En route pour le chapitre 2, vous êtes toujours là ? Bien !

Les deux sœurs ont rencontrées le groupe de Rick Grimes et envisagent l'idée de s'allier à eux pour survivre, mais la méfiance reste là et la confiance a du mal à s'installer...


Chap 2

The House With The Red Door

- Et les autres ? Demanda Anna qui tenait toujours à prouver son fort caractère d'entrée de jeu.

L'arrogance de la jeune fille était perceptible par tous autour d'elle et une telle attitude devant les mauvaises personnes pouvait leur être fatale.

- Anna ! Maugréa l'aînée.

Cette dernière pesta légèrement et posa son regard sur Rick Grimes, céda et se présenta.

- Anna, articula-t-elle faiblement, et Angie, son doigt pointait sa sœur en retrait. Roses. Angie et Anna Roses.

Le barbu devant elle exprimait un air perplexe et devenait d'avantage intimidant aux yeux d'Anna, son regard posé sur elle, il n'esquissa pas le moindre sourire, se retourna et s'éloigna, le bruit de ses santiags, écrasant le sol, résonnait comme une amère mise en garde pour les deux sœurs.

Ses compagnons lui emboitèrent le pas et le jeune asiatique fit un signe de tête aux deux jeunes filles, les enjoignant à les suivre en silence.


Tous marchaient sans réelle conviction après avoir constaté qu'une de leurs voitures avaient rendues l'âme et ils avaient préféré laisser celles encore en état de marche derrière eux, plutot que de devoir séparer leur groupe.

Aucun n'était sûr de pouvoir fermer l'œil la nuit prochaine et sans aucun doute, ils avaient tous faim. Autant qu'elles.

Ils n'avaient pas l'air plus propres ou plus dodus, chacun d'entre eux présentaient des signes de fatigue et de stress évident. Cependant, la peur ne prenait à cet instant aucune place dans leurs yeux.

Cet homme, Rick Grimes, il n'avait pas l'air d'avoir peur, bien au contraire.

L'asiatique, dont les yeux trahissaient une profonde compassion, lui non plus ne semblait pas ressentir la peur. La brune à ses côtés ne donnait pas l'air de se cacher derrière lui, son arme bien agrippée, tout comme cette femme avec son sabre.

Anna lança quelques coups d'œil à sa sœur, celle-ci surveillait leurs arrières. Elle observa alors chaque personne de leur groupe aussi minutieusement que possible.

Sur la route, ils trouvèrent plusieurs voitures dans de pitoyables états mais rien d'utile et ils se contentèrent d'en récupérer quelques pièces.

La journée était calme, une petite dizaine de rôdeurs en plusieurs heures, le silence faisait partie de leur marche et Anna ne put s'empêcher de penser que cela avait quelque chose de fort rassurant finalement, d'être en compagnie d'autres humains. Vivants.

- Parfois tu es plus raisonnable que moi, mais parfois tu nous mets en danger inutilement, dit Angie.

La cadette se retourna vers sa sœur, les sourcils froncés.

- Ne soit pas insolente, ou agressive avec eux. On ne les connaît pas ! Angie élevait la voix sans pour autant que les autres ne l'entende. On vit à une époque où je pourrais perdre ma sœur parce qu'elle a voulu faire sa maligne, alors calmes-toi.

- Tu ne me perdras pas, répondit-elle d'un sourire.

La brune fit une petite grimace et donna un coup d'épaule à sa sœur. Elle le savait, sans elle, elle n'en serait pas là.

Toutes les deux parlaient bien l'anglais et avaient toujours su se débrouiller, dans le monde d'avant.

Tout paraissait plus simple, avant, et elle se demandait souvent comment les choses auraient pu être, si elles étaient restées en France, avec leur famille. Et les autres. Avaient-ils seulement survécu à l'apocalypse ?

La marche se stoppa soudainement sous les pas de leur leader. Plus loin devant lui se tenait une ridicule petite maison à la façade presque en ruines. La porte était rouge, les fenêtres barricadées et devant se tenait une cuisinière renversée sur la pelouse.

Rick fit signe à ses coéquipiers et ils commencèrent à reprendre la marche lentement vers la porte. La jeune femme aux dreadlocks donna deux coups contre celle-ci, l'homme à l'arbalète se tenait sur ses gardes, prêt à enfoncer une flèche dans la crâne de quiconque passant cette porte.

Mais rien ne vint. Plusieurs minutes passèrent avant qu'ils ne rentrent tous.

Un jeune garçon aux cheveux mi-longs passa en premier, son pistolet était doté d'un silencieux fabriqué maison, ingénieux. Il avait l'air sûr de lui, presque adulte malgré son visage juvénile, ses yeux parcouraient chaque centimètre carré du salon devant lui.

La plus grande pièce ne ressemblait plus vraiment à un salon, les deux canapés étaient renversés au sol, la table en verre, cassée, et une poussière à faire tousser un rôdeur envahissait l'endroit.

Anna prit la main de sa sœur dans la sienne, elle n'était plus rassurée. Certes, l'idée de les suivre semblait bonne quelques heures auparavant, mais maintenant, elle et sa sœur étaient seules, là, face à cette bande d'inconnus chassant le rôdeur sur un terrain où elles n'auraient pas l'avantage.

Un autre homme, noir, grand et assez costaud passa à côté d'elles et posa une toute petite fille blonde sur le seul fauteuil encore à l'endroit. Ses lèvres déposèrent un baiser sur le front de celle-ci qui lui répondit par un joli sourire. Les deux jeunes femmes n'avaient plus vu de bébé depuis deux années maintenant et elle la fixait maintenant comme si elles avaient vu une licorne.

- Carol, tu restes avec Judith ? Je vais voir l'étage.

Une femme au teint livide, trahissant ses traits exténués, arriva près de l'enfant. Anna ne l'avait pas remarquée jusque-là. Elle semblait vieillie, presque éteinte et très discrète. Même le sourire de la petite Judith ne l'émerveillait plus.

- On pourra rester ici pour cette nuit, les informa le leader. Les alentours ont l'air calme. Daryl, aide-moi à pousser le canapé contre la porte. Glenn, Maggie, essayez de vous reposer un peu.

Rick et le dit Daryl attrapèrent le canapé et le poussèrent jusqu'à la porte, non sans mal.

Angie passa devant sa sœur et partie vers la cuisine ouverte sur le salon. Des tas de produits alimentaires gisaient sur le sol, la jeune femme ouvrit plusieurs placards et déposa ce qu'elle trouva sur le comptoir. Deux paquets de chips rassis, une boîte de conserve contenant des haricots en sauce et quelques pots de lait en poudre. Elle continua à fouiller les tiroirs, le réfrigérateur, les paquets vides sur le sol, elle avait faim, son ventre lui criait de trouver quelque chose en plus, quelque chose de mieux qui pourrait la rassasier , pas juste un truc moisi qu'elle pourrai à peine suçotter.

Une main agrippa son épaule droite avec force.

Elle se retourna vivement, sa main déjà sur sa hache, prête à détruire par reflexe la créature derrière elle, mais elle n'en fit rien. Faire face à autre être humain n'était pas arrivé depuis longtemps et en général, tout ce qui venait vers elle était déjà mort.

Ce barbu, Rick, se tenait devant elle, le regard déterminé. Sa main lacha son arme et retomba lentement le long de son corps, la peur la quittant peu à peu. Ce n'était pas un rôdeur, seulement, la tension restait palpable.

Que voulait-il, à l'agripper de cette façon ? Cherchait-il à lui faire peur, ou à la mettre en garde ? Angie avait eu le temps de voir certains hommes défiler en presque deux ans. Certains semblaient bons mais il n'en était rien. D'autres encore annonçaient la couleur en vous regardant de haut en bas tel un animal affamé devant une proie, vous lançaient quelques mots glaçants puis essayaient de vous détruire psychologiquement avant de vous lancer dans la fosse aux rôdeurs. La confiance devenait dure à acquérir et quand celle-ci arrivait enfin, elle ne durait pas bien longtemps.

Rick lâcha son épaule. Elle se sentait petite, mais pas impressionnée pour autant.

- Je veux juste m'assurer que ni toi ni ta sœur ne m'obligiez à vous coller une balle dans le crâne. Ces gens sont ma famille. On restera en bon terme si ça se passe calmement.

- Et je veux juste vous assurer que ma sœur et moi n'avons pas survécu jusque-là pour tuer d'autres vivants. Pas ceux qui ne nous y obligent pas.

Rick haussa un sourcil en souriant sarcastiquement.

- Comment savez-vous que nous sommes sœurs ? Questionna Angie.

- Vous portez le même nom et tu la surveilles comme une mère, je devine que vous n'avez pas assez d'écart pour que ce soit le cas. J'ai raison ?

La jeune rousse ne répliqua rien, le poussant légèrement afin de sortir de la cuisine. Elle n'aimait pas cet endroit et ne sentait pas ces gens. Ils n'avaient en rien l'air de violeurs ou de tueurs mais la situation ne lui plaisait pas.

Bien souvent cela avait été juste sa sœur et elle. Personne d'autre. Elle ne faisait plus confiance aux autres. Elle les scruta tous, s'installant ou cherchant quoi que ce soit à se mettre sous la dent.

Anna se tenait toujours là, dans l'entrée, le regard dans le vague.

- J'ai trouvé des haricots en boite. Tu veux aller trouver la salle de bain ? Proposa l'aînée.

- Je l'ai vu te suivre, dit-elle finalement. Ce Rick. Qu'est-ce qu'il te voulait ?

- Me mettre en garde, probablement me montrer qui est le chef, aussi…

- Oh oh ! Anna pouffa légèrement. Personne ne dompte ma grande sœur…

Angie leva les yeux au ciel et attrapa le sac de sa sœur, invitant celle-ci à passer devant.

Le salon ne donnait que sur une seule porte en dessous de l'escalier, un petit placard contenant toutes sortes de choses en désordre.

Anna grimpa les marches unes à unes, elle vit cet homme noir chercher probablement quelques vêtements dans un coffre à l'entrée d'une petite chambre. La porte de celle-ci était ouverte.

- Va voir où est la salle de bain et vois si tu trouve quelque chose de propre ou des serviettes pour nous faire un oreiller, souffla Angie à sa sœur en arrivant à l'étage. Je vais voir si on peut trouver de quoi se reposer dans cette chambre.

Anna abdiqua et partie vers la gauche.

Angie entra calmement dans la chambre. Son ancienne propriétaire devait être une petite fille, les murs roses étaient ornés de fleurs de toutes les couleurs et ce, un peu partout. Le lit d'une personne se tenait en face d'elle, des rideaux roses retombaient tout autour du seul traversin qui restait.

Autour,il y avait deux petites tables de chevet en bois, l'une avec une lampe renversée, l'autre accueillait une petite pile de livres pour enfants. La jeune femme remarqua l'absence de draps sur le lit, juste trois peluches trônaient encore dessus. Sur sa droite, un petit fauteuil était installé en dessous de la fenêtre. Par terre, quelques jeux encore là, un tapis représentant un cœur et des petites paires de chaussures correctement rangées sous le radiateur.

Soupir.

Il y avait quelque chose de tragique à venir s'approprier la chambre d'une petite fille sans doute déjà morte. Le lit serait trop petit pour elle et sa sœur, les vêtements qu'elles trouveront ne serviront à personne, exceptée l'enfant qui était avec ce groupe, mais elle devrait attendre encore quelques années. Elle posa son sac sur le lit et s'approcha de la commode vers la gauche. Une porte restait fermée à ses côtés, un peignoir rose accroché dessus. Elle s'approcha de celle-ci, sa main vint agripper la poignée qu'elle tourna doucement. Cette poignée dorée, des rayures y étaient apparentes et Angie se demanda l'espace d'une seconde si quelqu'un avait essayé de fermer ou d'ouvrir cette porte avec résistance au point d'en écraser ses ongles dessus et d'y laisser des marques…

Un bruit sourd vint résonner dans la maison, se mélangeant au cri strident de la jeune femme. Son corps s'écrasa lourdement sur la moquette moelleuse. La porte s'était ouverte violemment, le rôdeur s'écrasa à son tour sur Angie, accrochant sa main à ses cheveux, il tentait d'approcher sa mâchoire claquante de sa chair pour essayer de rassasier sa faim.

Tout était devenu une question de faim, après tout.

Sa hache était tombée au sol sous la violence du choc, elle se débattait tout en poussant des cris de peur lancinants.

Puis, plus rien. Le corps du rôdeur disparu subitement du sien, elle ne sentait plus rien et continuait de se débattre dans le vide. Un cri rauque vint couvrir les siens, elle se releva tremblante et tituba jusqu'au mur derrière elle. Le grand noir tenait sa main sur le crâne du rôdeur, le cognant plusieurs fois contre le mur. Le sang gisait quand le corps s'effondra sur le sol, renversant au passage la pile de livres sur la table de chevet. Le mur rose devint lentement pourpre sous les yeux d'Angie. Son regard dériva vers lui.

- Est-ce que ça va ? Questionna-t-il en reprenant son souffle.

- Je n'ai rien entendu, dit-elle précipitamment. J'allais ouvrir cette porte, je l'ai fait, je n'avais rien entendu…

- Angie !

Anna sauta jusqu'à sa sœur et attrapa vivement ses épaules, la serrant contre elle. Elle ne fut pas la seule à débouler rapidement, une jeune brune et la femme au sabre arrivèrent dans la chambre, leurs armes prêtes à s'enfoncer quelque part.

- Merci…

- Tyreese.

- Merci, Tyreese, articula la rousse en face de lui.

Une arbalète pointa soudainement le bout de son nez, l'homme qui la tenait soupira presque de deception de voir qu'il avait loupé l'action. Il entra, poussa le rôdeur mort inanimé d'un coup de pied et se jeta sur lit.

- Maintenant qu'elle est clean, quelqu'un prend cette piaule ?


Comme toujours vos reviews sont toutes les bienvenues, je vous attends au chapitre 3 pour du gros secret bien lourd !