C'est en affrontant l'horreur qu'Angie et Anna ont gagné leur place au sein du groupe de Rick, mais derrière cette bonne nouvelle, une ombre menaçante plane sur leur nouveau camps. La femme folle retrouvée la veille hante Anna qui ne trouve pas le sommeil... (le titre du chapitre est une référence à une série, à vous de laquelle, réponse en bas du chapitre ;)


Chap 6

The Lady And The Bear

Les deux jeunes femmes virent quelques sourires se dessiner derrière le leader. Ils avaient l'air franc, apparemment tous contents que les deux sœurs aient fait leurs preuves et restent parmis eux. Même Michonne. Sauver Carl Grimes avait été leur ticket d'or pour être des leurs.

Tous sortirent de la chambre que les deux françaises s'étaient appropriées. Spacieuse, dotée de deux lits qu'elles rapprochèrent afin de dormir ensemble. Les matelas étaient de loin les plus agréables et confortables qu'elles avaient connu ces deux dernières années. La journée finissait bien, pour une fois depuis bien longtemps.

Angie s'endormit la première, sa petite sœur assise à ses côtés, lui caressant tendrement ses longs cheveux roux.

Anna regardait le visage de sa sœur, elle ne put s'empêcher de penser que les années ne la rendait que plus belle encore, malgré la laideur de ce qui l'entourait à présent.

Celle-ci ressemblait beaucoup plus à leur mère, ayant tiré d'elle son doux visage et ses yeux gris, ses pommettes rondes également.

Leur mère lui manquait beaucoup. Leur manquait beaucoup, même si à l'époque rien n'était facile.

Anna se souvenait de ces nombreuses disputes à la maison, les murs qui résonnaient aux noms d'oiseaux balancés à tout bout de champ. Les conflits commencèrent lorsqu'Angie arriva à l'adolescence et affirmait son caractère devant leurs parents. Elle ne supportait pas d'entendre leur mère lui faire des reproches et lui donner des conseils alors que celle-ci passait la majorité de son temps à son cabinet d'avocat et ce, depuis la naissance de sa première fille.

Leur père n'était pas plus présent, il n'assistait même plus aux débats houleux mère-fille, préférant se retrancher dans son bureau quand il ne travaillait pas directement au siège de son entreprise.

Anna préféra, à l'époque, passer son temps dans les bouquins d'histoire. Elle ne comprenait pas vraiment les idées de leur mère, ni le comportement de sa sœur, bien qu'elle en restait très proche. Elle savait que certaines personnes, même de la même famille, ne devaient probablement pas vivre sous le même toit, cela devenait nuisible au quotidien. Mais maintenant… maman devait lui manquer atrocement, pensait la cadette.

Le temps passait mais la jeune femme ne trouvait pas le sommeil, se rasseyant tous les quarts d'heures en soufflant de désespoir. Elle repensait à cette femme assise et murmurant plusieurs choses incohérentes de tout à l'heure. Comment se faisait-il qu'elle fut ici, seule, se balançant d'avant en arrière et ne cherchant même pas à trouver une compagnie vivante pour l'aider. Pourquoi ? Les fous sont fous pour une raison, qu'attendait-elle ? D'où venait-elle ?

Anna se leva doucement et sorti du lit. Elle prit sa machette sur elle, remettant également ses chaussures et son gilet.

En sortant de la chambre, elle trouva Maggie, Tara et Tyreese un peu plus loin près du coin des infirmières, ils étaient de garde cette nuit, en attendant de pouvoir nettoyer tout l'hôpital. Elle s'avança vers eux, Tara lui tendit spontanément un bout de bœuf séché. Anna refusa de la tête, lui adressant un petit sourire.

- Est-ce que quelqu'un veut aller dormir ? Je n'y arrive pas.

- J'y vais, répondit finalement Maggie.

La silhouette de la jeune femme disparue dans la chambre juste en face.

- Je reviens, décida la plus jeune, je vais faire une ronde.

Anna était curieuse et ne voulait pas en rester là, frustrée de ne pas comprendre. Sa main restant fermement accrochée à sa machette, elle s'aventura dans le couloir longeant sur la droite. Tout le monde l'avait déjà vérifié, elle ne craignait pas grand-chose, mais elle se souvenait de sa sœur lui répétant à quel point il fallait toujours avoir son arme à portée de main. Elle abdiqua.

Une énorme porte fenêtre se tenait au bout du couloir, laissant celui-ci éclairé grâce à la lumière de la lune. La jeune femme y arriva et tenta de l'ouvrir, mais celle-ci restait bloquée. Dehors se tenait un petit balcon avec un escalier au bout, la menant à l'étage inférieur ou supérieur. Elle voulait aller voir.

Sa persévérance allait finir par lui briser les doigts, heureusement la porte s'ouvrit sous sa force avant que cela n'arrive. Elle sourit, fière d'elle. Un grincement aigu accompagna l'ouverture de la porte vitrée, signe de la rouille qui s'y installait. Elle essaya de la refermer derrière elle, laissant un léger passage pour repasser en urgence. Juste au cas où.

Elle regarda un instant autour d'elle. Les bâtiments de cet hôpital étaient tous relativement énormes et ils pouvaient tous s'y installer tranquillement pour un bon moment.

Un petit goût de bien-être lui traversa le corps. Peut-être était-ce la fin du cauchemar, tout du moins, le début des certaines solutions. Tout irait bien pour elles maintenant. Elles devaient juste faire en sorte que son secret ne soit jamais, au grand jamais, dévoilé. Les autres n'allaient pas apporter attention au fait qu'elle ait survécu, ils penseront rapidement qu'eux également pourraient survivre, voilà ce qui effrayait le plus Anna. Devenir un cobaye, un sujet de laboratoire étudié et torturé. Elle ne savait pas pourquoi cela lui arrivait à elle ou si tout ca arriverait aussi à Angie, si ca venait d'elles, de leurs gênes. Tout ce qu'elle savait maintenant, c'est que les autres voudraient faire d'elle une expérience et se raccrocheraient tous à elle en guise d'espoir. Elle ne souhaitait pas devenir l'attraction première, ni même l'espoir de certaines personnes.

Elle ne s'attarda pas plus longtemps sur ce balcon et se dirigea vers l'escalier. Le premier étage était clean, en tout cas dans ce bâtiment. Les rôdeurs n'animaient pas beaucoup l'hôpital, elle n'espérait d'ailleurs pas en trouver. Elle se décida finalement pour le troisième étage.

Celui-ci aussi comportait uniquement une porte vitrée, au bout du balcon. Elle l'ouvrit avec autant de difficultés que l'autre, rentrant dans un couloir encore plus sombre qu'à l'étage du dessous. Les murs portaient encore des traces de sang noirci avec le temps, des tas de papiers traînaient encore sur le sol, comme à tous les étages. Les gens s'étaient enfuis en courant, laissant tout derrière eux, certainement des vies humaines également. Mais pas de cadavres devant elle, justes des portes numérotées fermées. Des chambres. Un écriteau au sol indiquait le service de cardiologie.

Anna avançait lentement, surveillant le bruit de ses semelles cognant le lino. A sa droite se tenait une porte où elle reconnut le mot « Réserve ». Elle pourrait probablement trouver quelques choses là-dedans, de la nourriture, des médicaments, de l'eau.

Sa main tourna doucement la poignée, ouvrant la porte au même rythme. Elle siffla et attendit une réaction, mais rien ne semblait vouloir l'attaquer par ici. Elle ne put s'empêcher de sourire une énième fois, voyant plusieurs boîtes de divers médicaments se dresser devant elle sur des étagères. Jackpot.

Elle attrapa son sac plié qu'elle laissait toujours dans une poche de son jean et le remplit d'anti douleurs en tout genre et autres dont elle ne connaissait même pas l'utilité. Quelques bandages, des seringues et petites pilules destinées aux problèmes intestinaux. Un petit rire lui échappa. Aller aux toilettes était aussi devenue une des pires choses à faire, ces derniers temps.

Elle continua de remplir son sac entièrement. La pièce ne regorgeait pas de grands trésors, elle en sorti calmement, refermant la porte derrière elle. Ses yeux commençaient à se faire à l'obscurité, bien qu'elle prenait sa petite lampe de poche avec elle à tout instant.

Il ne lui restait plus qu'à avancer.

Ici rien ne laissait à penser qu'il y avait une quelconque vie humaine. La femme dans cette chambre n'aurait pas pu rester dans cet hôpital sans rien faire bien longtemps, alors d'où venait-elle et comment ? Anna voulait savoir, personne ne semblait avoir prêté attention à ça autant qu'elle.

- C'est qui ? S'éleva soudainement une voix masculine.

La jeune femme sursauta, posant instinctivement la main sur son cœur, battant la chamade. Elle ne voyait pas non plus la personne s'adressant à elle, cependant elle crut reconnaître sa voix.

- C'est Anna, dit-elle faiblement. Tu m'as fait peur !

Daryl s'avança enfin à sa hauteur de façon à voir son visage. Des cernes prononcés creusaient ses yeux, il ne donnait pas l'air de chasser quoi que ce soit ici. Juste airer, comme si le danger ne représentait rien.

- Tu changes d'étage pour fumer tes clopes tranquillement ? Essaya-t-elle de plaisanter.

Elle ne reçut rien d'autre qu'un regard indescriptible qu'elle interpréta comme de la lassitude.

Ce type ne savait sans doute plus vraiment rigoler, pensait-elle. Elle resta quelques instants là, inerte, à le regarder.

- Est-ce que… Elle commença, hésitante. Tu y penses, toi aussi ? Je veux dire, à cette femme… Comment pouvait-elle être là ? Et pourquoi ? Je me demandais si d'autres personnes pouvaient être là, comme ça…

- Y'a rien par-là, dit-il en lui indiquant le couloir derrière lui.

- L'hôpital est immense. Tu l'as vu, comme moi, et elle n'avait rien de normal.

- Et alors ? Tu lui as mis une balle dans l'crâne de toute façon.

- Ma présence a l'air de t'emmerder, souffla-t-elle, agacée.

Il ne fit que hausser les épaules, la bousculant pour aller de l'autre côté.

La brune ne savait pas vraiment comment réagir face à ça. Elle se demandait même s'il avait été civilisé, un jour. Peut-être se préparait-il à ça depuis toujours, il devait être le genre de taré survivaliste à n'adresser la parole qu'à ses semblables. Peut-être vivait-il avec des ours et des loups, avant tout ça, il devait dormir sur de la paille et chasser tous les soirs pour nourrir sa mère et tous ses frères et sœurs.

Anna rigola seule dans le couloir, résonnant jusqu'aux oreilles de Daryl. Son imagination la poussait loin, souvent. Heureusement il ne lui restait presque plus que ça pour s'évader un peu.

- C'est quoi l'truc marrant ? ronchonna-t-il.

- Les ours te manquent ?

- Les quoi ?

- Je me demandais si tu vivais avec des ours avant. Dans la forêt, tout ça…

Il vint lui donner un coup sur l'épaule, la faisant rire un peu plus. Daryl lui redonna un coup, un peu plus fort. Elle ne pouvait s'empêcher de rire.

- Oh, aller, tu peux bien rire quand même…

- Y'a rien de drôle.

- Moi je te trouve drôle, répliqua la jeune femme.

Elle afficha un petit sourire, et tournant les talons jusqu'à la porte vitrée. Elle savait qu'Angie ne dormait pas bien longtemps et son absence serait remarquée bien assez vite.

Daryl resta là, la regardant s'en aller. Il ne faisait jamais confiance à personne, encore moins aux nouvelles personnes qu'il rencontrait. Rick disait qu'il fallait voir, faire confiance et ça ne lui arrivait pas tous les jours. Il s'étonnait de penser la même chose, n'étant pas particulièrement réticent à accueillir ces deux jeunes femmes. Après tout, elles avaient sauvé Carl.

Il décida finalement de la suivre, redescendant au deuxième étage lui aussi. Vers les bureaux se trouvaient toujours Tyreese et Tara, Michonne les avait rejoint. Cette dernière remarqua directement Daryl aux côtés d'Anna. La jeune française arriva vers eux, baillant.

- Je peux vous laisser quelques heures ?

- Vas-y je te relaye, assura Michonne.

Anna hocha la tête et lança un dernier regard vers Daryl avant de rejoindre la chambre où dormait toujours sa sœur.

Elle enleva rapidement ses chaussures et posa son sac plein par terre, puis courra sur son lit aux côtés d'Angie. Elle soupira d'aise en se glissant sous les draps, ravie d'avoir un matelas sous ses os. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres.

- Tu sais… Ce sont des gens biens, je crois. Je crois qu'on les a enfin trouvés. On n'est plus seules, toi et moi. Tu imagines… On pourrait compter sur eux, qu'ils nous surveillent, qu'ils nous aident et qu'on crée des liens, vivre avec les autres à nouveau. Enfin.

Elle s'arrêta un instant, cherchant ses mots.

- Daryl me fait penser à Francis. Parfois. Dans sa manière d'être, tu t'en rappelles… Boudeur et tellement renfermé. Ce type m'a déjà sauvé deux fois. Il sait ce qu'il fait. C'est cool. On a besoin de ce genre de personnes.

Angie dormait à poings fermés. Sa sœur lui embrassa la tempe et s'endormit finalement, bercée par sa respiration.


Alors la référence, c'était Game of Thrones et le titre original, The Bear and The Maiden Fair, celui où Brienne de Tarth se bat contre un ours. Sur le coup ça nous a fait rire...