Bonjour à tous !

Tout d'abord, excusez-moi pour ce très long temps d'attente, mais j'ai eu des vacances assez chargés. Merci à Markarepdom, tu m'as donné le courage de trouver un moment pour finir le chapitre et le poster )

Je me suis rendu compte qu'en plus je m'étais arrêté à un moment assez sadique, du coup j'suis encore plus désolé pour l'attente ^^

Lazer009 : Désolé pour la faute, ça ne se reproduira plus ^^' Sinon, j'espère que tu trouveras la suite aussi bien =) Pour ce qui est du rythme, je ne sais pas trop encore ce que je vais donner:/ Merci pour ta review !

THL : Merci ! Pour les prochains dragonniers, ça n'arrive pas dans l'immédiat, mais j'ai déjà écrits quelques petits trucs sur les prochains dragonniers, que j'aime beaucoup !

Sinon, je trouve l'italique pas très lisible, donc les pensées sont en italique ET entourées de '…'

Sur ce, place à la lecture !

_[]_


Dans la capitale


Elle lui sourit, car elle avait suivi chacune de ses pensées comme un trésor, et elle s'avança, se collant contre lui, passant ses mains sous sa tunique verte, elle caressa doucement la peau de son dos. Frissonnant, il se laissa faire, se contentant de l'admirer, sa chevelure, ses yeux verts, ses pommettes hautes, son nez, ses lèvres... il les voulait maintenant. Suivant encore ses pensées, elle sourit et enleva ses mains de son dos pour entourer son cou de ses bras et attirer le dragonnier vers elle. Il la prit à son tour à la taille et à la nuque, et, d'un dernier mouvement fluide...

' ERAGON! '

Eragon et Arya sursautèrent et par réflexe, les ongles de l'elfe se plantèrent dans le cou du dragonnier qui grimaça.

' Tu es où? Et pourquoi me caches-tu tes pen... '

Saphira se tut en sentant la présence d'Arya dans l'esprit de son petit homme, puis vit les souvenirs d'Eragon... et alors même les deux dragonniers, pourtant loin, sentirent le sol trembler tellement le fou rire de la dragonne était fort.

Arya et Eragon grimacèrent quand Fírnen en rajouta:

' Et bien vous ne perdez pas de temps non plus vous deux! '

Ne sachant plus ou se mettre, les deux dragonniers s'étaient un peu éloignés l'un de l'autre. Eragon commença par pensé :

' Il est peut-être temps... '

' ... d'y retourner? Oui, et séparément. Je n'ai pas envie que des histoires circulent dès ton retour sur nous deux. '

La reine venait de parler, et Eragon s'inclina. Il avait cependant noté qu'elle avait dit "dès ton retour"... Arya allait partir, sans pour autant couper le lien entre leurs esprits, car chacun se plaisait dans les vastes pensées de l'autre. Cependant, au dernier moment, et sur une pulsion si soudaine qu'Arya ne l'avait pas vu venir dans l'esprit d'Eragon, celui-ci l'agrippa par l'épaule et la força à se tourner puis, d'une geste presque brusque, plaqua ses lèvres contre les siennes.

La reine se figea de surprise... mais se laissa emporter très vite. Elle entoura de ses bras le dragonnier et l'entraina en arrière jusqu'à ce qu'elle sente un arbre dans son dos. Eragon s'avança et la plaqua contre lui tout en prolongeant le délicieux baiser... Ils n'entendirent même pas Saphira soupirer ni Fírnen étouffer un nouveau rire.

Eragon ouvrit les yeux. Il avait très bien dormi. Peut-être même n'avait-il jamais aussi bien dormi de sa vie, si ce n'est dans le ventre de sa mère. Sans ouvrir les yeux, il devinait déjà la présence d'Arya sur sa gauche. Son odeur, sa chaleur... tous ses sens étaient unanimes quant à la présence de l'elfe. Il tourna sur lui-même et fit face à l'elfe qui dormait encore. Écarquillant les yeux, il déglutit, se rendant compte qu'elle était nue... et que lui aussi, bien que la couverture cachait la plus grande partie de leur corps. Fouillant dans sa mémoire, il tenta de se rappeler ce qu'il s'était passé durant la nuit. Après le baiser, ils étaient retournés faire la fête, et, même s'ils s'étaient séparés pendant la nuit, leurs esprits ne s'étaient pas quittés. Puis, alors que la fête déclinait et que les elfes partaient savourer ce qu'il leur restait comme nuit, ils s'étaient retrouvés tous les deux devant l'arbre du dragonnier, et étaient montés discrètement ensemble. Arrivés dans la chambre et tombant de sommeil, ils s'étaient dénudés, rougissant à peine et s'endormirent aussitôt, tombant de fatigue.

Eragon sourit en pensant à cette nuit... elle avait été particulièrement belle...

Il se tourna vers l'elfe de son coeur qui dormait tranquillement sur le ventre et la couvrit de baisers. Cependant elle ne se réveilla pas, mais se mît sur le dos, dévoilant sa poitrine au dragonnier qui ne savait pas trop quoi faire, la pointe de ses oreilles rougissant soudainement. Finalement, il décida de profiter de cette journée, car il devait être midi passé, pour dormir, et passa un bras sous le cou de l'elfe qui vint automatique se coller contre le dragonnier, la tête dans son cou. Il sourit, bien qu'un peu mal à l'aise à cause du contact de leur peau nue, et ferma les yeux pour se rendormir aussitôt.

Arya ouvrit les yeux. Elle avait très bien dormi. Cela faisait maintenant longtemps qu'elle n'avait pas réussi à profiter du sommeil à ce point. Les charges de reine, mais aussi avant sa charge d'ambassadrice... tout cela pesaient sur ses épaules et elle n'avait pas réussi à en échapper. Sans ouvrir les yeux, elle analysa rapidement tous ses sens qui lui envoyèrent chacun des sensations agréables. Une légère odeur d'agrume et de feuilles d'automne... Une chaleur envoutante et une peau douce sous ses mains. Elle entendait même les battements réguliers d'un cœur qui bat. Oui, tous ses sens étaient unanimes quant à la présence d'Eragon. Ouvrant les yeux, elle se rendit compte qu'Eragon, bien que caché par une couverture, semblait nu... et que elle aussi. Rougissant immédiatement de leur proximité, elle ne bougea pas pour autant et tenta de se remémorer la nuit... Après leur... baiser?! Enfin, après cinq bonnes minutes de réflexion embrumée par le sommeil, elle se souvint de la suite, ils s'étaient séparés et la fête avait continuée, puis, à la fin, elle s'était rendue au pied de l'arbre où le dragonnier se rendait et ils s'étaient couchés et endormis ensemble. Elle retint un soupir, soulagée que les choses n'aient pas été plus loin. Cependant une chose lui échappait. Elle se souvenait de leur proximité inhabituelle, elle n'avait jamais été aussi proche de quelqu'un à part de Fírnen. Soudain elle se rappelait de cette sensation... elle avait partagé son esprit avec le dragonnier, toute la soirée. Elle rougit à nouveau. D'une impulsion, elle embrassa Eragon dans le cou mais celui-ci ne se réveilla pas. Au contraire, il la serra plus fort contre lui de ses bras. Surprise, Arya décida de profiter de la journée, qui était bien avancée désormais, pour se reposer. Elle murmura deux mots et la porte de l'arbre se verrouilla, empêchant quiconque de les déranger.

Saphira volait haut dans le ciel, Fírnen à ses côtés. Il avait du mal à se remettre de la soirée, où, comme Saphira, il avait peut-être abusé des barils d'alcool. C'était là un défaut certain des dragons. La dragonne, comme son compagnon, pensait à son dragonnier et à Arya. Occupée à finir un baril, ils n'avaient pas prêtés attention aux deux dragonniers qui s'étaient échappés vers l'arbre Menoa. Elle ne se souvenait pas de ce qui s'était passé après, car l'alcool avait embrumé ses sens. Cependant Fírnen et elle s'étaient rendu compte le lendemain midi que le dragonnier et la reine dormaient ensemble dans l'arbre d'Eragon. Ce rapprochement rapide avait surpris les dragons qui avaient questionnés Glaedr à ce sujet.

' Sans jamais avoir eu de preuves, les dragonniers au cours des âges se sont rendus compte que quand deux dragonniers se mettaient ensemble, cela influençait fortement le comportement de leur dragons et qu'il n'était pas rare que ces deux dragons, si ils étaient de sexes opposés, se mettaient à leur tour ensembles. Il en allait de même pour les dragonniers quand leurs dragons se mettaient ensembles... N'oubliez jamais ceci: le pacte passé entre les dragons et leurs dragonniers et plus puissant encore que vous ne l'imaginer. Il vous lie à tout jamais et le comportement du dragon comme du dragonnier s'en verra fortement influencé. Veillez donc aux conséquences de vos actes car vous ne serez pas les seuls à les subir! '

Les dragons avaient acquiescé en silence, conscients de leurs responsabilités.

Eragon ouvrit à nouveau les yeux, et, réveillé, sentit les rayons orangés du soleil couchant contre son visage. Heureux et souriant, il regarda Arya qui avait toujours la tête nichée dans son cou. Une voix résonna dans son esprit, légèrement moqueuse...

' Alors petit-homme? La nuit a été bonne? '

Préférant ne pas répondre, il contre attaqua:

' Et la tienne avec Fírnen? '

Il sentit Arya bouger dans ses bras et porta immédiatement toute son attention à l'elfe qui ouvrait les yeux. Il se pencha vers elle:

- Bonjour ma reine.

- Bonjour mon dragonnier.

Souriante, elle se souvint cependant qu'ils étaient nus et se leva avec la couverture laissant un Eragon dénudé dans le froid. Lui tournant le dos, elle prit ses vêtements et sorti dans le bureau afin de s'habiller, sans pour autant perde son sourire, ni en avoir profité pour regarder le dragonnier à la dérobé. Celui-ci s'habiller à son tour, bien qu'il ne savait pas ce qu'il allait faire étant donnée l'heure déjà tardive. Sans prévenir, Arya rentra dans la chambre et fixa Eragon encore torse nu, indécise. Il s'était immobilisé et attendait qu'elle prenne la parole, ce qu'elle fit:

- Pour hier soir...

- Ce qui est fait est fait mais il me semble que tu t'es laissé aller pour une fois...

- Non pas du tout, c'est juste que...

Eragon la coupa en s'avançant et la pris dans ses bras pour l'embrasser. Mais au dernier moment elle recula. Le dragonnier la fixa alors d'un air triste et lui caressa la joue.

- Tu vois? Je ne sais pas pourquoi mais tu sembles décidée à t'empêcher de vivre pleinement les nombreux siècles qui t'attendent.

Arya voulut prendre la parole mais il la coupa à nouveau d'un geste, plaçant un doigt sur les belles lèvres de sa reine.

- Pas besoin de te justifier. Tu es comme ça et cette mauvaise habitude ne partira pas tout de suite. Il faudra que je m'y fasse.

- Eragon...

- Je suis désolé Arya. Saphira et moi partons pour Illirea ce soir.

La reine le regarda, surprise et la tristesse se lu dans ses yeux. Elle contesta en croisant le bras et en le fixant durement. Elle avait la même robe bleue que durant la soirée et maintenant qu'Eragon avait vu une partie de son corps, il désirait encore bien plus le revoir et y gouter. Elle était l'objet de son désir... tellement belle.

- Et pourquoi dragonnier?

- Car le devoir m'appelle.

- Et pour ma formation?

- J'ai déjà transmis par pensée à Fírnen plusieurs conversations que je n'aurais le temps d'avoir avec toi. Et Saphira en a fait de même. Vous devrez vous en contenter jusqu'à notre retour ou votre décision de nous rejoindre à Dyrthia Telore. Je ne perds pas espoir.

Arya eu un petit rire mais ne contesta plus leur départ. Elle se doutait que son comportement avait blessé son dragonnier, mais ils savaient tous les deux que c'était pour le moment nécessaire.

- Vous repasserez pour nous donner l'oeuf dans quelques mois?

Eragon acquiesça.

- Normalement nous en aurons le temps, sinon je le confierais à Vanir qui s'en chargera. Pour ce qui est de la justification excusant ton absence d'une longue journée, tu n'as qu'à dire que je t'ai kidnappé pour une formation accélérée...

Arya sourit à nouveau mais se mordit les lèvres, hésitante. Finalement elle recula, silencieuse.

- Alors au revoir Eragon.

- Au revoir Arya.

Tournant les talons elle sortit et claqua la porte. Eragon avait juste eu le temps de murmurer trois mots qu'elle n'avait certainement pas entendu:

- Je t'aime...


Saphira volait depuis quelques heures et la nuit était tombée depuis longtemps maintenant. Le vol, silencieux, était encore plus troublant car Eragon n'arrivait pas à distinguer le sol tellement il faisait sombre. Glaedr et Umaroth discutaient entre eux tandis que Saphira tentait de savoir ce qui s'était passé avec Arya cette fameuse nuit, mais le dragonnier tenait bon d'autant plus qu'il craignait déjà les moqueries qu'il devrait subir de sa dragonne.

Une grande clameur s'éleva dans la cité. Partout des foulards multicolores étaient remués vers le ciel, accompagnés d'une cacophonie de sons, cris, chants, rires. Les doigts étaient tous pointés vers le ciel où les regards étaient fixés. En effet une tache bleue auparavant petite grossissait à vue d'oeil. Et enfin, après dix minutes d'attente, la dragonne était bien visible pour tout le monde. Cela faisait à peine plus de dix ans, et pourtant beaucoup de choses avaient changés. La cité d'Illirea resplendissait, digne d'être la capitale des humains. Réunissant artisans, magiciens, ouvriers... le centre culturel de l'Empire rayonnait par sa merveilleuse architecture. Une partie de la ville, d'origine elfique, avait été gardée, tandis que de grandes restaurations avaient eu lieu, et de longs et fins bâtiments généralement d'un blanc pur se dressaient maintenant fièrement vers le ciel, tandis que des fontaines et des jardins offraient espace et tranquillité à la vaste cité, si bien qu'elle n'avait plus grand chose en commun avec la capitale de Galbatorix. Mais le plus grand changement venait certainement en un très haut bâtiment circulaire qui montait sur des dizaines d'étages juste à côté du palais royal. Plus il montait, plus la superficie de l'étage diminuait, et le toit, horizontal, de l'étage inférieur formait ainsi une terrasse pour l'étage supérieur. Les murs extérieurs étaient en réalité des arcs boutants qui encadraient de grandes baies vitrées. La base du gigantesque bâtiment était suffisamment grande pour accueillir des dizaines de dragons. Eragon fut stupéfait devant le travail quasi Elfique qui avait été fourni. Par ailleurs, sur les terrasses du bâtiment, de nombreuses personnes étaient rassemblées et le dragonnier perçu, en étendant son esprit qu'ils protégeaient leur esprit.

' L'académie de magie... '

Saphira ironisa.

' Mmh... si j'avais su que le bâtiment ressemblait à ça, je serais restée pour y travailler... '

Le haut du bâtiment était une unique tour circulaire et au rayon réduit, mais il devait être suffisamment grand pour y accueillir un vaste appartement. Il donnait sur une large terrasse où un jardin fleurissait et une petite fontaine clapotait une eau fraiche. Cependant personne ne semblait s'y promener ni même y vivre.

Oubliant les détails, Saphira et Eragon se concentrèrent finalement sur le palais où un espace avait été dégagé au milieu de la foule pour permettre l'atterrissage de la dragonne.

' On va avoir le droit à de la foule... ça faisait longtemps... '

Le dragonnier haussa les épaules bien que sa dragonne ne pouvait le voir mais se prépara quand même au choc... il distinguait déjà les voix de chacun, leurs paroles et ses fines oreilles se plaignaient du bruit. Il murmura un mot en ancien langage et le son diminua. Il effectua la même chose sur Saphira qui l'en remercia juste avant d'atterrir majestueusement, puis, arquant le cou en l'air, cracha une longue et puissante flamme bleue, sous le regard et les cris émerveillés des humains. Satisfaite, Saphira replia ses ailes et fixa la foule en crachant un petit nuage de fumé de ses naseaux.

Le dragonnier sauta alors souplement de sa selle et atterrît sur le sol, trois mètre plus bas. La foule s'était soudainement tu à son atterrissage et chacun les observait, la dragonne et sa taille bien plus imposante, ses écailles plus brillantes, ou le dragonnier et sa stature impressionnante, son regard pénétrant et ses cheveux curieusement blancs. Puis quelqu'un hurla un "Argentlam" dans la foule, et tous le reprirent en cœur, d'une seule voix. Eragon, le visage neutre, frissonna légèrement, dépassé par la foule qui se scinda en deux, permettant à une femme à la peau d'ébène et entourée de nombreux gardes d'avancer jusqu'à lui. Nassuada, une couronne sur la tête, souriait franchement, heureuse du retour -certes temporaire- du dragonnier qui avait sauvé son peuple et par la même occasion tous les peuples libres d'Alagaesia.

Puis, tout dérailla.

Deux des soldats de la garde de Nassuada se retournèrent vers elle d'un geste vif et rapide et lancèrent leur lance vers elle tout en tirant leurs épées. Eragon comprit trop tard la manœuvre mais s'élança quand même d'une vitesse surhumaine, Brisingr dans ses mains. Son esprit fut cependant encore plus rapide et assaillit celui des soldats, les harcela tous en même temps. Cependant, il ne mesura pas sa force, ayant l'habitude de se mesurer à des dragons, et unepartie proche de la foule s'écroula immédiatement par terre, hurlant de douleur. Aussitôt, la voix de Glaedr rugit dans son esprit:

' ERAGON! Concentre-toi un peu! '

Le dragonnier, imperturbable, resserra ses attaques sur le groupe de soldat, mais il s'aperçut rapidement qu'ils étaient, comme les assassins nains il y a si longtemps, protégés à distance par de nombreux magiciens. Les deux lances arrivèrent enfin au niveau de Nassuada mais furent stoppées à quelques centimètres de la reine par les sorts de protection des deux magiciens qui la suivaient... et qui s'écroulèrent, tués par deux autres soldats dans le dos. Quatre des gardes du corps étaient des traitres. Les soldats fidèles à la reine tentèrent de stopper les parjures mais ceux-ci, d'une rapidité incroyable pour des humains, les achevèrent rapidement tandis que le dragonnier arrivait enfin vers eux.

La foule n'avait même pas eu le temps de s'apercevoir de quelque chose que six soldats et deux magiciens gisaient, morts, tandis que quatre soldats entouraient la reine et le dragonnier qui s'était intercalé entre eux. Saphira poussa alors un long rugissement et cracha une flamme longue d'une centaine de pieds... la foule se dispersa immédiatement, terrorisée, empêchant les renforts de venir. Eragon prit alors la parole d'une voix forte et glaciale:

- Déposez immédiatement les armes ou vous êtes morts.

Les gardes renégats n'hésitèrent pas et s'élancèrent tous ensemble sur la reine. Le dragonnier posa alors la paume sur la reine et murmura une parole rapide. Aussitôt un éclair bleu illumina l'espace et la reine disparut. Le dragonnier se retourna alors vers ses assaillants, et, liant son esprit à celui de la dragonne et des deux Eldunarí, attaqua les pensées des soldats tout en les attaquant de son épée.

Le combat dura deux secondes, car ce fut le temps nécessaire pour briser le mur immatériel des pensés des magiciens et tous les tuer sauf un qui fut endormi, et pour briser les épées des quatre soldats et en tuer trois. Pénétrant dans l'esprit du quatrième, le dragonnier l'endormi aussitôt. La dragonne souffla un petit nuage de fumé, satisfaite de la démonstration de leur puissance, tandis que le dragonnier ligota le seul soldat encore vivant et le fouilla pour être sûr qu'il ne cachait rien.

Les renforts étaient encore loin...

Nassuada attendait Eragon dans sa chambre, dépassée par la violence des événements si condensés. Eragon arrivant, les soldats déjà morts, elle téléportée... tout cela en moins de dix secondes. Elle attendait donc patiemment le dragonnier, avec pour seule compagnie Yeux-De-Nuit, le chat garou qui avait pris place sur le Coussin des Chats, comme il avait été nommé par la cours, et qui dormait tranquillement. Eragon était parti chercher le magicien endormi qui était caché dans le grenier d'une vieille maison, mais pas sans avoir auparavant bardé la reine de sort et avoir posté cinq soldats dont il avait vérifié la fidélité lui-même devant sa porte.

Enfin elle entendit des bruits en dehors, des paroles et des bottes tapant le sol. La porte s'ouvrit et Eragon entra, d'une démarche souple et droite. Son visage était encore fermé et silencieux. Cependant, quand il releva la tête vers la reine, un sourire apparut, seul vestige de son ancienne appartenance à la race humain. Ce sourire n'avait pas changé, chaleureux et joyeux.

- Bonjour Nassuada! Je n'avais pas pensé que nos retrouvailles seraient aussi mouvementées!

Sa voix était calme et enjouée, presque rieuse. La reine, frappée par ce changement d'humeur, resta silencieuse quelques seconde, avant de lui répondre avec un sourire:

- Et moi donc! Tu as bien changé depuis que tu es parti! Mais j'espère que tu as gardé cette partie d'insouciance qui te caractérisait...

Le dragonnier éclata d'un rire franc tandis qu'un rugissement assourdissant fit trembler les vitres de la pièce. Le chat garou aplati les oreilles, contrarié d'avoir été réveillé si brusquement.

- Saphira trouve que je suis encore trop insouciant pour mon titre de dragonnier et qu'il, je site, "faudrait que mon petit homme commence à réfléchir un peu".

Ce fut au tour de la reine de rire.

- Bien, je vois que tu n'as pas tant changer que cela. Enfin, revenons à un sujet moins plaisant: qui étaient ces assassins?

Le visage du dragonnier se durci instantanément.

- Des assassins professionnels à la charge d'une association nommée... Du Vorgt Yuil, ce qui signifie "Le droit chemin". D'après ce que j'ai soutiré du magicien et du soldat, c'est une association de magiciens contre tes nouvelles réformes. Nombres d'entre eux sont d'anciens mages de Galbatorix qui ont réussi s'échapper quand le vent a tourné en leur défaveur. Ils voulaient frapper normalement dans quelques jour mais ont décidé de t'assassiner sous mes yeux pour montrer leur puissance... Les idiots... Peut-être auraient-ils d'ailleurs réussi si je n'avais pas été là.

Nassuada se laissa tomber sur la chaise et le dragonnier fixa alors le chat garou.

- Yeux-De-Nuit, as-tu entendu des rumeurs récemment qui pourraient compléter ce que je viens d'apprendre de l'esprit des deux traitres?

Le chat garou leva une paupière et fixa intensément le dragonnier qui ne cilla pas. Enfin, après quelques secondes de combats, le chat referma les paupières.

' Mon rôle n'est pas de surveiller et de protéger votre reine, jeune dragonnier, et je n'ai que faire de vos conflits internes. '

Eragon se mît à rire tout bas et la reine se retourna vers lui, surprise.

- Qu'y-a-t-il de drôle Eragon?

- Je commence à connaitre les chats garous, et crois-moi Nassuada, je m'attendais parfaitement à cette réponse... Notre chat garou ici présent est vexé car il n'était absolument pas au courant de l'existence des Du Vorgt Yuil...

' Je sais bien plus de choses que tu ne le crois, petit dragonnier, aussi il serait sage de ne pas me provoquer. '

Nassuada regarda tour à tour le chat et le dragonnier, dépassé par leur échange.

- Et tu serais étonné de découvrir tout ce que je sais Chat Garou. (Eragon sentit Glaedr vouloir intervenir mais se rappelant des dernières paroles qu'il avait eues avec Solembum, il clôt vite la conversation) Enfin, je ne suis pas ici pour me quereller avec un membre de ta race. Pour revenir au sujet précédant, Nassuada, je vais m'occuper de cette organisation secrète si j'en ai le temps, et sinon je confierais cette affaire à quelqu'un de confiance.

Nassuada leva un sourcil:

- Une personne de confiance?

- Oui, ne t'inquiète pas pour cela. Je suis désolé de te demander cela mais... as-tu désigné un héritier au trône? Tu sais aussi bien que moi les divisions et les guerres qu'entraineraient ta mort si tu n'as pas un héritier reconnu...

Nassuada poussa un profond soupir et s'affala dans son fauteuil, une main sur son front. Après quelques secondes de silence, elle répondit:

- Je ne vois pas encore qui nommer. Je n'ai pas d'enfants et n'ai actuellement pas le temps de chercher un héritier. Alors... je suis désolé de te l'apprendre comme ça, mais une fois de plus nous allons avoir besoin de toi. Si je meurs, je t'ai désigné officiellement comme futur roi. Tu aurais déjà pu légitimement accéder au trône, alors personne ne contesterait ta nomination en tant que roi. Je suis désolé mais c'est la seule solution...

Eragon fixa Nassuada, incertain, tandis que Saphira râlait intérieurement.

' Petit Homme, je crois que c'est officiel, on ne nous laissera jamais en paix, quand bien même des centaines de milliers de milles nous sépareraient de cette terre... '

' Bah, espérons qu'il ne lui arrivera rien avant qu'elle ne trouve son héritier... et même après! '

- En tous cas Nassuada, je ne vais pas rester longtemps, je repars le plus vite possible. Je vais directement aller reprendre l'œuf laissé chez les Urgals mais je reviendrais ici juste après dans quelques jours.

Nassauda hocha la tête, bien qu'à contre cœur.

- Tu ne restes même pas cette nuit?

- Si bien sûr, je partirais demain dans l'après-midi. Cela me permettra de régler les affaires urgentes.

Nassuada se leva alors brusquement, de nouveau en forme et pleine d'entrain.

- Alors nous n'avons pas de temps à perdre! J'ai une annonce publique à faire. Quant à toi, va régler tes différents problèmes.

Eragon s'inclina légèrement et sorti derrière la reine qui marchait d'un bon pas et qui fut encadré par cinq soldats. Le dragonnier monta jusqu'à ses appartements où il se rafraîchit et prit un bain. Il se revêtit d'une chemise blanche et d'un pantalon en cuir et alla se poser sur un fauteuil confortable. Ce qu'il allait faire nécessitait une grande force mentale et il en était fatigué par avance. Les deux Eldunarí avaient rejoints son esprit et le soutenaient.

' Voyons Eragon, nous avons déjà fait bien plus éprouvant. Tu sais par où chercher? '

' Oui, par le Nord... '

Commença alors un long travail qui ne demandait pas de magie mais une intense concentration. Les Eldunarí avaient soumis le dragonnier à cet exercice maintes fois, afin de fortifier son esprit et d'aiguiser ses pensées. Ce n'est d'ailleurs qu'à ce moment qu'Eragon se rendit compte de la différence de niveau qui le séparait d'Oromis... En effet il devait étendre son esprit le plus loin possible afin de fouiller les environs. Au début il n'arrivait à l'étendre que sur quelques milles, alors qu'Oromis pouvait sans effort parcourir toute l'Alagaesia... Avec l'aide des deux Eldunarí, il allait tenter de trouver Murthag par pensées. Ils étendirent leur esprits sur de très nombreux milles, passant par dessus le Du Weldenvarden, étudiant les esprits dans les montagnes et au-delà... Fort heureusement, l'esprit d'un dragon et de son dragonnier était très facilement reconnaissable quand il n'était pas dissimulé, aussi Eragon finit par le retrouver très loin au nord, dans une grotte. Il effleura ses pensées, mais la distance était tel qu'il n'était même pas sûr que Murthag l'ai perçu car la force de son esprit diminuait avec la distance. Cependant il sentit le dragonnier tressaillir et élever de solides barrières mentales. Il ne l'attaqua cependant pas.

' Murthag, c'est moi, Eragon. '

Les barrières doublèrent et se solidifièrent encore d'avantage, signe que Thorn avait lié son esprit à celui de son dragonnier. Eragon redit alors sa phrase, mais cette fois ci en Ancien Langage. Les barrières s'abaissèrent alors lentement et Murthag dit d'une voix méfiante:

' Eragon? Comment est-ce possible? '

Le dragonnier lui répondit d'une voix moqueuse, mais toujours en Ancien Langage:

' Tu doutes encore de mes pouvoirs? C'est bien moi, bien que nos connaissances font que toutes discutions en Ancien Langage n'ont pas beaucoup plus de crédits qu'une discussion en langue humain. '

' Pas faux... mais comment fais-tu pour nous parler? '

' Je ne suis pas à Dyrthia Telore mais à Ilirea, et j'ai appris à parler malgré la distance. Peut-être pourrais-je te l'enseigner si tu viens nous rejoindre à Dyrthia Telore... '

' Peut être... en attendant pourquoi voulais tu nous contacter? '

' Et bien j'aurais besoin de votre aide... et donc que vous reveniez en Alagaesia. '

Eragon croisa les doigts, mais la réponse de Murtagh n'arriva pas tout de suite... enfin, après de longues minutes, le dragonnier répondit:

' Je suis désolé Eragon mais seulement dix ans se sont écoulés et c'est trop peu pour la mémoire des Nains. Mais pourquoi aurais-tu besoin de nous? '

' Et bien, mon frère, je dois m'occuper des quatre œufs actuellement laissés en Alagaesia, tout en protégeant Nassuada, qui est à nouveau victime d'attentats, tout en démantelant l'organisation secrète qui tente de la tuer... '

Murthag se mît à rire et mît quelques temps avant de pouvoir répondre:

' Tu es toujours autant surchargé! Tu aurais dû venir avec nous pour quelques années de vacances! Mais je ne vois pas où je serais intervenu... '

' Et bien tu aurais pu rester prendre soin de Nassuada pendant que je parcourais l'Alagaesia... '

Murthag resta silencieux à nouveau quelques minutes, puis lui répondit:

' C'est d'accord. Je peux venir mais je ne resterais pas indéfiniment. '

Eragon sourit et le remercia immédiatement:

' Merci mon frère! Dans combien de temps pourrez-vous être là? '

Ce fut à Thorn de répondre:

' Si le vent ne joue pas contre nous, je nous porterais jusqu'à Ilirea en deux semaines, Eragon-Demi-Frère-De-Murthag. '

' Nous vous attendrons avec impatience! '

' A bientôt frérot! '

' A très bientôt! '

Enfin Eragon quitta l'esprit de son demi-frère et rouvrit les yeux, épuisé. Il s'allongea aussitôt dans son lit, tandis que les deux Eldunarí semblaient satisfaits des performances du jeune dragonnier car ils n'avaient finalement pas eut à l'aider.

' A ton âge Oromis ne savait pas faire preuve d'autant d'endurance, et même après dix ans de formation, il n'était pas aussi fort que toi. Tu marches vite sur la route des dragonniers et tu voles déjà de tes propres ailes. Je suis fier de toi Eragon. '

Eragon fut honoré par tant de compliments et inclina la tête:

' J'ai eu de bons maitres. '

Cela faisait maintenant dix-huit jours qu'Eragon et Saphira attendaient Thorn et Murthag. Ils avaient prévenus Nassuada de leur arrivé et le dragonnier n'avait su déchiffrer l'expression qu'avant alors eu la reine, un mélange de joie et de peur, mêlé également à un éclat d'excitation, à moins que ce fut de désir... Puis ils avaient quitté Ilirea de nuit et étaient allés rapidement voir les Urgals pour échanger les œufs. Ils avaient laissé l'oeuf orange et étaient repartis avec un œuf violet en direction de la capitale. Eragon n'avait cependant pas commencé à tester la population, gardant le secret sur les œufs. Il avait ensuite profité des deux semaines pour rendre visite à la nouvelle guilde de la magie et à son chef, un dénommé Cairn, qui était un magicien Surdan. Il avait également commencé la traque de l'organisation Du Vorgt Yuil, qui avançait lentement, et il n'eut donc que peu de repos durant ces quelques jours. Enfin, le dix-neuvième jour, un dragon rouge apparut à l'horizon. Il était tard, aussi la lueur rougeâtre du coucher de soleil permettait à Thorn de se fondre dans la masse des nuages presque rouges du ciel. Jusqu'au dernier moment, personne ne l'aperçu à part Eragon et Saphira. Cette dernière décolla prestement sans son dragonnier afin d'accueillir les deux nouveaux venus. Quand enfin la population, bien que très peu active à cette heure, se rendit compte de l'arrivé d'un autre dragonnier, ce fut une cohue infernale dans les rues d'Ilirea. Certains n'avaient pas oubliés le rôle de Murthag dans la guerre, tandis que d'autres se rappelaient surtout qu'il avait aidé Eragon à tuer le roi. Globalement la cité restait sur ses gardes mais acceptait l'arrivé du dragonnier, d'autant plus qu'Eragon serra son frère contre lui et devant tout le monde dès son atterrissage. Thorn redécolla aussitôt, suivit par Saphira, tandis que Murthag était entrainé dans le palais par son frère. Tout s'était passé rapidement pour éviter tout problème. Une fois à l'intérieur, Eragon se tourna vers son frère, et commença avec un grand sourire:

- Deux semaines? Thorn se serait-il surestimé?

Murthag retint un petit rire, mais répondit avec joie:

- Nous avons eu du vent de face... et la flemme d'accélérer. Après tout ça fait dix ans que l'on vit à notre rythme... d'ailleurs en dix ans tes cheveux ont changé...

Instinctivement, Eragon passa une main dans sa chevelure argentée.

- Oui, et ne me demande pas comment ça se fait, je l'ignore! En tous cas nous allons directement voir Nassuada, elle t'attend dans la salle du trône.

Murthag se raidit légèrement, mais ne fit aucun commentaire. Cependant Eragon s'en aperçu et reprit d'une voix assurée.

- Écoute, je sais que c'est dur mais Nassuada t'a pardonné pour tout ce que tu as été forcé à faire. Elle sait que ce n'est pas de ta faute et que tu as tout fait pour la sauver. Le simple fait que tu ais changé de vrai nom le prouve. Enfin, elle semblait ravi de ta venue, bien plus encore que quand elle a su que je revenais en Alagaesia pour quelques mois...

Murthag fixa Eragon mais ne fit toujours aucun commentaire. Il tourna à un croisement mais le dragonnier le retint:

- La salle du trône n'est pas par là.

- Eragon je connais quand même ce palais mieux que toi!

- Désolé frérot mais non, il a été en partie reconstruit depuis la chute de Galbatorix. Suis-moi sinon tu vas te perdre!

Un léger sourire revint sur le visage de Murthag et il suivit Eragon de bonne grâce. Enfin, ils rejoignirent un couloir plus large et arrivèrent à une haute porte en bois où se tenaient deux gardes qui s'inclinèrent à leur arrivé puis ouvrirent les deux battants de la porte et les annoncèrent:

- Le maître dragonnier Eragon le Tueur d'Ombre et le dragonnier Murthag.

Celui-ci se retourna vers Eragon et haussa un sourcil:

- "Maître dragonnier"?

Eragon haussa les épaules:

- Je n'ai pas choisi. Et si tu es jaloux tu n'avais qu'à venir avec moi à Dyrthia Telore!

Souriants, ils s'avancèrent vers le large trône mêlé d'or, d'argent et de... bois, et qui était surélevé par plusieurs marches. Devant lui, droite et fière, se tenait la reine qui portait une large robe rouge. La reine les observa en silence et admira ce spectacle, celui de deux frères dragonniers libres, certainement les deux êtres les plus puissants d'Alagaesia... Elle fit un signe de tête à Eragon et fixa ensuite Murthag qui s'avançait vers elle, ne la quittant pas des yeux. Tout autour d'eux, de petits groupes de nobles, silencieux, fixaient le dragonnier Murthag. Enfin, après un lourd silence, Nassuada pris la parole:

- Je suis heureux de te revoir, Murthag, toi qui es parti si vite et sans prévenir, tu nous reviens à l'improviste. Cependant sache-le, tant que je serais reine, tu seras le bienvenu dans ce palais.

Murthag lui répondit d'un même ton, officiel et peu naturel:

- Merci ma reine. Je suis ici à la demande du chef de ma Caste qui désire que je veille sur vous tant que la menace du Du Vorgt Yuil existera. Je rentre donc temporairement de mon exil afin d'aider la reine des hommes.

- Et nous nous souviendrons de ce geste, dragonnier. Eragon, je crois que tu as de nombreuses affaires en cours, quant à toi Murthag, suis moi j'ai beaucoup de choses à faire et étant mon garde du corps attitré, tu vas à nouveau devoir supporter les affaires politiques.

D'un même ensemble, les deux dragonniers hochèrent la tête, mais se séparèrent, Eragon repartant vers ses quartiers, Murthag suivant la reine vers une porte opposée.

' Saphira? '

' Oui petit homme? '

' Nous allons devoir y aller, cela fait maintenant plus d'un mois que nous sommes arrivé en Alagaesia, plus le mois de voyage cela fait deux mois que nous sommes partis. Il nous reste donc quatre mois, donc seulement trois en Alagaesia, pour régler le problème du Du Vorgt Yuil et pour répartir à nouveaux les œufs entre toutes les races. '

' Direction les nains je suppose? '

' Maintenant que Murthag est là pour veiller sur Nassuada, je ne crains plus pour sa vie, nous allons donc pouvoir reprendre ce pour quoi nous somme venu. '

La dragonne poussa un rugissement dans le ciel, et plongea en piqué vers Ilirea, suivit de près par Thorn...

Eragon finissait de préparer ses affaires et les vivres quand on frappa à la porte. Il étendit son esprit et senti deux présences familières... Souriant, il alla ouvrir la porte et laissa entrer ses deux visiteurs:

- Mhh... je vous attendais pour plus tôt, cela fait un mois que je suis en Alagaesia...

Angela le regarda tout en sortant un tricot et se mît à rire doucement...

- Ce doit être l'âge, à moins que nous n'ayons pas eu l'envi de venir plus tôt...

Solembum venait de s'installer en boule sur la pile de vêtements d'Eragon, et, baillant longuement, ferma les yeux pour s'endormir.

- Que me vaut cette visite alors?

- Et bien déjà ça fait dix ans que l'on ne s'est pas vu, j'aurais aimé un peu plus d'enthousiasme!

Eragon leva les yeux au ciel:

- Peut être qu'à force de côtoyer des elfes je deviens aussi inexpressif qu'eux? En tous cas ça me fait plaisir de vous voir tous les deux...

Angela attaqua son tricot avec entrain, tandis que Solembum commença à ronronner.

- C'est déjà beaucoup mieux! Enfin une des raisons de la visite tient simplement au fait que tu ne devrais pas être là. Tu as défié mes prédictions, qui s'étaient révélées parfaitement exactes jusqu'à là.

Eragon arrêta de s'occuper des préparatifs de son départ et fixa l'herboriste puis lui répondit en fronçant les sourcils:

- Je pensais que tu savais cela! Le destin n'est jamais fixe, et rien ne peut te permettre d'affirmer quoi que ce soit sur le futur de quiconque. Un elfe a un jour voulu imposer un futur. Il a en effet lu, tout comme toi, dans des os de dragons qu'il allait vivre avec l'elfe qu'il aimait. Cependant il savait parfaitement que ce n'était qu'un futur possible, probable même, mais pas certain. Il a alors tout fait pour qu'il se réalise... y compris essayer de combiner ses prédictions à de la magie. Il en est mort.

Angela le fixa intensément:

- Tu as bien changé en dix ans, j'en ai presque l'impression que nos rôles se sont inversés...

Eragon eut un rire franc et recommença à trier ses affaires:

- Mais non! J'ai encore tant de choses à apprendre, et tellement à grandir en sagesse et en force! Contrairement aux elfes, aux hommes, aux nains et aux Urgals, les dragonniers comme leur dragons ne font que se fortifier avec le temps, et plus ils vieillissent, plus ils sont puissants et sages.

L'herboriste sourit en continuant son tricot:

- Je suis pressé de te voir d'ici quelques centaines d'années...

Cependant elle s'arrêta et se leva d'un coup et rangea son tricot.

- Ravi de t'avoir revu, Eragon! On se reverra peut être bientôt! Solembum?

Le chat garou se leva de mauvaise grâce et bailla à nouveau puis s'en alla en trottinant derrière Angela qui ferma la porte sur un dragonnier amusé. Eragon vérifia une dernière fois que toutes ses affaires étaient prêtes, puis appela Saphira qui était en train de chasser. Une petite heure après, tout était prêt et le dragonnier disait au revoir à Nassuada et à son frère, puis ils décolèrent en direction de Tronjheim.

_[]_


Et voilà ! J'espère que vous avec apprécié, on se retrouve chez les nains pour le prochain chapitre =)

N'hésitez pas à écrire une pitite (grosse) minuuuscule (gigantesque) review :D