Note de L'Auteur :
Le troisième chapitre porte sur un personnage assez populaire sur le Fandom, j'ai nommé Bellatrix Lestrange. Il y aura une petite note à la fin car j'ai eu bien des états d'âme à rédiger ce chapitre.
Au niveau de l'action, cela se passe en juillet 1979.
Bonne lecture, si je puis dire.
Chapitre 3 : L'Offrande à l'Autel de la Gloire
« Félicitation, Madame. Vous attendez un heureux événement ! babilla la vieille Houston, parée de ses dents jaunis et de ses rides marquées.
Impossible.
Pourquoi maintenant ?
Pourquoi après tout ce temps ?
Rodolphus et elle avaient essayé de concevoir sans relâche au début de leurs union, mais sans aucun succès. Sa belle famille avait crié à l'infertilité, voulu l'évincer mais Rodolphus avait lutté et ne l'avait pas abandonné.
Le couple en avait pris son parti: ils s'étaient consacrés corps et âme à servir leurs Maître, honorer leurs rangs et leurs valeurs. Et ils avaient réussi avec brio, leurs triomphe consacré par leurs admissions dans le cercle des privilégiés du Seigneur des Ténèbres. Bellatrix était d'ailleurs sa favorite a bien des égards, pour son plus grand plaisir et pour sa plus grande fierté.
- La naissance devrait être prévue pour le printemps, professa avec une joie impudique la petite femme replète qui officiait en tant que médicommage personnel de la famille Lestrange. »
Alors qu'elle avait le dos tourné préoccupée à lui prescrire elle ne savait quel remède contre les nausées dont elle souffrait et les malaises que cela lui occasionnait, Bellatrix pointa sa baguette sur la vieille dame. Elle tremblait. Non pas d'angoisse, mais de rage. Elle murmura sans la moindre hésitation le sortilège qui mettrait fin à cette situation on ne peut plus problématique.
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« Tu es bien pâle, cousine Bella. Es-tu malade ? se risqua le jeune Regulus qui l'observait depuis le début de leurs séance, elle avait entreprit de l'initier aux Arts Noirs en vue d'une future présentation à son Maître, avant qu'il ne retourne en septembre à Poudlard.
- Non. Bien sûr que non, affirma-t-elle sèchement.
D'un geste de tête, elle lui fit signe de poursuivre ses efforts bien qu'ils ne parvenaient toujours pas à soumettre Belphegor à l'Imperium. Ce n'était pourtant pas si compliqué! D'un geste impatient, elle fit claquer frénétiquement ses ongles sur la bureau en acajou sur lequel elle était assise, elle revînt à ses pensées initiales. Si c'était à refaire, avant d'amnésier la médicommage, elle aurait pris la prescription des remèdes contre les nausées: voilà deux jours qu'elle ne pouvait rien avaler ou sentir sans avoir le cœurs au bout des lèvres. Elle soupira d'agacement mais aussi de soucis en se demandant comment elle allait parvenir à se dépêtrer de l'impasse dans laquelle elle se trouvait.
- Contrariée, alors ? insista-t-il après un énième échec.
- Il y a de quoi! Tu n'avances à rien et me fais perdre mon temps! A ton âge, je pouvais déjà soumettre un homme à ce sort, je ne peinais pas à m'entraîner sur un stupide chat! »
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Chez les Sang-Pur, il était inconcevable de vouloir contrôler les naissances, ou bien d'avorter. Il figurait même dans certains contrats de mariage des clauses spécifiques maudissant les brus si elles osaient ne serait-ce qu'attenter à la perpétuation de la lignée.
Fusse le cas des Lestrange durant ses noces ?
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Etait-ce déjà voyant ?
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Lors de leurs dernière mission, elle avait eu un coup de sang porté sur la violence face à des Sangs-de-Bourbes dont ils devaient se débarrasser. Elle avait eu le Doloris si facile et si puissant qu'Antonin avait eu un mouvement de recul, comme si elle n'avait plus le contrôle d'elle-même. Avait-il peur qu'elle ne se jette sur lui telle une Banshee enragée?
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Durant les repas, elle avait noté que Lucius la fixait étrangement, comme s'il consignait tout ce qu'elle avalait. L'alcool la dégoûtait, la nourriture la rebutait et pourtant elle s'empiffrait. Pour mieux aller se faire régurgiter ensuite. Il lui en avait touché quelques mots, elle avait répondu acide qu'il pouvait arriver à tout le monde d'avoir des excès de bouche; qu'il ferait mieux de s'occuper de son chaudron que de se préoccuper du sien où elle se ferait une joie de le noyer dedans.
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Evan semblait la contempler plus qu'à l'accoutumée. Que ce soit sa poitrine, ses hanches, ses cheveux ou même son ventre. A chaque fois qu'ils se croisaient, ses yeux se baladaient sur sa silhouette comme s'il attendait que ses courbes ne hurlent qu'elles cachaient un secret de polichinelle enfoui dans son utérus. Cela en était insupportable. Elle vérifiait chaque matin et chaque soir qu'aucune protubérance anormale ne soit visible, elle en serrait même davantage son corset par crainte. A la sortie d'une réunion, les iris d'Evan s'étaient trop attardées sur son abdomen aux yeux de sa cousine; Bellatrix le rossa donc sans crier gare devant la stupeur générale, elle en abîma même le si joli minois de son si charmant cousin.
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Cela durait et durait, inlassablement.
Mais si c'était à refaire: elle recommencerait sans hésitation.
Elle se tordait de souffrance et la douleur en était presque bonne. Incomparable à ce qu'elle ressentait lorsque la Marque la brûlait qui n'était que passion ; non les élancements actuels étaient sereins, témoins de sa libération et de l'expulsion de l'intrus qui s'était établi en elle.
Son ventre la tordait, la déchirait et elle sentait la fièvre poindre. Couchée a même le sol gelé, carrelé de sa luxueuse salle de bain: elle crevait pourtant de chaud et haletait de labeur. Ses cheveux plaqués sur son front en sueur, ses yeux révulsés de ses orbites savourant ce moment d'extase qui prendrait bientôt fin.
Un fort tiraillement la prit, lui arrachant un gémissement. Puis une nouvelle salve. Et une autre. Et encore. En un ultime effort face à la dernière contraction puissante et douloureuse, un cris s'échappa de ses lèvres.
Une odeur de fer l'embauma, se mêlant aux effluves de sueur qu'elle avait dégagé jusqu'alors. Une onde de chaleur vermeille se propageait autour d'elle, lentement, mais aussi entre ses cuisses. Elle y porta une main, tremblante et tâtonnante, puis l'amena à ses yeux et eu le plaisir de voir sa rougeoyante paume.
Elle lança un œil presque amoureux à la fiole salvatrice qui l'avait repêché de la triste condition dans laquelle elle n'avait que trop demeuré.
Elle eu un sourire satisfait : son ventre était un cercueil.
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« Restes un moment, Bellatrix, retint le Maître à l'issue d'une réunion stratégique.
Elle frémit à l'entente de son nom, tant pour la suave voix qui l'avait prononcé que par le fait que l'énonciation complète de son prénom ne signifiait rien de bon. Toujours inclinée, elle sentait ses pas et sa robe vaporeuse se rapprocher d'elle.
- Tu n'étais pas présente lors de la dernière réunion, reprocha-t-il. Ce n'était pas faute de t'appeler, pourtant. Rodolphus t'a dit souffrante. Je suis... soulagé que tu sois remise d'aplomb. Je serait fort... peiné s'il t'arrivait malheur.
Son coeur fut bercé par l'allégresse en cet instant. Le Maître la regretterait, le Maître la regretterait, quelle douce symphonie... Bellatrix se remémora une chose que son père lui avait dit une fois: il n'y a que les esprits malades pour ne penser toujours qu'à une seule et unique personne. Peut-être l'était-elle. Sans doute. Après tout, elle s'était à la fois trouvée et perdue en faisant sa rencontre.
Elle courba encore plus la tête en un mouvement gracieusement servile : elle savait qu'il la préférait ainsi avec lui, soumise à souhait alors qu'elle était si sauvage avec la basse multitude. Il lui attrapa le visage et ses yeux noirs croisèrent les iris couleur rubis du Maître durant un laps de temps duquel elle perdit toute notion.
Ainsi, il découvrit son sacrifice... non... son offrande à l'autel de sa gloire, de son admiration pour lui. Ce qu'elle avait abandonné avec joie pour ne se consacrer qu'à lui et son triomphe.
D'autres comme Cissy enfanteront, mais elle: elle se battra fière guérrière qu'elle était, est et sera. Armée de sa baguette d'une main et de la bannière du Mage Noir de l'autre, elle piétinera les ennemis qui se tiendront sur sa route. Elle chevauchera les cadavres qui joncheront le sol vers le chemin de la grandeur du Maître.
Il avait vu en son cœur. Et son cœur était sien.
- Tu es mon plus fidèle lieutenant, Bella, conclut-il en des mots si simples, qui signifiaient pourtant tant. »
Si c'était à refaire ? Elle n'hésiterait pas une seconde et agirait de la même manière en se débarassant de ce qui l'avait pollué de l'intérieur.
Sans remord. Ni regret.
Elle était Bellatrix Lestrange, la plus fidèle du Seigneur des Ténèbres. Et rien d'autre ne comptait.
Note de Fin :
Alors, votre avis ?
J'espère que vous avez pu apprécié le texte d'une certaine manière même si le contenu n'a rien d'appréciable.
J'espère ne pas avoir choquer/heurter qui que ce soit avec la scène de l'avortement provoqué. Personnellement, à la lecture, je trouve cela trash de par la manière dont j'ai entrevu et décris la chose. Mais je me voyais mal faire autrement dans ce contexte et avec ce personnage puisque l'une des principales caractéristiques de Bellatrix est de se repaître de la douleur, de l'horreur... je me suis donc dis que cela devait s'appliquer à elle aussi.
J'ai peiné à rédiger ce chapitre car Bellatrix est un personnage si ambigu, alambiqué auquel je ne sais pas rendre justice dans la conception que j'ai d'elle.
Souvent, on peut lire qu'elle serait une psychopathe née, mais je ne vois pas la chose de cette manière: on ne naît pas monstre, on le devient lors des épreuves qui forgent notre cheminement.
Selon moi, elle a toujours été une enfant très vive, dure à canaliser et étant l'aînée elle se devait de faire figure de rigueur. Pour moi, c'est une bi-polaire: son tempérament froid venant de son père la caractérise mais elle a aussi hérité du caractère hystérique de sa mère Druella.
La folie s'est instillée lentement en elle notamment lors de son apprentissage des Arts Noirs auprès de Voldemort, cela a empiré à son contact dans ce culte qu'elle lui a voué (j'espère avoir pu montrer les quelques premiers vacillements ici) et on a atteint le summum à Azkaban.
A bientôt :)
