Disclaimer : Aucun personnage de ce superbe manga n'est à moi !

Note de l'auteur : Voici la quatrième et dernière histoire de cette petite série ! Eh oui, déjà la fin mais je suis heureuse de voir que plusieurs lecteurs ou lectrices ont pris du plaisir à dévorer mes textes ! Merci beaucoup à ceux qui m'ont mis en favoris et à ceux qui m'ont laissé un commentaire. Ayez une plaisante lecture !


Couché sur son lit, Takao n'arrivait pas à s'endormir. Gesticulant de droite à gauche, s'enroulant dans ses draps, changeant sans arrêt de position, le sommeil le fuyait. Impatient que l'aube se lève, il était comme une pile électrique, essayant de ne pas bondir dans tous les sens tout en se retenant d'exprimer sa joie extrême. Il n'avait qu'une envie, crier de bonheur mais il se contenta de sourire bêtement pour ne pas réveiller les autres occupants de la maison. Encore un peu agité, il se pinça toutefois le bras pour vérifia que ce n'était pas un rêve. Demain, enfin ce matin, dans exactement quatre heures et vingts deux minutes, il serait en route pour passer le week-end avec son Shin-chan dans une auberge afin de profiter des onsen. C'était incroyable et totalement inespéré, un rêve qui devenait réalité,une chance qui ne se représenterait pas deux fois !

Sortant son portable de sous son oreiller, Takao regarda son fond d'écran et du bout des doigts, il le caressa rêveusement. Pour lui, ce séjour pourrait être une bonne occasion pour pouvoir se rapprocher de son partenaire et passer à la vitesse supérieure sans être dérangé. Enfin, Midorima ne devait sûrement pas penser pareil car après tout, ce voyage avait un but précis. Remettre sur pied l'as qui avait un peu trop forcé à l'entraînement. Si celui-ci avait affirmé que son état n'était pas grave et qu'il pouvait toujours jouer, Takao avait bien noté qu'il n'était pas au meilleure de sa forme. Il avait alors suggéré d'aller dans une auberge de sa connaissance où les bains étaient réputés d'avoir des propriétés bienfaisantes pour le corps afin de se refaire une santé. De nombreux témoignages prouvaient que ces sources soulageaient les douleurs musculaires et la fatigue passagère. Pourtant, rien n'était facile avec son Shin-chan ! Il se rappela combien avoir durement bataillé pour le convaincre qu'il puisse l'accompagner avant que l'autre ne cède et qu'il remporte la victoire. A l'heure actuelle, il n'avait plus qu'une hâte, que ce palpitant week-end débute !

Les heures s'écoulèrent et quand de faibles rayons de soleil commencèrent à apparaître, signe que le matin était là, Takao était déjà sorti de son lit, avait avalé un copieux petit-déjeuner, préparé son sac qui contenait ses effets personnels et s'était vite habillé. Le tout en une trentaine de minutes. Vêtu d'un sweat gris foncé et d'un pantalon beige assez large, il avait dévalé les escaliers comme s'il avait le diable aux trousses, chaussé ses vieilles converses, enfilé son blouson puis empoigné son sac et avait fini par dire au revoir à sa famille qui l'avait regardé, éberlué de le voir si énergique. Un proverbe disait que l'amour donnait des ailes, eh bien, dans un sens c'était véridique !

Dans la rue, le brun traversa la chaussée, monta sur le trottoir et passa devant une petite vieille qui lui souhaita une bonne journée. De très bonne humeur, il la salua poliment en retour puis marcha d'un pas rapide, ses semelles claquant silencieusement sur le bitume. Il bifurqua, tourna à droite et prit un raccourci qui lui fit gagner un peu de temps. Continuant de marcher avec une bonne cadence, il ne croisa que deux ou trois personnes, remarquant aussi que peu de voitures circulaient à cette heure et que les rues étaient vides et désertes. La plupart des habitants devaient encore dormir ou du moins, restaient au chaud chez eux pour profiter de se reposer. Généralement, lui aussi adorait paresser dans son lit, enroulé dans sa couette, mais aujourd'hui était un jour exceptionnel. Entre partir avec son Shin-chan et rester chez lui, le choix était vite fait ! Ralentissant le pas, il aperçut l'arrêt de bus à quelques mètres et repéra son partenaire.

Debout, ses bagages par-terre, Midorima avait les mains dans ses poches et une grosse écharpe en laine couvrait la moitié de son visage. Seuls ses yeux et le haut de son nez étaient visibles. Sa posture était raide et droite mais pourtant il donna une étrange impression à Takao qui s'était stoppé dans son avancée afin de pouvoir le détailler consciencieusement. Il observa que le long manteau lui donnait un air chic et que le jean noir moulait ses jambes, le faisait paraître plus grand et élancé. Ces vêtements n'avaient rien de luxueux et étaient simples mais sur le vert, elles l'embellissaient, le rendant classe et plus mature. C'était différent de l'austère uniforme qu'il portait quotidiennement et Takao imagina que le look d'homme d'affaire lui irait pas mal, surtout avec ce visage inexpressif. De toute manière, le tireur avait un physique charismatique et même s'il était d'une beauté froide à l'inverse de son ex-coéquipier, Kise, il attirait toujours autant le regard. La preuve, deux femmes d'une vingtaine d'années lui lançaient fréquemment des coups d'œils et lui, inconscient de leur manège ne leur accordait pas un regard.

Sentant une vague de jalousie gagner son cœur, le brun recomposa son masque de joyeux larron, prit un air heureux et le héla.

- Hé Shin-chan ! Comment ça va ? Ça fait longtemps que tu attends ? Bon sang, ce qui fait froid, je me les gèle !

Midorima n'afficha aucune émotion particulière quand il reconnut la voix de son camarade mais fut mentalement exaspéré par l'entrée fracassante que cet idiot avait fait. Il pouvait dire adieu à sa tranquillité, il allait encore avoir droit à ses bavardages incessants. Et puis c'était quoi ce sourire de dix kilomètres de long ? N'avait-il pas mal à la mâchoire à force ? Il regretta presque d'avoir donné son accord pour l'accompagner, son horoscope lui prédisant que sa malchance serait élevée. Restant sans bouger, dans sa position actuelle, il attendit qu'il vienne le rejoindre près de lui.

- Takao. Je sais que tu es quelqu'un de particulièrement bruyant mais pour une fois dans ta vie, tu ne pourrais pas arriver dans le silence ? Recommanda le shooter blasé que l'autre n'écoute jamais rien. Et puis, tu te plains d'avoir froid mais regarde comment tu es habillé ! Mettre un petit blouson à cette époque de l'année c'est du grand n'importe quoi. Réfléchis un peu avant d''agir !

Face à cet accueil peu plaisant, le brun fit la moue et tenta de s'expliquer.

- Bonjour à toi aussi ! Je sais que ce n'était pas très intelligent de ma part d'avoir mis ça mais je ne pensais pas que le vent serait si froid ! Comme on n'est pas encore en hiver, j'imaginais que ça serait supportable. En plus, la météo avait annoncé une remontée des températures dans la région avec un peu de soleil. C'est pas de ma faute s'il se sont trompés à la télé !

Haussant un sourcil en regardant son voisin qui frissonnait violemment, Midorima était étonné d'apprendre qu'il avait fait l'effort de regarder les prévisions météo.

- Tiens, c'est nouveau ça ! Dit-il en esquissant un rictus moqueur. D'habitude, tu n'en à rien à cirer, non ? Enfin, le fait que tu t'intéresses à la météo signifie que tu fais des progrès ! Essaye aussi les actualités et ta cervelle se remplira peut-être ! Dans tous les cas, tu aurais dû vérifier le temps avant de te précipiter dehors, c'est ce que toute personne sensée aurait fait.

- Non, mais attend ! Serais-tu entrain d'insinuer que je suis stupide ? T'es vraiment méchant Shin-chan ! Bouda Takao. Hier soir, j'ai fais exprès de regarder le temps qu'il fera, parce que le bus ne nous dépose pas directement à l'auberge alors c'est mieux de savoir s'il pleuvra, non ?

Toujours un peu sceptique, le tireur haussa les épaules mais laissa couler. Tout au long de leur échange, les deux femmes présentes à côté, avaient interrompu leur discussion et souriaient, amusées qu'un tel sujet de conversation ait tourné de cette manière. Étant les premières à cet endroit, elles avaient immédiatement vu le vert arriver qui avait à peine hoché la tête pour leur dire bonjour. Tentées de l'aborder, elles n'avaient toutefois pas pu établir de contact, l'aura froide qui l'entourait les avait maintenu à distance. D'après leurs estimations, il devait être à l'université et pratiquer un sport vu qu'il avait la taille idéale pour. Il semblait bien connaître le nouveau venu, un garçon assez mignon dans son genre malgré que leurs personnalités soient complètements différentes. Le jour et la nuit. Des opposés mais ne disait-t-on que les contraires s'attiraient ? Grâce à leurs intuitions féminines, elles percevaient que leur relation était plus qu'amis, c'était surtout visible du côté du brun. Peut-être un amour non-partagé ?

Quand Midorima vit qu'on le dévisageait ouvertement, il renifla dédaigneusement, ne supportant pas leur manque de discrétion. Takao, lui avait bien compris que son Shin-chan était pris par cible et partagé entre deux émotions distingues, il opta finalement pour se présenter.

- Eh, bonjour mesdames ! Je m'appelle Takao Kazunari, fit-il en s'approchant. C'est un peu bête de rester chacun dans nos coins alors qu'on pourrait faire connaissance, vous ne trouvez pas ? Je peux vous assurer que je ne mords pas et que je ne suis pas dangereux ! Mon ami non plus, d'ailleurs !

Sa voix avait été poli mais avait gardé des intonations rieuses et celle qui portait de longs cheveux noirs avec un sac à main aux bandes multicolores, gloussa en donnant un coup de coude à sa copine.

- Haha, je suis Mizuki. Enchantée. D'un geste nonchalant de la main, elle montra sa voisine qui s'inclina légèrement. Elle, c'est Mia ! Je suis désolée d'avoir ri mais vous étiez si marrants que je n'ai pas pu m'en empêcher.

- Ce n'est rien, rassura Takao en faisant pivoter son corps pour pointer le tireur. Voici Shin-chan, enfin appelez-le Midorima ou sinon il risque d'être fâché !

Il ricana, suivi par la jeune femme en étant tous deux sur la même longueur d'onde. Poussant un gros soupir qui fut vite étouffé par la laine qui couvrait sa bouche, Midorima ne prit pas la peine de répliquer et de prendre part à la conversation. Sa gorge lui brûlait depuis ce matin, il n'avait pas envie d'user sa salive pour de telles futilités. S'il avait chopé un quelconque virus et qu'il tombait malade, Takao ne manquerait pas de le charrier. Tendant les oreilles, il perçut le bruit caractéristique d'un vieux moteur qui provenait du car arrivant. Sans se presser, il sortit une main gantée, attrapa ses affaires puis décida d'appeler le clown de service.

- Arrête de faire l'imbécile Takao, le bus est là ! Dépêche-toi !

L'intéressé reçut le message et monta lui aussi dans l'autocar délabré en veillant à déposer son sac en hauteur avant de choisir de s'asseoir à côté du tireur. Cependant, alors qu'ils supposèrent que la porte allait se refermer, les deux jeunes femmes grimpèrent à leur tour en se dirigeant à l'arrière du bus. Tous les sièges étant vides sauf quelques uns occupés, le choix ne manquait donc pas.

- Je trouve ça génial qu'elles n'ont pas pris un autre bus, s'exclama Takao plutôt enthousiaste. Il envisageait d'utiliser leur compagnie pour palier à son ennui, n'appréciant pas les longs trajets monotones. Je vais aller les voir, tu viens ?

- Non, refusa Midorima, énervé qu'il veuille l'entraîner avec lui pour converser avec deux étrangères qui avaient l'air plutôt louches. Et puis entendre les babillages sans fin de bonne femme ne le tentait pas du tout, il se sentait fatigué d'avance.

- Ok, j'ai compris ! On se revoit tout à l'heure !

Le plus petit se leva prudemment et partit à la rencontre des jeunes femmes, soulagé que son Shin-chan soit resté à sa place, en retrait à l'avant. Parce que oui, même s'il avait sympathisé avec elles, il ne souhaitait qu'il se fasse draguer, aussi insensible soit-il !

- Me revoilà, cette place est libre ? Demanda t-il avant de s'installer sur le siège de la rangée du fond quand Mizuki-san l'invita avec un grand sourire.

De nature plus timide, l'autre fille garda le silence et ouvrit un livre. Loin de s'offusquer de ce comportement, Takao focalisa son attention vers Mizuki-san qui avait l'air d'avoir un caractère ouvert et souriant. Elle lui ressemblait un peu. Pendant plus d'une heure et demi, ils parlèrent de divers sujets mêlant leurs avis personnels et quelques fois, blaguant jusqu'à être hilares. Le courant entre eux passait bien et la différence d'âge n'était pas un problème. Pourtant, le moment de la séparation sonna et elles durent descendre mais avant de sortir, l'exubérante Mizuki envoya un clin d'œil suggestif à Takao qui revint à sa place initiale en souriant largement.

- Tu t'es bien amusé ? Lança sèchement Midorima en remarquant que l'autre était de retour avec une mine réjouie. Il ne savait pas pourquoi mais cela avait quelque chose de dérangeant de voir que son camarade qui restait toujours collé à lui, puisse s'intéresser à la gente féminine.

Le brun faisait partie des gens assez populaires mais il n'était toujours pas sorti avec quelqu'un au lycée. Dans un premier temps, cela l'avait surpris mais il n'avait pas cherché à en savoir plus, lui-même n'ayant aucun intérêt à trouver une petite amie. Cependant c'était dans l'ordre des choses que tout adolescent normalement bien constitué, était attiré tôt ou tard par le sexe opposé et Takao ne faisait pas exception à la règle. Découvrir qu'il préférait les femmes plus âgées, c'était plutôt surprenant et déconcertant mais chacun avait ses goûts. Alors pourquoi se sentait-il trahi et déçu ? C'était ridicule, il n'avait aucun compte à lui rendre ! Ce n'était que son partenaire au basket, il ne représentait rien d'autre à ses yeux, l'autre était libre de faire ce qu'il voulait ! Se voilant inconsciemment la face, il était persuadé que son trouble venait de la fièvre qui lui engourdissait le cerveau.

Il fusilla Takao du regard, qui le fixait perdu, se demandant ce qu'il avait encore fait pour provoquer la colère du tireur. Il venait tout juste de revenir alors pourquoi son Shin-chan était de mauvaise humeur contre lui ? Est-ce qu'il s'était senti seul ? Non, peu probable. Quelque chose avait dû le contrarier, mais quoi ? Mystère. Tentant d'alléger l'atmosphère, il entreprit de lui raconter une anecdote.

- Te vexe pas Shin-chan, je suis là ! Écoute plutôt ça; Mizuki-san supposait que tu avais son âge et que tu était déjà à l'université ! J'étais mort de rire, elle a fait une tête trop bizarre quand je lui ai dit que tu n'étais qu'au lycée. Elle croyait que je mentais mais bon, les gens se méprennent souvent à cause de ta taille, t'es un géant ! Sinon, sérieux elle m'a raconté ses souvenirs de lycéenne, j'aurais bien voulu la connaître à ses seize ans. C'est quelqu'un de drôle et...

Et Takao continua sur sa lancée avant de brutalement se faire interrompre par Midorima qui se retenait d'éclater de rage.

- Tant mieux pour toi, grommela t-il en gardant une expression neutre même si ultérieurement, il bouillonnait. Maintenant si tu veux t'extasier sur une fille que tu ne reverras plus, c'est ta décision mais j'aimerais finir le trajet sans bruit. Bâillonne ce qui te sert de bouche et tiens-toi tranquille !

Sans rajouter autre chose, le vert croisa les bras et ne fit plus aucun mouvement. Takao bouche-bée, l'observa attentivement pour savoir ce qu'il n'allait pas mais ne put rien déchiffrer d'anormal sauf le léger pincement de lèvres qui prouvait son agacement. Décidé à ne pas davantage le fâcher pour ne pas ruiner ce voyage qui s'annonçait tendu, il s'enfonça dans son siège, mit ses écouteurs et se laissa bercer par la musique et la présence du shooter.

Vers onze heures du matin, le voyage toucha à son terme et ils quittèrent le confort du bus pour se retrouver à l'air glacial. Ils s'engagèrent sur un petit chemin, parcoururent moins d'une cinquantaine de mètres dans une ambiance pesante puis arrivèrent devant le bâtiment convenu. C'était une auberge traditionnelle, simple mais accueillante. Ils se rendirent à la réception où une magnifique dame avec un kimono d'une couleur pastelle les accueillit en leur en souhaitant la bienvenue.

Ce fut Takao qui prit la parole, assurant qu'ils avaient réservé et après avoir vérifié, la gérante demanda de la suivre pour aller voir leur chambre. Ils marchèrent en traversant un couloir et finirent par s'engouffrer dans l'ouverture de leur chambre choisie pour séjourner durant le week-end.

Composée d'une grande pièce spacieuse avec une table basse en bois ainsi que deux fauteuils servant de chaises pour se détendre et se restaurer, il y avait aussi le coin pour le coucher où des futons seraient déposés dans la soirée sur les tatamis. La décoration était sobre, classique et la vue était excellente avec son décor automnal plongeant la pièce dans une atmosphère de sérénité et de quiétude. Les arbres aux feuilles rouges et jaunes formaient un sublime paysage complété par les fleurs aux couleurs chatoyantes. Avant de s'éclipser, la gérante donna encore quelques indications.

- Chers clients j'espère que la chambre est à votre convenance, deux yukatas et des serviettes sont à votre disposition. Le repas vous est servi trois fois par jour mais vous pouvez aussi manger ailleurs. Je vous demanderai juste de nous avertir à l'avance. Autrement, il y a plusieurs bassins d'extérieurs mais juste un seul à l'intérieur, vous pourrez être informé des horaires sur une pancarte. Si vous avez besoin d'aide ou de quelque chose, n'hésitez pas, nous ferons tout notre possible pour vous satisfaire. Que votre séjour dans notre établissement vous soit agréable !

Elle termina ses explications d'une voix chantante puis disparut en faisant glisser les battants en bois afin de les laisser seuls. Presque aussitôt, Takao sautilla sur place, tel un gosse impatient et Midorima relâcha la pression en allant occuper l'un des fauteuils d'un blanc pur. Un soupir imperceptible de bien-être franchit ses lèvres.

- C'est beau, hein ? S'exclama le brun, ravi de le voir détendu pour la première fois de la matinée. On m'avait averti que c'était un bel endroit mais c'est au-delà des mes espérances !

- Cette auberge à l'air assez chère, non ? Nous devrons partager les frais, rappela le vert.

- Ne te préoccupe pas ça ! T'inquiète, c'est moi qui a proposé de venir ici et puis celui qui va payer la facture, c'est mon oncle alors c'est bon ! Sinon, je sais qu'on va bientôt déjeuner mais si on allait essayer un bassin avant, proposa Takao en défaisant son sac marron.

- Je passe mon tour, déclara platement le tireur. Son mal de tête ayant empiré, il voulait se reposer pour le moment et profiter de prendre un comprimé pendant que l'autre aurait le dos tourné.

Dépité et quelque peu mécontent de la situation, Takao n'osa cependant rien dire de peur qu'une dispute éclate et prit congé en partant se baigner. Tant pis, il le verrait nu une prochaine fois ! Quand il entendit les pas s'éloigner de plus en plus, Midorima laisser tomber son masque et son visage autrefois impassible, prit un air troublé et fatigué.

Dans le vestiaire commun, Takao s'était déshabillé, lavé puis rincé et était entré dans l'eau chaude d'un bassin moyen avec des pierres autour. Il ignora les deux personnes dedans, se cala au bord et ferma les yeux. Il avait bien besoin de décompresser, avec un Shin-chan prêt à exploser. Franchement il commençait à en avoir marre de ses sauts d'humeurs mais c'était comme ça qu'il l'aimait. Enfin, s'il appréciait toujours autant son attitude d'intouchable, il voulait qu'il lui montre un autre côté de sa personne. Plus doux et gentil. Il en avait assez de se heurter face à ce mur froid qui entourait son cœur. Mais ce n'était pas gagné quand il voyait que ses tentatives de rapprochement ne fonctionnaient pas et que ses allusions sur le fait qu'il voulait plus qu'une simple amitié n'étaient pas comprises. Son Shin-chan était un tsundere doublé d'un aveugle. Peut-être devrait-il prendre son courage à deux mains et se confesser ! Quoique, l'idée de se faire froidement rejeter et de détruire sa relation avec lui n'était pas une perspective amusante.

A l'extérieur, Midorima se promenait en faisant le tour de l'auberge, explorant les environs en solitaire. Le ciel était bleu mais quand plusieurs nuages menacèrent de le recouvrir, il décida de retourner à l'intérieur ayant assez visité. Revenu dans le hall, il s'immobilisa, ses yeux brillants d'une lueur glacée. A dix mètres de lui, Takao était entrain de rigoler gaiement avec un groupe de femmes. Ce fut une question de secondes avant que ce dernier ne l'appelle.

- Shin-chan ! Où étais-tu passé ? S'écria t-il en tentant de le toucher. J'ai cherché dans différents endroits mais j'ai pas réussi à te trouver ! Tu étais parti dehors ? Tu m'as fichu la trouille, à disparaître comme ça !

Midorima ne répondit pas, il évita simplement le plus petit en le contournant. Il aurait voulu sortir une remarque blessante, comme quoi il n'avait pas à être toujours surveillé mais sa langue resta désespérément scotchée dans sa bouche. Le même sentiment désagréable qu'il avait auparavant ressenti refit surface créant une sensation de malaise. Bien malgré lui, il laissa échapper une phrase, son corps agissant de son propre-chef.

- Tu sembles exceller dans le domaine de la séduction. Puisque que tu étais en de charmante compagnie, que dirais-tu d'y retourner ! Rien ne t'oblige à me suivre !

Ce fut les mots de trop car Takao ouvrit grand les yeux, stupéfait, n'arrivant pas à digérer que ces paroles sortent de la bouche de son Shin-chan. Le ton avait été sec mais avait-il bien perçu comme une note de jalousie dans sa voix ? C'était tellement improbable et irréel qu'il ne savait pas comment réagir. Alors comme ça, s'il était furieux, c'était parce qu'il pensait qu'il draguait des femmes ? Intéressant. Une fois que l'information fut enregistrée, il fut envahi par l'espoir que tout n'était pas perdu. Puisqu'il semblait jaloux, cela prouvait que le vert n'était pas aussi indifférent à son égard. Sa peur amoindrie et ses doutes évaporés, il avait bien la ferme intention de confirmer si ses sentiments pourraient être réciproques.

- Je te jure que tu ne m'échapperas pas Shin-chan, murmura t-il après un ricanement inquiétant.

Le temps n'était plus à l'hésitation mais à l'action ! Ce week-end, il alla se consacrer exclusivement à la chasse au Shin-chan !


Vous avez aimé ? Faites-moi savoir vos impressions ! Et aussi, je vais peut-être faire un extra qui mettra en scène nos deux tourtereaux...