Ashes to ashes

David Bowie

Le temps était venu pour Fumseck de se consumer. Du haut de son perchoir, l'oiseau était triste depuis quelques temps. Il était vieux et la douleur parcourait son corps, le déchirant. Il perdait la vue, perdait le goût des choses.

Tassé sur lui-même, il regardait d'un œil presque aveugle le garçon qui observait les différents objets dans la pièce. Il avait l'air si jeune, si triste et si inquiet. Il avait l'air de porter tellement de tourments que s'il avait été doté de la parole, Fumseck lui aurait certainement conseillé de se consumer.

D'ailleurs, pourquoi attendre ? Le moment où les flammes l'emporterait ne devait plus être retardé davantage. L'oiseau se concentra, invoqua le feu et sentit rapidement la chaleur s'emparer de lui.

Ce n'était pas douloureux, comme avaient pu le croire beaucoup d'humains qui lui avaient demandé, pensant qu'il ne comprenait pas leur question. Fumseck ressentait juste une intense chaleur puis il s'endormait paisiblement. D'ailleurs, ses paupières commençaient à se fermer et l'obscurité s'emparait déjà de lui. Le phénix n'était pas inquiet.

Quelques secondes plus tard seulement, il revint à lui et, sous la forme d'un tout petit poussin, il repoussa les cendres du bout de son bec. La lumière vint le frapper de plein fouet. C'était beaucoup mieux, Fumseck voyait clair.

Il poussa un cri pour laisser un maximum d'air chasser les cendres qui encombraient ses poumons et il observa le visage de l'enfant qui, surpris avait fait un bond en arrière, l'air terrifié.