Alleluia

Jeff Buckley

« Sans toi, ce ne serait plus pareil, je ne crois pas que j'aurais la force de supporter tout ça.

_ Tout ça quoi, Ron ? »

Il était assis juste devant elle, les yeux baissés sur ses chaussures et se tordant les mains tant il était nerveux. Hermione était assise dans le canapé, le visage fermé. Non, elle n'avait certainement pas envie de quitter Ron, d'ailleurs elle devait se refréner pour ne pas se jeter à son cou et l'enlacer. Elle ne pouvait pas non plus lui laisser penser qu'elle lui pardonnerait toujours tout parce que sinon, un jour, il allait aller trop loin et ils allaient tout perdre, tous les deux.

Ginny lui avait dit que c'était une idée tordue. Harry avait complété que c'était bien typique des filles et Ginny lui avait envoyé un coup sur l'épaule avec un air faussement vexé.

« Ron, tu comprends pourquoi je suis en colère n'est-ce pas ? »

Il acquiesça avec un air contrit.

« Je n'ai pas l'intention de te plaquer, Hermione. Je t'aime. »

Cette fois, il osa lever les yeux vers elle. Son regard ! Merlin son regard était vraiment torturé par le regret.

« Mais cette fille, clama-t-il avec cette fois un peu plus de force dans la voix, cette fille, elle m'attire. Il ne s'est rien passé entre nous, je te le promets.

_ Ce n'est pas ce qu'avait l'air de sous-entendre Georges. »

Ron leva les yeux au ciel. Il semblait prendre de l'assurance.

« Georges plaisantait, Hermione ! Cette fille est jolie, je fantasme sur elle mais c'est toi que j'aime et c'est tout. »

Il se leva de sa chaise.

« Pourquoi est-ce que tu ne comprends pas ça ? Je ne suis qu'un homme à la base et quand une jolie femme passe dans la rue, je vais la regarder avec envie mais ça ne veut pas dire que j'ai réellement envie de passer à l'acte. Tu ne peux pas m'enfermer dans ta jalousie et m'interdire de voir du monde. Tu ne peux pas m'empêcher de rêver. »

Il marqua une pause.

« Tu ne peux pas m'empêcher d'être un homme. Parce que si c'est que tu veux alors tu as raison. Il vaut mieux nous séparer maintenant. »

Hermione plaqua une main sur ses lèvres.

« Non. Je ne le veux pas. »