Pour la référence du livre cité dans ce chapitre, j'ai pris au hasard un titre de livre datant de l'époque du moyen âge mais apparemment, les livres étaient peu répandus, donc c'est un peu un anachronisme d'imaginer une bibliothèque remplie de livres dans la chambre de Ron, mais bon tant pis, c'est encore un prétexte à leur rapprochement !

Bonne lecture !

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Chapitre 11 : Ronald apprend à lire à Hermione.

Quand les soirées d'hiver au coin du feu se passent à apprendre la lecture.

L'hiver était bien là maintenant : pour preuve, l'épaisse couche de neige immaculée qui avait recouvert les champs et les toitures des maisons. Ronald sortait beaucoup moins, les jours étaient courts et le vent glacial. Heureusement pour Hermione, Molly avait pensé à lui faire monter une petite bassine en métal dans lequel chaque soir, avant qu'Hermione ne se couche, elle faisait porter des braises pour casser un peu le froid de sa chambre.

Souvent, le soleil à peine couché, Ronald s'occupait dans sa chambre pendant qu'Hermione rangeait le linge : il lisait, écrivait beaucoup.

Un soir, il lui demanda distraitement :

"Hermione, voulez-vous me passer le livre sur l'étagère qui s'intitule "la vie de Saint Léger"?"

C'était demandé si poliment qu'Hermione machinalement se dirigea vers l'étagère désignée et ce ne fut qu'en levant les yeux vers les innombrables livres que Ronald possédait qu'elle se rendit compte de la stupidité de son geste : comment pouvait-elle reconnaître le livre qu'il voulait ? Les symboles bizarres sur les tranches, dorés, dansaient devant ses yeux.

"Et bien Hermione, ça vient ce livre ?" s'impatienta Ronald, se tournant vers elle, mais là, ce fut à son tour de se rendre compte de la stupidité de sa demande en même temps qu'il la formulait : Hermione se tenait droite devant les livres, l'air hébétée, ne sachant que faire … Elle se tourna vers lui, et sentant ses joues devenir brulantes de honte, se sentit obligée de demander :

"Pardonnez-moi, Seigneur, mais lequel est-ce ?"

Pour toute réponse, Ronald se leva et vint à côté d'elle : de prêt, il la dominait d'une tête : elle se sentit soudain très vulnérable, et esquissa un geste de recul, ayant peur d'un reproche ou pire, d'une réaction violente… C'était mal le connaître encore : il leva les yeux vers les rayonnages, attrapa le livre qu'il désirait, puis, après l'avoir simplement regardée droit dans les yeux, il repartit à sa place, sans dire un mot…

Hermione n'eut plus en tête que la couleur intense de ses iris, aussi bleus que les bleuets des champs dont elle aimait orner les bouquets qu'elle faisait parfois quand elle était encore chez ses parents…

Ce ne fut que le lendemain soir qu'il lui adressa la parole : il était resté très pensif durant toute la journée à tel point qu'Hermione se demandait si il ne faisait pas à nouveau une rechute de sa maladie, lorsqu'il lui demanda de venir près de lui, à son bureau.

- Hermione, j'ai bien réfléchi …

Hermione attendit anxieusement.

- En tant que servante, vous pourriez vraiment m'être utile … Non pas que vous n'y êtes déjà pas, ajouta-t-il rectifiant, mais enfin, ce que je veux dire, c'est … Bon, j'ai vu hier que vous ne saviez pas lire, ce qui est normal pour une jeune paysanne, mais qui peut être gênant pour moi si j'ai besoin de vos services : je vais être direct, qu'en penseriez-vous si je vous apprenais à lire, afin de pouvoir m'aider ?

Hermione resta abasourdie et par réflexe, ne put s'empêcher d'acquiescer :

- Les demandes de mon seigneur sont des ordres …

- Très bien, nous commencerons les leçons dès ce soir, après le souper… Vous pouvez disposer.

Et c'est ainsi que les leçons commencèrent pour Hermione : c'était difficile, car elle n'avait aucune connaissance en ce domaine, seuls les garçons aisés savaient écrire, même son père ne le savait pas. Elle savait juste compter, ce qui était nécessaire pour faire les comptes de sa monnaie sur le marché…

Elle avait beau s'appliquer et se concentrer du mieux qu'elle pouvait, elle ne cessait de faire des erreurs : fort heureusement, Ronald était un professeur patient, qui répétait autant de fois qu'il le fallait, sans jamais perdre patience. Il commença à lui apprendre la base, c'est à dire l'alphabet : quelle joie quand elle réussit à tracer sous la dictée de Ronald les lettres de son prénom sans se tromper ! Puis des lettres, elle apprit à reconnaître les syllabes et à partir des syllabes, elle put enfin déchiffrer ses premiers mots, puis ses premières phrases.

Les longues soirées d'hiver furent donc fort occupées, et le soir en se couchant, les mots dansaient encore longtemps devant ses yeux clos avant qu'elle ne s'endorme, malgré sa fatigue. Toutefois, Hermione reconnaissait qu'elle appréciait les moments passés en compagnie de Ronald : dans la chaleur de la pièce, elle était mieux que dans le froid de sa chambre, et elle sentait même la chaleur dégagée par Ronald, qui se tenait près d'elle pour la corriger sur un mot plus difficile tandis qu'elle s'efforçait de lire sans se tromper. Parfois, sa main effleurait la sienne par mégarde ou leurs bras se touchaient, lorsqu'il penchait sa tête vers elle pour mieux lui montrer un mot, leurs cheveux se frôlaient parfois et Hermione essayait à toute fin de se concentrer, mais il la troublait : sa douceur et sa gentillesse ne cessaient de la surprendre …