Aussi libre que moi

Calogero

Le vent soufflait dans ses oreilles, ébouriffait ses cheveux. Les lunettes empêchaient le vent de faire larmoyer ses yeux mais il voyait tout de même trouble. L'émotion ? Aaaaah Sirius Black n'était pas sûr de le savoir.

Juché sur sa moto volante, il fendait l'air à toute allure, poussant des hurlements de joie. Evidemment, il avait pris soin de jeter un sort de désillusion sur l'engin, pour que le ministère ne l'inquiète pas trop.

Mais pour le reste, il s'en fichait. Sirius Black était libre, Sirius Black était le vent, la foudre, il était la tempête qui planait au-dessus de Londres.

Avec tout le mal qu'il s'était donné pour retaper et ensorceler la vieille machine, il était plus que fier de constater qu'elle était finalement en parfait état de marche.

Bien entendu, Lily lui avait fait la morale lorsqu'il l'avait montrée à James. Mais qu'importe ? Il était libre, il volait, il fendait les airs ! Que pouvait-il donc y avoir d'aussi important ou d'aussi intéressant que sa liberté ?

Les mains crispées sur les poignées, il rêvait de l'éternité. Non, cet instant si jouissif ne pouvait pas se terminer. Pas maintenant. Il en était hors de question.

Alors dans le vent, il lâcha un grand éclat de rire, fit pivoter la moto et plongea au cœur d'un gigantesque nuage cotonneux, sentant avec délectation de minuscules gouttelettes d'eau lui humidifier la peau.

Libre. Ce mot martelait sans cesse son esprit. Libre. Libre…