Chapitre X
Harry se réveilla ankylosé. Sa nuque le faisait souffrir et il ne sentait presque plus son bras gauche. A ses côtés, une douce source de chaleur le berçait d'un mouvement lent et régulié. Il ouvrit lentement les yeux et se tourna vers cette source. Son cœur s 'arrêta lorsqu'il vit June, endormie sur le canapé.
Les yeux clos, la bouche rose entrouverte, collée à lui. Il sentit sa gorge s'assécher. June ressemblait à un ange, un magnifique ange.
Il sentit son pouls s'accélérer lorsqu'il se rendit tout à fait compte qu'elle était si proche de lui.
Si proche ...
Il n'avait qu'à se pencher ... Juste quelques centimètres ... Quelques centimètres et il pourrait ... l'embrasser ...
Se rendant soudain compte de se qu'il était sur le point de faire, Harry se redressa et, le plus doucement possible, sortit du sofa pour gagner sa chambre et se préparer, occultant volontairement ce qui venait de se produire.
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Lorsqu'elle entendit la porte du salon se fermer, June ouvrit les yeux.
Elle sentait encore le souffle chaud de Harry près de ses lèvres.
Elle soupira :
« Dégonflé »(1)
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Lord Voldemort était impatient. Demain, il reverrait enfin son précieux compagnon. (NdA : Oula ! Voldy tourne Gollum)
Pour l'occasion, il avait préparé une petite fête où serait convié les Leroy et quelques amis.
Le mage noir entreprit d'écrire à Harry de façon à ce qu'il soit prévenu. Tom savait que le prince n'apprécierait pas mais de toute façon, il ne contait pas s'attarder à cette soirée. Le retour de son amant signifiait qu'ils auraient bien d'autres occupations.
Il avait hâte de retrouver ses habitudes avec son compagnon.
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Pour cette dernière journée, il faisait un temps magnifique.
La matinée avec Harry avait été délicieuse. Ils s'étaient promené, posé dans l'herbe pour manger quelques sandwichs, ils avaient discutés ... Harry l'avait même dessiné à plusieurs reprises et elle s'était prise au jeu, prenant quelques poses. Elle avait remarqué avec satisfaction que le prince gardait précieusement ses esquisses.
June aurait voulu que ces instants ne s'arrêtent jamais.
Cependant, elle avait noté que Harry paraissait soucieux et elle se doutait bien du pourquoi.
Elle même avait du mal à concevoir que demain, Voldemort viendrait chercher le jeune homme et l'enfermerait de nouveau dans une cage dorée.
Aurait-elle encore l'occasion de le revoir ? Et pour quel motif ?
Comme elle faisait des études de musique (au grand désespoir de son père) elle pouvait prendre comme prétexte de venir à Londres pour un stage mais même ainsi, elle ne pourrait le voir que lors des nombreuses fêtes du Seigneur des Ténèbres.
Et a chaque fois, il serait avec le Lord, rarement seul.
Une vague de dégoût la traversa en pensant à se que Harry allait subir en rentrant. Savoir que Voldemort allait le toucher la révulsait.
Elle soupira. Voilà qu'elle devenait jalouse d'un psychopathe.
« Youhou June ! »
Sursautant, elle se tourna vers Harry. Le jeune homme avaient les cheveux noués, il portait un jean délavé et une chemise blanche. Elle sourit. Il était vraiment aussi beau que son âme.
« Excuse moi, je rêvassais. Tu disais ? »
Il eut un sourire moqueur et répéta :
« Et si on prenait une glace et qu'on s'installaient sur ce banc ? »
La jeune femme acquiesça et ils allèrent acheter leurs sorbets au vendeur ambulant puis, s'assoir.
Devant eux il y avait une grande étendue d'herbe où jouaient des enfants et leurs parents.
Lorsqu'il eut finit sa glace, June vit Harry ressortir son calepin et commencer à dessiner, un sourire aux lèvres.
« Tu aimes bien les enfants Harry ? » Demanda-t-elle, mais c'était plus une affirmation.
Le brun, sans détacher son regard des enfants et de sa feuille répondit :
« Je les adore. Mais c'est dommage, il n'y en a pas des masses au manoir. »
June sourit à son tour :
« Mon amie Justine, tu sais celle qui veut devenir styliste, elle a un petit frère, Tristan. Je le trouve trop mignon et amusant mais elle ... »
Harry eut un petit rire.
« C'est normal, c'est la loi des frères et sœurs ! Quand j'allais chez ... »
Il s'arrêta un instant, fixant sa feuille, puis repris :
« Enfin bref, je suis sûr que si nous avions eut un petit frère ou une petite sœur, nous ne penserions pas la même chose. »
June acquiesça, passant outre le fait qu'il n'ait pas finis sa phrase.
Soudain, une balle rose roula à leur pied et Harry la ramassa, posant son carnet.
C'est là qu'ils remarquèrent une toute petite fille aux cheveux auburn, aux grands yeux bleus et au petit nez en trompette couvert de tâches de rousseur. Elle devait avoir trois ans et regardait sa balle, dans les mains du garçon, avec des yeux larmoyants.
Ils se levèrent et, avec un regard très doux, Harry se pencha vers la fillette et demanda :
« C'est ta balle ? »
Elle acquiesça d'un signe de tête timide. Le jeune homme la lui tendit en disant :
« Tiens, mais fait attention à ne plus la perdre. »
La petite eut un grand sourire en récupérant son jouet et hocha vigoureusement la tête.
« Où son tes parents ? » Demanda June.
Ils virent soudain arriver deux jeunes gens affolés, courant vers eux et la petite marmonna un petit « oups » qui fit rire Harry.
Mais il s'arrêta soudain.
June vit le père de la gamine arriver en grondant :
« Marianne ! On t'as déjà dit de ne pas partir en courant ! »
C'était un grand homme roux, aux cheveux attachés en catogan. À ses côtés, sa femme se tenait les poings sur les hanches. Elle était sublime, avec de longs cheveux blonds argentés, des yeux bleus froncés par le mécontentement.
June vit le père se relever, la petite, boudeuse, dans les bras.
Il fit un sourire et commença à les remercier mais s'arrêta brusquement. Il écarquilla les yeux et pâlit légèrement. Sa femme eut une exclamation avant de porter sa main à sa bouche.
Tout deux observaient Harry et la jeune fille se demanda s'ils n'étaient pas sorciers et avaient reconnu sa cicatrice.
Elle se tourna vers le garçon mais ne posa aucune question.
Harry était plus pâle que la mort, les yeux fixés sur le couples.
June comprit que quelque chose clochait lorsque soudain l'homme roux parla, en Anglais :
« Harry ... Harry c'est bien toi ? »
Il y avait de l'espoir dans cette phrase, de la surprise et de la tristesse aussi. Le prince ne répondit pas, les lèvres closes.
« Harry ... » Continua l'homme avec plus de conviction. « Par Merlin ! Ça fait si longtemps ! Ron m'avait dit que tu étais en France mais jamais je n'aurais pensé .... C ... C'est ... »
Il ne semblait pas trouver ses mots. Il montra alors la petite fille qui regardait Harry avec curiosité.
« C'est notre fille, Marianne. Elle vient d'avoir trois ans. »
Harry la regarda quelques secondes puis détourna la tête.
June ne comprenait pas sa réaction. Qui étaient ses gens ? Des anciens amis ?
La femme blonde parla à son tour :
« C... Comment vas-tu ? Depuis tout ce temps ... »
« Oui, c'est vrai » Continua l'homme. « On essai de se renseigner comme on peut depuis trois ans ... Alors tu ... »
Mais brusquement, Harry fit volte-face et partit en courant du parc, sous les appels du couple.
L'homme roux voulu le suivre mais sa femme l'en empêcha.
« Laisse ... Cela doit être dur pour lui ... »
L'homme avait l'air profondément triste et June ne savait si elle devait poursuivre Harry où leurs demander des explications.
Elle choisit de demander directement à Harry et prit la direction de sa fuite. Elle se tourna tout de même vers le couple, avec un besoin de les réconforter sur l'état de Harry.
« Ne vous inquiétez pas trop, je veille sur lui »
La femme eut un sourire et l'homme acquiesça lentement.
June partit en courant, cherchant le jeune homme brun des yeux. Elle ignorait pourquoi elle avait dit ça. Surtout qu'elle ne pouvait pas réellement protéger Harry. Mais c'est ce qu'elle voulait. De toute ses forces, de tout son cœur.
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Harry s'arrêta de courir en arrivant au bord de la Seine.
Il n'avait pas put. Ça avait été une telle surprise, un tel choc. Revoir Bill et Fleur, avec leur petite fille. Il n'y était pas préparé.
Que leur aurait-il dit ? « Salut ! Comment ça va depuis que j'ai accepter de me prostituer en échange de votre liberté ? »
Il grimaça à cette appellation.
Pourquoi ? Il avait une chance de reparler avec sa famille ! Pourquoi avait-il était si lâche ? Pourquoi avoir fuit ?
Il s'accouda à la bordure de pierre, contemplant les flots brillants au soleil. Il crispa sa main sur son pendentif, renfermant la photo de ses amis.
Il savait, au fond, pourquoi il n'avait pas put rester. Pour les mêmes raisons qui faisaient qu'il s'interdisait d'ouvrir ce pendentif.
S'il avait commencé à discuter avec Bill et Fleur, à percevoir leur bonheur, comment aurait-il put reprendre le cour de sa vie avec Voldemort ?
Soudain, une petite main, pâle et douce, se posa sur son épaule.
June. Sa jolie et tendre June le regardait d'un air compatissant et interrogateur.
Alors, avant d'avoir put s'en empêcher, il lui expliqua. Il lui dit qui étaient les personnes qu'ils avaient vu. Il lui parla de Ron et Hermione, des Weasley au complet, de Rémus, de Neville, de Luna ...
Et plus il parlait, plus il avait de chose à dire. C'était difficile mais cela le soulageait, il avait l'impression d'avoir tenu ses sentiments enfermés durant trois ans et de les laisser sortir, enfin.
Et June écoutait religieusement. Intéressé et présente. Il lui avait ouvert son cœur en se demandant ce qu'elle en ferait. En espérant.
Alors il continua, il parla de Sirius, de se que sa mort lui avait coutée. De sa haine chaque fois qu'il voyait Bellatrix Lestrange. De son dégoût face à son incapacité à le venger. Son dégoût envers Voldemort, son dégoût envers lui même.
June ne dit jamais rien, elle le laissa parler, déverser ses souvenirs, ses émotions. Lorsqu'il eut finit, elle lui caressa doucement la joue, plongeant ses yeux vairons dans les siens.
« Tu es quelqu'un de bien Harry, mais personne ne peut être parfait. Tu ne peux pas à la fois te sacrifier et savoir comment réagir face à tes amis. Laisse toi du temps, soi patient avec toi même. »
Harry soupira.
« Je ne peux pas relâcher mon attention. Trop de choses dépendent de moi, trop de gens compte sur moi. »
La jeune femme eut un pauvre sourire, reposant sa main sur le bras de Harry.
« Je sais que pour le monde des sorciers, Harry Potter est synonyme de Superman ... »
Harry eut un bref sourire :
« Tu regarde trop la télé moldue June ... »
Elle sourit en secouant doucement la tête puis repris :
« Je voulais que tu saches Harry, pour moi, tu es juste Clark Kent. Et ça me suffit amplement. »
Harry vit la sincérité dans le regard bleu. Une boule se forma dans sa gorge et il se rapprocha d'elle. Il voulait son contact, il la voulait réel sous ses lèvres. Il avait besoin de son baiser.
Il ferma les yeux, sur le point de l'embrasser mais se stoppa.
Mais qu'était-il en train de faire ? N'importe quoi ... Il était le compagnon du Seigneur des Ténèbres ! Il avait un rôle, il avait des responsabilités ! Il ne pouvait pas tout balancer comme ça, il ne devait pas !
Doucement, avec lassitude, il commença à se redresser.
Mais soudain, la main de June vint tenir sa nuque et la jeune femme s'exclama :
« Ah non ! Pas cette fois ! »
Une seconde plus tard, elle pressait ses lèvres contre les sienne avec fougue et désespoir.
Harry retint une exclamation, la main dans son cou le maintenant contre la délicieuse bouche.
Et s'était si bon, si doux. Un frisson le parcouru alors qu'il répondait, sans pouvoir se contrôler, au baiser. Bougeant ses lèvres contre celles de June, savourant. Il était dans un autre monde, un monde doré qui s'appelait June.
Il vénérait sa bouche, encore et encore, reprenant succinctement son souffle, sans pouvoir vraiment s'arrêter.
Sa main vint se perdre dans la douce chevelure d'or et l'autre dans sa nuque alors que celle de la jeune fille se posait sur son épaule.
Lorsqu'ils s'arrêtèrent, après une éternité de douceur et tendresse, ils étaient haletant.
Harry observa les pommettes rosies de la jeune fille et posa sa tête sur son épaules alors qu'elle caressait ses cheveux.
« Je suis complètement fou »
June eut un léger rire et murmura :
« Alors c'est contagieux »
Elle lui attrapa ensuite la main et, sans un mot, ils rentrèrent au château.
(à suivre ...)
(1) : Référence au manga Parmi Eux (tome 14). J'ai trouvé que ça allait parfaitement dans cette scène !
Coucou ! Alors ce chapitre ? Comment vous trouvez mes p'tites surprises ? Déçu ? Ému ?
Dites moi vite tout ça !
Les reviews me font toujours très plaisir !
À bientôt pour la suite !
RAR
Draya Felton : Contente que tu es aimé le combat, j'ai adoré l'écrire et l'imaginer ! Pour ce qui est de la façon dont ce défend Harry, en fait j'ai imaginé qu'au début de sa captivité, Voldy lui a retiré sa baguette mais que Harry ayant subit des attaque plus ou moins discrètes de certains mangemorts jaloux, il lui a fait donner des cours de magie sans baguette (il reste prudent avec Harry, il n'oublie pas la prophétie, donc il bride son pouvoir en lui retirant sa baguette). En tout cas merci pour ta review et j'espère que ce chapitre t'a satisfaite!
Anastasya24 : Ravie que le massacre de Quentin t'es plu ! Oui il a compris qu'il fallait pas faire chier Harry Potter (surtout quand y'a une jolie blonde dans les parages !^^) ! J'espère que ce chap t'a plu ! Merci pour ta review !
Gwendolyn Jedusor Black : Merci de suivre mon histoire et ravie qu'elle te plaise ! Merci pour ta review, j'espère que tu aimeras cette suite !
