Chapitre 17 : Ronald se rebelle.
Quand Ronald décide de la femme qu'il va épouser et fait face à la colère de son père.
Les invités partis, Ronald se précipita dans les appartements de son père et lui annonça tout de go :
"Père il est impossible que j'épouse cette dame Lavande"
"Comment ça, mon garçon ?!" s'indigna Lucius. "Son père et moi sommes convaincus que c'est l'affaire du siècle ! Il ne perd pas sa dignité puisque nous sommes issus de la même famille il y a deux générations, donc il ne perd en quelque sorte pas ses terres, et nous nous en gagnons. Il est d'accord et moi aussi, c'est chose faite."
"Mais moi, je ne suis pas d'accord !"
"Ah, j'ai compris, fils c'est à cause de l'attitude de Dame Lavande, mais rassure toi, elle n'a pas l'air pour l'instant enthousiasmée par le mariage, mais une fois son dépucelage fait, elle n'aura plus de quoi se plaindre et apprendra vite, elle fera une épouse docile."
"Mais je ne veux pas une épouse docile, je veux une amie, une confidente, une femme que j'aime et qui m'aime, et qui partagera mon royaume avec moi, au lieu de rester comme une potiche toute la journée, à se faire farder et pomponner, ou à ne rien dire comme ma mère…"
Lucius passa au rouge écarlate.
"Ah oui et qui voudrais tu épouser, tu as un meilleur parti en vue, peut-être ?" hurla-t-il rouge de colère
"Oui, j'en ai un !"
"Eh bien lequel, je t'écoute, fils ?" dit Lucius retrouvant son calme, sa curiosité aiguisée.
"Et bien … "Ronald se tut, il ne pouvait plus reculer, c'était une trop belle occasion. Il se lança :
"Hermione …"
"Hermione ?" demanda Lucius, levant un sourcil interrogatif.
"Oui, Hermione."
"Qui est-ce ?"
"Ma servante …"
Quelques secondes au bout desquelles Ronald crut que le ciel allait lui tomber sur la tête, puis un grand éclat de rire tonitruant traversa la pièce : son père riait, riait aux éclats … Ron releva la tête, abasourdi.
"Tu … Tu ne parles pas sérieusement, mon fils, c'est une blague … Ah, ah, ah… "
Ses paroles s'entrecoupaient de grands éclats de rire.
"Ta servante … Mon Dieu, c'en est trop drôle… Mais ta servante, tu peux … Tu pourras l'avoir quand tu le veux mon fils, ce n'est pas parce que tu es marié qu'il faut renoncer à …"
"Père, songez … pensez à tous les avantages…" se lança-t-il. Il était trop bien parti, il s'était attendu à une réaction beaucoup plus vive de la part de son père et il comptait bien s'engouffrer dans la brèche entrouverte.
"Ah oui, dit son père qui reprenait son sérieux, et quels avantages, dis-moi, peux-tu trouver dans le parti d'une petite servante ? … Sa dot doit être considérable en effet… " Il recommença à rire.
"Non père, je vous parle de la considération du peuple : en voyant que j'épouse quelqu'un de leur rang, on se rapproche d'eux, on gagne leur confiance, en ce moment vous savez bien que la révolte gronde avec les impôts et la taille que vous leur prenez… Les récoltes ont été bien maigres l'été dernier à cause de la grêle…"
"Fils, c'est impossible et ridicule, tu épouseras dame Lavande, il n'y a pas à discuter, ma décision est prise et irrévocable…"
"La mienne aussi père et si vous ne l'acceptez pas, je m'enfuirai et vous n'aurez alors plus personne à qui transmettre votre héritage une fois mort, le château et les terres reviendront au Roi, ou pire, à un des seigneurs voisins que vous haïssez tant."
"C'est du chantage !" hurla Lucius
"C'est vous qui m'y contraignez !" se défendit Ronald en criant sur le même ton.
"Et cette servante, qu'en dit-elle ? Elle est bien contente et s'en vante déjà partout, pour sûr ! Il ne manquait plus que ça..." gémit Lucius
"Non, c'est que …" ajouta Ronald l'air embarrassé "Je …je ne lui ai pas encore demandé …"
Nouvel éclat de rire sonore de Lucius :
" Tu … Tu ne lui as pas … encore demandé… Tu es vraiment un imbécile … Un imbécile amoureux …On fait vraiment des choses stupides quand on est amoureux… "Chacune de ses paroles était entrecoupée par des rires.
Puis, il s'arrêta et réfléchit en silence quelques instants.
"Mais tu ne me laisses pas le choix, et de plus, ce que tu dis est vrai concernant les vassaux de mon domaine … Il est juste que cette caricature de mariage pourrait remettre les paysans dans de meilleures dispositions. En ce moment, mes conseillers m'ont averti que la révolte gronde chez mes sujets… En effet... Mais moi, je ne pourrai accepter ça : tu as été suffisamment formé maintenant, donc aussitôt ton mariage annoncé, je te céderai la place et ta mère et moi iront vivre dans notre petit manoir, au bord de la mer, où nous resterons jusqu'à notre mort. Ce n'est pas la peine que nous soyons la risée de tous, tu assumeras ta honte seul face aux autres seigneurs et tu géreras le domaine à ta convenance. Il reste un dernier point, demander sa main à l'intéressée puis à ses parents… Bien sûr, réfléchit-il tout haut, ils vont dire oui, qui ne serait pas d'accord… Enfin, tu verras bien, j'attends leur réponse, je te laisse le soin de faire les démarches, d'ici là pas un mot à quiconque, même à ta mère, je m'occuperai de la prévenir..."
Ronald sortit des appartements de son père, abasourdi par tant de facilité : il lui restait le plus dur à faire maintenant, convaincre Hermione, et, la connaissant, ce serait sans doute l'accord le plus difficile à obtenir…
