Bonjour/Bonsoir ! Je sais... je suis en retard et je suis sincèrement désolée ! J'étais pas mal occupée ce week-end et mon second semestre est très dur, les profs nous bombardent de leçons ^^' Bref, ENFIN, j'arrive à poster le chapitre ! :)

Merci infiniment à laure marez, Crotuy et MICHONCHON ( Alex, ton pseudo a l'air complètement débile en lettres majuscules xD ) pour leurs reviews ! :) Merci aussi à Saria-Alkiniria pour avoir ajouté cette histoire à la rubrique " follow " ^^

*voix de la haute* Merlin, en les termes présents, est une oeuvre, ma foi... divertissante, qui ne m'appartient en aucune façon. Il s'agit d'une série dont les seuls droits, ainsi que le mérite, reviennent à la BBC. Me suis-je bien faite comprendre ? (a)

Les musiques sont entre parenthèses, mes très chers ! :) Je ne sais pas si elles sont très bien choisies, mais j'ai relu le chapitre avec et elles me semblaient correspondre, vous m'en direz des nouvelles...

Bonne lecture ! ;)

Chapitre 15: Lumière...

( Shingeki no kyojin - Levi Theme ( piano ) )

« Il était une fois un jeune garçon très puissant, habité par une magie ancestrale et extraordinaire. Né dans un pauvre village d'un royaume éloigné, il vivait misérablement, obligé de cacher ses pouvoirs aux autres habitants afin de ne pas les effrayer, souffrant silencieusement d'être rejeté, lui qui ne demandait qu'à vivre normalement.

Ce jeune garçon s'appelait... Lumière.

Devenu adolescent, Lumière ne voyait aucun but à sa vie et ne comprenait pas pourquoi il possédait des pouvoirs s'il n'avait pas le droit de les utiliser. Un matin, il alla errer dans les bois entourant son village. Il marcha longtemps, insouciant du chemin qu'il empruntait et de l'endroit où il finirait par arriver. Il ne s'inquiétait pas de se perdre ou de faire une mauvaise rencontre. Lumière s'éloigna du sentier et, pas après pas, découvrit une sombre caverne isolée. Il laissa sa curiosité le guider et entra à l'intérieur. Il faisait froid et le sol était humide.

- Il y a quelqu'un ?

Lumière s'enfonça plus loin dans la grotte. Une grande et imposante silhouette était recroquevillée sur un rocher surélevé. Elle avait des ailes déployées, des écailles brillantes et une longue queue. C'était un dragon.

- Je savais que tu découvrirais cet endroit, Lumière, dit-il.

- Qui êtes-vous ?

- La question n'est pas qui je suis... mais qui tu es.

- Je ne comprends pas...

- Tu n'es pas né par hasard, Lumière. Cette magie qui sommeille en toi existe pour une raison bien précise. Tu existes pour une raison bien précise.

- Quelle raison ?

- Par delà les prairies, les vallées et les montagnes se trouve un royaume où les gens comme toi, appelés sorciers, sont pourchassés et tués, un royaume où la magie est interdite et condamnée. Ce royaume est dirigé par un homme cruel et sans cœur, et cet homme, Lumière, a un fils à peine plus âgé que toi. Ce fils est destiné à redonner sa place à la magie et à libérer les sorciers.

- Je ne comprends pas quel est le rapport avec moi...

- Ce fils aura besoin de toi pour accomplir sa destinée. Vos deux destins sont liés depuis toujours, Lumière. Sans ton aide, jamais la magie ne sera acceptée... et elle finira par disparaître.

- Mais... je ne connais pas ce fils dont vous me parlez. Et comment pourrais-je l'approcher puisque je suis un sorcier ? Il me tuera !

- Tu dois trouver un moyen de te faire accepter par lui et de vivre à ses côtés. Quand tu auras réussi, tu devras le protéger au péril de ta vie, peu importe les épreuves que tu rencontreras.

- Mais... mais je ne suis qu'un... jeune garçon. Comment puis-je accomplir tout ça ? Je ne suis pas assez fort !

- Tu es le plus puissant sorcier que la terre ait jamais porté, Lumière. Tu trouveras cette force.

La créature ferma les yeux et s'endormit, laissant Lumière affronter seul ses peurs et ses angoisses. Il quitta son village quelques jours plus tard et se mit en route pour le royaume dont le mystérieux dragon lui avait parlé. Après de longs mois de voyage, Lumière foula le sol de ce royaume. Là, il rencontra ce fils que la créature avait mentionné.

Ce fils s'appelait... Prince. »

Arthur leva un instant les yeux du papier. Il tentait de faire le point sur ce qu'il venait de lire. Lumière faisait sans doute possible référence à Merlin et Prince... à lui-même. Pourquoi étaient-ils dans la peau de personnages de conte ? Et de quand datait cette histoire ? Mithian n'avait donné aucune date quand elle le lui avait remise. Bien que perturbé et assaillit par de multiples questions, Arthur se força à se replonger dans le bouquin.

« Lumière réussit à gagner l'attention de Prince et tous les deux devinrent amis. Cependant, Lumière ne dévoila pas à Prince qu'il était un sorcier. Il cachait ses pouvoirs et les utilisait secrètement pour protéger son nouvel ami de ses ennemis. Pendant plusieurs années, Lumière affronta maintes et maintes péripéties et milles dangers pour secourir Prince et le garder à l'abri de toutes les menaces, sans que Prince ne soit jamais au courant de rien. »

Arthur survola les pages qui relataient les aventures de Lumière et tous les dangers auxquels il avait dû faire face pour protéger le personnage de Prince. Après avoir découvert tout ce que Merlin avait vécu, combattu et exterminé au fil des années, Arthur savait que les « aventures » de Lumière avaient donc été inventées, mais l'idée de base, à savoir risquer sa vie tous les jours et affronter toutes sortes de créatures et de monstres, figurait quand même dans le conte. C'était sûrement sur ce point que l'auteur de l'histoire avait voulu insister. Enfin, Arthur en arriva à un passage qui piqua sa curiosité...

« De tous les ennemis que Lumière avait rencontrés au cours de sa jeune vie, celui qui venait d'apparaître était le plus dangereux, le plus féroce et sa puissance effrayait Lumière.

Cet ennemi s'appelait... Noirceur.

Noirceur avait une seule idée en tête: tuer Prince. La tâche de le combattre était difficile pour Lumière car nul ne savait où Noirceur se cachait ni à quel moment il pouvait attaquer. »

Arthur fronça les sourcils à la lecture de cet extrait. Noirceur lui faisait penser à Morgane. Même la description évasive qu'en donnait l'écrivain correspondait en tout point à la prêtresse. Si Merlin et lui avaient leur place dans l'histoire, il n'était probablement pas étonnant que Morgane ait la sienne. Arthur poursuivit sur sa lancée. Bien qu'il s'agisse d'un livre pour enfant, il dévora les pages avec intérêt, à l'affût du moindre indice pouvant l'aider à sauver Merlin. Pendant de longues pages, le conte narra les efforts de Lumière pour déjouer tous les plans machiavéliques de Noirceur, la mort du père de Prince, l'accession au trône de ce dernier qui changea de nom et devint Roi et comment, après de longues années d'amitié et de confiance, Lumière se décida à révéler à Roi sa véritable identité. L'auteur n'avait pas porté une grande attention à la réaction du personnage face à cette découverte et était directement passé aux semaines qui avaient suivi. D'après ce qu'Arthur lisait, Lumière et Roi étaient restés amis et rien n'avait changé entre eux, sauf le fait que le sorcier pouvait désormais utiliser ses pouvoirs ouvertement. Arthur remarqua qu'il ne restait que quelques pages avant la fin et il n'avait encore rien lu qui serait susceptible d'aider Merlin, aucun remède, aucune forme de magie, rien ! La colère et la frustration étaient toujours présentes dans son cœur et se heurter un vide total d'informations, alors que le conte était sur le point de s'achever, n'arrangeait pas les choses. Arthur rumina ses appréhensions et son agacement tout en continuant de lire. Un autre passage retint alors son attention...

« Alors que Roi et Lumière avaient quitté le château, Noirceur, dissimulé dans l'ombre, en avait profité. Il s'était déguisé, était entré dans la chambre de Roi et s'était caché. Il voulait attendre le retour de Roi pour pouvoir le tuer une bonne fois pour toutes. Quand il revint au château, Noirceur était prêt. Cependant, il n'avait pas prévu que Lumière détecterait sa présence grâce à ses immenses pouvoirs. Alors que Noirceur allait attaquer Roi, Lumière s'empara de son épée magique et lui barra le passage. Noirceur enfonça sa propre épée dans le ventre de Lumière et Lumière enfonça la sienne dans le ventre de Noirceur. Tous les deux s'écroulèrent sur le sol. Noirceur mourut quelques minutes plus tard, laissé seul au milieu de la chambre royale. Roi fit tout ce qu'il put pour aider Lumière, mais la lame utilisée par Noirceur était magique et rien de ce que Roi tenta ne fonctionna. »

( ThePianoGuys - Arwen's vigil )

Arthur avait retenu son souffle tout au long des lignes finement tracées à l'encre. La situation décrite dans le conte était similaire à celle qui s'était déroulée dans la nuit. Lumière allait mourir et Roi n'avait aucun pouvoir pour le sauver. Arthur voulut reprendre sa lecture, avide de savoir la suite, priant pour mettre la main sur un antidote magique, quelque chose, n'importe quoi... mais l'histoire s'arrêtait là. La fin était bâclée, coupée au milieu d'un problème non-résolu.

- C'est impossible... ça ne peut pas s'arrêter là !

Arthur parcourut la page à la hâte et vit alors, tout en bas du papier, une dernière phrase.

« Mais l'histoire n'est pas terminée... car seul Roi détient le pouvoir d'écrire la fin. »

- Quoi ? Ça ne m'aide en rien ! Hurla Arthur, rouge de colère.

Il balança le livre sur la table, commandé par la fureur et un désespoir qui n'avait pas faibli. Pourquoi Mithian lui avait-elle donné ce satané bouquin ?! Il n'avait rien appris dedans, strictement rien ! En pensant à la jeune femme, une cruelle vérité se fraya un chemin dans son esprit: Mithian savait ce qui allait arriver cette nuit, elle était au courant que Merlin et Morgane allaient s'entre-tuer ! Arthur se leva précipitamment, s'empara du livre et sortit de ses appartements. Il prit le chemin de la ville basse et entra en trombe dans l'auberge encore pleine de monde et bruyante d'animation. La princesse était au fond de la pièce principale, agenouillée au chevet d'un blessé. Occupée ou non, Arthur n'y prêta pas garde et se planta devant elle.

- Mithian, je dois vous parler immédiatement ! Requit sèchement le roi, les doigts crispés sur le livre.

Elle lança un regard inquiet à Arthur et comprit, en apercevant son livre et la mine furibonde qu'il arborait, que l'heure des explications était arrivée. Mithian laissa son patient se reposer et emmena Arthur dans une pièce vide, loin des regards.

- Vous saviez ce qui allait arriver ! Vous étiez au courant depuis le début et vous avez osé garder le silence ! Pourquoi n'avez-vous rien dit ?!

- Parce que vous auriez tenté de vous opposer au sort qu'allait subir Merlin et vous n'aviez pas le droit, répondit calmement la jeune femme.

- Pas le droit ?! Si c'était pour le sauver, j'avais tous les droits ! Merlin est en train d'agoniser, il sera mort dans quelques heures et ça ne vous fait ni chaud ni froid !

- Je n'ai jamais dit que cela me rendait indifférente ! Objecta durement Mithian. Si j'ai laissé les événements suivre leur cours, c'est parce que je savais qu'on ne peut pas s'opposer au destin ! Lumière est bien placé pour le savoir, Merlin est bien placé pour le savoir !

- Il va mourir, Mithian ! Renchérit Arthur. Allez-vous me dire que c'était ça, son destin ? Après tout ce qu'il a vécu, il méritait de mourir, selon vous ?!

- Bien-sûr que non, mais avez-vous au moins lu la fin du conte ?

Arthur lança un regard noir à la princesse et se détourna. Il commença à faire les cents pas dans la pièce, les nerfs mis à rude épreuve.

- Si vous voulez parler de cette phrase rajoutée en fin de page, elle ne veut rien dire ! Comme si je pouvais écrire la fin alors que tout le monde la connaît déjà... Merlin va mourir et il n'y a rien à faire !

Mithian réprima un soupir et s'avança vers Arthur. Elle se planta devant lui, les traits durcis par un sérieux qu'elle n'exprimait que rarement en sa présence.

- Arthur, reprit-elle plus doucement, vous pouvez me croire, personne ne connaît la fin de cette histoire. C'est pour ça que les enfants détestaient que leurs parents leur racontent la fin, tout comme je détestais que ma grand-mère me raconte la fin. Aucun de nous ne savions ce qui allait advenir de Lumière et encore aujourd'hui, personne ne le sait. Il n'y a que vous qui ayez le pouvoir de terminer ce conte, Arthur.

- Mais comment voulez-vous que je le termine ? Je n'ai aucune moyen de sauver Merlin...

- Cette histoire a été écrite par des druides, alors...

- Les druides ! S'exclama Arthur. Ils doivent être au courant de quelque chose !

Maintenant qu'il avait une nouvelle piste à suivre, il avait de quoi la creuser. Il semblait logique que les auteurs de cet ancien conte aient été des druides. Ce peuple discret et pacifique entretenait un lien étroit avec la magie et possédait une vaste connaissance du monde et de l'essence de toutes choses. Ils étaient son seul recours, son seul espoir, sa seule garantie que Merlin avait encore une chance de vivre.

- C'est ce que je me suis toujours dit, avoua finalement Mithian. A la vérité... vous m'avez toujours fait penser au personnage de Roi, et Merlin, étant celui de qui vous étiez le plus proche, avait des airs de Lumière. Mais comme je ne savais pas qu'il était en réalité un sorcier, j'ai toujours cru que ces... similarités n'étaient que des coïncidences. Et l'autre jour... quand Merlin nous a révélé son secret... je n'avais plus de doute. J'étais certaine que vous étiez bel et bien les personnages du conte, ceux que j'admire depuis ma plus tendre enfance.

Arthur hocha la tête, captivé par le récit de Mithian et plus précisément par ces incroyables découvertes. Depuis combien de temps Merlin et lui avaient-ils vécu dans un livre ? Depuis combien de temps exactement leur destin était-il lié, scellé l'un à l'autre ? De combien d'enfants, de sorciers, avaient-ils remplis les cœurs d'espoir ?

- Je dois aller voir les druides, déclara t-il en reculant vers la porte.

- Vous sauverez Merlin, Arthur, j'en suis sûre.

Le regard confiant et rassurant de Mithian tira un léger sourire à Arthur. Il serra le livre contre sa poitrine, devenu en quelques minutes si important, si précieux, et il sortit de l'auberge au pas de course. Bien que ses obligations de souverain l'obligeait à accomplir certaines tâches, Arthur les laissa de côté, concentré uniquement sur sa prochaine mission, son devoir le plus crucial, le plus indispensable: trouver les druides. Il remonta au château le plus vite possible et prit la direction des appartements de Gaïus. Seul celui-ci était à même de l'informer de la cachette des druides. Ces derniers étaient difficilement repérables dans la forêt, ils avaient plutôt un penchant pour se cacher. Poussé par l'adrénaline, Arthur ressentait ce besoin de courir aussi vite qu'il le pouvait, s'interdisant de ralentir le rythme ou de s'arrêter pour quelque raison que ce soit. Quand il entra dans les quartiers du médecin, son cœur se serra. Il n'avait pas envie de revoir Merlin, de se heurter à ce masque de souffrance qui déformait son visage, de le voir allongé dans ce lit, impuissant, doucement emporté par la mort... Gaïus était au chevet de son pupille, ainsi que Léon et Perceval. Tout le monde se tourna vers Arthur à son arrivée.

- Sire ? Fit Léon en le dévisageant, inquiet.

- Gaïus, enchaîna Arthur, ignorant le chevalier, savez-vous où trouver les druides ?

- Pourquoi voulez-vous... ?

- S'il vous plaît, répondez juste à ma question.

Gaïus fronça les sourcils, le regard interrogateur. Il se doutait, au vu du sérieux et de l'empressement d'Arthur, que celui-ci avait une idée derrière la tête, mais il ne voyait pas comment les druides auraient le pouvoir de lui venir en aide. Il lança un coup d'œil à Merlin, somnolant à côté de lui, et répondit lentement:

- Les druides ne sont pas des gens qu'il est possible de trouver facilement. Ce sont plutôt eux qui viennent à notre rencontre. Souvent, ils se cachent au cœur de la forêt ou dans des grottes isolées.

- S'il savent ce qui est arrivé à Merlin, ils se montreront, déclara Arthur, sûr de lui.

- Qu'allez-vous leur demander, Arthur ? Demanda Gaïus, intrigué.

- Je sais qu'ils ont la solution pour sauver Merlin. Je le sais de source sûr, ajouta t-il, voyant l'expression dubitatif du vieil homme.

- Nous allons préparer les chevaux, décida alors Léon.

- Merci, Sire Léon.

Les deux chevaliers quittèrent la pièce sans attendre. Arthur les regarda s'en aller, cela lui évitait de poser les yeux sur Merlin, de constater que, plus le temps passait, il dépérissait. Il craignait que rechercher les druides lui prennent des heures et que, d'ici à son retour au château, Merlin soit... mort. Il avait peur que le seul antidote qui existe soit gardé quelque part loin de Camelot, sur une terre éloignée, sur une île peut-être. Arthur imaginait milles scénarios possibles et se montait la tête. Il n'avait aucune volonté pour enterrer ses sombres pensées, aucune volonté. Bien qu'ayant encore de l'espoir, il se sentait... faible.

- A... Arthur... ?

La voix de Merlin le ramena à la réalité. Arthur se retourna doucement, la mâchoire durcie à l'idée de faire face à son ami, à son frère mourant. Merlin était d'une pâleur extrême et éprouvait de plus en plus de difficulté à respirer.

- Qu'avez vous... derrière... la tête ?

Même si expliquer son plan au sorcier n'avait rien d'insurmontable, Arthur n'arrivait pas à trouver les mots exacts. Son mutisme alarma Merlin qui chercha aussitôt à se redresser. Gaïus, comprenant ce qu'il allait faire, posa ses mains sur ses épaules et l'obligea à rester couché. Paniqué, Arthur se rapprocha immédiatement et s'assit au chevet de Merlin, imitant le médecin en le forçant à ne pas bouger.

- Reste calme, Merlin.

- Mais... qu'allez-vous... faire ?

- Je vais trouver un moyen de te sauver.

- Arthur...

- Je t'ai dis que je ne te laisserai pas mourir. Je ne t'abandonnerai jamais, alors retiens le bien parce que je ne le répéterai pas.

Merlin laissa sa tête retomber sur l'oreiller et prit une lente et profonde inspiration, arborant une grimace de douleur. Si inspirer et expirer lui posait problème, Arthur n'imaginait pas ce que bouger lui causerait comme souffrance... Avec beaucoup d'hésitation, il posa sa main sur son bras et le serra doucement, tâchant de lui témoigner son réconfort et de lui prouver que tout irait bien.

- Tiens bon... c'est un ordre.

- Je ne... vous ai... jamais... écouté, répliqua Merlin avec un pâle sourire.

- Cette fois-ci tu as plutôt intérêt.

Sur ces mots, Arthur se leva et quitta les appartements. Il retrouva Léon et Perceval dans la cour, terminant de préparer les chevaux avec l'aide de Guenièvre. Arthur marcha vers sa femme qui l'étreignit tendrement.

- Vous trouverez les druides, ils vous aideront et vous sauverez Merlin.

- Je l'espère..., murmura le roi.

Ne perdant pas une seconde de plus, il embrassa son épouse et enfourcha son cheval. Il se mit au galop directement et sortit du château, suivit de ses deux plus fidèles chevaliers. Grâce à leurs montures endurantes, leur traversée se fit très rapidement et ils arrivèrent au cœur de la forêt une heure plus tard. Descendant de leurs chevaux, ils scrutèrent attentivement les environs. Il faisait nuit noir et le peu de luminosité qui régnait n'aidait en rien à s'orienter.

- Sire, êtes-vous certain qu'ils se montreront ? S'inquiéta Léon.

- Il le faut..., chuchota Arthur.

- Arthur Pendragon, le coupa une voix inconnue.

Arthur s'avança d'un pas et répondit avec assurance:

- C'est moi. Où êtes-vous ?

Des bruits de branches cassées et de feuillages que l'on bouge s'élevèrent dans le néant de la nuit, puis la lueur d'un flambeau apparut à l'horizon, aussitôt suivit de silhouettes sombres et silencieuses. Un homme, vêtu d'une grande cape bleu foncée, portant de court cheveux gris, se détacha du groupe.

- Arthur Pendragon. Nous connaissons l'objet de votre visite. Suivez-nous.

Sans attendre la réponse du roi et des chevaliers, les druides firent volte face et reprirent le chemin qu'ils avaient emprunté initialement. Ils conduisirent les trois hommes dans une grande caverne, aménagée comme l'avait été celle de Balinor. Ils s'assirent sur des rochers et invitèrent Arthur, Léon et Perceval à en faire autant. Comprenant qu'il devrait subir une conversation, Arthur ne bougea pas d'un millimètre.

- Nous ne pouvons pas rester longtemps...

- Vous avez tout de même le temps pour une discussion ? Ce ne sera pas long, rassurez-vous.

Arthur soupira, échangea un regard vaincu avec ses deux chevaliers et prit place sur un rocher, en face des druides. Il sortit le livre qu'il avait emporté et le tendit à l'homme.

- C'est votre peuple qui l'a écrit.

Ce n'était pas une question, mais une affirmation.

- En effet. Ce conte a été rédigée il y a plusieurs centaines d'années par nos ancêtres, les premiers druides des premières tribus.

- Comment savaient-ils ce qui allait arriver ?

- Ils ont eu accès à un aperçu de l'avenir, mais ce n'était que des bribes, des informations imprécises. A partir de cela, ils ont établi un ouvrage dont ils étaient certains qu'il résisterait aux ravages du temps, un ouvrage qui ne serait pas oublié. Les contes pour enfants ont cette particularité de perdurer à travers les âges.

- Vous saviez que... Lumière et Noirceur allaient s'entre-tuer.

- Oui... Mais nous savions aussi qu'Emrys ne pouvait pas mourir.

- Emys ? Répéta Arthur, les sourcils froncés.

- C'est le nom que nous donnons à celui que vous appelez Merlin. Emrys n'est pas seulement le plus grand sorcier que la terre ait jamais porté, il est la magie elle-même. S'il meurt, la magie s'éteindra avec lui.

- Connaissez-vous un moyen de le sauver ? Un antidote ?

- Nos ancêtres, juste avant l'écriture du conte, ont créé un remède magique, un remède établit à partir de toutes les connaissances récoltées par toutes les tribus druidiques de l'époque. Ce remède a été créé dans la forêt de Brocéliande, sur l'île de Bretagne et a été ramené ici, sur cette terre qui était destinée à devenir Camelot.

- Où se trouve t-il, aujourd'hui ? L'avez-vous ?

- Il a été enterré sous le rocher dans lequel Emrys a placé Excalibur... votre épée, Arthur.

- Pourquoi vos ancêtres n'ont-ils pas mentionné cela dans le conte ? Demanda Arthur, sidéré.

- Ils tenaient à éviter les vols. Des hommes avides de pouvoir auraient pu se lancer à la recherche de ce remède et le garder pour eux seuls. Or, cet antidote a été concocté pour Lumière et pour lui seul. Nous savions que Roi se présenterait de lui-même le moment venu.

Arthur hocha lentement la tête, laissant le récit du druide faire le tour dans son esprit. Leurs raisons de vouloir garder secret cette potion avaient finalement du sens et il les remerciait mentalement d'avoir pris cette précaution. Il se frotta le visage, épuisé. Être soudainement inactif avaient fait chuter son adrénaline et il se sentait vidé de ses forces.

- Bien... murmura t-il en se levant. Nous vous remercions... infiniment.

- Tenez.

Le druide lui donna une pelle, un sourire amusé au coin des lèvres.

- Vous aurez besoin de ça.

- Ah... oui, merci.

Arthur, Léon et Perceval saluèrent respectueusement le petit comité et quittèrent la grotte, prêts pour leur prochaine mission: retrouver le rocher qui avait abrité Excalibur.

Alors, le prochain chapitre sera peut-être le dernier, sinon ce sera l'avant-dernier, mais il n'y en aura pas plus de deux... *larmes* je déteste finir une histoire... J'espère au moins que vous avez apprécié ce chapitre ! ^^

J'ai voulu insérer une référence à la forêt de Brocéliande, je me disais que ça ouvrait de nouveaux horizons ! ^^ ( même si je ne me souviens presque pas de mon voyage scolaire de 6ème là-bas... )

Message spécial à Alex, ou devrais-je dire Michonchon : En plus d'aller à Pierrefonds ( oh mon dieu, je me sens nostalgique en repensant aux moments de pur fangirlisme que j'ai vécus là-bas :3 ! J'avais trop d'amour dans le cœur, je ne voulais pas partir :'( enfin bref... ) il faudrait qu'on aille aussi à Brocéliande ! :D

D'ailleurs, est-ce que l'un de vous a déjà eu l'occasion d'aller visiter le château de Pierrefonds, mes très chers ? :) Si oui, qu'avez-vous ressenti ?

A la semaine prochaine ! :) ( je vais faire mon possible pour poster le chapitre 16 très vite ! )