Tout d'abord, désolées de ne pas avoir publié la suite de la fic plus tôt, nous étions très occupées chacune de notre côté ! Mais bon.
Merci à Lunastrelle et Lehna pour leurs reviews.
Sans plus attendre, voici la suite !
Enfin, bonne lecture !
Chapitre 6 :
Premier contact
Assise sur le canapé du salon, Maxine essayait de garder son calme. Le jeune homme, qui avait affirmé s'appeler Michael, la regardait avec un air indéchiffrable.
Il n'en revenait pas. Cette fille ressemblait comme deux gouttes d'eau, mais à bien la regarder, il devait admettre des différences : les couleurs de ses yeux étaient inversées, et Maeha n'avait pas de grain de beauté sur le visage. Et jamais, jamais elle ne se serait fait tatouer, même si ce papillon était fort joli. Sans parler de sa tenue ! Maeha aimait les robes et les jupes, et elle avait une peau généralement pâle.
Maxine avait tout d'une aventurière, avec sa peau hâlée, son short court, son débardeur, sa ceinture équipée de petites besaces et ses bottines de voyage.
« Bon… Donc, tu dis que tu viens d'un autre monde appelé Gaïa, et que tu y mènes une vie de chasseur de trésors, hein ? » résuma le jeune homme.
« Oui… On pourrait dire ça comme ça. »
« Bon… Et qu'est-ce que tu faisais, juste avant de… venir ici ? »
« Ben, je me souviens plus trop… Je me souviens juste avoir lu un texte, une espèce de poème ou d'incantation… et ensuite, un grand flash. Et quand je me suis réveillée, vous m'avez trouvée. »
« Hum… C'est bizarre. Franchement ! Vous ressemblez tellement à mon amie Maeha ! »
« Comment ça ? »
À court d'arguments, Michael lui montra la cheminée du doigt.
Maxine se leva et s'approcha du manteau de celle-ci. Des cadres de photo y étaient disposés, où elle put voir de nombreuses photos… d'un couple avec une jeune fille, qui n'était autre qu'elle-même ! Mais en regardant de plus près, elle remarqua des différences, les mêmes que Michael avait notées en la détaillant plus tôt.
« Son nom est Maeha. Elle a été adoptée par la famille qui habite dans cette maison, ils l'ont trouvée bébé dans une grotte, dans leur sous-sol », dit Micheal.
« Mais comment… ? Et pourquoi je me retrouve ici, chez elle ? ! »
« J'en sais rien… Mais il vaudrait mieux que tu prennes sa place jusqu'à ce qu'on trouve un moyen de te ramener chez toi, et de récupérer Maeha. »
« Quoi ? ! Mais c'est impossible, voyons ! »
« Si, il le faut ! Les parents de Maeha sont dans une situation critique en ce moment, en plus ! Sa mère est malade, et on ne sait pas si elle va s'en sortir. Imagine comment elle va réagir en apprenant que sa fille chérie a disparu ? »
Maxine serra les dents. Bien sûr, elle comprenait bien ce que disait Michael, elle ne voulait pas causer d'ennuis, mais elle ne se sentait pas du tout capable de jouer le rôle d'une étrangère !
« Allez, t'en fais pas, va ! Ce sera comme dans le Prince et le Pauvre ! » dit Michael, espérant lui remonter le moral.
« Le quoi et le quoi ? ! »
« Laisse tomber. »
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Maeha regardait Vincent avec de la terreur au fond des yeux. Elle se souvenait avoir vu un vieux film de Dracula dans sa jeunesse, en cours d'anglais. Jamais elle n'aurait cru qu'un jour, elle se retrouverait face à un vrai vampire. L'aura qu'il dégageait n'avait rien d'humain, même un pur cartésien n'aurait pu s'empêcher de le sentir.
« Vous… Vous êtes qui, vous ? »
« Vincent Valentine, membre d'Avalanche. »
Il s'attendit à une quelconque réaction de sa part, mais son nom tout comme celui de son groupe d'amis ne parut pas la faire réagir.
Maeha regarda autour d'elle, réalisant soudain qu'elle se trouvait dans une autre grotte plus sombre, plus profonde. Sa phobie refit surface. Ses jambes se mirent à trembler.
Vincent fronça des sourcils.
« Vous allez bien ? »
« Non… Je veux sortir de là, je déteste les grottes ! » dit-elle avec une petite voix, comme une enfant terrifiée.
Elle se sentit tomber à genoux. Vincent la rattrapa de justesse. À demi inconsciente, Maeha sentit juste deux bras puissants la soulever puis la transporter à travers les ténèbres.
Lorsqu'enfin la lumière du jour vint caresser son visage, la jeune fille daigna ouvrir les yeux et relever la tête. Enfin sortie de là !
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« Non, non, non, il en est hors de question ! »
Michael la regardait, un peu surpris par sa réaction.
« Je ne me couperai pas les cheveux, continua Maxine. Déjà, prendre la place de ta petite amie, qui semble diamétralement opposée à moi, ne me plaît pas des masses, mais là… tu vas trop loin. »
« Mais Maeha a les cheveux courts, ce ne sont que des cheveux. Enfin, je comprends, mais on a vraiment besoin de toi. »
« Je ne renonce pas à mes cheveux. »
« Je sais ce qu'on va faire, des extensions, ça te va ? »
« Des quoi ? »
« On dira que tu t'es fait faire des extensions. »
« Avec une mère à l'hôpital ? Vous avez de drôles de coutumes, chez vous. »
« C'est vrai, mais ça peut remonter le moral. C'est soit ça, soit tu te coupes les cheveux. »
« OK, va pour les extensions… Mais je ne sortirai pas avec toi. Renonce à cette idée. Et pour les yeux, on fait quoi ? »
« Je sais pas… Les gens ne le verront pas, je suppose, tu n'auras qu'à fixer le sol… Dans ce cas, les gens se diront qu'ils se sont probablement trompés, ils n'iront pas chercher plus loin. »
« Mouais, je ne reste pas convaincue. Et une mère, je ne sais même pas ce que c'est… Je ferai de mon mieux, mais tu tiens ta part du marché, tu m'aides à rentrer chez moi. Même si j'ignore comme faire, ni même le pourquoi du comment. »
« On doit aller à l'hôpital à présent. Ne t'inquiète pas, je reste près de toi, je tenterai de rattraper tes boulettes. »
Tandis qu'ils sortaient de la maison, aucun d'eux ne vit une ombre sortir de la grotte et ramper à même le sol, juste derrière eux.
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Les yeux carmin la regardaient avec curiosité. Malgré leur couleur et l'ensemble du personnage, celui-ci ne semblait pas enclin à une quelconque agression. En réalité, son regard était même plutôt doux, et empli d'une tristesse indescriptible.
Il la déposa au sol, en plein jour. Elle s'aperçut alors que, malgré le soleil, celui-ci ne se transformait pas en un tas de cendre après avoir pris feu par combustion spontanée. Étrange.
Mais à quoi pensait-elle donc, les vampires n'existaient pas ! Pas plus que cet endroit. Elle avait dû se cogner la tête dans la cave de ses parents. C'était la seule explication.
« On m'avait parlé d'une aventurière, et je trouve une claustrophobe. Êtes-vous réellement la personne dont on m'a parlé ? ? ? Êtes-vous Maxine, la chasseuse de trésors ? »
« … Qui ? »
« Pourtant, vos yeux correspondent à la description, même si je ne vois pas le grain de beauté ni le tatouage sur votre épaule. »
De quoi parlait-il ? Mais bien sûr, elle était en plein rêve. Normal qu'elle ne comprenne rien.
« Je ne suis pas Maxine, mais Maeha, et je vous avoue que je me sens perdue. Je ne connais pas cet endroit. Vous êtes sans doute, non, certainement le fruit de mon imagination. »
« Vous ne connaissez pas cet endroit ? Le fort Condor ? Mais vous y étiez il n'y a pas moins d'une semaine ! »
« Je vous assure que non ! Je ne connais pas ce Fort, ni même cet endroit. Mais sur quelle Planète je suis tombée ? »
« Gaïa. »
« Je ne posais pas vraiment la question, c'était sarcastique, et bien sûr, la réponse correspond à mes attentes, mais c'est quoi cette Planète ! ? »
« Vous ne venez vraiment pas d'ici… Ce qui me fait penser à l'artefact que Maxine recherchait, la jeune femme que je devais rencontrer. Je devais l'aider, car j'avais des renseignements au sujet de l'objet en question. Pour qu'elle puisse le localiser. Une légende en parle, mais nous en avons plein, et malgré le fait que certaines soient vraies, il est difficile de le dire avec exactitude, ce n'est pas forcément le cas pour celle-ci. Mais ne restons pas ici. Ce n'est pas un endroit où en parler. »
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Tandis que le bus roulait en direction de l'hôpital, Maxine en profita pour regarder le paysage par la fenêtre. Le ciel était gris et nuageux, le temps lui rappelait un peu celui de Nibelheim, lors d'un de ses anciens voyages.
Mais cette ville, Pithiviers, était plus grande, plus peuplée. Elle voyait beaucoup de véhicules circuler sur les routes : des camions, des motos, des vélos et de nombreuses voitures bien plus chics que celles de son monde.
Elle eut même la surprise de voir un jeune assis deux sièges plus loin avec un ordinateur portable allumé sur ses genoux. Chez elle, peu de gens avaient les moyens de s'offrir une telle technologie !
Piquée par la curiosité, elle s'était mise à poser des questions à Michael : quel type d'énergie utilisaient les gens d'ici ? Quelle compagnie dirigeait cette ville ? Et sur quel continent ? Combien y en avait-il en tout, sur cette planète ? Etc.
Enfin, ils arrivèrent à l'hôpital. Tandis qu'ils traversaient les couloirs en suivant l'infirmière, Maxine demanda à Michael :
« Ils s'appellent comment, déjà ? Véronica et Robert ? »
« Monica et Albert », dit le jeune homme avec un soupir dépité.
« Mmmm… Bon, ben ce sera maman et papa », conclut la jeune femme.
Ils pénétrèrent dans la chambre. Maxine aperçut une femme allongée dans un lit, en chemise de nuit, et un homme à son chevet. Elle leur fixait la quarantaine à chacun. L'homme avait des lunettes et portait un costume de bureau.
« Ah, Michael, Maeha ! Vous avez réussi à vous libérer ? » dit Albert.
« Ouais, ouais ! » dit Michael.
Maxine sentit le regard des parents se focaliser sur elle. Quoi ? Pourquoi la regardaient-ils ainsi ? Que devait-elle faire ? !
« Chérie, tu ne m'embrasses pas ? » dit Monica, l'air surprise.
« Quoi… ? Oh, si, si ! »
Elle s'approcha et, maladroitement, prit la femme dans ses bras. Cette dernière lui rendit son étreinte, mais recula bien vite et regarda la jeune fille avec surprise.
« Maeha, tu es sûre que ça va ? Je te sens crispée », dit la mère avec inquiète.
« Oh si, elle va très bien ! Mais elle a peur de vous faire du mal, vous aviez l'air si faible, et elle était si bouleversée ! » intervint Michael.
Acquiesçant, Maxine recula tout en fixant le plancher. Bon sang, pourquoi était-ce si difficile de jouer ce rôle ?
Derrière la porte, « l'ombre » serpenta le long de la porte et grimpa jusqu'au bord de la vitre. Elle regarda à l'intérieur, et son regard carmin se focalisa sur Monica. Un rire aigrelet résonna alors, aussi fin et aigrelet que des doigts sur une ardoise.
En bonne combattante, Maxine pressentit le danger et se retourna, les poings crispés.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » dit Albert, inquiet.
Michael lui fila un coup de coude. Se ressaisissant, Maxine se retourna et, avec son plus beau sourire, dit que ce n'était rien.
« Bon, on va vous laisser ! On revient demain, après les cours », dit Michael.
Il sortit en tirant la jeune fille par le bras. Monica et Albert se regardèrent, puis haussèrent des épaules de concert.
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Vincent avait réservé une chambre à l'auberge du Fort. Lorsque Maeha entra, elle eut l'impression d'avoir plongé dans une autre grotte.
La pièce était sombre. Percevant le malaise de la jeune fille, l'ex-Turk écarta les rideaux de la fenêtre. Les rayons du soleil couchant traversèrent la vitre et dessinèrent les ombres du cadre sur le mur.
Maeha put alors voir que la pièce comportait qu'un lit et une armoire où était posé une télévision. Une bouteille de vin et un verre étaient posés sur une table au centre de la pièce.
Cet endroit respirait le silence et la solitude, comme son mystérieux locataire.
Vincent invita Maeha à s'asseoir sur le lit, puis prit la chaise et s'assit en face d'elle. Il croisa les bras puis la regarda. Il ne comprenait pas. Qui était cette jeune fille qui ressemblait, mais n'était pas Maxine ? Et surtout… il sentait en elle une puissance très étrange. L'aura de cette jeune personne lui rappelait beaucoup celle d'une amie qui lui avait été très chère, à lui comme à tous ses amis d'Avalanche, mais qu'ils avaient perdue il y a des années…
Gênée par cet examen, la jeune femme baissa les yeux, puis dit :
« Alors, vous pouvez m'expliquer ce qui m'arrive ? »
Acquiesçant, l'homme vampire plongea la main dans son dos et en ressortit un dossier qu'il lui tendit.
Maeha l'ouvrit et vit tout de suite une feuille de parchemin avec un objet dessiné dessus : un calice en argent, couronné d'un cristal.
« C'est l'objet que j'ai trouvé dans la cave, chez moi », confirma la jeune fille.
Vincent n'en laissa rien paraître, mais il fut surpris. Elle avait trouvé l'objet ? Chez elle ? ! Youffie en aurait fait une maladie, si elle avait été là.
« Et qu'en avez-vous fait ? Je ne l'ai pas vu près de vous, quand je vous ai trouvée », dit le jeune homme.
Maeha se gratta la tête, essayant de se rappeler.
« Il y avait… des symboles gravés dessus, je me souviens. Je les ai lus… J'ai cru entendre une voix, comme un écho, qui les répétait. Il y a eu une vive lumière, puis je me suis réveillée dans la grotte où vous m'avez trouvée. »
Vincent hocha la tête.
« Cette légende-ci est donc vraie : l'objet a le pouvoir de faire voyager d'un monde à un autre. On dit aussi qu'il est utilisé comme arme pour combattre le mal. »
Maeha fit la moue. Combattre le mal ? Elle en doutait.
« Vous ne me croyez pas ? » dit Vincent.
« Excusez-moi, mais ma mère a trouvé cet objet un peu avant moi, et il l'a agressée ! »
« Agressée ? »
« Oui ! Elle… Elle a été touchée par sa lumière, elle aussi. Et depuis, elle est malade ! Elle est à l'hôpital, dans mon monde, et je ne peux même pas aller la voir ! » La jeune fille sentit les larmes lui piquer les yeux, tandis qu'elle lui avouait cela. Mais elle se retint d'éclater en pleurs devant un inconnu.
« Dites-moi… Y a-t-il des gens dans votre monde qui veillent sur les malades ou les faibles ? »
« Hein ? Euh, oui, mon père, il y a les médecins à l'hôpital où ils l'ont emmenée, mais pourquoi ces questions ? »
Vincent réfléchit rapidement. Devait-il lui dire ça, au risque de lui causer davantage de soucis ?
« Lisez ce qui est écrit en dessous du dessin », dit-il finalement.
Maeha obtempéra. Les écrits sur la feuille expliquaient qu'il s'agissait d'un vieil objet créé par les Anciens (un mot qui ne signifiait pas grand-chose pour elle, mais ça semblait important), et qu'il servait à faire voyager des âmes d'un monde à un autre, mais aussi à en emprisonner des mauvaises. Et que lors d'un transfert d'âmes entre deux dimensions… certaines mauvaises entités pouvaient en profiter pour s'échapper et suivre les voyageurs.
Maeha ne sut pourquoi, mais elle eut soudain un mauvais pressentiment, comme Maxine à l'hôpital.
Loin d'ici, dans une autre galaxie, sur Terre, dans l'hôpital à Pithiviers, une ombre attendait le couvre-feu pour chasser. "
