Notes : J'espère que le chapitre précédent vous a plu et que je continuerais à vous faire plaisir ! Un grand merci à Didou614 pour son immense soutien, ses encouragements et surtout, ses superbes idées qui m'inspirent pour cette fic' ! (Je t'aime fort ! 3)
Aussi, à ceux qui souhaitent laisser un commentaire, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez aimé ou non, le moment que vous avez adoré ou qui vous a frustré, les critiques que vous voulez apporter, des choses que vous souhaiteriez voir ... Je suis ouverte à tout ! :3
Playlist : * Walk Home - American Beauty OST
* Alone in Kyoto - Air
* Sekkyu Bitsubitsu - Hunter X Hunter OST
* Prove Yourself - Tsubasa Chronicles OST
* Sa'eed - Infected Mushroom
CHAPTER 3 : DÉLICIEUSE DÉCOUVERTE.
Les seuls bruits perceptibles dans la maison étaient ceux que la télévision émettait, présentant un flash-info sur un accident de la route. Le reste de la demeure était plongé dans un silence complet. On pouvait cependant distinguer deux respirations régulières ; elles soulevaient les poitrines des deux hommes, immobiles. Sebastian, assis sur une chaise, la tête renversée en arrière, fixait les yeux bridés de son homologue, qui avait chacune de ses mains sur ses joues et se tenait debout, derrière lui, le visage penché au-dessus du sien. Les cheveux encore mouillés de Joseph frôlaient à présent le nez de Sebastian ; il ne bougea pas. Leurs visages s'étaient considérablement rapprochés et ils ne se lâchaient pas du regard, restant accrochés à la profondeur des pupilles de l'autre. Les pensées confuses de Sebastian s'entrechoquaient dans sa tête. Et dire qu'il pensait que les remèdes de Joseph lui remettraient les idées en place … Il avait presque envie de dire que c'était pire à présent. Pourquoi est-ce que cette proximité avec son partenaire lui coupait le souffle ? Pourquoi est-ce qu'il n'arrivait pas à décrocher ses yeux des siens ? Pourquoi avait-il senti son cœur palpiter, son corps frissonner, lorsqu'il a senti ses doigts masser délicatement son cou ? Il ne le savait pas. Ou du moins, il tentait de s'en convaincre. Parce que la seule raison qu'il avait trouvé lui paraissait totalement absurde et insensée. Et pourtant, ils étaient bien là, sans voix, à quelques centimètres l'un de l'autre. Non Sebastian. Tu ne devais pas. Tu ne pouvais pas.
Sebastian ferma les yeux lorsque Joseph effaça la distance qui se trouvait entre eux. Cet instant-là ne pouvait qu'arriver.
- Tu dois avoir de la fièvre.
L'inspecteur Castellanos fronça légèrement les sourcils et rouvrit les yeux. Son partenaire avait simplement collé son front au sien. Surpris, Sebastian ne put s'empêcher de lâcher un grognement, pris comme une interrogation par Joseph.
- Tu es chaud. Peut-être qu'une douche te fera du bien.
Joseph s'écarta doucement et laissa ses doigts glisser dans quelques mèches de cheveux de Sebastian. Celui-ci se releva, trop vite, ce qui lui rappela encore une fois qu'il avait une migraine de lendemain de soirée qu'il allait regretter, et ce, sûrement pour au moins la matinée. Il attendit quelques secondes avant de se tourner vers son coéquipier.
- Je me permets de t'emprunter ta douche alors.
- Fais donc. Je t'ai mis des vêtements de côté sur le lit et une serviette dans la salle de bains.
- … Merci.
Sebastian dirigea donc ses pas en direction de l'escalier, jetant un dernier regard au brownie et à Joseph. Une fois que Sebastian était hors de champ, Joseph lâcha un juron, jetant sa serviette sur la chaise où son coéquipier était assis quelques instants plus tôt. Les mains à l'arrière de la tête, il marcha à travers le salon et la salle à manger en se demandant pourquoi est-ce qu'il avait été aussi idiot. L'occasion venait de se présenter, c'était littéralement le moment idéal ! Mais non. Joseph s'était contenté de lâcher ces mots ridicules, laissant passer cette chance inouïe qu'il aurait pu saisir. Tout était si confus, si trouble dans son esprit... Il prit une grande inspiration et laissa un énorme soupir s'échapper d'entre ses lèvres. Il se désespérait. Il en avait tellement envie... Mais il fallait prendre en compte son partenaire lui-même. Il traversait une période difficile : père sans enfant, mari sans épouse, Sebastian avait rapidement sombré dans les profondeurs abyssales de l'alcoolisme. Il avait plongé sa souffrance dans les effluves brumeuses des liqueurs en tout genre, passant de la bière au rhum, sans oublier les shots et le whisky. La preuve : la veille, il n'arrivait pas à s'arrêter de boire, enchaînant les verres les uns après les autres. Mais c'est bien pour cette raison que Joseph voulait faire quelque chose. Il voulait être là pour son partenaire de toujours, son fidèle coéquipier avec qui il avait traversé de nombreuses affaires, aussi sordides et étranges soient-elles ; il voulait faire en sorte qu'il finisse par retrouver un semblant de plaisir de vivre. Mais Joseph le savait : il ne pouvait et ne voulait surtout pas remplacer la famille qui venait de perdre. Il ne voulait pas lui faire oublier sa douleur, puisque de toute manière, il était impossible d'oublier ce genre d'évènements. Quoique les gens en disent, il est impossible d'oublier ces incidents. En revanche, on peut passer au travers, les mettre de côté. Cela ne signifie pas oublier ; simplement que nous avons réussi à faire avec. L'idée n'est pas de surmonter l'épreuve ; c'est plutôt de se faire à l'idée que c'est arrivé et être capable d'avancer avec. Et c'était à travers sa présence et ses attentions que Joseph voulait l'aider. Mais pas n'importe quelle présence, autrement il se serait contenté de lui remonter le moral au travail. Non, ce que Joseph souhaitait, c'était cette place. Celle que tout le monde -sans doute- espérait atteindre un jour dans le cœur d'un individu. À cette pensée, il vit le visage de Myra apparaître dans son esprit. Il secoua doucement la tête. « Je ne veux pas prendre ta place … Juste apaiser sa douleur … ». L'inspecteur Oda reprit sa serviette puis s'assit à la place que Sebastian avait prise. Il laissa sa tête pencher en arrière, prenant la même position que son homologue. Et il s'imagina, s'approchant doucement. Et il s'imagina, laissant passer lamentablement sa chance. Quelle avait-été la réaction de Sebastian, réellement ? Joseph se perdit doucement dans ses pensées, plongea dans ses réflexions sans fin, se heurtant à des questions sans réponse …
Ce fut aussi le cas pour l'inspecteur Castellanos. L'eau brûlante de la douche lui fit l'effet d'une claque, comme s'il s'éveillait tout juste et qu'il faisait face à la réalité. Il resta un long moment à ne pas bouger, simplement rester là à sentir l'eau parcourir chaque parcelle de sa peau moite. La chaleur le plongea dans une sorte de douce torpeur, lui remémorant la scène qui venait de se dérouler dans le salon, juste en bas. Qu'est ce qu'il en pensait réellement ? Pour dire la vérité, beaucoup de choses. Tant de choses qu'il était incapable de faire de l'ordre dans son esprit. La scène repassait en boucle, défilait de nouveau devant ses yeux et se rejouait inlassablement. « Bon sang, mais qu'est ce que tu avais Sebastian à la fin ? » Cette question resta en suspens et il ferma doucement les yeux. Il passa une main dans ses cheveux afin de remettre quelques mèches rebelles à leur place et soupira. Il avait beau avoir eu affaire à des individus dangereux, à des affaires nébuleuses, à des situations sordides, jamais il ne s'était retrouvé aussi confus et désemparé devant son propre coéquipier. Il devait se l'avouer à présent : ce n'était pas l'alcool qui lui jouait des tours. D'autant plus qu'il n'était plus ivre. Alors … Qu'est ce que c'était ? Son esprit voulut lui envoyer un mot, commençant avec un « A » ; Sebastian bloqua cette pensée. Ça lui restait inconcevable. Et pourtant, il était resté de marbre quand il s'était rapproché et avait été étrangement frustré lorsqu'il lui avait simplement dit que sa température semblait plus élevée que la normale.
Pensées, questions et réflexions ne cessaient de torturer l'esprit du veuf. Le fait n'était pas qu'il ne voulait pas se l'avouer ; c'était plutôt qu'il n'osait pas et ne pouvait pas. À chaque fois qu'il pensait à ces instants passés dans le salon de Joseph, l'image de sa femme et sa fille faisaient irruption dans son esprit. Sebastian se sentait coupable, comme s'il trahissait les femmes de sa vie, à chaque fois qu'il tentait de mettre un mot sur ce qu'il se passait. Il y avait des choses qu'il avait apprécié, il devait l'avouer. Sa fraîcheur, son corps finement musclé, ses cheveux de jais, son sourire rassurant, ses lèvres à croquer … C'était indéniable. Ces lèvres là, il pensait qu'elles allaient se poser sur les siennes. Il y avait cru, jusqu'au dernier instant. Il n'avait pas cherché à y échapper. Il avait simplement attendu et les secondes lui avaient paru longues. N'en avait-il pas eu envie, après tout ? « Marre de ces questions sans réponses. » Il se massa doucement les tempes et s'immobilisa. Encore une fois, il ressentait le contact des doigts délicats de Joseph se promenant sur ses tempes et dans son cou. Décidément, il allait finir par devenir une obsession. Au final, il savait qu'il n'y avait qu'une question qui subsistait : qu'est ce qu'il ressentait à son égard ? Il pensait avoir des fragments de réponse mais préférait les taire. Assez de réfléchir à tout ça.
Sebastian finit sa douche brûlante par un jet d'eau glacé, pour se remettre les idées au clair. Bien entendu, l'eau glaciale ne changea rien au fait que son esprit était un véritable capharnaüm de questions sans réponses et de réflexions hésitantes. Il sortit de la douche et enroula la serviette que lui avait passé Joseph autour de la taille. Il saisit la seconde et frictionna ses cheveux pour les sécher. Il passa de nouveau sa main dans ses cheveux et de nouveau, il sentit le bout des doigts de Joseph parcourir ses quelques mèches brunes. Il ne pouvait pas s'en empêcher ; les gestes de son partenaire étaient devenus des fantômes, prêts à le hanter dès la moindre occasion. Secouant la tête, il ouvrit la fenêtre et prit une grande bouffée d'air. Le ciel azur surplombait la ville entière et le soleil inondait la pièce de rayons de lumières chauds. Il resta là un bon moment, accoudé à la fenêtre. Il finit par refermer la fenêtre et se dirigea vers la chambre, sa serviette toujours enroulée autour de sa taille. Sebastian saisit la poignée de la porte et sortit de la salle d'eau, dirigeant ses pas vers la chambre où il avait passé la nuit. Là, sur le lit, étaient délicatement posés des vêtements de rechange, destinés à l'inspecteur Castellanos. Il enfila rapidement son sous-vêtement et laissa la serviette autour de sa taille glisser au sol. La fraîcheur de la douche lui avait fait un bien fou. Il s'étira doucement, appréciant la douceur de sa peau, qui avait remplacé la moiteur d'auparavant. Saisissant le pantalon qu'il commença à enfiler, il fut surpris d'entendre la porte de la chambre s'ouvrir. Il tourna lentement la tête pour voir Joseph, les cheveux toujours en bataille et cette fois-ci, une chemise sur ses épaules. Déboutonnée, évidemment. Il y eut un moment de flottement, où les deux hommes, toujours pas habillés et quelque peu surpris, se fixaient l'un et l'autre. Au bout d'un bon moment, Joseph finit par réussir à lâcher quelques mots.
- Désolé, je ne savais pas que tu avais fini. Je pensais que tu y étais encore.
- C'est rien, ça va. Au pire... On est entre hommes.
Et c'est bien ça le problème. C'est ce qu'ils pensèrent tous les deux mais Joseph se contenta d'acquiescer avec un hochement de tête et Sebastian continua d'enfiler son pantalon. Les seuls bruits dans la chambre était le frottement des vêtements au contact de la peau, puisque les deux hommes n'échangeaient pas un mot.
La sonnerie aigüe du téléphone fit sursauter Joseph, qui était assis au bureau où ledit appareil était posé et Sebastian fronça légèrement les sourcils, finissant de boutonner sa chemise. Ils se regardèrent tous les deux, un peu perplexes. La sonnerie leur indiquait que ceux qui tentaient de les joindre étaient leurs supérieurs, au commissariat. Cependant, ils n'étaient pas censés travailler aujourd'hui -raison pour laquelle Sebastian n'avait pas hésité à enchaîner les verres- : cela ne pouvait que signifier qu'il s'agissait d'une urgence. Joseph décrocha et mit le téléphone sur haut-parleur.
- Inspecteur Oda ?
- Oui ? Il y a un problème ?
- Un énorme problème. Je sais que vous êtes en repos, avec l'inspecteur Castellanos mais il s'agit d'une situation où l'on vient de décréter l'état d'urgence extrême.
- Je vous écoute.
- Peut-être avez-vous entendu parler aux infos de cet accident de voiture ?
Rapidement, les deux cerveaux dans la chambre tentèrent de se rappeler. La télé était restée allumée sur la chaîne d'informations tout le temps alors ils devaient forcément en avoir saisi quelques mots. Les deux inspecteurs n'osèrent pas s'adresser un regard en se souvenant en avoir vaguement entendu parler. Ils étaient juste trop occupés à cet instant-là. Joseph se racla discrètement la gorge et reprit.
- Vaguement.
- Pour faire court, il a été provoqué par des kidnappeurs en fuite. Il s'agit d'un petit groupe de personnes, qui ont enlevé au moins trois personnes. Évidemment, ils ont demandé une rançon et menacent d'exécuter leurs otages avant minuit. On a besoin de monde mais surtout de bon monde. Alors je vous demande de venir nous retrouver au commissariat le plus vite possible. Prévenez votre coéquipier dès que cet appel sera fini ; on vous briffera sur l'opération sur place. Questions ?
- Non.
- Bien. Terminé. À plus tard.
Les choses sérieuses commençaient. Joseph finit de se préparer rapidement et Sebastian reprit son insigne, son arme ainsi que son étui qu'il réajusta sur son épaule et, bien évidemment, son gilet pare-balles. Quand ils furent tous deux équipés, ils se regardèrent. Ils étaient prêts à partir.
Ils sortirent de la chambre et descendirent les escaliers. Sebastian saisit son manteau et l'enfila tandis que Joseph éteignait la télé. Le regard du plus âgé des deux glissa vers la table, encore chargée des mets sucrés qui lui étaient destinés. Il secoua la tête. Ce n'était plus le moment de divaguer ; il fallait se concentrer. Il prit la direction de la porte d'entrée, suivi de près par Joseph. Fermant à clé derrière eux, ils grimpèrent dans la voiture et démarrèrent, en direction de leur lieu de travail. Joseph mit la radio en marche, qui se mit à crachoter les infos. « Une prise d'otages avec des menaces d'exécution imminentes … » Sebastian lâcha un soupir agacé.
- Évidemment les médias sont déjà au flair.
- Ça ne rend pas l'opération bien secrète.
Décidé à jouer son rôle, l'inspecteur Castellanos saisit la radio de police cette fois-ci et tenta de joindre son supérieur.
- Inspecteur Oda ?
- Non, ici inspecteur Castellanos, avec l'inspecteur Oda. Nous sommes en route.
- Il y a un problème ?
- Faites taire les médias. À trop parler, ils vont faire foirer l'opération.
- Vous connaissez la presse Castellanos. Ils sont toujours à l'affût des dernières nouvelles.
- Entre vouloir informer et compromettre une intervention, il y a une différence.
Les deux coéquipiers se regardaient. Ils étaient tout deux d'accord sur ce point : s'il fallait être discret et efficace, ils étaient mal partis.
- Ou servez-vous de ça pour leur tendre un piège.
La voix de Joseph qui venait de s'élever laissèrent Sebastian et son chef sans voix. Le silence plana dans le véhicule pendant quelques secondes, jusqu'à ce que Sebastian intervienne.
- Ça peut marcher.
- Hm...
L'hésitation se percevait dans les réflexions de leur supérieur. Il ignorait si tout ça était une bonne idée, si cela fonctionnerait. La situation était extrêmement délicate. Joseph indiqua silencieusement à Sebastian qu'ils seraient arrivés dans à peine cinq minutes. Il leur restait cinq minutes pour convaincre leur chef de leur plan.
- On pourrait gagner un temps précieux.
Joseph avait commencé par un argument de taille, non négligeable dans ce genre de moment. Sebastian amorça la suite.
- Voire même éviter des morts.
- Inspecteur...
Le nippon fit signe à Sebastian d'attendre ; il souhaitait parler.
- Voilà l'idée. On préviendrait une radio d'une soi-disante intervention par le ciel. Dans ce cas, ils placeraient leurs hommes sur le toit, pour pouvoir descendre les hélicos dès leur arrivé ; ça serait pour nous l'occasion d'arriver discrètement et d'entrer par les portes de secours à l'arrière mais aussi par les portes d'entrée habituelles, afin de pouvoir les encercler rapidement et efficacement.
- Il suffirait que quelqu'un place cette information de manière subtile dans un débat sur l'actualité ou simplement les infos. Juste ça.
Parler tour à tour avait été un bon moyen de convaincre jusqu'ici : ils espéraient que leur plan serait bien accueilli. À ce moment-là, tous deux pensèrent qu'ils formaient une équipe presque idéale ; donner un plan sans se consulter où tous deux approuvaient ce que l'autre disait était assez particulier et plutôt pratique, surtout lorsqu'il fallait être rapide et efficace. Et c'était le cas.
- Très bien. On va tenter votre plan. Je me charge personnellement d'appeler la radio, en faisant croire à un appel anonyme.
- Merci.
- Je vous vois au commissariat.
Et la transmission radio s'arrêta là. Sebastian s'enfonça dans le siège, en posant sa crâne sur l'appui-tête de celui-ci. Il passa ses mains sur son visage et écarta quelques mèches de son front en respirant profondément. Il allait bien. Sa tête ne le faisait plus souffrir et il était frais et dispo pour l'opération. Ça allait. Ça ira.
- On y est Seb.
Enfin, ils atteignaient le commissariat. Tout le monde courait à droite à gauche pour préparer l'intervention. En effet, lors de missions un peu plus délicates, un maximum de monde était mobilisé -mais surtout, un maximum de personnes susceptibles de faire de l'opération un succès- afin de maximiser les chances de réussite. Il restait tout de même des policiers disponibles pour la ville, au cas où ils recevraient des appels lorsqu'ils sont en pleine intervention. Sebastian et Joseph sortirent du véhicule et se hâtèrent de rejoindre les autres. Le briefing démarra lorsqu'ils prirent leurs places.
L'opération consistait à partir avec plusieurs unités, dirigées par des inspecteurs. Les ordres seraient donnés par ces derniers et tous avanceraient simultanément vers l'usine désaffectée. Il y aurait au minimum deux unités pour y avancer, c'est-à-dire une qui entrerait par la porte et la seconde par les portes de secours à l'arrière, pour pouvoir encercler ceux qui sont à l'intérieur. Une fois à l'intérieur, il suffirait de récupérer les otages sains et saufs et de minimiser les dégâts et victimes. Le chef rajouta ensuite le piège proposé par les inspecteurs Castellanos et Oda et l'expliqua aux autres, en montrant que le leurre pourrait leur faire gagner du temps et éviter des victimes. Ils hochèrent la tête, bien que certains exprimèrent leurs doutes quant à l'efficacité du stratagème. Sebastian intervint.
- Même si ce n'est pas forcément très efficace, ça les fera douter. C'est toujours mieux que rien. On a rien à perdre d'essayer ça.
Des murmures d'approbation emplirent la salle et le chef finit son speech. À présent, il était question d'aller se préparer à proprement parler. La salle se désemplit rapidement, mais restait encore Sebastian, Joseph ainsi que Thomas, un autre inspecteur du commissariat, en compagnie de leur supérieur. Ils venaient d'être désignés comme étant les leaders des unités qui allaient rentrer dans l'usine et il allait s'assurer de former une unité de secours. Juste en cas de problème. Sebastian et Thomas à l'avant, Joseph à l'arrière. Une fois les précisions données, ils s'empressèrent de sortir. Thomas connaissait déjà Sebastian et Joseph ; ils étaient déjà sortis ensemble pour un verre le soir et s'étaient retrouvés sur des affaires. Se trouver avec eux ne lui posait donc aucun problème, au contraire. Malgré la gravité de la situation, il les détendit tous trois en lâchant des vannes qu'il avait la spécialité de si bien raconter que, drôle ou non, elles arrachaient des rires à quiconque l'entendait. Les deux inspecteurs qui étaient en sa compagnie n'y échappèrent pas.
- D'ailleurs, je n'ai pas croisé Kidman une seule fois aujourd'hui...
- Et tu ne la croiseras pas, crois-moi. En tout cas, mieux vaut pas.
- Comment ça ?
Sebastian haussa un sourcil tandis que Joseph tourna la tête vers Thomas. Sa question semblait faire sourire ce dernier.
- Elle a appelé pour bien dire qu'elle ne serait pas là. Apparemment, manger mexicain ne lui a pas du tout réussi... Je crois qu'elle est en train de repeindre ses toilettes en ce moment.
Sebastian ne savait pas s'il devait éclater de rire ou montrer son dégoût. Il opta pour un sourire qui en disait long du genre, j'ai extrêmement envie de rire mais je ne le ferais pas- et Joseph lâcha un « Charmant... » en se mordant la lèvre pour éviter, lui aussi? de rire. Thomas, en riant, les quitta pour aller se préparer de son côté avec son unité. Ils devaient rejoindre les hommes qu'ils dirigeraient pendant l'opération. Au bout du couloir, Sebastian s'arrêta et Joseph se tourna vers lui. Il lui demanda si quelque chose n'allait pas et n'eut pas le temps d'avoir sa réponse car déjà Sebastian l'avait attiré près de lui. Front contre front, sa main glissée derrière le crâne de Joseph, Sebastian avait les yeux fermés et il semblait difficile pour lui de trouver les mots. Joseph ne bougeait pas ; il regardait simplement les yeux clos de son vis-à-vis. Ce dernier les rouvrit doucement et ils se regardèrent droit dans les yeux. L'instant s'écoula comme une éternité. « Joseph... Fais attention à toi. S'il te plaît. »
END OF THE CHAPTER 3.
