Après la mort de Bob, le groupe est en deuil et se divise sur des questions de survie. Carl, fatigué de voir son père se morfondre sans rien faire, se rebelle. Un chapitre un peu plus calme cette fois, histoire de vous remettre de vos émotions XD


Chap 12

Rick's Son

Ce fut finalement Glenn, Maggie et Michonne qui sortirent le cadavre de l'enceinte de l'hôpital, l'emmenant le brûler un peu plus loin dans les bois. Tous restaient silencieux, accomplissant leurs tâches comme il se devait toujours.

Michonne ne tenait pas à y penser. Elle revoyait sans cesse la balle sortir du canon du colt de Rick, si près du fœtus qu'il le pulvérisa instantanément, le sang giclant sur les draps et partout autour d'eux. Ce même fœtus qui aurait de toute façon déchiqueté sa mère vivante, si Michonne ne l'avait pas tuée avant. Pourtant la jeune femme gardait les épaules affaissées, le regard sombre. Aujourd'hui plus que d'habitude, la journée avait été particulièrement meurtrière, elle se demandait combien de temps encore pourraient-ils tous supporter ça sans plonger dans la folie.

Quand ils remontèrent à l'étage, Tara et Carol faisaient des allées venues. Tout le monde entendait encore les sanglots étouffés de Sasha dans sa chambre, Tyreese essayant de la calmer depuis deux bonnes heures maintenant, mais rien ne marchait.

Elle ne croyait pas à la mort de Bob, pas comme ça, d'une telle violence, d'une telle injustice qu'une rage énorme prenait procession de son corps malgré son chagrin. Elle ne pouvait même pas le venger, elle ne reverrait jamais ce visage qui était devenu une de ses raisons de s'accrocher à toute cette merde.

Intérieurement tout le monde s'en voulait. Personne n'avait pu protéger Bob alors que la promesse que plus personne ne mourrait résonnait encore dans les pensées du groupe.

Michonne était vive, mais n'avait rien vu venir, trop attachée à attendre les consignes de Rick. Elle ne devait pas agir dans son propre intérêt ou faire comme si cela ne regardait qu'elle, il fallait toujours prendre les décisions ensemble et attendre le verdict final. C'est aussi pour ça que tout le monde se contentait d'avoir un leader.

Entendre les pleurs de Sasha devenait insupportable, Michonne préféra partir de l'autre côté du couloir et alla directement trouver Carol.

- Où est Daryl ? Est-ce qu'il va bien ?

- Aux dernières nouvelles, oui, la rassura Carol. J'ai fait ce que j'ai pu, heureusement la balle est ressortie et ne la pas touché gravement. Une chance pour nous.

- Bob est mort cet après-midi, lui rappela Michonne sur un ton dur. Je n'crois pas qu'on ait de la chance aujourd'hui, ni même les autres jours.

- C'est bon, conclu finalement la plus vieille, reprenant son arme bien en mains. On a perdu Bob, mais serais-tu la même maintenant si Daryl avait été à la gauche de Rick et s'était pris cette balle directement en plein crâne à la place de Bob ?

Michonne fronça les sourcils, son visage paraissait presque sauvage, en rage. Ce qui l'énervait le plus, c'est que Carol ne disait pas totalement faux, même si ses paroles lui semblaient particulièrement cruelles et injustes. Michonne appréciait Bob, pour ce qu'elle connaissait de lui. Plus que de s'en vouloir, elle savait qu'elle devait vivre avec ça sur la conscience toute sa vie. Perdre quelqu'un devenait de pire en pire, mais Daryl, le groupe ne s'en remetterait pas…

Les deux femmes échangèrent un dernier regard lourd de sens. Ni l'une ni l'autre ne pourrait se permettre de voir leur survie sans l'homme à l'arbalète, maintenant. Carol se souvenait encore de la détermination dont il avait fait preuve pour retrouver sa fille, Sophia, et de la façon dont tout cela le touchait à l'époque. Elle continua sa marche, mains crispées sur son arme.

- Daryl est dans sa chambre, lança Carol déjà plus loin dans le couloir, sans même se retourner.

Michonne serra les poings et s'approcha d'un pas vif de la porte trois cent sept, donnant trois petits coups contre celle-ci.


Carl ne cessait d'allumer et éteindre un Zippo, ses yeux captivés par la flamme, assis en tailleur sur son lit. La nuit était tombée depuis peu, il restait dans le noir malgré tout, entendant les sanglots de la sœur de Tyreese dans la chambre juste à côté. Parfois il lui arrivait d'entendre des coups contre le mur, deux secondes plus tard cela revenait aux pleurs ou aux injures en tout genre. Il n'avait rien vu, juste entendu les détonations. Daryl était remonté l'épaule en sang, Tyreese et Anna l'aidant à avancer calmement.

Carl se souvenait avoir croisé le visage horrifié de Tyreese, celui démonté de la jeune femme et enfin celui de Daryl, encore légèrement inconscient qui se faisait traîner jusqu'à sa chambre. Anna portait péniblement sa lourde arbalète à ses côtés.

Judith semblait s'amuser des cheveux mi longs de son grand frère lorsqu'il la portait tout contre lui. De ses petits doigts elle les tirait doucement, essayait même de les mettre à sa bouche sous les gémissements d'un Carl amusé. Ils en rigolaient souvent avec son père. Mais là, Rick avait bloqué la porte de sa chambre, insistant auprès de tous pour être seul. Il ne tenait même pas à manger quoi que ce soit. A vrai dire, seule Judith mangea vraiment ce soir-là.

Carl sorti de ses pensées en entendant quelques coups à sa porte. Michonne entra calmement, refermant directement la porte derrière elle. Elle s'avança vers le lit et s'assit en face du jeune garçon qui remarqua rapidement ce qu'elle tenait dans sa main. Il ne put s'empêcher de glousser rien qu'à la vue.

- Du chocolat ? Demanda-t-il, incertain du à la pénombre.

- Affirmatif ! Elle posa la tablette sur le lit, invitant Carl à se faire plaisir. Un sourire sincère apparaissait sur les lèvres de la jeune femme. Je l'ai trouvé dans un des sacs qu'ils ont ramenés plus tôt.

- On partage ? Il commençait déjà à dépieuter le papier tout autour.

- C'est clair ! Répondit-elle comme une enfant pleine de joie.

Ils mangèrent chacun leur moitié dans un silence qui en disait long sur le bonheur qu'ils ressentaient à manger de simples carrés de chocolat, mais cela n'avait plus rien de simple à présent.

Bien vite ils arrivaient à la fin de la tablette, étouffant tous les deux un petit rire de leur gourmandise. Michonne cherchait ses mots pour tenter de rassurer l'adolescent sur les évènements de journée.

- Est-ce qu'André te manque ? Lui demanda-t-il, presque en chuchotant.

Son instinct lui disait de se taire mais la question le démangeait.

Michonne paraissait surprise et embarrassée. Parler d'André ne lui était pas souvent arrivé ces dernières années car elle n'y tenait pas du tout. Chaque jour devenait une torture depuis le décès de son fils, mais Michonne ne laissait rien transparaître, elle ne souhaitait pas que les gens sachent à propos d'André.

Sa perte la hantait à tout moment et le monde entier autour d'elle lui rappelait son fils, derrière des signes qu'elle s'efforçait de ne plus remarquer car elle savait qu'elle ne s'appliquait que plus de douleur en faisant ça. Sa conscience de maman lui demandait de crier, d'hurler à la mort de son enfant. Son instinct de survie la forçait à ne rien dire, craignant qu'on ne s'en serve contre elle, que quelqu'un sache que cela restait sa principale faiblesse.

Ce jour-là, sa confiance pour Carl n'avait plus de mesure, elle voulait qu'il soit au courant. Elle ressentait le besoin de lui dire parce que Carl pouvait comprendre. Cependant, quand le jeune adolescent osa lui demander si son fils lui manquait, elle ne put s'empêcher d'avoir un petit mouvement de recul, gardant son visage fermée à la discussion. Michonne trouva son regard, essayant de paraître douce, ce qui ne marcha pas réellement.

- Tu n'veux pas en parler. Je comprends ça, abdiqua-t-il en levant les mains en signe de paix, ce qui tira un petit rire à la jeune femme en face de lui.

- J'aimerais t'en parler plus, commença-t-elle, la voix tremblante. Mais je sais qu'en parler ne le fera pas revenir. En fait… Je pense que même si cela était possible, je n'voudrais pas qu'il revienne. Pas comme ça, pas dans ces conditions. Mais oui, il me manque énormément. Tout le temps, conclut-elle en essayant de sourire sous les larmes menaçant de couler.

Le plus jeune tritura à nouveau son Zippo, ses doigts devenant moites.

- Pourquoi vous avez finalement tué cette femme enceinte ? Est-ce qu'elle a muté et a mordu Bob ?

- Elle s'est saisie du pistolet de Bob, lui a tiré dessus. Anna s'est approchée pour la tuer, elle a tiré une seconde fois, sur Daryl qui s'est interposé.

- C'est mon père qui la tuée ? Demanda-t-il sans aucune once d'étonnement.

- Je l'ai tuée. Je n'voulais pas qu'elle s'en prenne à ton père sur sa lancée.

- Pourquoi Daryl a pris cette balle à la place d'Anna ? Questionna-t-il comme si cela été totalement absurde.

- Parce qu'on est une famille, souffla Michonne, et qu'on veille les uns sur les autres. Daryl et Anna sont assez proches, la perdre lui ferait probablement plus mal qu'une balle dans son épaule. Il le ferait pour toi, pour ton père et chacun d'entre nous.

- Tu prendrais une balle à la place d'Anna, toi ?

Michonne trouvait Carl plutôt étrange dans ses questions, elle ne voyait pas où il voulait en venir. Son attitude ne lui ressemblait pas, il paraissait presque hypnotisé, comme ailleurs et sa curiosité mettait la jeune femme mal à l'aise. Elle ne savait que répondre, elle restait certaine que la réponse n'avait que peu d'importance, Carl semblait s'être déjà créé les siennes.

Michonne cru un instant voir Rick sous les traits de son jeune fils. Son regard était déterminé, comme convaincu d'une certaine idée que Michonne ne daignait définitivement pas comprendre. Alors, elle se décida à répondre ce qui se voulait être le plus approprié à ses nombreuses questions.

- Je le ferai. Pour n'importe qui de ce groupe, parce que ça fonctionne de cette façon. Je n'suis plus seule.

- Pourtant Bob est mort, rétorqua-t-il, empli de fatalité.

Carl se releva rapidement de son lit, se dirigeant vers la porte. Michonne resta là, la bouche ouverte, ressassant les mots du jeune homme. Depuis quand Carl était-il devenu aussi amère ?

- Où est-ce que tu vas ? Demanda-t-elle en se relevant tout aussi vite.

- Voir mon père.

Michonne voulait le suivre mais n'en fit rien, elle se contenta de pester contre elle-même. Elle n'arrivait plus à comprendre Carl ces derniers temps, il s'énervait bien plus souvent qu'avant, utilisait des termes qu'il n'osait pas auparavant.

La porte d'en face le séparait de son père. C'est en tambourinant contre celle-ci qu'il signifia sa présence à son paternel. Il continua jusqu'à avoir une réponse, il ne supportait plus les changements d'humeur du plus vieux, il n'endurait plus les constants émois de son père, il savait pourquoi il s'enfermait là-dedans. Lui essayait de vivre, lui voulait survivre, mais Rick préferait se morfondre seul et Carl comptait bien remédier à ça.

- Papa ! Cria-t-il une énième fois.

Michonne était sortie de la chambre de Carl et bientôt ils arrivèrent tous sur le pas de leur porte, à voir ce qu'il se passait. Carl donnait l'impression d'un fou à cogner contre cette porte avec autant de force et de détermination.

Rick ouvrit la porte d'un geste brusque, obligeant le plus jeune à reculer sous l'effet de surprise. Il faisait maintenant face au visage exténué et fermé de son père, sa main tenant fermement son Colt contre sa cuisse, plus pour contrôler son stress que par agressivité. Les deux hommes ne remarquèrent même pas que le groupe les regardait tour à tour, ayant tous l'impression qu'une énorme tension régnait entre eux.

Personne ne voulait vraiment avoir à faire à Rick lorsque celui-ci préférait s'isoler, Glenn s'y était tenté une fois et ne tenait pas à reproduire l'expérience, la violence de la colère de l'ancien policier l'ayant fortement calmé ce jour-là.

Il s'agissait de Rick et Carl et à part Lori, personne ne savait comment s'interposer entre eux si cela était nécessaire. Seul Daryl arrivait parfois à calmer le jeu entre eux mais cette fois-ci, son état ne le permettait pas.

- Qu'est-ce que tu veux, Carl ? Demanda finalement son père, la voix rauque.

- Que tu ne redeviennes pas le Rick d'après la mort de maman, répondit simplement le plus jeune, ôtant quelques hoquets de surprise à certains. Que tu fasses quelque chose. Hershel n'est plus là pour te ramener.

Carl gardait les yeux encrés dans ceux de son père, sa détermination ne quittant pas son corps. Chaque pore transpirait sous l'angoisse de ses propres paroles, mais il savait qu'il n'avait plus le choix. La mort de Lori restait dans les mémoires de tous, l'adolescent devait vivre avec ça tous les jours sans risquer de trop y penser afin de ne pas s'y perdre, mais son père préférait parfois s'effondrer dans sa douleur et ça, Carl ne voulait pas le revivre dès que le barbu voyait une fille enceinte bien ou devait prendre la décision de mettre fin à la vie d'une simple femme inconnue.

Après avoir perdu sa mère en lui collant une balle dans la tête de ses propres mains il refusait tout simplement de perdre la seule personne encore responsable de lui, le seul avec Judith pour qui il se battait vraiment. Le seul qu'il devait rendre fier malgré les horreurs tout autour.

- Tu veux savoir ? Questionna son père en se rapprochant de lui, l'air plus menaçant suite aux paroles de son fils. Cette femme, son fœtus s'est réveillé et commençait lentement à essayer de lui déchiqueter les entrailles. J'ai fait ce que je devais faire. J'ai tiré une balle presque à bout portant sur son ventre, il fallait le faire et je l'ai fait.

- J'ai tué ma mère parce que c'était la seule chose à faire, répondit-il en haussant les épaules sous la stupéfaction de son père et de tous ceux autour. Ça ne m'a pas rendu fou, je veux dire, personne n'a dû me ramené à la raison. Je ne suis pas aussi fragile que toi.

Son ton défiait le plus âgé, Tyreese s'avança vers eux et posa gentiment sa main sur l'épaule de l'adolescent, l'invitant silencieusement à ne pas en dire plus.

Rick ne regardait plus rien si ce n'est un point que personne ne pouvait distinguer. Ses mains tremblaient légèrement, il se mordait inconsciemment l'intérieur des joues nerveusement. Son fils ne venait pas de dire toutes ces choses, il devait probablement rêver de ce Carl indécent.

- Et quelle serait la décision que tu prendrais alors, maintenant ?

- Je…

- Tu as l'air plus habile que moi pour protéger les tiens alors je t'en prie, dis-nous, le défia simplement Rick en mettant sa rage de côté.

Carl se détacha de l'emprise de Tyreese, regardant les autres près de leurs portes.

- On doit s'en aller, conclut finalement le jeune garçon face aux autres.

Carl s'en alla dans sa chambre sur sa décision. Rick claqua plusieurs fois sa langue contre son palais, puis abdiqua.

- Vous l'avez entendu. On s'en va.

- Ce soir ? C'est hors de question ! Protesta Glenn en avançant vers Rick, Maggie à ses côtés.

- Il faut attendre que Daryl s'en remette un minimum, il n'avancera pas ce soir, intervint Carol parmi eux.

- Sasha non plus, répondit Tyreese à son tour.

Le leader ne voulait plus avoir à faire à ce titre pour la soirée, préférant laisser les autres prendre leur décision. Ils partiraient quand Daryl le pourrait, il n'avait pas vraiment fait son choix depuis toutes ces heures dans sa chambre à ne revoir que le regard de cette femme sur le lit. La folie pure, le massacre. Rick aurait dû l'achever avant qu'elle ne s'en prenne à quelqu'un, il pensait maîtriser la situation, il sentait qu'il gardait les choses bien en mains pourtant tout avait foiré.

Il ne voulait plus prendre de décision pendant les prochaines heures à venir.

Il se retourna pour partir dans sa chambre, laissant une nouvelle fois les autres face à leur sort.

Maggie ne pouvait s'empêcher de penser que son père aurait été d'une grande aide, à ce moment précis. Hershel leur manquait à tous également pour sa sagesse et ses nombreuses heures passées avec l'ancien flic afin de le faire revenir sur terre. Intérieurement, tous craignaient de la fragilité mentale de leur leader depuis la mort de sa femme.


- Qu'est-ce qu'ils foutent ? Questionna Daryl, la voix rauque et emplie de fatigue.

La jeune femme referma la porte derrière elle, courant sur la pointe des pieds jusqu'au lit de l'homme blessé et se rassit en tailleur à ses côtés. Elle haussa les épaules, un peu perdue.

- Je crois que Carl avait deux trois trucs à dire à son père et on s'en va dès que tu vas mieux.

Daryl grogna légèrement comme à son habitude, ne remarquant pas l'air embêté d'Anna devant lui.

- Pourquoi est-ce que Carl a tué sa mère lui-même ? Demanda-t-elle finalement, évitant de croiser le regard du plus vieux.

- Il était l'seul à pouvoir le faire.

Anna ne s'attarda pas sur le sujet, remarquant bien que cela embarrassait Daryl, même si la plus embarrassé des deux restait bien elle après ce qu'il avait fait pour la protéger, quand bien même il lui assurait avec conviction qu'il ferait ça pour n'importe qui.

Cela faisait des heures qu'elle ne bougeait plus du lit avant que Carl ne tambourine contre les murs, réveillant le chasseur au passage. Elle s'était d'abord confondue en excuses devant un Daryl faussement exaspéré de son attitude avant qu'il ne lui demande d'aller voir dans le couloir.

Elle restait à présent à ses côtés sans raison particulière, elle ne niait pas apprécier la présence de l'homme à l'arbalète, lui qui composait si souvent avec le silence. Même s'ils ne parlaient pas beaucoup, elle se sentait toujours bien et étrangement en sécurité avec lui. Après tout, il savait prendre des balles à sa place. Elle sourit à cette pensée, Daryl lui balança sans vergogne son oreiller en plein visage, poussant un petit cri de douleur au passage. Il en oubliait presque sa blessure.

- Tu vois ! C'est le karma qui te puni instantanément de ta méchanceté ! Dit-elle pleine de fierté.

- Même pas reconnaissante, ingrate… pouffa-t-il.

- Oh j'ten prie ! Je t'ai remercié une vingtaine de fois avant que tu ne me dises de me taire d'une façon tellement agréable…

- T'es venu t'coller à moi, tu m'as serré comme un ours en peluche, j'appelle pas ça un remerciement…

- Il t'en faut un autre c'est ça ? Demanda-t-elle sur le ton de l'innocence.

Elle n'attendit pas sa réponse et vint s'allonger à ses côtés, le collant obligatoirement dû à l'étroitesse du lit. Elle ne pouvait s'empêcher de rigoler intérieurement, voyant Daryl mal à l'aise à côté d'elle. Elle pressa légèrement son épaule blessée ce qui lui arracha à nouveau un petit cri de douleur.

- J'te remercie d'avoir pris cette balle pour moi, Daryl Dixon.

Il baissa son regard vers le sien, essayant d'esquisser un petit sourire ce qui ne fut pas vraiment une réussite, mais Anna comprenait l'intention, elle n'en demandait pas autant. Il en avait bien assez fait pour aujourd'hui.

- Et d'être là en général, finit-elle.


Tous les sacs étaient fait le jour suivant, tout le monde suivait Michonne qui ouvrait la marche pour reprendre la route. La destination restait inconnue, ils choisiraient en fonction de la sécurité de l'endroit et Rick avait pris le temps de réfléchir. Le devoir de protéger ses enfants et les siens était plus fort que celui de combattre pour garder son territoire, maintenant qu'il savait de quoi chaque être humain était capable, il ne voulait plus prendre le moindre risque de perdre quelqu'un à nouveau.

Sasha lui donnait déjà l'impression qu'il avait complètement merdé, même si celle-ci ne faisait rien pour envenimer la culpabilité du leader. A vrai dire, personne n'entendait sa voix depuis ses sanglots de la veille.

Daryl restait faible et la douleur le lançait à chaque mouvement, mais il pouvait marcher, sans son arbalète cependant. Il gardait un couteau fermement maintenu sous sa ceinture au cas où les choses tournaient mal et les choses… prenaient toujours cette direction.

Angie et Anna marchaient côte à côte, l'une étant convaincue que cela demeurait la meilleure manière de faire, l'autre regrettant déjà d'avoir quitté l'enceinte de l'hôpital. Tous partageaient un avis différent mais suivaient leur leader, gardant en tête la mort de Bob survenue la vieille. D'une certaine façon, rester ici ne ferait que leur rappeler les morts, comme la prison avait fini par hanter Rick.

- On avait repéré ce vieux bâtiment de loin avec Michonne, chuchota Daryl à Rick qui fermait la marche. J'dirais que c'est à deux jours d'ici vu qu'on a pas assez d'bagnoles et d'essence…

Mais le barbu ne semblait pas écouter son ami, le regard hagard tourné vers la verdure autour de lui. Rick gardait ses yeux au loin, s'imaginant quelque part un homme en train de les observer. Des flash-back de cette femme lui revenait en tête dès qu'il ne pensait plus à cet homme et vice et versa.

Plus son groupe prenait de l'avance plus il montait en tension, bouillonnant de l'intérieur. Sa main se posa automatiquement sur son arme, son visage devenait rouge au rythme de leurs pas. Daryl ne put qu'hausser un sourcil avant de voir son ami s'arrêter soudainement et poser son sac à terre, pointant maintenant son colt vers la forêt à leur droite.

- Où est ce putain de connard qui nous observe ? Hurla-t-il en tirant au hasard en face de lui.

Rick perdait définitivement patience.


C'était plus calme, je vous l'avais dit, ni rôdeurs ni méchant pour ce chapitre, mais ne vous endormez pas, les ennuis ne sont jamais bien loin...