Salut ! Pardon d'avoir mis autant de temps à publier la suite, chacune de nous était très occupée. Merci à Lunastrelle et Lehna pour leurs reviews. Voici donc la suite, bonne lecture !
Chapitre 5 :
Vice Versa - Partie 2
Maeha sortit de la salle de cours en poussant un long soupir. Elle aimait l'histoire, mais quand c'était le professeur Dorglas qui donnait les cours, elle avait un mal fou à rester éveillé ! Bon sang, pourquoi cette femme ne faisait que blablater, réciter, parler, parler, et jamais poser de question ni laisser aux élèves la chance de participer ? C'était un cours d'histoire ou une conférence, tous les vendredis matins ? ! D'accord, elle était à la fac, et personne n'avait dit que ce serait une partie de plaisir, mais quand même !
Refusant de se laisser démonter pour si peu, Maeha prit le chemin du bus. Une fois installée sur son siège, la jeune femme eut le réflexe de sortir un livre, mais s'en abstint. Elle avait besoin de s'aérer l'esprit, pas de plonger dans un autre vieux livre poussiéreux. Curieux, c'était pourtant son genre…
Ce cours d'histoire m'a vraiment amochée ! se dit-elle avec un sourire amusé.
Une fois à la maison, elle accueillit avec joie le confort de son lit. Bon sang, que c'était bon de tout lâcher, après une dure journée !
Elle fixa un moment le plafond de sa chambre et réfléchit. C'était le week-end, et elle n'avait pas de devoirs pour une fois. Qu'allait-elle donc faire pour s'occuper ?
Elle entendit soudain du bruit dans le couloir. Curieuse, elle vit sa mère, Monica, passer par l'entrebâillement de sa porte, avec un carton dans les bras.
La jeune femme descendit les escaliers, sortit de la maison et ouvrit la grille donnant accès la grotte qui faisait aussi office de cave, chez eux. Elle balaya l'endroit du regard. Il y avait des tonneaux et des étagères de provisions alignées sur le mur de gauche. Un atelier de bricolage était installé à droite. Et tout au fond était aligné des grosses boîtes de peinture et de plomb. Ici, ce serait l'endroit parfait.
Bien résolue, Monica posa le carton sur la table de l'atelier, puis se mit à déplacer les pots de peinture et de plomb, de façon à laisser une ouverture au milieu. Elle prit ensuite le carton et le posa à l'endroit vide, avant de remettre toutes les boîtes de peinture et de plomb. Elle venait juste de terminer son œuvre quand une voix retentit dans son dos.
« Maman ? »
Monica se retourna, pour sourire à sa fille.
« Oui, chérie ? »
« Je me demandais ce que tu faisais. Ça fait un bout de temps que t'es là, non ? »
« Oui, je… je cherchais une idée de dessert pour demain soir. »
« Ah… Pourquoi pas des pêches ? »
« Si tu en as envie… Oui, c'est une bonne idée ! »
Maeha s'avança pour l'aider, mais sa mère l'arrêta d'un geste de la main.
« Non, chérie, je sais que tu n'aimes pas être ici. Remonte, je m'occupe de tout. »
Maeha haussa un sourcil, mais ne se fit pas prier. En effet, elle détestait cet endroit. Elle se dirigea vers la sortie, mais lorsqu'elle put voir par l'ouverture de la grille, ce qu'elle vit la figea de surprise. Une immense ville bâtie sur une falaise, un magnifique soleil couchant, et une immense statue de condor au sommet du grand roc… Sans savoir pourquoi, Maeha fut prise d'une bouffée d'espoir et de chaleur. La jeune femme recula d'un pas et se frotta les yeux. La vision avait disparu, elle n'avait devant elle que la vision du jardin de sa maison, avec vue sur la rue au bout. Sans doute le manque de sommeil. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'elle voyait ou ressentait des choses étranges…
Non, ce devait être dû au stress d'être là, dans cette grotte ! Se ressaisissant, la jeune fille sortit et se dépêcha de rentrer chez elle.
Une fois dans sa chambre, elle s'approcha de la table où elle avait l'habitude de ranger tous ses dessins. Celui du papillon était là, ainsi que les autres avec la moto et les gens au bar. Sans savoir pourquoi, elle s'assit et se remit à dessiner. Cette fois, ce fut un cristal qu'elle dessina. Un cristal encastré dans un petit calice argenté.
Une fois le dessin terminé, Maeha le regarda sans comprendre. D'où lui venait cette idée de dessin ? Curieux, d'habitude elle dessinait des choses reliées au monde réel…
Ma pauvre, tu as vraiment besoin de sommeil !
N'y tenant plus, elle se mit en chemise de nuit puis se mit au lit.
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Dans la cave, Monica venait de finir de ranger tous les cartons et boîtes correctement, quand celui qu'elle avait bien caché parut réagir. Dans la chambre de Maeha, le dessin se mit à bouger, les étoiles dessinées autour du calice se mirent à danser…
Monica vit le mur de la grotte s'illuminer. Se retournant, elle vit une vague de lumière jaillir du carton et la frapper au visage. La malheureuse tomba à terre et perdit connaissance. Les grilles de la grotte se refermèrent violemment, poussées par un vent venu de nulle part.
Maeha s'éveilla en sursaut. Elle avait fait un cauchemar. Sa mère, inconsciente dans la cave… Une présence…
La jeune fille frissonna. Oh non, son délire reprenait ! Enfilant sa robe de chambre, elle s'approcha de la fenêtre et tira les rideaux. Elle vit alors qu'une ambulance était garée devant chez elle !
Inquiète, la jeune fille descendit les escaliers. Elle se figea en voyant que l'on transportait… sa mère sur un brancard !
Son père apparut dans son champ de vision, accompagné d'un médecin qui essayait de le rassurer.
« Papa ! »
« Maeha ! Oh, chérie, excuse-moi de ne pas t'avoir réveillée, mais… »
« Qu'est-ce qui se passe ? Maman est malade ? Elle est blessée ? »
« Nous n'en savons rien. Votre père a trouvé votre mère inconsciente et enfermée dans la cave, hier soir, en rentrant du travail. Nous l'emmenons à l'hôpital », dit le médecin, avant de sortir rejoindre le reste de son équipe.
Plus tard, Maeha et son père patientaient dans le hall de l'hôpital, attendant avec angoisse le verdict du médecin. Enfin, celui-ci apparut.
« Alors, comment va-t-elle, docteur ? » demanda le père.
« Monsieur… J'avoue que je n'ai jamais rien vu de tel, jusque-là ! »
« Que voulez-vous dire ? Expliquez-vous ! » dit Maeha, folle d'angoisse.
« Mademoiselle, votre… votre mère est atteinte d'une forme de faiblesse organique particulière. C'est comme si tout son corps était atteinte de carences hormonales, minérales… J'ignore pourquoi, mais l'activité de son cerveau est basse, et nous ignorons encore ce qui a pu provoquer ça. Mais cela m'inquiète d'autant plus que si son état de santé ne s'améliore pas de lui-même, nos méthodes pour la ranimer risquent de mettre en danger la vie du bébé. »
« Le bébé ? Quel bébé ? » demanda le père.
« Monsieur, votre femme est enceinte. »
Maeha et son père ouvrirent des yeux ronds de surprise. Monica… enceinte ? ! Mais c'était impossible, ils le savaient tous les deux. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'ils avaient adopté Maeha dès qu'ils l'avaient trouvée : pour combler un vide cruel dans leur famille.
« Voyons, c'est impossible ! Ma femme ne peut pas être enceinte, nous avons consulté plusieurs médecins, tous étaient formels ! »
« Je sais, moi-même j'ai consulté son dossier, pourtant la preuve est là : elle est enceinte depuis plus d'un mois. »
Maeha et son père se regardèrent, puis reportèrent leur regard sur le médecin.
« Est-ce que nous pouvons aller la voir ? »
« Dans une heure, nous finissons de l'installer dans une chambre spécialement équipée. Je suis désolé, je ne peux rien faire de plus, pour l'instant », dit le médecin, avant de les quitter dans le couloir.
Plus tard, tous deux se tenaient debout devant la porte vitrée donnant accès à la chambre de Monica. Celle-ci était allongée dans un lit, en chemise d'hôpital, branchée à des machines…
« Elle a l'air si paisible… » murmura Maeha.
« Oui… Et je sais qu'elle n'aimerait pas que nous soyons là à la veiller. Elle voudrait que nous continuions de vivre, elle a toujours détesté être un fardeau pour les autres… » dit le père.
« Mais papa, je… »
« Chérie ! Je veux que tu rentres, il faut nourrir le chat, en plus ! Tu reviendras plus tard, tu as sans doute des devoirs à faire… »
Maeha allait protester, dire que non, elle n'avait aucun devoir pour ce week-end, quand elle se souvint qu'hier soir, elle avait vu sa mère dans la cave, peu avant son coma. Elle avait paru nerveuse…
« Bon, okay. Je reviendrai ce soir. Appelle-moi si elle se réveille avant. »
« Promis, chérie. »
Une fois de retour chez elle, Maeha se planta au milieu du jardin, face à la grille de la grotte. Le vent souffla à travers l'herbe, faisant voler ses cheveux noirs autour de ses épaules. Heureusement, elle n'avait pas froid. Elle portait un pull gris de laine épaisse, un jean et des bottes sombres.
Maeha fit danser les clés de la grille dans ses mains. Bon sang, pourquoi fallait-il que cela lui arrive à elle ? ! Mais la vision de sa mère inconsciente sur son lit d'hôpital lui revint à l'esprit.
Résolue, elle traversa l'herbe sauvage, enjamba les outils de jardinage puis saisit d'une main la porte en métal, et planta de l'autre la clé dans la serrure. Le déclic retentit, puis la porte s'ouvrit dans un sinistre grincement.
Lentement, comme au ralenti, Maeha entra dans la cave. Elle aperçut aussitôt la forme du corps de sa mère allongée par terre, près des piles de boîtes de peinture. Avec prudence, elle s'approcha.
Soudain, un curieux bruit retentit. Comme un chant, doux et empli d'espoir… Maeha sursauta. D'où pouvait venir ce bruit ? Une radio laissée ici, par oubli de sa mère ?
La peur qu'elle éprouvait depuis qu'elle était entrée dans cette grotte disparut, au profit de la curiosité. La jeune fille s'approcha et se mit à déplacer les boîtes, jusqu'à trouver derrière un gros carton. Il était tout récent, il n'y avait aucune tache ni couche de poussière dessus. La jeune prit un cutter sur la table de l'atelier, puis l'ouvrit. Elle plongea les mains dans le polystyrène, jusqu'à ce que ses doigts rencontrent un objet froid et métallique.
Elle sortit alors du carton… un calice en argent, couronné d'un cristal ! C'était l'objet qu'elle avait dessiné hier soir !
Ébahie, Maeha contempla sa trouvaille pendant un instant, ne pouvant détacher ses yeux vairons de l'objet qui scintillait dans l'obscurité de la grotte. Elle le retourna et vit, gravée sur toute la surface de la coupe, une inscription. Elle ne connaissait pas du tout cette langue, pourtant ces symboles lui semblaient familiers…
La jeune fille le posa sur la table de l'atelier, alluma la lampe puis se mit à traduire :
« Rêvant de tout et de rien,
L'esprit voyage par la pensée.
Nul ne peut briser le lien,
Le sang est pouvoir sacré.
Levez-vous,
Cherchez,
Rendez-vous à la croisée !
D'une vérité ardente
brûlez le mal de ce monde
D'une vérité ardente
Éclairez les ténèbres des mondes !
Et que ce qui fut défait
Soit refait à jamais. »
Loin d'ici, sur une autre planète, dans une chambre, quelque part à Fort Condor, une jeune fille identique à Maeha lisait un livre de sa bibliothèque. Elle avait déniché un livre parlant de l'artefact, et s'échinait maintenant à traduire les inscriptions.
« Rêvant de tout et de rien,
L'esprit voyage par la pensée.
Nul ne peut briser le lien,
Le sang est pouvoir sacré.
Levez-vous,
Cherchez,
Rendez-vous à la croisée !
D'une vérité ardente
brûlez le mal de ce monde
D'une vérité ardente
Éclairez les ténèbres des mondes !
Et que ce qui fut défait
Soit refait à jamais. »
Les deux jeunes filles levèrent la tête de concert, comme si chacune avait entendu l'autre parler. L'une se tourna vers la droite, l'autre vers la gauche. Le sol se mit à trembler dans les deux mondes, les images se brouillèrent. Toutes deux se prirent la tête dans les mains en gémissant, puis tombèrent alors vers le sol. Un trou noir se forma sous chacune, et les engloutit.
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Enfin, Albert put entrer dans la chambre d'hôpital. Monica venait de reprendre conscience. Elle sourit faiblement à son mari.
« Chéri… Je suis désolée pour tout le souci que je t'ai causé », dit-elle.
« Ce n'est rien, Moni. Mais pourquoi ne m'as-tu pas dit, pour le bébé ? ! »
« Je suis désolée… Mais quand j'ai découvert que j'étais enceinte, je… J'ai eu peur, je ne voulais pas t'en parler avant d'être sûre que ma grossesse durerait, j'avais peur de voir ce tout petit espoir disparaître en fumée ! »
« Oh, chérie… Mais que s'est-il passé, dans la cave ? »
« En fait, je… Tu te souviens, quand nous avions trouvé Maeha, il y a seize ans ? »
« Oui, eh bien ? »
« L'objet… qui était avec elle. Celui que j'ai rangé dans la cave, hier soir, après avoir fait du rangement au grenier… Le jour où nous avons trouvé Maeha, le jour où je suis entrée dans la cave et que je l'ai pris pour la première fois, j'ai ressenti soudain une puissante vague d'énergie, elle m'a… changée de l'intérieur, je l'ai senti. Je ne savais pas encore à quel point. Après ça, j'ai eu un léger doute, et… suite à une radio que j'ai faite en secret chez un gynécologue, je me suis mise à prendre la pillule, de façon régulière. »
« Quoi ? ! Mais enfin, pourquoi ? ! Je ne comprends pas… »
« Nous avions Maeha, c'était merveilleux, mais nous avions eu tellement de mal à nous adapter à ce changement, alors j'avais peur de tomber enceinte à cette époque. Si jamais tu te fâchais, et disais qu'il faudrait choisir entre l'un des deux enfants… Et j'aimais Maeha, mais je voulais aussi avoir un bébé, je le voulais tellement… » dit Monica, les larmes aux yeux.
« Non, chérie, arrête ! Jamais, tu m'entends ? Jamais je ne demanderai une chose aussi ignoble ! Et qu'importe si ce bébé vient au monde ou non, je l'aimerai comme je vous aime, toi et Maeha, et nous le garderons ! D'ailleurs, je suis sûr que Maeha serait heureuse d'avoir un petit frère ou une petite sœur ! »
Monica sourit. Pourtant, un doute demeurait dans son esprit. Elle avait essayé de cacher l'objet, hier soir, pour cacher à Maeha son passé, de peur de perdre sa fille. Et l'objet avait à nouveau réagi, mais de façon négative, cette fois. Il avait tenté de la tuer. Et maintenant, elle se retrouvait enceinte, et dans un état de santé critique… Et où était Maeha ? Son mari la rassura, lui disant qu'elle arriverait ce soir.
Monica lui sourit courageusement, mais ne put retenir une pointe d'angoisse en elle. Pourquoi avait-elle si peur, maintenant ?
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Dans la cave de la maison, une jeune fille s'éveilla en gémissant. Bon sang, quel mal de crâne ! Elle regarda autour d'elle avec l'air perdu, quand elle entendit un bruit de pas dans son dos.
Un grand garçon plutôt costaud, aux cheveux brun court entra dans la pièce.
« J'ai appris pour ta mère, je voulais m'assurer que tu allais bien. »
« Quoi ? Que… Qui êtes-vous ? ! Je suis orpheline, c'est quoi cette blague ? »
L'inconnu fronça des sourcils.
« Bon sang, Maeha, c'est moi, Michael ! »
La jeune fille sursauta. Maeha ? C'était quoi, ce nom-là ?
« Excusez-moi, mais moi, je m'appelle Maxine ! »
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Dans l'une des grottes de Fort Condor, une jeune fille s'éveilla en gémissant. Bon sang, quel mal de crâne ! Elle regarda autour d'elle avec l'air perdu, quand elle entendit un bruit de pas dans son dos.
« On m'a dit que vous étiez à la recherche d'indices concernant un artefact. Je pense avoir quelques infos, si vous êtes toujours intéressée », dit une voix grave et envoûtante.
La jeune fille se figea en croisant les yeux carmin de son interlocuteur. Il portait une grande cape rouge en lambeaux, et un bandeau e la même couleur retenait tant bien que mal une longue chevelure noire…
« Qui êtes-vous ? Où suis-je ? »
L'étranger fronça des sourcils, puis répondit : « Je suis Vincent Valentine, et je cherche mademoiselle Maxine, l'associée de Samuel, le collectionneur d'objets. Vous correspondez bien à sa description, mais peut-être me suis-je trompé ? Cheveux noirs, yeux vairons… »
La jeune fille sursauta. Maxine ? C'était quoi, ce nom-là ?
« Excusez-moi, mais moi, je m'appelle Maeha ! »
