Toujours sur la route, le groupe de survivants désespère. Mais leurs prières de trouver un endroit sûr et durable seront bientôt exaucées. Sûr ? Peut-être pas tant que ça...


Chap 5

No Doctor Anymore

Tout en marchant, Rick tendit sa bouteille d'eau à Angie.

- Toi et ta sœur, vous êtes pas du coin, pas vrai ?

- Paris. On était venues en vacances.

Il haussa les sourcils et pouffa dans sa barbe.

- Sûrement pas celles que vous auriez espérées.

- Pas vraiment... Mais... Le but était qu'on se rapproche pendant ce voyage, finalement ça a fonctionné quand même.

Ils marchèrent un moment en silence en suivant la route.

Angie commença a laisser tomber sa garde. Le danger que des inconnus pouvaient représenter au premier abord s'était évanoui. Ils avaient beau êtres méfiants et distants, ils ne leur voulaient aucun mal et la jeune fille se demanda si cette fois, elles resteraient et tenteraient de voir si c'était encore possible pour elles de vivre avec d'autres personnes, de nouer de nouveaux liens et de faire pleinement confiance à nouveau.

Son estomac se noua a cette idée. A chaque fois elle s'était posé la question, et ça n'avait jamais fonctionné longtemps.

Et comment pouvaient-elles s'attacher sans risquer de divulguer leur lourd secret.

- Vous aviez vu ces panneaux ? Demanda-t-elle. Ceux qui disaient qu'il y avait un sanctuaire, un endroit sûr.

- Terminus ? Ouais ça, pour les avoir vu, je les ai vu.

- Vous y êtes allé, c'est ça ?

- Et revenu.

- C'est comment ?

- Mort... Et pour info, je ne pense pas qu'il existe aucun endroit sûr.

Ils arrivèrent en haut d'une côte et Rick stoppa net. Devant eux, à quelques centaines de mètres se dressait un immense bâtiment de quatres étages, délabré, comprenant sur son terrain un grand parking et un parc laissé à l'abandon qui avait largement commencé à s'étendre sur le béton. Le tout était cerné par des grillages et des murs de briques rouges.

Un grand « H » bancal dans un cercle coiffait le bâtiment.

- Vous disiez ?

Derrière eux les autres les avaient rattrapés et s'arrêtaient derrière leur leader.

- Cet hôpital n'était pas sur la carte, lança timidement Glenn en sortant la-dite carte du sac de Maggie.

Rick vint vers lui et y jeta un coup d'œil.

- Les bâtiments ne sont pas indiqués dessus, même les grands.

- Doit y avoir un paquet de rôdeurs la-dedans, ronchonna Daryl.

Carol s'avança vers Rick et Glenn.

- C'est peut-être pas mal, dit-elle, il y aura sûrement une maternité et pas mal de lait en poudre, des couches et des vêtements de rechange pour Judith, même si cet endroit à déjà été pillé ils n'auront sûrement pas prit le matériel pour bébé. Ça vaut le coup d'y jeter un coup d'œil.

Rick sembla réfléchir pendant un instant. Tout le monde pensait la même chose, mais ils attendaient patiemment que leur leader prenne la décision. Il le suivraient aveuglément.

- Il faut prendre un maximum de monde. Tyreese, Tara et Carol, vous restez cachés dans les bois avec Judith, les autres avec moi. On nettoie tout le building avant la nuit.

Anna vint rejoindre sa sœur pendant que toute l'équipe se préparait pour le combat.

- Un hôpital, ça veut dire... plein de chambres ! Ma propre chambre, mon propre lit ! Jubila-t-elle.

- Est-ce que ça veut dire que tu veux rester ? Avec eux, je veux dire.

Anna haussa les épaules.

- Si on essaye pas, on ne saura pas ce que ça aura pu être. Tara est arrivée depuis peu dans leur groupe et ils l'ont acceptée, on a parlé un peu toutes les deux. Et elle aime les filles au fait !

- Super ! S'écria Angie. Dis moi ? En quoi ça me concerne ?

- Oui je sais tu les préfèrent barbus aux yeux bleus c'est ça ?

- Arrête un peu avec ça.

- Il a une alliance.

- Anna... Encore une chose qui ne me concerne pas ! Et toi non plus !

- Ho ça va, c'est pas parce que c'est la fin du monde que l'on ne peut plus se raconter des potins entre sœurs, comme au lycée.

- Non le lycée, c'était bien pire que la fin du monde...

Angie redevint sérieuse. Sa sœur avait le don de détourner les sujets sérieux en plaisanteries, et même si elle savait qu'au fond c'était pour dissimuler sa peur du risque et de l'inconnu, ça lui tapait sur le système.

- Si on reste, un jour où l'autre ils finiront par savoir.

Anna soupira.

- Allez viens, tout le monde est sur le départ.

- Et cette fois tu restes avec moi, je veux pas te perdre du vue, c'est bien compris, plus de roulage dans la boue dans la forêt avec Mr. Redneck.

- Oui maman...

Ils prirent le chemin de l'hôpital, et s'introduisirent dans le parking avec une pince coupante.

Une fois dans le hall du bâtiment, ils allumèrent leurs torches.

Il y avait des cadavres partout et l'odeur était infecte. Tout traînait partout au sol comme si le vent s'était engouffré et avait tout renversé, les meubles, la paperasse et ce qu'il restait de quelques plantes vertes.

- Si on veut vivre ici, il va falloir aérer, lacha Glenn dégouté.

A pas feutrés, ils avancèrent, armes à la main, attentifs à chaque petit bruit et quand ils eurent sécurisés le hall, Rick donna les instructions.

Il finirait d'inspecter le rez-de-chaussée et s'attaquerait au premier étage avec Michonne, Glenn, Maggie et Sacha. Quant à Carl, Daryl, Bob, Anna et Angie, ils prendraient le deuxième et troisième étage avant de tous se rejoindre dans une heure au dernier, mais au moment de se séparer, Angie croisa le chemin de Rick qui la retint par le bras.

- Mon fils viens avec vous, je peux t' faire confiance ? Demanda-t-il ses yeux bien fixés dans les siens, toi et ta sœur ?

- Pas de problème.

Il la lâcha et s'éloigna, elle resta là une seconde, l'impression bien présente que la main de l'homme serrait toujours son bras. Elle frissonna et s'obligea à garder la tête froide avant de se lancer derrière son petit groupe.

Ils prirent l'escalier de service.

Daryl et Carl ouvraient la marche et ils furent les premiers à pousser les portes battantes du deuxième étage.

Un long couloir s'étendait devant eux, se terminant dans l'obscurité la plus totale, la fin n'était même pas visible. Tout du long il y avait des chambres, plus un renfoncement dans lequel était niché un grand bureau en arc de cercle avec plusieurs ordinateurs détruits, sûrement un poste d'infirmières.

- Glauque, soupira Anna.

Ils entreprirent de se séparer pour couvrir toutes les chambres plus rapidement.

Les deux sœurs suivirent Carl. Elles ne se sentaient pas moins rassurées d'être avec un jeune adolescent plutôt qu'avec un homme plus fort, Carl avait l'air sûr de lui et aussi vif et déterminé que les autres.

Anna remarqua qu'il avait les yeux bleus de son père et elle se demanda un instant comment un enfant de son âge pouvait grandir dans ce monde.

Si ces choses, qui faisaient notre quotidien, comme trouver l'amour où avoir des enfants, avaient toujours leur place dans ce monde.

Et qu'en serait-il de Judith ? Elle ne connaîtrait sûrement rien d'autre que la violence, la peur et la faim.

Anna traînait derrière et Carl la rappela à l'ordre.

- Restez groupés, s'il vous arrive quelque chose je me déplacerai pas pour sauver votre cul.

- Ton père sait que tu parles comme ça ? Lui demanda la petite brune, choquée.

Carl lui lança un regard noir.

- Lâche moi.

Anna soupira et s'arrêta soudain, à l'affût.

- Vous avez entendu ?

- Rien du tout, répondit le garçon d'un ton cinglant en poussant une porte du bout de son silencieux, y'a personne ici mais si tu continues à parler...

Il n'eut pas le temps finir sa phrase, Anna stoppa net sur le pas de la porte de la chambre que Carl et Angie avait déjà dépassée.

- Vous feriez mieux de venir voir ça...

Angie revint sur ses pas et arrivée à la hauteur de sa sœur, scruta la chambre plongé dans l'obscurité. Ses yeux eurent besoin de plusieurs secondes avant de discerner dans un coin de la pièce une ombre recroquevillée.

C'était une femme, vivante, tout droit sortie d'un film d'horreur se balançant d'avant en arrière en chuchotant d'incompréhensibles mots, vêtue d'une de ces blouses que portent les patients et qui laissent peu de place à l'imagination.

Ses cheveux noirs et hirsutes avaient été arrachés à certains endroits laissant apparaître un crâne couvert de profondes griffures. Ce que l'on pouvait voir de son corps dénudé les glaça sur place. Elle avait des grosses cicatrices autour de ses chevilles, comme si des liens s'étaient incrustés dans sa chair. Ses jambes et son visage étaient sévèrement brûlés.

- Ho mon dieu, murmura Angie.

Carl leva le bout de son arme vers la femme.

- Montrez vos mains, prévient-il d'une voix forte et assurée.

Elle ne réagis pas mais ses chuchotements devinrent plus forts. Elle semblait répéter une suite de chiffres.

Angie tendit l'oreille.

- … Sujet 39, décédée, sujet 40, décédée, sujet 41, décédée...

- Qu'est-ce qu'elle raconte ? Demanda Anna sans la lâcher des yeux.

- Aucune idée, on dirait qu'elle fait une liste...

Carl s'avança prudemment, un pas l'un devant l'autre et la femme dans son délire ne semblait pas l'avoir vu arriver jusqu'à ce qu'il marche sur les bris de verre d'une ampoule explosée.

Elle releva la tête d'un coup, se leva a une vitesse incroyable et se jeta sur Carl en poussant un hurlement terrifiant, brandissant dans sa main un long bout de verre qu'elle tenait si fermement que du sang coulait le long de sa paume et de son bras.

Le jeune garçon tomba à la renverse et lâcha son arme dans un cri.

- PAS LE DOCTEUR ! Hurla-t-elle en abaissant son bras, plantant son arme de fortune dans la cuisse de Carl qui poussa un hurlement de douleur.

Angie se jeta sur elle et alors que la folle levait sa main pour frapper a nouveau, elle lui saisit le poignet et d'une torsion lui fit lâcher le bout de verre ensanglanté, mais Anna avait été plus rapide.

Le silencieux siffla à deux reprises et la femme s'effondra, deux balles dans la poitrine. L'arme fumait encore quand Daryl et Bob accoururent et se précipitèrent sur Carl qui gémissait en se tenant la jambe.

- C'est profond, dit Bob, mais l'artère est indemne, je devrais pouvoir trouver de quoi suturer. Daryl, va prévenir Rick, il faut lui faire un bandage en attendant et un garrot, aidez moi à le mettre sur le lit.

Daryl partit en courant et Bob et Angie hissèrent Carl avant l'installer. Il nettoya la plaie, fit un garrot avec la ceinture du jeune garçon et enroula sa blessure dans les draps avant de pouvoir trouver des bandages adaptés.

Anna s'approcha du corps de la femme et la retourna du bout du pied. Elle la regarda un instant sans bruit et finalement, lui mit une balle dans la tête avant de poser l'arme sur le lit près de Carl.

Angie la regarda et se demanda depuis quand sa sœur tuait des êtres humains sans l'ombre d'une émotion dans le regard. Prennait-elle trop les mêmes mauvaises habitudes blasées que son ainée ?

Rick fit irruption dans la pièce, en nage et affolé. Son visage était couvert de sang, ils avaient du rencontrer plusieurs rôdeurs pendant leur inspection du premier étage.

- Carl ! S'écria-t-il en se précipitant sur son fils.

- Tout va bien papa, c'est rien de méchant.

- Il aura du mal a marcher pendant les prochains jours, dit Bob, et il faudra surveiller la plaie.

- Ok... Ok, répéta Rick comme pour se convaincre lui même.

Ils sortirent tous de la chambre, laissant le père et son fils seuls un instant.


Le soir venu, ils s'étaient tous installés au second étage. Ils avaient prit un maigre repas avant de se répartir les chambres et Anna et Angie décidèrent de dormir à deux, trop effrayées d'être seules avec l'image de cette femme en tête.

Avant que tout le monde n'aille se coucher, Rick avait réuni tous les membres de son groupe et ils discutèrent un moment puis il vint voir les deux sœurs qui s'installaient.

Tous les autres, excepté Carl qui se reposait dans sa chambre, se tenaient derrière lui et observaient la scène.

- Bob m'a dit... Vous avez sauvé mon fils aujourd'hui. Si vous êtes toujours d'accord pour rester, vous êtes des nôtres.

Anna jeta un coup d'œil aux autres survivants qui écoutaient derrière lui puis fixa Rick dans les yeux.

- On reste.


La trame de fond de mes deux saisons s'installe un peu dans ce chapitre, et ce n'est qu'une gentille petite mise en bouche aux horreurs qui suivront ! Comme toujours, j'adore vos reviews, merci pour toutes celles que vous m'avez laissées je suis vraiment gâtée !