Hey !

Bon il est un peu tard...Mais j'ai écris ce chapitre en deux jours juste pour pouvoir le poster ce week-end ! Un peu en retard, certes...Mais vous me pardonnez, non ? Parce que sinon vous n'aurez pas la suite ! (ceci est à prendre au deuxième degrés bien entendu).

/!\ Avant que vous ne commenciez à lire : Le passage en italique est un délire de ma part complètement incompréhensible et très bizarre (il faut dire que je l'ai écris à deux heures du mat' aussi...) susceptible de heurter votre sensibilité. Si jamais cela ne vous plaît pas, sautez ce passage, ce n'est pas très grave, vous comprendrez quand même le reste.

Voilà, voilà !


Il faisait beau. Le soleil était haut dans le ciel et la voute céleste entièrement bleue. Une douce chaleur se répandait dans l'air. C'était ce genre de climat qui vous mettait généralement de bonne humeur en annonçant une journée de beau temps. Et au milieu de ce décor se trouvait une île.

Plus petite que ses consœurs du Nouveau Monde mais pas minuscule pour autant, elle paraissait inhabitée et parfaitement calme. Les seuls bruits que l'on percevait étaient ceux du roulis des vagues venant mourir sur la plage, celui des oiseaux gazouillant gaiement dans le ciel ainsi que ceux, beaucoup plus inquiétants, provenant de la grande jungle.

Cet îlot était en effet couvert d'une végétation dense. Seul son littoral était découvert.

Cependant, on pouvait apercevoir deux formes contrastant fortement avec le sable blanc. Allongées, elles semblaient immobiles. Pourtant, l'une d'entre elles, une jeune femme aux cheveux blonds, fixait le ciel, comme perdue dans ses pensées. On aurait facilement pu la croire morte si sa poitrine ne se soulevait pas de façon régulière, prouvant ainsi qu'elle était bel et bien en vie.

Elle se redressa pour se retrouver en position assise puis se tourna vers l'homme étendu à ses côtés. Inanimé, ce dernier respirait faiblement. La jeune femme posa deux doigts dans son cou afin de mesurer son pouls. Elle ne le sentit presque pas.

Regardant son visage, elle le trouva presque paisible. Il avait les yeux fermés, adoucissant ainsi les traits de son visage, et sa peau blanche resplendissait sous les rayons du soleil. La blonde se prit à penser qu'il était vraiment beau avant de vivement se reprendre. Elle ne put néanmoins s'empêcher de venir poser délicatement sa main sur la joue pâle de l'homme inconscient.

Se penchant légèrement, elle continua d'observer la figure de l'inconscient. Encore trempé de leur bain forcé, du sable se collait à ses vêtements et à sa peau. Des plaques de sel s'étaient formées un peu partout, donnant une apparence encore plus blanche à son épiderme déjà pâle.

Se penchant un peu plus, la jeune femme sentit le faible souffle de l'homme. Il fallait agir vite, sans quoi il serait perdu. Malheureusement, ils étaient sur une île que la blonde présumait déserte et sur laquelle il n'y avait donc pas de médecin.

Ne cessant pas de regarder l'homme brun, elle serra les poings, enlevant par la même occasion la main de sa joue. Il n'y avait qu'une seule solution et celle-ci ne lui plaisait absolument pas. Mais elle n'avait pas le choix. Si elle voulait le sauver, elle devait le faire.

Respirant un coup, elle se rapprocha un peu plus du visage du brun, lentement, comme pour retarder le moment fatidique. Ses lèvres mouillées par l'eau salée finirent par effleurer celles légèrement bleutées de l'inconscient. Ne réfléchissant plus, elle franchit l'infime espace qui les séparait et posa sa bouche sur la sienne. Aussitôt, une vive lumière rouge se mit à briller à l'emplacement du cœur de la blonde. Elle s'étira dans un fil très fin, remontant le long de sa gorge, passant sous son menton pour aller rejoindre celui de l'homme aux cheveux noirs avant de descendre vers la même lueur beaucoup plus faible qui occupait son torse. Lorsqu'elle s'y connecta, l'étincelle sembla prendre de l'intensité tandis que la lumière de la jeune femme parut en perdre.

La blonde resta un moment ainsi, ses lèvres délicatement posées sur celles de l'homme inconscient, jusqu'à ce que leur lueur respective soit à peu près de la même intensité. Lorsque ce fût fait, elle se recula doucement, jeta un dernier coup d'œil au visage pâle du brun avant de se dégager. Elle se leva et regarda le ciel en enlevant son manteau d'hiver. Il faisait vraiment chaud sur cet îlot.


Eri posa un pied dans la neige immaculée de Nisky. Il n'avait pas cessé de neiger depuis la tempête qu'ils avaient essuyé mais les Supernovaes, leur équipage et les Révolutionnaires étaient cependant tous arrivés sains et sauf sur l'île hivernale. Enfin…Presque tous. Saeko et Mihawk manquaient à l'appel.

La jeune femme aux longs cheveux noirs s'arrêta un instant et leva la tête pour observer le ciel remplit de nuages gris pleurant des larmes gelées. Même si Sabo lui avait assuré que ses hommes étaient partis à leur recherche, elle ne pouvait s'empêcher d'être inquiète pour sa meilleure amie.

Bien sûr, elle la savait forte, bien plus qu'on ne pouvait l'imaginer en la regardant, mais, même en étant fort, il y avait des situations desquelles on ne pouvait se sortir seul. De plus, elle avait certainement été séparée d'Œil de Faucon dans les courants virulents de l'océan déchaîné, ce qui la mettait d'autant plus dans une situation dangereuse.

Le danger…C'est ce qui rythmait leur vie à toute mais particulièrement celle de Saeko. Constamment traquée, elle se retrouvait souvent dans des situations délicates qu'elle gérait avec sang-froid et efficacité. Mais cela ne l'empêchait pas de risquer sa vie sans cesse. Elle avait failli y passer plusieurs fois, au plus grand malheur de sa capitaine. Si la blonde venait à mourir, Eri était certaine de ne jamais s'en relever. Sa seconde était véritablement ce qui la maintenait en vie chaque jour. Si elle venait à disparaître, le monde de la brune s'écroulerait littéralement.

« Fujiwara-ya ? »

La voix grave de Trafalgar la fit revenir dans la réalité. Cessant de regarder le ciel, elle porta son attention sur le chirurgien.

Quelques mètres devant elle, il l'attendait, à demi tourné, son nodachi nonchalamment posé sur son épaule. Il la dévisageait de ses yeux gris plus froid encore que la température de Nisky. Et Dieu savait combien elle était basse !

Eri se remit à avancer, passant devant le Supernovae sans lui accorder un seul regard, mais elle entendit ses pas étouffés par la neige derrière elle, signe qu'il la suivait.

Ils étaient arrivés la veille sur l'île hivernale qui, selon les informations de l'Armée Révolutionnaire, était le lieu de cachette d'activités étranges. Quel rapport avec leur objectif ? Il semblerait que celui à l'origine de ces activités travaille pour la Marine. S'ils arrivaient à mettre la main dessus, ils pourraient l'interroger et recueillir ainsi plus d'infos sur leur ennemi commun, celui qu'il cherchait par tous les moyens à détruire. Et cela leur permettraient également de commencer ce pour quoi ils s'étaient alliés : éradiquer la Marine. Bien sûr, celui-ci ne serait que le début, mais il fallait bien couper les mauvaises herbes pour dégager le chemin jusqu'au sommet.

Ils s'étaient donc retrouvés à faire des groupes pour passer l'île au peigne fin et débusquer ce malfrat. Et c'est comme ça que la jeune femme aux longs cheveux noirs s'est vu être accompagnée de Law. Ce n'était pas plus mal au final. Elle se voyait mal supporter le Chapeau de Paille ou Eustass Captain Kidd.

Cela faisait maintenant plus d'une heure qu'ils progressaient dans la forêt de Nisky, serpentant entre les conifères et laissant leur trace de pas dans la neige immaculée. Le silence était de mise. Pas qu'ils ne souhaitaient pas se parler, bien que leur mutisme respectif ne les dérangeaient pas plus que ça, mais ils ignoraient quel genre de créature peuplaient les bois de l'île. Aussi préféraient-ils rester discrets.

Alors qu'ils avançaient patiemment, ils finirent par sortir à la lisière de la forêt. La capitaine des Purple Roses se stoppa, vite rejoint par le Chirurgien de la Mort.

Devant eux s'étendait un paysage entièrement blanc, complètement recouvert par la neige. Dans le fond se dressaient fièrement des montagnes, dominant le plateau sur lequel ils se trouvaient de leur impressionnante hauteur. Au centre, le sol semblait légèrement s'affaisser sous les flocons blancs qui le recouvraient, prouvant la présence d'un petit lac gelé. Non loin de celui-ci s'élevait une bâtisse aux pierres blanches salies de gris. Le toit était surmonté d'un rond avec cinq piques au-dessus, comme une sorte d'insigne.

« J'ai entendu dire que les habitants de cette île étaient très croyants, déclara Trafalgar en observant le bâtiment.
- Tu penses que c'est un lieu de culte ? l'interrogea Eri en se tournant vers lui.
- Ça se pourrait fortement. »

La jeune femme reporta son attention sur l'édifice. Il paraissait abandonné vu son état déplorable.

« Quel genre de religion se pratique ici ? demanda-t-elle sans décrocher son regard de la construction.
- Apparemment c'est une religion polythéiste avec cinq dieux, un pour chaque élément, lui apprit le capitaine des Heart Pirates.
- L'eau, la terre, le feu, l'air et la foudre, murmura la brune tout en continuant à fixer le monument, comme hypnotisée par le lieu religieux qui se dressait devant eux. »

Law fronça les sourcils.

« Fujiwara-ya ? l'interpella-t-il. Tout va bien ? »

Au lieu de lui répondre, elle se mit à avancer vers le bâtiment sans le lâcher des yeux. Intrigué par son comportement étrange, le chirurgien la suivit, légèrement perplexe face au soudain changement d'attitude de la Supernovae à 500 millions de Berrys.

Arrivée devant l'entrée, la jeune femme se tourna vers lui, plantant ses yeux bleus dans les siens.

« On devrait jeter un coup d'œil, affirma-t-elle. »

Le chirurgien haussa un sourcil, peu convaincu.

« Tu penses vraiment trouver l'homme que l'on recherche dans un lieu de culte ? fit-il. »

Les lèvres de la brune s'étirèrent dans un sourire amusé.

« Tu serais étonné de tout ce que l'on peut trouver dans les lieux de culte, Trafalgar, déclara-t-elle avant d'ouvrir la porte. »

Celle-ci grinça sinistrement avant de s'ouvrir complètement pour leur faire entrevoir l'intérieur de la bâtisse. Les fenêtres à moitié calfeutrées avec des planches de bois laissaient passer la faible lumière du jour, éclairant l'édifice d'une lueur inquiétante.

Les deux pirates pénétrèrent dans le monument, faisant claquer les semelles de leurs chaussures sur le carrelage froid de la construction. Les murs de pierres s'amusèrent à faire répercuter l'écho jusqu'au fond du lieu de culte. Pour la discrétion, ils repasseraient.

Ils avancèrent de quelques pas en observant les alentours.

Au centre du bâtiment se trouvait une sorte d'autel en marbre blanc entouré de quatre bougeoirs à pieds. Au bout du monument, un instrument ressemblant fortement à un orgue était installé et prenait la poussière. C'était tout ce qu'il y avait dans cette bâtisse. Une décoration vraiment spartiate.

Eri continua d'avancer jusqu'à l'autel tandis que Law s'intéressait à l'orgue. Arrivant à hauteur de la table en marbre, la brune put constater que celle-ci était couverte d'une couleur rougeâtre. Du sang séché.

Fronçant les sourcils, elle approcha sa main, effleura l'hémoglobine de ses doigts et…

La pirate cligna des yeux plusieurs fois. Elle était toujours au même endroit mais celui-ci semblait beaucoup plus éclairé et moins sale au vu du plafond qu'elle était en train de contempler. Une minute…Le plafond ? Elle ne se souvenait pas s'être couchée. Elle tenta de se relever mais ses poignets et ses chevilles semblaient entravés par des chaînes. Bougeant la tête dans tous les sens pour tenter d'apercevoir quelque chose, elle distingua plusieurs flammes de bougies.

Elle se concentra pour utiliser le Haki de l'Observation. Elle compta cinq présences en plus de la sienne dans l'habitacle. Mais aucune nouvelle de Trafalgar. Où était-il passé ?

Elle frissonna avant de se rendre compte qu'elle était entièrement nue, son dos touchant une pierre lisse et extrêmement froide, les bras attachés au-dessus de la tête et les chevilles retenues par des chaînes, le tout dans une position s'approchant presque de l'étoile de mer. Autrement elle était entièrement offerte à quiconque voudrait la tuer.

Elle entendit vaguement la musique de l'orgue se répercuter contre les murs du bâtiment mais elle était trop occupée à trouver une solution pour se sortir de là qu'elle n'y accorda pas plus attention.

La brune n'eut cependant pas le loisir d'y penser plus car quatre hommes vinrent se poster de chaque côté de l'autel sur lequel elle reposait. Ils étaient vêtus de toge de couleur différente qui les recouvrait jusqu'aux pieds, laissant seulement leur tête à l'air libre. Méfiante, elle s'efforça de paraître impassible afin de ne montrer aucune faiblesse qu'ils pourraient exploiter.

L'homme du côté de sa tête psalmodia des mots qu'elle ne comprit pas en levant le même insigne qui ornait le toit de la bâtisse vers le plafond. Lorsqu'il eut finit, il le reposa sur son ventre en faisant en sorte que le cercle entoure son nombril. Le contact du métal froid avec sa peau provoqua un frisson à la jeune femme.

Puis trois des hommes qui l'entouraient se mirent à chanter en accord avec la mélodie de l'orgue. Seul celui se trouvant à ses pieds resta muet. Au lieu de quoi, il sortit une longue barre en fer et la présenta au plafond, exactement comme son collègue l'avait fait avec l'insigne.

Il se pencha et plaça perpendiculairement la barre par rapport à lui. Eri ouvrit grand les yeux. Il n'allait quand même pas oser ? Elle grimaça quand la tige força l'entrée de son bas-ventre pour y entrer lentement dans une douleur intenable. La Supernovae serra les dents afin de n'émettre aucun bruit pouvant trahir sa souffrance. Elle ne voulait pas donner satisfaction à ces individus qui prenaient plaisir à la torturer.

Finalement, l'homme cessa de faire bouger la barre de métal et la laissa en place avant de se mettre à chanter. La jeune femme sentit du sang couler le long de ses cuisses, signe que cette pénétration forcée avait été tout sauf agréable.

Mais alors qu'elle pensait que son calvaire était terminé, les hommes à sa gauche et sa droite s'arrêtèrent de chanter et s'avancèrent un peu plus vers l'autel. Se penchant au-dessus d'elle, ils pressèrent la pointe de ses seins avec pinces crocodiles. Puis ils s'éloignèrent lentement tout en déroulant des câbles électriques. Déjà épuisée par la douleur qui la lançait dans le bas-ventre, Eri ne put que contempler, impuissante, les batteries auxquelles étaient reliées ces mêmes pinces. Et avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, un violent courant électrique la secoua de la tête aux pieds, lui brûlant la pointe des seins par la même occasion. Malheureusement pour elle, ce courant fut vite suivit par beaucoup d'autres.

Et tandis que son corps était pris de convulsions, le dernier homme, celui qui avait psalmodié au début, positionna ses mains à soixante centimètres de son visage et déclara d'une voix forte et claire :

« Denkou, nous t'offrons cette femme. Prend là comme une offrande pour te remercier de ne pas avoir foudroyé nos villages. »

Après avoir prononcé ces mots, les courants électriques cessèrent et l'homme posa ses deux mains de part et d'autres de la tête de la pirate qui s'était mordue la langue jusqu'au sang pour ne pas hurler de douleur. Tous ses muscles refusaient de se décontracter et elle était tendue au maximum.

L'homme se remit à psalmodier des paroles incompréhensibles puis il s'arma d'un couteau. Tournant en un cercle parfait, les quatre hommes échangèrent leur place et celui qui semblait être le leader se retrouva aux pieds de la jeune femme. Il s'approcha d'elle et commença à planter le couteau dans le cercle de l'insigne toujours placée sur son nombril. Suivant son contour, il entama la chair de la brune qui ne put retenir le hurlement de douleur qui lui arracha presque la gorge…

Hurlant comme un cochon qu'on égorgeait, Eri se raccrocha à la première chose qui lui vint dans la main tout en se redressant vivement, les yeux complètement écarquillés. Essayant de reprendre son souffle, elle fut soudainement prise de violentes convulsions et se retourna pour régurgiter tout ce que son estomac possédait. Une fois celui-ci vide, elle se calma quelque peu et repris peu à peu pieds dans la réalité.

Assise à même le sol froid du lieu de culte, elle prit conscience qu'une main lui tenait les cheveux pour éviter qu'elle ne vomisse dessus. Tournant légèrement la tête, elle s'aperçut que ce qu'elle avait agrippé dans son réveil brutal n'était en fait rien d'autre qu'un manteau de fourrure noire. Elle leva alors légèrement le visage pour tomber sur les yeux gris de Trafalgar qui la dévisageaient, légèrement inquiets.

« Tout va bien Fujiwara-ya ? demanda-t-il. Tu t'es écroulée pour une raison que j'ignore. »

Baissant la tête et lâchant son manteau, la pirate finit de reprendre ses esprits.

« Ce n'est rien, murmura-t-elle faiblement. »

Le chirurgien fronça les sourcils. Jamais la jeune femme ne lui était apparue aussi fragile et faible qu'en ce moment. Son corps était pris de soubresauts, ses cheveux trempés de sueur et son visage plus pâle que celui d'un mort. Et puis la façon dont elle avait hurlé en se réveillant était tout sauf habituelle. Ses yeux s'étaient écarquillés comme si, l'espace d'un instant, elle avait été effrayée, une expression qu'il n'avait encore jamais vu chez la Supernovae. Son état avait de quoi inquiéter.

« Laisses-moi t'examiner, déclara-t-il.
- Ce n'est rien, répéta-t-elle sur le même ton en fuyant son regard. »

Résolu à découvrir ce qui n'allait pas, il prit le menton de la capitaine des Purple Roses entre son pouce et son index et la força à le regarder dans les yeux. Il fut stupéfait. Le bleu de l'iris de la brune était devenu terne et un voile semblait recouvrir sa vision. Mais ce qui le surprit encore plus ce fut la lueur de terreur qui brillait légèrement dans ses prunelles autrefois pleine d'assurance.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? l'interrogea-t-il. »

Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, la jeune femme semblait hésitante et au bord des larmes. Son masque d'assurance et de force était tombé et il la laissait plus frêle que jamais. Mais cela avait un côté positif aux yeux de Trafalgar puisque cet évènement lui prouvait qu'Eri était bel et bien humaine. Elle possédait elle aussi ses failles, comme lui, comme tous les Supernovaes.

Se libérant de l'emprise qu'il avait sur son menton, la brune rebaissa la tête avant de déclarer d'une voix tremblante :

« Je ne crois pas que…que je serais capable d'en parler maintenant. »

Elle semblait véritablement en état de choc et le chirurgien formulait toute sorte d'hypothèse sur ce qui avait bien pu se passer. Mais, en tant que médecin, il savait mieux que personne qu'il valait mieux la laisser tranquille pour le moment, le temps qu'elle se remette.

« Tu peux marcher ? demanda-t-il en voyant que son corps svelte était toujours secoué par des soubresauts. »

Elle hocha positivement la tête sans le regarder. Passant son bras autour de sa taille et posant celui de la capitaine sur ses épaules, Law entreprit de l'aider à se relever. A peine fut-elle debout qu'elle manqua de s'écrouler tant ses jambes ne la portaient plus. Raffermissant sa prise, le Supernovae la maintenu du mieux qu'il le put et ils commencèrent tous deux à rebrousser chemin.


Assis à une table dans un bar mal famé, X Drake observait attentivement les alentours. Kidd et Hawkins étaient sortis depuis un moment pour vérifier l'extérieur. Pour des activités anormales, il n'y avait pas grand chose d'étrange sur Nisky, seulement un manque évident de présence féminine mais le Supernovae supposait qu'elles restaient au chaud dans leur maison vu le temps qu'il faisait.

Seul parmi tant d'autres hommes, il ne put s'empêcher de repenser à la conversation qu'il avait eu avec la navigatrice des Purple Roses sur le pont de leur propre navire quelques jours plus tôt, tout ça sous la neige qui n'avait pas cessé de tomber et devant les yeux de Trafalgar.

FLASH-BLACK :

« Vous savez qui elle est, n'est-ce pas ? demanda la bleutée. »

Le pirate fronça les sourcils.

« Saeko, ajouta-t-elle, vous savez qui elle est. »

Ça n'était plus une question mais une affirmation.

« Tout comme je sais qui est votre capitaine, répondit-il tout de même. »

Elle ne parla pas, se contentant de le fixer de ses yeux bleus terriblement expressifs et remplit d'inquiétude. Elle leva lentement les bras et agrippa le manteau du Supernovae de sa faible poigne en baissant la tête, cachant ainsi la vue de son visage. Ne s'attendant pas vraiment à ce geste, l'ancien contre-amiral ne bougea pas. Il l'observa. Elle n'avait pas enfilé de veste, ce qui voulait qu'elle s'était très certainement précipité pour les rejoindre. Il la sentit trembler puis resserrer sa prise sur son manteau.

« S'il vous plaît, dit-elle d'un ton suppliant. Protégez-la ! »

Relevant la tête, elle planta son regard dans celui du Pavillon Rouge. Ce dernier fronça de nouveau les sourcils.

« Vous devriez rentrer, lui conseilla-t-il. Vous allez attraper froid si vous restez dehors dans cette tenue. »

Un éclair de déception se dessina dans les iris bleus de son interlocutrice. Mais il disparut, vite remplacé par une détermination sans faille. Attrapant le manteau du Supernovae avec son autre main, elle le força à se pencher légèrement. Elle ne possédait (malheureusement) pas la force de Tsubaki.

« Vous devez la protéger ! dit-elle en ne le lâchant pas des yeux. »

X Drake resta muet un instant, puis, percevant à quel point elle était sérieuse et inquiète pour son amie, il déclara :

« Je ne pense pas être la bonne personne pour ça. »

Blake desserra son emprise sur le vêtement.

« Vous faisiez partie de la Marine, répliqua-t-elle. »

Elle ressemblait vraiment à une mère s'inquiétant pour son enfant. Le pirate ignorait quel âge pouvait bien avoir cette jeune femme mais elle arrivait à le déstabiliser. Cette maturité qui émanait d'elle était juste trop…troublante.

« C'est justement parce que j'en faisais partie que je ne peux pas assurer ce rôle, affirma-t-il. »

Lâchant le manteau du Supernovae, ses bras retombèrent mollement le long de son corps tandis qu'elle baissait de nouveau la tête.

« Kimura vous a vous pour la protéger, exposa le Supernovae. Pourquoi me demander une telle chose ? »

La navigatrice porta son regard sur l'horizon voilée par les flocons blancs qui ne semblaient pas vouloir arrêter de tomber.

« Nous ne pouvons pas la préserver d'elle-même, murmura-t-elle.
- Tout comme moi, objecta-t-il. »

La bleutée tourna la tête vers lui pour le fixer encore une fois.

« Je ne la connais pas, argumenta-t-il. Seule une personne arrivant à voir au-delà de son apparence pourrait prétendre à la protéger. Ce n'est pas mon cas. »

Il se stoppa un instant.

« Mais ça pourrait bien être celui de votre capitaine, ajouta-t-il.
- Non, réfuta Blake. »

Le capitaine la regarda, surpris.

« Eri et Saeko se connaissent depuis leur berceau et je sais que notre capitaine veut l'aider plus que tout mais elle a ses propres problèmes, dit-elle. Elle ne peut pas tout gérer.
- Je vois, fit celui que l'on surnommait le Pavillon Rouge. Dans ce cas, il s'agit certainement de quelqu'un d'autre. »

Il s'arrêta pour regarder la jeune femme. Elle avait vraiment la volonté d'aider sa coéquipière et amie mais ignorait comment faire.

« Il existe forcément une personne qui saura assumer ce rôle, la rassura-t-il. »

FIN DU FLASH-BACK

En y repensant, la situation concernant l'ancienne assassine était beaucoup plus sombre que ce qu'il ne s'était imaginé. Ça s'annonçait beaucoup plus critique et il ignorait combien de temps tiendrait la blonde. Mais une chose était sûre : il devait trouver la personne capable de la protéger et le plus vite serait le mieux.