Bonsoir tout le monde ! :) Voilà le chapitre 3. Si certains voulaient de l'action, je pense que ce chapitre en offre un peu ( beaucoup ? ). Je vous laisse juger par vous-même...

Malheureusement, Merlin ne m'appartient en aucune façon...

Je tiens à remercier Elvis ( un Guest ) et laure marez pour leurs reviews qui m'ont énormément motivée ! Merci aussi à laure marez, toujours, et à Zarbi pour avoir ajouté cette histoire à la rubrique " follow ". Merci beaucoup tout le monde ! :)

J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes. Je vous souhaite à tous une agréable lecture et n'hésitez pas à laisser une review pour me dire ce que vous en pensez. ^^

Chapitre 3: Vérité...

Une semaine s'écoula.

Camelot avait vu se succéder patrouille sur patrouille, ces dernières passant la forêt et les villages au peigne fin dans l'espoir de mettre la main sur les sorciers. Guenièvre avait ordonné à ses chevaliers de les surveiller, mais comment pouvaient-ils remplir leur mission si les retrouver posait déjà problème ? Après le pillage qu'ils avaient commis, ils s'étaient tout simplement... volatilisés. Oui, c'était le terme. Léon, Perceval et les chevaliers avaient eu beau interroger toutes les personnes qu'ils rencontraient, aucune d'elles ne put leur apporter de réponse. Peu importe ce qu'ils entreprenaient, ils restaient dans le flou. C'était comme si ces sorciers n'avaient jamais existé.

Ce soir-là, la patrouille dirigée par Léon rentra au château exténuée et découragée. Tout comme lui, les chevaliers sous ses ordres étaient tous... sceptiques. Sceptiques et au summum de l'inquiétude. Ils ne voyaient pas la soudaine disparition de ces sorciers d'un très bon œil. Lorsque Léon posa pied à terre et remit son cheval aux bons soins d'un garçon d'écurie, Merlin courut à sa rencontre.

- Sir Léon !

Celui-ci savait très bien ce que le jeune homme allait lui demander et les mots eurent du mal à franchir ses lèvres lorsqu'il fut obligé de répondre.

- Rien, Merlin... rien.

Merlin jeta un regard circulaire sur la cour et constata que tous les chevaliers se trouvaient dans le même état de déploration que lui ou Léon. Il vit Rosy arriver vers lui, un paquet de linge dans les mains.

- Pas de nouvelle des sorciers ? Demanda t-elle de son éternelle petite voix vibrante de timidité.

Son ami hocha négativement la tête puis tourna les talons. Rosy le suivit et remarqua l'air songeur qu'il arborait.

- Les patrouilles finiront bien par les trouver, se risqua t-elle, ils n'ont pas pu s'envoler comme ça, c'est impossible, même pour des sorciers... enfin, je suppose...

- Oui... Oui, tu as raison.

- Bon... J'ai encore quelques corvées à faire pour la reine... à plus tard, Merlin.

- A plus tard.

Il regarda la servante s'engouffrer dans le château d'un pas rapide et ne put s'empêcher de soupirer. Depuis le soir où elle l'avait embrassé, elle se montrait encore plus gênée qu'à son arrivée et avait pris une certaine distance avec lui. Merlin lui avait pourtant expliqué que « l'incident » était oublié, mais la jeune fille ne semblait pas être convaincue. En chemin pour les appartements de Gaïus, il songea sérieusement à reformuler une requête auprès de Guenièvre pour avoir la permission d'enquêter. Cependant, il connaissait assez bien la reine comme étant têtue en matière de magie. Il soupira une deuxième fois lorsque la seule solution s'imposa à lui: il devait agir derrière son dos. Il n'avait plus le choix. Après tout, ce n'était pas comme s'il n'avait pas l'habitude ou qu'il ressentait une once de culpabilité. Il allait faire ce qui devait être fait, ce qu'il aurait déjà dû faire. Cette nuit, il allait agir.


Au milieu de la nuit, après avoir essayé de dormir un peu en priant pour ne pas faire de cauchemar, en vain, Merlin s'habilla et sortit silencieusement des quartiers de son tuteur. La lune était pleine et éclairait majestueusement les murs du château, illuminant la cour de sa lumière incandescente. L'air était emplit de fraîcheur, une fraîcheur apaisante à laquelle se mêlait la senteur de la fumée que dégageaient les torches accrochées au mur. La nuit était paisible. Merlin inspira à grandes goulées, détendu par la calme atmosphère du lieu. Mais, alors qu'il se dirigeait vers le pont-levis, il s'arrêta brusquement au milieu de la cour, les sens en alerte. Il tourna lentement sur lui-même, scrutant avec méfiance chaque recoin de la forteresse dissimulé dans l'ombre. Tout était calme, beaucoup trop calme pour que cela ne paraisse pas suspect. Habituellement, les courants d'air sifflaient, les chevaux reclus dans leurs stalles hennissaient et les gardes discutaient. Mais à ce moment-là, Merlin n'entendit rien. Il fit appel à sa magie et amplifia son audition. Ce qu'il perçut alors lui glaça le sang.

Des chuchotements... des légers bruits de pas... des froissements de vêtements collés les uns aux autres... l'écho du métal... puis, il vit des silhouettes percer l'ombre.

Avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, il ressentit une douleur fulgurante dans son crâne... et il s'écroula.


L'entrée de Perceval dans les appartements de Guenièvre arracha cette dernière au sommeil. Elle se redressa dans son lit et s'écria, affolée:

- Que se passe t-il ?

- Nous sommes attaqués ! Il faut vous mettre en sécurité.

L'heure n'étant certainement pas aux civilités, Perceval ouvrit les placards de la penderie et fouilla à l'intérieur avec des gestes précipités. Il dénicha des vêtements chauds et les tendit à la reine qui se hâta de disparaître derrière son paravent pour s'habiller. A peine quelques secondes plus tard, elle était prête. Elle se couvrit d'une cape et rabattit l'ample capuche sur sa tête. Tandis qu'elle sortait de sa chambre, escortée par Perceval, elle s'enquit, tâchant de faire taire sa panique:

- Pourquoi dois-je fuir ? Qui sont nos ennemis ? Quelle est leur position à l'heure où nous parlons ?

- Tous les chevaliers sont sur le pied de guerre, mais nos ennemis sont incroyablement nombreux, je ne sais pas combien de temps nous tiendrons. Ils ont traversé la ville basse et ont pénétré la citadelle sans que personne ne le remarque.

- La... La citadelle ?! S'écria Guenièvre, bouche-bée. Personne n'a jamais réussi à prendre la citadelle !

- Majesté... c'est une armée de sorciers.

Ces mots laissèrent Guenièvre muette de frayeur. Quelle chance les chevaliers avaient-ils contre une armée de sorciers ? Probablement aucune. Ils seraient neutralisés avant même d'avoir dégainé leurs épées. Combien de sorciers s'étaient déjà introduits dans l'enceinte du château ? Combien de chevaliers étaient tombés ? Combien de temps tiendraient-ils ? Les survivants pourraient-ils fuir ? Est-ce que les sorciers s'en étaient pris au peuple ? Une multitude de questions défilaient dans l'esprit de Guenièvre, des questions qui lui tordaient l'estomac de peur.

Suivant pas à pas Perceval, elle ramassa une épée perdue au milieu du couloir, prête à se battre s'il le fallait. Et, à son sens, il le faudrait sûrement. Guenièvre et Perceval marchaient depuis plusieurs minutes, passant de couloir en couloir, quand ils commencèrent à se demander pourquoi ils n'avaient encore croisé aucun sorcier. Ils pouvaient clairement entendre le fracas métallique des armes s'entrechoquant, les hurlements combatifs des chevaliers, les cris des habitants du château... et pourtant, il n'y avait aucun ennemi en vue.

- Perceval, où sont-ils exactement ?

- Je pense qu'ils sont encore à l'étage inférieur... Profitez-en pour fuir.

Le chevalier s'arrêta devant un mur orné d'une tapisserie et souleva cette dernière, découvrant une porte incrustée dans la pierre. Il conjura toute sa force et parvint à la faire tourner sur ses gonds. Cela fait, il se hâta d'attraper une torche et la mit dans les mains de la reine.

- Tenez. Suivez le tunnel. Les sorciers ne s'en sont pas pris à la ville basse, lorsque vous arriverez la-bas, attendez nous. Léon, Merlin et moi vous rejoindrons le plus vite possible et vous conduirons à l'extérieur de Camelot.

- Non ! Je ne peux abandonner le royaume ! Je ne peux pas le laisser à la merci de ces sorciers !

- Majesté, c'est vous qu'ils veulent ! S'ils vous trouvent, ils vous tueront ! Vous devez fuir pendant que vous le pouvez !

- Mais...

Faisant fi des protestations de Guenièvre, Perceval la poussa dans le tunnel et referma la porte. Il replaça la tapisserie juste au moment où une dizaine de sorciers se ruaient en courant dans sa direction.


Suite au coup qu'il avait reçu, Merlin avait pensé perdre connaissance mais la douleur n'avait fait que l'engourdir et paralyser ses sens. Il s'était effondré sur le sol et luttait désormais contre l'élancement insupportable qui martelait sa boîte crânienne. Il ne voyait plus qu'à travers un rideau flou et n'entendait plus que des bruits et des cris lointains et étouffés. Autour de lui, il savait bien que les combats faisaient rage. Parfois, une cape rouge passait dans son champ de vision défaillant, parfois, l'odeur du feu venait lui chatouiller les narines et parfois, il entendait des hurlements.

Une attaque surprise. Merlin priaient pour qu'il ne s'agisse pas des sorciers qu'ils recherchaient, auquel cas il était évident qu'ils n'auraient aucune chance de gagner, encore moins de s'en sortir. Même lui ne pouvait pas se battre contre une armée entière de sorciers ! Il était peut-être Emrys, le plus puissant sorcier que la terre ait jamais porté, mais il ne se sentait pas capable de tenir ce rôle, pas à ce moment-là, pas dans cette situation, c'était impossible !

Merlin fit des efforts surhumains pour se redresser en position assise. Il utilisa sa magie afin de recouvrer totalement ses sens, puis analysa la situation. Comme il le pensait, les affrontements s'enchaînaient autour de lui, mais il voyait bien que les sorciers, oui, c'était malheureusement eux, prenaient rapidement le dessus. Les chevaliers étaient repoussés comme on repousse une mouche d'un simple mouvement de la main. Merlin se leva et chercha un souffle régulier, la tête tournant légèrement. Une fois sûr qu'il pouvait tenir debout, il courut dans le château, sa priorité étant de retrouver Guenièvre et la mettre à l'abri. Dès qu'il rencontrait des ennemis, il les envoyait s'écraser lourdement contre un mur ou les éjectait plusieurs mètres plus loin. En arrivant à l'étage supérieur, il repéra un attroupement d'une dizaine d'ennemis avancer vers un chevalier à l'allure d'une armoire à glace coincé contre le mur. Merlin reconnut avec effroi Perceval. Il en appela à sa magie et, d'un geste résolu de la main, envoya les sorciers à l'autre bout du couloir.

- Perceval ! Où est Guenièvre ?

- Elle est partie par les tunnels.

Merlin poussa un profond soupir rassuré et hocha la tête.

- Je lui ai dit de nous attendre à la sortie, dans la ville basse, ajouta le chevalier, nous l'emmènerons en lieu sûr après. Merlin, ne peux-tu rien faire contre ces sorciers ?

- Je... Je ne sais pas, ils sont trop nombreux, je ne sais pas du tout quoi faire !

- Bon, nous devons vite nous échapper d'ici et rejoindre la reine.

- Je vais d'abord chercher Gaïus !

Perceval acquiesça d'un hochement de tête. Une fois redescendus dans la cour, les deux hommes se séparèrent. Merlin parvint sans trop de difficultés à rejoindre les appartements de Gaïus. Ce dernier était déjà en train de fourrer ses affaires nécessaires dans un sac. Il soupira de soulagement lorsqu'il vit son pupille entrer.

- Merlin !

- Vite, Gaïus, nous devons partir, les sorciers sont partout !

Le médecin boucla son sac, le passa derrière son épaule et suivit le jeune homme hors de la pièce. A l'extérieur du château régnait une cacophonie infernale et Merlin ne voyait pas comment faire sortir son tuteur sans se faire remarquer ou sans risquer de se faire blesser dans la mêlée.

- Gaïus, nous allons passer par les tunnels, c'est le seul moyen.

Merlin refit le même chemin que précédemment, veillant à protéger le vieil homme de son mieux et à surveiller ses arrières. Heureusement qu'il était sorcier, car sans magie il n'aurait pas été très loin. Enfin parvenu devant la tapisserie, il la souleva et ouvrit la lourde porte grâce à ses pouvoirs. Mais, alors qu'il allait suivre Gaïus à l'intérieur, il se stoppa net. Le médecin le dévisagea, inquiet.

- Rosy ! S'exclama soudainement Merlin. Je ne peux pas la laisser là !

- Merlin, c'est de la folie !

- Je ne l'abandonnerai pas, Gaïus !

Celui-ci semblait réticent. Il savait que Merlin et la servante s'entendaient bien, mais l'idée que son fils de cœur se retrouve au milieu des combats lui faisait naître un mauvais pressentiment. Toutefois, le connaissant sur le bout des doigts, il savait que rien de ce qu'il dirait ne le ferait changer d'avis. Finalement, il tapota son épaule et répondit:

- Ne traîne pas, mon garçon.

- Ne vous inquiétez pas.

Il referma la porte et laissa retomber la tapisserie contre le mur. Pour commencer, il allait se rendre dans les quartiers des serviteurs. Il savait que la plupart d'entre eux avaient déserté les lieux suite à l'attaque, mais Rosy n'étant pas à Camelot depuis longtemps, Merlin préférait d'abord vérifier si elle s'y trouvait. Il parvint à mettre à terre les sorciers qui avaient eu la malchance de se tenir sur son chemin et arriva, essoufflé, dans la chambre occupée par la jeune fille. Comme il s'y était douté, cette dernière était assise au pied de son lit, recroquevillée sur elle-même et sanglotant. Quand elle vit Merlin s'approcher d'elle, elle s'écria:

- Merlin, que se passe t-il ?! Je n'ose pas sortir d'ici tellement j'ai peur !

- Calme toi, Rosy. Les sorciers... ils nous attaquent. Ce n'est qu'une question de minutes avant qu'ils ne bouchent toutes les sorties du château. Viens, nous devons...

Il fut coupé par l'écho d'un cri strident, un cri venant du ciel, un cri à résonance animale. Animale ? Affolé, Merlin se précipita aux fenêtres et scruta l'immensité du ciel. Ses yeux se posèrent sur la forme circulaire de la lune, étincelante de lumière... jusqu'à ce qu'une silhouette aux ailes déployées la couvre et descende en piquée vers la cour. La créature atterrit souplement au milieu des débris, faisant échapper des cris de détresse aux chevaliers qui se trouvaient autour. Elle avait de longues ailes blanches et était recouverte d'écailles brillantes et menaçantes. Ses prunelles étaient d'un bleu azuré, un bleu profond et transperçant. Sa queue fendait l'air tel un fouet gigantesque. C'était un dragon.

- Aithusa... murmura Merlin, abasourdi.

Comment cela était possible ? Comment Aithusa pouvait-il se retrouver à Camelot ? Comment avait-il réussi à survivre après la mort de Morgane ? Malheureusement, Merlin n'avait pas le temps de se poser davantage de questions ou même d'envisager d'aller voir le dragon, il y avait plus urgent à s'occuper ! Bien que secoué par l'apparition soudaine d'Aithusa, il reporta toute son attention sur Rosy. La servante s'était levée et lui tournait le dos. Ses longues boucles noires retombaient en cascade sur ses épaules. Mais... depuis quand avait-elle les cheveux noirs ? Rosy était blonde et trente seconde avant, elle était encore blonde. L'angoisse de Merlin monta en flèche. Avant qu'il n'eut le loisir de faire un pas vers elle, elle fit volte-face. A ce moment-là, pour la première fois de sa vie, le jeune sorcier aurait préféré être mort. Oui, il aurait préféré être mort que revoir ce visage, ce sourire cruel emplit de satisfaction, ces yeux yeux vert clair luisants de haine et de mépris.

- M... Morgane... bégaya t-il, le souffle court.

- Bonsoir, Merlin, le salua t-elle, visiblement amusée.

Non, c'était impossible. Morgane était morte. Il l'avait tuée ! Il avait vu son corps tomber sur le sol après avoir utilisé Excalibur pour la transpercer. Elle ne pouvait pas être vivante, elle ne pouvait pas être là, elle ne pouvait pas être sous son nez depuis presque deux semaines !

- Alors, tu préfères m'appeler Rosy ou Morgane ? Continua t-elle, prenant un malin plaisir à déstabiliser Merlin encore plus. Ça n'a pas été facile de jouer la cruche, la pauvre petite paysanne craintive et sans défense qui berce les cœurs. Il faut croire que j'ai un talent de comédienne cachée, n'est-ce-pas ? Tu ne trouves pas cela ironique, Merlin, que je sois devenue la servante de Guenièvre quand elle a été la mienne ?

- Où... Où est la vraie Rosy ?

- La vraie Rosy ? Tu n'as toujours pas compris ? Il n'y a jamais eu de Rosy ! C'est un personnage que j'ai inventé ! Il a simplement fallu me débarrasser de cette Laïa, l'ancienne servante de Guenièvre, prendre sa place en tant que Rosy et le tour était joué. Je dois admettre que ça a failli me rendre nostalgique. Retrouver ta gentillesse, ta bienfaisance... il manquait juste ta maladresse et ton sourire d'idiot ! Où est passé ce Merlin que j'ai toujours connu, hein ? Es-tu sérieusement déprimé par la mort de mon cher frère ou ta joie de vivre imbécile n'était qu'un vulgaire rôle que tu jouais pour qu'il ne te démasque pas ?

Merlin serra les poings, tâchant de refouler la colère et le chagrin qui montaient en lui. Il sentait sa magie bouillonner sans ses veines et s'empressa de calmer son élan démesuré, cet élan qui le faisait trembler de rage.

- Comment ? Comment avez-vous survécu ? S'enquit-il d'une voix plus posée.

Il fallait la distraire, la faire parler, gagner du temps afin qu'il puisse élaborer un plan pour s'enfuir et rejoindre ses amis dans la ville basse. Il n'avait pas le temps de s'occuper de Morgane, pas aujourd'hui.

- C'est une bonne question. Ce que j'ai retenu, c'est que tu devrais éviter de jouer les assassins, ça ne te va absolument pas. Tu ne sais même pas donner un coup direct pour achever une personne. Tu en as la preuve devant toi.

- L'épée... elle a été forgée dans le souffle d'un dragon, c'est impossible que vous ayez survécu !

- Tu oublies, Merlin, que j'avais un dragon avec moi. Si ma blessure résultait du souffle d'un dragon, alors qui de mieux placé qu'un dragon pour guérir cette même blessure ? Balança t-elle sournoisement. Aithusa m'a retrouvée juste à temps.

- Non... Non, vous ne... vous ne respiriez plus... C'est impossible...

Merlin sentit ses jambes se dérober sous lui et dut prendre appui au mur pour ne pas tomber. Il repensait à Kilgarrah. Il devait obligatoirement savoir cela, alors... il aurait pu guérir Arthur ! Pourquoi ne l'avait-il pas fait ? Était-il trop vieux ? Trop faible ? N'avait-il pas l'énergie suffisante ? Merlin n'aurait sûrement jamais la réponse. Savoir que Morgane avait échappé à la mort et qu'elle se tenait devant lui, plus sûre d'elle que jamais, le rendait malade. Une violente nausée l'assaillit, son cœur se serra douloureusement, sa magie explosa dans ses veines. Il réunit toute la puissance dont il était capable et envoya la prêtresse s'écraser contre le mur opposé sans qu'elle n'ait eu le temps de comprendre ce qui se passait. Merlin espérait que la violence du choc lui avait fait perdre connaissance. Il détala des quartiers des serviteurs sans même lui jeter un regard. Il aurait pu la tuer. Enfin, probablement. Il n'en était pas sûr, elle était redoutable et plus résistante qu'il ne le pensait. Mais ce qui lui faisait peur, avant tout, c'était sa puissance. Lorsqu'elle s'était dévoilée, elle avait dévoilée en même temps toute la magie qui l'habitait et cette magie était impressionnante. Elle avait grandi en force et cela ne laissait rien prévoir de bon pour l'avenir. Dans l'état de panique et de fureur dans lequel il se trouvait, Merlin n'eut pas besoin de beaucoup d'effort pour repousser les sorciers qui lui barraient la route. Après tout, lui aussi était puissant. Il se rendit sans perdre une seconde jusqu'à la tapisserie et se glissa dans le tunnel. Sa peur ne faisait que croître tandis qu'il courrait le long du souterrain, seulement guidé par une boule lumineuse créée grâce à sa magie. Son envie de vomir ne s'était pas atténué, il avait des hauts le cœur qu'il réprimait avec du mal et était secoué de tremblements incontrôlables. Mais comment avait-il pu être aussi bête, aussi aveugle ? Telle était sa principale question. Il connaissait très bien Morgane, il aurait dû se rendre compte de la supercherie. Comme elle l'avait dit elle-même, elle possédait un véritable talent de comédienne. Elle était parvenue à berner tout le monde, même Gaïus, pourtant de nature perspicace. Il faut dire qu'elle ne s'en était pas trop approché, elle savait ce qu'elle faisait. Il aurait dû deviner !

Merlin reprit son souffle et essaya de chasser ses pensées, d'arrêter de se reprocher son inattention. Le mal était fait, les sorciers avaient pris Camelot, sûrement commandés par Morgane. Désormais, sa préoccupation était de retrouver Gaïus, Guenièvre, Perceval et Léon dans la ville basse et s'enfuir. Ils n'avaient pas d'autres choix. C'était ça ou la mort. Quand il arriva au bout du tunnel, il pria pour qu'il ne soit rien arrivé à ses amis et s'engouffra sans attendre à l'extérieur. Le souterrain débouchait sur une rue étroite, entourée de maisons et de vieux commerces. Les habitants sortaient en masse de chez eux et couraient dans tous les sens, espérant probablement savoir ce qui se passait au château et quelle était la cause de tout ce chamboulement. Merlin pensa qu'ils auraient une désagréable surprise au matin... Il passa un regard circulaire sur les alentours, en quête d'un signe de son tuteur ou d'un chevalier.

- Merlin ! Chuchota une voix familière.

Le jeune homme tourna la tête à gauche et distingua la silhouette de Perceval derrière les grandes roues d'une charrette. Il contourna les chevaux et le rejoignit.

- Vite, monte ! Ordonna le chevalier d'un ton pressé.

Guenièvre, Gaïus et Léon étaient déjà installés à l'intérieur, n'attendant plus que lui et le signal du départ. Tout à coup, la charrette se mit en marche. Merlin jeta un regard vers Perceval qui tenait les rênes puis vers ses trois autres amis, silencieux à ses côtés. Il allait devoir leur parler de Morgane, mais ne savait pas encore comment aborder les choses... Les sanglots étouffés de Guenièvre le ramenèrent à la réalité. Il comprenait sa réaction et savait à quel point elle devait s'en vouloir. Ses pensées furent confirmées quand elle prit la parole:

- J'ai fait la plus grosse erreur de ma vie... Oh Merlin, je suis désolée... J'aurais dû te laisser utiliser la magie pour retrouver les sorciers... Si je t'avais laissé faire, peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé ! Que va penser le peuple ? Je l'ai abandonné !

- Guenièvre, ce n'est pas de votre faute, la rassura Merlin. Les sorciers ont tout fait pour ne pas qu'on les retrouve et je pense que je n'aurais pas réussi non plus, même avec la magie.

La reine ne répondit pas. Malgré les paroles de son ami, celui-ci se doutait bien qu'elle n'était pas entièrement convaincue. Tous lancèrent un regard abattu vers le château qu'ils laissaient derrière eux. Un vide se creusait en eux. Camelot était leur maison et la quitter aussi brusquement, la laisser aux mains de ces sorciers rebelles, les faisait se sentir démunis et horriblement impuissants. Mais si les deux chevaliers, Guenièvre et Gaïus, pensaient être informés de la situation, ils n'étaient malheureusement pas au bout de leur surprise, car ce que Merlin s'apprêtait à leur révéler n'était pas des plus réjouissants.

- J'ai quelque chose à vous dire... commença t-il, sentant de nouveau la nausée l'envahir.

Les regards qui se braquèrent sur lui le mirent mal à l'aise et le répugnèrent à continuer. Il rassembla son courage et poursuivit:

- J'ai voulu aller chercher Rosy, mais...

- Elle est morte ?! S'écria Guenièvre.

- C'est pire que ça... Rosy... n'était pas Rosy.

- Que veux-tu dire, Merlin ? Demanda Léon, les sourcils froncés.

- Rosy était... c'était... Morgane.

Gaïus et Léon restèrent bouche-bée face à cette révélation. Guenièvre, quant à elle, arborait une expression horrifiée, des larmes d'incompréhension et de pure panique brillaient dans ses yeux marrons. Pour finir, Perceval avait baissé la tête, les mains crispées sur les rênes, mais aucune émotion ne venait transfigurer son visage.

- Morgane... bredouilla la reine, soudain très pâle. Comment... Comment...

- Comment est-ce possible ? S'enquit Gaïus, sous le choc.

- Aithusa l'a soignée alors que je croyais l'avoir tuée... expliqua sombrement Merlin.

- Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Dit Léon. Morgane a toujours convoité le trône... pourquoi s'être fait passer pour une servante et n'avoir rien tenté contre Guenièvre ? Elle avait pleins d'occasions pour cela.

- Elle ne m'a rien dit à ce sujet. Répondit le sorcier.

- Il est possible que Morgane ait voulu attendre l'arrivée des sorciers. Supposa le médecin. Tenter quelque chose contre Guenièvre, seule, sous sa couverture de servante, aurait fait d'elle le principal suspect alors qu'elle cherchait à ne pas se faire remarquer.

- Justement, pourquoi s'être infiltrée à Camelot ? Ajouta Merlin. Ça ne tient pas debout. Elle aurait pu tout simplement arriver cette nuit avec les sorciers, ça n'aurait rien changé.

La question se posait, en effet, mais personne ne put apporter de réponse, personne ne comprenait les agissements de Morgane. Un long silence suivit cette conversation, jusqu'à ce que la voix calme de Perceval se fit entendre:

- Où allons-nous maintenant ?

Guenièvre semblait hésitante. Elle pouvait demander asile auprès d'un royaume allié, chez la princesse Mithian ou la reine Annis, mais que leur dirait-elle au sujet du retour inattendu de Morgane et de la prise de Camelot par une armée de sorciers ? Comment leur expliquerait-elle la gravité de la situation ? A son grand étonnement, Merlin suggéra:

- Peut-être que nous pourrions d'abord faire route vers... vers Avalon ? Ce lac est peuplé de créatures magiques, je pourrais essayer de communiquer avec elles. Peut-être qu'elles nous aideront...

Guenièvre fixa longuement son ami, paraissant peser le pour et le contre. Elle n'était pas certaine de désirer voir le lieu où Arthur était mort, mais Merlin avait raison. Il savait ce qu'il faisait, elle devait lui faire confiance, elle devait l'écouter cette fois-ci. Finalement, elle déclara:

- D'accord, allons à Avalon.

Le reste du trajet se fit dans le silence le plus total. Lorsqu'ils s'engagèrent dans la forêt, Merlin, Perceval et Léon se montrèrent aussitôt prudents, surveillant de près leur environnement. Ils n'étaient pas à l'abri d'une attaque de bandits, de mercenaires, ou de trafiquants d'esclaves. Enfin, peu avant le lever du soleil, ils arrivèrent à Avalon. Après une brève inspection du lieu, Léon conseilla de s'établir dans la forêt, à la limite avec la berge afin de se tenir à l'écart de la fraîcheur glaciale du lac. Tandis que Perceval et Léon se chargeaient de ramasser du bois et d'allumer un feu, Gaïus et Guenièvre entreprirent de décharger la charrette de leurs maigres bagages, à savoir le sac de Gaïus et ce qu'ils avaient pu récolter d'utile avant de partir.

- Je vais voir si je peux parler à quelqu'un... annonça Merlin en s'éloignant.

Chacun hocha la tête tout en regardant le sorcier disparaître entre les arbres. Merlin s'arrêta devant l'eau et posa ses prunelles bleue-grise sur la surface, semblant attendre un signe d'un habitant d'Avalon.

- Je ne sais pas si... Je ne sais pas si quelqu'un m'entend. Mes amis et moi avons besoin d'aide. Morgane est revenue, elle a pris Camelot d'assaut et nous avons été obligés de fuir... Elle a monté une armée de sorciers et... je ne sais pas ce qu'elle réserve au peuple, ce qu'elle a l'intention de faire à Camelot, à Albion... je ne sais pas quoi faire. Je suis perdu, complètement perdu. J'ai besoin d'aide...

Merlin patienta de longues et interminables minutes devant le lac. Il priait pour que quelqu'un l'ait entendu, pour que quelqu'un lui apparaisse et le guide, lui indique la marche à suivre. Alors qu'il commençait à désespérer, plusieurs silhouettes percèrent l'horizon et marchèrent à sa rencontre. Merlin plissa les yeux afin de distinguer leurs contours et leur attribuer un visage. Dès qu'elles furent plus proches, il put parfaitement les reconnaître. Freya marchait en tête, éblouissante dans une robe blanche fluide et flottante à chacun de ses pas sur l'étendue. Derrière elles suivaient Lancelot et Gauvain, fièrement vêtus de leur tenue de chevalier, la tête levée et un sourire aux lèvres. Puis, enfin, le sorcier aperçut son père et Will, venant clôturer la procession. Merlin ne put tenir. Il sentit les larmes couler sur ses joues et ne chercha même pas à les cacher. Jamais il n'avait été aussi heureux et triste en même temps, qu'à cet instant. Triste car il savait que le moment était éphémère, mais heureux de voir ses proches réunis devant lui, heureux de revoir leur visage, leur sourire et ressentir la chaleur qu'ils apportaient dans son cœur. Il les contempla tour à tour, les mots coincés dans la gorge, le cœur battant la chamade. Le moment était si magique, si précieux, qu'il en avait presque oublié la raison de sa venue. Pourtant, ni Freya, Lancelot, Gauvain, Balinor ou Will ne cherchaient à parler, à lui expliquer pourquoi ils étaient là. Ils se contentaient de le fixer de ce même regard emplit de bienveillance, d'amitié pour certains, d'amour pour d'autres... Ils finirent par s'éloigner sur les côtés afin de laisser place à quelque chose qui avançait lentement derrière eux. Une barque. Merlin ne comprenait pas pourquoi une barque flottait seule au milieu du lac, encore moins pourquoi elle glissait doucement dans sa direction. Il chercha la réponse chez Freya, mais la druidesse avait disparu. Il en était de même pour les deux chevaliers, son père et son ami d'enfance. Bien que déçu ne pas avoir discuté avec eux, Merlin se concentra de nouveau sur la barque. Elle approchait, encore et encore, inexorablement du bord. Lorsqu'elle toucha la berge, le sorcier examina son contenu. Son sang ne fit qu'un tour et ses larmes, qui avaient tari quelques secondes auparavant, se remirent à couler de plus belle. Cette fois, il n'était plus capable de les réprimer. Sur la barque, couché sur un épais lit de branches, habillé d'une cote de maille et d'une cape rouge au dragon doré, Excalibur dans les mains, reposait un homme.

Arthur.

Alors, verdict de ce chapitre ? Dois-je continuer ou tout simplement m'arrêter là car c'est trop nul ?