Voilà, après une longue absence (pas mal de mois…) et non ce n'est pas un poisson d'avril :p
Excusez-moi pour cela (je m'excuse surtout auprès de Markarepdom pour les promesses non tenues), j'avoue avoir perdu tout goût pour l'écriture et toutes motivations. Cependant j'ai reçu quelques demandes pour savoir si une suite avait été écrite, ce qui est le cas. Donc je la poste.
J'ai encore une dizaine de milliers de mots d'écrits mais ce sont des jets pour la suite (bien plus loin dans l'histoire) et je vais voir sir je pourrais faire un raccord pour que vous ne soyez pas trop perdu ^^)
Bonne lecture si vous continuez à me suivre malgré les mois d'attente…
merci au deux guests qui m'ont reviewé également =)
Bisous =)
Saphira volait bas en direction des Beors. Ils étaient dans le Hadarac et le mauvais temps semblait avancer plus vite que la dragonne, des nuages sombres recouvraient déjà la voute bleu du ciel et les rafales de vents, tourbillonnantes, commençaient à déséquilibrer le vol rapide et stable de Saphira. Celle-ci en grogna de frustration, elle avait beau avoir grandi physiquement et avoir appris encore beaucoup sur les vents, les courants, il y avait toujours des tempêtes qu'elle ne savait pas totalement maitriser. Eragon s'agrippait à la selle, et, emmitouflé dans sa cape, tentait d'aider la dragonne par pensé:
' Rappelle-toi, il y a quelque années tu n'aurais pu voler avec des vents si violents! '
Pour conclure sa phrase, le ciel s'illumina brièvement, aussitôt suivi par le bruit sourd du tonnerre. Eragon savait que les tempêtes dans les déserts sont tout particulièrement dangereuses, aussi il s'installa au mieux possible sur la selle et demanda à Saphira:
' Ça devient dangereux. Je vais devoir lancer quelque sort de protection. Essaie de maintenir un vol stable le plus longtemps possible. Puise des forces en Glaedr, Ulmaroth et moi si tu as un problème. '
La dragonne souffla brusquement de ses narines puis inspira profondément, faisant cliqueter toutes ses écailles qui, dans l'obscurité pesante qui s'installait avec la tempête, ne luisaient plus ou presque. Les premières gouttes annonciatrices du torrent dégoulinaient déjà le long de l'armure saphir de la dragonne.
' Je suis prête. '
Eragon inspira lui aussi et prononça alors trois longues phrases qui avaient pour but de les protéger contre les chocs, l'orage et la pluie qui allait devenir de plus en plus violente.
Un long vol commença alors, rude et très fatigant. Les nuages empêchaient de voir à plus de quelques mètres et la terre loin au-dessous était invisible. Tout repère de haut et de bas avait disparu et Eragon se sentit happé par le vide nuageux qui l'entourait. Seule la gravite permettait de rappeler vers où se trouvait le bas, mais balloté par les vents, il était extrêmement difficile de déterminer une verticale et une horizontale. Pour un novice, ce voyage aurait été suicidaire, et malgré l'expérience, Eragon se serait certainement écrasé au sol s'il avait été à la place de Saphira, dont le sens de l'orientation lui permettait de maintenir le cap. Le dragonnier ferma les yeux, se concentra et fit le vide en lui. Il se surprit cependant à rêver de la fête au chaud chez les nains, et pourtant il savait à quel point il en avait déjà assez de ces festivités. Il voulait revoir son frère d'adoption Orik et pouvoir discuter un peu avec lui comme ils l'avaient fait il y a quelques années. Les miroirs ne suffisaient pour le dragonnier à tenir une réelle relation. Ils sont évidemment très utiles pour communiquer des informations, mais pas quand il s'agit d'une amitié.
Soudain, les Beors déchirèrent les nuages et apparurent brusquement et extrêmement proches du groupe, alors que le vent tentait de les plaquer contre les parois de la première montagne. Saphira jura et bloqua son vol pour virer, d'extrême justesse, puis monta un peu plus haut, utilisant les vents ascendants de la montagne pour s'élever sans effort le long des pics rocheux qui, au fur et à mesure de leur escalade, perdaient leur couleur verte pour le gris de la roche puis pour le blanc de la neige et des glaciers. Eragon s'excusa de ne pas avoir fait attention, car il aurait pu prévoir l'arrivé brusque de la montagne s'il avait étendu son esprit.
Les nuages restèrent finalement derrière eux et le ciel redevint bleu, percé çà et là de quelques nuages résistants. Saphira en profita pour relaxer ses muscles durcis et endoloris par les efforts qu'elle venait de fournir contre les éléments de la nature et plana paresseusement sur les vents chauds qui la faisait monter en spiral. Ils croisaient de grands faucons qui utilisaient la même technique que la dragonne mais ils ne se risquèrent pas à s'approcher de la masse bleue si imposante et scintillante.
' Eragon? Nous allons où? '
Le dragonnier se rappela la conversation rapide qu'il avait eu avec Orik par un miroir, il savait où ils devraient aller:
' On va à Tronjheim. '
Sans poser de protestations, Saphira vira prestement en direction de la cité souterraine naine, utilisant son infaillible sens de l'orientation.
La gigantesque dragonne bleue commença à slalomer entre les montagnes dans un lent ballet harmonieux, rivalisant de légèreté et de grâce avec les petits nuages blancs qui parsemaient le ciel sinon bleu et chaud. Ils furent étonnés par le brusque changement de météo, mais ne s'en plaignirent pas et Eragon s'étendît sur la selle en quête de la chaleur du soleil.
Enfin, au détour d'un col, ils virent la cascade et le lac qui caractérisait l'entrée de Tronjheim, et, au niveau de la porte, grande ouverte aujourd'hui, une foule de nains plus ou moins barbus l'attendait. Ils étaient plusieurs milliers et leurs cris de joies retentissaient jusqu'au dragonnier dans un puissant écho qui ébranlait jusqu'à la montagne elle-même. La dragonne poussa un puissant rugissement et cracha une flamme si longue qu'elle lécha la surface de l'eau dans un grand geyser de feu et de fumé. Les nains exaltèrent, applaudirent... cela surpris réellement Eragon qui ne s'attendait pas à un tel accueil. Dans une grande rafale, Saphira finit par atterrir sur un petit espace dégagé non loin du nain imposant et fier qui, une couronne sur la tête, surplombaient de son charisme et de sa force tous les autres nains. Eragon se dirigea aussitôt vers lui, suivit de prêt par Saphira qui prenait maintenant énormément de place sur la rive. Orik les attendit, droit mais souriant de toutes ses dents blanches, une main sur sa hache, sa tenue de roi endossée. Derrière lui se tenaient 4 autres nains que le dragonnier reconnu comme membres du conseil: (les noms) Eux aussi souriaient mais gardaient une stature sérieuse, en présence des membres de leur peuple. Arrivé à hauteur d'Orik, qui était entouré en un demi-cercle de toute sa garde personnelle, il s'inclina respectueusement tandis que le silence s'était fait. Le roi s'inclina lui aussi puis releva la tête et s'approcha du dragonnier qui le prit dans ses bras en riant et de manière pas du tout protocolaire:
- Eragon! Tu m'avais manqué mon frère!
- Et toi donc! Nous sommes vraiment heureux Saphira et moi d'être ici en présence de notre peuple.
Orik le tapa dans le dos puis se retourna vers les quatre nains:
- Je n'ai pas besoin de te les présenter, le Grimstborith Gáldhiem du Dûrgrimst Feldûnost, le Grimstborith Thordis du Dürgrimst Nagea, la Grimstborith Hadfala du Ebardac et la Grimstborith Íorûnn du Vrenshrrgn.
A l'appel de leur nom, chacun s'était incliné légèrement devant le dragonnier. Orik était un bon roi et semblait avoir le respect et l'admiration de chacun d'eux, à la grande satisfaction d'Eragon et de Saphira.
Íorûun s'avança alors vers le dragonnier et, le fixant, attendit quelques instant avant de prendre la parole. Affrontant son regard sans difficulté, Eragon regarda le visage sérieux de la naine:
- Eragon Tueur d'Ombre et de Roi, nouveau maître légitime des dragonniers, au nom de tout mon clan le Dûrgrimst Vrenshrrgn et certainement au nom de la grande majorité des nains, j'aimerais te montrer notre gratitude à ton égard pour avoir su pardonner la faute de certains membres de notre race et nous avoir ajouté dans le pacte qui nous lie désormais à la race des dragons. Je témoigne aussi du respect et de la gratitude que nous portons envers Saphira Ecaille Brillant, Langue de Feu, Grande étoile Bleue, qui a accepté que nous soyons, sa race et la nôtre, associées en des couples de dragons et dragonniers. Pour faire gage de notre reconnaissance, nous vous offrons "Nalia Racta" le soutient de mon clan pour les millénaires à venir et ce quel que soit votre situation.
Lorsqu'elle finit sa déclaration, de nombreux nains, tous du même clan, crièrent leur approbation.
Les trois autres nains s'avancèrent chacun l'un après l'autre, offrant le même précieux cadeau au dragonnier qui s'inclinait et les remerciait à chaque fois. Enfin, après plus d'une demi-heure de remerciement, Orik prit la tête de la colonne accompagné d'Eragon et de Saphira qui pouvait encore entrer dans la large galerie.
Orik mangea tranquillement sa première bouchée, la savoura lentement, tandis que tous le fixait, puis, après une longue délibération, acquiesça de la tête. Le festin commençait... Le silence religieux qui accompagnait la traditionnelle cérémonie se transforma rapidement en un intense brouhaha. Tous dévissèrent joyeusement, tandis qu'Orik, au bout de la gigantesque table principale, se tourna vers Eragon en souriant:
- Le cadeau que t'ont offert les chefs des clans est inestimable! De mémoire de nain, jamais un dragonnier ni même personne n'a reçu ce don de plusieurs clans en même temps!
Eragon sourit, encore plus touché par la sollicitation des nains.
- Pour tout t'avouer, je m'attendais plus à être accueillit par des cailloux que par de tels cadeaux...
Orik se pencha alors vers son demi-frère et dit dans un murmure:
- Moi aussi...
Puis il se redressa et éclata de rire, suivit très rapidement par Eragon.
Le festin débuta et se déroula ainsi, dans la même ambiance festive et joyeuse. Enfin, alors que l'heure était avancée, Eragon demanda à se retirer, et Orik s'en alla aussi avec lui. Ils marchèrent ensemble dans les dédales souterrains de la vaste cité naine. Les gardes du corps qui l'accompagnaient habituellement avaient accepté de mauvaise grâce de le laisser partir, mais conscient quand même qu'il était encore plus en sécurité avec Eragon qu'avec eux...
Alors qu'ils traversaient un long couloir uniquement éclairé par une lanterne, Orik brisa le silence tranquille qui s'était installé...
- Alors dis-moi, Eragon, qu'est ce qui te ramène parmi nous en Alagaesia?
- Et bien... en dix ans, la caste des dragonniers n'a pas beaucoup... évolué. À Dyrthia Telore, tout va bien et les dragons reprennent peu à peu le contrôle de la nature... mais nous avons décidé d'accélérer le retour des dragonniers. C'est pour ça que je reviens.
- Accélérer... et comment faire puisqu'on ne peut forcer le choix des œufs?
- En augmentant le nombre d'œufs tout simplement...
Orik s'arrêta, bouche bée. Seuls dans le couloir, Eragon se retourna et fut amusé par la stupeur du roi nain.
- Ce qui veut dire...
- Que j'ai apporté deux nouveaux œufs avec moi, oui...
Orik fixa un instant Eragon, pensif, il caressait sa barbe...
- Logique... tu as donc avec toi d'autres œufs.
- En effet.
Ils reprirent alors leur marche, lentement et dans le silence. Au tournant cependant, Orik recommença à questionner Eragon sur sa vie ses dix dernières années, si bien qu'ils marchèrent un long moment et que la nuit était presque finie quand Eragon prit congé afin de se reposer. La journée avait été particulièrement longue...
Il resta chez les nains quelques jours durant lesquels il enchaina fête, réunions politiques et diplomatiques entre chefs de clans, puis échangea officiellement l'œuf bronze laissé il y a une dizaine d'année avec l'œuf jaune orangé qu'il avait pris avec lui. Il fit ensuite ses adieux à Orik et parti en direction de la tribu Urgal où le deuxième œuf se trouvait. Après deux jours de voyages où le vent se leva contre eux, Saphira parvint à atteindre la Crête où elle pût se reposer alors qu'Eragon se dirigeait seul vers le camp Urgal. Il y fut accueilli d'abord avec une certaine méfiance, car les ainés qui s'étaient battu à ses côtés n'étaient pas là, mais le serment prêté par les anciennes était respectés et Eragon était considéré comme ami du peuple. Il resta donc quelques jours, après avoir échangé les œufs, et commença même la cérémonie d'éclosion afin de voir si l'œuf éclorait ou non.
Murthag se baladait sur les remparts d'Illirea. Il avait très peu de temps libre à cause de sa charge mais ne s'en plaignait pas. Il avait le pardon de Nassuada pour ce qu'il lui avait fait faire, et chaque minute passée auprès d'elle était un cadeau. Thorn était lui plus discret et n'apparaissait souvent que le matin pour quitter la cité et le soir pour revenir de ses longues chasses.
En tous cas, pour le moment la reine était en sécurité, protégée par divers sort et surtout par Thorn avec qui elle parlait parfois quand celui-ci n'avait pas quitté la cité. Ils se trouvaient dans une des gigantesques salles réservées aux futurs dragons et dragonniers et Nassuada lisait un livre à Thorn qui l'écoutait à moitié. Il sourit et reprit le chemin inverse pour retourner vers le palais. À son passage, les soldats s'écartaient. Certains frappaient leur poitrine du poing et le saluaient tandis que d'autres grinçaient des dents, mais personne ne lui faisait le moindre mal: tous savait son rôle de protection de la reine, et même ceux qui le haïssaient savaient qu'il était intouchable. Dans les auberges, après quelques chopes de bière et quand la nuit était tombée depuis longtemps, certains critiquaient Eragon pour avoir si vite refait confiance au traitre tandis que d'autres, plus magnanimes peut être, rappelaient le rôle décisif de Murthag dans la mort de Galbatorix. Cela entrainait souvent des querelles animées qui réveillaient les chats dans la rue et ramenaient la patrouille. Celle-ci se mêlait alors au débat et la encore la même divergence apparaissait au sein des troupes... Certainement, seul le temps peut apaiser pareille rancœur.
Posant une main sur son épée rouge sang dont le nom même rappelait à Murthag son lourd passé, le dragonnier se dépêcha de rentrer. Il avait commencé sa propre enquête sur le Du Vorgt Yuil mais n'avait pas trouvé grand-chose. Pour la sécurité de Nassuada, il se devait de faire mieux et de continuer à enquêter. Thorn lui laissait tout le temps qu'il voulait et encourageait au mieux son dragonnier. Après dix ans à ne discuter qu'ensemble, la séparation fut rude, mais ils avaient muris, beaucoup, et ils étaient d'accord sur les priorités actuelles, à savoir empêcher une guerre civile en protégeant la reine. Leurs plaisirs personnels passaient après.
Fixant les pierres qui défilaient sous ses pas, Murthag sourit en se rendant compte de l'évolution de sa mentalité depuis l'arrivée de Thorn dans sa vie. Une voix résonna dans son esprit, moqueuse:
' Tu penses encore à moi Murthag? '
Le concerné leva les yeux au ciel:
' Je me disais à quel point j'avais de la chance d'avoir été choisi par toi... mais bon, je vais réviser mon jugement en vue de ton dernier commentaire... '
Le dragon rouge se contenta de rire, heureux de l'humour renaissant de son protégé.
' Et je vais retourner travailler, profitons du fait qu'elle soit sagement avec toi. '
' Tu pourrais la suivre tout le temps, tu sais, y compris dans son lit la nu... '
' THORN! Arrête ça tout de suite! '
Le dragonnier entra alors dans le palais tandis que son dragon continuait à le taquiner. Les soldats le laissèrent passer sans même veiller à son identité, le laissant franchir chaque porte du palais qui menait vers des salles de plus en plus sécurisées. Passant un nouveau barrage, il fut soudain arrêté par un homme en armure brillante:
- Halte! Qui êtes-vous?
- Je suis Murthag, dragonnier et protecteur de votre reine Nassuada.
Le soldat devint soudain livide et mit la main à la poignée de son épée. Il cria un ordre bref et des soldats sortirent immédiatement, toutes armes dehors, pour encercler Murthag qui ne comprenait rien.
- Qu'y a-t-il, soldat?
L'homme à armure brillante s'avança et mit son casque:
- Posez votre arme à terre! Immédiatement!
Murthag fronça les sourcils, pas gênés du tout par les lances pointées sur lui.
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de vous. Je suis dragonnier et protecteur de la reine!
- Ce n'est pas possible! Le vrai Murthag est rentré tout à l'heure et doit déjà être aux côtés de la reine pour la protéger!
Le dragonnier se figea instantanément.
' THORN! '
' Oui Murthag? '
Le dragon rouge avec répondu immédiatement, sentant la panique de son dragonnier dans son esprit.
' Personne n'entre dans la salle, pas même si cette personne à mon apparence. Demande à Nassuada de rester juste à côté de toi. Quelqu'un arrive. '
Le dragon acquiesça sans poser de questions tandis que Murthag dégaina son épée du fourreau et désigna le capitaine de la garde de la pointe:
- Je n'ai pas de temps à perdre avec vous, votre reine est en danger. JE suis Murthag.
Le soldat déglutit mais dégaina à son tour:
- Prouvez le moi.
- D'accord.
Aussitôt Murthag détruisit les barrières mentales du pauvre soldat et lui imposa la vision du roi en train de le torturer. Tout cela passa très vite et quand Murthag quitta l'esprit de soldat, celui-ci s'écroula mais réussi quand même à dire trois mots avant de s'évanouir:
- Laissez... le passer!
Le dragonnier s'élança aussitôt.
Courant à travers un dédale de couloirs, l'épée à la main, il arriva enfin dans la salle où se trouvait Thorn et dont la porte était ouverte. Là, un homme qui avait l'apparence de Murthag, l'épée dégainée, attaquait un Thorn tant physiquement que par esprit, bien que le dragon rouge n'ait aucun mal à défendre ses pensées. Le dragonnier attaqua immédiatement son sosie qui para son arme facilement et lui rendit coups pour coups, le surpassant sans problèmes en vitesse et en force. Surpris, Murthag se mit aussitôt en position défensive, mais cela ne parvint pas à l'empêcher de recevoir une longue estafilade au niveau de visage, le long de la joue droite. La sensation brulante de la lame sur sa peau le fit bondir en arrière tandis que Nassuada étouffa un cri. Thorn, furieux, sauta sur le faux-Murthag qui esquiva la patte puis la queue hérissé que le dragon lui envoya. Sautant adroitement entre les mailles du filet, il atterrit juste à côté de Nassuada, et...
- NOOOOOOON!
Murthag s'arrêta soudain de crier. Quelque chose clochait, une erreur, un problème. Il avait déjà vécu ça il y a plus de dix ans. Une réalité truquée... Ses sensations étaient différentes, sa vue moins bonne, et les écailles de Thorn pas du même rouge...
' Et m... '
Le dragonnier se concentra et expulsa soudain un flux de magie qui traversa son corps. Aussitôt sa vue se troubla et il tomba par terre. Un mal de crâne monta rapidement mais quand il rouvrit les yeux une toute autre scène se déroulait sous ses yeux. Il se trouvait par terre, et Nassuada se tenait à côté de lui, une main sur son bras, tandis que Thorn les protégeait non pas contre un, mais une dizaine d'ennemis qui leur faisaient face, alors que dans leur dos, le mur leur coupait toute retraite possible.
Thorn cracha une petite mais large flamme mais celle-ci ne faisait aucun dégât apparent aux assaillants. Reprenant ses esprits, Murthag se saisi de son épée et se leva sous le regard inquiet de Nassuada:
- Ça va aller?
- Thorn ne va pas tenir indéfiniment. Que font les gardes?
Nassuada jeta un regard rapide vers la porte en bois fermée et répondit rapidement:
- Il semble qu'ils l'aient bloquée par magie.
Murthag hocha la tête et courut porter secours à son dragon, tuant sur le coup un ennemi qui ne l'avait pas vu arriver. Unissant son esprit avec celui de Thorn, il tenta d'enfoncer les barrières de ses ennemies qui s'avéraient être hautes et puissantes.
' Même mode opératoire qu'avec Eragon... '
Se concentrant tout en parant non sans beaucoup de difficultés les attaques d'une dizaine d'ennemis aussi rapides que les elfes, Murthag passa à l'attaque d'un coup, lançant son esprit aiguisé avec force et souplesse. Depuis son départ avec Thorn, il n'était pas resté inactif et s'était entrainé nuit et jour à développer ses techniques et son corps, ses reflètes et sa rapidité, aussi il traversa la muraille comme un fil du beurre et pénétra dans l'esprit des magiciens, qui, affolés, tentaient de repousser l'attaque du dragonnier. Sans perdre de temps, il marmonna une formule qui les endormi tous, puis une autre qui tua les soldats, leur brisant la nuque.
Soufflant un coup, il vérifia que les douze soldats étaient bien morts, puis vérifia par esprit qu'il n'y en avait pas d'autres. Sa vigilance ne diminua pas pour autant et il demanda à Thorn de d'emmener Nassuada en vol haut au-dessus de la cité pendant qu'il s'occuperait des magiciens. Sans poser de protestations, le dragon rouge prit aussitôt la reine sur son dos et l'emmena loin au-dessus d'Illirea, tandis que Murthag sortait de la pièce en direction de celle, cachée, qui détenait les magiciens renégats.
- Tu en es certain?
- Malheureusement oui, j'ai moi-même fouillé leurs esprits.
Eragon soupira et regarda son frère via le miroir:
- Ça risque de faire du bruit, et ce n'est pas le moment de relancer une guerre civile.
Murthag sourit avec ironie:
- C'est rarement le moment... Ne t'inquiète pas frérot, tu es là, moi aussi, personne ne va prendre les armes. Et puis tout le monde se fiche du comte de Teirm!
Eragon fronça les sourcils devant la désinvolture de son frère:
- Je n'ai plus envie de tuer Murthag, et bien que je sache que c'est impossible, j'aurais aimé éteindre les conflits sans utiliser la force ouvertement. Mais bon, il ne nous laisse pas le choix, si le comte de Teirm a lui-même organisé le Du Vorgt Yuil, il est coupable de trahison et de tentative d'assassinat envers la reine.
- Oui. D'ailleurs en parlant d'elle, je ne l'ai pas encore mise au courant.
Eragon ferma les yeux et se tut un instant, comme submergé par la fatigue. Son grand palais vide lui manquait vraiment.
-Il va falloir puisque le comte va devoir être remplacé. Mais tu as bien fait ne rien lui dire jusqu'à maintenant, nous avons pu discuter ensemble au préalable pour prendre toute les mesures nécessaires.
- Bah, profitons-en pour réunir Teirm au royaume!
- Non surtout pas! On nous accuserait de créer des preuves pour récupérer Teirm! Non il va falloir trouver un remplaçant digne de confiance à la place de Lord Conandol et Nassuada saura le trouver.
Murthag croisa les bras et demanda d'une voix incertaine:
- Hum... pourquoi pas Roran? On est sûr qu'il ne nous trahira pas!
- Non! Pas lui! Il est hors de question qu'elle ne l'utilise à nouveau. Si Nassuada suggère qu'il devienne compte de Teirm, dis-lui que je m'y oppose. Roran ne saura pas dire non lui, pas face à Nassuada.
Murthag fixa Eragon avec surprise, mais ne fit aucun commentaire:
- Très bien je lui dirais. Aller mon frère je te laisse, j'ai du travail.
- Et moi alors! Bon courage frère, que les étoiles veillent sur toi.
- Et sur toi.
La communication se coupa, et Murthag soupira. Se tournant vers la porte, il partit en direction de la salle du trône où Nassuada était en compagnie de Thorn pour recevoir les doléances.
La journée promettait d'être longue...
' Je crains que nous n'ayons pas le choix ma belle. '
' Nous ne sommes pas obligés de perdre du temps à Teirm! '
' Et qui va s'en charger alors? '
' Murthag peut parfaitement y aller! '
' Non, il doit surveiller Nassuada. '
Saphira continua de protester. Le temps leur manquait et elle désirait retourner le plus vite possible chez les elfes, mais Eragon était intransigeant: il fallait passer à Teirm.
' Très bien, nous y passerons mais pas plus d'une nuit. '
Le dragonnier soupira et acquiesça, puis partit prévenir Dur Znaorf, le chef du clan Urgal, de leur départ.
Le vol jusqu'à Teirm fut court car la météo, clémente, permettait à Saphira de filer dans le ciel sens aucune entrave. Bientôt Teirm fut en vue. De nombreux souvenirs remontèrent alors dans l'esprit d'Eragon. La cité n'avait pas beaucoup changé en dix, si ce n'est qu'elle était plus grande, et que le port semblait aussi plus large, accueillant plus de bateaux.
Quand la dragonne fut en vue, tous les habitants stoppèrent soudainement leur travail et crièrent de joie, et soudainement la ville grouilla d'une activité folle, et tout le monde afflua rapidement vers le centre de la cité pour accueillir le dragonnier et sa dragonne. Les gardes eurent du mal à maintenir un semblant d'ordre car, dépassés par les événements, ils se retrouvèrent en bloqués parfois sur les murailles ou dans les rues déjà bondées. De haut, Saphira s'amusa à regarder la ville qui grouillait de vie.
' On dirait une petite fourmilière d'ici! Je ne comprendrais jamais les humains. '
Eragon se mit à rire
' Je te rappelle que tu m'as choisi alors que je n'étais qu'un simple humain. '
' Oui, mais tu n'en es plus un…'
Le dragonnier leva les yeux au ciel et repris rapidement son sérieux car sa dragonne amorçait déjà l'atterrissage. Cependant, la dragonne repris son envol à quelques dizaines de mètre de la cités car un espace trop petit pour elle avait été maintenant vide avec grand peine par les soldats. Elle grommela contre les humains et refusa de redescendre.
' Je n'aime pas tout ce monde, ils seront trop proche, une inattention et j'en tue un. Tu n'as qu'à descendre d'ici, moi je vais chasser. '
' Comme tu veux, on se retrouve plus tard? '
' Si tu veux! Je te garde un bout de daim? '
Eragon leva les yeux au ciel, et ne répondit même pas, puis, se détachant de la selle, sauta dans le vide.
Dans la cité tout le monde cria un « OH » de terreur en voyant le dragonnier tomber de si haut, mais les cris se transformèrent vite en applaudissement quand celui-ci ralentit tout seul pour atterrir tranquillement dans le cercle vide.
Lord Conandol arriva bientôt entouré de sa garde personnelle dont le heaume brillant était surmonté de plumes bleues. Il était jeune, brun et séduisant. Il accueillit Eragon d'un grand sourire et écarta les bras en signe de bienvenu. D'une voix amplifiée par la magie, il proclama, par-dessus le bruit de la foule surexcitée:
- Bienvenu Eragon Tueur d'Ombre, et bienvenu aussi à votre dragonne Saphira bien qu'elle ne soit pas avec vous. Que nous vaut l'honneur de la visite du sauveur de l'Alagaesia?
' Je ne l'aime pas du tout, son sourire est faux. '
Eragon confirma en pensé celles de sa dragonne, puis prit la parole:
- J'ai plusieurs affaires urgentes à régler et vous pourrez m'aider dans l'une d'elle.
- Et bien dans ce cas suivez-moi, maître dragonnier.
Cependant Eragon leva la main en l'air au moment où Lord Conandol commençait à se tourner, et se dirigea vers la foule, qui, soudain silencieuse, s'écarta respectueusement au passage en lançant des "Argentlam!" ou des "Dragonnier!". Il arriva enfin au niveau d'une femme qui s'écarta aussi au passage du dragonnier. Elle était blonde, assez jeune et plutôt belle. Les gens qui l'entouraient ne la collaient cependant pas, bien au contraire, ils semblaient s'éloigner le plus d'elle possible. Au moment où elle reculait, la tête baissée, le dragonnier la saisi par le poignet, ce qui la fit sursauter.
- Alicia?
Elle sursauta à nouveau, et, la tête toujours baissée, répondit d'une voix tremblante:
- Oui Seigneur dragonnier?
- Ainsi on te croit maudite ici, et on pense que tu es devenue maudite à cause de la tâche en forme de crâne qui est apparue sur ton front?
Il lui releva la tête d'une main et vit en effet qu'une horrible tache gâchait son joli visage.
Il murmura alors quelques mots et une lumière bleue illumina son corps. Le dragonnier fronça les sourcils et enchaina aussitôt plusieurs autres phrases rapidement, ce qui fit briller plus intensément la lumière. Enfin, alors que la foule s'était encore reculée d'avantage, la lumière cessa et il ne resta que la jeune femme blonde dont la tache avait disparu, remplacée par une étoile bleue qui brillait légèrement sur son front.
- Ouvre les yeux.
Elle obéit et soudain des larmes s'échappèrent, car elle voyait à nouveau. Elle sauta au cou de dragonnier en criant de joie
- Merci! Mille mercis seigneur.
Elle s'en rendit alors compte ce qu'elle faisait et elle s'éloigna brusquement, rouge et honteuse:
- Excusez -moi Seigneur.
- Mais de quoi?
Eragon sourit, heureux pour elle, et retourna ensuite ver Lord Conandol qui l'attendait, les bras croisés. Les gens murmuraient à son passage et le dragonnier pouvait entendre distinctement chaque mot:
« C'est un grand magicien! », « Il a guérit celle qu'on pensait condamnée! », « C'est bien lui qui a tué Galbatorix! »
' Saphira je ne sais pas qui lui a fait ça mais c'était de la sorcellerie, et je ne connais que peu de gens à part les elfes capables de faire ceci... '
' On en informera Murthag pour qu'il s'en charge? '
' Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Nous verrons plus tard. '
Il fut coupé dans ses pensées par Lord Connandol:
- Pouvons-nous y aller Seigneur Eragon?
Le dragonnier senti une pointe d'agacement dans la voix du comte de Teirm mais il ne releva pas et prit sa suite pour entrer dans le palais. Ils traversèrent de nombreux couloirs richement décorés mais dont la grâce n'était même pas comparable à celle de Dyrthia Telore. Enfin, après avoir marché plus de dix minutes, ils entrèrent dans une salle de réunion de taille moyenne au centre de laquelle se trouvait une large table ronde où de nombreux papiers prônaient, dont une carte de l'Alagaesia ouverte et maintenue étendue à plat d'un côté par une bouteille et de l'autre par une petite dague.
Lord Conandol s'installa sur un fauteuil près de la table et dit:
- J'étais en train de travailler quand on m'a appris votre arrivé.
- Excusez-moi de vous avoir dérangé. - Lord Conandol balaya ses excuses, car rien ne lui faisait plus honneur que la présence du dragonnier, Eragon repris la parole- J'aimerais vous parler seul à seul.
Le comte le regarda avec étonnement, et après une brève hésitation, il fit signe aux soldats de s'en aller. Une fois fait, Eragon alla à la porte et murmura une phrase courte. Il se tourna ensuite vers Lord Conandol.
- Comte, j'ai de nombreuses questions.
Celui-ci s'était levé et observait Eragon avec inquiétude.
- Que venez-vous de faire?
- J'ai fait en sorte que personne ne vienne nous déranger. J'aimerais que vous prêtiez serment de ne dire que la vérité pendant notre discussion.
- Pourquoi cela? Vous ne considérez donc pas que ma parole d'homme suffise?
- Pas quand il s'agit de parler du Du Vorgt Yuil.
Le comte haussa les épaules sans paraître troublé :
- Je ne connais pas, de qui s'agit-il?
Eragon sourit à la remarque, et contre attaqua:
- J'imagine alors que vous pourrez le répéter en ancien langage, ça ne vous gênerait pas?
Lord Canandol frappa du poing contre la table.
- Cela suffit! Je n'aime pas vos insinuations, et vous devrez me croire sur parole. Je ne dirais rien de plus pas même à vous.
Eragon fronça les sourcils devant la réponse violente du comte.
- Malheureusement je ne vous laisse pas le choix.
- GARDES!
- Vous perdez votre temps comte personne ne vous entend à part moi.
Eragon s'avança vers le comte qui reculait au fur et à mesure jusqu'à toucher le mur du fond. En désespoir de cause, il sorti un poignard et le lança sur Eragon qui ne l'évita même pas, ses protections magiques se chargeant de le dévier.
- Vous ne croyez quand même pas que cela suffirait pour m'arrêter? J'ai vaincu Galbatorix! Maintenant - la salle s'obscurci soudainement et l'ombre d'Eragon s'agrandit alors que sa voix devenait de plus en plus grave et profonde à chaque mot qu'il prononçait:
- QUE SAVEZ VOUS DU DU VORGT YUIL?
Cependant, contre toute attente, le compte explosa de rire.
- Vous êtes pathétique Eragon Tueur de Roi. Vous ne croyez quand même...
Sa phrase se transforma en un cri de douleur. Le dragonnier attaqua son esprit avec force, enfonçant ses défenses après un combat de deux secondes. Il tria rapidement les pensées et remonta jusqu'à la chute de Galbatorix, où il le vit en train de fomenter un complot contre Nassuada, qui impliquait un grand nombre des anciens magiciens du Roi félon. Il enregistra toutes les informations puis remonta plus loin dans son enfance, qu'il avait passé dans l'entourage de Galbatorix. Cependant il sentit d'un coup un sort s'activer et il sorti immédiatement de l'esprit en lançant tout de suite une myriade de sorts à toute de vitesse pour découvrir le but de la magie adverse. Il comprit rapidement la nature mortelle du sort et il continua à en lancer pour se défendre contre l'attaque. Enfin, après cinq minutes durant lesquels il ne fit que réciter de longues phrases à toute vitesse, Eragon se tut et regarda le comte. Il gisait par terre, mais bougeait encore. Eragon avait compris trop tard le sort dissimulé dans les souvenirs du comte. Galbatorix en personne avait dû l'y laisser, car, mortel et particulièrement vicieux, il devait être d'une extrême complexité, et avait pour but de tuer celui qui parviendrait à entrer dans les pensées de son sous-fifre. Ce sort effaçait également la mémoire du comte qui ne servait donc plus à rien. Il avait eu toutes les informations qu'il désirait de toute manière. Se dirigeant vers le grand miroir fixé à un mur, il contacta Nassuada pour lui faire un rapport de la situation dans laquelle il était...
Après quelques minutes d'attentes, la reine apparue sur la surface lisse du miroir, et Murthag se tenait contre le mur, les bras croisés et un sourire aux lèvres, derrière elle.
- Qu'y a-t-il Eragon? Et d'où me contactes-tu?
Eragon inspira profondément, maudissant Murthag qu'il voyait déjà rire au fond mais se concentra.
- Et bien...
Eragon sortit de la salle furieux. Il ne savait pas ce qui l'énervait le plus, si c'était l'hilarité de Murthag, la colère de Nassuada ou la situation dans laquelle il était. Et il allait devoir rattraper ça. Un petit détail le réconfortait cependant, c'était la tête de Murthag quand il lui avait rappelé qu'il devait toujours démanteler le Du Vorgt Yuil...
Il n'avait qu'une solution pour se sortir de ce pétrin sans perdre trop de temps: il allait devoir trouver le vrai nom du compte et le soumettre à sa volonté.
' Je n'aime pas ça petit-homme. '
' Et tu sais bien que moi non plus mais nous n'avons pas le choix! '
Saphira et Eragon volaient tranquillement dans le ciel bleu d'Alagaesia, slalomant entre les nuages et se dirigeant à nouveau vers le Du Weldenvarden. Parfois Saphira, afin d'être sûre que son dragonnier restait bien éveillé, fonçait droit dans un nuage, ce qui avait pour effet de tremper Eragon et de le faire pester de longues minutes. La dragonne justifiait alors ce bain par le nettoyage nécessaire de ses écailles... elle tenait à son surnom et ne voulait décevoir aucun spectateur, surtout pas un certain dragon vert. Mais au-delà de cette apparente décontraction, elle se faisait du souci pour la couvé et les jeunes dragonneaux qui étaient nés peu avant leur départ tandis qu'Eragon avait lui toutes ses pensées tournées vers une certaine elfe... Il voyait le visage souriant de la Arya qu'il avait connu, puis celui triste de la reine qui le voyait partir... mais désormais, il ne savait pas quelle expression passait dans ses yeux quand ils se faisaient face... il l'avait embrassé, et avait passé la nuit avec elle, certainement la plus belle nuit de sa vie, bien que rien de plus ne se soit passé, mais cela suffisait largement au dragonnier pour savoir qu'elle avait des sentiments pour lui. Elle continuait pourtant à le repousser... pourquoi?
Soudain, Saphira pénétra dans l'esprit du dragonnier sans ménagement:
' PETIT HOMME! '
Sursautant, Eragon arrêta de fixer l'horizon rougit par la fin de la journée et regarda la tête bleue de sa dragonne tournée vers lui.
' Tu devrais arrêter de penser à elle! Nous la verrons bientôt et vous pourrez parler ensemble... de choses et d'autres... '
Le dragonnier sentit le sarcasme dans la voix et leva les yeux au ciel, presque agacé tant par la réaction de la dragonne que par son entêtement.
' Je n'y peux pas grand-chose Saphira, désolé. '
La dragonne allait répliquer quand une voix grave les coupa:
' Eragon, Saphira, cessez donc de vous chamailler comme deux petits dragonneaux se disputant un bout de viande! Si tu veux je peux t'aider Eragon en continuant ta formation de chef dragonniers. Des milliers d'années d'expériences ne s'apprennent pas en dix ans! '
' Avec plaisir Maître. '
Et ils continuèrent donc à discuter sur l'histoire des dragonniers et à commenter les choix de ses chefs. Saphira ne s'arrêta pas pour la nuit et au petit matin la foret elfique était visible à l'horizon. La dragonne n'avait pas forcé l'allure afin de ne pas arriver en pleine nuit, et son calcule fut juste puisqu'elle aperçut l'horizon vert au moment où le soleil se levait à l'Est. Le groupe se posa alors à l'orée de la foret afin de se restaurer, et Eragon en profita aussi pour faire quelques exercices du Rigmar. Le ciel commençait alors à prendre une couleur bleu clair et les nuages blancs se distinguaient plus facilement. Saphira s'était absentée pour chasser à la lisière de la foret et Eragon poursuivait ses exercices de souplesse, gardant ainsi en même temps la selle en cuir dur qu'il avait enlevé pour que sa dragonne se dégourdisse un peu. En plein milieu d'une figure compliquée qui lui faisait étendre son dos à son maximum, il entendit un bruit lointain qui n'avait rien de "sauvage". Il se figea dans sa position et étendit son esprit autant vers la foret que vers la plaine... Captant la pensée de deux jeunes garçons, il comprit rapidement qu'il n'avait rien à craindre d'eux et quitta donc leur esprit, aussi léger qu'une plume. Les deux enfants n'avaient rien sentis. Eragon se dirigea vers la selle afin de récupérer un grand bol, tandis qu'il lançait un sort informulé qui faisait monter l'eau à la surface. Cet exercice qu'il faisait couramment l'obligeait à se concentrer sur deux choses à la fois et l'agilité grandissante de son esprit lui permettait de s'appliquer à lancer un sort informulé sans pour autant uniquement garder en tête l'objectif du sort. Il sourit en se rappelant la première fois qu'il avait tenté l'exercice: il avait là aussi tenté de faire remonter de l'eau à la surface (lever une pierre aurait été bien trop dangereux s'il avait soudain pensé aux arbres qui l'entouraient). Manquant de concentration, il avait aspiré l'eau d'un arbre entier qui s'était retrouvé desséché en quelques instants. Le dragonnier avait stoppé le flux d'eau et avait fait marche arrière précipitamment, sauvant ainsi l'arbre, mais lui prouvant qu'il ne maitrisait pas encore tout...
Le dragonnier plaça donc son bol près de l'eau qui jaillissait et le versa sur sa tête, faisait ainsi une toilette sommaire. C'est alors que les deux enfants apparurent à travers les hautes herbes. De même taille, l'un était blond, l'autre brun. Voyant le dragonnier torse nu et mouillé, ils se figèrent instantanément et, après s'être concerté du regard, s'approchèrent lentement sous le regard amusé d'Eragon. Celui-ci se rhabilla rapidement et leur fit face.
- Bonjour Elian, bonjour Rostr.
Les deux garçons eurent de grands yeux ronds et fixaient le dragonnier avec une crainte mêlée de respect. Enfin, l'un d'eux, le plus jeune, ouvrit la bouche et demanda:
- Vous... vous êtes bien le dragonnier? On a vu un dragon bleu dans l'air et on s'est rapproché d'là où il a atterri. C'est bien vous hein? Vous êtes Eragon Le Tueur de Roi!
Haussant un sourcil en entendant son nom, Eragon les fixa, impassible, comme pour les mettre à l'épreuve. Il se souvient de Saphira fixant Fírnen pour la première fois, puis de la mère d'Arya qui le fixait avec attention... finalement ils agissaient tous de la même manière... Un petit sourire apparut sur son visage d'elfe et il s'approcha d'eux, puis mît un genou à terre pour être à leur hauteur:
- Oui c'est bien moi. Regardez -il leur montra sa paume- c'est la marque des dragonniers.
Il la fit s'illuminer par magie et les deux garçons sursautèrent en fixant la main d'Eragon. Leurs bouches lâchèrent un petit "Oh" de surprise et restèrent ouvertes ce qui fit rire le dragonnier qui se releva en fixant le ciel. Sans baisser la tête, il dit d'une voix rassurante:
- N'ayez pas peur!
Aussitôt une grande bourrasque balaya les hautes herbes qui s'abaissèrent docilement et Saphira, gigantesque et majestueuse, se posa sur terre dans un grand fracas, puis replia ses grandes ailes. Elle fixa les deux jeunes garçons effrayés et souffla de la fumé de ses naseaux ce qui les fit sursauter et trembler.
- Saphira!
' Oui? Tu sais j'ai encore un petit creux... un petit morceau d'humain en dessert me tenterait bien! '
Heureusement seul le dragonnier partageait ses pensées avec ceux-là dragonne. Il lui lança un regard noir tandis qu'un tremblement de terre indiquait le rire de sa dragonne, puis se tourna vers Elian et Rostr et les rassura. Il alla fouiller dans une sacoche par terre et en sortie deux pièces en or qu'il leur tendit, sous le regard toujours aussi ébahit des deux garçons qui prirent la pièce sans trop se rendre compte de ce qu'il venait d'avoir. Le dragonnier leur ébouriffa les cheveux, et, remettant en place la selle de Saphira, il leur lança un dernier regard et décolla en direction du cœur de la foret.
Après quelques minutes de vol silencieux au-dessus de la masse verte désormais familière, Eragon demanda:
' Saphira? '
' Oui petit homme? '
' Tu vois ces deux enfants, si fragiles, si... éphémères? '
Saphira ne répondit pas immédiatement, elle sentait le sérieux d'Eragon filtrer son esprit, et elle n'avait pas l'habitude de l'entendre penser ainsi.
' Qu'ont-ils? '
' Leur vie, si courte soit-elle... dépend en partie de leurs choix, mais surtout en majorité des choix des autres, non? Comme la vie de tous et chacun! '
' Eragon je n'ai pas vraiment l'habitude de parler de ça... nous les dragons agissons comme bon nous semble et c'est de notre nature de ne considérer que nos choix. '
' Sauf que toutes les autres races sont dépendantes des choix de leurs semblables, et surtout des choix des puissants... Et étant donné notre place dans ce monde, notre influence sera grande. '
' Comme celle de Nassuada sur les hommes ou celle d'Orik sur les nains! '
Eragon secoua la tête.
' Ils ne dirigent que leur peuple, et leur vie restera courte à travers l'histoire. Tandis que nous... nous donnerons l'impulsion aux générations futures de dragonniers et nous resterons à veiller sur cette terre de très longs siècles, voire d'avantage... '
Là encore, il y eut un petit silence que personne ne brisa. Enfin, Saphira répondit:
' Je te trouve bien sérieux. C'est notre rôle en effet. Mais pourquoi dire tout cela? '
Eragon baissa la tête, fixant les piques de sa dragonne.
' Je crois que je n'en suis pas capable. Cette responsabilité... c'est trop. '
A la grande surprise d'Eragon, Saphira ne le gronda pas, ne le secoua pas... non elle se mît juste à rire. Le dragonnier fronça les sourcils d'incompréhension.
' Qu'y a t il Saphira? '
Elle se calma un peu, continua un vol tranquille et lui répondit.
' Tu vois la foret que nous survolons? '
' Oui? '
' Quand j'étais encore jeune dragonne, ces arbres m'impressionnaient, et je ne savais pas si je pouvais sortir vainqueur contre une telle armée... '
Elle laissa en suspense ses paroles, fixant les arbres qui défilaient à grande vitesse sous elle.
' Quand j'ai vu les montagnes de la Crête je ne savais pas si je pourrais un jour les survoler... et pourtant je l'ai fait, et aujourd'hui je défis cette foret toute entière car je suis Saphira Écaille Brillante et rien ni personne n'est plus fort que moi! '
Elle avait élevé la voix, mais pas de colère... plutôt de triomphe. Elle avait relevé les épreuves et en était ressortie plus forte encore. Enfin, elle continua d'une voix plus douce.
' Eragon, chacun de nous trouve ses défis et grandit grâce à eux! Nous ignorions si nous pouvions tuer Galbatorix, et nous l'avons fait! Maintenant tu ne penses pas être capable de supporter un tel fardeau? Nous le ferons Eragon, d'abord parce que tous ont foi en nous, comme ses deux gamins de tout à l'heure, mais aussi parce que nous sommes forts! '
Eragon souriait à présent et regardait l'horizon nouveau éclairé par la sagesse de sa dragonne...
' Et souvient toi petit homme, si nos préoccupations sont celles de savoir comment nous allons garder et protéger toutes les races de l'Alagaesia, comment nous allons faire renaitre la caste des dragonniers... si nous n'avons plus que ces désirs en tête... alors qui pourra oser nous critiquer? Nous avons dépassé depuis bien longtemps le stade de la survie qui préoccupe la plupart des bipèdes. Nous sommes désormais bien au-dessus du monde. Nous sommes dragons et dragonniers, les sentinelles éternelles qui gardent et protègent la paix dans le monde. Aucune critique, aucune pensé ne peut plus nous atteindre si ce n'est notre conscience ou celles de nos maîtres. '
Eragon sentit alors une fierté se déverser tout au fond de lui... fierté d'avoir été choisi, mais aussi d'avoir une telle dragonne à ses côtés... celle-ci sentit des émotions et ronronna de plaisir. L'approbation des deux Eldunarí silencieux ne fit que conforter le sentiment d'Eragon. Ils n'étaient pas intervenus car ils savaient que ces questions devaient être réglées par le couple lui-même et non pas par une intervention extérieure.
' Enfin, ça n'empêche pas que tu as continué à ruminer tes pensées de ton coté petit homme! Et que le châtiment sera en conséquence... '
Aussitôt la dragonne plongea en piqué vers la forêt... une bonne partie d'acrobatie aérienne débutait...
Arya était dans son palais et se promenait dans les jardins en compagnie d'Ylliurin dont les cheveux argentés voletaient élégamment dans son sillage, malgré l'absence flagrante de vent. Ils discutaient principalement du gouvernement de leur race et notamment des répercutions de la guerre que certains appelaient désormais la Guerre du Désespoir car elle représentait pour eux la perte de leur reine et la quête presque perdue d'avance du dragonnier Eragon le Tueur d'Ombre à tuer le Briseur d'Œuf. D'ailleurs, bien qu'avec honte, il reconnaissait avoir fortement douté quant à leur chance de vaincre contre Galbatorix.
Arya était plongées dans ses pensées et n'écoutait l'intendant d'Ellesmera que d'une oreille pointue, aussi elle ne vit pas tout de suite le messager qui s'était arrêté devant elle et qui s'inclinait légèrement en posant ses deux doigts retournés au niveau du sternum. Se rendant enfin compte de son erreur, elle se gifla mentalement et lui demanda d'un geste de la tête qu'il parle.
- Arya-Dröttning, le dragonnier Eragon Le Tueur d'Ombre a été aperçu à proximité de la foret, et il s'y enfonce depuis ce matin. Si Saphira Écaille Brillante maintient un cap et une vitesse constante, ils seront là dans à peine plus de deux heures.
Arya sorti totalement de sa rêverie et remercia le messager avant de le congédier. Elle se retourna alors vers Ylliurin qui, s'il avait remarqué son changement d'humeur, ne fit aucun commentaire. Avec élégance, il s'excusa auprès de la reine afin de préparer en personne le retour du dragonnier et laissa donc seule la reine dans le jardin. Arya leva un sourcil une fois que l'intendant fut parti. Elle ne savait pas ce qu'Eragon avait fait, mais il avait gagné le respect de l'elfe, ce qui n'était pas une mince affaire. Bien sûr tous le respectait comme le nouveau chef des dragonniers ainsi que comme le tueur de Galbatorix, mais c'était autre chose, elle le sentait. Elle sourit et leva les yeux au ciel... Eragon la surprendrait toujours. Oubliant temporairement cela, elle contacta Fírnen et s'en alla dans sa chambre afin de se préparer au mieux. Dans sa tête une voix grave résonna:
' On se fait belle pour notre dragonnier? '
' Et toi alors? Je parie que tes griffes n'ont jamais été aussi belles et tes écailles aussi brillantes! '
Pris au piège, Fírnen répondit maladroitement et précipitamment:
' Il est normal pour un dragon d'être toujours magnifique, notre race l'a toujours été. '
Arya sourit et continua à se préparer, choisissant une longue robe blanche entremêlée de fils verts et or. À peine eut-elle sortie la robe de son armoire qu'une elfe blonde aux lèvres rouges pulpeuses apparut au seuil de la porte et lui lança un regard réprobateur:
' Arya! Vous ne m'aviez même pas prévenu que vous vouliez vous changer! Heureusement que mes alarmes sont efficaces! '
L'elfe en question leva les yeux au ciel. Elle avait réussi à ce qu'Ullya, dont le rôle était tout simplement de servir au mieux la reine, l'appelle par son prénom, mais celle-ci avait catégoriquement refusée de la tutoyer. Peut-être dans quelques siècles...
Ullya quitta sa position, ferma la porte et alla prendre la robe des mains de la reine puis l'aida à la mettre.
- Bon choix vestimentaire. Je vois que mon influence est bénéfique au cours des années...
Elle prononça ensuite deux mots en anciens langages et disposa les cheveux d'Arya avec grâce, et enfin mît le diadème à son front. La reine était prête à accueillir le dragonnier qui ne devrait plus tarder. Il partirait certainement très vite mais resterait au moins le temps de déposer l'œuf et de le faire tester une première fois par une partie du peuple elfique. Arya sortit de sa chambre et partie seule en direction d'un grand arbre dont les énormes branches étaient disposées et taillées en escalier. Tranquillement, elle monta les marches et, après une ascension paisible, atteint une vaste salle blanche taillée dans le tronc même de l'arbre. Elle était circulaire et possédait de larges ouvertures qui donnaient une vue imprenable sur le Du Weldenvarden. L'elfe s'appuya contre le rebord d'une grande fenêtre et observa l'horizon à la recherche d'un point bleu... Fírnen la rejoignit rapidement depuis les airs et, ayant repéré sa dragonnière à l'une de fenêtres, s'y dirigea en piqué. Redressant son vol au dernier moment, il se posa lourdement contre le tronc et enfonça ses griffes puissantes dans l'écorce même de l'arbre qui tremblait encore de l'atterrissage. Il passa sa tête devant la fenêtre et observa sa princesse:
' BOUH! '
Arya esquissa un sourire et posa sa main sur les écailles verte de son dragon.
' Tu sais Fírnen parfois je nous sens vraiment seule. Je me demande comment ça a été pour Eragon à la mort d'Oromis... '
Fírnen lança un petit jet de fumé directement dans la reine et secoua ensuite la tête:
' Alors vous les deux-pattes, vous êtes tous les mêmes! Il a dû souffrir, beaucoup. En attendant c'est passé alors arrête d'y penser. Et si tu te sens seule, tu n'as qu'un mot à dire et nous serons à Dyrthia Telore le soir même! '
Arya sourit et désigna son diadème d'un doigt, mais au fond plus pour elle-même que pour son dragon. Aussi sûrement qu'une chaîne, cette charge l'empêchait de s'envoler aux côtés d'Eragon.
' Tout serait plus simple sans, hein...? '
Fírnen ne répondit pas et préféra laisser sa dragonnière dans ses pensées, car il avait apporté, et ce depuis longtemps, tous les conseils qu'il pouvait. Il était désormais réduit à attendre que les réflexions d'Arya arrivent à leur terme afin qu'enfin elle arrête de vivre dans l'hésitation et le regret. Cependant, il ne pût s'empêcher un dernier commentaire:
' N'est-ce pas non plus pour être aux côtés de celui que tu aimes? '
Arya ne répondit pas, Fírnen mettait depuis longtemps des mots aux sentiments qu'elle portait. Il avait parfois raison, parfois tort, mais elle savait ici que le contredire ne servirait à rien.
Eragon et Saphira poussèrent un long rugissement et crachèrent une unique et gigantesque langue de flamme bleutée, puis plongèrent à nouveau en piqué, droit vers la foret, ivre de vent et de vitesse, et ne se rétablirent qu'à l'extrême dernier moment, frôlant quelques pins au passage. L'excitation du moment se dissipait enfin un peu et ils reprirent un vol stable, séparant doucement leurs esprits. Eragon fut aussitôt pris de vertige tandis que Saphira, qui reprenait le contrôle total de son corps, faillit chuter.
' Oups! ' fit-elle après avoir à nouveau percuté la cime des arbres. Cela faisait plus d'une heure que leur esprits étaient liés et qu'ils enchainaient figure sur figure, écoutant parfois les conseils des Eldunarí pour mieux prendre le vent, ou parfois, l'esprit totalement embrumé par l'excitation, prenant juste le maximum de vitesse... Eragon reprenait peu à peu ses esprits et secoua la tête comme pour remettre son cerveau en place... Il s'abandonna enfin au vol tranquille, s'allongeant au maximum sur la selle et fixant le ciel bleu:
' Merci Saphira '
' De rien petit Homme, ça m'a fait plaisir aussi. Nous arriverons dans quelques minutes, prépare toi! '
Eragon acquiesça en silence et se renferma dans son mutisme. Ils avaient décidé de rester deux jours afin d'assister aux premiers tests de l'œuf, puis ils repartiraient, passant juste avant par chez Roran pour lui dire au revoir. Ils avaient avec eux un œuf de couleur jaune veiné d'orange, et Eragon aimait le regarder au coucher du soleil, où les couleurs se mélangeaient alors. On pouvait presque avoir l'impression que l'œuf se confondait avec le soleil couchant et qu'il flottait dans l'air.
Eragon et Saphira survolait Ellesmera quand un esprit familier alla à leur rencontre. Eragon ferma alors les yeux et sourit:
' Oui, Arya? '
' Bonjour dragonnier! '
Saphira poussa un grognement de désespoir devant le manque de politesse de son dragonnier... Celui-ci n'y fit pas attention et continua:
' Bonjour Arya, où te trouves-tu? Saphira et moi aurions voulu éviter un atterrissage dans la foule. Nous avons eu notre compte de festivité et de bruit pour les dix ans à venir! '
Il sentit l'amusement dans l'esprit de l'elfe, comme un petit courant d'air chaud qui traverse l'immensité lumineuse de son esprit, avant qu'elle ne réponde.
' Je suis dans le Wirda Menya - l'arbre du destin. '
Elle lui envoya une image d'elle et de Fírnen en train de les attendre dans une grande salle blanche qu'il reconnut car elle lui avait déjà parlé via un miroir de cette salle. Guidée, Saphira vira sur la droite puis plongea vers un arbre plus grand que les autres. Quelques secondes avant d'atterrir contre l'arbre, ils virent que Fírnen s'y trouvait déjà. En effet, ses écailles, vertes, permettaient un camouflage presque parfait parmi le feuillage. Saphira plongea et, étendant ses ailes au dernier moment, ralenti et se posa à la verticale contre l'arbre, maintenue par ses griffes plantée dans l'écorce à côté du dragon, et laissa Eragon passer par la fenêtre ouverte afin de rejoindre la reine. Dès qu'il quitta la selle, les deux dragons repartirent dans les airs, laissant leur dragonniers à leurs ennuyantes discutions.
Arya fixa Eragon, presque gênée. Il était grand, fort et beau. Il était désormais sage et puissant, et avait vécu d'avantage de chose que de nombreux elfes, et pourtant quelque chose en elle le repoussait... Etait-ce son devoir qui l'empêchait de le suivre à Dyrthia Telore? Quoi qu'il en soit, si elle aurait voulu revivre la nuit qu'elle avait passée avec lui, elle ne pouvait pas, n'arrivait pas, à s'abandonner à ce qu'elle ressentait. Eragon la fixait maintenant, curieux et étonné de son silence...
- Ça va Arya? Que se passe-t-il?
La reine reprit ses esprits immédiatement et fronça les sourcils.
- Tout va bien Eragon, j'étais perdu dans mes pensées.
Elle se mordit la lèvre en entendant ce qu'elle venait de dire... Ne jamais avouer ses faiblesses les elfes vivent tellement longtemps, sont tellement rancunier, que la moindre erreur peut avoir de lourdes répercutions... surtout chez la reine.
- Tu es sûre que ça va?
Eragon c'était avancé et fronçait lui aussi les sourcils, presque inquiet du silence de la reine. Celle-ci fit un geste du bras et reprit son masque elfique, curieux mélange d'une beauté paradoxalement inexpressive, ah moins que ce ne soit ça, finalement la beauté, l'absence de toute chose empêche la laideur... Les curieuses pensées du dragonnier furent coupées par la voix froide d'Arya qui claqua, sévère:
- Je n'ai pas l'habitude de me répéter dragonnier.
Eragon se figea et relâcha toute expression sur son visage. Arya parvint cependant à voir les muscles de sa mâchoire se contracter fermement. Fírnen intervint alors, étonné:
' Pourquoi as-tu répondu ainsi? '
' C'est un gamin! En quoi pourrait-il m'aider dans mes problèmes? Je suis la reine des elfes! '
' Et lui le chef des dragonniers -donc accessoirement le tien- et également quelqu'un qui ne côtoie depuis dix ans que des elfes et des dragons! Je ne te reconnais pas Arya, que se passe-t-il donc en toi dès qu'Eragon est à proximité? '
' Rien! Juste un profond agacement! '
Une autre voix résonna alors dans l'esprit de la reine, furieuse et blessée:
' Un agacement qui t'a poussé à m'embrasser et à passer la nuit en ma compagnie? '
Arya se tourna alors vers Eragon et cria, outrée, contre lui:
- Qui t'a permis d'entrer dans mon esprit?
Le dragonnier senti qu'elle était sur le point de l'attaquer, cependant il n'avait pas peur, et lui répondit d'un ton froid:
- Tu n'as pas encore reçu l'enseignement des dragonniers, Arya, et si tu avais été un peu plus attentive, tu aurais su que Fírnen partageait les pensées de Saphira... et donc les miennes à travers elle... et donc que par l'intermédiaire de nos dragons, je pouvais sentir ton esprit...
Arya s'apprêta à quitter la pièce avant d'éclater de fureur, mais elle fut cependant plus curieuse encore et se concentra un instant sur l'esprit de Fírnen, et en effet elle sentit l'esprit de Saphira. Beaucoup plus difficilement, elle capta partiellement celui de son dragonnier, comme la lumière traverse facilement les premiers feuillages, mais est de moins en moins forte au fur et à mesure que les feuilles se multiplient. Elle se tourna vers le dragonnier mais sa colère ne s'était pas envolée:
- Tu n'as pas le droit de violer cette intimité dragonnier!
- Pas plus que tu n'as le droit de me parler ainsi dragonnière!
Arya se rapprocha du dragonnier et continua à crier:
- Et avant d'être dragonnier je suis REINE! Alors tu me dois respect et obéissance!
Fírnen tenta d'apaiser le conflit mais elle lui coupa l'accès à son esprit. Le dragonnier eu un rictus féroce et répondit, sarcastique:
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir, et de toi à moi, c'est à toi de m'écouter, malgré ton âge et ton rang !
Arya envoya alors sa main vers la joue du dragonnier, à toute vitesse, imparable, immanquable. Mais Eragon lui saisit le poignet d'une main avant qu'il n'atteigne sa direction. Furieux, il gronda et s'avança, tenant toujours le bras de l'elfe qui recula, alors qu'elle faisait face au dragonnier. Ils continuèrent ainsi jusqu'à ce qu'Arya soit dos au mur et qu'elle n'ait aucune échappatoire. Elle se débattit, furieuse, mais Eragon attrapa son deuxième bras de sa main et le plaqua contre le mur en bois. Il la fixa dans les yeux:
- Ne fais plus jamais ça !
Soudain, la colère s'échappa de leur corps terriblement proches l'un de l'autre. Ils se fixèrent quelques secondes, les yeux dans les yeux, et un nouveau sentiment fit son apparition. Arya ceintura alors le dragonnier de ses jambes, et, libérant sans forcer ses deux mains, les fit se joindre dans le cou d'Eragon pour l'attirer à lui et plaquer ses lèvres contre les siennes, sauvagement. Libérant la tension du moment, le dragonnier répondit au baiser avec fougue.
Intuitivement ils avaient joint leurs pensées et échangeaient un même sentiment de bonheur mêlé au plaisir de se joindre à nouveau.
Ils continuèrent leur baiser mais la tension et le désir furent trop forts et bientôt Arya se retrouva par terre, Eragon en train d'embrasser chaque parcelle de sa peau, la dénudant au fur et à mesure. Elle frissonna tandis que son amant enlevait son haut doucement... Arya murmura un mot et la porte se verrouilla, puis elle passa au-dessus d'Eragon qui se retrouva allongée sous elle.
La journée ne faisait que commencer...
Eragon se réveilla. Il faisait encore nuit et il avait froid dans son arbre car la couverture de son lit était sur le côté. Il faisait frais, aussi il tira dessus mais elle résista. Souriant, il se rappela qui se trouvait à son coté, et, se tournant vers elle, débloqua la couverture pour en tirer un petit bout. Arya bougea dans son sommeil mais n'ouvrit pas les yeux. Elle se rapprocha légèrement d'Eragon et déposa un de ses bras contre son torse:
- Dors mon dragonnier, sinon tu ne tiendras pas le coup à notre entrainement demain...
Eragon sourit, pris Arya dans ses bras et déposa un baiser sur le front de l'elfe puis referma les yeux, gardant en esprit la vision de sa reine à moitié endormie, et se remémorant ce qu'ils venaient de vivre... Il allait faire de beaux rêves...
Il faisait beau, le ciel bleu étincelait et de nombreux dragons volaient librement dans un ballet magique. Tout en bas, la foule d'hommes et de femmes des différentes races applaudissait ou rigolait dans une joyeuse cohue. Eragon était là et marchait à travers le champ, et tous le saluaient. Soudain, une main l'attrapa à l'épaule... instinctivement, le dragonnier s'en saisi et la tordit tout en se tournant. Il vit d'abord sur la paume que la trace des dragonniers y figuraient, et remonta ensuite le long du bras, souriant, jusqu'au visage aux cheveux roux de la magnifique humaine qui rayonnait de bonheur.
- Ismira!
Eragon fut arraché à sommeil par sa vision. Le visage de sa nièce apparaissait encore dans sa tête. Elle sera une dragonnière! Mué d'une soudaine certitude, il se leva et commença à s'habiller tandis qu'il tentait de réveiller sa dragonne.
' SAPHIRA! '
La dragonne dormait définitivement très bien...
' SA-PHI-RA! '
Il sentit enfin son esprit se réveiller, et elle répondit difficilement:
' On nous attaque? '
La situation, si impromptue, fit soudain rire Eragon... cela faisait plus de dix ans qu'il n'avait pas entendu cette phrase.
' Non! Mais j'ai besoin de toi. On quitte les elfes tout de suite, on reviendra dans deux ou trois jours, tout dépend... '
' de...? '
Se souvenant de comment il fonctionnait avec les Eldunarí, il déversa tous ses souvenirs de la vision qu'il avait eu en sa dragonne. Cette manière de communiquer se révélait moins précise si on n'avait pas d'entrainement... mais cela n'était pas le cas d'Eragon qui ne faisait plus aucune confusion quand il parlait uniquement par image et impression. Saphira protesta devant ce surplus d'information, mais se concentra rapidement et son excitation survint au galop...
' Et donc tu crois que l'œuf...? '
' On va essayer, en espérant que c'est celui-là! '
La dragonne n'émît pas une seule objection et se leva rapidement pour rejoindre le dragonnier qui venait de finir de s'habiller et qui se dirigeait en silence vers la porte. Il mît la main sur la poignée quand il sentit deux bras serrer son torse, puis une tête se déposer sur son dos.
- Tu pars déjà?
La tristesse dans la voix fit frissonner le dragonnier qui ferma les yeux.
- Je reviens dans deux jours.
- Et qu'est ce qui t'enlèves à moi cette fois?
- Le devoir et l'espoir. Enfin, nous verrons ça dans deux jours.
Eragon se retourna et caressa la joue d'Arya puis s'approcha et déposa un léger baiser sur ses lèvres.
- A très bientôt ma reine.
Puis il sortit. Il n'avait pas eu le courage de croiser son regard, car il ne serait certainement jamais parti sinon.
' A très bientôt mon dragonnier. '
Saphira l'attendait en bas et il attacha la selle par magie puis monta, et ils décollèrent immédiatement en direction de Carvahall. Il était encore très tôt et ils y arriveraient peu après le lever du soleil. Montrant sa vision, il expliqua aux Eldunarí ce qu'ils voulaient faire, mais ceux-ci restaient pessimistes quant aux chances que l'œuf orange éclose.
- Nous sommes de la même famille! Morzan, mon père, Murthag, moi... Pourquoi pas Ismira?
La voix calme et posée de Glaedr lui répondit:
' Nous n'avons jamais entendu parler de transmission par le sang des liens de dragonnier. Certes il est arrivé à de nombreuses reprises que père et fils soient dragonniers mais cela ne s'est jamais transmis par génération. De plus, si ta vision est exacte, cela ne veut pas pour autant dire que c'est cet œuf qui doit éclore pour cette jeune humaine. '
Saphira prit alors la parole:
' Peut être maître, mais cela vaut le coût d'essayer! Nous ne resterons pas en Alagaesia trop longtemps car il faudra être rentré pour l'hiver et l'automne est déjà présent sur ces terres. '
Les deux Eldunarí restèrent silencieux. Enfin Umaroth trancha:
' Eragon, tu as fait ce qui te paraissait le mieux et nous suivons ton choix. Après tout Glaedr, pourquoi pas? Les visions d'Eragon se sont toujours montrées exactes ce qui est rare, surtout chez un jeune dragonnier. '
Heureux d'avoir le consentement de leurs maitres, Saphira et Eragon joignirent leur pensés et volèrent longtemps unis.
A quelques lieux de Carvahall, Eragon étendit l'esprit et toucha celui de son cousin qui dormait encore. Amusé, il tenta alors quelque chose qu'il n'avait jamais fait. Il pénétra en douceur, très lentement dans les pensées confuses de Roran et lui imposa une vision, qui lui apparaîtra donc comme un rêve. Comme quand il avait vu Oromis pour la première fois en songe, Eragon apparu à Roran.
- Bonjour mon cousin.
- Eragon? Est-ce bien toi?
- Oui, je te préviens de mon arrivé Roran, dans une heure tout au plus. J'ai quelque chose à vérifier. Je vous rejoindrais dans la chambre où tu m'as déjà accueilli, et j'aimerais que Katrina soit là également.
- Mais...
- Je suis désolé mais le temps presse, et je ne pourrais rester que deux ou trois jours maximum. Maintenant il faut te réveiller...
Eragon sortit brusquement de son esprit afin de le réveiller mais il ne connut pas le résultat de la manœuvre. Retournant aux cotés de sa dragonne, il s'allongea sur la selle et se mit à espérer que le premier œuf enclorait. Il attendait cela depuis désormais dix ans...
Saphira atterrit juste à côté de Carvahall, car à l'aide d'un sort, Eragon les avait dissimulés dans l'obscurité qui précède l'aurore. Saphira, silencieuse et invisible, s'était glissée jusqu'au pied du mur d'enceinte de la ville. À cette heure, seuls quelques soldats de gardes troublaient le silence de la ville, mais le soleil allait se lever, et avec lui toute la cite, d'où les précautions du dragonnier. Celui-ci se rendit invisible et entra dans la ville d'un simple sort qui le fit voler par-dessus la muraille. Prenant le même chemin que quelques mois plus tôt, il se dirigea vers le palais dans la plus grande discrétion. Il avait gardé son épée au cas où mais ne voulait pas s'en servir, surtout pas contre des gardes de son frère qui l'attaqueraient par erreur...
Arrivé sur un surplomb rocheux, il examina la citadelle qui s'y dressait afin de retrouver la chambre où il avait séjourné. Celle-ci devait se trouver en hauteur dans la façade Sud. Il entendit soudainement des bruits de pas, de discutions et des cliquetis d'armures s'approcher dans sa direction... Levant les yeux vers le mur, il lança un nouveau sort rapide et monta immédiatement dans l'air vers la fenêtre qu'il avait repéré. Là encore, il jeta un sort et elle s'ouvrit sans bruit, puis il pénétra dans la pièce où l'obscurité régnait. Cela ne le gênait pas, mais il murmura encore un nouveau mot qui fit flotter une boule lumineuse bleue qui permit de diffuser lumière et chaleur dans toute la pièce plus sûrement qu'un bon feu de cheminé. Son regard dit un tour du mobilier et vit qu'il ne s'était pas trompé quant à la pièce, c'était bien son ancienne chambre.
Il s'installa sur le lit en attendant son cousin qui ne tarda pas et arriva, une chandelle à la main. Derrière sa stature imposante, la silhouette fine d'une rousse se dessinait. Katrina pénétra prudemment dans la pièce et fixa la boule bleue de lumière.
- Elle est belle!
- Merci Katrina.
Sa belle-sœur sursauta et de tourna vers Eragon qu'elle n'avait pas vu.
- Eragon! Alors ce n'était pas un rêve qu'à fait mon étourdit de mari?
- Non en effet. Roran, Katrina, je suis désolé de vous déranger ainsi sans prévenir...
Roran le coupa immédiatement:
- Mais tu ne nous dérange jamais! Qu'est ce qui t'amène ici? Rien de trop grave j'espère?
Le dragonnier inspira un bon coup. Tout d'un coup les raisons de sa visite lui semblaient bêtes, et pourtant il devait agir en chef des dragonniers...
- Roran, comme tu le sais, mon père, Brom, était dragonnier. De même, mon frère Murthag l'est et son père Morzan le fut également. On ne transmet pas une gêne dragon dans les familles, cependant dernièrement, l'histoire a montré qu'il n'était pas impossible que les membres d'une même famille deviennent dragonnier...
- J'en ai déjà parlé... Il est hors de question que j'aba...
Eragon leva la main pour le couper:
- Ce n'est pas de toi dont je parle, ni même de Katrina...
Roran et Katrina se fixèrent un instant, car ils comprirent immédiatement où Eragon voulait en venir...
- Elle n'a jamais fait de test n'est-ce pas? Elle n'a jamais touché à un œuf?
Ce fut Katrina qui répondit, d'une voix presque tremblante.
- Non... non mais... y a-t-il vraiment... une chance...?
Eragon prit son temps pour répondre, et, se levant, il se dirigea vers la fenêtre d'où il observa le ciel orangé de l'aurore.
- La question n'est pas de savoir si elle sera ou non dragonnière. La question est de savoir si vous désirer d'une telle vie pour elle, si vous pensez qu'elle sera heureuse dragonnière.
Eragon continua à leur tourner le dos, les laissant seuls réfléchir aux questions difficiles qu'il venait de poser. Enfin, après un long moment durant lequel le couple ne fit qu'échanger des regards que seuls eux comprenaient, Roran demanda:
- Eragon... es-tu heureux?
Le dragonnier soupira en silence. Il savait qu'il devrait répondre à une question du genre. Il se tourna lentement et regarda le couple qui se tenait les mains avec force. D'une voix calme mais déterminée, il répondit:
- Oui.
- Dans ce cas...
- Oui, mais j'ai dû consentir à de terribles sacrifices. J'ai sacrifié ma famille, la femme que j'aime, mes amis... ma vie elle-même, j'ai dû la mettre de côté. J'ai beaucoup reçu: longue vie, force, sagesse... mais j'ai tant donné en échange... Aujourd'hui je suis heureux d'être celui que je suis, d'avoir la dragonne, les œufs et les dragons sauvages.
Roran et Katrina acquiescèrent en silence.
- Veillera-tu sur elle?
Eragon ferma les yeux. Trop de promesses...
- Autant que mon rôle me le permettra. Je ne peux promettre mieux. Sache cependant qu'elle sera mon élève et que je lui transmettrais tour ce qu'il faut pour qu'elle soit forte.
- Dans ces conditions...
La porte s'ouvrit à la volée et Ismira entra dans la chambre en riant:
- ERAGON! Je savais que tu étais là! J'ai entendu papa et maman traverser le couloir en parlant de toi!
Elle de précipita dans ses bras et Eragon la souleva sans effort en riant.
- Bonjour ma nièce préférée!
Isimira croisa le bras, boudeuse.
- Facile de dire ça! Je suis ta seule nièce!
Tout le monde dans la chambre éclata de rire tandis qu'Eragon gardait Ismira dans ses bras. Il croisa le regard de Roran et lui tendit sa fille.
- Je reviens, je dois aller chercher quelque chose Ismira.
- Un cadeau?
La fillette avait prononcé ce mot dans un murmure plein d'espoir. Eragon se demanda un instant ce qu'il devrait répondre... il allait peut être lui faire le plus grand présent qu'on pouvait offrir... finalement il se contenta d'un énigmatique:
- Tu verras...
Et à ces mots il reparti par la fenêtre, disparaissant du cadre à toute vitesse.
Katrina se retourna vers son mari et l'interrogea du regard, trop surprise par l'arrivé et le départ si soudain de son beau-frère. Ismira croisa les bras, boudeuse:
- Il est parti où Parrain?
Roran leva les yeux au ciel, son frère avait changé encore...
- Il revient, il te l'a dit il va chercher une surprise. En l'attendant, de quel droit espionnes-tu les adultes maintenant, qui plus est tes parents?
Ismira regarda par la fenêtre par espoir qu'Eragon revienne, mais il ne donna signe de vie, aussi elle sut qu'elle n'échapperait pas à une remontrance et elle baissa la tête devant son père...
- Mais, c'était au sujet d'Eragon...
Une petite vingtaine de minutes plus tard, le dragonnier réapparu à la fenêtre, une sacoche à la main. L'ayant aperçu en première, Ismira bondit sur ses pieds, impatiente de savoir ce que lui préparait son oncle. Celui-ci se mit à sourire en vue de l'impatience de sa petite nièce, tandis que Roran et Katrina s'était aussi mis debout, délaissant chacun le fauteuil dans lequel ils s'étaient installés. Eragon les regarda et tous deux hochèrent la tête en signe d'assentiment. Il s'agenouilla alors au niveau d'Ismira qui piaffait d'impatience, ne tenant plus tranquille. Elle sautillait d'un pied sur l'autre, pressentant que la surprise allait être de taille. Lentement, le dragonnier plongea la main dans la sacoche et, se saisissant de l'objet, le sorti de son enveloppe. Des reflets orangés brillèrent aussitôt dans toute la pièce, mais personne ne le remarqua car tous étaient trop captivés par l'œuf de dragon orange que tenait Eragon dans sa main droite.
Lentement, Ismira leva la main, hypnotisée, mais se retint de caresser la surprise.
- C'est une pierre?
Eragon se mit à rire doucement, trop de souvenirs remontant en lui...
- Une Pierre un peu spéciale... elle contient en elle... un petit dragonneaux!
Ismira ouvrit de grands yeux ronds et sa mâchoire s'étendit pour laisser échapper un grand "OOH" de surprise. Elle fixa alors intensément l'œuf, avec respect et même crainte, et en même temps avec la curiosité d'une enfant de son âge. Eragon le lui tendit doucement:
- Tiens, prends-le.
- Je.. je peux?
Eragon la regarda avec tendresse et caressa l'œuf d'un doigt.
- Oui, vas-y!
Deux petites mains se tendirent vers l'œuf et Eragon le lâcha dans les bras d'Ismira qui, se laissant tomber par terre, fixa l'œuf dans ses bras, admirant les veinures bronzes et les reflets orangés qui parcouraient la coquille toute entière. Elle tapota légèrement avec son doigt et un son cristallin s'échappa de l'œuf, ce qui fit rire l'enfant par terre.
Voilà pour cette fois
J'espère que vous avez aimé, en sachant que ce n'est pas l'épisode le plus trépignant de l'histoire x)
Il me permet de mettre en place un grand nombre de point qui étaient important pour la suite de l'histoire. Comme vous l'avez certainement deviné, mon but en écrivant cette fiction n'était pas l'après guerre mais plutôt d'écrire sur la future caste des dragonniers florissantes à nouveau. j'ai donc quelques textes la dessus que je dois retravailler pour vous les présenter.
Peut être à bientôt =)
