Bonjour/ Bonsoir tout le monde ! :) Le chapitre 13 est arrivé ! Voilà, il s'agit du chapitre tant attendu, le retour de nos héros à Camelot etc. J'espère qu'il sera à la hauteur de vos espérances, j'espère, j'espère, j'espère... ^^

Je remercie Crotuy, laure marez et Michonchon pour leurs reviews adorables ! :3 Merci également à neko-chan200 pour avoir ajouté cette histoire aux rubriques follow et favorite ! Merci beaucoup ! :)

Message spécial à Crotuy ( qui vous intéressera aussi peut-être ) : Je n'ai pas réellement déterminé le nombre de chapitres. Je pense en faire encore 3 ou 4. voili voilou ^^

Comme d'habituuuuuuude... Merlin appartient à la BBC *sadness in my heart*

Pendant votre lecture, j'ai des musiques à vous proposer ! :) Elles sont notées entre parenthèses dans le chapitre, ce sera plus simple pour vous repérer je pense.

Sur ce, je vous laisse lire et vous souhaite une bonne lecture mes très chers ! :)

Chapitre 13: Victoire ?

( Merlin season 4 soundtrack - A knights Farewell )

Arthur empoigna fièrement Excalibur au dessus de sa tête en traversant la ville basse. Autour de lui, un véritable chaos régnait déjà alors que la bataille avait à peine commencé. Des charrettes enflammées traînaient dans des coins, près des maisons, ou au milieu de la route, les rues se voyaient infestées de monde, de soldats repoussant les sorciers comme cela était initialement prévu, les cris et les vociférations fusaient dans tous les sens.

- C'est le roi Arthur ! Hurla subitement une voix.

- Le roi Arthur ?! S'écria une autre voix horrifiée.

- Où ?! Renchérit une troisième personne.

- Le roi ?!

- Non, c'est impossible !

Tandis qu'Arthur tentait de se frayer un chemin à travers la cohue emportée, celle-ci se relâcha légèrement, les sorciers jetant des coups d'œils ahuris et haineux envers le souverain ressuscité. Les soldats qui les combattaient avec acharnement depuis plusieurs minutes profitèrent de cette distraction pour les neutraliser. Ils leur entaillaient les épaules, les bras, les jambes, mais veillaient à contenir leurs assauts. Aucun mort ne devait être à déplorer, aucun ! Arthur parvint difficilement à atteindre une maison et s'arrêta dans l'embrasure de la porte. Merlin, qui le suivait comme son ombre, le rejoignit en moins d'une seconde.

- Je pars au château. Des affrontements ont peut-être lieu là-bas et Morgane... Morgane y est aussi.

- On se retrouve plus tard, d'accord ?

- Bien-sûr ! Bonne chance, Arthur !

- Toi aussi !

Arthur regarda Merlin s'élancer vers le château et se faire engloutir dans la mêlée, sa silhouette disparaissant petit à petit au loin... Il inspira à pleins poumons pour se donner du courage et repartit dans la foule. Il devait à tout prix ne penser à rien d'autre que sa mission. Sa mission, sa mission, sa mission. Il s'engagea corps et âme dans le combat, évitant des projectiles matérialisés par magie que les sorciers cherchaient à lui lancer, esquivant avec habileté et facilité les coups de ceux qui avaient des armes qu'ils ne savaient pas manier et se penchant de droite à gauche lorsque cela était nécessaire. Arthur repéra Léon et Perceval à l'opposé de sa position, combattant parfaitement bien, comme toujours, et blessant les sorciers quand l'occasion se présentait à eux. Malheureusement, il était bien conscient que leurs opposants prenaient très vite le dessus. L'effet de surprise leur avait permis de gagner des minutes, mais ça s'arrêtait là. Si Arthur ne trouvait pas rapidement un plan pour capter leur attention, s'il ne parvenait pas à mettre les bons mots sur ses pensées, s'il faisait la moindre erreur, cela pourrait lui être fatal, comme cette nuit-là, à Camlann. Se retrouver devant Mordred, qu'il estimait, respectait et pour lequel il avait de l'affection, l'avait déstabilisé quelques secondes... mais ces quelques secondes lui avaient volé sa vie et l'avaient mené à une mort lente. Il ne referait pas deux fois la même erreur.

Arthur resserra sa prise sur le manche de sa fidèle épée et, après avoir repéré une charrette en parfaite état, se hâta de monter dessus. D'abord, il regarda la foule. Longtemps. Très longtemps. Craignait que celle-ci, aveuglée par la colère, ne l'entende pas ou ne daigne pas lui accorder un regard, craignant que, si elle le remarque, essaye de le tuer avant qu'il n'ait le loisir d'ouvrir la bouche. Arthur bloqua son esprit afin que d'autres pensées similaires ne viennent pas l'assaillir et hurla:

- Écoutez-moi tous ! Je vous en prie, écoutez-moi !

Mais Arthur n'obtint pas l'attention qu'il espérait tant. Sa voix était couverte par toutes les autres, par ce brouhaha assourdissant, il était littéralement ignoré de tous.

- S'il vous plaît ! Hurla t-il encore plus fort. Écoutez-moi !

Face à son impuissance à se faire entendre, Arthur serra les dents, frustré contre lui-même. Peut-être qu'il aurait de meilleurs résultats ( ou pire ) à prêter main forte aux soldats, à s'adresser aux sorciers en face à face. Jugeant qu'il n'avait rien à perdre, en dehors d'un temps précieux et qui sait, de sa vie, il sauta prestement de la charrette et repartit dans la cohue. Les sorciers qui le virent ne laissèrent pas leur chance s'envoler et chargèrent férocement dans sa direction. C'est de cette manière, un sorcier en entraînant un autre, qu'Arthur se retrouva à combattre des hommes complètement inexpérimentés, appuyés de leurs épouses, ainsi que des adolescents enragés et assoiffés de vengeance. Il voyait défiler dans leurs yeux luisant de mépris et sur leur visage déformé par la haine tant d'années de souffrances et de peur, à devoir se cacher, à devoir vivre dans l'attente d'être un jour découvert pour ensuite être décapité ou brûlé vif. Il combattait ces sentiments que son père avaient créés en eux, ces mêmes sentiments qu'il avait fait perdurer après sa mort. Dieu qu'il avait honte ! Lorsque Arthur fut contraint de se battre contre un garçon pas plus jeune que l'était Mordred, il saisit l'occasion. Il fit en sorte de l'entraîner dans un coin reculé des combats et lui dit:

- Écoute moi, s'il te plaît !

Au départ, exactement comme il l'avait pensé, le garçon ne se laissa pas duper. Il leva bien haut la hache qu'il tenait et frappa. Arthur para le coup avec sa lame et fit un nouvel essai:

- Laisse moi parler, je ne te veux aucun mal !

- Vous mentez ! Vous êtes revenu pour nous tuer, jusqu'au dernier !

- Non ! Je te jure que non ! Je t'en prie, laisse moi m'expliquer !

- Je ne veux rien entendre de vous ! Vous et votre père, vous êtes pareils ! Vous avez tué ma grand-mère, mon grand-père et ma mère !

Un autre coup, plus violent cette fois, qu'Arthur n'eut pas de mal à esquiver.

- Si vraiment tu n'es pas curieux d'entendre ce que j'ai à dire, alors utilise tes pouvoirs sur moi ! Pourquoi tu ne le fais pas ?!

Le jeune homme fut pris au dépourvu, ce qui eut pour conséquence de lui faire baisser sa garde. Arthur saisit sa chance. Il fit tomber sa hache à terre et lui bloqua le bras derrière le dos, comme il l'avait fait à Merlin le jour de leur première rencontre.

- Je veux que tu m'écoutes ! Aucun mot n'existe pour exprimer mes regrets, mes remords, pour te dire, à toi et aux autres, que je suis désolé de ce que j'ai fais ! Oui, je suis désolé, profondément désolé de vous avoir persécutés et tués ! Mais si je suis revenu, c'est pour me racheter auprès de vous ! Je vais rétablir la magie, tu m'entends ?! Vous serez libre !

- Je ne vous crois pas !

- Mon serviteur... Mon serviteur que je connais depuis plus de dix ans... c'est un sorcier... et c'est mon meilleur ami ! Il ne m'a jamais fait de mal et je ne lui en ferai jamais ! Comprends-tu ce que je te dis ? Vous serez libre !

Le garçon ne répondit pas, mais Arthur sentait que ses paroles ne l'avaient pas laissé indifférent. Il profita du trouble qu'il avait semé en lui pour continuer:

- J'ai besoin de ton aide pour expliquer aux autres sorciers ce que je veux faire et pourquoi je suis revenu. Est-ce que tu consens à m'apporter cette aide ?

- Vous... vous dîtes la vérité ?

- Je te jure sur ma vie que je te dis la vérité.

Arthur relâcha doucement sa prise sur le bras du garçon et, constatant que celui-ci restait calme et n'avait pas l'intention de tenter quoi que ce soit contre lui, libéra entièrement son bras. Le sorcier l'observa un court moment, une pointe de méfiance dans les yeux. Le roi de Camelot ne semblait pas décidé à s'en prendre à lui et avait même planté son épée dans le sol pour bien lui montrer qu'il ne voulait rien d'autre que la paix.

- Il faut que j'arrive à obtenir l'attention des autres..., lui expliqua Arthur, peux-tu m'aider à trouver un emplacement où je sois capable d'attirer leur regard sur moi ?

- Vous avez juré sur votre vie ! Lui rappela le garçon au cas où le souverain le trahirait.

- Oui, je t'ai donné ma parole sur ma vie et je tiendrais cette parole !

- D'accord... je vais vous aider.

Tous les deux repartirent sans attendre dans l'affrontement et cherchèrent un endroit propice à ce qu'Arthur puisse dominer la foule. La ville basse, comme l'indiquait son nom, était en contrebas du château, située peu avant le pont-levis. La rue principale était rectiligne, mais se révélait un peu pentue en remontant vers le château. Arthur pria pour qu'il y ait suffisamment de place et que les combats ne soient pas montés jusque là, et agrippa le bras de son nouvel allié.

- Viens, j'ai une idée.

Le garçon le suivit sans poser de questions. Quand ils arrivèrent en haut de la route, Arthur fut soulagé que les affrontements ne soient pas aussi intenses et resserrés qu'en bas. Il porta un regard scrutateur sur les sorciers et les soldats, notamment sur les sorciers qui, beaucoup plus nombreux, étaient parvenus à prendre l'avantage. Il posa la main sur le pommeau d'Excalibur pour se rassurer, pour s'insuffler une dose de courage, pour se dire qu'il était assez fort pour surmonter cette épreuve.

- Écoutez tous ! Hurla t-il à pleins poumons.

Le garçon à ses côtés envoya valser des débris de bois et de pierres dans la foule pour attirer son attention, mais les sorciers se contentèrent de grogner méchamment en les repoussant avec leurs pouvoirs. C'est à cet instant, où Arthur commençait à penser que même l'appui d'un sorcier ne suffirait pas, qu'un puissant éclair tonna dans le ciel nocturne, vrillant les tympans de tout le monde et cessant instantanément les combats. Arthur aperçut alors un autre jeune homme devant lui, les mains levées vers le ciel et un sérieux intimidant sur le visage.

- Arthur Pendragon vous parle ! Cria t-il aux sorciers. Prenez quelques minutes pour l'écouter !

Après ces paroles, prononcées d'un ton si assuré et si tranchant, le nouvel arrivant marcha vers Arthur et inclina la tête.

- J'espère que vous les convaincrez, Arthur.

- Qui es-tu ?

- Une vieille connaissance qui a des remords, elle aussi...

Le monarque eut beau se creuser la tête, il n'arrivait pas à mettre un nom sur ce visage. Il était sûr et certain qu'il ne l'avait jamais rencontré auparavant. Puis, aussi vite qu'il était arrivé, le garçon repartit dans la foule et Arthur le perdit de vue. Néanmoins, il n'eut guère le temps de s'en préoccuper davantage qu'il fut confronté à des centaines de regards tournés dans sa direction, des regards étincelant à la fois de cruauté et d'interrogations, de colère et d'appréhensions. Il sentit des frissons de panique le parcourir et inspira profondément pour se motiver et endormir ses peurs. Ça y est. Il pouvait enfin parler.

( The imitation game - running )

Arthur fit la première chose qui lui passa par la tête: il déposa Excalibur au sol, tout en douceur, et leva les mains devant lui en signe de paix. Il s'avança prudemment, les sens aux aguets, tenant à tout prix à éviter qu'un sorcier ait la brillante idée de le tuer. S'éclaircissant la gorge, il s'arrêta devant l'affluence et prit lentement la parole:

- Écoutez... Je sais l'image que vous avez tous de moi, je sais que vous me voyez comme un tyran sans cœur et incapable de sentiments, je sais que vous voyez en moi Uther Pendragon. Votre pensée et votre opinion à mon sujet sont légitimes, je n'ai rien fait de bien pour mériter mieux. Mais si je suis revenu, aujourd'hui, ce n'est pas pour vous tuer... c'est pour m'excuser auprès de vous. Je suis conscient que... de simples excuses n'effaceront pas les souvenirs que vous avez et les souffrances que vous avez subies, je sais que m'excuser ne me rachètera pas à vos yeux. C'est pourquoi, pour vous prouver ma sincérité et vous montrer que vous n'aurez plus à vous cacher... je vais rétablir la magie à Camelot.

Des murmures s'élevèrent dans la foule, chacun se penchant sur l'oreille de son voisin ou se retournant pour échanger son avis avec quelqu'un d'autre. Un homme, âgé environ d'une cinquantaine d'années, se détacha du groupe et fit un pas vers Arthur. Son visage fermé ne laissait rien présager de bon pour le monarque.

- Même si vous rétablissez la magie, Pendragon, ça ne nous rendra pas nos familles, nos amis, pourchassés et exécutés ! Vous avez toujours clamé que la magie était le mal incarné, mais le mal ici... c'est vous !

- J'ai été élevé en pensant que la magie était maléfique, j'ai baigné dans les préjugés toute mon enfance et j'ai perdu mes deux parents à cause de la magie... Je ne dis pas cela pour me trouver des excuses, mais pour vous montrer que le cœur d'un homme peut s'endurcir, s'assombrir et être entaché par les enseignements et les épreuves qu'il rencontre. Que nous soyons sorciers ou non, c'est la même chose pour tout le monde. C'est ainsi que j'ai compris que... tout se joue avec le cœur. J'ai compris que la magie n'était pas mauvaise, mais que c'est le cœur, bon ou mauvais, de celui qui la possède qui construisait son image.

Arthur ne savait pas quoi ajouter pour exprimer plus clairement son opinion, pour dire aux sorciers à quel point il était désolé de ses actes passés, pour leur affirmer qu'il disait la vérité. Il eut envie de baisser la tête, la honte l'écrasant de tout son poids, mais se força à soutenir le regard de cet homme, les regards de tous les sorciers. Il voulait les convaincre de son honnêteté et leur faire comprendre qu'il n'était pas une menace, mais surtout, qu'il assumait ses paroles.

- Pourquoi parlez-vous ainsi, Arthur Pendragon ? Demanda une femme. Pourquoi nous dîtes-vous ça, tout à coup ?

- Pourquoi ai-je changé d'avis, c'est ce que vous voulez savoir ? Quelqu'un m'a ouvert les yeux, quelqu'un dont je suis très proche... Il a vécu avec moi pendant plus de dix ans, il m'a sauvé la vie de nombreuses fois dans le passé et a toujours été l'ami le plus fidèle et le plus loyal que je connaisse, quelqu'un sur qui je sais pouvoir compter à chaque instant. Mon serviteur. Un sorcier.

La foule poussa une exclamation ahurie, une exclamation que se répercuta en écho dans la nuit. Avait-elle mal entendu ? Était-ce une mauvaise plaisanterie ? Le serviteur d'Arthur Pendragon ? Un sorcier ?

- Il m'a avoué la vérité il y a deux ans, juste avant que je... que je meure. Parce que oui, je suis mort ce jour-là. Et je suis revenu à la vie... grâce à la magie. Cette même magie qu'il utilisait dans mon dos pour m'aider et me sauver la vie un nombre incalculable de fois. Je lui dois tant de choses et je lui dois ce changement.

Arthur se tut, attendant une réaction de la part des sorciers. Il craignit, pendant un instant, qu'ils le ne croient pas, qu'ils pensent qu'il avait monté toute une histoire pour les convaincre de sa soudaine bienveillance. Les hommes, les femmes, les adolescents, tous se tournaient et se retournaient dans tous les sens, cherchant désespérément une réponse, cherchant à savoir si tout cela était vrai. Un vieillard délaissa alors sa famille pour s'approcher d'Arthur. Il ne reflétait dans ses yeux aucune animosité ni aucun ressentiment.

- J'ai vécu de douloureuses années, Arthur Pendragon. J'ai cessé de croire les beaux discours des rois... alors... si vous êtes sincère, je vous demanderai deux choses.

- Ce que vous voulez.

- La première, c'est de prêter serment sur votre vie de rétablir la magie. La deuxième... c'est de nous faire rencontrer votre serviteur afin qu'il témoigne.

Arthur se permit un moment de silence. Prêter serment était dangereux, c'était un engagement de taille. Néanmoins, il avait promis à Merlin de rétablir la magie et il comptait tenir cette promesse, alors il pouvait tout aussi bien prêter serment.

- Je vous fais serment, à tous, qu'une fois les choses rentrées dans l'ordre à Camelot, je rétablirai la magie. Vous serez libres ! Vous l'êtes déjà, à mes yeux, mais vous le serez officiellement !

- Et votre serviteur ?

Arthur posa un regard anxieux sur les tours du château. Morgane n'était pas intervenue une seule fois, elle ne s'était même pas montrée. Le roi avait donc bon espoir que Merlin était en train de l'occuper, qu'il avait réussi à la retenir. Comme en réponse à ses pensées, le garçon auquel il avait parlé en premier et qui était resté à l'écart lui annonça:

- Dame Morgane est à terre, sur le pont-levis. Je crois qu'elle est morte...

- Y a t-il quelqu'un d'autre avec elle ?! Demanda vivement Arthur.

- Oui, quelqu'un est avec elle... mais je ne l'ai pas très bien vu.

Sans attendre, Arthur fit volte-face et courut à l'endroit où il avait déposé Excalibur... sauf que son épée avait disparu. Il en saisit une autre laissée à l'abandon et s'engagea à toute allure vers le pont-levis. Mais en arrivant, il se stoppa net. Plusieurs mètres devant lui gisait le corps de Morgane, baignant dans son propre sang. Elle était morte, bel et bien morte. Et devant elle, droit et immobile comme une statue, se tenait Merlin. Il était dos à Arthur et à l'assemblée de sorciers qui s'était formée derrière lui. Il serrait Excalibur dans sa main et semblait regarder Morgane, comme hypnotisé par elle, comme s'il n'avait pas remarqué la présence subite d'autres personnes.

- Merlin ? Fit Arthur, la voix tremblante.

Merlin ne répondit pas et ne bougea pas non plus. C'est justement son mutisme qui fit comprendre à Arthur que quelque chose clochait. Pourquoi Merlin ne se retournait-il pas ?


( Merlin season 4 soundtrack - Merlin vs Morgana )

- Je pars au château. Des affrontements ont peut-être lieu là-bas et Morgane... Morgane y est aussi.

- On se retrouve plus tard, d'accord ?

- Bien-sûr ! Bonne chance, Arthur !

- Toi aussi !

Merlin s'élança vers le château. Il ne se retourna pas une seule fois, il ne chercha pas à accrocher le regard d'Arthur. Il en avait envie, plus qu'il ne se l'avouait à ce moment-là, mais il avait peur de laisser transparaître ses craintes et ses doutes. Arthur n'avait pas besoin de les voir, il ne devait pas se laisser détourner de son devoir, de sa mission, en s'inquiétant pour lui. Merlin courut, encore et encore. Il échappa maladroitement aux sorciers qui essayaient de le propulser au loin ou de l'abattre avec leurs armes improvisées et arriva plus vite qu'il ne l'aurait pensé sur le pont-levis. Les combats n'avaient pas encore atteint cette limite et en évaluant la situation, Merlin se rendit compte que la majorité des sorciers étaient regroupés dans la ville basse. Même en pénétrant dans la grande cour, il vit plus de soldats que de sorciers. Ces derniers se battaient avec hargne, principalement animés par la haine et une envie incommensurable de se venger, de protéger leur liberté et leur nouvelle propriété coûte que coûte. Les soldats d'Annis et Rodor, de par leur nombre supérieur, n'éprouvaient pas une grande difficulté à neutraliser leurs assaillants. Leur maîtrise du combat aidant, ils parvenaient à les toucher aux bras et aux jambes, dans le simple but de les mettre à terre et rendre leurs mouvements impossibles. Satisfait de la situation, Merlin reprit la route en direction des portes principales. Toutefois, il ne s'attendait pas à ce qu'Aithusa fasse son entrée aussi vite. Merlin avait pensé qu'il serait resté aux côtés de Morgane pour la défendre si besoin ait, mais en y réfléchissant, le dragon blanc n'était peut-être pas avec elle au moment de l'attaque. Dès que l'imposante créature se posa au milieu de la cour, faisant reculer les soldats et les sorciers, Merlin alla à sa rencontre, les mains levées devant lui.

- Aithusa...

Aithusa tourna la tête vers lui. Il leva les pattes en signe de défense, battit furieusement des ailes et secoua la queue tel un fouet redoutable. Merlin comprit qu'il ne se laisserait pas maîtriser sans son pouvoir de seigneurs des dragons. Le problème, c'est que même s'il réussissait à le contrôler, il n'aurait pas le temps de s'occuper de lui et qui sait, Morgane serait peut-être capable de reprendre la pleine possession de sa volonté. Aithusa n'était pas en sécurité ici. Merlin poussa un soupir attristé quand il comprit ce qui lui restait à faire. Il fit appel à son don unique de seigneur des dragons afin de le faire partir le plus loin possible du château. Sa voix, rauque et puissante, eut pour effet d'interrompre quelques instants les affrontements et de faire s'envoler le dragon. Celui-ci traça son chemin dans le ciel nocturne et disparut à l'horizon.

- Qu'as-tu osé faire, Merlin ?! Hurla soudainement une voix.

Merlin reconnut immédiatement Morgane. La jeune femme était perchée sur le balcon principal et un masque de cruauté et de froideur déformait son visage autrefois si souriant et compatissant. Il n'eut pas le temps de lui répondre. Une horde de sorciers débarqua dans la cour, les yeux écarquillés d'horreur.

- Dame Morgane ! Arthur Pendragon... Arthur Pendragon est dans la ville basse ! S'écria l'un d'entre eux.

- QUOI ?! C'est impossible !

- Si, Morgane ! La coupa Merlin, enchanté de voir sa soudaine détresse. Arthur est vivant et il va reprendre Camelot !

En cet instant, la grande prêtresse avait alors perdu toute la prestance maléfique qui la caractérisait avant. Elle n'était plus que l'incarnation de la méprise et du dégoût. Submergée de rancœur et de haine, elle serra les poings et rentra dans le château. Merlin monta quatre à quatre les escaliers et se lança à sa poursuite dans les dédales de couloirs. Il se doutait qu'elle avait l'intention de rejoindre la ville basse au plus vite afin de tuer Arthur une bonne fois pour toutes. Si elle était rentrée à l'intérieur du palais, cela signifiait donc qu'elle allait emprunter le passage secret dissimulé derrière la tapisserie, ce même passage secret que Guenièvre, Gaïus et lui-même avaient sillonné la nuit de son retour... Merlin ne pouvait pas la laisser faire ! Il accéléra le rythme afin d'être sûr d'atteindre l'endroit en question le premier. Quand il arriva enfin devant la tapisserie, le couloir était vide et silencieux, tout le monde était sorti. Où était passée Morgane ? Elle n'avait quand même pas pu lui échapper ! Pas déjà !

- An namhaid regrowth tù !

Merlin fut violemment éjecté contre le mur. Il retomba lourdement sur le sol, le souffle coupé. Jamais il n'avait connu un impact aussi fort et brutal que celui-ci. Même quand Morgause avait voulu l'empêcher de renverser la coupe de vie, il n'avait pas ressenti une douleur aussi intense. Il tenta de se remettre sur ses jambes, mais retomba comme une masse. A travers sa vision floutée, il aperçut la robe noire de Morgane et entendit l'écho de ses pas se faire de plus en plus proche.

- J'attendais beaucoup plus du grand Emrys ! Railla t-elle sournoisement. Dis moi, Merlin, te sortir des pièges qu'on te tend et déjouer des sortilèges, est-ce tout ce dont tu es capable ?

- Ne me sous-estimez pas, Morgane ! Répliqua Merlin en se remettant difficilement debout.

- Je me demande comment j'ai fait pour te craindre durant toutes ces années... Le plus grand sorcier que la terre ait jamais porté, c'est ça ? Les druides devraient revoir leur définition.

- J'ai presque réussi à vous tuer une fois, ce ne sera pas un problème de recommencer.

- Oh, tu crois vraiment ? L'épée de mon cher frère n'est pas en ta possession à ce que je vois. Et n'oublie pas qu'aucune arme de mortelle ne peut me tuer. Alors, Merlin, comment vas-tu t'y prendre, cette fois-ci ? Peut-être que tu caches du poison sur toi ? Peut-être que tu veux m'offrir à boire comme cette fois-là ?

Merlin savait très bien à quel moment elle faisait référence. Morgause avait fait d'elle un réceptacle pour abriter un puissant sortilège d'endormissement et Merlin n'avait eu d'autres choix que l'empoisonner pour le défaire. Malgré ce qu'était devenue l'ancienne pupille d'Uther, il ne pouvait se départir de ses remords. A cette époque, Morgane était encore son amie...

- Je n'ai pas eu le choix, ce jour là, et vous le savez.

- Je croyais que tu étais mon ami.

- Je l'étais !

- Si tu l'étais vraiment, comme tu l'affirmes, tu m'aurais dit la vérité sur mes pouvoirs, tu m'aurais dit que j'étais une sorcière, tu m'aurais aidé à comprendre ce qui m'arrivait, tu ne m'aurais pas laissée vivre dans la peur !

Merlin n'avait aucune réponse à cela. Il avait voulu faire toutes ces choses, il avait sincèrement voulu venir en aide à Morgane, trouver en elle une amie qui puisse partager et comprendre son secret... Il lui lança un coup d'œil remplit de honte et déchiffra sur son visage les séquelles d'une lancinante tristesse et d'une amère trahison. Rien de ce qu'il dirait n'aurait d'importance, désormais.

- En toute franchise, reprit alors Morgane, moi je l'aurais fait pour toi. Tu n'étais peut-être qu'un serviteur, mais tu étais quelqu'un de bien.

- Morgane... Arthur va rétablir la magie.

- C'est ce qu'il t'a dit ?

- Il me l'a juré et je sais qu'il ne mentait pas. N'est-ce pas ce que vous avez toujours voulu, que les nôtres soient acceptés ?

- Ne me mets pas dans la même catégorie que toi ! Ce que je veux, c'est le trône qui me revient de droit ! Moi seule le mérite ! Et maintenant que je l'ai enfin, personne ne me le reprendra !

Morgane tendit la main devant elle et propulsa Merlin contre la tapisserie. Ce dernier se força à reprendre ses sens, à se relever, peu importe le mal qu'il ressentait. Il devait faire quelque chose pour stopper Morgane, elle ne devait pas le devancer ! Durant un court instant, un sortilège qu'il avait lu dans son livre de magie lui traversa l'esprit. Il s'était fait un devoir de l'apprendre et le perfectionner, se disant qu'il lui serait utile un jour ou l'autre, pour protéger Guenièvre, les chevaliers, ou n'importe quel habitant du royaume. C'était un sortilège puissant, bien plus puissant qu'il n'avait l'habitude d'en utiliser, un sortilège sur lequel il décida de miser dans l'espoir d'impression Morgane, voire l'effrayer si c'était possible. Merlin rétablit son équilibre, s'ancra sur ses pieds et hurla:

- Piercèss Dóiteáin !

Deux énormes boulets de feu sortirent de ses paumes et foncèrent sur la prêtresse. L'impact qui suivit dégagea une étincelante lumière blanche et éblouit Merlin qui dut faire des efforts surhumains pour ne pas relâcher sa concentration. Cependant, quand il reporta son attention sur Morgane, celle-ci avait réussi par dieu sait quel miracle à attraper une des deux boules enflammées et la faisait tourner dans sa main. Un rictus sauvage déformait sa bouche et ses yeux brillaient d'une satisfaction sans bornes.

- Wow, quand même ! S'exclama t-elle, faussement admirative.

Merlin savait qu'elle était devenue incroyablement puissante, mais à ce point-là... Que pouvait-il bien tenter d'autre pour la désarçonner ? Morgane profita de l'état de choc de son ennemi pour lui renvoyer son sortilège. Merlin esquiva au dernier moment en reculant brusquement et son dos heurta le mur de plein fouet. Il grimaça lorsqu'il sentit la douleur parcourir sa colonne vertébrale, une douleur aigu et paralysante. S'il s'en sortait vivant, il aurait probablement d'horribles bleues pendant plusieurs jours. Malheureusement, ces petites secondes d'inattention avaient permise à la jeune femme de déguerpir en vitesse. Son principal objectif n'était pas de converser avec Merlin ni de s'acharner à vouloir le tuer, mais à retrouver Arthur pour l'achever avant que les soldats qu'il avait rassemblés n'arrivent jusqu'au château. Merlin étouffa un juron, ce qui lui arrivait rarement, et se lança à la poursuite de Morgane. Il la rattrapa dans la cour, marchant rapidement au milieu des débris. Profitant du fait qu'elle ne l'ait pas vu, Merlin réitéra le même sortilège que précédemment et réussit à la toucher dans le dos. Tandis que Morgane s'écroulait comme une poupée de chiffon sur le sol, les pensées du sorcier s'accélérèrent. Il devait profiter qu'elle soit inconsciente pour trouver un moyen de la tuer. Mais comment s'y prendre ? Quel moyen efficace et mortel avait-il pour la faire expirer pour de bon ?

- Excalibur...

Il lui fallait l'épée d'Arthur, et vite ! Ne pas la prendre avec lui dès le début avait été une grave erreur. S'il s'en était muni directement, Morgane serait peut-être déjà morte à cette heure. Merlin se maudit intérieurement pour son imbécillité et, après un dernier regard prudent vers la prêtresse, courut en direction de la ville basse. Quand il déboucha sur la route principale, il s'arrêta brutalement. Arthur était là, en train de parler aux sorciers qui, muets et attentifs, l'écoutaient avec patience. Personne ne l'avait remarqué et Merlin s'en réjouissait, il ne tenait pas à interrompre le discours de son ami. Tout en fixant ce dernier, il se demanda par quel stratagème il pourrait lui prendre son épée... jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'elle n'était pas dans sa main, ni retenue à sa ceinture. La panique monta d'un cran, mais il la refoula au plus profond de lui et passa en revue les environs. Excalibur lui apparut enfin, reposant sur le sol plusieurs mètres derrière Arthur. Merlin tendit la main et la fit léviter jusqu'à lui. Dès qu'il attrapa le manche, il sentit son courage lui revenir d'un seul coup et fit demi-tour pour retourner dans la cour.

( Merlin season 4 soundtrack Isle Of The Blessed )

- La prochaine fois, vise un peu plus fort ! Balança froidement Morgane, le faisant se figer net sur le pont-levis.

- Je ne vous laisserai pas faire un pas de plus, Morgane !

- Jusqu'à maintenant, je n'ai eu aucun mal à te maîtriser. Es-tu assez naïf pour penser que tu fais le poids contre moi ? Regarde toi, Merlin ! Tu es pathétique, misérable ! Toi qui a toujours préféré jouer le serviteur idiot et maladroit pour cacher tes pouvoirs au lieu de les utiliser, de les revendiquer ! Tu ne mérites même pas d'être un sorcier !

- Je suis fier d'avoir été aux côtés d'Arthur tout ce temps et d'avoir utilisé mes pouvoirs pour le protéger ! Ma magie a toujours eu une utilité, alors que vous vous servez de la vôtre à des fins monstrueuses !

Comme pour prouver à Merlin que ce qu'il venait de dire était vrai, Morgane leva la main devant elle et ferma rageusement le poing, usant de sa magie pour étrangler son opposant. Elle avait déjà eu recours à une technique du même type quand elle avait pris l'apparence d'une vieille femme et jouait au chantage avec Mithian. Depuis qu'il avait été victime de ce genre de sortilège, Merlin s'était obligé à mémoriser un contre-sortilège afin de se libérer d'une telle emprise. Néanmoins, Morgane n'étant pas au courant de cela, il se prêta au jeu, la laissant croire qu'elle avait le dessus sur lui, la laissant croire que d'une minute à l'autre, elle verrait son corps s'effondrer sur le pont. Plus sûre d'elle que jamais, Morgane s'avança lentement vers Merlin, le poing toujours fermement serré, se délectant de le voir à genoux, la main crispée sur sa gorge, jubilant de le voir étouffer. Quand elle fut suffisamment près de lui, il mit fin à sa ruse, leva Excalibur et l'enfonça droit dans son cœur. Morgane eut à peine le temps de prendre conscience de ce qui lui arrivait. Un cri de douleur coincé dans la gorge, elle était bouche-bée, tétanisée par ce qu'elle voyait. Merlin, ne supportant pas de la voir agoniser, retira la lame et coucha la jeune femme sur le pont.

- M... Mer...lin... Appro...che... s'il... s'il te p... plaît...

L'air de supplice qu'affichait Morgane eut raison de lui. Il s'agenouilla à côté d'elle et se pencha sur elle, leur deux visages se frôlant et leur respiration, l'une saccadée, l'autre régulière, s'entremêlant. Cette soudaine proximité déstabilisa quelque peu Merlin, mais il ne recula pas et attendit. Il laissa Morgane passer une main tremblante dans ses cheveux, la faire glisser lentement dans son cou et venir la poser sur sa nuque. Elle releva à demi la tête et murmura tout près de son oreille:

- Si... je meurs... tu meurs... avec... moi.


- Merlin ?

Pourquoi Merlin ne se retournait-il pas ? Quelque chose clochait, définitivement, c'était obligé. Mais Arthur ne voyait pas du tout quoi. Merlin était debout, tenant Excalibur dans sa main, la lame colorée du sang de Morgane qui reposait, inerte, sur le pont. Il l'avait tuée, il avait gagné. Dans ce cas, qu'est-ce qui n'allait pas ? Pourquoi faisait-il preuve d'une telle immobilité ?

- Merlin, est-ce que ça va ? Demanda Arthur, sentant des sueurs froides le parcourir.

Alors, doucement, le sorcier se retourna. Au début, le roi ne remarqua rien d'anormal mis à part qu'il était plus pâle que d'habitude et que son visage tentait de réprimer une sorte de rictus. Et puis, quand Merlin lâcha Excalibur, Arthur baissa les yeux... et son sang ne fit qu'un tour.

Merlin avait un poignard planté dans son abdomen.

Soooooo, what do you think about this chapter ? Hm, pardon, je voulais dire, que pensez-vous de ce chapitre ? J'espère ne pas vous avoir déçus !

Petite note : On m'avait déjà fait la remarque avant alors je le précise ici. Oui, Aithusa est bel et bien une femelle ^^ Mais je fais référence à sa race. Comme c'est un dragon je parle d'Aithusa au masculin.

A la semaine prochaine ! :)