Coucou !
Pardon pour le retard, mais nous sommes toutes deux très occupées !
Voici un nouveau chapitre.
Merci à Volazurys, Tinkerbell, Darkangel guard et Lunagarden pour leurs reviews.
Chez Maxine
Le trajet jusque chez Maxine s'était déroulé dans un silence tendu.
Nul n'avait prononcé de mot durant le voyage. Maeha était un peu surprise que Michael respecte le mutisme de Maxine, lui qui adorait jouer les effrontés et se faire remarquer !
Mais la jeune fille avait peur de ressentir de nouveaux sentiments de la part de sa jumelle et de perdre le contrôle.
Vincent avait parfois jeté des coups d'œil en arrière pendant le trajet. Le soir, alors que tous étaient assis autour d'un feu dans la plaine, Maeha s'éloigna. Elle se dirigea vers un rocher éloigné où Vincent était assis. Ce dernier ne broncha pas tandis que la jeune fille s'asseyait près de lui.
« Vous allez bien ? Depuis le début du voyage, vous n'avez pas cessé de regarder derrière vous. »
« J'ai l'impression qu'on nous suit », répondit Vincent.
« Vous croyez que c'est… la créature dont Maxine et Michael ont parlé ? »
« Non, c'est quelque chose d'humain. »
« Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? »
« Je le sens, c'est tout. Tout comme je sens que toi et ta sœur êtes différentes des humains normaux. »
Maeha tiqua au mot « sœur » mais s'abstint de répondre. Vincent la fixa de ses yeux carmins si troublants. Depuis que Maxine était revenue, il sentait le lien entre les deux jeunes filles et un pouvoir en elles. Latent, prêt à déferler comme une vague destructrice. Un pouvoir plus puissant et plus pur que celui d'Aéris. Penser à sa jeune amie lui procura un pincement de cœur.
« Va te coucher. On se lève tôt, demain », dit Vincent.
« D'accord. Bonne nuit », dit la jeune fille avant de retourner au coin du feu.
Michael dormait déjà. Maeha le regarda en souriant. Savoir son ami ici la réconfortait un peu. Elle avait enfin un repère dans ce monde si étrange.
« Il ronfle, c'est énervant ! » dit Maxine en bougeant les braises avec un bâton.
« On s'y fait, avec le temps », répondit Maeha.
Maxine fit la moue. Elle avait connu des voyages plus tranquilles et moins bruyants. Normal, elle les faisait toujours seule. Pourtant, même si elle avait du mal à l'admettre, la présence de Michael, Vincent et Maeha lui était agréable.
C'est donc ça, voyager en groupe, pensa la jeune fille.
Maeha ôta sa veste pour la rouler en boule et la caler sous sa tête en guise d'oreiller. Une fois confortablement installée, elle souhaita bonne nuit à Maxine puis s'endormit.
Dès qu'elle eut fermé les yeux, elle se sentit plonger dans un sommeil profond.
Doucement, Maeha ouvrit les yeux. Tout était blanc, sauf sa robe, noire cette fois aussi. Au loin, elle vit comme un lac, et petit à petit, un paysage se dessina. Des arbres argentés d'une beauté sans pareil apparurent les uns après les autres. Elle avança vers le lac, qui semblait si calme, si apaisant. Elle avait l'impression que quelqu'un l'appelait. Mais elle n'entendait aucune voix. Elle s'arrêta devant l'étendue d'eau. Elle y trempa les pieds et s'assit sur le rebord. Cet endroit, elle ne le connaissait pas, et pourtant, il suscitait chez elle comme de la nostalgie.
Comme si cet endroit signifiait quelque chose pour elle. Ce fut là qu'une jeune femme apparut. Derrière elle, mais elle n'eut pas peur pour autant. Au contraire, elle se sentait apaisée. Elle se releva pour faire face à la jeune femme.
Elles se regardèrent quelques secondes, puis l'intruse se présenta.
« Je suis Aeris », lui dit-elle. « Tout comme toi, je suis une Cetra. Tu dois avoir beaucoup de questions. Mais je n'ai pas beaucoup de réponses à te donner, pas tout de suite. Il y a des réponses que vous devez trouver vous-mêmes. Ce que je peux te dire en revanche, c'est qu'elle va avoir besoin de toi sous peu. Elle paraît forte, et elle l'est, mais un évènement va tout bouleverser, elle aura grand besoin de toi. Vous devrez rester unis, quoi qu'il arrive. Et ne pas abandonner. Elle risque d'être assez butée, tu sais, elle n'a jamais connu de vraie famille, et a toujours dû se débrouiller seule, alors ne te décourage pas. Je reviendrai te voir, quand le besoin se fera sentir. Je serai toujours là pour vous. »
Maeha se réveilla. Il faisait jour et Maxine rangeait le campement. Vincent était prêt et tentait de réveiller Michael, non sans mal.
Ce fut à la nuit tombée qu'ils arrivèrent enfin à Edge, où Maxine les invita à rejoindre son appartement. Ce dernier, assez petit, comprenait une pièce de vie et une chambre à laquelle était accolée une salle de bain. Dans la chambre, un lit deux places, qui serait pour les deux sœurs. Et dans la pièce à vivre, un canapé. En voyant ce meuble, Vincent et Michael se regardèrent en chien de faïence. Nul doute qu'une fois les filles éloignées, ils se bagarreraient pour y dormir.
Mais Maxine avait anticipé le problème et leur dit :
« Je vais voir si je peux trouver quelque chose, peut-être un matelas, je reviens. Je vais en profiter pour prendre de quoi manger. Profitez-en pour vous doucher. Il y a des serviettes dans le placard. Maeha, il y a du linge de rechange dans la penderie de la chambre, sers-toi », dit-elle, essayant d'être aimable.
Elle n'avait pas l'habitude de recevoir, sauf Reno de temps à autre. Elle quitta ensuite son appartement.
À peine arrivée devant l'entrée de son petit immeuble, elle vit Reno qui allait à sa rencontre. Elle ne put réprimer un sourire. Il fallait avouer que malgré tout, il lui avait manqué. Elle dût se rendre à l'évidence, elle éprouvait des sentiments à son égard. Elle avança vers lui, le tirant par le bras. La fenêtre de son appartement donnant sur la rue, elle voulait éviter qu'on les voie. Reno n'eut pas le temps de piper mot. Arrivé devant la superette, elle relâcha son étreinte, et Reno se mit à râler.
« Tu me fais quoi là ? » commença t-il.
« Désolée, j'ai ma sœur chez moi, j'ai pas trop envie qu'elle nous voie. »
« Ta sœur ? Alors c'était sérieux ce qu'il disait le Vincent, ce n'était vraiment pas toi ? Depuis quand tu as une sœur ? »
« Tu les as croisés ? Oui, je viens de me découvrir une sœur… En parlant de ça, j'aurai besoin d'un petit matelas, pour mes visiteurs, tu ne saurais pas où trouver ça ? »
« Vais voir ça avec Elena, elle a toujours quelque chose comme ça, pour du dépannage. Pour nous quoi… quand on est bourrés… Rude et moi. »
Cela eut pour effet de décrocher un sourire à Maxine. Tandis qu'elle faisait le choix des courses pour le soir, et potentiellement le lendemain matin, ils discutèrent, surtout Reno.
« Ça m'a manqué, tu sais ? Nos parties. »
« Tu ne vas pas me dire que tu n'es pas allé voir tes autres conquêtes… »
« Eh bien, figure-toi qu'elles sont toutes prises en ce moment. Là, il ne reste que toi. »
« Je te plains », lui lança-t-elle.
Elle ressentit un pincement au cœur. Depuis quand, le fait de ne pas être seule la faisait-il souffrir ? Depuis sa séparation, depuis sa visite sur Terre. Elle avait pris conscience de certaines choses. Des choses qui aujourd'hui la dérangeaient.
« Tu peux pas passer, ce soir ? S'il te plait ! Je suis en manque, moi », geignit reno.
Elle se retourna et regretta aussitôt ce qu'elle lui dit :
« Après ce que tu viens de dire ? Une femme a besoin de savoir qu'elle est importante, des fois. Qu'elle est unique. »
Même si je suis tout sauf unique, maintenant que j'ai une jumelle, pensa Maxine.
Elle paya ses achats et reprit le chemin de son appartement.
« Tiens-moi au courant pour le matelas, ok ? » dit elle en le quittant.
Mais Reno la saisit par le bras et l'obligea à se tourner vers lui. Il affichait un air grave, à présent.
« Il a toujours été question de sexe entre nous, et rien de plus ? Max. Tu joues à quoi ? »
« À rien, ok ? À rien. Oublie ce que j'ai dit », fit-elle en se dégageant d'un geste sec.
Puis elle le laissa au milieu de la rue. Tandis qu'elle rejoignait son appartement, elle comprit que tout cela ne lui suffisait plus. Qu'elle aussi aurait souhaité une relation privilégiée, comme Michael et Maeha, du moins d'après ce que le jeune homme lui avait raconté. Elle réalisa qu'elle avait des sentiments pour lui. Quand elle avait cru ne jamais le revoir, elle avait ressenti un vide, un vrai vide. Pas comme avec Reno, où elle n'avait ressenti qu'une vague de mélancolie passagère.
Quand elle rentra, elle vit Michael assis sur le canapé devant la télé. Vincent était debout et adossé au mur, les bras croisés. Il regardait aussi l'écran, mais avec l'air un peu ailleurs.
Maxine fila dans la cuisine pour ranger ses courses. Une fois cela fait, elle prit le chemin de sa chambre. Elle trouva Maeha devant son armoire grande ouverte. La jeune fille portait une grande serviette de bain enroulée autour de son corps. Une autre plus petite enserrait ses cheveux.
« Tu cherches quelque chose ? » demanda Maxine.
Maeha sursauta et se tourna vers elle avec un sourire penaud.
« Non, oui, enfin je… Je ne sais pas trop quoi mettre, tu as un style plutôt… randonneur et gothique », dit la jeune fille.
Maxine haussa des épaules.
« Je ne porte jamais de robe ni de jupe puisque je passe mon temps sur le terrain. Mais bon, si tu y tiens, je t'emmènerai demain dans une boutique de vêtements classiques et tu te trouveras une jolie robe pour Michael. »
Maeha haussa un sourcil interrogatif.
« Qu'est-ce que Michael vient faire là-dedans ? »
« Ben… Tu ne veux pas te faire belle pour ton petit-copain ? » dit Maxine.
Maeha ouvrit des yeux ronds, puis prit l'air indigné.
« Il t'a dit qu'il était mon petit-copain ?! »
« Hum… Ce n'est pas le cas ? »
« Non ! C'est juste mon meilleur ami. On se connaît depuis l'enfance, il a toujours été une sorte de grand-frère pour moi. »
Maxine ne put s'empêcher d'éclater de rire, tant par l'air indigné de Maeha que le soulagement à l'idée de savoir que la place était libre.
« C'est pas drôle ! Trouve-moi vite quelque chose à mettre, que j'aille lui filer une bonne leçon ! » dit Maeha, les poings sur les hanches.
Secouant la tête, Maxine sortit un jean et un T-shirt ample de son armoire. Maeha enfila rapidement le tout puis courut dans le salon. Là, elle prit Michael par l'oreille et l'entraîna vers la cuisine.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Vincent à Maxine, qui arrivait dans le salon avec les mains dans les poches et le sourire aux lèvres.
« Une petite scène de ménage », dit la jeune aventurière.
Des éclats de voix retentirent bientôt.
Finalement, ça pourrait être amusant, avec eux, qui sait ? se dit la jeune fille.
Après le dîner, tous se réunirent autour de la table de la cuisine avec des tasses de thé pour parler. C'est donc autour d'un thé que tous se mirent à table. Michael fut surpris de voir que Vincent n'avait pas de verre de vin, mais Maeha devina ce qu'il pensait et lui fit comprendre d'un regard que ce n'était pas le moment de plaisanter. Il fallait regrouper les informations.
Comprendre ce qui se passait et pourquoi ? Comment ? Ou était passé le Calice et quel était son rôle ? Qui était la personne que Vincent avait sentie et qui les suivait ? Et cette ombre qui avait attaqué Maxine, et Michael ?
« Faut le reconnaître : on a aucune piste », dit Maeha, une fois qu'ils eurent fait le point.
« Il doit sûrement y avoir quelque chose qui nous a échappé », dit Maxine, les sourcils froncés.
« Si, il y en a une. Le livre qui vous a réunies toutes les deux après le flash », dit Vincent.
« Oui, mais il est écrit dans une langue inconnue », dit Maxine.
Elle songea que Reno aurait peut-être pu les aider. Oui, mais c'était un Turk, un agent du service de renseignement de la Shinra. Elle ne pouvait donc pas lui faire totalement confiance. Sans compter qu'après leur dernière discussion, ils étaient en froid.
Ils allaient avoir besoin d'aide de la part de quelqu'un d'autre, s'ils voulaient avancer.
