Everything I do, I do it for you
Bryan Adams
Tonks dormait, mais pas profondément. Les nuits de pleine lune, son sommeil était toujours léger, comme si elle était aux aguets, qu'elle attendait, avec angoisse, le moment où il perdrait le contrôle. Entendre la bête hurler était déjà une torture en soi. Pourtant, ils avaient pris le soin de protéger l'appartement de divers sorts dont un de mutisme. C'était à croire qu'ils l'avaient mal fait.
Depuis quelques heures, la bête s'était tue et Tonks avait pu trouver un peu de sommeil. Peut-être le monstre s'était-il endormi lui aussi ? Elle en doutait. Il devait être épuisé et s'était probablement recroquevillé dans un coin, comprenant qu'une fois encore il ne trouverait rien d'autre à mordre que lui-même.
Elle frissonna. Elle était réveillée, ce n'était pas la peine d'espérer se rendormir. Avec un soupir, elle tâtonna sur sa table de nuit à la recherche de sa baguette. L'absence de Remus à ses côtés rendait le lit plus froid et hostile que jamais et elle frissonna. D'un sort, elle afficha l'heure au plafond : presque cinq heures. Ce n'était pas si mal mais elle ne se rendormirait plus. Elle en était certaine.
Elle repoussa ses couvertures, alluma la lumière et se leva. L'appartement était plongé dans le silence. Elle enfila son peignoir et quitta la chambre. Remus n'allait plus tarder à sortir de sa tanière, épuisé. Elle fit couler un peu de café et prépara son retour. Elle savait que ce n'était pas grand-chose, presque rien même mais ce serait toujours un peu de baume sur ses plaies. Et en parlant de ça, elle alla à la salle de bain où elle choisit quelques potions et cataplasmes qu'elle déposa sur la table du salon. Tonks avait toujours été très bonne en soins aux créatures magiques. Quelle ironie n'est-ce pas ? Elle avait choisi l'option au collège parce qu'elle pensait s'y amuser avec d'étranges créatures. Jamais elle n'aurait pu penser que ça l'aiderait à soigner son mari.
Elle soupira et observa tout ce qu'elle venait de préparer. Ce n'était pas comme si Remus ne le lui avait pas dit mais c'était bien plus dur qu'elle ne l'avait cru. C'était un poids de tous les jours, affreusement lourd et pourtant, jamais elle ne baissait les bras.
