Chapitre VII
Le salon de musique du château de la famille Leroy était la plus belle pièce que Harry avait put visiter.
C'était une grande salle ronde qui qui ressortait du reste du bâtiment. Elle était d'un blanc immaculé et des colonnes de style romain la soutenait et alternait avec de grandes fenêtres lumineuses donnant sur le parc.
On y trouvait toute sorte d'instruments et des bibliothèques chargés de partitions.
Assis sur un fauteuil doré et bleu, Harry écoutait avec attention la mélodie à la fois diaphane et pénétrante de June.
Elle même se tenait élégamment installée sur un tabouret doré, droite, elle portait devant ses lèvres roses sa flute traversière en or. Ses doigts fin parcouraient l'instrument sur sa droite avec rapidité et dextérité alors que ses yeux suivait la partition posée sur son pupitre de bois. Elle se balançait légèrement d'avant en arrière comme transportée, accompagnent l'air dans son instrument.
Ses cheveux blonds étaient attachés en une queue de cheval leste qui retombait sur son épaule et sa longue robe blanche glissait en un magnifique drapé sur ses jambes.
Harry ne parvenait pas à détacher son regard d'elle. Et la musique qu'elle jouait semblait faire échos à ses sentiments.
La lumière du soleil venait éclairer June et Harry la trouva aussi belle et pure qu'un ange. C'était cela, ce qu'il n'arrivait pas à définir chez elle. Elle était pure. Il n'y avait en elle aucun des vices dans lesquels il baignait depuis trois ans.
Il eut envie de la toucher, de se perdre dans sa pâle étreinte et de se noyer dans toute cette pureté. Plonger sa tête dans sa chevelure d'or et respirer son parfum sucré, et s'y endormir, son rire doux à l'oreille.
La musique s'arrêta sur une dernière note basse et la jeune femme releva son regard océan et rieur. Harry le contempla un instant avant de dire d'une voix légèrement rauque :
« C'était magnifique »
Elle eut un grand sourire mais haussa les épaules.
« Une simple sonate de Bach »
Harry se leva et fit le tour de la pièce, s'arrêtant devant un magnifique piano à queue blanc.
« Je peux ? » Demanda-t-il à June qui le rejoignait déjà. Elle sourit et acquiesça.
Il s'installa en prépara ses doigts avant d'enchainer quelques exercices simples.
« Tu joues depuis longtemps ? » Demanda la blonde en se plaçant à sa hauteur.
« Un peu plus d'un an. Voldemort a engagé un professeur spécialement pour moi. » Sa voix contenait toujours un peu d'amertume lorsqu'il faisait référence aux « cadeaux » du Lord.
Il commença un morceau assez compliqué qu'il travaillait depuis quelques temps. Il se concentra sur les conseils que son revêche professeur lui avait prodigué, soignant au mieux sa technique.
Lorsqu'il eut finit la première partie, une petite main fine et pâle, vint se poser sur la sienne. Il releva la tête pour voir June. Elle le regardait avec amusement.
« C'était si nul que ça ? » Demanda-t-il d'un ton penaud qu'il n'utilisait plus qu'avec elle.
Elle eut un bref rire et lui fit signe de lui céder un peu de place sur le tabouret.
« Tu te trompes » Fit-elle en s'installent. « C'était techniquement irréprochable. Mais tu n'y met aucune émotion. »
Elle chercha ses notes quelques instants puis, enchaina un air magnifique. Lent, profond, triste et doux.
Lorsqu'il s'accéléra, elle ferma les yeux et sembla s'évader dans chaque note plus ou moins forte, les faisant comme raisonner dans l'espace.
Harry, une fois encore, se perdis dans la contemplation de son abandon, se rapprochant imperceptiblement d'elle. Il voulait la toucher.
La dernière note le fit sursauter et il croisa les yeux vairons.
« C'est très jolie. » Fit-il pour cacher son malaise.
« C'est une mélodie de Yann Tiersen, La Valse d'Amélie. »
« Tu fait du piano depuis longtemps ? »
« Sept ans. Je touche un peu à tout à vrai dire, même si je préfère la flute traversière »
Elle prit la main du jeune homme qui tressaillit légèrement sous la peau douce.
« Joue encore, mais ferme les yeux. Oublie ce que tu fais, ta technique et le reste. Joue. On joue toujours en musique. »
Reposant ses mains sur les touches, Harry fit ce qu'on lui disait, il ferma les yeux. Il trébucha quelques instants sur les notes puis cela vint, doucement, naturellement. Il se demanda depuis quand ses pensées se confondaient dans une couleur jaune-dorée.
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June observait Harry jouer. Il était encore maladroit mais elle préférait ce jeu à celui, si banalement pragmatique, qu'il avait avant.
C'était cela Harry. Un être d'une complexité et d'une simplicité mêlées. Un mélange de contradictions, un paradoxe à lui seul. Comme une pâtisserie, il possédait un enrobage en chocolat amer mais, si l'on grattait un peu, l'intérieur était une explosion de saveurs chocolatés infiniment agréables, de noisettes craquantes et de caramel doux.
Harry Potter était agréable, craquant et doux.
June l'avait su à l'instant ou elle l'avait vu pour la toute première fois. Elle avait vu dans son regard vert tellement de choses qu'elle avait eu de la peine à tenir le masque.
Harry était comme un magnifique oiseau, un phénix en cage. Renaissant de ses cendres et enfermé.
Draco lui avait expliqué la situation du prince. Elle n'en avait pas était effrayé, elle n'avait pas eu pitié. Sa pitié elle la réservait aux misérables et Harry était tout sauf cela.
Elle avait aussi vu Lord Voldemort. On lui avait parlé d'une ressemblance entre les deux hommes. Et si celle physique, bruns et pâles, sautait aux yeux, elle ne vit que cela. Et encore.
Voldemort était une chose profondément égoïste et possessive. Il suffisait de regarder la façon dont il tenait Harry en dansant, proche, serré. Il était faussement chaleureux mais glacial en réalité avec ses serviteurs. Et si beaucoup se vantaient de l'être, personne n'était son ami. Lord Voldemort n'a pas d'amis, juste des relations. Et Harry.
Le prince, en revanche était un homme. Attentif et doux dans tout ses actes, y comprit la danse où il avait tenu délicatement la taille de June comme une créature qu'on ne veut pas étouffer. Il était faussement glacial mais son cœur débordait de chaleur pour tout à chacun. Harry ne semblait avoir que des relations, mais, comme pour Draco, il possédait en fait déjà de nombreux amis. Et ...
June calma son cœur tambourinent, se demandant pourquoi rien n'était facile, pourquoi les yeux verts qui la contemplait semblaient l'engloutirent toute entière et surtout, pourquoi ses pensées semblaient toujours prendre leur couleur.
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Draco s'installa à la terrasse d'un café moldu. Il commanda rapidement un café et laissa ses pensées vagabonder.
Il allait encore la voir.
Il soupira imperceptiblement. Pourtant tout avait commencé presque normalement. Il y a un an, elle était venu le trouver au ministère qui, quoique dirigé par deux monarques, n'avait pas tant changé. Il y travaillait comme d'habitude au service des relations internationales lorsqu'elle était arrivé.
Elle y travaillait comme stagiaire aussi maintenant.
Au début, il l'avait méprisé mais elle lui avait demandé un ... service. Des informations sur Potter, savoir où il allait, comment il se sentait etc.
Pendant plusieurs semaine, Draco avait refusé car elle n'avait rien a offrir en échange mais lorsqu'elle avait failli se mettre à genoux, il l'en avait empêché. C'était trop, elle était trop fière pour faire ça. Il s'était rendu compte que ce n'était pas ce qu'il voulait.
Alors ils avaient installés des rendez-vous comme celui d'aujourd'hui. Toujours dans la partie moldue, pour plus de sureté. Là, il lui donnait des infos sur Potter et ils repartaient ensuite.
Mais avec le temps, ils étaient restés plus longtemps, discutant d'autre chose que le prince.
Il l'avait découverte. Il l'avait appréciée. Il l'avait aimée.
Il avait eu peur.
Après cela, il avait multiplié ses aventures d'un soir déjà conséquentes. Il en parlait souvent à Harry mais sans jamais la mentionner, elle.
Il ne savait même pas si elle l'aimait.
Mais depuis peu, il se sentait las. Las de lui cacher ce qu'il avait appris à accepter, las de coucher avec des filles qui ne l'égaleraient jamais.
Soudain, il sortit de ses pensées. La jeune apprentie Auror arrivait.
Peut-être aujourd'hui, aurait-il le courage de lui avouer. Courage ... Fallait pas rêver, après tout, il avait toujours était un Serpentard.
« Hey Dray ! »
Il sourit, elle était magnifique.
« Salut Ginny »
Elle s'installa en secouant sa courte chevelure vaporeuse et il lui expliqua que Potter était chez les Leroy, de sa famille. Puis ils discutèrent de tout et de rien.
Au bout d'un moment, la belle jeune femme rousse, de dix neuf ans, commença à se lever.
« Gin' »
Elle s'arrêta dans son mouvement de remettre sa chaise en place et le regarda de ses yeux noisettes et vifs.
« Tu es toujours amoureuse de Potter ? »
Elle parut surprise puis eut un petit sourire.
« Plus depuis mes quatorze ans Draco. »
Il se retint de montrer sa joie.
« Alors pourquoi fais-tu tout cela ? »
Elle remit sa chaise en place lentement avec un sourire un peu vague.
« Parce que c'est mon ami, qu'il s'est sacrifié pour moi et les miens et ... »
Elle se pencha et déposa délicatement ses lèvres contre celles de Draco qui se figea de surprise. Elle se redressa doucement, légèrement rougissante.
« ... Et pour avoir le plaisir de te voir Draco. »
Et sur ce, elle s'enfuit.
Le jeune homme resta un instant bloqué par la joie portant sa main à ses lèvres.
Il avait presque oublié que Ginny, elle, était une vrai Gryffondor.
(à suivre ...)
Miracle ! Une suite rapide et plus longue ! Je sais pas ce qui c'est passé mais j'espère que vous apprécierez !
RAR
Zaika : Rassure toi, je compte bien leur faire enfin trouver le bonheur ... mais pas dans l'immédiat, niark ! T'inquiète pas, ce sera un happy end !^^ Merci de ta review !
