Bonjour/Bonsoir à tous ! Comme je suis en avance sur l'écriture de cette fic, je poste maintenant le chapitre 2. Je suis consciente que l'intrigue est, disons, assez plate, mais le prochain chapitre va énormément bougé, je vous le jure ! Il va se passer des choses... probablement inattendues.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture ! :)

Chapitre 2: Soupçons...

Plusieurs jours passèrent à Camelot. Rosy s'était vite habituée à ses nouvelles tâches et travaillait avec ardeur. Elle ne se plaignait jamais et était toujours prête à aider les autres serviteurs quand elle avait un peu de temps libre. Jamais Merlin n'avait vu autant de dévotion chez une servante, mis à part Guenièvre lorsqu'elle en était encore une. En fait, Rosy ressemblait beaucoup à Guenièvre dans sa manière de voir les choses et sa façon de travailler. C'était peut-être pour cette raison que Merlin et elle s'étaient vite entendus et étaient rapidement devenus de bons amis. Ce midi-là, ils étaient chargés, secondés par d'autres serviteurs, de concocter les plateaux nécessaires pour ensuite les servir aux familles nobles venues rendre visite à la reine. Ces familles, des proches de longues dates de la lignée Pendragon, étaient arrivées deux jours auparavant et se montraient toutes particulièrement capricieuses au niveau de la nourriture.

- Allez, on se remue un peu ! Ordonna la cuisinière en fusillant les serviteurs du regard, plus particulièrement Merlin qu'elle n'avait jamais beaucoup apprécié.

- Elle est insupportable ! Glissa Rosy à l'oreille de Merlin.

- Bienvenue dans les cuisines de Camelot ! Plaisanta t-il.

Sa remarque arracha un sourire amusé à Rosy. Elle s'empara d'un plateau et attendit que Merlin prenne le sien avant de quitter les cuisines. Ils marchèrent côte à côté, bavardant discrètement sur la sévérité dont faisaient preuve les nobles qu'ils avaient ordre de servir.

- As-tu déjà rencontré ces familles avant ? Demanda Rosy.

- Oui, plusieurs fois. Elles venaient fréquemment sous le règne de Uther, mais Arthur ne les a jamais appréciées.

- Pourquoi ?

- Il n'était pas comme Uther. Répondit simplement Merlin, les yeux dans le vague, la mine assombrie en évoquant l'époque.

Rosy hocha la tête mais, ayant vite compris que son ami détestait parler du passé, évita de rajouter un commentaire. Ils se séparèrent à l'angle d'un couloir et chacun traça sa route en direction d'un appartement différent.

En début d'après-midi, Merlin se trouvait dans les quartiers de Gaïus, en train de remettre un peu d'ordre sur le bureau de travail de son tuteur avant d'aller cueillir des herbes.

- Je ne pense pas rentrer avant ce soir. Annonça le médecin. Si la fièvre de cette petite fille persiste, je ne pourrais pas la laisser.

- Pas de problème, Gaïus, je serais sûrement occupé, moi aussi. Guenièvre organise un banquet pour le départ des familles nobles.

- Ne bois pas trop, d'accord ? Tenta de plaisanter le vieil homme.

- Vous me connaissez, je ne tiens pas l'alcool. Répliqua la sorcier d'un ton neutre.

Gaïus soupira, déçu de ne pas avoir tiré un sourire à son pupille, attrapa sa sacoche au passage et, après un coup d'œil à Merlin, quitta la pièce. Ce dernier se munit d'un petit sac qu'il utilisait pour ranger les herbes et se dirigea vers la porte qui s'ouvrit avant qu'il n'eut le temps de le faire lui-même. Rosy passa la tête dans l'entrebâillement et appela:

- Merlin ? Oh tu es là ! S'exclama t-elle en apercevant le jeune homme. J'ai croisé Gaïus dans le couloir, il m'a dit que tu étais là et que je pouvais entrer sans frapper..., se justifia t-elle, consciente de son impolitesse.

- Tu peux entrer. Dit-il à son amie.

Rosy pénétra à l'intérieur et fit quelques pas hésitants.

- La reine Guenièvre aimerait que j'aille lui chercher des plantes et des fleurs, elle m'a demandé de faire appel à Sanya pour qu'elle m'accompagne parce que... je ne connais pas encore très bien les environs... mais... Sanya m'a envoyée balader.

- Sanya n'est pas ici depuis très longtemps, expliqua Merlin, et elle ne parle avec personne, on dirait qu'elle déteste tout le monde.

- C'est ce que j'ai remarqué..., répondit Rosy en riant tout bas. Est-ce que ça t'ennuierait de m'indiquer le chemin s'il te plaît ?

- Non, je vais venir avec toi, je dois aussi aller cueillir des herbes pour Gaïus.

- D'accord. Alors... je te suis.

Merlin et Rosy sortirent du château et traversèrent la cour. En approche du pont-levis, ils furent dépassés par une horde de chevaux qui déboulèrent le pont sans prêter garde aux villageois qui, se trouvant sur leur chemin, durent se pousser à la hâte. Merlin les regarda disparaître dans la cour, subitement angoissé. Il s'agissait d'une patrouille qui était partie la veille inspecter un village après qu'un habitant ait témoigné d'un étrange phénomène magique. Vu le retour précipité de la patrouille, quelque chose de grave avait dû se passer. Merlin vit Léon stopper son cheval devant lui.

- Merlin, rejoins-nous dans la salle du trône immédiatement !

Le sorcier fit un mouvement de tête en guise de réponse et reporta son attention sur Rosy. Elle semblait quelque peu effrayée par l'urgence que dégageait la voix du chevalier.

- Rosy, peux-tu trouver quelqu'un d'autre pour t'accompagner ? S'inquiéta Merlin.

- Oui, ne t'en fais pas, je vais me débrouiller.

- On se retrouve plus tard !

Quand Merlin entra dans la salle du trône, Guenièvre venait juste d'arriver. Elle marcha d'un pas assuré vers ses nobles chevaliers et se posta devant eux, le visage grave. Merlin la rejoignit mais resta un peu à l'écart.

- Léon, qu'as-tu à m'apprendre ? S'enquit-elle d'une voix qui trahissait son anxiété.

- Nous avons recueilli plusieurs témoignages de villageois. Chacun d'eux nous a relaté à peu près la même chose. Des sorciers, voyageant en grand nombre, ont traversé leur village en volant tout ce qui leur était utile, à savoir des vêtements ou de la nourriture en abondance. Ils ont, bien évidemment, usé de magie pour commettre le pillage.

- Ont-ils eu recours à la violence ? Est-ce qu'il y a des morts ou des blessés à déplorer ?

- Non, majesté. Ils se sont contentés de repousser les villageois qui essayaient de protéger leurs biens, mais n'ont rien fait d'autre.

- Où sont-ils partis ?

- Ils font route vers Camelot. Nous pensions les croiser sur le chemin du retour mais nous n'avons malheureusement détecté aucune trace d'eux. Il est possible qu'ils utilisent la magie afin de se camoufler.

Guenièvre médita sur ce qu'elle venait d'entendre. Elle fit quelques pas dans la vaste pièce, les lèvres plissées de concentration. Tout à coup, en s'arrêtant devant les fenêtres et en observant le soleil se réfléchir derrière les vitres, elle pensa à Arthur. Nul doute que son défunt mari aurait su quoi faire, quelle décision prendre. Il avait toujours su garder la tête sur les épaules. Depuis sa mort, Guenièvre tentait de l'imiter, d'être à la hauteur des espérances qu'il nourrissait en elle, d'être la reine que Camelot attendait qu'elle soit. Elle se remémora les longues nuits passées dans la chaleur de ses draps, dans la chaleur des bras d'Arthur, emprisonnée dans son étreinte réconfortante. Il lui répétait souvent que s'il devait lui arriver malheur, elle seule était apte à lui succéder. Il louangeait presque sa sagesse, sa bonté et sa compassion pour autrui, parfois au point de la faire rougir. S'endormir seule était dur, chercher la présence de son époux sur le trône voisin du sien et se heurter à une place vide, régner seule, vivre seule... tout ça était dur.

- Arthur... murmura t-elle, les larmes aux yeux.

- Guenièvre, ça ne va pas ? chuchota une voix près de son oreille.

Elle se retourna pour se retrouver face à Merlin. Il dardait sur elle des yeux interrogateurs et inquiets. C'est par ce regard, bien qu'éteint depuis deux ans, que Guenièvre prit conscience de son égoïsme. Bien-sûr qu'elle souffrait de l'absence d'Arthur, mais elle n'était pas seule. Merlin avait passé ses journées à ses côtés pendant onze années, il l'avait vu passer du statut de prince idiot et irréfléchi à celui du plus grand roi de Camelot, toujours prêt à aider ses sujets. Bien que ni Merlin ni Arthur ne l'aient une seule fois avoué, Guenièvre, tout comme les chevaliers ou Gaïus, savait qu'ils se considéraient mutuellement comme des meilleurs amis, comme le frère que ni l'un ni l'autre n'avait eu... Merlin était la personne qui connaissait le mieux Arthur. De quel droit Guenièvre se permettait-elle de l'oublier ou de le faire passer après elle ? Elle se reprochait souvent son comportement envers le sorcier. Il était son ami, un ami très cher, et elle lui interdisait de pratiquer la magie. Merlin lui avait expliqué qu'il était né avec la magie, et lui demander de ne pas s'en servir était comme... l'empêcher d'être lui-même. Guenièvre détestait cela, mais sa peur prenait toujours le dessus, cette peur tenace dont elle n'arrivait pas à se défaire. Elle n'était pas du genre à avoir peur facilement ou se laisser impressionner, mais elle avait rencontré tellement de problèmes avec la magie qu'elle avait développé une méfiance grandissante. Et ce que ses chevaliers lui rapportaient ce jour-là n'arrangeait pas les choses.

Elle poussa un profond soupir et répondit, un léger sourire aux lèvres:

- Tout va bien, Merlin, je te remercie.

- Majesté, s'enquit Léon, quels sont vos ordres ? Devons-nous les rechercher et les arrêter ?

- Envoyez des patrouilles de recherches, oui, trouvez les et surveillez les de près, mais ne les attaquez pas. Cherchez à savoir quel est leur but et s'ils représentent une menace pour le royaume.

- Si je puis me permettre, majesté, ils ont pratiqué la magie sans votre autorisation et s'en sont servis pour piller un village. Il est clair qu'ils représentent une menace.

- Je ne nie pas les faits, Sir Léon, mais en prenant en compte leur nombre et le fait qu'ils soient des sorciers, nous devons avant tout jouer la prudence. Les laisser se promener librement dans la nature est risqué, j'en conviens, mais les attaquer sans savoir ce qu'ils veulent est tout aussi risqué. Je tiens d'abord à éviter une effusion de sang.

Guenièvre n'était pas sûre d'elle. Elle n'était jamais certaine de rien lorsqu'elle avait affaire à la magie. Mais rien que le mot « magie » l'incitait à être sur ses gardes. Elle préférait se montrait pacifiste et observer les faits et gestes de ces sorciers avant de prendre une décision finale. D'accord ils avaient utilisé leurs pouvoirs sans lui en demander la permission, d'accord ils s'en étaient servis pour voler, d'accord ils méritaient un châtiment. Toutefois, c'était des sorciers. La situation n'était pas aussi facile que pour de simples humains.

- S'il s'avère qu'ils deviennent une véritable menace pour la sécurité de Camelot, vous avez ordre de les tuer.

Léon s'inclina, imité par le reste des chevaliers, et prit congé de la reine. Guenièvre et Merlin se retrouvèrent seuls dans l'immense salle du trône. Le sorcier avança à pas prudents vers son amie.

- Je sais que vous ne voulez pas que j'utilise la magie, mais peut-être qu'il serait plus... judicieux que j'accompagne les patrouilles.

- Non, Merlin... Je te suis infiniment reconnaissante d'être si dévoué au royaume, à moi... mais je ne préfère pas que tu interviennes. Du moins, pas tant que nous ne sommes pas sûrs qu'il existe un réel danger.

Merlin ravala son commentaire et tourna les talons. En chemin pour enfin aller cueillir les herbes dont Gaïus avait besoin, il ne put se défaire du mauvais pressentiment qui le tiraillait. Guenièvre avait raison d'être méfiante vis à vis de ces sorciers, mais empêcher Merlin de se joindre aux chevaliers, au moins par mesure de précaution, le révoltait. Son aide pouvait se révéler précieuse. Il prit la décision d'attendre le rapport des patrouilles avant de renouveler sa demande auprès de la reine en cas de nouvelle négative. Si Guenièvre s'obstinait à le tenir à l'écart, il irait lui-même au devant des sorciers.


A la tombée de la nuit, Merlin et Rosy s'empressèrent de gagner la salle de banquet qui avait été richement décorée en l'honneur des amis de la reine. Les familles que recevaient Guenièvre allaient partir le lendemain matin, elle avait donc prévu un grand festin pour leur départ. Les nobles qui résidaient au château étaient également conviés, leurs serviteurs attitrés les suivant pas à pas. En observant leurs allées et venues, une carafe dans les mains, Merlin eu un pincement au cœur. Il se revit à leur place, vérifiant régulièrement que le verre d'Arthur était plein et le resservant si nécessaire. Il secoua la tête pour ne pas retomber dans ses souvenirs. Il déposa sa veste sur le sol, près d'un pilier, afin d'éviter d'être pris dans l'étau de la chaleur étouffante qui régnait. Pendant plusieurs heures, il passa d'invités en invités, jouant le serviteur parfait, essayant de ne pas trébucher maladroitement et jetant des coups d'œils discrets à Rosy qui était un peu nerveuse d'assister à ce genre de banquet. La jeune fille était debout derrière Guenièvre, celle-ci discutant avidement avec sa voisine. Quand la servante croisa le regard de Merlin, elle lui envoya un signe de la main, un petit sourire aux lèvres.

- Merlin ? L'appela soudainement Guenièvre.

Il s'approcha d'elle et se pencha vers elle afin d'entendre sa voix, rendue sourde par le brouhaha de la foule.

- Tu peux te retirer, si tu le souhaites.

- Vous n'avez pas besoin de moi ?

- La salle ne manque pas de serviteurs, rassure toi. Tu peux y aller.

- D'accord... Bonne nuit, majesté.

- Bonne nuit, Merlin. Répondit-elle en souriant gracieusement.

Il souhaita également une bonne nuit à Rosy et quitta prestement la pièce. Il traversa la cour sans se presser, voulant profiter de la brise légère qui rodait dans le royaume. Dès qu'il entra dans les appartements de son tuteur, il vit celui-ci assit à sa table de travail, le nez plongé dans un bouquin.

- Alors, comment s'est passé ce festin ? S'informa Gaïus sans relever la tête de son livre.

- Comme... un festin. Servir à boire, patienter devant un pilier, les joies du festin, en somme.

Merlin s'affala sur un siège laissé en évidence près du médecin et se frotta les yeux. Le silence qui suivit et plus particulièrement l'immobilité de son pupille retinrent l'attention de Gaïus qui daigna finalement poser son livre sur la table.

- Tu veux me parler ? Demanda t-il.

- Quelque chose me tracasse...

- ça, oui, je l'avais remarqué. Qu'y a t-il ?

Merlin raconta donc en détail l'entretien qui avait eu lieu entre Guenièvre et Léon un peu plus tôt dans la journée et relata tout ce qu'il avait appris sur les mystérieux sorciers. Il laissa son tuteur y penser un moment et alla prendre une pomme pour patienter.

- Ce que tu me rapportes, Merlin, ne me laisse rien présager de bon..., finit-il par dire, les sourcils froncés.

- Je suis d'accord, mais Guenièvre semble déterminée à ne pas intervenir. En tout cas pour le moment. Mais... j'ai un mauvais pressentiment...

- Comment cela ?

- Eh bien... rien n'a vraiment changé, la magie est toujours proscrite. Pour l'utiliser, il faut avoir l'autorisation de Guenièvre. J'ai toujours trouvé ce décret stupide, et apparemment je ne suis pas le seul à le penser. J'ai l'impression que ces sorciers prennent ce décret comme une insulte à leur nature... à notre nature. Comme si nous devions demander la permission d'être ce que nous sommes. C'est peut-être pire que ne pas être reconnu du tout. Se révéler comme ils l'ont fait, dans ce village, pourrait être comme... un défi, ou un acte de révolte.

Gaïus hocha la tête, les yeux rivés sur Merlin.

- Ton hypothèse est plus que probable, mon garçon.

- Ils font route vers Camelot... j'ai peur qu'ils s'en prennent au château, à Guenièvre.

- J'imagine que Guenièvre t'a interdis de t'en mêler ? Supposa Gaïus.

- Comme d'habitude..., soupira Merlin, attristé.

Gaïus savait que Merlin vivait mal le fait d'être mis à l'écart et de devoir encore cacher ses pouvoirs devant Guenièvre, Léon et Perceval, les seuls à être au courant de sa magie. Merlin était comme le fils qu'il n'avait jamais eu et le voir souffrir en secret lui brisait le cœur. Il avait tant fait pour Arthur, pour le royaume, et s'était fait un devoir de protéger Guenièvre durant les deux dernières années... pour ne pas avoir droit à la reconnaissance qu'il méritait.

Trois coups résonnèrent brusquement derrière la porte, ramenant les deux hommes à la réalité.

- Entrez.

Un jeune garçon s'engouffra à l'intérieur, le souffle court et des larmes ruisselantes sur ses joues.

- Mon petit frère est tombé et il a très mal à sa jambe...

Gaïus rendossa aussitôt son rôle de médecin. Il s'empara de sa sacoche contenant ces flacons et autres herbes, puis suivit l'enfant hors de la pièce. Après le départ de Gaïus, Merlin resta longtemps assis à la même place, à écouter le feu crépiter dans la cheminée et à ressasser les inquiétantes découvertes des chevaliers.

- Euh... Merlin ?

- Hein ?

Il releva la tête en sursaut et se retrouva nez à nez avec Rosy. Elle l'examinait, se demandant s'il n'était pas malade. Quand elle vit que son ami était sortit de ses songes, elle vira au cramoisi et recula d'un pas.

- Excuse-moi de te déranger. J'ai frappé, mais ça ne répondait pas, alors... Je voulais juste te rapporter ça.

Elle lui tendit sa veste d'un geste timide en détournant le regard.

- Tu l'as oublié en partant.

- Oh... merci.

- De rien. Bon, il est très tard, je te laisse.

Merlin darda ses prunelles bleues sur Rosy et la regarda avec plus d'attention. C'est alors qu'il remarqua des détails anormaux. La jeune servante avait les yeux gonflés et rougis et reniflait discrètement. Bien qu'elle gardait la tête baissé, signe évident qu'elle cherchait à cacher son état à Merlin, celui-ci n'était pas dupe.

- Qu'est ce qui ne va pas, Rosy ?

- Rien, tout va bien.

Merlin lui saisit doucement le poignet et la força gentiment à s'asseoir à côté de lui.

- Dis moi ce qui ne va pas. Tu as eu des problèmes au festin ?

- Non... ça n'a rien à voir avec le festin. J'ai reçu une lettre de ma famille... En fait, si je suis devenue servante, c'est pour rapporter de l'argent à ma mère. Elle élève seule mes trois petites sœurs et l'une d'elle est tombée gravement malade. Nous n'avions pas les moyens de payer des soins, alors... j'ai décidé de travailler pour aider ma mère...

- Tu aurais dû m'en parler plus tôt ! S'enquit Merlin, sidéré. J'aurai pu te donner de l'argent.

- Non, Merlin, c'est... c'était hors de question que j'en parle à qui que ce soit ! C'est à moi d'aider ma famille.

Sur ces mots, Rosy recommença à pleurer. Elle s'écarta de son ami, de peur de l'incommoder, mais il la ramena vers lui et la prit dans ses bras. Rosy leva ses yeux d'un bleu cristallin sur Merlin et scruta son visage. Alors, doucement, sans réfléchir, elle se colla un peu plus à lui et posa ses lèvres sur les siennes. Le sorcier n'eut pas le temps de se dérober, car son amie le fit avant lui. Elle se remit debout en le fixant d'un regard profondément honteux.

- Je... Je ne sais pas... Je ne sais pas ce qui m'a pris ! Bégaya t-elle. Je suis vraiment désolée !

Merlin resta coi quelque secondes mais il comprenait le geste de Rosy. Elle était désemparée, elle cherchait du réconfort et il était là pour l'écouter. Il ne pouvait pas lui en vouloir de ce qu'elle avait fait.

- Ne t'inquiètes pas, il n'y a rien de grave.

- Je... Je ferai mieux d'y aller... Je suis vraiment désolée !

Elle se rua en courant dans le couloir avant que Merlin n'eut le loisir d'ouvrir la bouche. Il soupira gravement et se frotta la nuque, embarrassé par son attitude. Vraiment, il ne tenait pas rancune à Rosy de l'avoir embrassé. C'était même arrivé une fois à Guenièvre quand elle avait cru qu'il était mort. Il savait bien qu'il n'y avait aucune arrière pensée là-dedans. Et surtout, il ne risquait pas de s'en préoccuper... son cœur appartenait à Freya. Le souvenir de la druidesse remontait à plus d'une dizaine d'années, mais il savait, au fond de lui, qu'il n'avait jamais cessé de l'aimer.

Il l'aimerait toujours.