Chapitre II
Quand Voldemort organisait une fête, Harry le savait, il ne faisait pas les choses à moitié. Mais ce soir, c'était encore plus magistral que tout ce qu'il avait déjà vu.
La grande salle de bal était éclairée de milliers de chandelles flottantes.
La pièce était resplendissante de lumière et de beauté dans des tons dorés et émeraudes magnifiques.
Assis sur son trône, à côté de celui, plus grand, de Voldemort, Harry n'en revenait pas.
Un orchestre jouait une douce mélodie alors que les invités se présentaient à eux avec de nombreux cadeaux pour Harry, tous plus somptueux les uns que les autres.
« Ta fête est-elle réussit mon ange ? »
Le petit brun, dans sa longue robe émeraude liée de dorures regarda Tom qui, lui-même, portait une robe rouge sertit de files d'argent.
« Réussit ? C'est magnifique. »
Le Lord eut un sourire satisfait.
Malgré tout cela, Harry était gêné et légèrement agacé par tout ce faste. Certes, la fête était sublime, mais il s'y sentait seul. Sans aucun ami, juste des inconnus qui lui offrait des merveilles.
Beaucoup aurait tout donner pour cela, mais le seul cadeau qui aurait put vraiment plaire à Harry, c'était ses amis, sa famille.
Ron, Hermione … Pensaient-ils à lui en ce moment ? L'avaient-ils oublié, trop occupé à construire leur propre bonheur ?
« Ah ! Les Malfoy ! Je suis ravi de vous voir »
Harry revint au présent alors que Lucius, Narcissa et Draco, tous magnifiquement vêtus, s'inclinaient devant eux.
Lucius se décala pour laisser apparaître trois personnes qu'il présenta.
« Messeigneurs, voici mon cousin Guillaume Leroy, il nous vient tout droit de Paris »
Un homme d'une quarantaine d'année, blond aux yeux d'un bleu persan et à l'air hautain s'avança, s'inclina et annonça avec un fort accent français :
« C'est un honneur de rencontrer les Seigneurs de l'Angleterre. J'admire la façon dont votre gouvernement est organisé. »
Il se releva sous le regard satisfait de Tom et présenta :
« Voici ma femme, Agatha, elle est d'origine écossaise. Le clan des MacMillan. »
Une femme aux cheveux bruns, attachés en chignons et aux yeux noisette s'avança et s'inclina à son tour. Elle avait un visage très doux et un sourire humble.
« Oui j'ai entendu parler des MacMillan. » Fit Tom « Une très noble famille, tous des sangs-pur »
Harry pinça les lèvres et Voldemort eut un bref éclat de rire.
« Mon compagnon est un protecteur des sang-mêlé et des moldus. J'adore le faire enrager »
Le Survivant ne prit même pas la peine de répondre. Il détestait ce faux-semblant de complicité que le mage noir aimé tant faire paraître.
Leroy eut un sourire amusé, comme toutes les personnes crédules croyant à la comédie de Voldemort, et pris la main de la troisième personne.
« Alors il devrait bien s'entendre avec ma fille, Monseigneur. Voici ma précieuse et unique June, elle vient d'avoir dix-huit ans. »
Harry regarda la jeune fille et la première réflexion qu'il se fit, c'est qu'elle était belle. Très belle. Une douce chaleur semblait émaner de son air mutin.
Elle avait de longs cheveux d'un blond vénitien aux reflets d'or. Ses yeux étaient aussi bleus que ceux de son père mais ils étaient aussi doux que ceux de sa mère. Elle était plutôt petite mais fine et élancée. Son visage n'avait pas encore totalement perdu son aspect juvénile et ses traits étaient fin, non sans rappeler ceux de Draco.
Elle portait une longue robe bleue, en accord avec ses yeux rieurs et avait un sourire plein de malice.
Elle s'inclina mais Harry remarqua qu'elle s'était baissé moins bas que les autres. Elle parla d'une voix cristalline avec un accent beaucoup plus léger que celui de son père :
« Ma famille, en alliance avec celle de mon oncle » Fit-elle en désignant Lucius « Souhaite, pour ses vingt ans, offrir au Prince un séjour en France, chez nous, à Paris. Nous pensons que découvrir cette capitale pourrait être à la fois enrichissant et divertissant. »
Elle plongea son regard océan dans les émeraudes de Harry et il sentit son cœur battre plus vite. Elle était si belle, on aurait dit une nymphe.
« Ma foi, c'est une très bonne idée. Qu'en dis-tu Harry ? »
Reprenant une attitude posée et calme, le petit brun déclara :
« Ce serait avec un très grand plaisir, je vous remercie »
Le Lord eut un sourire et hocha la tête.
« Bien, très bien. Maintenant allez donc profiter de la fête. »
Harry resta assis sur son trône, pensif.
Depuis qu'il était au service de Voldemort, il n'avait plus pensé à un quelconque avenir amoureux ni même trouvé quelqu'un séduisant. Souvent, il écoutait Draco raconter ses déboires mais n'en était pas jaloux car ce n'était pas de l'amour.
Là, pour la première fois depuis Cho Chang, son cœur avait manqué un battement. Il avait trouvé la jeune fille si belle. Et la malice dans ses yeux, sa façon de s'incliner le moins bas possible et le fait que, apparemment, elle n'attache pas d'importance à la valeur du sang. Cela le changeait tellement des personnes qu'il côtoyait.
Soudain, le Lord se leva et annonça :
« Merci à tous pour votre présence ici, ce soir, pour fêter les vingt ans de Harry Potter. Si tous mes invités sont présents, je propose d'ouvrir le bal. »
Voldemort se leva, suivit de Harry et ils se placèrent sur la piste. Un air de violon commença puis une mélodie s'éleva dans les airs et le couple ouvrit le bal.
Tom dansait parfaitement bien et Harry, depuis ses cours particuliers, pouvait presque l'égaler même si danser ne le mettait pas du tout à l'aise.
De toute façon, en danse, comme pour le sexe, c'était toujours Tom qui menait.
Très vite, d'autres couples vinrent les rejoindre et, à la fin de la danse, Harry laissa le Lord et se pressa vers Draco pour échapper à une autre valse.
Ils discutèrent un peu, parlant des présents que Harry avait eut et de l'ennuie des réceptions de ce type, jusqu'à ce que Mrs Leroy arrive tenant par la main la jeune June.
« Draco, pourrais-tu faire danser ta cousine ? Elle refuse tous ses cavaliers ! »
La petite blonde gronda :
« Mère ! »
Mais la dame sourit et s'en alla, laissant la jeune fille avec eux.
Draco regardait June avec un air carnassier.
« Peut-être vais-je enfin pouvoir me venger ? »
La jeune femme eut un rire amusé :
« Je t'en prie Draco, tu t'es bien assez vengé comme ça ! »
Harry restait immobile, curieux et amusé, en regardant l'échange.
« Je ne danserais pas avec toi » Fit le blond avec un air hautain.
« Tant mieux ! » S'exclama sa cousine.
Soudain elle se tourna vers Harry et il se perdit dans ses yeux océans. Elle avait un sourire doux et penchait la tête sur le coté comme un enfant curieux.
« Et vous mon Prince ? M'inviteriez-vous à danser ? »
Surpris Harry lança un regard interrogatif à Draco qui haussa les épaules.
« B-Bien sur Miss Leroy »
Elle tandis sa main et Harry la saisit de façon protocolaire avant d'avancer vers la piste où une nouvelle mélodie s'était élevé.
Ils se positionnèrent et Harry plaça sa main sur la taille fine de June tandis que celle-ci posait la sienne sur son épaule.
La danse débuta.
June avait beaucoup de rythme et de grâce et Harry se demandait pourquoi elle ne voulait pas danser.
« Vous n'aimez pas danser, n'est ce pas ? »
Surpris par la question, le jeune homme ne put qu'acquiescer.
« Comment le savez-vous ? »
La jeune fille sourit et dit :
« Vous dansez très bien, mais vous êtes plutôt raide. »
Harry détourna les yeux, un peu gêner que cette fille l'est percée à jour.
« Et vous mademoiselle ? Pourquoi refuser de danser ? »
« Je ne refuse pas de danser. Je cherche juste un cavalier intéressant. »
Harry haussa un sourcil.
« Suis-je intéressant ? »
Elle plongea ses yeux dans ceux du Survivant. Elle était si près qu'il remarqua qu'elle avait les yeux vairons. L'un était bleu, l'autre plus proche du vert.
« Vous l'êtes. Si le compagnon d'un mage noir qui refuse la ségrégation des sang-mêlé n'est pas intéressant, qui l'est ? »
« Alors vous êtes tout aussi intéressante. Une jeune fille de bonne famille, ascendante d'une grande lignée de sang-pur qui défend les sang-mêlé, c'est plutôt rare. Je n'ais connu que peu de personne de ce genre. »
Elle sourit.
La musique s'arrêta et ils se séparèrent pour applaudir les musiciens. Harry fut surpris de regretter l'étreinte de la petite main chaude.
Soudain la jeune fille lui saisit le bras et demanda avec un sourire insolent qui rappelait quelqu'un à Harry :
« J'aime votre compagnie ! Pouvons nous faire quelques pas ? Je n'ai pas encore vu les jardins »
Le jeune homme ne sut (et ne désira pas) refuser et il la dirigea vers l'allée du jardin qui, pour l'occasion, était illuminé. Ils étaient presque seuls, ne croisant que quelques personnes.
« Alors Monseigneur, la fête vous amuse-t-elle ? »
Etrangement, Harry savait qu'il n'avait pas à mentir :
« Pas vraiment. Tout y est parfait et magnifique mais je ne m'y amuse pas. Je n'aime pas ce genre de fête. »
La jeune fille hocha la tête avec un sourire. Compatissante.
« Ces fêtes mondaines m'ennuient ! Si je le pouvais, je resterais chez moi à lire, emmitouflée dans mes couvertures »
Harry esquissa un sourire. Il aimait discuter avec la jeune fille, aussi demanda-t-il, véritablement curieux :
« Et que liriez vous ? »
Ses yeux s'illuminèrent et elle sautilla, toujours à son bras :
« Oh ! Beaucoup de chose ! Les Hauts de Hurlevent, Le Parfum, Roméo et Juliette … Le choix est illimité ! »
« Roméo et Juliette ? Je ne l'ais jamais lu »
Elle pris une fausse expression outrée.
« Jamais ? Mais enfin ! Pour un Anglais en plus ! »
« Je n'en voix pas l'utilité. L'histoire ne m'intéresse pas. Je ne la trouve pas crédible »
June s'arrêta brusquement de marcher, empêchant Harry de continuer par la même occasion.
« Vous ne croyez pas en l'amour au premier regard ? » Demanda-t-elle avec une expression indéchiffrable.
« Et bien, à vrai dire, je ne crois pas vraiment à l'amour. »
Elle fronça les sourcils et lui lâcha le bras pour se placer devant lui, les points sur les hanches en une parfaite imitation de Molly Weasley.
« Vous n'y croyez pas ? »
Cette vision outrée fit sourire Harry.
« Je ne l'ai jamais rencontré » Argumenta le jeune homme en reprenant sa marche.
La jeune femme le rattrapa avec un sourire espiègle.
« Moi non plus » Dit-elle en se plaçant de nouveau devant lui.
« Alors pourquoi y croyez-vous ? » Demanda Harry, étonné de la tournure que prenait la conversation mais bizarrement, enflammé et amusé.
« Mes parents me prouve chaque jour son existence »
« Navré, Miss Leroy, mais mes propres parents étant décédés, je n'en ais aucune preuve » Dit-il en perdant un peu de sa superbe à cette évocation.
Il voulut repartir mais elle le rattrapa encore et demanda d'un air sérieux :
« N'avez-vous jamais rencontré quelqu'un d'amoureux ? »
Comme un flash, Harry vit Ron et Hermione, sûrement amoureux depuis leurs onze ans. Il avait lui-même vu leurs sentiments évoluer, toujours plus forts.
June le regardait maintenant dans les yeux, portant une expression presque inquiète.
« Si… Si, en effet. Je me suis mal exprimé Mademoiselle. L'amour existe, mais pas pour moi. »
Elle pencha la tête sur le coté et eut un beau sourire.
« Vous êtes bien prétentieux pour vous croire un cas à part »
Harry resta figé, abasourdi, et puis, tout à coup, explosa de rire. Un rire un peu joyeux, un peu nerveux, un peu triste, un peu nouveau et incertain, un peu éraillé … Il n'avait pas rit ainsi souvent ses dernières années.
Il s'attendait à beaucoup de chose mais pas à une réponse si … parfaite.
« Vous avez sans doute raison. Je devrais apprendre à rester à ma place. »
June avait maintenant un grand sourire. Elle attrapa de nouveau le bras de Harry et déclara :
« Je vous aime bien, Prince. Vous êtes très sûrement quelqu'un de bien. »
Le jeune homme se sentit étrangement serein et ne put s'empêcher de répondre :
« Vous aussi. J'aimerai que nous nous tutoyions, en privé tout du moins, après tout, nous avons presque le même âge. »
« Avec plaisir, Harry ! » S'exclama-t-elle aussitôt.
Le garçon sourit et ils se rendirent soudain compte qu'ils étaient revenus à la terrasse.
Ils rentrèrent dans la salle au moment où un domestique psalmodiait :
« Le dîner est servi »
June lâcha le bras de Harry, fit une discrète révérence et un non-moins discret clin d'œil avant de suivre sa famille.
Les convives s'installèrent tous à une table somptueuse aux couvertes d'or et d'argent. Harry était assis à la droite du Lord, June presque en face de lui, juste à côté de Draco.
« Avant que le repas ne commence » Fit Harry après avoir attiré l'attention « J'aimerais vous remercier pour votre présence ici, ce soir, et pour tous vos cadeaux, plus somptueux les uns que les autres. »
Il continua son discours de remerciements protocolaires et plutôt hypocrites avant d'annoncer le début du repas. Aussitôt, des plats à la fois magnifiques, variés et délicieux apparurent et une exclamation ravie traversa la foule.
Il se rassit et, comme les autres, se servit.
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Un discours parfait. Clair, concis, poli et distant à souhait.
Harry était vraiment un Prince parfait. Le sien.
Tout en mangeant, Voldemort écoutait les conversations, répondait et discutait. Le problème des vampires de Haverhill, revint à son plus grand agacement.
« Avec tout le respect que je vous dois Mr Mulciber, je ne suis pas d'accord » Fit son compagnon, un air sérieux, terriblement séduisant sur son beau visage pâle. « Nous avions, en temps de guerre, proposé à ce groupe de vampires de Transylvanie une alliance. Les termes du contrat étaient clairs : nous leur proposions le logement à Haverhill et de quoi se nourrir parmi les prisonniers de notre camp durant une période de quatre ans. Cela fait maintenant six mois que le contrat a pris fin et ils refusent de quitter Haverhill, décimant la population moldue ! »
Mulciber haussa les sourcils et le Lord sentit son ange se tendre à ses côtés.
« Les moldus ne sont pas une grande perte » Fit le mangemort avec un air condescendant.
Les verres se mirent à trembler légèrement et Tom posa discrètement sa main sur la cuisse de Harry pour le calmer.
« Mr Mulciber »
Le tint clair et léger surpris Voldemort qui se tourna vers la fille des Leroy. Elle semblait avoir écouté avec attention la conversation et parlait avec assurance et humilité, mêlées.
« Il me semble que des lois de protection des moldus ont été mises en place il y a quelques années par le Seigneur et son compagnon. N'est-il pas légèrement … discourtois, de les désavouer ici même, en leur présence, et dans de telles circonstances ? »
Tom eut un sourire. Cette jeune femme avait un sens aigu du bon parler et de la politesse. Une Malfoy, sans aucun doute.
« Miss Leroy a raison Jack » Intervint le Lord « Je te pris de rester à ta place »
Le mangemort acquiesça et le repas reprit de façon plus joyeuse.
Harry semblait s'être calmer et repris son assiette avec satisfaction. Tom l'observa un instant avant de reprendre part à la conversation.
(à suivre …)
Alors ? Que pensez-vous de June ?
Personnellement, je l'adore ! Je pensais à ce personnage depuis longtemps lorsque j'ai crée cette fic. Désolée pour les fans de Yaoi, j'adore aussi mais là, ce n'en sera pas un !
Dites-moi ce que vous en pensez !
La suite bientôt !
