Eh oui, il fallait bien un minimum d'obstacles à l'amour entre nos deux tourtereaux, mais je vous rassure, l'obstacle ne durera pas longtemps.
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Chapitre 16 : Un mariage arrangé
Quand Lucius propose à son fils une fiancée. Comparaison entre dame Lavande et Hermione.
Les jours suivants, tout sembla reprendre une apparence normale, mais en réalité, Ronald et Hermione ruminaient tous les deux de leur côté et ne se parlaient que pour le strict nécessaire.
La seule fois où Ronald s'était énervé fut pour le bain du soir : "Non, cria-t-il, je veux le prendre seul !…"
Hermione se borna donc les jours suivants à changer le linge, nettoyer et apporter les repas.
Ils étaient malheureux tous les deux et Molly le remarqua en venant les voir un après-midi pour avertir Ronald que son père voulait le voir :
- Que se passe-t-il ? Vous n'êtes pas en forme tous les deux. Vous êtes fâchés, on dirait, vous qui vous entendiez si bien il y a une semaine à peine… Que s'est-il passé ?
- Rien, rien du tout Molly… répondit Hermione, mais Molly restait sceptique.
- Alors, que me voulez-vous, Père ? demanda Ronald curieux alors que son père l'avait fait convoquer dans ses appartements.
- Fils, je voulais te voir pour te faire part d'une chose importante.
- Laquelle ?
- Tu as presque dix-neuf ans maintenant, et en tant que futur seigneur de ce château, tu te dois de prendre une épouse.
Ronald sentit son père venir et se tint sur ses gardes …
- Aussi j'ai pris la liberté de me renseigner sur les partis disponibles et qui te rapporteraient à la fois une dot solide et un accroissement de nos terres.
- Et qui m'avez-vous donc trouvé, père ? demanda Ronald ironiquement
- La fille du seigneur Brown, Dame Lavande. C'est un bon parti, étant fille unique, les terres te reviendront après le décès du père … De plus, les biens sont considérables, la dot est importante…
- On dit aussi qu'elle est très sotte et que c'est un laideron…
- Peu importe, fils ! Tu ne l'épouses pas par amour de toute façon, contentes-toi de lui faire quelques héritiers mâles, pour le reste, les servantes sont là pour ça ! A propos, ton cadeau d'anniversaire de tes dix-huit ans t'a été utile, je pense ?
- Très, père.
Et ce disant, Ronald ne mentait pas.
- Il faudra que je te l'empruntes une fois, si elle est si bien que ça !, ajouta Lucius un sourire au coin des lèvres.
- Hors de question !
La réponse de Ronald claqua.
- Je plaisante, fils, je ne te savais pas si possessif : c'est chasse gardée on dirait …
Ronald resta muet. Il ruminait en silence…
- Ce sera tout père ?
- Ma foi ,oui : la rencontre est prévue dans une semaine. Son père l'amène au château pour une visite.
Ronald tourna les talons et laissa son père sans un mot.
La semaine passa très vite, et Ronald n'adressait plus un mot à la pauvre Hermione qui croyait toujours que cela venait de leur baiser au lac, mais pour Ronald c'était un problème mineur désormais. Ce qui l'inquiétait était plutôt le problème de ce mariage arrangé avec cette "Dame Lavande"
Le jour tant redouté arriva, on prépara un festin, et le carrosse arriva enfin. Ronald vit descendre une vieille dame en robe bleue, toute ridée et l'air sévère - la mère songea-t-il - puis un homme petit, rondouillard, chauve et moustachu, le père, et enfin, dame Lavande apparut.
Elle était pomponnée et fardée telle un jour de carnaval, elle avait un teint blafard, à cause de la poudre de riz qu'elle s'était faite étaler trop abondamment, ses cheveux blonds étaient gras, mais coiffés en un chignon si extravagant qu'il lui donnait l'air de porter un bateau sur la tête, sa robe trop ajustée la boudinait et laissait deviner des formes beaucoup trop rondes … Une parure de bijoux trop extravagants lui donnait l'air ridicule. Enfin elle avait un regard fier et acide qui ne plus pas du tout à Ronald. Mais il ne dit rien…
Quand elle leva les yeux vers le ciel et qu'elle s'écria bruyamment : "Mon dieu qu'il fait froid ici ! Et ce voyage, épouvantable ! J'en ai encore mal au dos, le cocher a du faire exprès de rouler dans les trous…" Ronald soupira, mais du rendre ses hommages aux parents et à Dame Lavande. Quand il lui baisa la main, ce fut un sourire crispé qui apparut sur son visage, laissant apparaître des dents jaunies et gâtées par l'abus de sucreries, ce qui la rendit encore plus laide…
Le repas se passa à papoter des derniers ragots du royaume, le Roi, la Cour …
Dame Lavande se goinfrait de nourriture comme si elle n'avait pas mangé depuis un an, au contraire sa mère chipotait sur tout et critiquait sans cesse la nourriture, qu'elle trouvait successivement trop grasse, trop lourde, trop sucrée, trop fade …
Cela horripila Ronald, qui trouva que Molly et ses servantes s'étaient surpassées… Ce furent les domestiques de service qui se firent rabrouer par le seigneur Lucius, se prenant même des coups de cravache que Lucius gardait toujours à portée de main …
Apres le repas, les parents restèrent à discuter, et enjoignirent Ronald de faire visiter les jardins à Dame Lavande. Ronald descendit dans le hall du château mais s'apercevant que le temps se couvrait demanda à un domestique d'envoyer chercher Hermione afin qu'elle lui apporte sa veste, restée dans sa chambre. Pendant ce temps, il avança avec Dame Lavande dans les jardins : celle-ci commença à jacasser comme une pie, comparant les lieux avec ceux de son royaume qui étaient plus chauds, plus ensoleillés et surtout mieux entretenus…
"Telle mère, telle fille …" songeait désespérément Ronald, quand Hermione arriva :"Ma sauveuse ! " songea-t-il.
- Seigneur Ronald ! Voici la veste que vous avez fait demander ! dit Hermione en lui tendant.
Ronald allait la prendre, quand Lavande demanda :
- Qui est cette impertinente, à votre place je la ferais fouetter pour se montrer si familière avec vous, il faut savoir les dresser ces gens-là …
Ronald faillit exploser, Hermione le vit devenir rouge écarlate :
- Sachez, Dame Lavande, que Hermione est ma servante personnelle et que j'y tiens particulièrement, et que SI je venais à vous épouser, vous seriez obligée de la supporter car partout où je vais elle me suivra …
Sur ces paroles cinglantes, Ronald tourna les talons, prit la veste des mains de Hermione et commença à partir : puis se ravisant, il se tourna a nouveau :
- Et SI je vous prends pour femme, vous aurez interdiction de frapper ou faire frapper les domestiques sous peine que ce soit moi qui vous donne une correction que vous n'oublierez pas de sitôt !
Et il partit furieux, rouge de colère, laissant sur place une dame Lavande estomaquée et bouche bée, qui n'avait pas l'habitude qu'on lui parla sur ce ton, et une Hermione à la fois surprise mais émue qu'il ait pris sa défense…
