Bonjour/Bonsoir ! C'est encore moi, avec le chapitre 12 ! D'accord, j'avais dit que la suite serait plus mouvementée, mais ce chapitre ne l'est pas vraiment... Il est toutefois essentiel sur un point que je vous laisse découvrir ^^ Le chapitre 13, en revanche, contiendra de l'action et tout et tout, je ne vous en dis pas plus :)
Merci à AmelieICanFly, Choupaaa31 et Crotuy pour leurs reviews ! :3 Vous êtes adorables ! Merci à Choupaaa31 d'avoir ajouté cette histoire à la rubrique " follow " ^^ J'espère que vous apprécierez ce chapitre !
*baille* Merlin est à la BBC, blablablablablablablablabla...
Sur ce, bonne lecture mes très chers ! :)
Chapitre 12: Une opinion inattendue...
- Nous serons à Camelot en fin d'après-midi, c'est certain, assura Rodor d'une voix forte afin que tout le monde l'entende.
Chacun hocha la tête, mais personne ne répondit. S'ils arrivaient à l'heure prévue, ils pourraient peut-être envisager d'attaquer dans la nuit. Le roi de Nemeth porta un regard circulaire sur l'ensemble du groupe réuni autour du feu de camp principal, à savoir les reines Annis et Guenièvre, Léon, Perceval, Mithian, Gaïus et, bien-sûr, Arthur et Merlin. Il savait, rien qu'en observant leur mine pensive, qu'ils en arrivaient tous au même constat que lui. L'effet de surprise serait encore plus grand s'ils choisissaient d'assiéger le château la nuit, au moment où les sorciers seraient endormis, voire ivres et vulnérables à cause des festivités organisées par Morgane.
Les armées de Rodor et Annis avaient levé les voiles pour Camelot quelques jours auparavant et le rythme de voyage qui était imposé les avait considérablement avancés sur le chemin initial à parcourir. Leur traversée s'était déroulée dans la plus grande discrétion et nul danger ne s'était encore présenté. Ils n'avaient croisé ni bandits, ni mercenaires, ni trafiquants d'esclaves, ni éclaireurs de Morgane. Arthur avait fait part à ses amis de la possibilité que sa sœur ait pris certaines mesures de surveillance, après quoi ils avaient tous redoublé de vigilance. Toutefois, leur voyage leur avait prouvé que la méfiance de la prêtresse était endormie et que sa concentration n'était dirigée que sur la réforme magique du royaume.
- Si nous voulons y être avant la nuit, je suggère que nous reprenions la route, ajouta Rodor.
L'imposant campement avait pris racine dans la forêt, tout en prenant soin à ce que personne ne se retrouve éparpillé. Ce n'était en aucun cas le moment de perdre des soldats ou qu'un groupe installé à l'écart soit victime d'une attaque surprise. Tandis qu'Annis et Mithian allaient informer les troupes du départ imminent, les autres se chargèrent de remballer leurs affaires. Le soleil se levait à peine au dessus des arbres et une brise fraîche rôdait dans la forêt. Après avoir rajusté ses étriers, Guenièvre resserra sa cape sur ses épaules et sentit alors la main chaude d'Arthur se poser sur sa joue.
- Vous êtes sûr de vous ? Lui demanda t-il encore une fois.
- Oui, Arthur, j'en suis sûre. Annis, Mithian et moi serons plus utiles dans la ville basse à soigner les blessés. Rappelez vous à Camlann... j'admets avoir quelques notions de combat, mais pas assez pour m'engager dans la bataille.
- J'ai confiance en vous, Guenièvre, fit-il en la serrant contre lui.
- Revenez-moi, Arthur, murmura t-elle, les souvenirs de Camlann encore frais dans son esprit.
- Je vous le promets.
Sur ces mots, ils se sourirent tendrement et Arthur posa un doux baiser sur son front. Il aida Guenièvre à monter sur son cheval et se dirigea vers le sien, attaché un peu plus loin. Il chercha automatiquement Merlin du regard et le vit en pleine discussion avec Gaïus, à l'opposé de sa position. Un air grave et inquiet déformait les traits du vieil homme tandis qu'il écoutait son fils de cœur lui parler.
« De quoi sont-ils en train de discuter ? » se demanda Arthur.
- Je sais que vous me croyez capable de tuer Morgane, mais... elle a grandi en force, elle est devenue beaucoup plus puissante, je l'ai senti quand nous nous sommes retrouvés face à face.
- Qu'essaies-tu de me dire, Merlin ?
Celui-ci soupira tristement et baissa la tête. Il s'assura que personne n'était susceptible de les entendre et avoua:
- J'ai réfléchi pendant le voyage... Je vais tout faire pour tuer Morgane, vous le savez, mais... si je ne reviens pas...
- Merlin, non...
- Gaïus. Si je ne reviens pas, promettez moi de veiller sur Arthur. Je le connais, je sais qu'il aura du mal à surmonter ma mort, tout comme j'ai eu du mal à surmonter la sienne. Il est devenu plus... prévenant, plus protecteur envers moi, je l'ai bien vu. S'il m'arrive quelque chose, il ne se le pardonnera pas. Je ne veux pas qu'il souffre comme j'ai souffert, Gaïus. Promettez moi de tout faire pour l'aider si je disparaissais.
Le médecin était impressionné par la force dont faisait preuve son pupille. Il ne décelait chez lui aucune peur, aucune tristesse, pas même de la colère. Juste... de la résignation. Ses paroles regorgeaient de courage et de sincérité. Gaïus le prit dans ses bras et lui chuchota:
- Je le ferai, mon garçon.
- Merci.
Merlin osa un léger sourire et partit rejoindre son cheval. Alors que Gaïus allait monter sur le sien, Arthur arriva vers lui, arborant exactement le même air que Merlin. Il jeta un coup d'œil prudent vers ce dernier afin d'être sûr qu'il ne risquait pas de l'entendre et se tourna vers Gaïus.
- Gaïus... Euh... Écoutez. Vous seul savez à quel point Merlin a très mal vécu ma mort et... s'il m'arrivait quoi que ce soit, je ne veux pas qu'il revive les deux mêmes années. Promettez moi de veiller sur lui. Je sais que vous le ferez sans que j'ai à vous le demander, mais cette fois... c'est une question de vie ou de mort.
En disant ces mots, Arthur revoyait le flacon d'aconit que Merlin avait caché pendant deux ans, il repensait à la révélation de son ami, à cette envie de suicide qui l'avait harcelé chaque jour. Il ne voulait pas que cela se reproduise.
Quant à Gaïus, il ne put s'empêcher de trouver la situation assez comique. Arthur et Merlin venant le voir pour les mêmes raisons, chacun se préoccupant de l'autre, chacun voulant épargner à l'autre de souffrir. La position dans laquelle il se trouvait s'avérait plutôt ironique.
- Je vous le promets, Sire.
- Merci, murmura Arthur avec une honnêteté sans pareille.
Tout en le regardant s'éloigner, Gaïus ressentit comme un pincement au cœur. Il avait longuement observé Merlin et Arthur durant les jours précédents et, bien qu'ayant retrouvé leur complicité, il avait également vu que leur lien s'était resserré, affermi, qu'il avait grandi en puissance. Leur destin était lié depuis leur naissance et il serait lié à tout jamais. Avant, Gaïus n'avait jamais prêté une grande attention à ce lien, mais maintenant qu'Arthur et Merlin s'étaient rapprochés encore plus et que ce dit lien avait évolué, mûri, imaginer l'un vivre sans l'autre lui semblait tout à coup... inconcevable. Merlin avait énormément souffert à la mort d'Arthur, il avait éprouvé beaucoup de difficultés à remonter la pente, et malgré cela, il avait gardé des séquelles. Aujourd'hui, ces séquelles disparaissaient petit à petit au contact d'Arthur et de leur amitié retrouvée. Que se passerait-il alors s'il devait arriver quelque chose à l'un d'entre eux ? En toute franchise, Gaïus ne préférait même pas se poser la question.
Le reste du trajet se fit dans un calme appréhensif, personne ne se risquant à briser le silence qui s'était installé de lui-même. S'il n'y avait pas eu l'armée suivant le groupe pas à pas, personne n'aurait pu imaginer un seule seconde que ce dernier s'en allait en guerre afin de reprendre ce qui lui appartenait. Son royaume, sa maison. Au sortir de la forêt, quand les hautes tours du château pointèrent à l'horizon, baignant dans la lumière du coucher de soleil, Arthur stoppa son cheval. Il resta longtemps à contempler la grande et imposante demeure royale, le cœur serré. Si Morgane avait dégradé quoi que ce soit, elle allait amèrement le regretter. Arthur s'en remettait à Merlin pour s'occuper de cela, il savait que son ami n'échouerait pas.
- J'espère qu'elle ne s'en est pas prise aux chevaliers et aux serviteurs... murmura t-il d'une voix craintive.
A ses côtés, Merlin ne sut quoi répondre. Il avait à l'esprit la cruauté de Morgane à l'égard de ceux qui osaient lui tenir tête. Elle veillait à éradiquer toute forme de résistance, c'était sa manière de procéder, ça l'avait toujours été.
- Espérons le.
- Bien, arrêtons nous là. Que tout le monde s'arrête ! Ordonna Arthur en se retournant à demi sur sa selle.
Les bagages militaires et autres armes furent déposées sur le sol et les chevaux attachés aux arbres. Arthur alla rejoindre le roi Rodor et la reine Annis, Merlin sur les talons.
- Nous devons emmener le matériel médical dans la ville basse.
- Êtes-vous certain que l'auberge dont vous nous avez parlé est fiable ? S'enquit Annis, sur la défensive.
- Sûr et certain. Il faut installer tout le nécessaire là-bas avant que la nuit ne tombe. Nous ne pourrons pas nous en occuper pendant la bataille, nous devons le faire maintenant.
Les souverains hochèrent la tête et dépêchèrent de loyaux soldats pour escorter Arthur, Merlin, Guenièvre et Mithian à l'endroit indiqué. Merlin se garda de leur dire qu'un nombre trop important de voyageurs éveillerait les soupçons des sorciers présents sur place. Il préférait s'en remettre à leur camouflage. Avec les vêtements quelconques que les soldats portaient, personne ne devinerait leur véritable identité.
Une fois la petite troupe apprêtée, celle-ci fit route vers le château, vers la ville basse. Au moins, cette virée leur donnerait un aperçu des changements encourus, si changements il y avait réellement eu. Peut-être allaient-ils tout simplement retrouver les mêmes rues, les mêmes visages et la même animation qu'autrefois. En approche de leur destination, les personnes connues à Camelot, à savoir Arthur, Guenièvre et Merlin, rabattirent une ample capuche sur leur tête. Arthur emprunta un raccourci pour se rendre dans l'auberge sans risquer de croiser trop de monde. Même avec leur capuchon, il n'était pas garanti qu'ils ne seraient pas reconnus par un passant. Mais c'était principalement Arthur qui avait de quoi s'inquiéter, étant donné que le royaume entier le croyait mort depuis deux ans... à cela s'ajoutait la nouvelle récente du décès de Guenièvre. Comment avait réagi le peuple en apprenant cette fausse nouvelle ? Avait-il définitivement perdu espoir d'être secouru, maintenant que leur reine était morte, elle aussi ? Arrivait-il à vivre en communion avec les sorciers ? Supportait-il la tyrannie de Morgane ?
C'étaient ces tristes questions qui tiraillaient Arthur, Guenièvre et Merlin quand ils pénétrèrent dans l'auberge. La salle principale était remplie de monde en train de bavarder et festoyer. Des enfants, debout sur un banc, riaient aux éclats tout en jouant avec une feuille de papier qu'ils s'amusaient à faire voler dans les airs. Autour d'eux, d'autres enfants les regardaient, émerveillés. Les adultes, pour la plupart, discutaient en surveillant du coin de l'œil les faits et gestes de leurs fils et leurs filles. Arthur et Merlin se jetèrent un coup d'œil étonné. Des sorciers et des... non-sorciers. Ensemble. Dans la même salle. Il ne régnait aucun climat de peur et de tension dans la pièce, celle-ci grondait au contraire de rire d'enfants et de brouhaha amical. Merlin remarqua cependant qu'un masque de tristesse défigurait les visages des plus âgés, probablement à cause de la mort de leur reine...
- Il ne pleut pas ici, vous pouvez enlever vos capes ! Fit l'aubergiste en s'approchant d'Arthur et Merlin.
Mithian prit aussitôt les choses en main et s'avança.
- Pourrions-nous discuter dans un endroit... plus calme ? Demanda t-elle gentiment.
Le gérant dévisagea la princesse, les sourcils froncés. Il se gratta la barbe en inspectant rapidement l'animation de la salle, cherchant à savoir s'il serait tranquille quelques minutes.
- Suivez-moi.
L'aubergiste fit entrer les voyageurs dans une pièce adjacente, déserte et silencieuse. Seul un grondement sourd dû aux conversations s'élevait derrière la porte. Une fois à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes, Arthur, Merlin et Guenièvre retirèrent leur capuchon. L'homme devint blanc comme la craie, comme s'il venait de voir un fantôme, ce qui, dans sa tête, était le cas. Il recula en chancelant et bredouilla, les yeux rivés sur Arthur:
- Ma... Majesté... Comment est-ce possible... ? Êtes-vous un fantôme... ?
- Je suis tout ce qu'il y a de plus réel, répondit Arthur. Écoutez, l'histoire est longue à expliquer et le temps nous manque. Sachez seulement que ce n'est pas une duperie et que je suis bien Arthur Pendragon, roi de Camelot.
Constatant que l'aubergiste semblait toujours aussi troublé, Arthur posa une main rassurante sur son épaule.
- Avez-vous confiance en moi ?
- Bien-sûr...
- Et, à mon tour, puis-je avoir confiance en vous ?
- Évidemment ! Jamais je ne causerai le moindre problème à mon souverain. Mon dieu, quand les autres seront au courant...
- Justement, personne ne doit être au courant, répliqua Arthur d'un ton grave. Cette nuit, nous allons reprendre le château et défaire Morgane.
- S'en est-elle prise à vous ? Voulut savoir Guenièvre, inquiète. Au peuple ?
L'aubergiste hocha négativement la tête, le visage toujours hagard.
- Et les sorciers ? Vous ont-ils fait du mal ?
- Cela va probablement vous surprendre, en tout cas, ça nous a tous surpris ici... mais les sorciers ne nous ont rien fait, absolument rien ! Ils n'ont même pas cherché à voler nos maisons ou nos vivres... Il se sont établis dans leur coin et... ils vivent normalement. En fait... ils ne sont pas différents de nous. Nous arrivons même à nous entendre, vous avez dû le voir en entrant, je suppose. Vous arrivez à y croire ?!
Le gérant avait sincèrement l'air stupéfait par ce qu'il racontait. Jamais il n'aurait pensé que les sorciers pouvaient faire preuve de... normalité, de gentillesse, de générosité même. Qu'ils étaient aussi humains que les gens ordinaires. Que leurs pouvoirs n'étaient pas que maléfiques. Camelot, ce royaume qui combattait la magie avec acharnement et brutalité depuis de nombreuses années, se voyait cohabiter avec elle. Et les choses allaient très bien.
- Oui, nous arrivons à y croire, admit Arthur.
Cette réponse déstabilisa quelque peu l'aubergiste. Il ne s'était pas attendu à une telle compréhension de la part de son roi, connu pour suivre les traces d'Uther.
- Seriez-vous d'accord si je rétablissais la magie à Camelot ? S'enquit Arthur, plus sérieux que jamais.
Cette question déboussola complètement son interlocuteur. Était-ce vraiment Arthur Pendragon qui se tenait devant lui ? Était-il en train de rêver ? Il fit son possible pour ne pas fixer son souverain d'une manière incrédule, ne voulant pas lui manquer de respect, et répondit:
- Avant, j'aurais dit non, comme tout le monde. Mais aujourd'hui, maintenant que je sais que la magie n'est pas que mauvaise... je pense que ce serait une beau geste pour les sorciers. Ils ne sont pas méchants, vous savez ! L'un d'eux m'a même aidé à réparer le toit de l'auberge ! Oh je dois vous avouer que... les deux, trois premiers jours ont été difficiles, nous avions tous très peur. Mais au lieu de s'énerver, les sorciers sont venus vers nous, comme ça, d'un coup... Et aujourd'hui, voyez ce que ça donne.
Arthur se retourna automatiquement vers Merlin à l'entente de ces paroles. Ce dernier avait les larmes aux yeux et un sourire lumineux transfigurait son visage. Le voir aussi heureux et plein d'espoir mit du baume dans le cœur d'Arthur. A ses côtés, Guenièvre arborait également un sourire attendri, tout comme Mithian. Les explications et l'opinion de l'aubergiste étaient inattendues, mais elles prouvaient surtout une chose: le retour de la magie serait vite accepté par le peuple. Et, d'un côté, aussi ironique que cela puisse paraître, ils pouvaient tous remercier Morgane. En se servant des sorciers pour prendre le trône, en les utilisant pour assiéger le château, elle leur avait offert un foyer et la liberté, elle leur avait donné l'occasion de montrer les bienfaits de la magie et de rassurer le peuple. Il avait fallu brusquer les choses, agir à la façon de Morgane, pour que le royaume se rende compte finalement que la magie n'était pas que dangereuse et malveillante. En passer par la force, par le mal, pour en arriver à la paix, au bien.
Arthur rendit leur sourire à Merlin, Guenièvre et Mithian et déclara:
- Dès que Morgane sera morte, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour rétablir la magie.
- Majesté, si je puis me permettre... Pourquoi avez-vous changé d'avis sur la magie ? Questionna timidement l'aubergiste.
- Il se trouve que... pendant de nombreuses années, j'ai côtoyé un sorcier sans savoir que c'en était un. Et ce sorcier ne m'a jamais fait de mal, c'est même l'inverse. Je lui ai promis de rétablir la magie et je tiendrais ma promesse, quoiqu'il en coûte.
Merlin détourna la tête pour essuyer discrètement une larme qui avait roulé sur sa joue. Il percevait une sincérité et une amitié profonde dans la voix d'Arthur et il sentait les battements de l'espoir animer son cœur. Le gérant, quant à lui, semblait ému par les paroles de son roi et fier, également. Arthur était la preuve vivante qu'un fils n'était pas toujours semblable à son père.
- En attendant, continua Arthur, la raison de notre venue ici est d'un autre ordre. Nous aimerions savoir s'il serait possible d'installer chez vous ceux qui seront blessés pendant l'attaque, afin de mieux les soigner ?
- Vous comptez vous en prendre aux sorciers ? Mais, vous venez de dire que...
- Laissez-moi m'expliquer. Mon but est de parler aux sorciers, leur expliquer que je ne leur veux aucun mal. Mais il est évident qu'ils ne vont pas voir mon retour d'un très bon œil et qu'ils chercheront sans aucun doute à m'attaquer. Tout ce que moi et les soldats allons faire est les neutraliser, mais sans les tuer. Beaucoup seront sûrement blessés, c'est pourquoi j'ai besoin de votre autorisation pour qu'ils soient transportés ici.
- Bien-sûr ! Accepta aussitôt l'aubergiste. Prenez tout l'espace dont vous avez besoin !
- Merci beaucoup.
A la tombée de la nuit, après avoir secrètement mis en place une infirmerie pour accueillir les futurs blessés, tout le monde quitta l'auberge pour retourner dans la forêt. De leur position, ils entendaient parfaitement l'animation qui régnait en maître dans la ville basse et dans la cour du château. Ils n'avaient plus aucun doute quant au fait que Morgane ne verrait rien venir. Les pensées tournées vers la jeune femme, Merlin esquissa un sourire moqueur. Il n'y avait pas de quoi rire, mais imaginer la tête de Morgane quand elle se rendrait compte qu'Arthur était vivant, en chair et en os devant elle, à la tête d'une armée pour reprendre Camelot, était des plus comiques.
En revenant au campement, des feux avaient été allumés et chaque soldat, assis autour de ses dits feux, astiquaient leur armure et vérifiaient leur matériel. Normalement, s'ils s'en tenaient tous au plan, ils n'auraient pas à en faire usage violemment, mais il ne fallait pas courir le risque d'être mal équipé. Tandis qu'Arthur, Guenièvre et Mithian discutaient avec Rodor et Annis, Merlin alla s'asseoir à côté de Gaïus et commença à polir l'armure d'Arthur, même si personne ne lui avait demandé. Cette tâche, qui l'exaspérait la majeure partie du temps, lui procurait ce soir-là un réel plaisir. Refaire ses mouvements si simples, si machinaux, le ramenait dans le passé, quand il s'enfermait dans l'armurerie et se mettait au travail... Un sourire un peu niais se dessina alors sur ses lèvres.
- C'est bien la première fois que je te vois sourire en polissant mon armure, Merlin, remarqua Arthur, prenant une place à côté de lui.
- C'est juste... ça fait tellement bizarre de retrouver les anciennes habitudes.
Le roi de Camelot l'observa quelques instants. Avant, il n'avait jamais accordé d'attention aux corvées de son serviteur. Celui-ci les exécutait et Arthur n'avait jamais à se plaindre. Enfin... rarement.
- Sois prudent.
Merlin redressa la tête, les sourcils froncés. Il décelait chez Arthur de l'inquiétude, bien que ce dernier essayait de faire bonne figure en préservant un masque d'impassibilité. Merlin savait qu'il ne faisait pas référence à son armure, mais à ce qui se passerait pendant l'attaque, au moment où il ferait face à Morgane.
- Vous me connaissez, répliqua t-il, tentant de préserver une voix stable et amusée.
- Justement. Je sais à quel point tu te fiches de toi-même, de ta propre santé.
- En parlant de prudence, fit Merlin, ignorant la remarque précédente, je vous retourne l'avertissement, Arthur. Savez-vous combien de fois j'ai sauvé votre royal postérieur ?
- Ça me fait plaisir de voir que tu as toujours ton sens de l'humour ! Sérieusement, Merlin... Sois prudent, c'est tout ce que je te demande.
- Vous aussi.
Arthur hocha la tête, satisfait. Il passa en revue ses compagnons et les soldats et poussa un profond soupir. Dans quelques heures, leur sort serait scellé.
Ces heures défilèrent comme des secondes. Lorsque la nuit fut complète, le ciel illuminé par les étoiles et une lune discrète, tout le monde enfila son attirail et les feux de camps furent éteints. Les troupes sous le commandement de Rodor se mirent en rang ordonné et suivirent le monarque sur une route donnant accès à l'arrière de la forteresse. Ils s'en remettaient au plan: encercler le château pour prendre leurs occupants, plus particulièrement l'occupante, par surprise. Seul un groupe d'une quinzaine d'hommes resta aux côté d'Arthur qui leur expliqua une dernière fois leur mission: neutraliser les gardes postés aux portes du château et ceux chargés de sonner la cloche d'alarme. Les hommes inclinèrent la tête avec soumission, un air d'une extrême concentration peint sur leur visage, avant de s'engager à leur tour sur le chemin. Dès qu'ils eurent disparus de son champ de vision, Arthur s'approcha de Guenièvre. Il lui caressa les cheveux et murmura:
- Faîtes attention à vous.
- N'ayez crainte.
Il posa un baiser sur son front et la regarda s'en aller avec Annis et Mithian en direction de la ville basse. Guenièvre était sereine et gardait la tête haute, tout comme Annis qui ne perdait rien de son stoïcisme et de sa prestance. Mithian, en revanche, bien que silencieuse, se montrait plus angoissée et jetait fréquemment des coups d'œils à Merlin et Arthur. Des cous d'œils qu'aucun des deux hommes ne sut interpréter. Était-ce... de l'inquiétude ? De la peur ? De l'appréhension ? Ni l'un ni l'autre n'arrivait à mettre un mot sur ces regards insistants, regards rendus encore plus mystérieux et insaisissables par le noir profond de ses yeux.
- Bon... c'est bientôt à nous, murmura Arthur à Merlin.
- Tout ira bien, j'en suis sûr.
Arthur redoutait principalement le moment de son arrivée. Les sorciers chercheraient évidemment à l'attaquer avant même qu'il n'ait le temps d'ouvrir la bouche. Il lui faudrait capter leur attention pendant la bataille, ce qui ne serait pas une mince affaire. La violence était un puissant exutoire à la haine et celle-ci rendait sourd et aveugle quiconque la ressentait. Non, ce ne serait pas facile d'obtenir d'eux un minimum d'attention. Son nom, sa réputation, avaient entaché l'homme qu'il était réellement et il ne pouvait défaire cela. Arthur espérait simplement qu'il trouverait un moyen de leur faire baisser les armes. Pour le moment, il attendait aux côtés de Merlin l'heure ultime où son destin et celui de Camelot seraient joué.
Tous les deux patientèrent durant de longues minutes tout en scrutant attentivement ce qui se tramait aux alentours du château, si, de leur poste d'observation, ils arrivaient à distinguer une agitation quelconque ou entendre des bruits, des cris, leur indiquant que la bataille avait commencé. Ce n'est qu'au bout d'une demi-heure d'attente, une demi-heure de silence et d'angoisse sourde, une demi-heure durant laquelle l'adrénaline pulsait dans leurs veines, qu'Arthur et Merlin entendirent le signal venant de Léon et Perceval:
- Pour l'amour de Camelot !
Merlin et Arthur s'échangèrent un long regard, leurs prunelles souhaitant silencieusement bonne chance à l'autre, puis s'engagèrent vers le château.
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Était-il inutile, à votre avis ?
A la semaine prochaine ( j'essaierai de poster un peu plus tôt ) ! :)
