Mon chapitre préféré de cette saison, que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire et qui envoi du pâté (de campagne) et je dois avouer, sans vouloir me lancer des fleurs que j'en suis très fière. C'est l'avantage d'écrire à deux, les attentes et le niveau de l'autre vous pousse à vous surpasser.

Rick, Angie, Glenn et Maggie rentrent d'une difficile mission qui a bien failli tourner au drame, pour retrouver leurs compagnons cernés par les rôdeurs, piégés dans l'hôpital... Mais c'est loin d'être ce qui leur arrivera de pire dans ce chapitre. Et on commence avec un petit flashback post-apo !


Chap 11

Christine

La patience n'était pas le point fort d'Angie et elle poussa un long soupir en tapant impatiemment du pied, lorsque pour la millième fois en une minute, elle jeta un coup d'œil nerveux au tableau d'affichage qui s'obstinait à lui annoncer que leur vol pour Miami était retardé.

Angie mourrait d'envie d'aller se dorer au soleil et de boire des mojitos avec sa sœur.

Ce voyage, elles l'avaient attendu et enfin elles allaient pouvoir profiter de ce temps ensemble, dans un pays totalement inconnu dans lequel la jeune fille rêvait d'aller depuis toute petite.

Elle n'en pouvait plus de l'atmosphère étouffante des repas de famille où ses parents la toisaient en silence d'un air réprobateur.

Bien sûr ils auraient aimé que leur fille aînée soit avocate ou chirurgienne mais Angie avait préféré partir sur des voies plus hasardeuses et son salon de tatouage ne convenait pas du tout aux attentes parentales.

Pourtant elle n'avait jamais été aussi heureuse et épanouie qu'en exprimant son art et elle espérait bien profiter de ce voyage pour rencontrer des collègues locaux, et étendre son réseau aux USA était une opportunité en or.

Anna quand à elle, était plus une littéraire. Elle dévorait toute sorte de livres et elle était incollable en histoire. Leurs parents l'imaginaient déjà conservatrice de musée, et s'attelaient avec beaucoup de soin à placer tous leurs derniers espoirs dans leur cadette en faisant jouer leurs très nombreuses relations.

Elles s'étaient prévu tout un tour des États-Unis et le programme était chargé, alors ce contre temps contrariait fortement Angie. Elle avait beau adorer les voyages, le timing la stressait toujours.

Elle regarda vers la librairie où Anna était partie faire le plein de lecture et vit sa sœur revenir les bras chargés de magazines et de livres.

Elle avait acheté pas mal de friandises, des bouteilles de cola et de thé glacé. Elle tendît le sac qui les contenaient à sa sœur.

- Tiens, de quoi patienter.

Angie fourra une main dans le sac pendant qu'Anna s'asseyait à coté d'elle et commençait déjà à feuilleter un magazine sur Marie-Antoinette, dont elle savait déjà tout. Elle tira au hasard un gâteau typiquement américain au beurre de cacahuète, l'envisagea un instant puis le reposa dans le sac d'un air contrit, l'estomac trop noué pour manger quoique ce soit.

- Tu as appelé maman ? Demanda-t-elle à Anna.

Sa cadette secoua la tête sans lâcher son magazine des yeux.

- Non. Pour qu'elle me dise encore qu'elle désapprouve fortement ce voyage et que j'aurai mieux fait de prendre ce stage de restauration au Louvre... Non merci.

Elle tourna une page d'un geste vif. Contrairement à sa sœur, elle semblait parfaitement détendue.

Dehors, des trombes d'eau s'abattaient sur l'aéroport de JFK et Angie regretta de ne pas avoir vu New York sous une météo plus clémente.

Elle regarda à nouveau le panneau des départs et remarqua que beaucoup d'autres vols étaient également retardés. Elle jeta un regard circulaire dans le hall d'attente et vis un petit groupe de personnes attroupées devant une télé accrochée en hauteur.

- Je reviens, dit-elle a sa sœur en se levant.

- Hein hein, répondit Anna plongée dans sa lecture.

Angie traversa les rangées de sièges où patientaient les autres passagers qui attendaient leur vol. Certains lisaient ou parlaient entre eux, d'autres dormaient, allongés sur plusieurs sièges.

Un vieil homme avait l'air mal en point, il toussait, grelottait et sa femme, assise à ses cotés faisait ce qu'elle pouvait pour soulager son époux. Sûrement cette épidémie de grippe qui semblait plus virulente que les années précédentes.

Elle lu l'inquiétude lorsqu'elle croisa les yeux de la femme et détourna le regard, passant son chemin vers la télévision.

Il y avait encore un peu plus de monde qu'un instant auparavant quand Angie arriva enfin à portée d'image et de son. Aux infos, on annonçait un flash spécial.

- « La mystérieuse maladie apparue dernièrement en Asie vient de prendre un tournant majeur, en effet plusieurs cas avérés et confirmés par les autorités on été recensés aujourd'hui sur le sol américain, dans plusieurs pays Européens ainsi qu'au Japon. Certains hôpitaux sont pris d'assaut par une population paniquée et les équipements ne permettent pas d'accueillir tous les patients, atteinds ou non qui se présentent aux urgences dans tout le pays. Nous retrouvons en direct notre envoyé spécial au Mémorial Hospital d'Atlanta où plusieurs cas ont été reportés hier soir. »

Un journaliste apparût à l'écran, il semblait se tenir dans l'entrée des urgences et tout autour de lui courraient médecins et infirmiers. Angie ne s'attendait pas à voir ce qu'elle vit, les gens qui regardaient avec elle arrêtèrent de respirer, horrifiés.

Les portes vitrées de l'hôpital étaient closes et derrières elles les gens tapaient et hurlaient pour entrer. Le personnel, paniqué par cette foule déchaînée, semblait ne plus savoir quoi faire d'utile et ils courraient dans tous les sens.

- « Ce qui c'est passé ici en quelques heures est indescriptible et je ne sais pas par où commencer. Hier, une cinquantaine de personnes sont arrivées suite à une attaque dans un cinéma, quelqu'un les aurait mordu alors qu'ils tentaient de raisonner cette personne.

Ils ont très rapidement présentés des symptômes telles que de fortes fièvres et une violente toux. Tard dans la nuit plusieurs patients sembleraient être décédés suite à leur fièvre mais, fait invraisemblable, ils seraient tous revenus à la vie dans un état que les médecins ici ont qualifiés de folie cannibale, et auraient blessés plusieurs membres du personnel.

Cependant les médecins continuent d'affirmer que les patients sont bels et bien morts et qu'aucun signe vital ne pourrait permettre de croire le contraire.

La Maison Blanche et la direction de l'hôpital ont conclu ensemble que tout le bâtiment, patients et personnel compris, devaient être mis en quarantaine et refuser l'admission de plus de cas similaires. La FEMA, le CDC et l'armée se dirigent vers nous pour prendre la situation en main et la population d'Atlanta est invitée à garder son calme, à rester chez elle et à éviter tout déplacement qui ne serait pas vital. Le président devrait faire une intervention dans les deux prochaines heures... »

Derrière lui un cri retentit. La caméra se tourna, floutant complètement l'image mais Angie et les autres téléspectateurs comprirent largement les images qui se déroulaient sous leurs yeux. Un homme au regard vitreux et à la démarche mal assurée venait d'attraper une femme et il enfonçait ses dents dans la chair de son cou.

Malgré tous les cris des gens à la télé et les souffles d'horreur des gens autour d'elle, Angie entendait les hurlements de la femme qui se vidait de son sang, la gorge dévorée par un autre être humain.

A ce moment la caméra coupa et l'image revint sur la présentatrice qui semblait être devenue livide.

Angie sortit de la foule qui s'était peu à peu amassée autour de l'écran et couru rejoindre sa sœur. Anna était debout, rassemblant leurs affaires et sourit à sa sœur quand elle la vit approcher.

- Ça y est l'embarquement à enfin commencé ! Tu vas pouvoir te détendre !

- J'en suis pas si sûre... Anna, on devrait passer un coup de téléphone en France...

- A qui ? Aux parents ? Je t'ai dit que ça me saoulait...

- Non pas forcément... A qui tu veux, juste pour savoir si ça va.

Anna la regarda de travers.

- Et tu me dis ça juste au moment où on va embarquer alors que ça fait quatre heures qu'on est là ! Tu sais on aura qu'à faire ça quand on atterrira à Miami, j'appellerai Francis, Ok ? Je sais que tu as un grain mais tu arrives encore à me surprendre tu sais.

Angie capitula et décida de raconter ce qu'elle avait vu à sa sœur une fois dans l'avion au calme et les idées claires, mais en s'avança dans la queue pour embarquer, elle remarqua le vieil homme malade et sa femme, un peu devant elles. Son imagination prit le dessus et elle se demanda ce qui pourrait bien se passer dans un avion si quelqu'un commençait à vouloir dévorer tout le monde.

Angie secoua la tête, elle ne pouvait quand même pas devenir paranoïaque à ce point là, après tout, les vieux monsieurs sont très souvent malades, ça ne voulait rien dire. Elle ferma les yeux mais elle n'entendait plus que ça, sa respiration difficile et ses quintes de toux. Tout son être, tout son instinct lui disait de ne pas monter dans cet avion, qu'il ne fallait pas prendre ce risque.

Elle attrapa sa sœur par le bras et l'entraîna brusquement hors de la file d'attente en l'emmenant à l'écart près des téléphones fixes.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? Arrête ! S'écria Anna.

- On ne prend pas cet avion.

- Quoi ? Mais...

Angie décrocha un téléphone, fourra sa carte de crédit dans l'automate et lui tendis le combiné.

- Appelles ton mec, maintenant.

Anna prit le téléphone en fixant sa sœur, stupéfaite.

- Tu peux m'expliquer ? Ça va te coûter une blinde en plus !

- S'il te plaît Anna, appelle le.

La petite brune composa le numéro puis attendit en regardant Angie, l'œil circonspect.

- Allô... Oui, c'est moi... oui ça va, on va embarquer pour Miami là, enfin je crois... Tout va bien ?

Anna fronça les sourcils et Angie retint son souffle, toute son attention concentréesur les expressions de sa sœur.

- Arrêtes Francis t'es pas drôle, tu as trop joué à Resident Evil, si c'est pour que tu me racontes des conneries je vais plus t'appeler de tout le voyage !

Angie lui arracha le combiné des mains et Anna sembla enfin sentir que quelque chose n'allait pas. Son cœur se mit à battre beaucoup plus fort.

Quand sa grande sœur raccrocha, elle vit pour la première fois cette expression sur son visage, cette expression qui ne l'avait plus jamais quittée après cet instant. La peur et l'inquiétude.

- Dis moi... Demanda Anna tout se disant tout au fond d'elle qu'elle ne préférerait peut-être pas l'entendre.

- C'est une maladie... C'est fou à dire mais c'est comme...

- … Des zombies ?

Angie hocha la tête.

- Et la France ?

- Ils ont des cas, en deux jours ça a explosé et le gouvernement va appliquer la loi martiale.

Le visage d'Anna s'effondra.

- Il y a des milliers de morts, continua Angie.

La plus jeune regarda autour d'elle et bien que tout semblait encore calme et normal dans l'aéroport, la panique serra son sœur et elle sentit la pesanteur du calme avant la tempête.

- Il faut quitter la ville, dit-elle.


Angie se redressa sur son siège et sa main trouva celle de Maggie qui la serra aussi fort qu'elle pu.

- Anna !

Rick serra le frein à main, défit sa ceinture en toute hâte et alla chercher les fusils qu'ils avaient emmenés et trouvés sur place. Il les distribua alors que les ses trois compagnons sortaient de la voiture sous une pluie battante.

- Ils sont beaucoup trop nombreux ! S'écria Glenn.

- On les prends à revers à travers le grillage, expliqua Rick. Ça leur donnera peut-être une chance. S'ils s'approchent trop on décampe en voiture et on les attire plus loin.

Il regarda Angie.

- Ça va aller ?

Elle hocha la tête.

Un coup de feu retentit dans l'hôpital, puis plusieurs rafales. Du haut du premier étage, leurs compagnons pris au piège tiraient depuis les fenêtres.

- On y va, cria Rick, on les prends en tirs croisés !

Ils se précipitèrent derrière le grillage, ajustèrent rapidement leur arme et ouvrirent le feu sur la horde regroupée dans l'enceinte de l'hôpital.

Ils tombaient par rangées et les corps s'amassaient les uns sur les autres. A chaque éclair qui frappait le sol, on pouvait distinguer un peu moins de rôdeurs mais ceux qui restaient leur échappaient totalement.

Dans le noir, ils tiraient un peu au hasard et le vacarme des tirs croisés et de l'orage avait fini par affoler les créatures qui s'éparpillaient dans toutes les directions. Les tireurs du premier étage étaient bien plus efficaces mais ils n'avaient pas beaucoup d'armes et ils tombèrent vite à court de munitions.

L'absence soudaine de coups de feu dans l'hôpital attira l'attention de la trentaine de rôdeurs qui restaient sur les quatre tireurs postés derrière la grille et ils avancèrent dans leur direction.

- Ils arrivent ! Cria Maggie sa voix couverte par le bruit de la pluie.

Rick tira un dernier coup de feu avec son Colt après avoir balancé son fusil d'assaut vide à ses pieds et il courut le long de la clôture vers la barrière d'entrée du complexe.

Au même moment, Michonne jaïssait par la porte d'entrée et dégagea le passage pour les compagnons qui la suivaient. Rick se lança à l'assaut, armé de son pistolet et d'un démonte-pneu, suivi de Glenn, Maggie et Angie.

Ils étaient tous dehors à se battre en corps à corps et Angie se surpris à sourire en pulvérisant le crâne d'un rôdeur, se demandant si jamais, dans son ancienne vie, elle aurait un jour pensé se battre comme ça.

Elle avait frôlé la mort deux heures plutôt et avait cru un instant ne jamais s'en remettre et elle se trouvait à nouveau face à elle à ce moment précis mais cette fois, c'était différent. Elle comprit ce que devait ressentir un soldat sur un champ de bataille et pourquoi il partait avec tant de hargne et de certitudes à la mort.

L'adrénaline collective.

Elle aperçu Anna qui fendit la tête d'un rôdeur en deux avant de le repousser en arrière avec le pied. Il n'y avait aucune peur dans ses yeux.

Très vite les rôdeurs perdirent la bataille et une fois de plus, les humains pourraient survivre un jour de plus.

Rick se tourna Daryl et frappa dans sa main.

- Où est Judith ? Elle va bien ?

- Ouais, Tyreese à enfermé la p'tite dure à cuire dans un placard, on avait besoin de tout le monde en bas alors elle est a l'abri.

Rick paru un instant surpris de cette solution mais il ne se formalisa pas et allait quitter Daryl pour rentrer voir sa fille quand ce dernier le retint.

- Il s'est passé des trucs Rick, ici. Va falloir qu'on parle tous ensemble.

Le leader hôcha la tête et disparu dans l'hôpital. Daryl alla aider ses compagnons à achever les rôdeurs qui étaient tombés sans être totalement vaincus.

Anna vint vers sa sœur et la prit dans ses bras.

- Tu vas bien ? Demanda-t-elle.

Angie sourit.

- Une fois de plus je dois ma vie à Rick... Ça va devenir embarrassant à force !


Une fois rentrée et sèche, avec des vêtements propres et chauds, Angie n'eut qu'une envie, s'allonger et dormir en sachant sa sœur juste à coté mais Rick et Daryl en avaient décidé autrement et avaient organisé une réunion pour faire un debrief des derniers événements.

Quand Anna et Angie les rejoignirent, le leader était assis un peu en hauteur, sur une table, avec sa fille dans ses bras et Carl debout à coté de lui. Maggie était assise en tailleur par terre, sa tête posée sur l'épaule de Glenn, les yeux perdus dans le vacillement d'une flamme de bougie. Elle semblait épuisée. Carol et Tyreese discutaient à voix basses, non loin de Bob et Sasha, laquelle était toujours blessée à la tête. Tara était assise en silence, les bras autour de ses genoux, et Daryl et Michonne venaient de les rejoindre.

Ces derniers racontèrent avec un maximum de précision ce qui c'était passé durant l'absence de leur chef et Rick prit un air grave.

- On ne peut pas rester ici, commença Carol, l'homme qui a fait ces choses est toujours vivant et il sait où l'on est. Il fait des expériences sur des femmes, des femmes enceintes et des bébés, imaginez ce qu'il ferait de Judith, on DOIT partir.

- J'suis pas d'accord, intervint Daryl. Ce mec est tout seul, je préfère tenter ma chance ici avec un seul gus qu'avec des millions de geeks dehors. Enfin, cet homme est clairement dérangé, il connaît bien les lieux et visiblement il entre et sort sous notre nez depuis deux mois !

Rick les observaient et écoutaient leur point de vue avec intérêt mais il ne se prononçait pas.

- Il nous a observé, dit Michonne, il connaît nos habitudes, nos armes, nos vivres, nos faiblesses. Il pourrait nous tuer un par un pendant nos rondes. Je ne voudrai pas avoir à faire à deuxième gouverneur. Un m'a suffit.

- Vous voulez fuir comme des lâches ? Demanda finalement Rick.

Un lourd silence se fit. Ils savaient déjà tous la décision de leur chef. Il avait beau toujours placer la vie de ses proches avant tout, il ne supportait pas l'injustice et ses expériences passées lui avaient apprises qu'un bon ennemi est un ennemi mort.

- Si on fui, reprit-il, dans le meilleur des cas il s'en prendra à quelqu'un d'autre et on l'aura tous sur la conscience ! Dans le pire des cas, s'il nous a observé et qu'il nous connaît, s'il est aussi psychotique qu'il y paraît, il nous retrouvera. Tu as raison sur une chose Michonne, on ne peut pas revivre un nouveau gouverneur et je ne ferai pas deux fois la même erreur ! La dernière fois, on s'est caché derrière nos murs, et on a perdu Hershel!

Au souvenir de son père, Maggie baissa la tête et Glenn l'étreignit.

- Il n'y a qu'une seule bonne solution, conclut Rick.

Daryl semblait d'accord avec lui mais les autres regardaient le sol pour ne pas montrer leur déception et leurs peurs. Mais personne ne vint le contredire, ils avaient confiance en Rick et ils étaient tous très bien placés pour savoir qu'il ne reculerait devant rien pour les protéger.


Les jours suivants, ils renforcèrent les rondes et mirent en suspend les sorties de ravitaillement.

Ils avaient déblayé la cour de tous les cadavres qui s'y étaient entassés et les avaient brûlés dans les bois alentours afin de ne pas attirer les rôdeurs des environs vers l'hôpital.

Angie était dans sa chambre avec Anna et elles profitaient d'un moment de calme. La cadette lisait un livre pour la troisième fois et l'aînée griffonnait sur un mur.

- Tu ne penses pas qu'on devrait avoir nos chambres séparées ? Demanda la plus jeune.

- Avec ce malade dans les environs, certainement pas. Quand tu seras grande peut-être. Et puis pourquoi tu voudrais me quitter ?

Anna haussa les épaules.

- L'intimité ? Par exemple.

- Genre je suis envahissante... Et puis on a partagé le même utérus, ne viens pas faire ta prude !

- Tu vois c'est pour ce genre de remarques que je voudrais une chambre à moi.

Angie secoua la tête et leva les yeux au ciel.

- Dis moi la vérité, si tu veux ta chambre c'est pas pour être seule, c'est pour ne pas être avec moi. Où pour être avec quelqu'un d'autre...

- Bien sûr...

- Je te connais, quand t'es pas avec moi, je te retrouve toujours avec Daryl.

- Arrête !

Anna se leva d'un bond et s'avança vers sa sœur.

- Arrête de faire comme si tu savais toujours tout et que tu étais là seule à pouvoir me protéger, et arrête de me donner des leçons que même toi tu n'es pas capable d'appliquer ! Car tu viens m'emmerder à me parler de Daryl alors que tu n'es pas capable de faire face aux sentiments que tu as pour Rick Grimes !

Angie eut le souffle coupé et sa sœur s'en rendit bien compte.

- Et oui ! Moi aussi je te connais bien, figures-toi ! Quand tu auras fini de faire ton hypocrite derrière tes airs de grande sœur protectrice, tu pourras venir me faire tes excuses. Dans ma nouvelle chambre !

Elle attrapa ses affaires et allait sortir quand des coups de feu résonnèrent à l'extérieur.

Dans la cour, Carl, Tyreese et Sasha abattaient des rôdeurs qui avaient pénétré dans l'enceinte, ils poursuivaient une femme qui courrait avec beaucoup de difficulté vers les tireurs.

- Merde, quoi encore ? Jura Angie.

Elles attrapèrent leurs armes et se lancèrent dans les couloirs et escaliers de l'hôpital, rejoignant en chemin ceux qui étaient encore dans le bâtiment et qui comme elles avaient été alertés par les coups de feu.

Dehors ils découvrirent une femme étendue au sol, elle était enceinte d'au moins 7 mois, extrêmement maigre, vêtue d'une blouse d'hôpital et couverte de boue et de sang. Elle portait sur son corps les mêmes marques que la folle qu'ils avaient trouvés en arrivant deux mois plus tôt.

Les trois tireurs étaient penchés sur elle.

- Ho mon dieu, murmura Sasha.

Maggie porta sa main à sa bouche et détourna le regard.

Carl se tourna vers son père.

- Elle a appelé au secours et elle s'est évanouie.

Rick sembla hésiter un instant mais sa conscience lui interdisait d'abandonner une femme enceinte à une mort certaine.

Et encore moins son enfant.

- Bob, emmène là au deuxième, attache là au lit et préviens moi quand elle se réveille. Les autres vous restez au troisième.


Le soir, Bob vint enfin prévenir Rick du réveil de la jeune femme.

- Elle dit qu'elle s'appelle Christine, elle est sous le choc et déshydratée. Elle a aussi plusieurs côtes cassées et …

- Quoi ?

- Je crois que son bébé est mort.

Rick poussa un long soupir.

- Daryl, Michonne, Sasha, Bob et Anna, vous venez avec moi.

La jeune femme était toujours allongée sur lit et présentait un état de fatigue extrême mais elle était réveillée. Elle avait l'air trop faible pour bouger et Rick demanda à Bob de détacher ses liens.

Il prit une chaise et s'assit près d'elle, Daryl, Anna et Michonne se tenaient en alerte au bout du lit, leur arme discrètement bien en main.

Bob était debout près de Rick.

- Écoutez, Christine, je sais que vous revenez de loin, mais j'ai quelques questions à vous poser.

Il marqua une pause, se rendant soudain compte qu'il avait dit cette phrase milles fois quand il était policier, et surpris qu'au fond, cette partie de lui était toujours là.

La jeune femme hocha la tête.

- Qui vous a fait ça ?

- Il est le diable, dit-elle.

Il passa sa main sur son visage, ça s'annonçait compliqué.

- Pourquoi ?

Il croit qu'il peut trouver la solution mais il a tord ! Il a tord... Et il vous connaît... Il a parlé de vous...

- Qui est-il ? Que vous a-t-il fait ?

Elle secoua la tête.

- Il nous enlève, avec certaines il fait des expériences avec les morts, avec d'autres... C'est plus long.

Elle caressa doucement son ventre et Anna sentit tout son corps se glacer.

- Il va venir pour moi.., reprit-elle. Je me suis enfuie... D'autres aussi s'étaient enfuies, mais il les retrouve toujours... Aidez-moi...

Rick serra les dents.

Cette femme n'avait rien fait pour mériter ce qui lui était arrivé mais il savait qu'il ne pouvait pas la sauver. Il ne pouvait décemment pas l'inclure à son groupe vu son état mental et il ne pouvait pas non plus la laisser éternellement sur ce lit d'hôpital a attendre que temps prenne la décision pour lui. Il n'y avait pas d'autre choix mais cela le tuait.

Elle lu le conflit dans les yeux de Rick.

- Vous n'allez pas m'aider... Vous allez me ramenez à lui c'est ça ?

Elle commença à s'agiter et Rick leva une main pour la calmer.

- Pas du tout, détendez vous, on ne vous veut aucun mal, mentit-il à contrecœur.

Vous ne comprenez pas, hurla-t-elle, il va prendre mon bébé ! Vous ne savez pas ce qu'il va en faire !

Bob tenta de la calmer et Rick se tourna vers Daryl, Anna et Michonne pour leur faire signe de se tenir prêts à intervenir mais ils n'eurent pas le temps.

Elle s'était saisit du pistolet de Bob et tira à bout portant sur le jeune homme, en plein tête. Le sang arrosa le mur derrière lui et le visage de Rick au passage.

Sasha hurla et se jeta vers Bob.

La jeune femme fit feu une deuxième fois en direction d'Anna qui se jetait sur elle avec sa machette mais Daryl s'interposa et prit la balle dans le creux de l'épaule gauche. Il poussa un cri et s'effondra contre le mur derrière lui.

Avant que Rick n'ai pu réagir, Michonne avait sauté sur le lit et décapita Christine d'un coup net.

- Bob !

Sasha tenait le corps de son petit ami serré dans ses bras et hurlait tout ce qu'elle pouvait alors qu'Anna se portait aux côtés de Daryl. Il était conscient mais souffrait le martyre.

- C'est la dernière fois que j'te sauve, grogna-t-il.

Elle lui sourit malgré son inquiétude et appuya sur sa plaie, lui arrachant une grimace de douleur.

- T'as pas intérêt à mourir, Daryl Dixon.

Il sombra, inconscient et Anna refoula une larme du revers de la main, laissant une grande trace de sang sur sa joue au passage.

Elle n'arrivait pas à croire à ce qui venait de se passer, ses oreilles bourdonnaient et sa tête allait exploser. Elle sentait son sang battre dans ses tempes.

Sasha continua de hurler et, alertés par les tirs et les cris, les autres survivants accoururent. Tyreese se rua sur sa sœur, tentant tant bien que mal de la calmer et de l'emmener loin du corps de Bob.

Rick ne bougeait plus, il ne pouvait plus détacher son regard du ventre de la jeune femme. Michonne aussi l'avait vu, et elle regardait, tétanisée, le tissu de la blouse se soulever sous les coups du fœtus réanimé.

- Rick, fais quelque chose, intervint Michonne alors que tout le monde commençait à se rendre compte de l'horreur de la scène.

Le sheriff dégaina son Colt, visa, et tira avant de sortir de la pièce sans un mot.


Voili voilou ! Alors vos impressions ? Dégouttés, Tristes ? Rien à foutre c'était à chier ? Dites moi tout...