Alors que Rick, Angie, Glenn et Maggie sont en mission, le reste du groupe retranché à l'hôpital se sait maintenant observé et doit prendre une décision, partir, ou attendre le retour du leader.


Chap 10

You're Lucky It's The End Of The World

Michonne affichait ce visage dur, celui qu'elle s'efforçait de cacher en présence des autres depuis quelques temps, ne voulant pas laisser transparaître son angoisse constante.

Avec le temps, les autres étaient devenu une nouvelle famille à ses yeux et l'idée qu'elle pourrait perdre à nouveau les membres de sa famille l'effrayait au quotidien. Mais qui est-ce que cela n'effrayait plus ? Qui arrivait à vivre dorénavant en n'ayant même plus la crainte de perdre qui que ce soit, à tout moment et n'importe où. Michonne ne voulait pas se montrer faible parce que cela reviendrait à les perdre tous, plus rapidement.

Elle ramassa le carnet et se retourna vers les deux autres.

- Je pense qu'on devrait s'en aller d'ici, la devança Anna en se rapprochant d'elle.

- Y'a pas moyen, pesta Daryl toujours sur les nerfs. Faut en parler aux autres à leur retour, Rick saura quoi faire.

- Est-ce que pour une fois tu pourrais essayer de prendre une décision par toi-même ? Cria presque la plus jeune, le regard dur. Ce taré aurait pu tuer Sasha !

- Oh ouais, je comprend le truc... Qui est la petite idiote qui lui a couru après ?

- Je ne voulais pas qu'il s'enfuit ! Cria-t-elle encore plus fort.

- Non, ni tomber sur un psychopathe qui aurait pu te tuer toi !

Daryl pointait son doigt sur Anna, les deux femmes voyant le visage d'un Daryl qu'elles n'avaient encore jamais vu jusque là. Son souffle restait fort, comme essoufflé et son ton était devenu dur, ne laissant pas la possibilité à la jeune française de répondre quoi que ce soit. Il ne se mettait pas souvent réellement en colère, préférant s'isoler lors des situations contrariantes. Michonne gardait le regard sur lui, essayant de le calmer légèrement.

- J'remonte, décida finalement la plus jeune.

Michonne et Daryl restèrent là un peu plus longtemps, l'un regardant le sol, l'autre le regardant lui. Michonne s'approcha, ouvrant le carnet sous ses yeux. Elle lui tendit, calmement.

- Il ne sait pas, chuchota-t-elle. Qui nous sommes. Ce que l'on fait.

Daryl finit par hocher légèrement la tête, reprenant le carnet et le fourrant dans sa poche. Ils remontèrent tous les deux en silence jusqu'au troisième étage, trouvant tous les autres là. Carl se précipita vers eux, inquiet.

- Qu'est-ce que vous avez vu ? Qui était à l'étage ?

- Un homme, le taré qui doit écrire toutes ces choses... répondit simplement Michonne.

- Putain, pourquoi est-ce que personne ne m'explique ? S'écria le plus jeune, les bras battant l'air.

- Ne parle pas comme ça, intervint soudainement Tyreese, revenant de la chambre où Sasha se faisait soigner.

- Qu'est-ce qu'on fait en attendant qu'ils reviennent ? Demanda Tara.

- On continue de surveiller, souffla Daryl. Et on approche pas le quatrième étage en attendant. On reste prudents et on sort toujours à deux.

Carl pouffa de mécontentement et s'en alla du côté opposé, pestant toujours sur les ordres des adultes. Il finissait par en avoir marre d'être souvent considéré comme un enfant, bien que les autres le mettait toujours au courant tôt ou tard, il voulait être une part de tout ça, le vivre pleinement. Qu'on ne le surveille plus, qu'on ne veille plus sur lui comme s'il ne pouvait pas prendre soin de lui-même, comme s'il n'avait encore jamais tué qui que ce soit ou pris de décision importante. Ses yeux croisèrent ceux d'Anna qui rassemblait plusieurs affaires sur son lit. Il ne prit même pas la peine de lui demander ce qu'elle faisait et s'en alla errer au deuxième étage, seul malgré les indications du leader remplaçant. Il adorait Daryl et tous les autres, mais bordel comme il espérait faire un peu à sa convenance, parfois.

Daryl et Michonne n'eurent à échanger qu'un léger regard avant que celle-ci ne se mette à suivre Carl dans ses fouilles. Elle ne pouvait décidément pas le laisser seul, plus aucun endroit n'était sûr à présent. Laisser le fils de Rick seul face au danger n'était pas envisageable, jamais. Ce gamin, elle l'aimait beaucoup trop pour ça.

Carol, qui portait toujours Judith, arriva près de Daryl avec un petit sourire comme elle savait si bien les faire. L'homme ne put s'empêcher de la suivre de son mouvement et tenta même une petite caresse sur la main de la petite fille qui gigota en retour.

- Que se passe-t-il Daryl ? Questionna Carol.

- J'le sens mal, y'a un truc pas clair.

Carol fronça les sourcils, sentant l'inquiétude la guetter sous les paroles de son ami. Daryl n'avait jamais été le genre de personne à mettre les autres en garde si rien ne le nécessitait vraiment. Après tout ce qu'ils connaissaient déjà, ce qu'ils avaient tous vu, Carol ne s'attendait plus à voir quelqu'un préoccupé autant que l'était Daryl, là, devant elle. Celui-ci laissait son regard dans le vide, hagard, comme touché par tout ce qu'il se passait. Carol savait, elle connaissait Daryl. Rien ne le détruirait plus que de perdre tout ce qu'il s'était construit, lui et les autres. Survivre ne signifiait rien si la seule fin possible devait se vivre seul, sans personne.

La femme aux cheveux grisonnants abdiqua et préféra le laisser un peu seul, retournant s'asseoir avec Judith.

Daryl souffla un moment, posant son arbalète sur le comptoir devant lui. La fatigue prenait place, doucement. Il parcourut les plusieurs couloirs de l'œil mais ne repéra pas tout le monde. Il s'avança vers la première chambre, ouvrit la porte.

- Tout va bien ?

- Oui, c'est une coriace, plaisanta Bob assit à côté de sa copine. Elle s'est endormit sous le choc.

Daryl hocha la tête et sortit de la chambre et fit de même dans toutes les pièces occupés par le groupe. En entrant dans la chambre des deux françaises, il haussa un sourcil devant le spectacle devant lui. Il étouffa un petit rire, faisant sursauter la jeune femme.

- Quoi ? Demanda-t-elle, agressive.

- Tu pars en vacances ? Essaya-t-il de plaisanter, sans conviction il le savait.

- J'veux survivre, commença-t-elle tout en pliant bagage. J'ai pas l'impression que c'est que tu veuilles, ou bien même les autres ! Ma sœur et moi ont n'est pas le genre de personne à rester au même endroit qu'un psychopathe...

- Tu penses vraiment que j'ai envie de crever ? Demanda-t-il, s'approchant d'elle jusqu'à sa hauteur, baissant le visage vers le sien. Ta sœur et toi vous êtes bien contentes de bénéficier de notre protection depuis deux mois, tu comptes faire quoi ? T'en aller et me laisser dire Angie que sa conne de petite sœur est un rôdeur errant quelque part ?

- Je survivrai, dit-elle convaincue.

- Tes conneries aussi je suppose, répondit-il en la regardant.

Anna ne se laissa pas démonter et ferma son dernier sac, enfilant son manteau. Daryl la stoppait à chaque mouvement, l'empêchant de sortir de cette chambre.

- Tu ne vas nul part ! Cria-t-il en lui attrapant les deux épaules.

- Mais tu comprends rien Daryl Dixon ? Cria-t-elle à son tour, le poussant aussi fort qu'elle put. T'es qu'un con ! Ma grande sœur est dehors depuis plus de vingt-quatre heures, un psychopathe nous observe depuis deux mois et j'ai comme l'impression qu'on va tour crever, bientôt. Laisses-moi passer maintenant !

- J'te laisserai pas aller au suicide petite idiote.

- Putain de merde ! S'écria une voix plus loin.


Glenn n'était pas vraiment convaincu de l'endroit. Cette vieille grande baraque aux faux airs de manoir ne l'enchantait pas tellement, mais Rick la trouvait intéressante. Ils pourraient probablement y trouver quelques boîtes de conserves et des médicaments.

La dernière maison n'avait rien donné, à part une dizaine de rôdeurs affamés eux aussi.

Voilà quelques heures qu'ils cherchaient dans plusieurs maisons, des magasins, des bars. Cette petite ville semblait ne pas avoir vu beaucoup de monde depuis le début de la fin du monde, peu d'impacts de balles et encore pas mal de nourriture dans les placards. Ils disposaient déjà de deux sacs bien remplis de vivres. Ils pourraient facilement tenir tous, deux semaines de plus avec ça.

Glenn se rappelait qu'avant, deux semaines ne signifiait pas grande chose. Aujourd'hui chaque jour de survécu était comme une douce récompense.

Ils ne vivaient que pour survivre un jour de plus. Également pour cette ravissante jeune femme aux grands yeux verts qui s'approchait de lui, pensa Glenn en souriant à sa femme.

- Tout va bien ? Demanda-t-elle tout sourire.

- Toujours quand t'es là, dit-il avant de l'embrasser amoureusement.

Un peu plus loin derrière eux, Angie ne put s'empêcher de sourire à son tour. Maggie lui parlait souvent de son couple avec Glenn, elle compris vite à quel point ces deux-là étaient devenus inséparables, comme des âmes sœurs.

Elle enviait parfois la relation de sa nouvelle amie. Pas pour le fait d'être avec Glenn, mais simplement pour avoir quelqu'un à qui parler lorsque tous les autres n'avaient rien envie d'entendre. Sa sœur occupait déjà ce poste à l'heure actuelle, mais quelque chose lui manquait, bien qu'Angie n'avait jamais été le genre de personne à quémander de l'amour ou l'attention des autres et particulièrement des hommes, elle savait qu'un attachement particulier lui manquait cruellement maintenant.

Ils marchèrent tous jusqu'à l'entrée de cette grande maison aux briques presque grises, Rick fermant la marche derrière Angie.

Il indiqua à Maggie et Glenn de passer par l'entrée principale, se dirigeant de l'autre côté du jardin pour entrer par la porte arrière, Angie le suivant.

Comme à leur habitude il donna quelques coups contre la porte, attendant un quelconque bruit survenir. Celui-ci ne tarda pas à venir, des crissements d'ongles se faisant entendre derrière la porte. Il lança un petit regard à Angie qui brandit sa hache, prête et sûre d'elle.

En l'espace d'un instant, ce fut presque avec légèreté qu'elle enfonça la lame dans le cou de sa victime dont le crâne fur projeté plus loin, son corps déjà décomposé tombant lourdement au sol. Rick essuya une petite trace de sang sur le front de la jeune fille en souriant, amusé.

Ils entrèrent dans ce qui semblait être une buanderie, une tonne de linge sale recouvrant le sol qu'on ne distinguait même plus. Angie se pencha vers un panier, récupérant une petite peluche en forme d'étoile de shérif. Elle esquissa un petit rire et tendit la peluche à Rick.

- C'est mon cadeau de noël pour Judith, dit-elle en rigolant un peu plus. D'avance, pour cette année.

- Je te remercie.

Il attrapa la peluche en souriant de plus belle, la tenant dans sa main en la fixant quelques instants. Il la caressa doucement, pensant à sa fille qui ne l'aurait définitivement jamais vu entant que shérif.

Son ancien métier semblait loin de sa vie actuelle, il ne savait dire si cela lui manquait ou non. Beaucoup de choses avaient changées depuis et un tas de choses ne se seraient probablement jamais produites dans son ancienne vie. Judith ne connaîtrait que ce père là, gardant ses enfants en sécurité coûte que coûte, qu'importe si cela devait lui coûter la vie d'un être vivant ou même plusieurs.

Heureusement, Rick tenait un point d'attache à passer de bons moments avec sa seule fille, la gardant contre lui certaines nuits, lui apprenant ce qu'il pouvait lorsque l'occasion se présentait. Il lui donnerait cette étoile de shérif directement à leur retour.

Maggie et Glenn nettoyaient le salon ainsi que la salle à manger, Angie se dirigea vers l'escalier, prévenant Rick au passage.

- Je vais voir l'étage, dit-elle avant de monter rapidement à celui-ci.

- J'arrive.

Rick tenait son Colt comme à son habitude, avec une certaine non-chalence et une souplesse dans le poignet, et il poussa la porte battante de la cuisine sa main libre.

Rien n'était vraiment en mauvais état, juste beaucoup de poussière un peu partout.

Il écarta quelques toiles de poussières pour fouiller dans les placards et trouva quelques denrées rares, notamment du chocolat qui raviraient Carl et Michonne. Il bourra quelques pistaches sèches dans sa bouche, les mâchant au rythme des pas d'Angie à l'étage. Les murs et sols ne devaient pas être bien épais.

Angie se surprit à tuer deux "enfants" rôdeurs sans avoir fait le moindre bruit, si ce n'était celui de sa hache fendant les crânes. La sensibilité était un sentiment qui devenait rare et qui pouvait coûter cher, alors elle fit comme si tout cela ne l'atteignait pas. C'était des rôdeurs, des dangers et rien d'autre.

La jeune femme essaya de ne pas s'attarder sur les morts devant elle, fermant la porte de la chambre sous ses pas. Elle posa une main sur la poignée, cela ne la touchait plus mais son imagination la poussait à se demander comment ces deux gamins en étaient arrivés là, à devenir rôdeurs dans la chambre de ce qui semblait être leur propre maison. Elle secoua la tête, chassant ses idées.

Elle regarda un peu partout dans les deux salles de bains et les nombreuses chambres. Elle récupéra deux livres d'histoire qui plairaient à sa sœur, elle savait que la cadette s'ennuyait beaucoup de ses journées, bougeant toujours à droite à gauche.

Glenn réceptionna la jeune femme en bas de l'escalier, un sac plein devant lui.

- Plein de munitions ! Il affichait un petit sourire.

- C'est cool, commença-t-elle alors que Maggie approchait. J'ai trouvé deux rôdeurs là-haut...

- Ça va ? Demanda Maggie, inquiète.

- C'était des gamins, pas d'adultes. C'est une grande maison et y'a plusieurs chambres à l'étage... Comment deux enfants sont restés pourrir ici ? Sans leurs parents...

Maggie baissa les yeux, comme cherchant une explication. Angie finit par hausser les épaules, attrapant le sac de munitions devant Glenn.

- Je t'aide ?

Ils finirent par sortir de la maison, ayant trouvés assez de choses pour pouvoir rentrer, ils ne devaient pas inquiéter les autres en restant dehors trop longtemps. Ils chargèrent la voiture de leurs trouvailles. Angie se tourna vers Maggie, lui donnant son sac.

- Vous m'attendez, je vais... pisser.

Maggie hocha la tête et monta la garde près de la porte d'entrée, laissant la rousse aller aux toilettes.

Angie couru rapidement afin de soulager son envie soudaine et pressante. Les toilettes y étaient salles et peu ragoutantes, elle eut presque envie de vomir en s'asseyant dessus. Elle se releva et entendit quelques coups contre la porte.

- J'arrive Maggie, rigola la jeune femme.

Elle essaya de trouver une petite serviette ou quelque chose pour se donner l'impression d'avoir les mains un minimum propres, entendant de nouveaux petits coups contre la porte. L'empressement de son amie la fit rire un peu plus.

- T'es vraiment chanceuse que ce soit la fin du monde parce qu'avant je tuais des gens sous prétexte qu'ils me dérangeaient à ce moment là tu sais, plaisanta-t-elle toujours autant en allant pour ouvrir la porte.

Les tappotements laissèrent place à des grognements sourds, la porte se poussa d'elle même, laissant la jeune femme faire face à une dizaine de visages morts et affamés devant elle.

Angie hurla instantanément, brandissant sa hache à la hâte et reculant sous leurs pas pressés qui se bousculaient vers elle. Ses mouvements restaient paniqués, donnant des coups de haches dans les airs devant elle et reculant de plus en plus sur tout ce tas de linge partout autour d'elle. Elle se prit les pieds dedans et tomba dans un cri, deux rôdeurs arrivant à sa hauteur.

Elle apperçut d'un coup d'oeil celui qui rampait jusqu'à elle et attrapait violemment sa chaussure sous ses cris désespérés. Il essayait déjà de mordre les bottes en cuir de la jeune femme alors qu'elle s'attelait à lui écraser le visage de ses coups de pieds paniqués. Sa hache se planta sauvagement dans le crâne du rôdeur qui tomba sur elle, les autres avançant un peu plus sur son corps allongé. Angie commençait réellement à paniquer, sentant des mains partout sur elle.

- Putain, putain, putain, ne cessait-elle ne répéter sous le poids des rôdeurs s'entassant de plus en plus sur elle.

Aucun n'atteignait encore sa chair et de sa main libre, elle essayait d'en tuer quelques uns. Elle sentit un petit pincement sur sa cuisse droite, lui donnant un regain d'énergie sous l'angoisse de la potentielle morsure. Pas maintenant, pas comme ça, elle ne pouvait pas mourir et laisser Anna.

- Angie ! S'écria une voix qui lui semblait beaucoup trop loin.

Elle continuait de se débattre, des larmes de rage parcourant maintenant son visage. Ses dernières forces tentaient de repousser ce rôdeur devant elle, la gueule grande ouverte et les dents claquants tellement fort qu'Angie s'entendait plus que ça. Elle retenait son crâne de ses deux mains, enfonçant ses doigts lentement dans la chair en décomposition de la créature devant elle.

- Angie ! Retentit encore une fois la voix.

Elle sentit enfin la force exercée sur son corps et les pressions qui la quittaient peu à peu. Les yeux pleins de larmes et le visage rouge, elle persista à reculer cette mâchoire qui n'était plus qu'à une dizaine de centimètres de son visage. Elle savait qu'elle ne tiendrait pas bien longtemps.

- Angie ! Angie ! Entendit-elle à nouveau.

Dans un dernier espoir elle poussa une dernière fois son corps du sien, celui-ci s'envolant plus facilement qu'elle ne l'espérait. Le visage de Rick apparut devant le sien, les mains du leader attrapant le visage d'Angie pour la calmer.

- Tout va bien, dit-il en la regardant droit dans ses yeux embuées. Tout va bien.

Angie restait sous le choc, ses larmes continuant de couler sur ses joues diaphanes. Rick pressa les joues de la jeune femme de ses grandes mains, essuyant l'eau salée sous ses doigts. Il voyait les yeux paniqués d'Angie, ses mains tremblantes.

- Tu as été mordu ? Demanda-t-il d'un ton hésitant.

La rousse tourna la tête de gauche à droite, se mordant les lèvres d'avoir encore peur.

- Je ne te laisserai pas mourir, chuchota-t-il finalement en la serrant dans ses bras. C'est une promesse. Je suis là maintenant.

Angie se contenta se nicher un peu plus son visage dans son cou, tremblant toujours autant, elle inspira profondément et l'odeur du shériff, la chaleur qui s'en dégageait, la calmèrent.

Les rôdeurs étaient tous à terre autour d'elle, l'un ayant encore le bout de sa chaussure dans entre les dents.

Rick caressa calmement son dos pour la rassurer. Il ne lui semblait pas avoir vu Angie en telle détresse depuis qu'ils se connaissaient, il ne se souvenait pas l'avoir déjà vu aussi près de la mort. Cette idée glaça le sang de Rick. Lui non plus n'en pouvait plus de perdre tout ses proches, Angie ne pouvait pas mourir. Pas une de plus.

Il aida Angie à se relever doucement et la sortit de la pièce, Maggie et Glenn attendant au pas de la porte. Tous les deux abdiquèrent directement au regard de Rick et prirent les devant pour retourner vers la voiture, le leader continuant de soutenir la jeune femme qui ne s'en remettait pas vraiment. Elle avait déjà vécue des attaques avant, mais jamais elle ne s'était sentie autant prise au piège, aussi vite, aussi facilement, sans sa sœur à quelques mètres.

Ils sortirent de la maison, Angie pouvait distinguer des rôdeurs arrivant au loin. Son visage s'affaissa, elle serra inconsciemment la main de Rick un peu plus fort dans la sienne.

- Viens ma belle, l'invita Maggie en arrivant à la voiture.

Angie lâcha Rick qui se dirigea vers la place conducteur. Elle se retourna vers lui avant de monter en voiture.

- Merci, lâcha-t-elle après hésitation.

- Je te l'ai dit, commença-t-il tout en ouvrant sa portière. On est une famille.


Rick garda les yeux plissés pendant tout le trajet. La journée prenait fin, voilà un peu plus d'une heure qu'ils avaient prit la route du retour. Angie gardait le regard hagard et tous pensaient à la même chose. La mort les guettait, tout le temps.

L'hôpital était maintenant à portée de vue et tous les quatre frolèrent l'arrêt cardiaque en voyant ce qui se produisait devant eux.

Angie porta instinctivement la main à sa bouche, étouffant un gémissement de peur. Glenn ne savait plus où regarder, Rick arrêta directement la voiture, appuyant sévèrement sur le frein.

- Merde, s'exclama-t-il.

Devant eux, l'hôpital était encerclé d'une centaine de rôdeurs se bousculant les uns les autres près des bâtiments.


Superbe chapitre de ma co-ecrivaine en herbe, qui m'avait laissée sur le cul, alors vous comprendrez que pour le chapitre 11 il a fallu que j'envoie du lourd à mon tour. Du très très lourd. Merci pour toutes vos gentilles reviews, que malheureusement elle ne voit pas, mais je suis sure qu'elle les apprécierait autant que moi...