economise tes forces ! »
Une voix familière s'était élevée de la partie la plus sombre de la pièce, elle plissa les yeux pour tenter de voir qui était là. Une ombre avec une épée, Trafalgar, elle s'en doutait.
« Tout le monde a cru que tu étais morte, tu leur a fait peur ! »
Il sourit de son sourire si particulier.
« Et toi ? » avait-elle dit.
Il sembla surprit de sa question mais y répondit après un temps de réflexion :
« Je t'ai trouvé agonisante sous 10 centimètres de neige juste devant l'auberge, tu perdais ton sang et tu avais une épaule déboitée ainsi qu'une main brisée. Je t'ai opéré et soigné. »
Il restait tapi dans l'obscurité sans vouloir en sortir.
« Je voulais… dire… est-ce que tu as eu peur pour… moi ?
- Je t'ai donné un tranquillisant.
- Tu ne réponds pas à ma question ! »
Son corps commençait à se réveiller et à lui faire légèrement mal –à moins que ce soit le fait que Law évitait ses questions.
« Tu fais partie de mon équipage, c'est normal que je te soigne !
- Mais je ne suis pas n'importe qui !
- Si. »
La discussion était clôturée pour lui mais elle ne voulait pas en rester là. Dans un excès de colère, elle lança :
« Parce que toi, tu couches avec tout ton équipage ? »
La jeune femme devenait sarcastique, signe qu'elle était énervée, même très énervée. Lui, l'avait regardé avec plein de haine.
« Réponds à ma question, t'es-tu inquiété pour moi ? »
Elle tentait de se redresser pour mieux le voir, elle lui avait pratiquement crié dessus et avait serré les poings.
« Non. »
Il avait répondu froidement avant de se lever.
« Je n'ai de comptes à rendre à personne, et surtout pas à toi ! Tu es la seule fille de l'équipage, c'est tout ! »
Les yeux de la jeune femme s'étaient remplis de larmes tandis que le brun ténébreux quittait la pièce rapidement.
« Ne reviens pas ! Ne reviens plus jamais ! » avait-elle dit lorsqu'il claqua la porte.
Elle se sentait tellement mal, pas seulement à cause de la douleur terrible qui l'assaillait mais à cause de la dispute qu'elle venait de vivre avec son capitaine. Qu'un mois qu'ils se connaissaient et déjà ils se disputaient. Elle pleura de rage et de douleur. Elle avait une envie folle d'aller le frapper et en même temps d'aller l'embrasser. Elle s'assit sur son lit non sans douleur. Elle soupira, quelle idiote, pourquoi lui avait-elle parlé aussi méchamment. La jeune femme se leva doucement criant de douleur dès qu'elle avait mal –souvent-, tant bien que Jean-Bart entra dans la pièce pour l'aider à descendre les escaliers. Avant qu'elle ne rejoigne les autres, l'homme s'arrêta un instant et lui souffla :
« Le capitaine Law a veillé toute la nuit sur toi. Je ne sais pas ce que tu lui as dit à l'instant mais ça l'a vexé apparemment. »
Puis il reprit sa course, elle était étrangement contente qu'il ait réagi comme ça à ses attaques. Lorsqu'il la posa au sol, tout l'équipage se jeta sur elle, heureux qu'elle ait survécu puis ils retournèrent s'asseoir à leur place. La fille aux cheveux bleus croisa le regard de Trafalgar et celui-ci se mit aussitôt à sourire à Bepo pour la faire rager, mais elle connaissait son petit manège maintenant. Elle marcha vers lui en boitant beaucoup et mit au moins 5 minutes pour atteindre sa table. Elle se laissa tomber sur une chaise à côté de lui, elle regarda intensément le jeune homme et lui sourit. Tous ceux autour d'eux comprirent qu'ils allaient parler et ils s'en allèrent discrètement. Le jeune homme ne se retourna même pas vers elle pour lui faire face, il cracha entre ses lèvres :
« Tu vas encore me faire une scène ?
- Pardon, pardon de t'avoir mal parlé… »
Il la toisa rapidement puis se leva.
« Ne t'inquiète pas, ça ne changera pas nos rapports au lit. »
Il monta à l'étage. Léa n'aurait jamais cru qu'il puisse être aussi cruel, aussi méchant. Il avait osé dire qu'elle n'était qu'un objet avec lequel il couchait, serait-ce pour ça qu'il l'avait soigné ? Une larme coula sur sa joue et elle tenta lamentablement de le rattraper, mais sa blessure lui faisait mal et elle tomba par terre –ce qui lui fit encore plus mal. Des gens vinrent l'aider à se relever et ils la remontèrent dans sa chambre. Elle chercha du regard son capitaine mais ne le trouva pas, elle s'endormit un peu plus tard.
Le lendemain matin, l'ours blanc lui annonça qu'ils quitteraient l'île le soir. Elle prépara ses affaires et décida d'aller se balader un peu, elle ne pût pas aller bien loin avant que tout l'équipage ne se joigne à elle -même Law qui l'évitait depuis leur dispute. Ils marchèrent longtemps – trop longtemps au goût de la fille aux cheveux bleus - et elle se mit à tousser. Sa blessure la faisait à ce point souffrir qu'elle n'arrivait quasiment plus à respirer. Law apparu à travers les gens agglutinés autour d'elle et s'approcha furtivement. Elle ne voulait pas le voir mais il ne lui laissa pas le choix, il souleva sa jupe laissant le loisir à tout le monde de voir les sous-vêtements qu'elle avait acheté pour le capitaine. Le bandage était imbibé de sang. Malgré ses protestations, le médecin la fit s'étendre et retira le bandage. Chacun détourna le regard de l'affreuse blessure qu'elle avait à la cuisse.
« Il faut qu'on rentre, je vais changer ton bandage. »
Il ne lui demanda pas son avis et la chargea sur son dos puis fila à toute allure vers leur auberge. Il la monta dans leur chambre et l'allongea sur le lit.
« Je vais te déshabiller et je vais te laver pour enlever le pus. »
Elle ouvrit la bouche mais il la foudroya de son regard, elle comprit qu'elle ne pouvait pas refuser. Il allait la voir nue, et pour la première fois, ils n'allaient pas faire l'amour, le brun allait s'occuper d'elle pour l'aider. Il lui retira ses vêtements avec délicatesse tentant de ne pas trop lui faire mal à la main et à l'épaule. Trafalgar la souleva et la déposa dans la baignoire puis fit couler de l'eau dedans. Il la lava soigneusement – surtout la plaie -, la sortit du bain et la sécha.
« Tu sais, c'est pas parce que ma main est cassée, que mon épaule est déboitée et que j'ai beaucoup de mal à marcher qu'il faut que tu me considères comme une handicapée. »
Le jeune homme ne broncha pas et continua son travail minutieux consistant à lui mettre un nouveau bandage à la cuisse. Elle le laissa faire et elle se détendit, sa respiration devint plus profonde, et très vite elle se sentit envahie par une agréable sensation de bien-être. Assise sur le matelas, elle regarda à travers la fenêtre entrouverte le ciel se colorer de rose. Elle souffla un « merci » avant qu'il ne disparaisse. Mais qu'est-ce qu'il avait à la fin ?! C'est elle qui devrait lui faire la tête avec tout ce qu'il a fait et dit ! Le soir allait bientôt arriver et elle voulait profiter une dernière fois de l'île. Elle partit de l'auberge discrètement et marcha tranquillement jusqu'à la plage. Assise sur le sable, Léa regardait le coucher de soleil. L'astre lui semblait immense ; il empourprait la mer et le ciel, les unissant dans un grand manteau écarlate. Elle se mit à pleurer en repensant à tout ce qu'il lui a fait subir. Un bruissement la tira de ses pensées : Law venait d'apparaître. Elle essuya d'un revers de la main ses larmes et tourna la tête afin de ne pas voir son amant. Il se rapprochait de plus en plus jusqu'à être à un mètre de la jeune femme. Elle fit une sortie théâtrale, partit sans dire un mot mais il la saisit par le bras et la retourna face à lui. La jeune femme serra les poings, et les larmes commencèrent à couler doucement sur ses joues sans qu'elle laisse échapper un sanglot.
« Qu'est-ce que tu attends de moi à la fin ?!
- Je veux juste que tu me considères un peu plus ! Oui je fais partie de ton équipage mais je suis aussi la fille avec qui tu partages une chambre et avec qui tu… t'amuses… »
Il se rapprocha ne laissant que quelques centimètres entre eux. Ses lèvres se posèrent sur les siennes si violemment et si vite qu'elle en eu le souffle coupé. Son baiser se répercuta dans tout son corps en une nanoseconde. Il la saisit par les bras et la plaqua contre un arbre en la soulevant presque du sol. Sa langue caressait ses lèvres et s'introduisirent entre elles. Trafalgar l'entoura de ses bras, glissa une main dans ses cheveux et l'autre sous son tee-shirt. Léa se sentit littéralement défaillir. Puis il déplaça sa main vers le bas de son dos, le long de sa taille puis stoppa le baiser pour enfouir sa tête dans son cou. Jamais auparavant il avait fait ça. Bêtement elle lui demanda :
« Tu… veux coucher avec moi… là… maintenant ? »
Il soupira et la regarda dans le blanc des yeux.
« Je te donne la considération que tu voulais »
Il disparut dans la lune éclatante de lumière qui venait d'apparaître.
