Bonjour, j'espère ne pas vous avoir totalement perdu(e)s au cours du dernier chapitre… les adorables lectrices (des acharnées :-) ) que sont Mimija et Miriamme m'ont fait part de leurs questions au sujet :
-d'Iseult : ce personnage est apparu dans le 3° chapitre, ce n'est pas son véritable prénom mais cela permet d'appuyer sur sa croyance à elle… cette femme s'est convaincue de vivre une histoire d'amour exceptionnelle;
-du message d'Elisabeth à son amie captive Anne : Barbe Bleue ayant la fâcheuse habitude d'écouter aux portes, elle ne peut parler librement, le sens de son message serait quelque chose comme « les apparences sont trompeuses »… la laideur peut être un masque transitoire pour se protéger.
Amicalement,
Calazzi.
Mimija :
Puissent les muses t'entendre et obtempérer ! Que nenni ! Ni fée, ni mystérieuse, ni fougueuse… simplement une observatrice des passions humaines, qui parfois sont bien tristes, c'est vrai.
Ma chère Mimija, je te dédicace ce chapitre, puisqu'il réunit tout ce que tu croyais ne pas aimer d'un point de vue littéraire : le merveilleux et le policier. En espérant que ta bienveillance, maintenant légendaire, saura accueillir ma (toujours modeste) contribution à ces deux genres.
Tendrement,
Calazzi.
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Élémentaire mon cher, élémentaire…
Les Deux coqs
Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,
Et voilà la guerre allumée.
Amour, tu perdis Troie; et c'est de toi que vint
Cette querelle envenimée
Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint.
Longtemps entre nos coqs le combat se maintint.
Le bruit s'en répandit par tout le voisinage,
La gent qui porte crête au spectacle accourut.
Plus d'une Hélène au beau plumage
Fut le prix du vainqueur. Le vaincu disparut:
Il alla se cacher au fond de sa retraite,
Pleura sa gloire et ses amours,
Ses amours qu'un rival, tout fier de sa défaite
Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours
Cet objet rallumer sa haine et son courage;
Il aiguisait son bec, battait l'air et ses flancs,
Et, s'exerçant contre les vents,
S'armait d'une jalouse rage.
Il n'en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits
S'alla percher, et chanter sa victoire.
Un vautour entendit sa voix :
Adieu les amours et la gloire;
Tout cet orgueil périt sous l'ongle du vautour
Enfin, par un fatal retour
Son rival autour de la poule
S'en revint faire le coquet :
Je laisse à penser quel caquet;
Car il eut des femmes en foule.
La fortune se plaît à faire de ces coups;
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Défions-nous du Sort, et prenons garde à nous
Après le gain d'une bataille.
Jean de La Fontaine, Les Fables
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M. Bennet parcourait la bibliothèque de Rosings depuis qu'il y avait trouvé refuge en compagnie de Darcy. Son calme apparent n'était pas sans surprendre son jeune compagnon dont l'agitation continuait de croître. M. Bennet s'était momentanément arrêté afin de consulter l'ouvrage ancien qu'il avait posé sur le sous- main légèrement poussiéreux du secrétaire. Un long silence s'était installé entre eux, que le plus jeune s'empêchait de rompre non sans difficulté. Le père d'Elisabeth prit la parole, comme s'il exprimait simplement ses pensées à haute voix et pour lui- même :
« Les contes sont des récits allégoriques, dont la simple lecture ne laisse pas percevoir le message. Il est donc nécessaire de les décoder pour en comprendre tout le sens. Je suppose que nous devons nous pencher sur les messages contenus dans ces contes afin de tenter de comprendre qui est ce monstre… Il avait repris sa marche lasse mais nécessaire à la production de son raisonnement. Voyons par quoi pouvons- nous débuter? Disons que les personnages représentent une idée… ainsi, la première victime, désignée comme Le petit Chaperon rouge, représenterait l'archétype des jeunes filles séduites par certains hommes dont l'apparence masque les vraies intentions et dont elles ne se méfieraient pas assez… Il s'était de nouveau approché du livre et en sélectionna un passage en le désignant de son index. La morale est franchement explicite :
«On voit ici que de jeunes enfants, surtout de jeunes filles, belles, bien faites, et gentilles font très mal d'écouter toute sorte de gens.»
-Toutes les victimes possédaient ses qualités : beauté et jeunesse. Cependant nous ne savons rien de leurs identités. Darcy feuilletait à présent lui- même l'exemplaire des « Contes de ma mère l'oye ».
-Savez- vous si elles… enfin, si elles ont subi des sévices avant leur mort ? L'assassin a-t-il attenté à leur pudeur ? Ses yeux disaient à eux seuls quelle réponse il espérait.
-… Non, le médecin qui a réalisé les autopsies n'en fait pas état… d'après ce que nous en savons. Darcy avait hésité puis, fidèle à sa nature profonde, il avait précisé : mais… j'ignore jusqu'où ces investigations l'ont conduit, je n'ai pas eu les rapports écrits entre les mains. Ce sont des informations confidentielles qui ont été soustraites par quelque individu vénal. »
Les deux hommes se tenaient devant l'une des hautes fenêtres qui donnaient tant de noblesse à la bâtisse. Le ciel s'était chargé de nuages bas et menaçants. Un bruit sourd au dehors leur fit croire qu'un orage se préparait. Cependant, la vue du révérend enjambant lourdement les marches de l'escalier d'apparat les fit se détourner promptement du point d'horizon, non sans un soupir de désolation.
« Pour en revenir au principe de la morale en fin de conte. Il s'agit toujours d'une réflexion, à valeur éducative, qui doit permettre à celle ou celui qui écoute de faire preuve de discernement dans sa conduite avec autrui, ou éventuellement de corriger ses défauts, de jeter un regard nouveau sur une situation, de changer en un mot. M. Bennet était revenu au livre pour enfants et en tournait les pages. Or force est de constater que certaines moralités sont plutôt contestables. Ses sourcils froncés assombrissaient encore son expression. Que nous dit l'assassin ? Que la première victime était trop confiante ? Que sa gentillesse l'a définitivement perdue ? Et que penser de la morale de La Belle au bois dormant… : « Attendre quelque temps pour avoir un époux, riche, bien fait, galant et doux, la chose est assez naturelle, mais l'attendre cent ans, et toujours en dormant, on ne trouve plus de femelle, qui dormit si tranquillement.» Est- ce donc une épouse qu'il cherche ? Ses mains s'étaient embrasées, bousculant les pages les unes après les autres, pour s'arrêter sur une illustration des derniers instants du héros, trucidé par les deux frères de son épouse. Et, enfin, pour La Barbe Bleue : « La curiosité malgré tous ses attraits, coûte souvent bien des regrets on en voit tous les jours mille exemples paraître. C'est, n'en déplaise au sexe, un plaisir bien léger dès qu'on le prend il cesse d'être, et toujours il coûte trop cher. » Cela pourrait s'adresser à Elisabeth… elle a été témoin d'une scène qu'elle n'aurait pas dû voir… »
Un frisson partagé traversa les deux gentlemen, comme si leurs pensées coïncidaient, tout entières dirigées vers une image insoutenable. Le silence qui régnait jusqu'ici dans la demeure de Lady de Bourgh, avait alourdi l'atmosphère, ils semblaient étouffer, les cols de chemises furent desserrés, les vestes ôtées. M. Bennet s'était décidé pour la station assise, les coudes sur le secrétaire et les mains sur les tempes.
« Si cela fonctionne par symboles, nous devons prendre en considération cet élément récurrent qu'est cette clef tachée de sang retrouvée prés de chaque victime. Cela fait probablement référence au conte de La Barbe Bleue. Et que représente ce personnage ? La question s'adressait à son interlocuteur dont le regard fatigué était plongé dans un univers cauchemardesque. Darcy fit donc la réponse lui- même. La cruauté d'un mari déçu par sa femme parce qu'elle l'a trompé. La clef tachée de sang indélébile est un symbole de la défloration, de la curiosité malséante. Le conte éduque les lectrices, en particulier les plus jeunes, au devoir d'obéissance. La Barbe bleue pourrait incarner le thème de la curiosité des femmes et de leur désobéissance… ce que nous pouvons retrouver dans la Bible avec le péché originel. Le mal arrive par les femmes. Par un curieux effet de mimétisme, le plus jeune s'était mis à déambuler tout au long de la bibliothèque, les mains dans le dos. Ce qui eut pour conséquence de désengourdir son compagnon qui avait redressé la tête, toute son attention paraissait tournée vers lui. Dans La Belle au bois dormant, nous avons encore affaire à des représentantes du beau sexe… les bonnes marraines qui tentent d'atténuer la méchanceté de la sorcière… l'ogresse qui fait preuve de la plus grande inhumanité qu'on pût imaginer… Il apparaît clairement que seul La Barbe Bleue parvient à dominer cette violence féminine… jusqu'à la mort qui lui sera infligée par des hommes. Il venge les affronts faits par ses précédentes femmes par leur propre sang… En somme il se considère comme un justicier.
- En outre, certains personnages se comportent de façon pour le moins discutable. D'autres se distinguent par leur ambiguïté : tenez, Le Petit Chaperon rouge est injustement victime de l'inconscience ou de l'imprudence de sa mère qui la laisse aller toute seule dans la forêt sans même la prévenir des dangers. De plus, la fillette s'est montrée parfaitement obéissante … pour son malheur ! Certaines punitions sont disproportionnées par rapport à la faute commise, si faute il y a. Son regard s'était rallumé en même temps que sa réflexion le conduisait vers ce qu'il imaginait animer l'esprit de celui qu'il pourchassait. En fait, je me demande si nous ne devons pas prendre le contre - pied… ainsi la petite aurait dû désobéir à sa mère… la Belle au bois dormant n'est- elle pas d'abord victime, à la manière d'œdipe est victime de l'Oracle qu'il croit fuir, de l'insuffisance de ses parents ? En voulant l'épargner, ils la précipitent dans un sommeil qui les sépare à jamais. Est- ce qu'il n'y a pas de rédemption possible ? Il n'existe pas de lieu de réconfort…
-Les contes sont de fait plus dangereux qu'il n'y paraît à première vue. Ils peuvent même s'avérer pervers : apprendre aux enfants que le mensonge est payant, que l'effort ne s'avère pas essentiel à la réussite, qu'il suffit d'avoir de la chance et de trouver une bonne marraine qui s'occupera de tout et qui fera votre fortune, enfin, en peu de mots : qu'il suffit de demander pour obtenir. Tel un avocat en plein réquisitoire, Darcy effectuait des mouvements amples avec ses bras.
- Notre meurtrier s'est affranchi de tout cela : il prend ce qu'il désire, sans demander de permission à qui que ce soit. Il suit son caprice, sans le moindre remord. Une fois son désir émoussé, satisfait, il se débarrasse de l'objet embarrassant. Ce ne sont pas des individus qu'il tue mais des symboles, des objets… Il est au-delà des créatures que l'on rencontre dans les contes… c'est lui le grand ordonnateur. Ils se regardaient, droit dans les yeux, parfaitement indifférents aux bruits provenant de l'extérieur. C'est lui qui écrit l'histoire à son gré ! Il est le maître, il se prend pour le Créateur lui- même.
-Nous pourchassons un mégalomane… Sa course fébrile au travers de la pièce avait cessé… un homme qui se croit surhumain, au- dessus des lois humaines.
-Il a acquis une bonne connaissance des contes, il connaît assez de français pour le lire avec toute l'aisance requise. Quel message peut-il bien vouloir communiquer ? Nous narguerait- il ? Pour quels motifs met-il en scène ses victimes ? Son regard enfiévré venait de s'accrocher à une étagère sur laquelle trônaient plusieurs exemplaires de la Bible, parfaitement alignés en fonction de leur taille, par une main méticuleuse. C'est comme s'il arrangeait les différents objets d'une série… d'une collection ! Une collection de jeunes filles dont la caractéristique principale serait…
-La candeur… la bonté… Les deux hommes se faisaient face, le même regard entendu, ce fut le plus jeune qui verbalisa l'idée commune. L'innocence ! Peut- être collectionne-t-il les âmes pures ? Il est fasciné par ce qu'il ne possède pas lui- même ? La pureté et l'amour… Que ce soit un acte conscient ou non, la référence aux contes prend tout son sens… c'est un univers binaire, où le bien et le mal s'affrontent… où les héros sont mus par deux ressorts principaux : la fuite devant la mort et la quête de l'amour. L'amour est atteint grâce à la résolution de multiples épreuves. Lesquelles ? La différence sociale est un premier obstacle… Sujet encore douloureux pour lui- même. Le légiste a conclu qu'aucune d'entre elles ne travaillaient de ses mains. Nous ignorons tout du statut social des victimes…
-Mais il me semble qu'il peut tout aussi bien être d'ordre physique. La laideur de la Bête l'empêche d'obtenir la main de la Belle, malgré ses sollicitations. M. Bennet s'était de nouveau levé, ses yeux explorant les ouvrages abandonnés sur les rayonnages. La Barbe Bleue lui- même… présente quelques spécificités. Le meurtrier souffre peut- être d'une difformité, d'un handicap physique ou simplement d'un physique hors norme. Rappelons- nous que ce personnage de papier n'est pas issu du néant… Il s'était emparé de deux livres fort usés, en ouvrit un qu'il feuilleta rapidement, comme s'il le connaissait. Ah, voilà ! Henri VIII d'Angleterre, eut six femmes et fit condamner à mort pour adultère et trahison, ses deuxième et cinquième épouses…c'est un modèle très vraisemblable du personnage de Barbe bleue, il était effrayant, énorme et avait une barbe... rousse. Mais il ne faut pas négliger l'autre source… Il avait reposé le premier ouvrage pour saisir le second. Ses ressources étant insuffisantes, Gilles de Rais avait cherché des moyens pour s'en procurer. Assez instruit, il eut recours à l'alchimie mais il manqua le grand œuvre. Ils échangèrent de nouveau un regard d'intelligence, parfaitement conscients de manœuvrer dans la même direction. Il alliait une extrême superstition à ses pratiques impies (la magie) et à la dépravation la plus criminelle qui se put concevoir. En effet, il semblerait que ce fut à la même époque qu'il commença d'immoler des enfants, soit pour mettre plus de raffinement dans ses… plaisirs abominables, soit pour employer leur sang, leurs cœurs ou quelques autres parties de leurs corps dans ses charmes diaboliques. Son dégoût s'affichait sans ambiguïté sur son visage devenu terreux. Il reprit sa lecture. Des parents, des amis de Gilles de Rais semblent même avoir été les complices de ses horribles débauches, soit en lui procurant des victimes, soit en maltraitant ou en menaçant les parents pour étouffer leurs plaintes. Finalement un conflit s'installa entre Gilles de Rais et l'Église, qu'il aurait défiée en reprenant par la force une de ses possessions.L'Église put se lancer dans une procédure pour enquêter sur les rumeurs qui couraient à son encontre. L'évêque de Nantes cita Gilles de Rais à comparaître après avoir recueilli des témoignages et des rumeurs sur les exactions de celui-ci. Contrairement à ce qui est communément affirmé, lorsqu'il fut arrêté, il n'est pas accusé d'avoir violé, torturé et assassiné un certain nombre d'enfants, notamment dans le cadre de rites sataniques, mais d'être entré armé dans une église et d'avoir, pendant l'office, molesté et arrêté un vassal du duc de Bretagne. Ce n'est que devant le tribunal de l'inquisition qu'il découvrira ses véritables chefs d'accusation, les plus graves de l'époque : sodomie, sorcellerie et assassinat. Cette précision sur son arrestation permet de comprendre pourquoi Gilles de Rais se laissa capturer sans opposer de résistance. Il prit le temps de ranger le livre à sa place initiale avant de se tourner vers son jeune compagnon dont le regard témoignait de la même colère mais également d'une détermination nouvelle. Je sais que nous pensons à la même personne, Darcy, mais pour l'heure nous ne sommes encore sûrs de rien. Ce ne sont que des spéculations. »
Darcy avait ouvert la porte lourdement sculptée d'un cabinet de travail d'où il avait extrait une carafe et deux verres qu'il avait d'emblée remplis, avant d'en tendre un à son vis-à-vis. Il avait bu le sien d'un trait, sans plus de cérémonie. Il s'était resservi mais n'avait pas encore touché à son verre.
« Le fait qu'il tue ces jeunes filles annule la vérité délivrée par les morales. Elles ont échoué dans l'épreuve qu'il leur a présentée, si elles ne sont pas dignes de son attente, elles ne l'intéressent plus. Il doit les évaluer, d'une manière ou d'une autre… c'est même peut- être ainsi qu'il décide comment il va mettre en scène leur corps. Oh, je ne sais pas ce qui a pu naître de cet esprit malade ! L'amertume avait gagné le jeune homme. A quoi tout cela nous avance-t-il ? La seule question à mon sens réside en ces quelques mots : croyez- vous que Sir Blackheart soit impliqué dans ces meurtres et si oui, en est- il l'auteur ?
-Je l'ignore !mon ami, je l'ignore mais j'ai besoin de comprendre ce qu'il nous dit, dans sa folie, il me semble qu'il laisse des messages. Je ne voudrais pas me tromper sur l'identité du coupable, je crains trop pour la vie de ma fille. La précipitation pourrait lui être dommageable, je veux être certain avant d'avancer dans l'antre du diable.
-Et bien moi, je n'attendrai pas… Cet homme est sans pitié, El…, miss Elisabeth ne faisait pas partie de son plan, alors Dieu seul sait ce qu'il lui réserve. Le temps est devenu précieux, et nous ne possédons pas ce luxe M. Bennet.
-Non, je vous l'interdis Darcy, au nom de ma fille ! La peur avait transformé le visage du vieil homme. Votre impatience peut lui faire courir un grave danger… je vous supplie d'attendre encore un peu… j'ai demandé à Charlotte, enfin Mrs Collins, de dessiner les plans du château de Blackheart sous les indications de Gilles, ils devraient avoir achevé dans peu de temps. Nous étudierons cela ensemble puis nous déciderons des actions à mener mais je vous en conjure, ne faites rien seul et sans m'en parler avant! »
La porte de la bibliothèque s'ouvrit pour laisser apparaître la maîtresse des lieux accompagnée de son fidèle admirateur. Leur agitation fit encore monter de quelques degrés le trouble des deux gentlemen.
« Le monstre a encore frappé. M. Collins vient de m'apprendre qu'une jeune fille a été retrouvée.»Lady Catherine avait perdu son noble maintien, sous l'effet de cette nouvelle atrocité commise sur ses terres.
En cette magnifique saison, habituellement symbole de renouveau, de renaissance, la cruauté d'un homme avait détruit le bel équilibre de la nature. La demoiselle était étendue à même le sol, ses jambes découvertes jusqu'aux mollets délicatement galbés. L'un de ses menus pieds était resté sans soulier, exposant ainsi toute sa fragilité. Un rayon de soleil accentuait l'ombre du sourire qu'elle avait esquissé dans la mort.
A suivre
