Bonjour tout le monde ! :) Joyeux Noël ( un peu en retard ^^' ) et Bonnes Fêtes à tous !

Voici donc le chapitre 5 ! J'espère qu'il vous plaira :)

Merci à lele-35, laure marez et Elvis pour leurs reviews, je suis infiniment heureuse que vous aimiez cette histoire et je prie pour que la suite ne vous déçoive pas.

Merlin n'est pas ma propriété ( pour changer ) mais celle de la BBC.

Bonne lecture mes très chers ! :)

Chapitre 5: Menace...

Quand Merlin reprit conscience, la première chose qu'il sentit fut une main sur son front. Quelqu'un cherchait sûrement à savoir s'il avait de la fièvre, le jeune sorcier ne voyait que cette hypothèse. Il essaya de bouger la tête, mais elle était lourde, si lourde, et une douleur insupportable cognait derrière son crâne.

- Merlin ?

Il reconnut la voix de Gaïus et se décida finalement à soulever les paupières. Aussitôt le soleil l'aveugla, l'obligeant à détourner la tête, ce qui ne fit rien d'autre qu'augmenter la douleur. Que s'était-il passé pour qu'il ait aussi mal ? Que s'était-il passé pour que dénote dans la voix de son tuteur autant d'inquiétude ?

- Merlin, est-ce que tu m'entends ?

- Oui... souffla t-il du bout des lèvres.

- Peux-tu ouvrir les yeux ?

Merlin fit ce que Gaïus lui demandait et dut cligner plusieurs fois des yeux avant de s'adapter à la luminosité éblouissante. Le médecin apparut alors dans son champ de vision, assit juste à sa droite.

- Comment te sens-tu, mon garçon ?

- J'ai mal à la tête... répondit-il d'une voix enrouée.

- Cela ne m'étonne pas, vu le coup que tu as pris.

Merlin se redressa lentement en position assise et étudia rapidement son environnement. Ils s'étaient arrêtés au bord de la route, à l'abri derrière un grand chêne. Les chevaux paissaient tranquillement et le reste du groupe discutaient juste à côté. Arthur fut le premier à voir que Merlin était réveillé. Il abandonna Guenièvre, Léon et Perceval et alla s'accroupir près de son ancien serviteur.

- Comment vas-tu ?

- Bien, je crois... Que s'est-il passé ?

Le roi de Camelot lança un regard hésitant à Gaïus, puis expliqua:

- Tu as volé l'épée de Perceval et... tu as essayé de tuer Guenièvre.

- Quoi ?!

- Tu ne t'en souviens pas ?

La panique déforma subitement le visage de Merlin. Il ferma les yeux, les rouvrit, fronça les sourcils, réitérant le même traitement plusieurs fois. Gaïus et Arthur le laissèrent réfléchir le temps nécessaire, mais ils ne purent empêcher leur angoisse de monter en flèche. Si Merlin ne gardait aucun souvenir de son geste, il était évident qu'il ne pourrait pas non plus leur en donner la raison.

- Non... avoua Merlin, terrifié. La dernière chose dont je me souvienne c'est une douleur dans la tête et mon esprit qui commence à se vider de toutes pensées rationnelles... c'était très étrange.

- Avez-vous une explication, Gaïus ? S'enquit Arthur.

- Malheureusement, non, Sire. C'est un phénomène que je n'ai jamais rencontré, ce qui m'étonne, d'ailleurs...

Guenièvre, Léon et Perceval délaissèrent finalement leur activité et encerclèrent Merlin. Ils le fixèrent d'un regard remplit d'incompréhensions et d'anxiété.

- Guenièvre, je suis désolé ! S'excusa le sorcier avant que son amie n'eut l'occasion de dire quoi que ce soit. Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu m'en prendre à toi...

- Je te crois, Merlin, le rassura t-elle avec un sourire, je te connais, je sais que tu ne ferais jamais ça.

- Et pourtant il a essayé, rectifia Arthur, et sans l'intervention de Perceval il aurait peut-être réussi.

Merlin baissa la tête sur ses genoux, attristé. Les paroles d'Arthur étaient amères et regorgeaient de méfiance, elles sonnaient même comme un reproche. Merlin fut quelque peu blessé de cette constatation, il aurait pensé qu'Arthur se serait montré plus compréhensif envers lui. Mais bon, Guenièvre était sa femme et la reine de Camelot qui plus est, sa remarque était probablement normale...

- La question est de savoir pourquoi il a agi ainsi, s'interposa Léon.

- Je crains de n'avoir aucune réponse à vous fournir, se désola Gaïus en observant son pupille du coin de l'œil.

- Bon, Merlin, te sens-tu prêt à repartir ? Demanda Arthur.

- Oui, je vais bien.

- Afin d'éviter tout risque, il serait préférable que tu chevauches à l'opposé de Guenièvre et qu'on te surveille.

- D'accord...

Alors que le roi commençait à s'éloigner, satisfait que Merlin ait accepté sa solution, ce dernier l'appela:

- Arthur !

- Quoi ?

- Vous pensez que j'ai voulu tuer Guenièvre de mon plein gré, n'est-ce-pas ?

- Je ne pense rien, Merlin, mais les faits sont là. Tant que nous ne comprenons pas pourquoi tu as fait ça, nous devons être prudents.

Arthur n'attendit pas que le sorcier réponde et tourna les talons. Ces quelques paroles qu'ils venaient d'échanger avait eu pour seul résultat de refroidir encore plus l'ambiance. Merlin soupira et se remit sur ses jambes. Quand il passa devant la reine, celle-ci posa une main réconfortante sur son bras, mais il se dégagea doucement pour suivre Arthur. Celui-ci était en train de rectifier la selle de sa monture lorsque Merlin arriva près de lui.

- Arthur... qu'est-ce qui ne va pas ?

- Tout va très bien, Merlin. Tu devrais remonter sur ton cheval, il faut qu'on reprenne la route.

- Arrêtez, vous n'avez jamais su me mentir.

- Pas comme toi, apparemment.

Merlin recula d'un pas, déstabilisé... une fois de plus. Pourquoi Arthur était-il si froid, si distant, si dur envers lui ? Au début, il avait pensé que le problème résidait dans sa magie, mais le roi n'en avait pas parlé ni mentionné de sentence d'aucune sorte. Il l'avait acceptée, Merlin en était sûr et certain. Alors où était le nœud du problème ? Où ? Était-ce les mensonges ou bien... ?

- Si vous me laissiez m'expliquer... tenta t-il timidement.

- Je t'ai dis que nous parlerions, je t'ai donné ma parole. Mais pas maintenant.

- Arthur, cette situation... ne peut pas durer. Dîtes-moi maintenant ce qu'il y a... s'il vous plaît. J'ai besoin de savoir...

La voix de Merlin se brisa sur ces derniers mots et ses yeux s'emplirent de larmes. Arthur pouvait bien le nier, mais il connaissait le sorcier par cœur et avait tout de suite remarqué ces détails-là. Il darda un regard coupable sur Merlin et se résolut à poser une main sur son épaule.

- Nous devrions arriver chez Mithian demain. Là-bas, nous parlerons. Au calme et reposés.

Pour montrer que la conversation était terminée, Arthur grimpa sur son cheval et s'éloigna.

Le reste de l'après-midi se déroula dans un silence religieux. Il arrivait quelque fois que Gaïus s'entretiennent avec Arthur et Guenièvre sur des sujets anodins, simplement pour mettre un peu d'animation, mais cela ne durait pas longtemps. Merlin, entouré et étroitement surveillé par Léon et Perceval, ruminait ses appréhensions. Il avait hâte d'arriver à Nemeth, hâte d'enfin s'expliquer avec Arthur, hâte de mettre fin à ce malaise qui les éloignait l'un de l'autre, ce malaise qui le torturait, qui le rongeait. Mais... il était aussi mort de peur. Dès qu'ils auraient mis les choses au clair, que se passerait t-il ? Dans quel sens évoluerait leur relation, en admettant qu'il subsiste encore une relation entre eux ? Merlin enfourna sa main dans la poche de sa veste, là où il cachait son précieux flacon. Sentir son contact glacé et imaginer le bien-être qu'il ressentirait en avalant son contenu le firent se détendre. Toutefois, il n'avait pas prévu qu'Arthur le regarderait à ce moment-là. Pris de panique, il retira vivement sa main et s'en servit pour caresser la crinière de son cheval, espérant faire diversion et paraître naturel. Le roi de Camelot sembla s'y laisser prendre car il reporta son attention sur la route. Merlin poussa un profond soupir de soulagement. Il s'en était fallu de peu qu'Arthur lui pose des questions. Il ne devait pas savoir qu'il avait ce flacon, personne ne devait savoir. Jamais.

A la tombée du jour, ils firent halte à la frontière avec le royaume de Nemeth. Jusqu'ici, leur traversée s'était déroulée dans le plus grand calme et les quelques personnes qu'ils avaient croisées les avaient juste regarder passer, sans qu'aucune d'elle ne les ait reconnus, heureusement pour eux. Si leur trajet jusqu'au château de Mithian se déroulait sur cette longueur, ils y seraient avant midi le lendemain. Le groupe établit son campement à la limite de la forêt. Après avoir allumé un feu, ils se partagèrent la nourriture que Perceval avait eu le bon sens d'emporter avant leur départ de Camelot. Réchauffés par les flammes et la douce senteur de la nature, l'atmosphère semblait plus chaleureuse. Tout en dégustant un morceau de pain avec du fromage, Léon demanda:

- Sire, comment avez-vous...

- Ressuscité ? Termina Arthur. Je n'en ai aucune idée. Je ne sais même pas ce que signifie cette deuxième vie que l'on m'offre.

- Quand Albion en aura le plus besoin, Arthur reviendra.

Tous les regards convergèrent vers Merlin, adossé à un arbre, les yeux perdus dans la danse irrégulière des flammes.

- Il est le roi qui fut et qui sera.

- Merlin, qu'as-tu dit ? Questionna Léon, les sourcils froncés.

- Rien.

Le sorcier se leva et disparut dans la profondeur de la forêt. Il ne sut combien de temps il marcha, ni même où il allait, l'important était de prendre ses distances avec Arthur, avec tout le monde. Juste quelques minutes, quelques heures, peu importait, mais il le devait. Il avait besoin de s'aérer l'esprit, de réfléchir, seul et dans le silence le plus total. Quel pouvait bien être le souci avec Arthur ? Merlin soupçonnait qu'il digérait mal toutes les années de mensonges, puisque pour le moment son comportement et ses remarques semblaient directement y être liés. Mais... non, il y avait autre chose, une chose qui lui échappait totalement. Peut-être qu'Arthur avait plusieurs raisons ? Peut-être qu'il avait plus de choses à lui reprocher que ce qu'il avait imaginé ?

Perdu au cœur de ses pensées, Merlin en oublia complètement le chemin qu'il empruntait et, plus particulièrement, de surveiller ses arrières. C'est ainsi qu'il se retrouva encerclé par cinq hommes, de véritables armoires à glace, chaudement couverts par d'épaisses peaux de bêtes. Merlin ne se laissa pas impressionner et prit la parole:

- Que voulez-vous ?

- Mmmhh... Nous pourrions tirer un bon prix de ce gringalet, qu'est-ce que tu en dis, Sarac ? Il pourrait remplir les fonctions d'un serviteur, voire plus...

Le dénommé Sarac tourna autour de Merlin, l'épiant avec des yeux experts, comme s'il évaluait un animal mort ou qu'il cherchait à deviner la saveur de sa nourriture avant de l'avoir goûtée. Il releva le menton de sa proie et fut surpris de ne déchiffrer ni peur, ni colère en elle. Merlin avait un visage fermé, inerte, indéchiffrable.

- Tu m'as l'air plutôt docile, toi, fit-il en esquissant un rictus sauvage.

- Bien-sûr que je suis docile, je ne vois pas pourquoi je devrais être effrayé par des gens comme vous.

Les cinq hommes éclatèrent d'un même rire rauque et ironique.

- Humour et naïveté, ça colle plutôt bien à ton... style, déclara Sarac, amusé. Alors, pas besoin de dégainer nos armes, je suppose ?

- Épargnez vous cette peine !

Merlin leva les mains devant lui et éjecta Sarac ainsi que deux de ses acolytes contre un arbre. Cela fait, il fit volte face et toisa les deux hommes restant avec une assurance sans faille. Ces derniers le dévisagèrent, visiblement mort de peur.

- Un sorcier... murmura l'un, choqué.

- Si vous ne voulez pas vous retrouver face contre terre, je vous conseille de vous en aller, les prévint Merlin.

La seule réponse qui lui parvint fut leur rire gras et cruel tandis que leur regard s'était posé derrière lui. Avant qu'il ne se rende compte du piège, il reçut un coup violent et tomba à plat ventre.

- Un sorcier ! S'exclama un sixième homme. Qui l'aurait cru ? Nous pourrons le vendre à un prix très élevé.

Il n'eut pas le temps d'en rajouter. Quelqu'un avait surgi derrière lui et l'avait transpercé avec une épée. Quand la lame se retira et que le corps s'écroula lamentablement par terre, Merlin se retourna sur le dos et découvrit Arthur. Celui-ci passa au dessus du sorcier et s'attaqua à ses deux derniers ennemis qu'il abattit en quelques mouvements adroits. Merlin se remit debout en chancelant et l'observa, bouche-bée.

- Arthur, mais... qu'est-ce que vous faîtes là ?

- Je pourrai te poser la même question ! A ton avis, Merlin, pourquoi nous sommes-nous installés à la limite de la forêt ? Justement pour éviter ce genre d'ennui ! Les forêts de Nemeth sont réputées pour grouiller de trafiquants d'esclaves, c'est aussi pour ça que nous avons emprunté les routes, idiot !

- Mais... nous ne sommes pas encore à Nemeth...

Arthur leva les yeux au ciel. Une remarque aussi stupide était digne de son ancien serviteur.

- Nous sommes à la frontière, c'est pareil ! Allez, viens, retournons au campement.

- Arthur, attendez !

- S'il te plaît, Merlin, ne viens pas encore m'embarrasser... Je t'ai dit que nous parlerions chez Mithian !

Vexé par l'exaspération qui retentissait dans la voix du roi, Merlin lui jeta:

- Je voulais juste vous dire merci, rien d'autre.

Sur ces mots, il passa devant Arthur pour regagner le camp. Là-bas, Léon, Perceval, Gaïus et Guenièvre s'activaient à différentes tâches. Le médecin mettait de l'ordre dans sa sacoche contenant ses flacons et ses herbes, la reine prenait soin de son cheval et les chevaliers montaient la garde tout en bavardant. Quand Arthur et Merlin revinrent, Léon demanda:

- Où étiez-vous ? Nous commencions à nous poser des questions.

- Nous sommes tombés sur des trafiquants d'esclaves, mais tout va bien, ils sont morts, relata rapidement Arthur.

- Ah...

Tout en écoutant la conversation d'une oreille distraite, Gaïus essayait de comprendre ce qui n'allait pas chez son pupille. Il continuait de s'interroger sur ce qui avait bien pu pousser Merlin à tenter de tuer Guenièvre. Était-ce une créature qui les suivait et qui avait pris mystérieusement le contrôle sur lui ? Était-ce sa propre volonté qui chavirait ? Gaïus était cependant persuadé que l'origine de cette soudaine envie de meurtre résultait de la magie. Merlin était la gentillesse incarnée, jamais il n'attenterait à la vie de quelqu'un sans motif valable, encore moins à celle d'un de ses proches. C'était forcément la magie. Mais quoi exactement ?

- Merlin, non... C'est moi, Guenièvre, ne fais pas ça...

La jeune femme avait reculé de force contre un arbre, obligée par le sorcier qui brandissait une boule enflammée dans la paume de sa main.

Perceval, Léon, Arthur et Gaïus n'eurent pas le temps de faire quoi que ce soit. Tout se passa très vite. Merlin lança le projectile sur la reine qui ne put esquiver à temps. Ses réflexes la trahirent et la boule heurta son bras gauche. Elle s'écroula contre le tronc en poussant un cri de douleur. Arthur et Gaïus se précipitèrent aussitôt vers elle tandis que les chevaliers s'occupaient de neutraliser Merlin. Même si ça ne leur plaisait pas, ils furent contraints de bloquer ses mouvements, ramenant ses bras derrière son dos et le clouant au sol. Merlin essaya de se débattre mais, sa force étant radicalement inférieure à celles de Léon et Perceval, il abandonna très vite et cessa de bouger.

- Gaïus, comment va t-elle ?! S'écria Arthur, agenouillé près de sa femme.

Le médecin prit le temps d'examiner la plaie de Guenièvre. Sa manche avait brûlé ainsi que sa peau, découvrant une horrible couleur pourpre.

- Le feu l'a atteint mais ça aurait pu être pire, bien pire... Le degré de la blessure est minime, elle devrait ne garder qu'une légère cicatrice.

- Guenièvre, pouvez-vous vous lever ? S'enquit Arthur d'une voix douce.

Elle hocha la tête en signe d'affirmation. Une fois certain qu'elle pouvait tenir debout, le roi fonça comme une furie sur Merlin et le força à le regarder. Ce dernier clignait des yeux dans un geste mécanique, comme quelqu'un sortant du sommeil... ou reprenant ses esprits.

- Pourquoi as-tu fait ça ?! Hurla le roi.

- Fait quoi... ? Chuchota le sorcier, la mine hagarde.

- Tu te moques de moi ?! Tu viens de blesser Guenièvre !

- Quoi ?!

Merlin se dégagea de l'emprise d'Arthur et osa un coup d'œil terrorisé vers son amie. Comme venait de lui dire le roi, Guenièvre avait une brûlure conséquente sur son bras que Gaïus s'activait à désinfecter. Mais ce qui déchira le cœur du sorcier étaient les regards. Guenièvre était épouvantée, elle avait peur de lui, cela se voyait clairement. Quant à Arthur, son visage n'était rien d'autre qu'un masque de colère et de ressentiment.

- Je... Je ne sais pas ce qui s'est passé... Je vous jure que je ne sais pas ! Guenièvre, je suis désolé !

- Ça va, Merlin...

Celui-ci s'écarta et alla s'asseoir en face du feu, dépité.

- Mais qu'est-ce qui ne va pas, chez moi ? Demanda t-il d'une voix tremblante.

- C'est ce que nous aimerions savoir..., avoua Arthur, radouci en voyant l'état de culpabilité de Merlin.

- Si j'avais mes livres de médecine ou mes livres de magie je pourrais peut-être trouver la réponse, mais je n'ai pas pu les emmener, les informa Gaïus.

- Ne vous souvenez-vous pas de quelque chose, Gaïus, un détail ou n'importe quoi ? Espéra le roi.

Dès lors que le médecin hocha négativement la tête, un silence préoccupé s'abattit sur l'ensemble du groupe. Arthur se tourna vers Merlin duquel il ne savait plus quoi penser. Même si son ancien serviteur n'avait pas conscience de ce qu'il faisait et avait prouvé maintes et maintes fois par le passé qu'il était loyal envers ses amis, il ne pouvait pas écarter ce qui était en train de se passer. Merlin, dans l'état où il se trouvait, représentait une menace pour Guenièvre et, apparemment, le surveiller n'avait pas suffi. Soit ils n'avaient pas été assez vigilants, soit le sorcier s'était débrouillé pour les détourner de leur tache. Arthur soupira gravement et passa une main sur son front en sueur, quand un léger détail attira son attention. Merlin avait mis la main droite dans la poche intérieure de sa veste, exactement comme il l'avait fait un peu plus tôt dans l'après-midi. Avait-il quelque chose à cacher ? Quelque chose en rapport avec le mal qui s'en prenait à lui ?

- Qu'as tu dans...

- Vous devriez m'attacher, coupa précipitamment Merlin. Imaginez que je sois repris par... cette folie, cette nuit. Je ne veux pas faire de mal à Guenièvre, ni à aucun d'entre vous, alors attachez moi.

Tout le monde sembla hésiter. Après tout, Merlin était un sorcier et se défaire de simples cordes devait être un jeu d'enfant pour lui. D'un autre côté, ils ne pouvaient pas rejeter cette précaution, et puis la personne chargée de monter la garde aurait le temps de s'en apercevoir si Merlin tentait d'échapper à ses liens.

- Très bien..., accepta Arthur à contre cœur.

- Gaïus ?

Merlin fit signe à son tuteur de le suivre à l'écart des autres et lui murmura sur le ton de la confidence:

- Pouvez-vous me donner une potion qui me tienne éveillé ?

Le médecin dévisagea son fils de cœur un long moment. Il avait l'air réticent à répondre.

- Merlin, je me doute que tu veuilles éviter les cauchemars, mais ne pas dormir ne fera rien d'autre que t'affaiblir, encore plus si tu te forces à ne pas dormir.

- Nous serons demain chez Mithian, je me reposerai là-bas, une fois sûr que je serai seul et que personne ne pourra me surprendre. S'il vous plaît, Gaïus, il est hors de question que quiconque apprenne que je fais des cauchemars.

- Il n'y a pas de honte à cela, mon garçon, répondit gentiment le vieil homme en le couvant d'un regard compatissant.

- Je n'ai pas honte, mais... je ne veux inquiéter personne, c'est tout. Ce sera juste pour cette nuit, je vous le promets.

- Bon...

Gaïus profita que les chevaliers et le couple royal soient en pleine discussion pour aller chercher la potion. Il la donna discrètement à son pupille puis reprit sa place autour du feu. Ni vu ni connu. Après l'avoir avalée, Merlin s'installa contre un arbre et attendit qu'on l'attache. Arthur recommanda à Perceval de s'en occuper car sa force d'ours permettrait de faire un nœud solide. Guenièvre annonça qu'elle allait se coucher, horriblement dérangée de voir son ami ligoté de la sorte. Le fait qu'il cherche à la protéger de cette façon la mettait extrêmement mal à l'aise.

- Je suis navrée que tu sois obligé de faire ça, Merlin...

- C'est moi qui suis navré d'être un danger pour vous.

Guenièvre posa une main tendre sur son bras en lui murmurant un faible « bonne nuit » puis s'enroula dans ses couvertures. Gaïus ne tarda pas à l'imiter. Il resta tout près de Merlin au cas où celui-ci aurait besoin de lui pendant la nuit.

- Je prends le premier tour de garde, annonça Arthur en sortant son épée.

- Je prends le deuxième, décida Léon.

- Le troisième, donc, termina Perceval.

Après que les deux chevaliers se soient allongés, le sommeil les gagna très vite, tout comme Guenièvre et Gaïus qui s'étaient déjà endormis. Arthur s'affaira à rajouter du bois dans le feu et à stimuler les braises. Il jeta un coup d'œil à Merlin et eut un pincement au cœur en le voyant les jambes repliées contre sa poitrine et la tête baissée.

- Tu devrais essayer de dormir, lui conseilla t-il.

- Je ne suis pas fatigué.

- Je sais que tu ne t'es pas reposé, ce matin. Tu n'arrêtais pas de bouger dans tous les sens et tu es même allé jusqu'au lac. Ne le nie pas, je t'ai vu.

- Vous n'avez pas dormi ? S'étonna le sorcier.

- Pas longtemps.

- Qu'allez-vous dire à Mithian, demain ?

- Que veux-tu que je lui dise ? Je ne sais pas pourquoi ni comment je suis revenu à la vie... ça me fait penser... qu'as-tu dit, tout à l'heure ? Au sujet d'Albion et de moi.

- Quand Albion en aura le plus besoin, Arthur reviendra. Il est le roi qui fut et qui sera. C'est ce qui m'a aidé à garder espoir, pendant deux ans... Arthur, je sais que vous tenez à ce qu'on discute chez Mithian, mais j'aimerais juste que vous sachiez... malgré que je sois un sorcier, malgré le fait que je vous ai menti... je n'ai toujours été loyal qu'envers vous, j'ai toujours utilisé ma magie pour le bien, jamais pour vous nuire ou nuire à Camelot.

- Je sais, Merlin... je le sais bien et je t'en remercie, répondit simplement le roi. Maintenant essaie de dormir.

Quand Arthur lui tourna le dos afin de surveiller les alentours, Merlin comprit que la discussion était close. Il posa sa tête contre le tronc et ferma les yeux, laissant deux larmes couler sur ses joues. Morgane était de retour, plus puissante que jamais, et commandait des sorciers. Lui-même était devenu une menace pour Guenièvre. Et Arthur nourrissait une rancune profonde envers lui, il en était certain, une rancune qu'il craignait immuable. Comment pouvait-il recoller les morceaux avec lui ? Comment croire encore à leur amitié ? Comment reprendre le contrôle sur son esprit ? Comment vaincre Morgane et les sorciers sous ses ordres ? Quel rôle pouvait-il tenir désormais ? Si un peu plus tôt dans la journée il s'était naïvement accroché à l'espoir qu'il pouvait redonner un sens à sa vie et ré-empoigner sa destinée, ce soir-là, attaché à un arbre et ignoré d'Arthur, il en doutait. S'il n'avait aucune chance de reconquérir l'amitié et la confiance du roi, son maître, la raison de sa magie, de son existence toute entière, s'il n'avait aucune chance de renverser Morgane et son armée de rebelles, s'il ne servait plus à rien, alors... peut-être que le flacon préservé au chaud dans sa poche serait bientôt ingurgité.

Alors, pourquoi Merlin tente t-il de tuer Guenièvre ? Quelle est la raison de sa conduite ? Quelle sera la réaction de Mithian en revoyant Arthur ? Quel peut bien être ce flacon qu'il cache ? Mais surtout, est-ce que la relation entre Merlin et Arthur va évoluer ? changer ? Je vous jure que je ne vais pas laisser la situation comme elle est, je vais m'occuper d'eux, ne vous en faîtes pas ;) J'aimerais savoir si vous avez des hypothèses quant au comportement d'Arthur, ou de nouvelles hypothèses après avoir lu ce chapitre, je suis curieuse de savoir ce que vous pensez ^^ Dans le prochain chapitre, nous entrerons enfin dans les pensées d'Arthur !

J'espère que ce chapitre vous a plu en tout cas ! :) Il y a juste un point que j'aimerais commenter... Je sais que c'est cruel d'avoir attaché Merlin et que ça n'a pas dû vous réjouir, mais à mon sens c'était inévitable étant donné qu'il est incontrôlable... Croyez moi, je n'ai pas aimé cela non plus.

A la semaine prochaine ! :)