Bonsoir tout le monde ! :) Me revoilà avec le chapitre 4 ! J'ai eu énormément de difficultés à l'écrire car je n'étais jamais satisfaite de ce que je faisais... Je l'ai effacé, réécrit, ré-effacé, réécrit... Je me suis torturée pour arriver à ce résultat qui, tout à fait entre nous, est mieux sans être grandiose. Enfin, c'est mon avis ^^ Si vous vous posez des questions ou que des choses vous paraissent bizarres dans ce chapitre, c'est sûrement normal.
Je remercie lovePEOPLEandCOWBOY, laure marez, Elvis et un Guest dont je n'ai malheureusement pas le nom, pour leurs reviews si gentilles ! :)
Encore une fois, Merlin n'est pas à moi, quelle tristesse... ( quoique... )
Sur ce, je vous souhaite à tous une agréable lecture ! ;)
Chapitre 4: De fragiles retrouvailles...
Le temps s'était figé. Le chant de l'eau s'était tut. Le vol des oiseaux, des papillons, et même le souffle du vent entre les arbres, s'étaient immobilisés. Plus aucun bruit ne régnait à Avalon. C'était du moins ce que croyait Merlin. Même son corps semblait s'être décomposé. Il était devenu lourd, très lourd, et ses sens s'étaient embrouillés.
Arthur était devant lui. Son teint n'était plus de cette pâleur cadavérique dont il avait encore le souvenir douloureux, et sa poitrine suivait le rythme de ses inspirations et expirations. Il était vivant, tout simplement. Juste... endormi. Merlin, craignant que ses jambes lâchent à tout moment, se laissa tomber sur la berge, le dos appuyé contre la barque. Arthur était revenu, comme l'avait dit Kilgarrah. Il est vrai que si Albion était menacé et avait le plus besoin d'aide, c'était bien ce jour-là. Néanmoins... Bien qu'infiniment heureux, son retour effrayait Merlin. Des tas d'appréhensions venaient lui tordre l'estomac, des tas de questions se formaient dans son esprit. Arthur se souviendrait-il de... tout ? Changerait-il d'avis sur lui maintenant qu'une armée sorciers s'était appropriée Camelot et que Morgane était revenue ? Comment accueillerait-il tous les changements qui avaient vu le jour en deux ans et principalement les bouleversements qui avaient eu lieu dans la nuit ? Serait-il toujours le même homme, le même crétin royal que Merlin avait l'habitude de servir ? Mais une peur plus grande encore saisissait le jeune sorcier, une peur tenace logée profondément en lui-même... Parviendrait-il à retrouver cette lueur, cette étincelle d'espoir qui lui avait toujours permis de tenir bon, de s'accrocher, de marcher vers l'avenir, un avenir lumineux où les sorciers seraient acceptés et où la magie serait pratiquée, un avenir qu'il bâtirait avec Arthur ? Il en doutait, et ses doutes étaient peut-être plus forts que n'importe quoi d'autre. Il savait qu'il avait changé, il savait pertinemment qu'il n'était plus le même Merlin qu'autrefois... alors... pourrait-il le redevenir ? Pourrait-il servir de nouveau Arthur ? Pourrait-il de nouveau espérer ? Pourrait-il retrouver cette force ?
Merlin ferma les paupières un long moment, s'obligeant à chasser ses pensées et ses idées noires le plus loin possible. Il devait réveiller Arthur, et vite, avant de se laisser submerger par ses peurs. Il se remit debout en tremblant et...
- Arthur... murmura t-il, le souffle court. Arthur !
Le jeune sorcier se pencha sur lui et le secoua frénétiquement, ne prêtant aucune attention à ses gestes brusques et précipités.
- Wow wow wow, Merlin ! Ne me secoue pas comme ça, idiot !
Le roi de Camelot se redressa sur son lit de fortune, l'air agacé. Aussitôt, Merlin se détourna afin de cacher ses larmes. Il s'essuya rapidement les yeux et régula sa respiration. Quand il se tourna de nouveau vers Arthur, celui-ci détaillait son environnement d'une mine sceptique.
- Tu as intérêt à avoir une bonne explication pour ç...
Il laissa sa phrase en suspend, la bouche grande ouverte, comme s'il venait d'être frappé par la foudre. Plusieurs émotions semblèrent défiler sur le visage d'Arthur, passant de la stupéfaction, à la souffrance, à la peur, à la trahison... à la gratitude... Le premier réflexe qu'il eut en émergeant de sa transe fut de baisser la tête sur sa cotte de maille et de poser la main à l'endroit où Mordred l'avait mortellement blessé.
- Camlann... Mordred... Avalon... Morgane... Tu...
Il toisa Merlin un long moment, toujours immobile dans la barque, ne paraissant pas décidé à bouger. Merlin crut revoir le visage d'Arthur lorsqu'il lui avait annoncé qu'il était un sorcier deux ans plus tôt... Ce visage, cette expression modelée par la peur, oui, mais surtout par un fort sentiment de trahison.
- Tu es un sorcier. Fit-il en s'extirpant enfin de la barque et en reculant de quelques pas.
Merlin ne sut quoi répondre, le mouvement de recul d'Arthur l'avait déstabilisé. Il était rassuré qu'il n'ait pas perdu la mémoire, mais dans ce cas-là il pensait qu'Arthur avait accepté l'idée qu'il était un sorcier. Ses derniers mots lui avaient confirmé cela et... Arthur était partit paisiblement, le sourire aux lèvres, après l'avoir remercié... Alors pourquoi reculait-il ? Merlin était perdu, il s'enferma dans un silence troublé et attendit. Oui, il attendit la réaction d'Arthur, cette réaction qu'il avait tant craint pendant plus de dix ans. Bien qu'il gardait précautionneusement la tête baissée, il savait que le roi de Camelot était en train de le regarder, de l'épier, de le jauger... Merlin pouvait sentir le poids écrasant de son regard sur lui. Lorsqu'il entendit soudainement les pas d'Arthur, il osa relever la tête, mais il n'eut ni le temps de bouger ni le temps d'ouvrir la bouche qu'il sentit les bras de son ami l'étreindre avec force.
- Arth...
- Nous deux, une longue discussion nous attend ! Murmura t-il à son oreille. Mais d'abord... je tiens à te dire merci, encore une fois. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi et pour Camelot.
Cette fois, en plus de ne pas savoir quoi répondre, Merlin ne savait pas quoi penser. Il ne s'était pas attendu à une réaction aussi... extériorisée de la part d'Arthur, pas même à cette réaction là. Toutefois, en y réfléchissant, elle était peut-être justifiée. Les derniers souvenirs d'Arthur étaient ceux d'avant sa mort. Il avait donc encore en mémoire la bataille à Camlann, la découverte du secret de son serviteur, la soi-disant mort de Morgane, les dernières paroles qu'il avait prononcées et le dernier visage qu'il avait vu avant de fermer les yeux, sa réaction concordait donc parfaitement avec ses souvenirs qui, pour lui, étaient récents... Il ne savait pas que cela remontait à deux ans dans le passé. Merlin eut subitement la sensation étrange de ne pas évoluer dans la même dimension qu'Arthur, mais il avait surtout le désagréable pressentiment que les explications qu'il allait devoir lui fournir sur la situation présente changeraient radicalement son humeur, et peut-être même beaucoup plus de choses, comme il le redoutait précédemment...
- C'est vrai que... j'ignore tout ce que tu as fait derrière mon dos et tout ce que tu as pu vivre, continua Arthur, et je t'en veux de m'avoir menti, mais... tu as ma parole qu'on parlera de tout ça, le moment venu.
Il relâcha Merlin et posa ses mains sur ses épaules, un air des plus sérieux sur le visage.
- Pour l'instant, j'aimerais savoir ce qui se passe et je veux la vérité, pas encore un mensonge. Pourquoi ne sommes-nous plus au même endroit et comment ma blessure a t-elle guéri en si peu de temps ?
- Euh... Euh... Il y a plusieurs choses... que vous devez savoir... articula t-il péniblement.
Merlin sentit ses angoisses refaire surface, mais il les ignora courageusement et se concentra sur ce qu'il allait dire à Arthur. Il s'assit sur le sol et attendit que son ami l'imite avant de commencer.
- Vous... Vous êtes mort, Arthur.
Celui-ci resta bizarrement silencieux, et ce silence inquiéta plus Merlin que s'il avait répondu. Il crut alors bon d'ajouter:
- Je ne vous mens pas.
- Et comment puis-je en être sûr ? Même si je te demande la vérité, comment savoir si ce que tu me dis est vrai ? Comment puis-je te faire confiance ? Tu m'as menti pendant des années, après tout.
Touché en plein cœur, Merlin fut incapable de répondre. Le roi de Camelot, pesant la portée de ses propos, poussa un profond soupir et se frotta le visage.
- Excuse-moi.
- Je ne vous mens pas, Arthur, continua Merlin d'une toute petite voix, je vous jure que je ne vous mens pas. Vous êtes mort... vous êtes mort dans mes bras. Il y a deux ans.
- Deux... ans... Deux ans ?!
- Oui, je vous jure que c'est vrai.
- Bon... fit Arthur, tâchant de dissimuler le choc que cette nouvelle lui causait. On va commencer par le début. Raconte moi ce qui s'est passé durant les deux dernières années.
Merlin relata donc fidèlement les événements majeurs qui avaient eu lieu pendant l'absence d'Arthur. Il expliqua de quelle manière le royaume, et plus particulièrement Guenièvre, avaient fait le deuil de sa mort et comment la vie avait bien évidemment poursuivit son cours. Il avoua qu'il avait dévoilé sa nature à la reine, à Perceval et à Léon... puis en vint à la mort de Gauvain.
- Gauvain est mort ?! S'écria Arthur.
- Morgane l'a torturé pour savoir où nous nous rendions ce jour-là... c'est comme ça qu'elle a pu nous retrouver.
Le roi hocha lentement la tête, digérant doucement cette autre nouvelle. Gauvain avait été un très bon ami et un de ses chevaliers les plus proches, tout comme Lancelot et Elyan. Sa présence, ses bavardages et son humour réputé lui manqueraient...
- Quoi d'autre ?
Merlin continua donc son récit et aborda le décret concernant l'usage de la magie que Guenièvre avait mis en place quelques mois après sa disparition. Arthur ne fut qu'à demi surpris de cette annonce. Il connaissait très bien son épouse et la décision qu'elle avait prise ne l'étonnait pas. Mais pour une fois, il ne savait pas si cela était une très bonne idée car il redoutait la réaction qu'une telle loi pouvait causer chez les sorciers. Son pressentiment fut confirmé quand Merlin en arriva à l'attaque des sorciers dans un village.
- Les patrouilles ont essayé de les retrouver, mais ils avaient disparus. Et cette nuit, ils sont revenus...
Arthur arqua un sourcil et dévisagea Merlin, inquiet de la soudaine tension qu'il percevait dans sa voix.
- Que s'est-il passé ?
- Ils... Ils ont attaqué Camelot...
- Quoi ?!
- Mais il y a plus grave. Il s'est passé quelque chose d'inimaginable.
- Si tu commences à parler par énigme, Merlin...
- Morgane est revenue ! Elle s'était déguisée en servante et cette nuit elle a montré son vrai visage. Nous avons dû fuir le château et... voilà où nous en sommes. Je pensais qu'à Avalon, quelqu'un pourrait nous aider... à la place... vous êtes revenu.
Merlin jeta un coup d'œil à Arthur. Il avait pris sa tête entre ses mains et fixait le sol, complètement abattu. Il revenait d'entre les morts pour entendre que son royaume venait d'être pris par une armée de sorciers, mais qu'en plus Morgane n'était pas morte et qu'elle dirigeait les soldats. A ce stade, il aurait peut-être préféré rester mort. Après tout, qu'est-ce que sa résurrection changerait ? Qu'allait-il faire ? Que pouvait-il entreprendre désormais ? Il secoua la tête, résolu à ne pas se torturer l'esprit avec ça avant d'avoir retrouvé sa femme et ses amis. Ils prendraient une décision ensemble.
- Où sont Guenièvre et les autres ?
- Dans la forêt... ils vont avoir une sacrée surprise.
- Je ne te le fais pas dire.
Arthur se leva et attendit que Merlin en fasse de même avant de s'éloigner dans la forêt.
- Attendez, Arthur ! S'écria le sorcier en lui barrant le passage. Qu'est-ce que vous faîtes ? Vous ne pouvez pas... Enfin, vous ne pouvez pas arriver comme ça !
- Comment suggères-tu que je me présente, alors ?
- Eh bien... euh...
- Tu vois.
Arthur passa devant Merlin sans lui accorder un regard et s'engagea en direction du petit campement. Il s'arrêta à quelques mètres de celui-ci et se cacha derrière un arbre afin d'observer discrètement les faits et gestes du groupe. Léon et Perceval bavardaient en nettoyant la lame ensanglantée de leurs épées. Ils n'avaient pas changé d'un pouce. En les regardant, Arthur avait presque l'impression de n'être jamais... mort, il lui semblait qu'ils étaient simplement partis en patrouille, comme dans le temps. Il distingua la silhouette de Gaïus, assit près du feu, en train de réanimer les braises avec un bâton. Puis, Guenièvre lui apparut. Elle fixait les flammes d'un air absent, une tristesse évidente se lisant sur ses traits. En reprenant possession du visage de sa femme, un sourire étira les lèvres d'Arthur et il sortit à pas timides de sa cachette. Le premier à remarquer sa présence fut Léon. Le choc lui fit lâcher son épée qui lui glissa des mains pour venir s'écraser sur la terre sèche. Tandis que tout le monde lui jetait un regard interrogateur, le chevalier murmura:
- Oh mon dieu...
Perceval, Gaïus et Guenièvre se décidèrent enfin à prendre connaissance de la chose que leur ami scrutait intensément. Il leur fallut plusieurs secondes à tous avant de vraiment assimiler le fait qu'Arthur, oui Arthur, se trouvait devant eux, souriant et en bonne santé. Le moment de stupéfaction passé, Guenièvre éclata en sanglots et courut dans les bras de son époux. Elle ne se demandait pas comment cela avait bien pu se réaliser, comment Arthur pouvait être vivant, le plus important à ses yeux était de le savoir de nouveau près d'elle, de sentir le parfum de son corps et la chaleur de son étreinte. Les explications seraient pour plus tard. Gaïus se remit debout en chancelant et laissa tomber:
- Je n'aurai jamais cru vivre assez vieux pour voir ça.
- Moi, je n'aurai jamais cru voir ça du tout..., renchérit Léon.
Quand Arthur daigna enfin se détacher de Guenièvre, il s'avança vers ses chevaliers et leur asséna à chacun une bourrade affectueuse. Perceval et Léon répondirent de même en riant à gorge déployée, à la fois surpris et comblés de revoir leur roi et ami.
- Bon retour parmi nous, Sire. S'enquit Gaïus en rejoignant le trio.
- Merci, Gaïus !
Arthur couva le vieil homme d'un regard ému. En fait, il couva tout le monde d'un regard ému. Retrouver ses amis et sa femme, malgré les heures sombres qu'ils vivaient, lui redonnait courage pour affronter la suite des événements. Mais soudainement, Gaïus demanda:
- Où est Merlin ?
- Je suis là. Lui répondit une voix monotone.
Le jeune sorcier était adossé à un arbre, couvert par l'ombre des branches, à l'écart du feu de camp. Gaïus s'approcha de lui et posa une main paternel sur son épaule. L'immobilité de son pupille l'étonnait. Il avait pensé que Merlin aurait pris part aux retrouvailles, qu'il aurait souri, pleuré ou hurlé de joie à l'idée de revoir Arthur. Et pourtant, aucune émotion ne transparaissait sur son visage. Il regardait droit devant lui, stoïque et impassible.
- Qu'y a t-il, mon garçon ? S'inquiéta son tuteur à voix basse.
- Rien. C'est juste que... qu'il n'y a presque plus de bois pour le feu, je vais en chercher.
Sur ces mots, il s'en alla rapidement dans la forêt afin que Gaïus ne puisse pas le suivre. Évidemment qu'il était heureux du retour d'Arthur, contrairement à ce que semblait croire son père de cœur. Il était heureux et rassuré qu'Arthur l'accepte et ne le repousse pas... Mais il y avait autre chose. Une sorte de... malaise. Merlin n'arrivait pas à mettre une définition précise sur ce sentiment. Bien que le roi de Camelot l'ait remercié une deuxième fois et se montre reconnaissant envers lui, le jeune sorcier détectait un problème plus grave, plus profond, un problème qui créait une barrière entre eux. Peut-être qu'il se faisait des idées, mais son instinct, encore intact, heureusement, lui affirmait le contraire.
Une fois hors de portée des voix du groupe, Merlin estima qu'il s'était suffisamment éloigné et débuta sa collecte de bois. Il ramassa des branches et même des brindilles et des feuilles dans la foulée. Enfin, satisfait du tas qu'il avait récolté, il le posa près d'un arbre et prit place sur les racines. Il mit automatiquement la main dans la poche intérieure de sa veste et caressa du bout des doigts la surface gelée du flacon qu'il gardait toujours sur lui. Devait-il s'en débarrasser, désormais ? Sa vie avait-elle retrouvé un sens ? Pouvait-il ré-embrasser sa destinée ? En était-il capable... ?
En fin de matinée, après quelques heures de repos bien méritées et appréciées, Merlin, Arthur, Guenièvre, Gaïus, Léon et Perceval se réunirent autour du feu afin de discuter sérieusement des décisions à prendre pour la suite.
- D'après ce Merlin m'a expliqué, débuta Arthur, Morgane est revenue et s'est emparée de Camelot avec l'aide d'une... armée de sorciers.
Arthur jeta un rapide coup d'œil à son ancien serviteur, mais esquiva aussitôt son regard lorsque celui-ci chercha à croiser le sien.
- En effet, acquiesça Léon d'un ton maussade. Désormais, la question est de savoir comment récidiver.
- Elle a aussi un dragon avec elle, les informa Merlin.
- Pardon ?! S'écria Arthur.
- Celui qui était à Camlann. En fait... Je l'ai libéré il y a...
- Plus tard, Merlin, trancha Arthur.
Le jeune homme dut obéir, mais il ne put s'empêcher de ressentir encore une fois ce malaise qui l'avait déjà saisi un peu plus tôt. Il y avait définitivement quelque chose qui ne tournait pas rond chez Arthur.
- Donc, reprit le roi, en comptant le fait que Morgane possède un dragon et dirige des sorciers, je m'interroge sur la manière de lui faire face.
- Léon, Perceval, est-ce que des chevaliers ont pu fuir la citadelle pendant l'attaque ? S'inquiéta Guenièvre.
- Malheureusement non, majesté, déplora Léon. Les sorciers nous ont encerclés. Ceux qui ne sont pas morts ont sûrement été fait prisonniers...
Un court silence remplit d'angoisses s'ensuivit avant que Gaïus prenne la parole:
- Majestés, fit-il à l'attention d'Arthur et Guenièvre, vous êtes bien conscients qu'à nous seuls, nous n'avons aucune chance contre Morgane. Il nous faut chercher de l'aide ailleurs.
- Nos alliés, s'enquit Léon. C'est la seule solution.
- Nous pourrions nous rendre chez Mithian, suggéra la reine. Elle et son royaume ont toujours été de très bons alliés et... je n'oublierais jamais le soutien qu'elle a représenté quand j'ai su que vous ne rentriez pas, Arthur...
Ce dernier prit la main de son épouse dans la sienne et la caressa avec douceur.
- La reine Annis est également un allié très précieux, ajouta Perceval.
- Très bien, nous n'avons aucune autre alternative de toute façon, obtempéra Arthur. Nemeth est plus près d'ici, je propose donc que nous nous rendions chez Mithian et nous enverrons un corbeau à la reine Annis une fois là-bas.
Tout le monde hocha la tête en signe d'acceptation. Chacun utilisa les minutes qui suivirent afin de ranger le peu d'affaires qu'ils avaient emporté, puis les déposèrent dans la charrette. Arthur détailla leur moyen de transport d'un air découragé.
- Il va falloir que nous trouvions des chevaux, annonça t-il au groupe, et que nous nous déguisions. Si quelqu'un nous reconnaît, moi ou Guenièvre, la nouvelle de ma... résurrection, ainsi que notre fuite pour Nemeth pourraient arriver aux oreilles de Morgane.
- Excellente idée. Répondit Gaïus.
Dès qu'ils furent tous confortablement installés dans la charrette, Perceval grimpa devant, empoigna les rênes et les fit claquer, intimant aux chevaux d'avancer. Une heure plus tard, ils sortaient de la forêt et faisaient route sur un chemin désert. Personne n'avait échangé une parole durant ce laps de temps. Arthur se contentait de serrer Guenièvre contre lui tandis que Merlin, Gaïus et Léon, en face d'eux, s'occupaient comme ils le pouvaient, observant distraitement le paysage ou se laissant aller à leurs pensées. Le roi de Camelot ne cessaient de bombarder le sorcier de regards parfois brefs, parfois insistants, mais détournait vite la tête quand Merlin s'en apercevait. Le malaise ne faisait que croître aux yeux de ce dernier. Arthur lui avait juré qu'ils parleraient, mais quand ? La gravité et l'urgence de la situation ne se prêtaient certainement pas à une discussion. Il y avait tellement de choses plus importantes à penser, les explications devaient attendre. Merlin espérait simplement qu'il aurait le courage nécessaire de supporter son mal-être vis à vis d'Arthur. Il ferma les yeux avec l'intention de faire un somme. Il n'avait pas dormi, contrairement aux autres, la peur qu'un chevalier ou Arthur lui-même découvrent qu'il était sujet aux cauchemars l'ayant tenu éveillé.
- Nous approchons d'un village ! Les renseigna Perceval en accélérant la cadence de la charrette.
Ils stoppa les chevaux juste avant d'entrer dans le village et s'en remit à Arthur.
- Que faisons-nous ?
- Il nous faut à tout prix des chevaux et des vêtements, mais il ne faut pas que quelqu'un nous voit...
- J'y vais. Décida Merlin en descendant de la charrette.
Avant que quelqu'un n'ait pu le retenir, il filait déjà en direction des premières maisons. Il se servit de sa magie pour détecter la présence de chevaux et en repéra une dizaine non loin de sa position. A l'heure qu'il était, la plupart des habitants étaient dans les champs, il avait donc une chance de ne pas se faire remarquer. Il se hâta de détacher six montures et parvint à les emmener jusqu'à la charrette.
- As-tu besoin d'aide, Merlin ? Demanda Léon.
- Non, ça va, merci.
Cela fait, il retourna sur ses pas et inspecta plusieurs maisons en quête de vêtements appropriés pour les chevaliers, Arthur et Guenièvre. Il décida de se servir à des endroits différents afin de limiter le vol pour chaque famille. C'est les bras chargés de tuniques, de pantalons et d'une robe en lin que Merlin revint près de ses amis, essoufflé. Il distribua les habits à Léon, Perceval, Guenièvre puis Arthur.
- Merci. Murmura ce dernier en s'écartant à grands pas pour aller se changer.
Merlin le vit disparaître derrière un arbre. Il avait l'horrible impression qu'Arthur cherchait à le fuir, à l'éviter. Le sorcier eut un pincement au cœur mais joua l'ignorant et alla s'occuper de son cheval.
Après avoir laissé la charrette et les chevaux qui la conduisaient au village, la route reprit tranquillement. Désormais camouflés et en bonne voie pour atteindre Nemeth, l'ambiance sembla se détendre un peu et Léon et Perceval se mirent à bavarder avec Arthur et Guenièvre. Merlin resta à l'arrière, aux côté de Gaïus. Celui-ci avait bien remarqué l'humeur déprimée de son pupille et savait qu'elle était liée directement au roi. Étant loin d'être aveugle, il était donc bien conscient de la soudaine relation tendue entre Merlin et Arthur. Malheureusement, il ne voyait pas quoi faire pour arranger cela, c'était à eux seuls de régler ce problème. La respiration subitement saccadée de Merlin le sortit de ses songes éveillés. Il rapprocha son cheval du sien et s'informa d'un ton anxieux:
- Merlin, qu'y a t-il ?
- Ma tête... gémit-il en grimaçant et en se frottant le front.
- Veux-tu un calmant ?
- N... Non...
- Nous devrions peut-être nous a...
Le médecin n'eut guère l'opportunité de terminer sa phrase, Merlin avait mis son cheval au trot afin de chevaucher près de Guenièvre. Il la fixa un long moment, sans que personne ne remarque l'expression de menace qu'il arborait, avant de ralentir le rythme pour se placer à côté de Perceval. Là, une fois à portée de l'épée du chevalier, il utilisa ses pouvoirs pour l'attirer à lui et galopa jusqu'à Guenièvre, l'arme en main, prêt à la transpercer.
- Merlin ! Hurlèrent Léon et Gaïus.
La dernière chose que vit le sorcier fut le visage affolé de la reine, puis une douleur aigu lui traversa la tête pour le plonger dans les ténèbres.
Alors, j'ai une question : Comment interprétez-vous le comportement distant d'Arthur ?
J'espère ne pas vous avoir déçus mes chers lecteurs !
A la semaine prochaine :)
